Le Monde de L'Écriture

Encore plus loin dans l'écriture ! => L'Aire de jeux => Discussion démarrée par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 20:27:03

Titre: 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 20:27:03
Allez, parce que je n'y tiens plus, m'y voilà :

Mon ex avait de beaux yeux bleus. Je sais pas pourquoi, j'y pense, là maintenant. A vrai dire, il semblerait que je pense à lui un peu trop souvent. En tout cas, c'est ce que me fait remarquer mon copain actuel. Il faudrait que je fasse un peu plus attention. Il pourrait se vexer.
Un frisson me couvre le dos. Brr, il fait froid, même à l'intérieur. J'entends ma moitié s'activer en cuisine. Il prépare une soupe, et l'arôme rempli l'appartement. Ah, ça y est le voilà. Il pose le bol devant moi et repart à la cuisine. Je saisis le bol et le serre dans mes mains avec délices. Ça fait tellement du bien de se réchauffer les mains sur un bol de soupe. Mon homme a même pensé à la cuiller à soupe.
Je la plonge dans le bol et me régale de ma première gorgée. Ça fait tellement du bien. C'est chaud.
J'y replonge la cuiller et sens quelque chose. Certainement un morceau de patate qui sera mal passé au mixer. Je mange ma seconde cuiller.
Puis je plonge encore la cuiller dans le bol.
Il y a quelque chose qui remonte dans le potage.
C'est un œil.

Et il est bleu.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Bougie soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kath le 30 Octobre 2015 à 21:22:06
La nuit était claire, et après une journée à bavarder, jouer, manger et boire, j’appréciais pour une fois de rentrer par ces petites routes de campagne – que d’habitude j’abhorre – et de pouvoir profiter du calme nocturne avec un fond de radio. J’ai toujours aimé ces émissions tardives aux contenus loufoques, aux ambiances indescriptibles. Le charme des diffusions noctambules qui préparent au sommeil… ou pas !
Un mot accrocha mon oreille, et je soupirai : « Halloween ». Pourtant, j’avais réussi à y échapper, cette année ! Cependant je ne changeai pas de station, la voix du conteur m’avait d’ores et déjà happée. Et puis des contes d’horreur, des histoires de sorcières… je n’allais pas bouder mon plaisir juste parce que c’était Halloween ! Je montai donc le son, et laissai le conteur prendre le contrôle de mon imagination.
« … alors si ce soir, pour rentrer chez vous en cette nuit de Samhain, vous empruntez une route de campagne, et surtout à cette heure-ci, car il est près de minuit, surtout ne regardez pas derrière vous, pas même dans le rétroviseur ! Car les fées n’aiment pas être vues, et si vous croisez le regard de l’une d’elles, qui sait ce qui pourrait vous arriver… »
Un silence, puis musique. Ne pas regarder dans le rétro, il est gentil, lui, mais bon, soit, j’étais toute seule sur cette route, après tout, nul besoin de surveiller derrière moi. Nul besoin de… ah mais pourquoi sentis-je soudain comme un regard sur moi ? Sûrement l’effet de suggestion. Bah, de toute façon, ce n’était que superstition, et en plus, je n’étais même pas en Bretagne. Mais je crois tout de même un peu, un tout petit peu au petit peuple, alors, je préférai ne pas tenter le diable. Mais c’était pas malin de la part du conteur, tout de même, interdire quelque chose, c’était le moyen le plus sûr d’inciter les gens à le faire. Non, je ne regarderai pas ! Pas besoin de toute façon ! Sûr de sûr ! De toute façon y'a jamais personne sur cette route ! Alors que viendraient y foutre les fées, hein ? Hein ?
Je fixais obstinément la route devant moi, chantonnant la ballade qui passait à la radio. Carrefour, stop, regard à gauche, à droite, OK, c’est bon, je passe… et je jette un coup d’œil par habitude dans le rétro… Mais… mais… c’est quoi ces yeux de chat juste derrière moi ?

 
 

 
 
Bougie soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 21:43:07
J'ai emménagé dans ce nouvel appartement, mais depuis quelque temps, je lui trouvais une drôle d'odeur.
Les jours ont passé, puis les semaines, et ça devenait de plus en plus fort, malgré mes ménages et décrassages répétés.
C'est en allant voir ma voisine du dessous que j'ai compris d'où ça venait.

En même temps, je sais pas depuis combien de temps elle était pendue là, mais elle était plus trop fraîche.

Bougie soufflée.
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: ZagZag le 30 Octobre 2015 à 21:50:58
Les mains pleines de mousse et d'eau je pense à la soirée que nous allons passer. Après la vaisselle, on s'est promis un bon film à deux, en amoureux. On s'est un peu disputé quand elle a voulu regarder un de ces stupides films, dont j'ai horreur, éponymes à mon sentiment. Juste une petite dispute, on a trouvé un compromis, finalement.
J'ai hâte, mais je dois faire attention avec la vaisselle, si je casse un verre elle va me tuer. Pourtant j'ai tellement hâte... Et la maudite sauce tomate de cette assiette qui ne veut pas partir. J'en ai plein les mains maintenant, c'est malin.

Voilà, j'ai enfin fini. C'était long... pourtant nous n'étions que deux ce soir...

Je vais enfin pouvoir la rejoindre ! Je marche à tâtons vers la chambre. Je ne dois pas faire de bruit pour la surprise.
Je pousse la porte et... elle dort. Je prends sur l'étagère le film dont nous avions convenu et met le disque dans le lecteur DVD.
Je me glisse sur le lit et lui tapote l'épaule pour la réveiller. Pas un grognement, pas un mouvement, mais je ne m'inquiète pas et lui sourit doucement. C'est comme ça que je l'aime. Mais... tiens, c'est étrange, ici aussi il y a de la sauce tomate... J'en ai plein les mains, c'est malin maintenant.



Bougies soufflées.
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Olaf le 30 Octobre 2015 à 22:02:01
Je n'ai jamais su respecter les règles ...

Citer
De mémoire, j'ai toujours volontiers cédé mes jouets à mes frères et sœur. C'est une chose que m'a rappelée mon père le jour où je lui ai amené Élias son petit-fils, et qui m'a conduite à me mettre à la recherche d'un souvenir.

Une chose à laquelle je n'avais pas songée depuis ma petite enfance : un ensemble de petits automates munis d'un moteur électrique que l'on remontait avec une clé, et qui figuraient la fanfare multicolore d'un cirque traditionnel.
Mon père ne pouvait plus quitter ce fauteuil roulant où l'avait cloué son attaque, aussi c'est à moi qu'incombait la lourde tâche de ressusciter l'orgue de barbarie fonctionnant avec son long ressort, et les bravos des petites mains de plastique.

Je montai donc au grenier en passant par une trappe ménagée dans le plafond de la salle de bain, et empruntant l'échelle armée d'une antique lampe torche dont la pile plate avait dû connaître Jules Vernes, je découvris soudain avec mes yeux d'adulte un endroit où papa ne m'avait pas emmenée depuis mes six ans.

