[La nuit est de retour, et la forêt avec elle. Notre précédent homme sombre reparaît sur scène, toujours enroulé dans sa cape]
Mh, vous me blessez. Lors qu'il s'est agit que moi je glisse du poison dans le verre de votre personnage honni, il n'y a pas eu de problème. En revanche, lorsque c'est à vous de faire le travail, alors quoi ! Vous vous défilez ! Ce sont toujours les mêmes qui bossent ! Vous aussi, prenez vos responsabilités : devenez un méchant !
Osez donc, si vous voulez voter, donner les raisons pour lesquelles vous ne votez pas pour l'adversaire !
[L'homme s'enroule dans sa cape et quitte la scène, ses pas martelant le sol]
Danny Boodman :
Œuvre :Novecento (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,613.msg6213.html#msg6213), d'Alessandro Baricco
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fidata.over-blog.com%2F5%2F43%2F58%2F28%2Fimages-copie-12.jpeg&hash=abffd71f713f1b9b08692def1c4aebd3d5d8b65b)
Description :
Novecento est né sur un bateau, n'en est jamais descendu et n'en descendra jamais. Pour lui, il n'y a que deux choses qui comptent vraiment. Le piano dont il est un virtuose, et le simple espoir de la terre qui suffit à son bonheur au milieu de l'océan. Parce que la terre n'est qu'un espoir. C'est bien trop grand.
Extrait :
Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre-vingt-huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies, elles. Mais toi, tu es infini, et sur ces touches, la musique que tu peux jouer elle est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre. Mais si tu/
Mais si je monte sur cette passerelle, et que devant moi/
Mais si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un clavier de millions de touches, des millions, des millions et des milliards/
Des millions et des milliards de touches, qui ne finissent jamais, c'est la vérité vraie qu'elles ne finissent jamais, et ce clavier-là, il est infini, alors/
Sur ce clavier-là, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n'es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c'est Dieu qui y joue/
Nom d'un chien, mais tu les as seulement vues, ces rues?
Rien qu'en rues, il y en avait des milliers, comment vous faites là-bas pour en choisir une/
Pour choisir une femme/
Une maison, une terre qui soit la vôtre, un paysage à regarder, une manière de mourir/
Tout ce monde, là/
Ce monde collé à toi, et tu ne sais même pas où il finit/
Jusqu'où il y en a/
Vous n'avez pas peur, vous, d'exploser, rien que d'y penser, à toute cette énormité, rien que d'y penser? D'y vivre.../
Moi, j'y suis né, sur ce bateau. Et le monde y passait, mais par deux mille personnes à la fois. Et les désirs, il y en avait aussi, mais pas plus que ce qui pouvait tenir entre la proue et la poupe. Tu jouais ton bonheur, sur un clavier qui n'était pas infini.
C'est ça que j'ai appris, moi. La terre, c'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. Pardonnez-moi. Mais je ne descendrai pas.
Fiche par Baptiste
Armand Reynal de Maupertuis :
Œuvre : De cape et de crocs (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,1584.msg24020.html#msg24020), d'Alain Ayroles
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg4.hostingpics.net%2Fpics%2F787418Armand.jpg&hash=eea05682b59f50763f2eaeba25d2dfb0f818d5f1)
Description :
Armand est un renard ; oui, mais c'est avant tout un gentilhomme. Il a le goût de l'aventure et ne résiste jamais à l'appel de la bataille, dans lesquelles il se jette avec enthousiasme – on peut alors l'entendre rugir le vieux cri de guerre de sa famille, « Maupertuis ose et rit ! ». Alors le jour où il trouve un coffret – et dans ce coffret un écrin, dans l'écrin une bouteille, et dans la bouteille... une carte – Armand n'hésite pas à se lancer sur les mers et sur les routes en compagnie de son vieux frère d'armes Don Lope l'andalou.
Mais si les duels au fleuret le passionnent, il en va de même pour les duels de rimes : c'est un poète qui n'hésite pas à déclamer alors même qui est en plein milieu d'un assaut – qu'il soit guerrier ou amoureux ! Car la belle Séléné habite son cœur, et gare à celui qui se mettrait en travers de leur amour. Il aurait alors à tâter de sa lame – et de ses vers.
Cela lui vaut parfois quelques moqueries de la part de Don Lope, mais au fond ce n'est qu'une gentille manière de montrer leur amitié profonde. Et il n'est jamais trop tard pour se réconcilier autour d'une bonne poularde cuite à la façon Maupertuis.
Extrait :
Alors qu'Armand et Don Lope sont prisonniers d'une galère, une attaque de corsaires maures constitue l'occasion idéale de lancer une mutinerie. Don Lope et Armand se jettent dans la bataille.
DON LOPE : ¡Carne y sangre !
ARMAND : Maupertuis ose et rit !
DON LOPE : « Maupertuis ose et rit ? » C'est grotesque.
ARMAND : Cette devise, Monsieur, glapie par ma famille depuis Azincourt n'a rien de grotesque. A moi, Capitán Mendoza ! Serez-vous aussi courageux face à un renard armé que devant un lapin sans défense ?
MENDOZA : Sais-tu à qui tu as affaire, pitoyable venaison ?
ARMAND : Si fait, Monsieur...
« Au soudard sans vertu qui s'en va recherchant
L'ombre des oriflammes et celle des tyrans.
Loup cruel pour l'agneau, chien soumis pour ses maîtres
Qui ne connaît de loi que la force du reître. »
Je ne vous aime pas et vous êtes laid.
Fiche de Rain