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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gabriel le 18 Décembre 2015 à 16:42:52

Titre: "Voyage à grande vitesse"
Posté par: Gabriel le 18 Décembre 2015 à 16:42:52
Petite histoire autour de la "nostalgie", de l'amour, la tendresse, la vieillesse... Il faut sans doute découvrir les deux/trois premières pages avant de rentrer véritablement dans l'histoire... un brin d'humour est aussi présent. Bonne lecture....

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Ma chère Anna,

Je suis installé – mal installé d’ailleurs – dans ce Train à Grande Vitesse qui me mène vers toi. Curieuse idée, n’est ce pas, de t’écrire alors que nos retrouvailles auront lieu dans moins de quatre heures. Mais que veux-tu, le poids des habitudes, sans doute. On n’interrompt pas 42 années de correspondance comme ça ! Et oui, 45 lettres. Trois la première année, puis une par an. Et deux en 92, lors du décès de ma pauvre Lucie.

Je les ai toutes relues. C’était plus simple pour les compter ! Façon surtout d’apaiser l’angoisse de te retrouver après tout ce temps. Te retrouver physiquement, je veux dire. Non pas qu’à 82 ans, j’ai encore envie de jouer au beau ! Quoique, j’essaie de me maintenir. De garder une certaine élégance, rien de plus mais rien de moins non plus ! Et pour le reste… j’accepte mes rides… elles sont comme ces photos collées dans les albums de famille, une vie rêvée unique qui se révèle pleine de clichés…
La naissance du filleul, les barbecues entre copains, la marée haute léchant un levé de soleil, le sourire d’un enfant, Lucie qui danse dans sa robe de printemps, le soleil qui s’éteint, à marée basse…

J’ai l’impression de patauger dans la nostalgie ! Tu avoueras que nos relations épistolaires ne t’ont pas habituée à ça, non ? Mais retrouver d’un bloc tous ces souvenirs !… Ce train à grande vitesse se transmute en machine à remonter le temps ...

Bon, passons aux choses sérieuses . C’est toi qui est souffrante et je suis là à jouer les vieux bougons grincheux, bouffi de tristesse, un vrai ringard en pantoufles ! – j’aime bien ce mot, ringard, ça fait jeune, enfin pour celui qui le dégaine en premier .

Et bah, tiens, en parlant de pantoufles, j’aurais gagné à les prendre plutôt que mes mocassins neufs, parce que Péronne – Aix en Provence, c’est une expédition pour un bouseux de mon âge ! Mais pour l’élégance, c’était fichu ! Tout est affaire de choix finalement…

Alors, je t’explique. L’expédition, le chapitre défilé de mode est clos.



Départ Gare T.G.V. Haute Picardie.
Ca, c’est pour le nom officiel.

Ici, on l’appelle “ La gare des betteraves ”. Perdue en plein champ . Comme les prisons modernes. Bâtiment haute technologie – verre-béton – froid en hiver-chaud en été – glacial toute l’année.
Et dans les deux cas, une fois planté là, nécessité viscérale de s’évader au plus vite par le premier train venu. En espérant prendre la bonne direction…
Voilà pour le décor.

L’organisation vaut aussi le détour … Un employé, pardon, un agent d’accueil… pour toute la gare ! Il délivre les billets, enfin aux quelques derniers ploucs comme moi allergiques aux commandes sur Internet, passe la serpillière, alimente les distributeurs de sucreries qui gaveront à leur tour les bambins aux caries ….
Le mois dernier, les chauffeurs de bus assurant la navette vers la capitale picarde ont du appeler la SNCF en urgence : le pauvre type était malade et la gare… fermée !… Et oui, un seul préposé… une seule clef…

Quand tu penses que c’est la ligne Paris Londres, celle du tunnel sous la manche ! Véritable prouesse technologique, merveille du génie humain…

J’imagine le rosbif qui débarque là, en plein champ :

— « Sorry Mister, c’est close, Passe-Partout a une gastro, repassez demain !… ».