La charpente en bois vermoulu plongée dans les ténèbres et envahie de toiles d'araignée m'était familière, contrairement à l'odeur de poussière moite et de moisi qui m'agressa les narines, m'obligeant à me couvrir la bouche.
Parcourant les lieux du halo de ma lampe, je ne parvenais pas distinguer quelle forme recouverte d'une épaisse couche grise pulvérulente pouvait se trouver le petit cirque, même s'il me semblait que cela devait se trouver dans une boîte longue et plate.

Un pas de plus, et il me sembla distinguer de petites formes se mouvoir dans le noir,  probablement des rongeurs ayant élu domicile dans le grenier de mon père, mais qui ne devaient pas y être à l'époque où j'étais petite fille.
Puis il me revint soudain le curieux souvenir d'avoir déposé mon merveilleux jeu d'automates moi-même autrefois, et quelque part au fond de cette curieuse pièce. Je fis alors quelques pas sur le sol cabossé, et ne tardai pas à trouver quelque chose qui ressemblait à ce que je cherchais. Une chose que, pour une raison dont je n'arrivais plus à me souvenir, j'avais laissée ici autrefois.

«Je peux t'aider maman ?», me demanda la petite voie d'Elias, qui venait de passer la trappe et était monté à son tour. Seule sa frêle silhouette apparaissait dans le contre-jour provoqué par le puit de lumière qu'était l'accès aux combles.

Je lui fis signe de venir, me tournant à nouveau vers la boîte qu'il me semblait avoir reconnue, et qui curieusement n'était pas emballée, et semblait avoir été placée là hier. Je m'assis sur le sol, et prit le cirque sur mes genoux, avec le curieux sentiment de m'emparer d'une chose qui n'était pas à moi, et soulevai alors le couvercle.
Tous étaient là, mes petits automates, sauf un : l'éléphant. Le préféré de …
«Marie ...»
Je levais les yeux vers Élias, pour découvrir avec horreur qu'il se trouvait face à une repoussante forme humanoïde toute déformée, aux cheveux sales et raides comme du fil de fer, maigre à faire peur, et qui n'était plus vêtue que de haillons. Ce qui avait dû être une femme était enchaîné à une poutre du grenier, et venait de saisir mon fils de ses doigts longs et tordus comme les branches d'un arbre mort. Ses yeux fous roulaient dans leurs orbites en agitant sous les yeux du petit garçon la pièce manquante de ma collection, l'éléphant.

C'était Marie, … ma sœur Marie qui avait tant aimé ce petit pachyderme quand nous étions enfants et à qui j'avais donné le cirque autrefois, après qu'elle eut perdu la raison, et que mon père décida de la faire passer pour morte, enchaînée dans le grenier.
Avec le temps, mes autres frères et sœur et moi avions tenu pour acquis qu'elle avait cessé d'être et je l'avais oubliée, elle qui à présent coassait et laissait filer de longues gouttes de baves sur le petit débardeur de mon fils.

D'un regard, elle me fit comprendre que comme le cirque, Élias était à présent à elle. J'allais lui hurler de s'écarter quand la voix de mon père, claire et forte, me dit soudain : « Tu as toujours été une bonne fille Sabrina, tu as toujours donné tes jouets préférés à ta sœur. »

Bougie soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 22:07:14
Pendant quelques temps, j'ai entendu du bruit en-dessous de chez moi. Comme j'habite au rez-de-chaussée et qu'en-dessous c'est la cave, j'en ai parlé au Syndic. Il paraît qu'ils ont posé des pièges et du poison pour les rats.
Mais, rien à faire. Le bruit s'est arrêté un temps et puis il est reparti.
"Quand même, pour que le bruit traverse le sol, ce doivent être des gros rats", que j'ai pensé.
J'en ai re-parlé au syndic.
Re-pièges, re-dératisant.
Re-bruits.

Et puis un jour, on a vu arriver des flics. Ils ont fouillé les appartements, demandé les clés aux propriétaires pour fouiller les caves.
Y'avait rien dans la mienne, bien sûr.
Mais dans la 13, ils ont trouvé un corps sans ongles. Et sur les murs, des inscriptions au sang :
"Laissez-moi sortir"

Bougie soufflée (n°6)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: nanomag le 30 Octobre 2015 à 22:09:03
- On va y jeter un coup d’œil ?
Les filles me suivirent, une maison qui n'avait pas été ouverte depuis que son propriétaire était parti, excitant non ? Être témoin de son départ avait dû être une expérience mémorable pour les voisins, c'est pas tous les jours que l'on croise quelqu'un dans la rue tenant un couteau ensanglanté dans sa main ni que l'on voit une équipe d'ambulanciers psychiatriques venir attraper le malheureux.
Rien n'avait bougé à l'intérieur de la demeure, une assiette et un verre vide sur la table, de la poussière et des meubles rongés par le temps. Les filles inspectaient chaque recoin à la recherche d'un trésor oublié. Voulant faire ma maline, je grimpais les escaliers, une seule pièce, la porte en bois ne s'ouvrit pas, fermée à clé, me baissant pour observer à travers la serrure. Elle était fermée de l'intérieur.

Bougie soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Nocte le 30 Octobre 2015 à 22:17:58
Les asticots qui grouillaient sur son crâne avaient un goût de Haribo.

                                                                                                                                      N'est-ce pas mignon ?
Et avec ses petites dents je me suis fait un joli collier tout blanc.

                                                                                                                            C'est parce que je te mordais souvent la queue ?

Que c'est dommage, les peaux de bébé qui pourrissent au frigo.

                                                                                                                                  A qui le dis-tu...

Mais ne t'en fais pas, ma petite, Papa  a enchaîné ton âme !

                                                                                                                                Youpi !

                                   Nous
                                                                       Jouerons encore
                                                                                                                                A nous torturer
                                                 Pour l'éternité
                                                                                          En maudissant
                                                                                                                                  Ceux qui osent nous déranger
                                    Hi hi hi
                                                                     HA HA HA.


Bougie soufflée.
                                                             
