Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: vinzWallbreaker le 19 Novembre 2015 à 16:59:52

Titre: Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 19 Novembre 2015 à 16:59:52
Étant accaparé par mon texte long cela fait un moment que je n'ai publié une petite nouvelle... Alors en voilà une... Un peu longue en fait (équivalent de 18 pages format poche).
Elle fait suite à  celle-ci  (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17676.msg285155.html#msg285155).

Bonne lecture.


Le Guetteur


Peut-être êtes-vous au courant de ce qu’il m’est arrivé il y a quelques années lorsque j’habitais du côté de Lorient. Je pensais que m’exiler dans les montagnes me sauverait. J’ai eu tort. Je vais consigner au mieux les faits étranges dont je fus la cible il y a quelques semaines et qui m’ont coûté, sinon la vie, ma sérénité et ma santé mentale. Je pense d’ailleurs que ce témoignage sera mon adieu à ce monde. Peut-être me croira-t-on. Peut-être pensera-t-on que je suis effectivement dément et que seule ma conscience malade et désorientée ou un choc cérébral dû à ma chute a pu imaginer ce que je vais tenter de coucher de ma plume sur ces quelques feuilles de papier. Il est possible que mon récit soit un tant soit peu décousu et chaotique. Mais je ne peux écrire que par petits moments. Je ne souhaite pas être le sujet de railleries de la part des infirmiers de l’établissement où je me trouve. Ni qu’ils puissent se servir de mon histoire pour me droguer encore plus. Je dois donc me cacher pour noter ces quelques lignes.

Suite à ma mésaventure, non, mon calvaire, oui c’est cela, mon calvaire… Donc suite à mon calvaire maritime où j’ai rencontré l’horreur la plus abjecte qu’il soit et je suis sûr maintenant que c’est arrivé pour de vrai, j’avais fui la côte et ses hideuses menaces pour me réfugier en haute altitude dans un petit chalet ma foi fort charmant et chaleureux et tenter de redevenir ce que j’étais avant : un homme normal.  J’y parvins presque. Le grand air et l’absence d’étendue liquide me rabibochèrent en quelques mois. Et je pris rapidement le pli à faire de grandes promenades dans les montagnes. En été comme en hiver. J’appris les dangers des crevasses, glaciers, éboulements et autres spécificités du relief escarpé et prenais un immense plaisir à aller et venir entre monts et vallées. Je pus observer des chamois batifoler sur les versants abrupts, approcher des marmottes sympathiques, pêcher des truites sauvages dans les torrents et les fumer moi-même. Bref, je vivais au rythme de la nature et cela me convenait à merveille.

Où en étais-je ? Ah oui. J’ai dû interrompre mon récit, un surveillant est venu pour m’apporter des remèdes.

Alors, je sortais donc quotidiennement, même lorsqu’il neigeait abondamment comme cette funeste journée. Il avait neigé toute la nuit et le paysage que je vis au réveil était tout simplement grandiose. Le ciel était d’un bleu pur et l’ensemble du panorama d’un blanc immaculé et vierge de toute trace. Tout était lisse, cotonneux et magnifiquement attirant. Je m’équipai en hâte pour profiter au maximum de cette ouate bienfaisante. Je partis vers neuf heures moins le quart et entamai ma randonnée par remonter la longue pente à gauche de mon logis qui mène vers un petit promontoire où j’ai très souvent observé les alentours et la nuit, les étoiles. Arrivé sur l’avancée rocheuse je m’emplis les yeux de ce paysage qui, sans changer, paraissait tout de même différent. Ensuite je m’attaquai à gravir une pente plus prononcée que j’ai escaladé de nombreuses fois. Il me fallut une bonne heure pour arriver au col. Là, j’avais le choix, à gauche vers les crêtes ou à droite redescendre vers le glacier et remonter par la « petite muraille ».  J’optai pour ce parcours. Il me permettait de faire une boucle et non un aller-retour (que je déteste particulièrement), de plus à la « petite muraille » il y a un gîte agréable.

Bon, il est tard mais je dois me dépêcher de finir d’écrire mon histoire, je n’ai pas pu écrire du reste de la journée. C’est donc à la lueur faiblarde d’une bougie que je vais poursuivre ma rédaction. J’avais donc décidé de passer par le glacier. La descente se déroula sans encombre, mes pieds chaussés de raquettes à neige laissaient des traces caractéristiques et profondes dans mon sillage. J’atteignis, en fin de matinée, le côté droit de la moraine. Je fis une pause pour me reposer un peu et manger vers onze heures et demie. Et je repris ma progression vers midi et quart.  Le soleil vif et radieux et m’éblouissait allègrement. J’avançais péniblement, la neige étant à cet endroit particulièrement épaisse et volatile. J’ai beau connaître ce lieu, avec cette blancheur omniprésente et aveuglante je ne perçus que trop tard que j’avais dérivé quelque peu et marchais à présent sur le glacier et non le long de celui-ci. Lorsque je m’en rendis compte je me hâtai de rejoindre le bord. Et c’est là que le sol s’ouvrit sous mes pieds, comme la gueule de quelque monstre affamé et sournois. Je me rattrapai à la paroi mais trop tard. Mon corps chargé de matériel chuta dans l’abîme et je glissai pendant d’interminables secondes qui me parurent des heures. J’heurtai au passage plusieurs saillies glacées et coupantes comme les dents d’un loup gigantesque et lorsque ma glissade prit fin plusieurs mètres plus bas j’étais contusionné et entaillé à de multiples endroits. Malgré la profondeur à laquelle je me trouvais, il régnait une clarté suffisante pour que je puisse rapidement faire le point sur mes blessures. Dans ma dégringolade mon sac s’était désolidarisé de moi et avait chu plus loin. La douleur qui me lança la jambe droite était telle que je me résignai à ramper jusqu’à mon sac pour y trouver de quoi me panser. Fort heureusement je n’écopai que de blessures assez légères mise à part ma jambe droite dont le genou était déboité. Au prix d’une douleur aigue comme je n’en avais jamais éprouvé jusqu’alors, je pus remettre ma jambe en état. En bricolant une canne avec les reste de mes raquettes j’étais en mesure de reprendre la marche. Mais cette fois pour trouver une sortie. Car l’ouverture qui m’avait engloutie était tout bonnement impossible à escalader. La seule solution se présentait devant moi sous la forme d’un étroit boyau de glace qui s’engouffrait dans les profondeurs de la terre. Je n’avais pas du tout envie de suivre cette voie là, mais avais-je le choix ? Péniblement je me mis à claudiquer dans le fin couloir. Aussi surprenant que cela puisse paraître, à mesure que je m’enfonçais dans les entrailles froides du glacier la luminosité ne déclinait point. Il régnait en permanence une clarté étrange qui me permettait de distinguer où je posais mes pieds. Finalement mon moral remontait. J’allais surement déboucher à un endroit où je pourrais ressortir de ce piège. Si j’avais su.