Si c’est pas tuer le service public, ça !! Bon, bon, d’accord, je te vois d’ici « pas de politique …. ». Mais quand même ! Je suis sûr que sur ce point, ton De Gaulle aurait été d’accord avec moi …

Du coup, depuis une semaine, je passe avec mon ami Guy – le médecin – prendre la température de l’employé multifonctions … Mais oui, je plaisante ! Je crois deviner un doux sourire sur ton visage halé…et ta petite fossette… Je sais bien qu’à toute allusion politique doit suivre un petit quolibet… Oh, là par contre… tes sourcils se froncent…et mettent en valeur tes yeux de méditerranéenne…

Enfin, voilà . Je suis dans le train . Pas de colique du rail pour aujourd’hui !
Par contre – et n’y vois aucune provocation de ma part – je suis surpris qu’au XXI ième siècle, on en soit encore à concevoir des wagons pour riches et pour pauvres ! A se demander s’ils n’ont pas supprimé les troisièmes classes uniquement pour nous éviter de se croire dans le Titanic ?…

Non, mais très bien les secondes classes… Confort moyen, mais bien. Pas l’impression de rouler si vite. Pas de bruit de moteur diesel. Bien. Un voyage en Ami 8 à trois cents kilomètres heure…
Les couloirs sont un peu étroits par contre. Je dis ça, c’est surtout eu égard à mon voisin de droite. Bel homme. Quarantaine. Costume en lin. Polo Lacoste. Bien dans sa peau. La classe… Jusqu’à ce qu’il retire ses chaussures… A l’aise… Les jambes étendues. Seul au monde… Le jeune cadre dynamique prêt à conquérir l’Amérique …
Mais qui pue des pieds .
Que veux tu, je ne peux pas te le dire autrement, qui pue des pieds ! Mais vraiment…

J’ai d’abord cru qu’un gars du Nord nous préparait une raclette aux maroilles… mais non… Alors j’ai commencé à fixer ses pinceaux… à chercher son regard…
Mais, tu te rends compte, à 82 ans, j’étais plus gêné que lui ! Et au moins, dans une Ami 8, on pouvait ouvrir les fenêtres. Et même fermée, c’était la décapotable en permanence, on manquait pas d’air !
Lui non plus, tu me diras …
C’est vrai que même un couloir large comme une avenue n’aurait pas changé grand chose… L’odeur du pied qui pue, c’est comme la connerie, ça ne connaît pas de limites.
J’en étais à souhaiter des troisièmes classes pour la catégorie “ pieds qui puent ”quand il a remis ses pompes… Je me suis dit qu’il avait du sentir quelque chose… Je ne parle pas de l’odeur. C’est la sienne, j’espère pour lui qu’il s’y est habitué… Non, percevoir mon regard… une sorte de persuasion psychologique, tu vois…
Mais non, il descendait tout simplement à Marne la Vallée. Ouf.  Dans ces circonstances, le TGV qui joue les omnibus, ça a du bon…

Je ne sais pas si c’est par association d’idées, type fromage ou dessert, mais j’ai décidé de me rendre au wagon restaurant.
Au bar, quoi… C’est pas l’Orient Express non plus…

Je te passe les détails de la file d’attente. Je ne résiste pas à évoquer pourtant ce couple d’anglais avec leurs deux enfants… Je ris, mais c’est pas drôle…
Ils expliquaient, comme ils pouvaient, qu’ils n’avaient pas eu le temps de descendre à Marne la Vallée. L’exposé a bien pris dix minutes. Et le contrôleur leur a adressé un large sourire… puis de son merveilleux accent marseillais :

— « Prochaing arrêt, Valence ! Pour Tintin, c’est tintin ! »

Bon, mis à part la confusion entre Hergé et Disney, c’était vraiment drôle. Ils sont restés comme quatre puddings parachutés en pleine bouillabaisse … Décidément entre la gare des betteraves et Mickey à Valence, cette ligne semble maudite pour les anglais…La ligne noire…
Enfin, ça nous a fait un petit intermède…

Avec tout ça, je n’avais pas eu le temps de regarder le menu… En plus, j’avais oublié mes lunettes dans le wagon. Je me suis retrouvé aussi paumé que les britishs…. J’étais parti pour le plus simple, le jambon beurre de base. A se préparer au pire, on ne peut avoir que le meilleur…
Mais voilà, pas de sandwich… enfin si, mais sans baguette… Du Wrap Poulet . Tu connais ça, toi, du Wrap ? Bon, le poulet, j’arrive à imaginer malgré Elsheimer en embuscade… Mais du Wrap ?… Visiblement une espèce de crêpe plate, froide… Le retour de la vengeance des anglais ?
Je me suis réfugié derrière le club saumon, à cause du pain. De mie. Mieux que rien. Le tout servi dans un sac à vomi… Prévoyant, le service restauration….
Donc, un club poissonnier, une bière, un café : 15 € ! Facile à convertir, même pour moi ! Cent balles le casse dalle ! Ca fait cher la rime.