                               
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Alan Tréard le 30 Octobre 2015 à 22:18:56
Ah ! J'y mets ma sauce ! Connaissez-vous le fabuleux conte de Jack l'insomniaque ? C'est plein de douceurs ! Il avait tué sa femme en y mettant toute la cruauté nécessaire, et l'avait enterrée loin. Il aimait tuer, ça le rendait beau. Son plan extraordinaire était plaisant à entendre, sauf qu'il avait oublié l'essentiel : ayant tout entrepris pour faire croire à la fuite de sa femme, il avait réussi miraculeusement, sous la torture, à lui faire écrire une petite lettre d'Adieux ; on aurait cru qu'elle était partie avec un amant, pour vivre une belle histoire d'amour.
"Au revoir, mon mari, notre liaison était sans rêves..."
Ensuite, il l'avait tuée et enterrée.
Difficile de revenir sur ses pas dans l'immense forêt, glaciale forêt dans laquelle il l'avait enterrée. C'était l'erreur de trop, un oubli désastreux ! En plus, on entendait le cri des loups...
Jack avait dû faire marche arrière, comme pour aimer une dernière fois sa femme, et aller retrouver le corps dont il avait oublié de prélever l'alliance ! C'était cette même alliance qui devait servir de preuve à la fuite de sa femme. Il se perdait, tout devenait terrifiant. Jack avait finalement retrouvé le lieu où il l'avait enterrée, et une grosse bête était assise sur ce rudimentaire tombeau. De drôles d'yeux, une respirations lubrique, en d'autres mots l'enfant de l'enfer. Heureusement, sa pelle à la main, Jack avait réussi à faire déguerpir le monstre et avait commencé à creuser.
La Lune était pleine, imposante.
Jack se souvenait avoir uriné sur l'endroit, mais curieusement, l'immonde odeur ne ressemblait plus à celle de sa propre urine, comme si quelqu'un d'autre était passé par là...
Le claquement du vent avait une résonance fantastique.
Un craquement terrible, là, dans la nuit, l'avait surpris mais il avait continué à creuser. Il retrouva une main, puis le bras, la jambe... comme un puzzle terrifiant qui dénudait peu à peu le corps du cadavre tordu dans tous les sens. Il y avait cette parole qu'il avait dit à sa femme après l'avoir tuée : "putain de suceuse !" Il lui fallait le bon bras, la bonne main.
Un autre craquement terrible ; cependant il ne fallait rien lâcher, la fin n'était pas loin.
Dès l'instant où il découvrit le visage à coups de pelle, une main, la main de sa femme l'attrapa par la jambe...
Jack n'en crut pas ses yeux : sa femme n'était pas morte !
Pourtant elle ne parlait pas, seules ses dents claquaient malicieusement et grimaçaient.
Même un coup de pelle ne suffit pas à l'achever : sa femme le tuerait, c'était sans espoir !
Ainsi est mort Jack, dévoré par sa femme revenante !

Bougie soufflée !
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Chouc le 30 Octobre 2015 à 22:24:10
Regardez qui voilà
Jolie petite araignée
Court juste devant moi
Se balade sur le plancher

Elle grimpe le long de mon doigt
Jolie petite araignée
Dévale mon avant-bras
Remonte sur mon poignet

Je me glisse sous les draps
Jolie petite araignée
M'approche doucement de toi
Dans ta bouche la fait tomber

Ça t'apprendra à ronfler

Bougie Soufflée

Citer
Signé une arachnophobe totale qui est sincèrement terrifiée par ce qu'elle vient d'écrire.  Première fois que je tente la rime, ne comptez pas les pieds, par pitié  :P




Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 22:24:38
J'ai été invité chez mon voisin.
C'est super gentil de sa part, il vient de s'installer. Je suppose qu'il voulait lier connaissance - on s'est juste croisés dans le couloir, au milieu des cartons, lors de son installation. Quelques mots, et hop. Me voilà invité.
J'ai amené le vin, tout de même.
On a mangé autour d'un rôti délicieux.
La discussion a tourné un peu sur tous les sujets. Et puis, bien sûr, est venue Anna sur le tapis. La pauvre locataire voisine a disparu il y a quelques jours, sans laisser de traces.
Mon voisin repart en cuisine, et moi je me lève pour me couper une nouvelle tranche de rôti.
Tiens ? Y'a quelque chose de dur, là-dedans. Je coupe autrement ; parfois, on trouve des agrafes métalliques dans la viande, qui témoignent de sa traçabilité.
Sauf que les agrafes alimentaires ne ressemblent pas à des piercings de jeunes femmes.

Bougie soufflée (n°11)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: MillaNox le 30 Octobre 2015 à 22:28:08
chui désolée ça fait + que 500 mots  :-[ :-[ :-[
On peut mettre des comm' sur les textes des autres ou c'est pas le bon endroit ? et faudrait pas qu'on les numérote pour savoir si on approche un jour des 66 ?


Depuis le décès du voisin, quelques mois auparavant, mes parents n’étaient plus tout à fait les mêmes. Bien sûr, un assassinat à moins de dix mètres de chez vous, ça fiche un coup. Moi aussi, j’avais perdu le sommeil pendant plusieurs semaines. Des ombres semblaient prendre vie dans ma chambre, comme quand j’avais six ou sept ans. J’en avais pourtant seize maintenant. Le pire, c’étaient les hurlements. Maude, notre voisine, avait retrouvé son mari un soir en rentrant du travail. Le corps gisait sur le tapis du salon, décapsulé comme une vulgaire bière. Une mare de sang se déversait par le cou de René dont la tête trônait sur la cheminée. Le cri de Maude avait résonné, glacial, interminable. Tout le quartier avait débarqué chez eux et l’avait vue tourner en rond sur ce tapis en s’arrachant les cheveux, bouche ouverte et gueulante. Sa détresse était largement aussi choquante que la glauquissime scène du crime. Peut-être que les séries télé m’avaient davantage préparé à ce genre de tableau macabre qu’à contempler une vraie émotion d’horreur et de folie. Les hurlements de Maude ne se sont arrêtés que quand les pompiers l’ont emmenée pour l’hospitaliser. Et depuis, au moindre crissement de pneu ou sifflement de la bouilloire, au plus petit son allant vers les aigus, ma tête est submergée par le cri de Maude.
— Jen, on part. Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? Je n’aime pas que tu…
— …restes seule, je sais, maman. C’est bon, ça ira très bien, lâchez moi un peu.
La porte a claquée et j’ai su que j’étais enfin tranquille. Je suis descendu à la cuisine pour mettre une poignée des bonbons prévus par mes parents dans une assiette, puis j’ai emmené l’assiette sur le perron avec une feuille stipulant « vous n’aurez rien de plus, si c’est vide, passez votre chemin ». La télé braillait ses pubs dans mon dos. Cela m’apaisait. Je ne supportais plus le silence. Quelques minutes plus tard, j’avais gagné le canapé munie de gâteaux salés, de coca et du saladier de bonbons. Plus qu’à attendre le début du film pour une bonne soirée d’Halloween. Mais les pubs s’éternisaient et j’avais une sensation étrange qui montait en moi. Comme si quelqu’un m’observait. Mon dos s’est crispé. Frisson.
Je me suis tournée brusquement vers la fenêtre, mais il n’y avait que la nuit dehors. Pas de visage ensanglanté comme au cinéma. Ma mère m’avait refilé ses foutues angoisses. Merde !
Et ces pubs qui s’éternisaient. Mon regard s’est perdu dans le vide, lassé des sourires plus blancs que blancs n’ayant jamais goûté si bon yaourt si peu calorique qu’il va presque vous faire maigrir. Il s’est fixé sur la reproduction du tableau de picasso que papa aimait tant, un portrait étrange, brisé. C’est là que les battements de mon cœur se sont accélérés. Ces yeux asymétriques étaient ceux que je sentais sur moi. Ils ont frémi. Je pourrais le jurer ! Ils ont bougé ! Instinctivement, j’ai reculé sur le canapé et je me suis appuyé sur la télécommande dans mon mouvement. Ça a coupé l’écran et j’ai lâché un petit cri. Je ne pouvais plus lâcher le tableau des yeux, j’avais peur… peur de quoi ? Qu’il sorte de son cadre ?
Alors la voix a résonné.
— Jen… Sais-tu que la mort est une chose horrible ?
J’ai immédiatement reconnu la voix de René. Mon corps ne répondait plus. J’étais pétrifiée, avec la sensation de balles de tennis qui tambourinaient partout en moi, mais rien de vivant à l’extérieur. À part mes larmes qui se sont mises à couler mécaniquement. Sur la reproduction, tous les éléments du visage ont commencé à bouger et à changer de place de façon incessante.
— Ça te donne un joli air, Jen, cette figure de porcelaine. Je vais te parler un peu de la mort. Et de la vie.
Mes lèvres étaient scellées. Privée de droit de réponse, je me retrouvai spectatrice impuissante de… quoi ? Qu’est-ce qu’il me voulait, merde ?
— Vois-tu la mort est douloureuse, irréversible, interminable. Toutefois on n’a plus rien à y perdre. Plus rien à y regretter. Son aspect positif, c’est qu’elle donne l’occasion de se venger.
Je me suis demandée si je respirais encore. Les balles de tennis étaient devenues des oursins qui me lacéraient de l’intérieur. Le tableau continuait d’agiter ses images, de plus en plus vite.
— Quand la hache m’a tranché la tête, Jen, j’ai eu une fraction de seconde pour voir mon corps décapité. Et puis l’éternité m’a figée dans la pire souffrance que j’ai jamais connue. Imagine qu’on t’arrache les ongles lentement et qu’on les utilise pour te creuser les yeux. Te les faire manger peut-être ?
Je n’étais plus qu’une statue mais je crois que j’ai vomi de l’intérieur. Ma pensée se disloquait avec mes espoirs. La douleur m’asphyxiait.
— Je ne veux pas seulement donner la mort à mes bourreaux. Ce serait leur faire vivre ce que j’ai vécu. Et ce n’est pas assez. Je veux qu’ils souffrent davantage. Et c’est là que la vie intervient. Je vais leur arracher ce qu’ils aiment le plus dans la vie.
Mon cerveau fonctionnait au ralenti et je me retrouvai avec un puzzle confus à assembler. Bordel, mes parents. Je ne comprenais pas. Ce n’était pas possible.
— Tu sais je ne t’en veux pas à toi, tu n’y peux rien et ça ne doit pas être facile d’être la fille de meurtrier. Allez, tu en souffriras pas plus que moi.
Une hache lévitait entre le tableau et moi. J’ai voulu hurler mais je ne pouvais pas. Dans ma tête, j’ai entendu de nouveau le cri d’horreur de Maude.  Et je me suis demandée si mes parents pousseraient le même en rentrant. Je me suis demandée qui ils étaient vraiment. Et puis…
Slashrk
Bougie soufflée.



Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 22:35:22
On peut mettre le numéro de la bougie en bas, avant de la souffler !



Petites, petites araignées grimpent, grimpent sur le plancher.
Petites, petites araignées se reflètent dans la bouteille
Grosses, vilaines araignées semblent aimer se faire siffler
Velues, poilues, les araignées, près de mon oreille

Elles glissent sur les murs
Sortent de la bouteille
Soixante-dix degrés
Sont aussi sur le plancher

Terribles, grossières araignées, je les vois s'approcher
Et le goulot noir semble vouloir les avaler
Clic-clic, clic-clic font sur mes pieds les araignées
On dirait que sur moi, elles veulent grimper

Elles glissent sur les murs
Sortent de la bouteille
Soixante-dix degrés
Filent droit vers mes pieds

La bouche grande ouverte
La bouteille est vide
Je les vois grimper
Elles vont me manger

Bougie soufflée (n°13)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kath le 30 Octobre 2015 à 22:36:10
 Je dors mal en ce moment. Je me réveille souvent, trois-quatre fois par nuit, peu importe ma fatigue, peu importe l’heure à laquelle je me couche, ou les cachets ingurgités. Le stress des exams, a dit le médecin. Mais alors pourquoi je me réveille toujours aux mêmes heures ? Et cette sensation d’angoisse diffuse… c’est pénible, au final je suis sur les nerfs en permanence, je m’énerve pour un rien et envoie bouler tout le monde. J’ai même failli en coller une à un camarade de classe cet après-midi !
Bon, ce soir, décidé, je dors. Bain relaxant, musique douce, draps propres, somnifères, toutes les conditions sont remplies pour que je passe une bonne nuit. À demain !



3h17
han… je dormais bien, pour une fois ! Ce crétin de chat s’est encore installé sur mon dos ! À tous les coups le frangin a oublié de lui donner à manger ce soir. Attends, minute ! T’es pas chez les parents, là, t’es dans ton appart… y'a pas de chat… Je m’assois d’un coup dans mon lit, la respiration courte. Inspirer, expirer… Je dois me calmer, j’ai juste dû faire un cauchemar, un de plus. Aller aux toilettes, boire un verre d’eau, penser à autre chose. Me voilà plus détendue, je vais pouvoir continuer ma nuit. Je retourne me coucher, me love contre mon amoureux qui m’enlace un peu trop fort dans son sommeil… brrr… sa peau est glacée !

 
 

 
 
Mais, au fait, depuis quand j’ai un amoureux, moi ?

 
 
Bougie soufflée (n°14)
 
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: nanomag le 30 Octobre 2015 à 22:40:07
J'ai toujours adoré marcher dans la forêt, le bruit de nos pas adouci par la mousse, cette petite odeur si familière mais que l'on ne sait qualifier, l'humidité ambiante, je me sens en paix ici, emplie d'une quiétude que je ne retrouve qu'au milieu de ces arbres.
Les oiseaux lancent des pious pious à travers les branches, le soleil peine à filtrer la brume qui monte du sol grouillant d'insectes en tout genre, et je marche encore m'enfonçant toujours plus loin, me répérant à certaines formes d'arbres si singulières.
Je m'arrête une seconde pour ramasser une mûre, le jus sucré dans ma bouche, cette touche d'acidité, seul un fruit des bois procure cete sensation piquante. Mais il faut repartir, ma destination est encore loin et putain qu'est ce que c'est lourd à trainer un cadavre !

Bougie soufflée (n°15)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 22:49:37
Depuis ce matin, y'a cette vieille légende urbaine qui revient sur les réseaux sociaux. Facebook, tweeter, instagram, même pinterest s'y est mis, avec des images glauques à l'appui. Le message : "Ce soir, foutez votre chat dehors".
Parce que cette vieille légende dit que le soir d'halloween, les chats deviennent fous.
Tu parles.
Mon vieux Maxou, ça fait sept ans que je l'ai. Il pète un petit boulon de temps en temps, mais bon, c'est un chat quoi. Et il en pète pas plus les plombs les soirs d'halloween que les autres soirs.
Alors moi, comme halloween j'aime pas, ben j'ai sorti la couette cocooning, la tisane, et Maxou sur les genoux, je regarde un film tout pourri.

Maxou s'agite. Tu veux descendre, Maxou ? Maxou ? Mais, pourquoi tu feules ?
Mais, il a sorti les griffes, ce con ! Maxou, pourquoi tu m'attaques ??
Maxou, aaaahhhhh...


