Bonjour, ceci est un petit résumé du rapport proposé par le Centre National du Livre, rédigé par Frédéric Martel
L’écrivain « social », la condition de l’écrivain à l’âge numérique (http://www.centrenationaldulivre.fr/fr/ressources/etudes_rapports_et_chiffres/l_ecrivain_social_la_condition_de_l_ecrivain_a_l_age_numerique_de_frederic_martel/)
Il explique les récentes évolutions du monde de l'édition, et les problèmes sérieux qui en ressortent, et que nous connaissons tous (ou presque...) :
Mon sujet s'organisera comme qui suit :
- Le Résumé
- Mon Analyse
- Des Solutions éventuelles
N'hésitez pas à réagir, ça fait vivre le sujet, et puis ça apporte des ouvertures.
Ce rapport pourrait s'intituler : Plus rien ne sera comme avant...
Le Résumé
D'abord, le métier d'écrivain est en danger, c'est clair, aucun détour. Selon l'auteur du rapport, il y a une évolution profonde du secteur économique du livre : auteurs, éditeurs, libraires, critiques littéraires, bibliothécaires, tout le monde est concerné. On voit que la situation est en constant mouvement, il n'y a aucune certitude. Ainsi, il va jusqu'à douter du terme "crise du livre," lui préférant la dénomination suivante : révolution.
On voit qu'aucune véritable solution n'a été trouvée, l'avenir est entre nos mains donc.
Il est clair que le livre perd de sa légitimité, il y a moins de grands lecteurs, moins d'achats de livres. Une telle évolution n'est pas insignifiante.
Il faut redonner au livre une consistance qui permette un retour à la normale.
L'édition y est plutôt décrite comme un moyen de se faire de l'argent que comme un vecteur de diversité. On voit que les très gros éditeurs imposent leur vision du livre, oubliant alors que le livre possède de multiples visages, et donc qu'il cache encore bien des secrets. L'auteur du rapport suppose que les librairies en ligne peuvent être, à la longue, une solution d'avenir pour tous. Ça reste à prouver, hein... Il y a certaines zones d'ombre dans le rapport, il met surtout en valeur les profonds changements dans le monde du livre, et la nécessité pour tous de s'adapter.
Suis-je assez clair ? Mmh... pour être plus clair, je dirais : tout est brouillé ! tout est chamboulé !
Selon Frédéric Martel, Amazon ne serait pas le problème. Moi, je dirais presque : "mais oui, tout va bien ! Dansons en ronde avec Amazon, mes amis !" C'est comme s'il ne s'était rien passé d'anormal...
Le rapport montre qu'il existe des concurrents à Amazon (La Fnac en France, mais qu'il y a d'autres enseignes dont j'ai oublié les noms en Russie, en Inde, en Chine, etc), et que c'est donc un système qui s'est imposé partout.
Le rapport souligne que le livre numérique est un facteur d'instabilité, notamment parce qu'il provoque un profond changement du modèle, et qu'on ne sait pas encore quelle sera sa véritable évolution. On peut envisager de nombreuses choses, car Amazon n'est qu'un distributeur borné de bouquins, il ne fera jamais le travail d'un bon éditeur, ni celui d'un bon libraire, et encore moins celui d'un bon critique. On a donc : du flou, du flou, et encore du flou...
Bon appétit !
Même s'il prend des détours, en fait, Frédéric Martel dit bien que la crise qui touche le monde du livre est très grave, qu'elle fait perdre leur travail à des tas d'éditeurs, de libraires et d'auteurs. Au fond, le rapport ne fait que déclarer tout haut ce que l'on sait secrètement depuis déjà trop longtemps. L'auteur du rapport va jusqu'à dire que la France n'aide pas les auteurs, mais qu'elle les exploite (ouch !! ><)
Je rappelle que c'est un résumé du rapport, et que vous pouvez très bien consulter le rapport pour avoir votre propre lecture (et nous discuterons du sujet, c'est clair...).
Ce rapport a pour vocation de comprendre un phénomène bien ancré, et de supposer son évolution.
Les critiques littéraires ont également perdu leur rôle. Imaginez-vous choisir un livre, comme ça... au hasard... selon des commentaires bien souvent falsifiés et un petit résumé ridicule... c'est le contraire d'un commentaire rédigé par un critique professionnel. Le rapport explique très bien la rupture entre l'ancien système où le critique conseillait les livres, avait les mains sur les succès de demain, et le nouveau système où tout est brouillardeux.
#:s
Apparemment, les abonnements pour une offre plutôt qu'un achat à l'unité est un système apprécié, et donc valorisé.
On n'a plus aucun moyen de rendre la commercialisation du livre stable et profitable à tous.
Il y a une excellente description de ce qu'on appelle les algorithmes, qui valoriseront un livre plutôt qu'un autre Page 50
Les algorithmes sont des outils qui dépendent de leur programmation. Ils peuvent mener au mainstream ; ils peuvent tout autant mener vers les niches, la world music, le cinéma du monde, la littérature d’avant-garde ou l’art. Tout dépend des critères et des paramètres qui les façonnent. Ils peuvent même recommander un contenu qui aurait fait l’objet d’un contrat publicitaire passé avec un studio hors de toute réalité de la demande du public !