Pardon pour cette interruption. J’ai cru entendre un bruit hors de ma cellule et puis je me sens épié, en permanence. Vous savez, cette sensation que quelqu’un ou plutôt quelque chose vous observe et devine tout ce que vous pensez.
Bon, passons. Donc : Si j’avais su que le chemin qui s’ouvrait devant moi était celui de l’antichambre de l’enfer et le tombeau de ma raison j’aurais tenté ma chance à escalader les quelques vingt mètres de parois glacées de la crevasse quitte à en mourir sur le champ.

Excusez-moi, mais j’ai du mal à poursuivre.
Ah, je viens de relire ce que j’ai écrit.
Voilà, à mesure que j’avançais, je descendais. Et malgré cela, la luminosité restait toujours égale. De temps en temps le couloir remontait en pente légère avant de redescendre à nouveau. Il régnait un silence oppressant rompu parfois par un craquement de glace sinistre et inquiétant qui me rappelait que je déambulais sous des tonnes de glace fragile prête à m’écraser et à m’emprisonner pour les siècles des siècles. Je me hâtais autant que ma jambe blessée me le permettait. J’avais perdu la notion du temps. Depuis combien de temps étais-je là-dessous ? Je n’avais aucun moyen de le savoir. En me retournant je m’aperçu que le chemin que je croyais relativement droit était en fait légèrement arqué sur la droite.
Je…
Pardon. J’ai cru entendre… Non sentir quelque chose. Foutus médicaments. Ils me dégomment l’esprit et me font croire qu’il y a des choses autour de moi. Si seulement je pouvais sortir. Non dehors c’est pire. Si seulement je pouvais en finir. Non d’abord terminer mon récit. Ensuite, et seulement ensuite, partir. J’ai réussi à amasser suffisamment de médicaments pour me plonger dans un profond sommeil sans fin.

Ahhh. Misère.
Il faut que j’écrive, c’est mon but, mon ultime but rien d’autre ne compte.

La faim. Elle commençait à se faire sentir. J'en conclus qu'il devait être au moins seize ou dix-sept heures... Donc il devait faire nuit dehors. Mais pas là où je me trouvais. L'étroit boyau avait fait place progressivement à un passage plus large. Mais surtout très régulier, un peu trop pour être naturel. Quand je réalisai cela, je fus pris d'une bouffée de chaleur et d'angoisse incommensurable. Où étais-je donc arrivé ? Si je me basais sur ma vitesse de progression et l'heure supposée je devais avoir dépassé l'autre bord du glacier depuis un moment... A moins que je tournasse en rond selon une spirale démoniaque qui m'entraînait vers quelque lieu interdit.

J'en étais arrivé à ce point de réflexion lorsque je débouchai dans une vaste "salle" dont je ne pouvais apercevoir ni l'opposé, ni le fond. Un terrible vertige aspira mon être et me fit perdre connaissance. Quand j'ouvris les yeux il régnait toujours cette même luminosité fantasmagorique. À partir de ce moment là je ne pus plus du tout me rappeler de la moindre notion temporelle. En tentant de me relever en prenant appui sur mes bras une... Comment dire... Une force ? Une chose ? Une présence ? Bref "quelque chose" me tira en arrière et je me retrouvai sur une pente glacée interminable. Je sentais surtout que le moindre mouvement me ferait déraper dans l'abîme sournois. Mais je ne pouvais rester là.

Veuillez pardonner les tâches sur les dernières lignes. Mais mon nez s'est mis à saigner comme à chaque fois que je me remémore cet instant. Enfin ce fait. Car comme je l’ai dit, la temporalité m'avait complètement échappée depuis.
Je m'égare encore. Heureusement que je ne prends pas toutes leurs satanées drogues. Elles me démolissent suffisamment comme ça. JE N'EN AI PAS BESOIN !!! Bande de charlatans... Je ne suis pas malade. Je…
Bon. Assez de digressions inutiles.
Reprenons.

Avec d'infinies précautions je me mis à ramper avec pour objectif la zone horizontale pierreuse. J'avais presque réussi. Mais par une inexplicable attraction mon corps partit à l'opposé du but que je tentais d'atteindre. Je glissais inexorablement vers mon destin. Je pris de la vitesse petit à petit, emporté par la pente givrée. Mais assez étrangement cette accélération n'était ni brutale, ni continue. Mon allure semblait modérée contre toute attente et contre toute logique, malgré l'angle de la pente qui devait avoisiner les vingt degrés. Encore une fois, je suis bien incapable d'évaluer la durée de ma glissade. Mais une chose est à peu près sûre : cela dura fort longtemps.
La cloison glacée défilait sans cesse à ma gauche. Je vis passer devant moi des kilomètres de parois sans pouvoir ni m’agripper ni ralentir. Je descendais, inexorablement. Encore et toujours. Mon esprit était hypnotisé par le son que produisait mon corps glissant sur la surface givrée et par ce défilement ininterrompu de neige tassée. J’y voyais des formes vagues et éthérées. Puis le mur se changea en pierre alors que le sol était toujours de glace. Je dérapais toujours. Toujours plus bas. Suffisamment pour que j'atteigne une profondeur telle que je suis persuadé, encore aujourd'hui, d'avoir atteint le niveau zéro. Je dis ça parce que...

Le fait de revire tout ça m'a fait perdre mes repères et je n'ai pas vu arriver l'aurore. J'ai failli me faire surprendre par le surveillant.

Et aujourd'hui j'ai perdu un temps précieux car c'est le jour du bain et de la promenade obligatoire. Je n'ai donc pas pu finir mon histoire. Par contre j'ai réussi à subtiliser un flacon d'alcool qui devrait m'aider quand viendra le moment de partir.