Et côté dégustation…. Comment dire… Pas mauvais, non…Pas bon non plus… Insipide… Un non goût. Agueusie fulgurante. Rencontre intergalactique des papilles gustatives avec un trou noir…
Après ça, heureux de boire leur jus de chaussette. Dégueulasse, mais tu revis, t’existes ! Fortiche la SNCF pour te faire apprécier leur café. Ca, pour le coût, c’est du service public .


Après ces émotions, une petite sieste s’imposait. Oh, pas à cause de la digestion… Avantage du menu pré-mâché… Non, façon de faire défiler plus vite le paysage… Comme un gamin pressé de s’endormir la veille de noël pour être déjà demain. Raccourcir la nuit et découvrir ses cadeaux…

Et c’est là que j’ai pris conscience de ce bruit…Incessant… Un truc à te faire couper ton sonotone pour être pénard… Mais voilà, question ouie, je suis encore au top. C’est plutôt la vue qui part en guenilles… Le labrador et la canne blanche me guettent ….

Une radio ? France info ?

Non, juste un type qui parle… à voix haute !Le genre “ Pue des pieds ” avec vingt ans de plus ...
Sans gène, à s’écouter parler… A s’adresser officiellement à la blonde siliconée, au neurone esseulé, assise en face de lui… Monsieur tenait conférence… pour tout le wagon…Visiblement un grand professeur… ou chirurgien…

Cardiomyopathie par ci, endocardite par là… sans oublier les valvulopathies et sa théorie sur la dissection aortique…

Enfin, moi, je le trouvais surtout très… antipathique !

Il venait d’enchaîner, avec autant de brio, sur la paléoclimatologie – décidément, sans doute un prix Nobel généraliste qui allait finir en apothéose avec sa thèse sur l’avenir de la moule marinière et les conséquences de la crise économique sur la vie sexuelle des gastéropodes – quand un petit bout de femme l’a stoppé net :

—  « Vous ne pouvez pas parler moins fort, non !? Vous n’êtes pas tout seul ici ! »

Un ange.  Tout de noir vêtue… Elle s’est ensuite repliée sur elle même, intimidée par sa propre intervention au courage salutaire…

Le génie a terminé sa démonstration, à voix basse, conclusion confidentielle à sa poupée gonflable… Puis s’est tu. Définitivement. Mimant un dormeur détendu, histoire de ne pas perdre la face, sous les regards apaisés et rieurs de tous les voyageurs…

Puis chacun est reparti dans son silence… J’étais admiratif de cette jeune femme d’une vingtaine d’années… j’avais envie de me lever, de la saluer , de la remercier… De lui donner confiance… dans la vie. Je suis sûr qu’elle te plairait… Elle a les yeux pétillants… et le sourire d’une personnalité qui se cherche… vêtue couleur nostalgie ou du poids d’un avenir trop sombre… Encore attachée au paraître tant il est dur, à vingt ans, d’être…
Le visage garni d’ornements métalliques, oreilles, nez, sourcils, et langue, me semble-t-il, comme autant d’anticorps aux jugements des autres… comme autant de marques pour se rendre visible… comme autant de vis pour être plus solide…
Et cette force, cette envie de justice dont elle n’a pas encore conscience… celle qui lui a permis de clouer au pilori le professeur “Je sais tout”.
« Allez Mademoiselle, abandonnez ces apparats, mettez un peu de couleurs, et laissez vous aller à croquer la vie ! ».

Lucie a sans doute souffert de ne pas avoir d’enfants… Enfin, que je ne puisse pas lui en donner. Je suis, moi, après tout ce temps, partagé… Je ne suis en rien nostalgique de nos carcans d’antan… mais trouve cette époque peu propice à l’insouciance…

Un manque… d’altérité. J’en suis à regretter le père Froncart. Les conflits étaient rudes. Les conditions de travail aussi …. Mais, il était là dès six heures du matin, le premier arrivé et le dernier parti. Il connaissait le boulot… Il tenait à son usine… et sûrement aux ouvriers.  A ses ouvriers ! Aujourd’hui, ils ne sont qu’une variable d’ajustement, valant moins que les roulements à billes qu’ils fabriquent… Les patrons sont ailleurs, anonymes… A s’occuper des comptes, enfin surtout des leurs….C’est l’époque qui veut ça, non ? Ton Général a du être le premier et le dernier Président de la cinquième à payer ses factures d’électricité !