Bougie soufflée (n°17)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Ambriel le 30 Octobre 2015 à 22:59:32
Bon j'ai aps encore de contribution à apporter et je sais pas si j'en aurai, mais j'ai trouvé ça sur VDM :


" Aujourd'hui, pour m'aider à m'endormir, mon chéri me dit des mots d'amour. Ainsi, je sais désormais qu'il n'a jamais rencontré quelqu'un avec un sourire aussi angélique que le mien, et qu'il me scalperait bien le visage pour pouvoir le contempler à volonté. Bonne nuit. VDM"

Bougie soufflée  :mrgreen:
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: nanomag le 30 Octobre 2015 à 23:01:12
(largement inspiré du chat de Kerena n°17 et du film Black Sheep :))

Ok ! ça a dégénéré, on a fait péter la planète. invasion de zombies, vampires, succubes et robots meurtriers, génial... Se terrer chez soi à la tombée de la nuit, barricader les volets, les portes, les VMC. Tout débrancher au cas où un électron se transforme en super électron taser tueur. Je te jure c'est pas une vie ça... m'enfin bref, c'est que la nuit heureusement... Saleté de virus mutant à la noix.
Me fais chier, assis par terre dans le noir, j'ai pas sommeil en plus aujourd'hui. Mon petit cochon d'inde à câliner, seul réconfort dans ses soirées morbides. Aïe ! m'a mordu le doigt, allumer la lampe torche pour trouver un pansement vite, avant que le sang n'attire tous ces tordus mutants. Humm ? manquait plus que ça : un cochon d'inde garou ? sérieux ?

Bougie soufflée (n°19)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Olaf le 30 Octobre 2015 à 23:14:50
Punaise, j'ai vu ce film, c'est vrai qu'il est flippant.  :mrgreen:

Citer
Il paraît que je suis has been et que la prestidigitation n'impressionne plus que les petits enfants, ou les esprits simples, à l'heure où les garçons rêvent tous d'être ce connard d'Harry Potter et les filles de rencontrer le luisant et longiligne Edward Cullen, moi avec mes lapins escamotables, mes anneaux encastrables et mes fins de mois pas très stables, je fais figure de vieille photographie sépia aux relents du siècle passé.

Je suppose que je serais devenu un de ces vieux artistes alcooliques et dépressifs, s'il y a environ une semaine, en retournant à ma roulotte, je n'avais rencontré un clown qui m'attendait.
Joufflu, chauve, et portant une courte masse de cheveux gris frisottés. Son visage et son crâne suaient à grosses gouttes par dessus une épaisse couche de fard blanc, et sa bouche était recouverte d'une sorte de longue cicatrice de maquillage écarlate.
Il agita joyeusement les pompons noirs de son costume jaune quand il me vit, et me sourit d'un air affable, et très enthousiaste.
Quand je lui demandais s'il était nouveau, il dit s'appeler Paillasse, et avoir été clown dans un autre cirque autrefois. Il ajouta que mon air abattu et triste l'avait ému, et qu'il avait décidé de me redonner le sourire avec une « blague de Paillasse ». Il me donna un petit éléphant en plastique, un petite automate avec une clé à remonter et me dis de le garder dans ma poche, que ça finira par me redonner le sourire.
C'est ce que je fis, n'ayant pas grand chose à perdre, et allai me coucher, sachant que le cirque partirait tôt le lendemain.

A midi, nous eûmes rejoint un petit village appelé Bresse-le-chevreau, et le cirque s'installa sur place. Mon éléphant dans ma poche, je participai à la distribution des invitations et des billets pour le spectacle du soir, en faisant la tournée de commerçants locaux.
C'est au cours de l'après-midi que j'entrai au bureau de tabac, pour faire mon petit numéro, un petit peu de prestidigitation de près pour enjouer de potentiels spectateurs. Je fus accueilli par une jeune femme aux traits doux et à la longue chevelure ondulée, à la peau évoquant une nacre clairsemée de grains de sésame roux. Ses mains menues auraient été le parfait phylactère de tous les ressorts de mon art magique, et sa gorge qui plongeait dans un chemisier auquel manquait au moins un bouton pour que je garde l'esprit clair.
Incapable de prononcer le moindre mot, je lui laissai une invitation pour la représentation du soir, et rentrai bien vite au cirque, incapable de poursuivre la tournée, mais me demandant dans quelle mesure Paillasse était pour quelque chose dans cette rencontre.

Le soir venu, mon éléphant dans la poche, je scrutai du regard les gradins à la recherche de la jolie buraliste. Peu de temps : elle était là, seule, un peu intimidée sembla-t-il, mais me donnant davantage envie de de m'enfermer avec elle dans ma malle sans fond et de jeter la clé.
Quand ce fut le moment de mon numéro, mon cœur battait la chamade à n'en plus pouvoir tenir et c'est naturellement que lorsque vint le moment de choisir un spectateur dans la foulée, mon regard et mes pas se dirigèrent vers elle.

Intimidée par tout ce public, les joues un peu auréolées de rouges à cause du trac, je lui demandais son nom, et elle me répondit qu'elle s'appelait Marie. Je lui tendis les épées qu'elle allait devoir planter au travers de la malle où l'on allait m'enfermer, elle les saisit avec une certaine maladresse, et me fixa au moment où elle se rendit compte à quel point elles étaient affûtées et pointues.
D'un sourire confiant, je la laissai m'enfermer dans mon piège d'illusionniste : pieds et mains menottés ensemble, dans une grosse malle de métal refermée par un cadenas. A l'extérieur, j'entendis Monsieur Loyal haranguer la foule, plaisanter avec Marie, et me donner le temps nécessaire pour que l'illusion fonctionne : en tirant un loquet caché sous un rebord, je pouvais accéder au double fond où je pouvais attendre la fin du numéro en sécurité, et me libérer de mes menottes. Et après ?
Hé bien après, triomphant, j'enlèverai Marie des étoiles pleins les yeux, et ma vie reprendra un sens.

Toutefois le loquet ne bouge pas. Je tire dessus à plusieurs reprises, mais rien n'y fait. Je tire plus fort, … et il me reste dans les mains. Du bout des doigts, je réalise soudain qu'il vient de se casser parce qu'il était coincé par un petit objet en plastique, un petit éléphant muni d'une clé pour le remonter.
Je commence à hurler, mais dehors Monsieur Loyal fait bien comprendre aux spectateurs que ça fait partie du numéro. J'entends que la première lame entre, et je sais déjà qu'elle va traverser ma jambe de part en part, car je n'ai pas la place pour bouger sans le double-fond. Il y en aura ensuite dix autres … et le public rira en entendant mes cris. Au moment où la lame touche ma chair et commence à l'entamer, j'entends distinctement à l'extérieur, parmi les encouragements du public une petite voix aigrelette que je reconnais sans peine, et je souris malgré moi avant que n'explose la douleur.
« Ah ah c'est une blague de Paillasse ! ».

Bougie soufflée (n°20)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: ZagZag le 30 Octobre 2015 à 23:19:09
J'ai toujours adoré Halloween. L'ambiance endiablée des costumes qui virevoltent, les "un bonbons ou un sort !" résonnants dans les rues. Halloween, ce moment si particulier où, le temps d'une nuit, se côtoient vampires, loup-garous et autres fantômes revenus de leur léthargie mythique. Mais ce que je préfère ce sont les citrouilles. Leur sourire carnassier laissant entrevoir leur entrailles, où se mêlent ombres et lumières dans une valse macabre. Leur yeux illuminés d'une lueur démente, prêts à vous attirer dans l'autre monde au moindre contact visuel.
Et ce soir, je fût servit. J'avais face à moi la plus belle que j'eus jamais vu. Dans ses yeux deux bougies brillaient telles des pupilles infernales, plus envoutantes encore que les autres. Son sourire était si bien taillé qu'il semblait se mouvoir au fil des ombres.
Je crut rêver un instant quand elle me fit un clin d'œil. Je me frottis les yeux mais l'image furtive était restée gravée dans mon esprit. Mais il ne s'agissait pas d'un clin d'œil amical, ou même complice. Non. Son œil droit s'était tordu de la manière la moins naturel possible pour une citrouille et sa bouche avait formée un effrayant sourire en coin. Tout ce que son visage semblait exprimer à cet instant était la douleur. L'effroi même. Comment une citrouille d'Halloween pouvait avoir peur ? Intrigué, je m'approchai. Elle me refit un clin d'œil, encore plus inhumain et douloureux que l'ancien. Je m'approchai un peu plus et tendit la main. Cette citrouille m'étonnait de plus en plus. Je voulais comprendre. Au moment pile ou ma main effleura la surface lisse du légume, je sentit un étrange élancement au niveau de mon abdomen. Et puis tout s'enchaina très vite. C'était comme si quelqu'un appuyait violemment sur ma tête et qu'un autre pliait mes jambes au maximum. Pendant ce temps, un étau semblait me serrer, m'enlacer et pendant un instant je ne put pas respirer. Je fermai les yeux sous la douleur.
Quand je rouvrit les yeux, tout s'était arrêté. J'étais au sol, un sourire carnassier et un regard dément animant mon visage. Je tenta désespérément de faire un signe aux passant, mais seul un clin d'œil déchira ma face dans une douleur intense.


Bougie soufflée (n°21)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 30 Octobre 2015 à 23:21:08
Clic clic, clic clic,
Ma voisine a un de ces objets
Clic clic, clic clic,
Qui volent au gré du vent.
Clic clic, clic clic,
Le bruit adoucit l'air d'été
Clic clic, clic clic,
Par la fenêtre je l'entends

J'ai bien envie de voir
Clic clic, clic clic,
A quoi ça peut ressembler
Clic clic, clic clic,
En tentant de ne pas choir
Clic clic, clic clic,
Je monte sur le parapet

Clic clic, clic clic,
C'est joli et c'est tout blanc
Clic clic, clic clic,
Ca vole au gré du vent
Clic clic, clic clic,
Mais ça ressemble à des phalanges...

Clic clic, clic clic,
Et voilà, un coup de vent
Clic clic, clic clic,
Je tombe, et me voilà avec les anges.



Bougie soufflée (n°22)



 Si on arrive pas à 66 ce soir, je propose de continuer dans le week-end !
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kath le 30 Octobre 2015 à 23:41:21
 — Non, maman, je ne veux pas y aller !
La petite fille freine des quatre fers, les pieds plantés dans la poussière du chemin. Sa mère la tire par la main sans la regarder, son joli minois froncé dans une expression de colère.
— Ton père a promis, alors il faut y aller ! Tu n’as pas le choix !
— Si ! Et puis, de toute façon, je m’enfuirai, na !
— ça m’enchante pas plus que toi d’y aller, crois-moi ma fille ! Mais ton père…
-… a promis ! Vous me répétez ça depuis un an, je sais, merci. Mais je veux pas y aller ! Elle me fait peur !
— Mais t’es pas contente d’avoir eu une nouvelle robe, et une poupée ?
— Si… mais…
— Allez, viens ma chérie, tu verras, ça passera vite.
La petite fille cède, et suit sa mère sans plus rechigner, mais lentement, aussi lentement que possible.
— Mais pourquoi papa il a dit ça, d’abord ? Pourquoi que c’est pas lui qui doit y aller ?
— Il a pas eu le choix, tu sais. C’est comme ça. Pense à tes frères et sœurs, après on pourra leur acheter tout de quoi bien manger, puis des vêtements et des chaussures…
— Mais pourquoi moi ?
— Parce que tu es la plus grande, voilà.
— Pfff… c’est toujours moi qui fais tout…
Elles continuent à marcher sur le chemin qui s’enfonce dans la forêt, alors que la nuit tombe.
— Maman… j’ai peur…
— Tout ira bien, ma chérie, tout ira bien.
La voix de la mère est un peu étranglée, des larmes brillent dans ses yeux.
— Rappelle-toi bien qu’on t’aime tous tout fort, et qu’on n’oubliera pas ce que tu vas faire pour nous. C’est important, tu sais.
Soupir de la fillette.
— Tu prendras soin de Blanchette ?
— Oui, bien sûr.
Le chemin débouche enfin sur une petite clairière, au fond de laquelle gîte une petite chaumière.
— Maman, y'a plein de chats, tu as vu ?
— Oui, tout plein… allez viens, on va frapper à la porte.
La mère déglutit péniblement, et se dirige, main dans la main avec sa fille, vers la porte de la petite maison, qui s’ouvre avant même qu’elle n’y frappe.
— Ah, voilà la petite chatte !
La voix de la vieille femme grince comme une porte mal huilée.
— Entre, entre ma petite ! fait-elle d’une voix guillerette. Et vous, hors de ma vue ! Dites à votre mari que la dette est payée !
— Mais… ma fille…
— Elle est à moi maintenant ! Disparaissez !
De l’intérieur de la maison, s’échappent les sanglots de la petite. La vieille referme la porte au nez de la mère avec une grimace sadique.
— À nous deux, ma petite chatte !


 Bougie soufflée (n°23)

et je vous souhaite une bonne nuit, mon lit m'appelle! Faites des beaux rêves! MOUHAHAhahhahahaahahahahah


 
 
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: extasy le 31 Octobre 2015 à 00:09:19
(Désolé pour le retard, mais je suis la touuuuuute la nuit s'il y en a que ça tente  >:D)

Quel est le comble pour un vampire pédophile ? Vous voulez que je vous le dise ?