J'avais atteint le niveau zéro, enfin le niveau de la mer. Je le sais car je fus immédiatement agressé par une odeur nauséabonde que je ne connaissais que trop bien et que j'avais fuit. Vous savez de quoi je parle ? Cette puanteur écœurante que produit l'iode répugnante, le varech pourri et les mille choses immondes qui vivent et meurent dans l'horrible masse liquide qu'est la mer. La sournoise. La dévoreuse.
Ma glissade prit fin dans cette flagrance infecte. Mon corps s’immobilisa sur une surface sablonneuse, noire et humide. À bout de force je me forçai néanmoins à m’asseoir et tenter de reprendre le contrôle de mon esprit. J’étais à quelques mètres seulement d’une immense étendue d’eau salée. Ici la clarté avait quand même un peu diminuée et je ne pouvais voir qu’à quelques dizaines de mètres seulement. Au sol des coquillages étranges, ou du moins c’est tel que je pourrais éventuellement tenter de les décrire, se déplaçaient ça et là, dessinant des motifs géométriques horribles, le tout dans un silence douloureux. Une petite quinte de toux surgit de ma gorge, brisant ce calme oppressant et envoyant une onde sonore qui fut complètement absorbée. Comme si je me trouvais dans une pièce remplie de coton. Sauf que j’étais dans un lieu illimité. Une envie me prit et je criai un son fort et puissant… Il fut absorbé lui aussi. Pris de panique je réitérai l’expérience et à ma grande surprise, et incompréhension, je perçus un écho. Le même que celui qu’aurait produit mon cri dans les montagnes.
D’ailleurs, en y réfléchissant bien, j'étais en fait aux pieds de montagnes dans la montagne... Avec à mes propres pieds, la mer. Cette entité liquide avait réussi à me rejoindre, ou plutôt à m'attirer à elle alors que je m'en étais éloigné de plusieurs centaines de kilomètres.
Et maintenant ?
Qu'allais-je faire ?
Les étranges coquillages continuaient leur sarabande mathématique traçant sans relâche leurs symboles invraisemblables en émettant maintenant des bruits qui me rendaient nerveux. L'eau jusque là parfaitement calme et lisse s'était mise à onduler malgré l'absence totale de vent. Cela se traduit par l'apparition d'un minuscule clapotis qui se chargea rapidement d'effluves nauséabondes qui n'avaient d’autre but que celui de me faire craquer. Et cela fonctionnait à merveille. Entre ces vaguelettes démoniaques pestilentielles et les mollusques infernaux mes nerfs étaient rudement abrasés.
Et ce n'était qu'un début...
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 19 Novembre 2015 à 17:02:49
Oui. Le début.
Car ceci ne constituait que le prélude à la plus horrible expérience qu'un humain puisse subir.
Sans m'en rendre compte, mes mains s'étaient portées à mes oreilles dans une vaine tentative de taire ces affreux bruits. Un courant d'air glacial dans mon dos me fit frissonner comme jamais. J'avais la nette impression que quelque chose était apparu derrière moi. J'étais tétanisé et l'idée même de me retourner était impossible à formuler. Je savais que quoi qu'il puisse se passer dans mon dos, ce ne pouvait être qu'insanité et effroi. Quand la tentation de me retourner fut plus forte que l'épouvante que je vivais, je pivotais la tête.
Mon dieu. J'ai des haut-le-cœur quand j'y repense. Il faut que j'aille...
Désolé pour cette interruption, mais j'ai rendu l'intégralité de mon repas sur mon lit. J'en connais un qui ne va pas être content. Bien fait pour lui, ce n'est qu'un sale... Type. Un sale type. Je n'arrive plus à me concentrer. Les remontées acides me brûlent. Il faut absolument que je finisse. Car vous ne savez toujours pas ce que j'ai vu, entendu, et touché au fond de ce monde à l'intérieur du monde.

J'avais pivoté ma tête, les yeux clos. La peur scellait hermétiquement mes globes oculaires. S'il n'y avait pas eu ce bruit je crois que je n'aurais jamais eu la force de contempler l'impensable. Mais en entendant ce son inconnu ma curiosité (quel très vil défaut) prit le dessus et mes paupières sautèrent. Et je vis. Cette entité gravée dans la façade de roche luisante qui me scrutait de son regard lithique antédiluvien. Sa ressemblance conforme au monstre de mon souvenir me donna l'impression que j'étais de nouveau confronté à cette abjecte chose. Ma température corporelle chuta d'un seul coup pour passer en négatif... Instinctivement je reculais de manière désordonnée en proie à une panique viscérale et incontrôlable. Ce n'est que lorsque mes mains rencontrèrent l'eau froide que je stoppai ma reculade. Et ce n'est qu'alors que je réalisai qu'il ne s'agissait que d'une sculpture. Mais si réaliste et si menaçante que j'avais vraiment cru être devant le modèle original. Au milieu de sa gueule informe se dessinait une ouverture dans laquelle j'apercevais un escalier. Une longue succession de marches s'enfonçant encore plus loin dans les entrailles de la terre guidant le fou ou le téméraire vers les secrets des origines du monde. Ma raison m'avait-elle déjà quittée lorsque je m'approchai de la gueule béante pour tenter d'y discerner quelque chose ? Je ne saurais le dire, mais je pus distinguer deux choses : la première, la source du bruit qui m'avait fait ouvrir les yeux qui n'était autre qu'une espèce de ver de vase monstrueux, blanc laiteux et immonde, bicéphale de surcroît, dont les nombreux yeux atrophiés et rouges semblaient néanmoins capable de percer la pénombre ; la seconde, que l'escalier ne semblait pas s'enfoncer sous les eaux mais bel et bien dans un tunnel dont je ne pouvais apercevoir le bout. Une fois l'horreur blanchâtre rampante et ondulante passée je sentis une sorte d'attraction prendre possession de mon corps et m'enjoindre de descendre marche après marche vers l'inconnu.

J'aurais dû compter les marches. Ca m'aurait donné une vague idée de la profondeur supplémentaire que j'atteignais. Je...
Non.
Si.

Pardon.
Continuer. Je dois continuer.

Je débouchais devant une stèle gravée de symboles abscons et hideux sur lesquels je ne m'attardai point et passai outre. J'arrivai devant une ouverture sur ma gauche. Il y régnait une clarté ondulante qui m'intrigua. Je passai le porche de pierre et accédai à une pièce de taille colossale dont le sol était parfaitement lisse et noir et reflétait la luminosité qui m'avait attirée. Machinalement je levai la tête pour réaliser avec incrédulité que ce qui créait cette luminosité mouvante n'était autre qu'une formidable masse liquide qui filtrait la lumière de la grotte principale au dessus. Par je ne sais quelle force incompréhensible le plafond était l'eau qui se trouvait dans la caverne où j'avais échoué après mon infinie glissade. Un vertige inimaginable m'envahi. J'avais la sensation de me trouver les pieds au plafond au dessus d'un lac, or c'était bien l'inverse qui se passait. Il me fallu un bon moment pour me ressaisir. A travers l'élément liquide je distinguais une forme grisâtre qui semblait soit être immergé, soit flotter à la surface, enfin l'autre surface de cette nappe bipolaire. Comment aurais-je pu sortir indemne de cette expérience ? J'avançais, guidé par je ne sais quelle pulsion. N'importe qui, sain d'esprit, aurait rebroussé chemin depuis longtemps. Mais je continuai ma progression en boitant dans ce milieu irrationnel. Ça et là des ustensiles inconnus trainaient sur le sol. Un peu plus loin je découvris des sortes de jarres qui contenaient un immonde et inquiétant liquide visqueux blanchâtre à la surface duquel flottaient des espèces de « raisins secs » rouges bordeaux et dont l’odeur me retourna les tripes. Je pouvais discerner sur les murs, ou devrais-je plutôt dire les parois, d’autres sculptures que celles de la stèle. Des bas-reliefs. En m’approchant je pus, avec horreur, me rendre compte qu’ils représentaient des monstres horribles dont certains me semblaient « familiers ». Autre chose abjecte. Toutes ces sculptures semblaient avoir été exécutée sans l’aide d’outil. Les parois semblaient avoir été gratté par des milliers d’ongles déments. De temps à autre il me semblait ouïr des sons semblables à des discussions entre des êtres d'un autre univers. Malgré cela tout me semblait vide et abandonné depuis des lustres. Et pourtant. Je me sentais épié en permanence par des milliers d'yeux pervers et immatériels. Puis il me sembla distinguer au loin le bruit connu et caractéristique qui avait quelque chose de tellement normal qu'il me rassura un instant : quelque part s'écoulait une petite quantité d'eau en faisant ce plic-ploc si reconnaissable. Je me précipitai en claudiquant le plus vite que me permettait mon genou démis dans la direction d'où provenait cette douce et providentielle mélodie.

Bien mal m'en a pris.
Je hais l'eau.
J'abhorre ce liquide détestable !

J'accédais après une course des plus harassante, en nage, devant une zone comment dirais-je ? Chaotique, voilà le terme le plus approprié... Il y avait bel et bien quelques écoulements d'eau. Mais.
Et oui, il y a un "mais".
Mais ces écoulements s'effectuaient aussi bien de haut en bas, normalement, serais-je tenté de dire, mais aussi dans le sens inverse ! Au même endroit se télescopaient deux notions inverses et contradictoires. L'eau chutait ET remontait.
Mes jambes se dérobèrent.
Ma chute provoqua un son étrange. Un bruit sec et caverneux dans lequel une étrange harmonique filtra en s'amplifiant encore et encore de manière diabolique afin de me submerger.
Je perdis connaissance.

Faute de place sur ma dernière page je dois stopper mon récit pour trouver de nouvelles feuilles.


J'ai la nausée rien que de relire ce que j'ai couché si douloureusement sur ces quelques pages. Mais je suis bien obligé si je veux que mon texte ne soit pas trop décousu.

Ah. J'y suis.

J'avais repris connaissance. Mes yeux s'ouvrirent et fixèrent l'imposante masse d'eau qui planait au-dessus de moi. Une impression bizarre m'engloba. J'avais l'impression d'être mouillé. En palpant le sol autour de moi je découvris que j'étais effectivement cerné de liquide. Quand je passai ma main devant mes yeux, je réalisai que c'était du sang.
Mon sang.
Grand Dieu ! Je détectai rapidement la provenance de tout ce cruor. Mon nez ainsi que mes oreilles s'étaient mis à saigner pendant mon coma, colorant d'écarlate le sol, me baignant d'une auréole rouge. Et puis un gargouillis sonore et douloureux fini de me réveiller. La faim me tiraillait presque autant que l'angoisse qui m'envahissait toujours plus fermement.
Et cet écoulement blasphématoire qui ne cessait son plic-ploc plic-ploc. Démembrait méthodiquement le peu de raison qu'il restait en moi.
Et cet exactement à cet instant que j'entendis un souffle. Une brise que je n'avais pas réussi à oublier. Tout juste avais-je réussi à la refouler parmi les rêves et les chimères impalpables et éthérées qui peuplent l'esprit. J'avais naïvement pensé que ce que j'avais vécu des années auparavant n'était qu'un affreux cauchemar. Hélas la vérité est tout autre. Une décharge parcouru mon échine et m'enveloppa.

Rassemblant le peu de force qu'il me restait, j'entrepris de quitter ce lieu impie et maudit.
Et c'est là. Là qu'il se matérialisa.
Le guetteur de ce sanctuaire satanique.
La sentinelle de cauchemar qui veillait sur son repère dément.
Et je le reconnus.
Immédiatement.
Cet œil monstrueux au milieu de cette masse de chairs informes et palpitantes entourée de "membres" improbables. Ce Léviathan d'épouvante et d'effroi dont la taille est proportionnelle à la peur qu'il inspire. Il flottait dans l’immensité liquide qui me surplombait.
Je poussai un cri comme j'ignorais en être capable. Un hurlement de terreur, de défaite et de pitié à la limite de l'humain.

Et comme la première fois, du fond de son antre liquide "il" se mit à rire.
Et comme la première fois il me saisi avec un "tentacule" répugnant.

Ma tête et mon corps semblèrent s’embraser et exploser en une myriade de petits bouts sous la décharge malfaisante de cet appendice mou. Ma vue se brouilla et mes sens se mirent à décrocher un à un. À la suite de quoi je perdis toute notion d’espace et de temps. J’eus l’impression de dériver en ayant pourtant la certitude de ne pas bouger. Des sons m’assaillirent mais comme directement implantés dans ma tête et non par le truchement de mes oreilles. De la même manière des images me vinrent malgré mes yeux clos. Je fus ainsi assailli de visions détraquées où je discernais des êtres humanoïdes diformes et grotesques danser sur des rythmes tordus en mimant des simulacres d’accouplements honteux et contre nature. Puis s’entredéchirer et se dévorer les uns les autres dans un bain de sang, sous le regard « satisfait » de plusieurs monstres semblables à ma Nemesis. D’autres visions d’horreur se succédèrent, marquant irrémédiablement mon esprit d’une noirceur indélébile et poisseuse. Quand ma visions revint sur des choses « réelles » j’étais perché sur une sorte de pyramide de basalte flottant dans l’air. Des traces gluantes zebraient la surface lisse du tetraedre rocheux. Je compris que c’était la masse que j’avais aperçu quelques temps auparavant d’en dessous l’eau.
Au dessus de moi, loin, dans le plafond de cette grotte, se trouvait un orifice d’où s’écoulait, comme au ralenti, de l’eau qui se mêlait sans bruit au lac souterrain.
Trempé jusqu’aux os, je grelotais en proie à une sensation de froid intense. J’étais sûr que j’allais mourir ici, au fond de ce lieu maudit. Loin, très loin de mes semblables et de la caresse du soleil. Mes forces m’abandonnant, je m’affessai comme un pantin auquel on aurait coupé tous les fils. Et je restai là, amorphe, le regard perdu dans le vague. Mes paupières se fermèrent une fraction de seconde. Juste le temps de percevoir une autre vision de folie. Puis le « plafond » réapparu. Peut-être me semblait-il plus près qu’avant. Ensuite…
J’ai dû m’assoupir car je n’ai absolument aucun souvenir de la manière dont je suis reparti de cette antre d’aliénation et de noirceur pour me retrouver à la surface, au bord de la moraine, à seulement quelques mètres de la crevasse qui m’avait avalé.

D’après ce que je sais c’est un guide qui m’aurait découvert, inconscient, dans la neige, à moitié gelé. La seule chose que j’ai pu savoir c’est qu’il a affirmé qu’il y avait d’étranges traces dans la neige autour de mon corps et que j’avais du sable noir et du sang sêché sous les ongles. Il paraît que lorsque j’étais dans le coma il m’arrivait d’avoir des périodes agitées pendant lesquelles je bredouillais des borborigmes incompréhensibles et menaçants. Et surtout il paraît aussi que lorsque je repris « conscience » les deux premières choses que j’ai faites furent : un, de hurler comme si on m’arrachait la peau du dos, deux, d’agresser la pauvre infirmière qui se trouvait là. On m’a dit que j’ai tenté de… Mon dieu… J’ai apparemment tenté de faire la même chose que ces êtres difformes que j’ai vu dans mes visions cauchemardesques sous l’emprise de ce monstre. Ils se sont mis à plusieurs pour me maîtriser et me faire taire. Je vociférais comme un damné, les yeux fous, injectés de sang, les pupilles dilatées à l’extrême, la bave aux lèvres.