Dans le même temps…
Je me demande parfois… si nous nous étions connus aujourd’hui ?….
Cette rencontre improbable…
Toi, secrétaire de direction, catholique pratiquante…
Moi, le métallurgiste syndiqué et communiste…

Autre temps, autres mœurs… Nous serions nous arrêtés à cet unique baiser ? Aurions nous quitté nos époux respectifs ? Nous serions nous supportés aussi longtemps ? La passion nous aurait-elle consumés ?

J’ai été heureux, tu sais… Avec Lucie, je veux dire… Et nous savons, tous deux, comme il est difficile de construire et de durer… Ma tendre Lucie m’a donné réconfort, présence, attention… sans faille… et beaucoup d’amour…

Je ne suis pas sûr d’avoir toujours été à la hauteur… Je lui ai été fidèle, toutes ces années. Même après sa mort… Une espèce d’évidence…
Elle m’a fait la grâce de rire de mes blagues, jusqu’au dernier jour… Oh, bien sûr, je sais bien que le quotidien m’avait fait chavirer de l’Auguste au clown blanc… Inévitablement… les coulisses sont généralement moins drôles que le spectacle…

Et je me souviens aussi de ce baiser… de notre baiser…

De cet été où tout regorge de soleil.  Tes yeux, de ce noir si profond et mystérieux comme les lacs inquiétants et attirants des contes de notre enfance… Ton sourire émaillé de la blancheur chaude des murs de ces maisons du Sud… La couleur de ta peau si douce au goût de caramel salé… Ta poitrine tendue et palpitante dans le creux de ma main…

Je me souviens…
De cet automne où les doutes recouvrent de leurs feuilles mortes l’incandescence de notre baiser… où la raison voile les derniers rayons de soleil d’un jour d’été passionné…

Je nous revois… je me revois, là…
Ma cigarette agonise dans le cendrier… les volutes de fumée rejoignent le ciel gris de cet hiver si froid, si triste… Pensées sombres et nuits blanches…Le gel des insomnies fige nos inquiétudes en choix et certitudes raisonnés…

Je me souviens…
De ton départ vers des cieux plus cléments qui croise pourtant le retour des hirondelles de printemps…

Et puis les habitudes qui reprennent leurs droits au rythme des saisons…
Et nos lettres composées pour que cet été ne soit pas tout à fait un temps du passé…

Oui, je me souviens…


J’ai du m’assoupir… La voix du contrôleur marseillais m’a sorti de ma douce torpeur… J’adore cet accent… même les mauvaises nouvelles prennent des allures de thé dansant… Les hauts parleurs chantaient :

— « Un médecing est attendug en voiture 15, première classe, à côté du bar … »


Un léger brouhaha dans le wagon comme une rumeur qui monte… Puis le silence… Deux, trois personnes passent dans le couloir, d’un pas rapide… Le coût de bol, une équipe du SAMU en pèlerinage ?

Non, visiblement, juste des curieux ! 

— « Un médecing ou toute personne ayant des connaissances dans le secourisme est attendug voiture 15 !… »

Le tumulte s’amplifie… Chacun y va de ses hypothèses… Certains se lèvent pour aller aux nouvelles… et surtout pour revenir en vedette du vingt heures !

— « On sait pas, ils ne nous laissent pas passer !… y trouvent pas de docteur apparemment… un malaise, je crois… peut être une femme enceinte … » annonce une grosse femme au physique plus proche de Laurence Boccolini que de Laurence Ferrari ….

C’est alors que ma petite protégée intervient :

— « Vous ne pouvez pas les laisser faire leur travail, non ? Et vous, là, je croyais que vous étiez chirurgien ? ! »

— « Moi… heu… non, non. Je lis des revues médicales, c’est tout… Je ne suis pas praticien… »

Et paf !Minable , le grand ponte de supérette… Il cherche un soutien dans le regard vide de Miss Monde qui hoche la tête comme les peluches installées sur la plage arrière des voitures….