Figurez-vous un tout jeune vampire, débordant d'énergie, mourant de faim. Figurez-vous sa première proie, un adorable petit garçon de huit ans.
Maintenant, laissez passer un siècle, et figurez-vous notre vampire, tout aussi jeune et qui n'a pas pris une ride. Essayez de comprendre : le goût du sang de ce gamin ne l'a jamais quitté en cent ans d'existence, ni l'odeur de son cou tout frais, ni ses gros yeux bleus étonnés. Cette sensation primitive de volupté, nulle part il ne l'a plus jamais retrouvée ailleurs qu'en un autre petit garçon.
Faites dérouler un siècle de plus. A présent, tuer ne suffit plus à notre tout aussi jeune vampire. Il a besoin de s'identifier encore plus à ses proies avant de les déchiqueter. Outre la faim qui lui tiraille continuellement le ventre, il sent un désir d'un genre nouveau lui grandir et émerger en lui, plus bas. Planter ses crocs dans le cou des bambins est une chose qu'il maîtrise désormais à merveille, et il lui faut plus, encore plus.
Le vampire pédophile, vous comprenez, n'est-ce pas ? Ce n'est pas de sa faute, il n'a choisi ni d'être vampire, ni d'être pédophile. Le destin lui a imposé ce fardeau. Je suis sûr que vous comprenez.
Mais les autres, eux, ne sont pas aussi obligeants que vous. Les autres vampires pensent qu'une telle créature salit la réputation de leur espèce. Ils disent que c'est une aberration, même pour des êtres comme eux. Ils veulent s'en débarrasser.
Alors, ils décident de le punir. Le meurtre est inadmissible, car il est impensable qu'on s'entretue entre créatures de la nuit. Mais il existe des châtiments pires que la mort. Vous pouvez en être sûr : se faire enfoncer un crucifix d'argent dans le cul, cela n'a rien à voir avec la mort.

Quel est le comble pour un vampire pédophile ? Vous ne comprenez toujours pas ? 

Essayez de comprendre : vous êtes incapable de mourir, vous ne pouvez pas arrêter la douleur, et cela dure 364 jours et demie. Seule, la nuit duit 31 octobre apporte avec elle la délivrance. Une nuit de liberté, rien que pour vous. C'est si peu, une nuit entière. Vous avez à peine cessé d'avoir mal que cela doit déjà reprendre. Mais entretemps, vous aurez au moins apaisé vos deux soifs. Une fois en un an.

Quel est le comble pour un vampire pédophile ? Vous y êtes ?

Libre, ivre de soif et de douleur, vous frappez à la première porte que vous apercevez. On vous ouvre, on vous trouve une mine affreuse, les yeux d'un fou, mais on vous sourit malgré tout. On pense que vous êtes déguisé, on vous imagine un beau visage rond derrière ce masque blafard, de gros yeux tous bleus derrière ces lentilles rouges, et de jolis cheveux blonds derrière cette perruque noire et emmêlée. Vous ne pouvez pas deviner qu'il n'y a ni masque, ni lentille, ni perruque, et que derrière ce visage de cadavre, se cache la mort elle-même. Alors vous tendez gentiment une friandise, et vous êtes surpris de voir qu'il ne vous reste alors plus qu'un seul bras. Un regard hypnotique vous force à prononcer des mots dont vous n'avez aucune conscience, et c'est ainsi que la mort s'invite chez vous. Mais vous ne pouvez pas le savoir, car avant d'avoir fini de refermer la porte, vous n'êtes plus qu'un corps inerte gisant dans son propre sang, le bras en moins.

Alors, quel est le comble pour un vampire pédophile ?

Est-ce d'avoir un crucifix planté dans le cul durant toute l'année ? Est-ce d'être soi-même un enfant ?
Non, ce n'est rien de tout cela. Je reformule ma question :

Quel est le comble pour un vampire pédophile de huit ans qui a un crucifix en argent planté dans le cul ?

C'est de passer la nuit d'Halloween à raconter sa propre histoire sur un forum d'écriture au lieu d'aller violer et sucer un enfant innocent.

Bougie n°24 soufflée (mais pas que)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Nocte le 31 Octobre 2015 à 00:19:10
La nuit est morte ce soir,
Car du sperme suinte de la Lune utérine.
Adieu, poétique cosmos infertile,
Les fantômes dansent au milieu des fleurs décapitées.

Entends-tu le bruit de nos pas sur ce lac ensanglanté ?
C'est le son de tes boyaux que dévorent les papillons.
Ressens-tu cette impersonnifiée morsure sur ton cœur  ?
C'est un cadeau de l'alien bipolaire aux dents effilées.
Il aime les promener sur les nuques des geishas.
Il aime l'écarlate qui coule de leur cou blanc.
Et la vie qui s'enfuit.
D'un souffle endolori.

Mais ne t'en fais pas.
Cela ne durera que le temps d'un cauchemar.

                                                                                                                                                                                                                 Un long, lent cauchemar.

Bougie soufflée n°25
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 31 Octobre 2015 à 00:21:03
Ne les laissez pas entrer.
Oui, on le sait, les vampires n'entrent que si on les y invite. C'es comme ça.
Moi, de toute façon, j'y crois pas à ces conneries.
Et puis en plus, c'est Halloween. Alors si on devait soupçonner chaque personne déguisée en vampire qui toque à la porte, on aurait pas fini.
Sans blague, j'ai acheté 3 kg de bonbons, et tout a disparu. Ma robe de sorcière est de traviole, mon chapeau est tout tordu (un couillon de ces gosses l'a écrasé).
Bref.
C'est halloween, et je suis sur les rotules.
Mon téléphone vibre. Tiens, c'est mon copain.
"Tu m'ouvres ?"
"Bien sûr."
Je me lève et vais ouvrir la porte. Il est là, sur le seuil.
Je lui fais signe : vas-y, chéri, entre.

Ce n'est qu'à la lumière du salon que je remarque combien il est froid et pâle. Il a des marques dans le cou.

Et en plus, c'est moi qui l'ai invité à entrer.



Bougie soufflée (n°26)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: extasy le 31 Octobre 2015 à 00:27:19
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 31 Octobre 2015 à 00:30:44
On peut poster des commentaires, mais à condition de les faire suivre d'un texte ! :mrgreen:

Mes préférés du lot : la n°8 (nocte), n°10 (choucroute), n°15 et n°19 (nanomag)



Il fait froid depuis ce matin
J'ai les pieds tout gelés
Les pieds, et puis les mains
J'arrive pas à me réchauffer

Il fait bien moins dix ici
Même la maison est un frigo
Je suis sortie sous la pluie
Ça réchauffe pas mon lumbago

La télé, pour avoir les infos
Tiens alors, c'est rigolo
Y'a mon visage sur l'écran
Avec en titre "un terrible accident"

Bah au moins la chose est claire
Terminé pour le mystère
Une chose cependant me fait tiquer :
C'est pas demain que j'vais m'réchauffer !


Bougie soufflée (n° 27)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: extasy le 31 Octobre 2015 à 00:51:14
La vie est très étrange. La nuit du 31 octobre de l'année dernière, j'ai enfilé une cape noire, mis un masque de squelette, et pris un faux. Je me suis ensuite rendu chez des copains. Lorsqu'ils m'ont ouvert la porte et qu'ils ont m'ont vu accoutré de la sorte, ils se sont mis à rire, à mimer la peur, ou ont fait mine de s'enfuir. Sans même leur dire qui j'étais, ils m'avaient reconnu. On s''était bien marrés.
Alors, quand j'ai ouvert ma porte, un an après, et que j'ai vu un type déguisé de la même manière, je me suis mis à rire.
Depuis, c'est devenu une habitude. Tous les 31 octobre, je me mets à rire. Sauf qu'il n'y a aucun type en costume qui vient me rendre visite depuis. D'ailleurs, personne ne me rend plus visite, durant toute l'année. Il ne reste plus que moi, ou plutôt, mon rire.

Bougie n°28 soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Olaf le 31 Octobre 2015 à 01:09:59
Citer
Lui s'appelle Maxime, elle s'appelle Grand-mère, en tout cas il ne l'a jamais appelée différemment. Ils passent les longues journées d'été ensemble, dans la cuisine de la vieille femme, dans le petit bois qui voisine la route menant à sa maison, ou bien dans le jardin, là où se trouve le puits.
Un puits tout ce qu'il y a de plus courant dans cette région où chacun a l'habitude de se fournir en eau sans l'aide de personne, un endroit malgré tout inquiétant aux odeurs légèrement vaseuses même par les plus fortes chaleur.

«Jamais Maxime, jamais n'approche seul de ce puits mon garçon. C'est dangereux, laisse faire grand-mère. »
Pourtant il est déjà arrivé que Maxime s'approche du puits quand grand-mère avait le regard ailleurs, rien de bien méchant, un gros trou cerclé de pierre plongeant vers une obscurité où luit parfois le soleil de midi.

Mais ce matin, quand Maxime osa s'approcher et se pencher au dessus du puits, grand-mère hurla et le petit garçon tomba, sa tête heurta le bord du puits, et il tomba dans l'eau.

Depuis, grand-mère n'est plus la même. Elle ne sourit plus, elle serre les poings par moment quand Maxime lui parle. Et elle ne partage plus de regard complice avec lui.
En fait, elle ne lui a même plus adressé la parole, et même quand il lui a demandé pardon et fait un bisou sur sa joue duveteuse d'octogénaire, elle s'est juste mise à pleurer.
Le cœur lourd de sa bêtise, et se sentant coupable d'avoir ainsi effrayé sa grand-mère, le petit garçon a terminé la journée seul, dans la petite chambre où il loge, à se taire et à chercher comment se faire pardonner.

Quand vient l'heure du dîner, Maxime descend à la cuisine, espérant aider la vieille femme à préparer le repas, mais même alors elle ne desserre pas ses dents artificielles. Elle se contente de réchauffer de la soupe, se sert un bol, ne sert rien au petit bout d'homme, et commence à manger.

Maxime demande à sa grand-mère s'il peut faire quelque chose pour se faire pardonner, lui dit qu'il est désolé, et pas juste parce qu'il veut manger. Mais elle a le regard dans le vague, les yeux embués de larmes, et elle soupire gravement. Elle regarde les boîtes de ces médicaments que tous les vieux ont à prendre pour tout un tas de maladies dont personne ne sait si elles existent vraiment, puis déverse leurs contenus dans sa soupe, fait tourner avec sa cuiller, et porte le bol à ses lèvres.

Le petit bout d'homme ne fait ni une ni deux, et pleurant à chaudes larmes hurle : «Grand-mère non !!! Me laisse pas ! »
Mais il n'a pas le temps d'empoigner le bol que déjà la vieille femme est prise de tressautements, et se met à vomir une sorte de mousse verte. Son dentier glisse de sa bouche et vient maculer son tablier, ses yeux injectés de sang se révulsent alors qu'elle tombe de sa chaise.
Maxime hurle et pleure, se jette sur le corps de celle avec qui il avait déjà partagé tant de choses, mais sa main passe au travers du bras à la peau parcheminée.

Derrière le petit garçon, la voix pleine de sanglots d'une vieille femme.
« Mon petit bonhomme, je t'avais dis que c'était dangereux. »

Bougie soufflée (n°29)
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: extasy le 31 Octobre 2015 à 02:04:33
- Bloody Mary.
Ma voix tremble.
- Bloody Mary.
J'ai tellement peur.
- Bloody M...
Non, je ne peux pas. J'ai bien trop peur. Je n'oserai pas prononcer son nom trois fois de suite. Pas cette fois.

- Bloody Mary.
Y arriverai-je, ce soir ?
- Blood...
Raté. Comme hier, le miroir de ma salle de bains ne me renvoie rien d'autre qu'un visage mort de trouille. Pas cette fois non plus.
Le troisième jour, je suis plus déterminé.
- Bloody Mary. Bloody Mary.
Oui, c'est bien, continue comme ça.
- Bloody Mar...iah. Mariah, p-pas Mary !
Merde, je suis rien qu'une tapette. Ce ne sera pas cette fois non plus, mince. Mais j'y arriverai ! J'en fais le serment, avant la fin de ce mois d'octobre, j'aurais prononcé trois fois le nom de Bloody Mary devant un miroir !

Au cours du mois, j'ai fait beaucoup de progrès. Maintenant, je n'ai presque plus peur du tout. J'ai fait une petite tentative ce soir, et j'ai failli aller jusqu'au bout. Demain, ce sera la bonne ! De toute façon, je n'ai plus le choix, il ne me reste plus de temps.

- Bloody Mary.
C'est ça, bonne maîtrise, timbre de voix normal, respiration paisible. Allez, une autre.
- Bloody Mary.
Bien ! Pas un gramme de peur dans ma voix. Dans le miroir, mon reflet est plus déterminé que jamais. Une lueur de défi que je ne me connais pas brille dans son regard. Allez, cette fois, j'y arriverai !
- B... Bloody...
Merde, pourquoi ! Tout allait si bien ! Pourquoi a-t-il fallu que j'hésite en cet instant crucial, pourquoi !
Mais ce n'est pas terminé, je n'ai toujours pas refermé la bouche. Je dois me battre.
- Bloody... B-Bloody... Bobloody...
Allez bon sang, ce n'est pas si compliqué ! Tu le sais bien, au fond, qu'aucune femme ne sortira de ton miroir. Tu aurais bien aimé qu'un tel miracle soit possible, et que pour une fois, une autre main que la tienne vienne prendre soin de ton petit oiseau. Mais ce n'est pas le cas. Tu le sais.
La perspective de devoir m'astiquer une fois de plus tout seul me redonne un peu de courage.
- Bloody ! Blooooody ! Bloooooodyyyymééééé.... Mééééééé.... Blooodyyyméééééé... Bloodyyyyyyyyymééééééé... Bloudimé... Blouuu....
Allez, tu y es presque !
- Bloody mar.... Bloooooooooooo ! Bloooooooooooooooooooooooooooo.... Blooody Maaaaaaaar...
Et merde, dégonflé.
Je n'ai pas envie de voir davantage mon visage de dégonflé. Je décide d'aller voir ailleurs si j'y suis. Sauf que ma tête quitte d'elle même le reste de mon corps. Avant de mourir, j'ai le temps de voir Bloody Mary qui dévisage ma face défigurée. Elle a l'air très en colère.
- Ah non, pas cette fois... me lance-t-elle.

Bougie n°30 soufflée
Titre: Re : 66 histoires de fantômes #2
Posté par: Kerena le 02 Novembre 2015 à 11:57:37
Bon.  :mrgreen:

On aura pas été jusqu'au bout, mais c'était quand même fort sympathique de partager squelettes et fantômes avec vous :huhu:

Merci à tous les participants !