Il est l’heure.
Nous sommes au milieu de la nuit. Il n’y a pas de lune. Je sors de ma cachette des dizaines de médicaments et le flacon d’alcool.
Tout avaler…
Je dois tout avaler…






Note : Nous avons trouvé la cellule vide ce matin. Aucune trace de notre patient. Tout était absolument bien fermé. Il y avait bien une bouteille d’alcool vide par terre. La chambre était pourtant fermée à clef lorsque nous sommes arrivés. La seule chose que j’ai pu noter c’est la présence d’une substance gélatineuse sur les draps. Que s’est-il passé ? Nous ne le saurons probablement jamais. À moins que cet homme ne fût pas du tout aliéné et que son récit ci-avant, aussi invraisemblable qu’il puisse être, soit le résultat de faits qui se soient réellement passé.

Dr Pierre Dietrich,
Psychiatre



PS : Hier j’ai appris qu’un corps dont la description correspond à celle de notre patient disparu il y a deux jours a été retrouvé près de Lorient, dans une flaque pâteuse et nauséabonde, nu et atrocement mutilé.

Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: barnacle le 20 Novembre 2015 à 00:17:48
Je lis depuis la perspective de quelqu'un qui n'a pas lu le premier texte, en prenant quelques notes au fur et à mesure :

Citer
les faits étranges dont j’ai fait l’objet
Être fait l'objet de faits est un peu bizarre comme formule.

Citer
un choc cérébral dû à ma chute à pu imaginer
a pu

Citer
Et je pris rapidement le pli à faire de grandes promenades
Perso je dis "prendre le pli de", je ne sais pas si l'alternative est valable.

Citer
Où, en étais-je ?
Virgule ?

Citer
un surveillant est venu pour m’apporter des remèdes.
Dire juste "des remèdes" n'est pas assez méprisant (je suppose que c'est le ton), l'expression toute seule est juste un peu bancale, quelque chose qui ne se dit pas. J'insisterai : "de leurs supposés remèdes" ou dans le genre.

Citer
Le ciel était d’un bleu pur et l’ensemble du panorama était d’un blanc immaculé et vierge de toute trace.
Le deuxième "était" n'est pas obligatoire.

Citer
magnifiquement attirant
Adverbe un peu bizarre.

Citer
le même [paysage] que d’habitude mais finalement jamais pareil à la fois précédente
Un peu maladroit dans le contexte. Je partirai plutôt sur la piste de : "comme toujours à la fois [habituel, connu] et [différent, nouveau]".
Et si tu veux insister sur le fait que c'est encore plus différent que d'habitude, la phrase actuelle ne le fait pas (mais celle que je propose non plus), donc il faudrait un  "Peut-être plus cette fois-ci que jamais" (ou équivalent).

Citer
Il me permettait de faire une boucle et non un aller-retour (que je déteste particulièrement), de plus à la « petite muraille » il y a un gîte agréable.
Le "de plus" ne passe pas très bien (surtout qu'il est suivi du présent, qui se justifie si besoin mais fait que c'est une phrase qui attire plus l'attention).

Citer
J’appréhendai un fin de matinée le côté droit de la moraine.
Phrase bizarre. Tu es sûr qu'appréhender est le terme ?

Citer
Je fis une pause pour me reposer un peu et manger vers onze heures et demie. Et repris ma progression vers midi et quart.
Commencer la seconde phrase par "Et" sans reprendre le sujet est un étrange entre-deux ; à mon avis, soit tu reprends "Et je" (probablement "Puis je" plutôt), soit tu jettes le "et" : "demie. Repris (...)"

Citer
Le soleil était vif et radieux et m’éblouissait allègrement.
On bute un peu sur les "et", tu peux simplifier : "Le soleil vif et radieux m'éblouissait (...)".

Citer
Et c’est à ce moment là que le sol s’ouvrit sous mes pieds, comme la gueule de quelque monstre affamé et sournois.
"Et c'est à ce moment-là que" est long, alors que tu cherches  - je pense - un effet de soudaineté.

Citer
la profondeur à la quelle
laquelle

Citer
Dans ma chute mon sac s’était désolidarisé de moi et avait chu plus loin.
chute/chu

Citer
La douleur qui me lança la jambe
que
Et probablement "ma" jambe.

Citer
Aussi surprenant que cela puisse paraître, à mesure que je m’enfonçais dans les entrailles froides du glacier la luminosité ne déclinait point.
Imbriquer "à mesure que" dans "autant (...) que" est un peu lourd.

Citer
au dehors de ma cellule
Formule peut-être pas strictement incorrecte, mais avec "hors de" au moins il n'y a pas de doute.

Citer
Et malgré cela la luminosité restait égale et suffisante pour que je voie où je mettais les pieds.
A ce stade ça a déjà été établi dans deux autres phrases, la troisième pourrait être plus brève.

Citer
Quand je réalisai ceci
A vérifier, mais pour moi "ceci" ne s'utilise que s'il y a un "cela" à y opposer (ou alors c'est très formel, type "Lisez ceci [que je vous montre]"). Donc, "cela" par défaut.

Citer
Car comme je l’ai dis
dit

Citer
la temporalité m'avait complètement échappée depuis.
Mal dit. "J'avais perdu le sens du temps" peut-être. Ou il ne l'a pas retrouvé ? Dans ce cas : "et je ne l'ai toujours pas retrouvé".

Citer
je ne prend pas
prends. Il délire vraiment, l'orthographe dérape.

Citer
mon corps parti à l'opposé
partit

Citer
car je fut
fus - ce sont des fautes d'inattention plus qu'autre chose je crois, donc je vais arrêter de les noter. Je suis un gros flemmard.

Citer
qui n'avaient de but que celui de me faire craquer.
d'autre but

Citer
je pivotais la tête.
"tournais" est beaucoup plus naturel.

Citer
des hauts le cœur
hauts-le-cœur

Citer
La peur celait
scellait. J'avais dit que j'arrêtais avec les fautes d'ortho, mais celles-là sont vicieuses.

Citer
Quand je passai ma main devant mon regard
Quand je regardai ma main/Quand je passai ma main devant mes yeux

Citer
Grand Dieu !
Hum, à quel époque se situe le texte ?

Citer
Je poussais un cri comme j'ignorais en être capable.
Formulation pas géniale.

Citer
À moins que cet homme ne fût pas du tout aliéné et que son récit ci-avant soit le résultat de faits qui se soient réellement passé.
C'est un psychiatre très ouvert d'esprit je trouve. Qu'il soit enclin à penser qu'il y avait une part de vérité dans le délire c'est une autre chose, mais là ça n'est pas très vraisemblable.
Ça affaiblit un peu la fin du coup. Je ne sais pas, qu'il ne soit jamais cru me semble bien plus horrible.
Puis le post-scriptum, tu tombes un peu dans le travers de vouloir trop finir et d'avoir trois fins à la suite.


Une remarque générale sur le style : tu as un peu tendance à préférer les formules longues aux courtes, à dire en six mots ce qui peut être dit en trois, ce qui me détachait parfois un peu du récit. Rien d'affreusement gênant, mais j'aurais aimé que tu dises les choses de façon plus directe par moments.
Quand le narrateur trébuche sur sa narration par contre, c'est réussi.
La seule conséquence de ne pas avoir lu le texte précédent : j'ai du prendre sa haine de l'eau pour acquis. Aucune difficulté à ce niveau-là.
Ensuite, c'est très lovecraftien - je suis sûr que tu t'attends à la comparaison. J'ai beaucoup aimé la description de la descente et les interruptions du narrateur pour décrire son nouveau quotidien - un peu moins la rencontre avec les horreurs elles-mêmes.
J'aime certains détails (se réveiller en sang et réaliser pourquoi, par exemple), mais d'autres descriptions comme :
Citer
Je fus ainsi assailli de visions détraquées où je discernais des êtres humanoïdes difformes et grotesques danser sur des rythmes tordus en mimant des simulacres d’accouplements honteux et contre nature.
sont à la fois trop précises et pas assez. Il y a beaucoup de mots, mais très peu de mots précis - juste une succession de choses vagues. Il manque une pointe, un détail précis pour enrouler le tout.
Décrire des horreurs lovecraftiennes est très difficile, par définition, et tu n'en tires pas si mal mais je pense qu'il y a matière à amélioration.
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 20 Novembre 2015 à 13:34:06
Un très grand merci pour toutes ces fautes horreurs relevées.
Je m'occuperai de ça ce WE.
Pour les remarques, idem, je les notes et je médite dessus. Mais la plupart me semblent très pertinentes.


Et je plaide mille fois coupable pour le style...
Lovecraft reste un de mes auteurs préférés.

Maintenant je suis assez content que tu aies pu lire ce texte (sans avoir lu l'antécédent) sans en être trop gêné. Je voulais faire une suite, mais qui puisse aussi être indépendante. Et apparemment, je ne m'en suis pas trop mal tiré.
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: Alan Tréard le 22 Novembre 2015 à 15:52:00
Bonjour Vinz, C'est la première fois que je me lance dans un de tes textes, et je dois avouer que je ne suis pas déçu. Je n'en connais pas encore la fin, mais je suis curieux.
Pour le moment, je n'ai lu que la "première partie" jusque "Et ce n'était qu'un début..."
Il y a un quelque chose de fantastique dans le cheminement du personnage principal.
J'ai trouvé la forme extrêmement bien maîtrisée, on se laisse entraîner en même temps que le personnage principal, les coupures dans la narration pour "parler des médicaments" fonctionnent super bien, ça nous interroge.
Je pense que tu peux l'envoyer à un AT si tu en as envie (bon, je n'ai pas lu encore la fin, je juge sur ce que j'ai lu pour le moment).

ça et là
Tu as utilisé cette expression quelque part dans le texte, sache qu'on met un accent sur le ça :
çà et là
(je ne sais pas si barnacle l'avait corrigée).

 :huhu:

Je pense que la progression du personnage est un peu trop centrale dans le texte, et que cette unicité est un peu risquée. Peut-être qu'il y a un moyen de décentraliser légèrement ce fameux "voyage." Les "coupures-médicaments" dans la narration fonctionnent très bien, et je pense qu'un détail ou deux en plus dans la narration allègeraient l'intrigue. Jusqu'au bout on va se demander pourquoi le personnage principal raconte cette histoire, ça nous intrigue.
Ainsi, la lecture coule de source, on se laisse dériver confortablement, c'est l'essentiel.
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 23 Novembre 2015 à 13:54:54
Merci pour tes appréciations. Et aussi pour le "çà et là" non relevé par Barnacle
J'attends d'avoir ton retour sur la deuxième partie... Pour avoir le fin mot de ton ressenti.

Et j'essaie de corriger les fautes rapidement... J'ai pas eu le temps ce WE.... :-[
Titre: Re : Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: MillaNox le 24 Novembre 2015 à 16:55:51
Et j'essaie de corriger les fautes rapidement... J'ai pas eu le temps ce WE.... :-[
yop yop !
j'allais me lancer dans la lecture mais du coup j'attends le virage de fautes ;)
je le mets donc sur mon post it mais hésite pas à me sonner quand t'auras fait tes modifs !  ^^
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 24 Novembre 2015 à 18:03:18
T'inquiètes pas...
Je m'engage à le faire d'ici vendredi... Promis, juré, craché...
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 27 Novembre 2015 à 14:07:00
Bon, je sais que les doubles posts... Bref.

J'ai effectué les corrections. Remanié quelques phrases. Mais certaines sont restées dans leur jus.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: Alan Tréard le 28 Novembre 2015 à 18:35:24
Ah ah ! Dieu de Dieu, ce texte est diabolique !!

 >:D  >:D  >:D

Ma chute provoqua un son étrange. Un bruit sec et caverneux dans lequel une étrange harmonique filtra en s'amplifiant encore et encore de manière diabolique afin de me submerger.
Même le son de sa chute est fantastique ( :D ) tout dans ton texte est mystérieux !

Faute de place sur ma dernière page je dois stopper mon récit pour trouver de nouvelles feuilles.
:D Et tu joues avec notre lecture, c'est très bien fait...

Quelle intrigue ! On est déstabilisé, la curiosité en éveil.

Voilà, je viens de lire la deuxième partie, et tu te débrouilles suffisamment bien pour qu'on s'y accroche tout du long. On est absorbé par cette lecture. L'un des problèmes, c'est que l'ensemble de l'histoire manque encore de "preuves que ça s'est vraiment passé" ou d'éléments qui nous "culpabilisent" du genre : "ah ! vous ne me croyez pas ? attendez voir..."
Sinon, ton texte est cohérent, invraisemblable, cauchemardesque, bref la narration est sagement élaborée !!
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 30 Novembre 2015 à 09:24:04
Un grand merci.

Je vais réfléchir à ton idée de "culpabiliser" le lecteur... Y a sûrement moyen d'ajouter encore un peu d'effroi là dedans...
Quoique... Il faut que j'en garde aussi pour d'autres textes, de l'effroi... >:D
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: MillaNox le 05 Janvier 2016 à 23:29:20
Salut !

au fil du texte...
Citer
Peut-être êtes-vous au courant de ce qu’il m’est arrivé il y a quelques années lorsque j’habitais du côté de Lorient. Je pensais que m’exiler dans les montagnes me sauverait. J’ai eu tort. Je vais consigner au mieux les faits étranges dont je fus la cible il y a quelques semaines et qui m’ont coûté, sinon la vie, ma sérénité et ma santé mentale.

chouette entrée en matière :)
je suis juste gênée par la répétition de formule, et du coup je capte moyen s'il va parler de vieux trucs (il ya quelques années) ou d'un truc plus récent (quelques semaines)

Citer
Peut-être pensera-t-on que je suis effectivement dément et que seule ma conscience malade et désorientée ou un choc cérébral dû à ma chute a pu imaginer ce que je vais tenter de coucher de ma plume sur ces quelques feuilles de papier.
le effectivement est lourd et passe moyen dans une phrase déjà bien longue...

Citer
Donc suite à mon calvaire maritime où j’ai rencontré l’horreur la plus abjecte qu’il soit et je suis sûr maintenant que c’est arrivé pour de vrai, j’avais fui la côte et ses hideuses menaces pour me réfugier en haute altitude dans un petit chalet ma foi fort charmant et chaleureux et tenter de redevenir ce que j’étais avant : un homme normal. 
en gras, un aparté qui serait mieux entre tirets demi cadratins je pense
"pour de vrai" me parait maladroit
et globalement la phrase est longue, tu gagnerais peut être en fluidité en la coupant.

Citer
J’appris les dangers des crevasses, glaciers, éboulements et autres spécificités du relief escarpé et prenais un immense plaisir à aller et venir entre monts et vallées.
pourquoi un verbe au passé simple et un à l'imparfait ? :\?

Citer
Alors, je sortais donc quotidiennement,
alors + donc ça fait bcp non ? en garder un seul des deux ?

Citer
Je partis vers neuf heures moins le quart et entamai ma randonnée par remonter la longue pente à gauche de mon logis
maladroit   "par l'ascension "?

Citer
Arrivé sur l’avancée rocheuse je m’emplis les yeux de ce paysage qui, sans changer, paraissait tout de même différent.
"sans avoir changé" ?

Citer
Ensuite je m’attaquai à gravir une pente plus prononcée que j’ai escaladé de nombreuses fois.
plus que parfait plutôt
"gravir" me semble inutile

Citer
J’optai pour ce parcours.
ce serait plus clair si tu précisais "second parcours" je trouve

Citer
Il me permettait de faire une boucle et non un aller-retour (que je déteste particulièrement), de plus à la « petite muraille » il y a un gîte agréable.
y avait

Citer
Le soleil vif et radieux et m’éblouissait allègrement.

Citer
J’ai beau connaître ce lieu, avec cette blancheur omniprésente et aveuglante je ne perçus que trop tard que j’avais dérivé quelque peu et marchais à présent sur le glacier et non le long de celui-ci.
J'avais ?

Citer
La douleur qui me lança la jambe droite
dans ? à ?

Citer
Au prix d’une douleur aigue comme je n’en avais jamais éprouvé jusqu’alors, je pus remettre ma jambe en état.
aiguë

:aah: j'ai été interrompue alors je laisse tout en plan et je reviens finir demain  :-[ :-[
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: MillaNox le 07 Janvier 2016 à 09:59:27
la suite, encore pardon pour l'interruption...

Citer
Il régnait un silence oppressant rompu parfois par un craquement de glace sinistre et inquiétant qui me rappelait que je déambulais sous des tonnes de glace fragile prête à m’écraser et à m’emprisonner pour les siècles des siècles.
"pour les siècles des siècles" alourdit pour un effet bof, la phrase est déjà longue, je pense que tu peux t'en passer...

Citer
En me retournant je m’aperçu que le chemin que je croyais relativement droit était en fait légèrement arqué sur la droite.
aperçus
"que le chemin que" ce genre de tournures font des phrases assez lourdes à l'oreille, tu peut trouver + fluide

Citer
Pardon. J’ai cru entendre… Non sentir quelque chose. Foutus médicaments. Ils me dégomment l’esprit et me font croire qu’il y a des choses autour de moi. Si seulement je pouvais sortir. Non dehors c’est pire. Si seulement je pouvais en finir. Non d’abord terminer mon récit.
des virgules après les "non"

Citer
J'en étais arrivé à ce point de réflexion lorsque je débouchai dans une vaste "salle" dont je ne pouvais apercevoir ni l'opposé, ni le fond. Un terrible vertige aspira mon être et me fit perdre connaissance. Quand j'ouvris les yeux il régnait toujours cette même luminosité fantasmagorique.
ça suppose que tu en parles avant ce qui n'est pas le cas, non ?

Citer
À partir de ce moment là je ne pus plus du tout me rappeler de la moindre notion temporelle.
mal dit

Citer
Bref "quelque chose" me tira en arrière et je me retrouvai sur une pente glacée interminable. Je sentais surtout que le moindre mouvement me ferait déraper dans l'abîme sournois. Mais je ne pouvais rester là.
je comprends pas, s'il est couché sur une pente glacé il devrait glisser, et si qqch l'a tiré en arrière, la chose ne va pas rester inactive donc il ne devrait pas en être à se dire "je ne peux pas rester là" :\?

Citer
du but que je tentais d'atteindre
pléonasme ?

Citer
Suffisamment pour que j'atteigne une profondeur telle que je suis persuadé, encore aujourd'hui, d'avoir atteint le niveau zéro.
le niveau zéro c'est pas la surface de la mer ? :\?

Citer
J'avais atteint le niveau zéro, enfin le niveau de la mer. Je le sais car je fus immédiatement agressé par une odeur nauséabonde que je ne connaissais que trop bien et que j'avais fuit.
ah ok c'est bien ça, mais du coup c'est bizarre de parler de profondeur... je vois ce que tu veux dire mais je pense que c'est pas très visuel/clair/bien formulé pour le lecteur.

Citer
Ma glissade prit fin dans cette flagrance infecte. Mon corps s’immobilisa sur une surface sablonneuse, noire et humide.
il aurait pas dû se crasher un peu avec la vitesse qu'il avait pris ? là ça semble assez doux la fin de sa glissade... :\?

Citer
Sa ressemblance conforme au monstre de mon souvenir me donna l'impression que j'étais de nouveau confronté à cette abjecte chose.
celui d'en haut de la montagne ? je croyais qu'il l'avait pas vu ? ou bien c'est une réf à son truc qu'il a vécu en mer ? C'est pas super clair...

Citer
Ma température corporelle chuta d'un seul coup pour passer en négatif...
:D fin de le l'histoire, il est mort ! peut-être pas assez réaliste même si on est dans du fantastique non ?  ^^

Citer
Je débouchais devant une stèle gravée de symboles abscons et hideux sur lesquels je ne m'attardai point et passai outre.
formulation lourde je trouve

Citer
Par je ne sais quelle force incompréhensible le plafond était l'eau qui se trouvait dans la caverne où j'avais échoué après mon infinie glissade.
pour moi il était dans du sable humide, pas dans de l'eau :\?

Citer
Je détectai rapidement la provenance de tout ce cruor.
je connaissais pas "cruor", mais ça m'a l'air d'être des caillots plutôt que du liquide non ?

Citer
Mon nez ainsi que mes oreilles s'étaient mis à saigner pendant mon coma,
"coma" me parait un peu fort

Citer
Et puis un gargouillis sonore et douloureux fini de me réveiller.
finit

Citer
Et cet exactement à cet instant que j'entendis un souffle.
c'est

Citer
Hélas la vérité est tout autre. Une décharge parcouru mon échine et m'enveloppa.
était ?
parcourut

Citer
Et comme la première fois il me saisi avec un "tentacule" répugnant.
saisit

Citer
Ma tête et mon corps semblèrent s’embraser et exploser en une myriade de petits bouts sous la décharge malfaisante de cet appendice mou.
si le tentacule peut saisir, "mou" n'est peut-être pas le bon terme

Citer
Quand ma visions revint sur des choses « réelles » j’étais perché sur une sorte de pyramide de basalte flottant dans l’air.
vision

Citer
Je compris que c’était la masse que j’avais aperçu quelques temps auparavant d’en dessous l’eau.
aperçue

hop là, tout lu
pour la fin,
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


alors, sur la globalité...
j'ai trouvé l'ambiance "à la lovecraft" même si je connais pas des tonnes cet auteur ça m'y a vraiment fait penser dans ce que tu as essayé de faire.
J'ai trouvé que c'était un peu long, mais ça va de paire avec un ptit manque de fluidité et d'immersion à mon goût. Pour ces deux soucis (fluidité et immersion), je pense qu'il faudrait faire attention à al clarté (pour que le lecteur sorte pas de sa lecture et soit plongé dans les images, à la lourdeur de certaines phrases, et peut-être à plus nous mettre dans le ressenti du narrateur (que là il nous décrit parfois de façon un peu externe je trouve)
Pareil, le fait qu'il ait eu un premier souci en mer c'est pas super clair, jamais vraiment expliqué, ya un côté confus (qui colle à sa condition) mais qui dessert peut-être ton texte au final.
Par contre les ruptures, le jeu de se cacher du personnel pour écrire et toutes ses allusions là sont bien menées, rythment et rendent bien je trouve :)

au plaisir !

Milla

Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: Cosette le 07 Janvier 2016 à 20:46:02
Bonsoir, je suis nouvelle sur ce forum, j'espère que mon commentaire ne sera pas déplacé. 
   J'ai lu ton texte avec attention et plaisir. Je ne suis pas une habituée du genre et je dois dire que j'ai trouvé que le rythme de la narration était extrêmement bien maîtrisé, on « s'enfonce » peu à peu dans l'horreur comme le personnage. Il est très difficile de faire se succéder des actions en maintenant la même ambiance.
   J'ai un instant pensé à une inspiration de type fantastique, comme dans le Horla dans lequel la part de réalité reste fluctuante (les passages dédiés à l'énonciation qui coupent le fil du récit sont excellents)  puis j'ai vu qu'à la fin, tu avais vraiment tranché et choisit de partir dans la fiction pure, ce qui est tout à ton honneur.
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 08 Janvier 2016 à 10:45:31
Merci Cosette. Une fois que j'aurais un peu reprit tout ça en tenant compte d'une bonne part des remarques de MillaNox (merci, merci), il sera encore mieux. Mais si déjà j'ai réussi à distiller la bonne ambiance, tout va bien. C'est le plus dur. Le reste. Bah c'est juste du pinaillage technique. Mais c'est important aussi, sinon on risque de perdre le lecteur avant le dénouement.

Donc je relève toutes les suggestions et corrections et je m'attèle à remanier ce qui doit l'être... Le plus rapidement possible.
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: Dieter le 10 Mars 2018 à 15:36:27
Bonjour,

Je sais que le sujet n'est pas tout jeune, et je m'excuse de ce presque "déterrage", mais ayant été invité par Vinz' à y jeter un œil, je me permets par la même occasion de parler de mon ressenti suite à la lecture (à savoir que j'ai lu les deux nouvelles qui se suivent dans l'ordre).

A l'origine, je ne suis pas un amateur de Fantasy ni de Fantastique (même Stephen King me laisse de marbre), mais ayant été très agréablement surpris par Les Errances, je me suis laissé tenter à lire ces nouvelles. Et bien que toi-même te définisse d'abord comme un auteur de Fantastique plus que de Fantasy, je dois dire que je suis plutôt resté sur ma faim.

Autant je m'immerge facilement dans les Errances, autant là, j'ai du mal à accrocher. Non pas que le récit soit inintéressant, mais je n'arrive pas à me mettre dans le bain.
Tout d'abord, la description des lieux ne me fait pas m'y sentir, que ce soit dans la demeure en Bretagne ou dans la maison de repos des Alpes. A mon goût, le décor et l'atmosphère des lieux ne sont pas assez plantés. Alors je sais que ce sont des nouvelles, mais cinq ou six lignes de plus ne seraient pas de trop. Par exemple, lorsque je lis un chapitre des Errances, je m'y vois (et pourtant ce n'est qu'un monde imaginaire), parce que le décor est bien présenté , mais ici ce n'est pas le cas.

Ensuite, j'ai relevé pas mal d'incohérences, voire d’anachronismes.
En effet, dans Fomoirés, j'ai relevé la description du "monstre" que les marins ont accrochés à leur bateau: 35 mètres plus les tentacules. Or, 35 mètres, c'est la longueur approximative d'un trois mats. Je n'arrive donc pas à penser qu'un capitaine de bateau de pêche, même extrêmement attiré par la science, prenne un tel risque. A côté de ça, tu parles de whysky servi dans une taverne bretonne. Je ne voudrais pas m'avancer, mais au XIXeme siècle, puisqu'à priori c'est à cette époque que se déroule le récit, ça me parait étrange.
Dans Le Guetteur, tu fais dire à ton personnage que les médicaments lui "dégomment l'esprit": je n'arrive pas à m'imaginer quelqu'un employant ce vocabulaire à cette époque. D'autre part, même s'il écrit en cachette, il est tout de même dans un asile. Et je n'arrive pas à croire non plus qu'il ait si facilement accès à du papier, un crayon ou de l'encre et une plume. Enfin, toujours dans le même asile, je ne crois pas qu'à cette époque il y ait eu des "surveillants". Je pense que le terme "infirmier" serait plus approprié.

Après, il est certain que pour situer un récit au cours d'un siècle que l'on n'a pas vécu, ce n'est pas évident, car cela suppose un gros travail de recherche. C'est pourquoi je me demande si ce ne serait pas une bonne idée de transposer tout simplement l'histoire au XXeme siècle. Qu'en penses-tu ?
Titre: Re : Le Guetteur [Fantastique]
Posté par: vinzWallbreaker le 10 Mars 2018 à 15:53:08
Merci du retour.
Comme tu l'as dit : ce texte et le précédent datent... D'une époque où, pour moi, écrire 20 pages me semblait un but inatteignable...
Mais il est vrai qu'une petite réécriture pourrait être bien venue, maintenant que j'ai plus l'habitude d'écrire. Notamment, comme tu le signales, dans les description de lieu. QUelques mots, quelques lignes et ça permettrait de s'y sentir mieux.
Pour les termes plus ou moins "anachroniques" là aussi, faire quelques recherches ne serait pas superflu.
A l'occaz, je relirai tout ça pour reprendre ce qui en a besoin.

Bon WE