Autrement dit, on a remplacé l'intelligence humaine, libraires et critiques, par des machines, qui plus est des machines qu'on peut facilement truquer.
Nous deviendrons tous des automates, Chaplin avait vu juste !
Connaissez-vous le Cooperative Advertising Agreement (http://www.businessdictionary.com/definition/cooperative-advertising.html) ?
Non ? Vraiment ? Pourtant le principe est très simple :
Tu payes => on te met en tête d'affiche...
Autrement dit, c'est l'éditeur qui acceptera de mettre le plus gros biffeton qui verra son livre valorisé. Allez, Messieurs, sortez la monnaie... Vous voyez un peu le genre de coups fourrés que ça représente ??
:sick:
Ils appellent cela le pay-for-display ou (payer pour être présenté) qui pousse chacun à surenchérir dans l'offre pour son propre bouquin...
Normal, non ?
L'auteur du rapport pense dans un autre temps que le futur des auteurs est sur les réseaux sociaux. C'est comme si le monde littéraire était devenu Disneyland. Ainsi, il insiste lourdement sur la puissance des réseaux sociaux pour promouvoir les auteurs. À vous de voir...
Frédéric Martel présente aussi le crowdfunding ou financement participatif comme étant une solution d'avenir
Mon Analyse
En deux mots : courage, fuyons !!
...
On voit clairement que le débat est houleux, l'auteur du rapport passe son temps à appréhender les coups vis à vis de ses constats, peur de générer de la colère de droite et de gauche, auteur d'un rapport qui n'apporte que très peu de perspectives.
C'est un sujet douloureux, complexe, multiple.
J'ai l'impression que tout le monde tape sur les éditeurs à tort, parce que ceux-ci n'osent pas forcément riposter. J'ai l'impression qu'on veut des coupables là où ils ne sont pas. Les éditeurs n'y sont pour rien dans cette crise, faut pas exagérer.
Après des mois de recherche, et un alarmant rapport, j'ai l'honneur d'affirmer que j'ai très bien compris la cause de la crise, et la continuité du processus :
Il y a quelques années, un requin dévoreur de nageurs isolés a fait surface : Amazon. :ronchon: Partout où il va , il impose ses règles, justifie coup sur coup, dégage aisément chaque obstacle qu'il rencontre. Il faut poser la bonne question :
À qui profite la crise ?
La réponse est simple : à Amazon.
En générant du brouillard, de la confusion, ils déstabilisent les éditeurs et les libraires. Ils les éliminent les uns après les autres en faisant des campagnes d'auto-promotion violentes, et imposent peu à peu leur système.
Peu à peu, on est devenu dépendants.
Une fois que les éditeurs ont dépendu d'Amazon, il ne pouvaient plus éviter de passer par la case "PAY !!" pour faire vivre leur petite maison un an de plus.
Amazon a aussi favorisé le système de "fausses critiques" avec les fameuses petites étoiles (qu'elles sont belles !) pour instaurer dans les esprits que "tout le monde peut être critique."
Eh oui, et pourquoi pas moi ?
Non, lorsque nous avions nos inséparables critiques, parfois ces insupportables critiques, au moins, on était pas bernés. Aujourd'hui, acheter un best-seller est à peu près aussi dangereux que de faire du ski hors-piste : tout simplement parce que les critiques sont falsifiées et financées, et que ça profite à Amazon.
Il faut chercher des solutions pour contre-attaquer !!
Des Solutions éventuelles
Déjà, l'auteur du rapport met bien en valeur pour les auteurs et pour les éditeurs l'avantage de se promouvoir sur les réseaux sociaux. On y trouve quelques perspectives. Avez-vous un site web ? Y a-t-il un moyen pour vos lecteurs les plus fidèles de pouvoir vous suivre ? C'est déjà une première piste pour retrouver un peu d'air.
:roidumonde:
Ensuite, et ça, c'est moi qui le dit, je pense que la solution viendra des éditeurs indépendants. Je pense que les éditeurs indépendants sont les rois de l'inventivité, de la nouveauté, du modèle de demain. Je pense que la nouveauté est la source d'une meilleure stabilité. Je pense qu'ils sont en première ligne, et que plutôt que de les affaiblir, il faudra évidemment les soutenir.
Les gens ont perdu le goût de lire, aux auteurs de leur redonner ce délicieux plaisir !!
Je pense que les éditeurs doivent se spécialiser. Comme on l'a vu, les éditeurs spécialisés (genre SFFF par exemple) ont mieux tenu le coup. Je crois qu'il faut encore aller dans ce sens. Quand le nom d'une maison d'édition est assimilé à sa particularité, on s'en souvient tout de suite ! La spécialisation des éditeurs, c'est apporter une force de plus.
Comme j'ai pu en parler avec certains précédemment, je crois en la proximité. Je pense que c'est cette même proximité qui pourrait être un nouveau facteur de solidarité, et recréer l'économie de demain. J'imagine en ce moment un concept de "réseau social des libraires, critiques, auteurs et éditeurs" mais purement professionnel, et uniquement basé sur une logique de proximité. Il n'y aurait pas de page principale qui met en valeur GuGusss ou Dorothée, mais on atterrirait immédiatement sur la petite librairie à côté de chez soi...
:meeting:
Qu'en pensez-vous ?
N'hésitez pas à douter de tout ça, ça fait vivre le débat !!
:huhu: