“L'enfer a été fait pour les curieux.” -Saint Augustin
Chapitre 1: Sérénade de l'amour et de la folie,
Paris, à 0:01 le 23 Décembre 1999,
La nuit, les âmes égarés prennent leur envol. Une odeur appétissante attirait Samaël qui se collant à la vitrine de "Chez Pâpak" enviait à la limite de détester toutes les ombres engloutissant des mets qu'il ne pouvait s'offrir. Samaël n'avait pas d'emploi, abandonné par ses parents à treize ans, la rue était devenue petit à petit son univers. Son apparence de corbeau, aigre et obscure, ne lui offrait pas beaucoup de possibilités vis-à-vis de son orientation, il ne pouvait aspirer à une autre vie que celle de rat sur les trottoirs de Paris, malgré la douceur plausiblement enfouie en lui. La faim le touchait, et il ne pouvait qu'envier les âmes repus. Son âme criait famine et désespoir. S'éloignant petit à petit de la vitrine pour ne pas avoir à commettre l'irréparable, lui, d'habitude si paisible, il s'engouffrait petit à petit dans une allée ayant pour seule lumière, celle d'un lampadaire éclairant majoritairement un banc morose. Samaël y trouvait une forme de réconfort et se laissa tenter par l'obscure force du banc l'attirant de plus en plus vers d'obscures rêves.
"-Noooon, Zzzz---, chuchotait l'âme du rêve. Des pleurs semblaient l'accompagner, une sérénade sur un théâtre de l'horreur."
C'est tout ce dont Samaël se souvenait à son réveil, un réveil plus rude qu'il ne put se souvenir combien de temps il avait dormi. Il faisait toujours nuit, le froid caressait son être cependant, la faim avait disparue. Toujours sur son banc morose, la lumière du lampadaire s'était éteinte. Samaël se leva, un bruit libidineux accompagnait puis marquait chacun de ses pas. Les ombres s’éloignaient, faisant soupirer leurs âmes dans de silencieux cris à la vue de Samaël. Il ne comprenait pas et s'en moquait, il était repus et avait entrepris de se rendre à son "domicile", c'est-à-dire sous le pont Seinnar où il logeait avec d'autres ombres tels que lui. Cependant, à peine la rue Méphisto atteint, il compris que ses pas étaient suivis d'une couleur rouge qui dégageaient une odeur assez particulière. Cette odeur lui rappelait qu'il lui restait une dernière dose, aussitôt, il sortit une aiguille puis se piqua en pleine rue.Somnolant, il s'allongea au pied d'un lampadaire puis se rendormit.
"-Bonsoir mon maître, suivez-moi. Voyez-vous ce monde? Il se révèle plus néfaste que votre véritable nature. Allons, ne faîtes pas votre timide, suivez-moi jusqu'au fin fond de l'enfer. Mais avant cela.. oui, vous pouvez manger, Zzzz---, Noooon! Zzzz---, une nouvelle sérénade couvrit cette pièce morbide."
Samaël se réveilla au petit matin, allongé sur un banc morose, étrangement morose. La faim le gagnait encore, il ne faisait plus froid, par ailleurs, une chaleur ardente le touchait. Il était couvert de journaux, étrange.. aucun souvenir de cette nuit ne lui parvenait.. uniquement le souvenir d'un film, de rêves et de morbidités qui semblait avoir été projeté, un film dont il ne se souvenait pas. Seulement, il se souvenait et se souviendrai encore jusqu'à la fin de son existence que pour la première fois, il se sentait aimé. Et sur la première page des journaux, nous pouvions voir le joli visage de Béatrice Ghazal, disparue le 14 Décembre 1997.
-Zakar
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