Je fais un petit signe de gratitude à ma jeune héroïne… Elle se détend et me communique  son humanité par un large sourire…

« Un prêtre est attendug voiture 15 … »

Ouille, ça s’arrange pas … J’hésite entre rire ou pleurer…

— « Un légiste est attendug en voiture 15 … »

Non ? C’est une blague ! Le club saumon !?

— «  Arrivée à Avignong, 5 minutes d’arrêt … »
Et là, je me réveille vraiment, un peu vaseux… Juste une petite farce de mon cerveau plissé et fatigué…

Avignon ? Il faut que je me prépare. Starting-block en place ! Voudrais pas me retrouver à Marseille comme les anglais à Valence !

Voilà, ma chère amie. Plus que quelques minutes. Je ne pense pas te remettre ce courrier. Ce serait un peu ridicule.
Je te raconterai de vive voix mon voyage à grande vitesse.

Je te dirai à quel point ce lien qui nous unit a été important… ce tendre sentiment… tes lettres pleines de vie et d’espoir… Ce goût pour la littérature que tu m’as transmis… J’ai adoré « Vingt quatre heures de la vie d’une femme » de ton Zweig….

Et pour une fois, je t’écouterai. Oui, surtout, je t’écouterai …

Je t’embrasse, affectueusement, ma douce Anna.


Ton vieil ami, Gabriel.


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Anna ne revit jamais Gabriel. Elle reçut cette lettre par la poste quelques semaines plus tard.

Décédé dans ce train à grande vitesse…Dans l’anonymat et l’indifférence… sauf, peut être, pour une jeune fille qui avait croisé son regard…

Et surtout pour une vieille dame qui l’avait attendu… longtemps…

Il avait changé de compartiment, s’était assis, pensif…

Puis s’était éteint, tranquillement.

En première classe…
Titre: Re : "Voyage à grande vitesse"
Posté par: barnacle le 19 Décembre 2015 à 11:57:24
Ca n'est jamais très sexy, mais quelques corrections au fil de la lecture :
n'est ce pas > n'est-ce pas
un levé de soleil > lever
ont du appeler > dû
Aix en Provence, Marne la Vallée > Aix-en-Provence, Marne-la-Vallée
la ligne Paris Londres > Paris – Londres (pour garder la cohérence Péronne – Aix en Provence)
tunnel sous la manche > Manche
ton visage halé > hâlé
Enfin, voilà . Je suis dans le train . > Espaces en trop avant les points
Que veux tu > veux-tu
qu’il avait du sentir > dû
Orient Express > Orient-Express
Elsheimer > Alzheimer
la veille de noël > Noël
France info > France Info
à voix haute !Le genre > manque espace après le point d'exclamation
laissez vous > laissez-vous
le dernier Président de la cinquième > Cinquième
Nous serions nous (...) Aurions nous quitté (...) Nous serions nous> serions-nous, aurions-nous, serions-nous
J’ai du m’assoupir > dû
Le coût de bol > coup
Et paf !Minable , > Et paf ! Minable, (espaces)
comme les anglais > les Anglais
surtout, je t’écouterai … > je t'écouterai... (pas d'espace avant)
ce train à grande vitesse…Dans > vitesse... Dans (espace après)

Et une petite remarque sur une phrase :
Citer
Je sais bien qu’à toute allusion politique doit suivre un petit quolibet…
Je pense que ça serait plus naturel si c'était construit d'après "être suivi" plutôt que "suivre à".
(que toute allusion politique doit être suivie d'un...)

Pour parler enfin de l'ensemble. Tu as raison de dire qu'il faut "sans doute découvrir les deux/trois premières pages avant de rentrer véritablement dans l'histoire" et c'est un petit peu une faiblesse. Il y aurait matière à annoncer, distiller un peu plus à l'avance le cœur du récit pour le rendre plus accrocheur, donner une plus claire direction aux divagations.
Mais il y a un côté charmant tout du long qui se transforme en tristesse : on sent qu'il parle un peu de tout ce qui l'entoure pour être aimable et se distraire, mais surtout comme un prélude, un préambule pour se préparer à dire le reste, se donner le temps de reparler de ce baiser-là,  d'y repenser, de se préparer pour cette nouvelle rencontre si chargée ; et finalement ça devient une description de ses derniers instants, un instantané de lui-même au travers de son regard. Un vieil homme charmant, au fond.