Le Monde de L'Écriture
Sous le soleil des topics => Discussions => Discussion démarrée par: extasy le 19 Septembre 2015 à 21:38:40
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Je n'ai qu'une question : à part lire, écrire, et effectuer les quatre opérations de base (que mon père m'a d'ailleurs appris avant ma scolarisation), vous vous souvenez d'une seule chose qu'on vous a enseignée à l'école primaire ? Moi non, rien du tout. Six ans partis en fumée. Pareil pour la fac aussi, à bien y réfléchir, car plus le temps passe et moins il me reste de souvenirs des précieux cours dans les amphis. J'y pense et j'y repense, et je commence à avoir l'intime conviction que je me suis tout simplement fait b*****. Rendre l'école obligatoire était une cause des plus nobles à l'époque, mais à présent, je pense que l'éducation n'est ni plus ni moins que de la m****.
Qu'en pensez-vous ?
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Les bases d'histoire et de géographie, confirmées et approfondies par la suite.
Un peu d'anglais.
Des bases en sciences.
En gros, les bases de tout ce que j'ai pu apprendre après.
Et l'éducation m'a appris l'esprit critique, ce qui permet de débattre sur le forum x)
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L'école, c'est l'acquisition des bases comme dit Loic, dans un cadre où l'on peut s'assurer que tout le monde à cet âge aura à peu près le même niveau de connaissances. Disons que c'est un concept d'égalité, comme ça le gosse qui n'a pas eu de père pour lui enseigner les quatre opérations de base (comme toi) ne sois pas désavantagé plus tard.
Donc on irait plus sur du oui tu t'es fait baisé, mais je dirais quand même que non, car l'école c'est aussi une première grosse confrontation sociale pour l'enfant. Il y a une chose qu'aucun livre ne pourra vraiment t'enseigner, c'est comment interagir avec les autres au jour le jour, des gars que t'apprécie, des gars que t'apprécie pas, des filles, des adultes, "l'autorité". Cela te file aussi un début d'organisation, ça t'apprends à respecter des délais, à fournir des efforts dans un temps limité. L'école c'est aussi ça, pas juste se faire chier sur un banc, même si au final on a l'impression que ce n'était que ça, t'en a tiré plus de choses je pense.
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Clairement oui, la résolution des premiers conflits sociaux et la mise en oeuvre des premières compétences de socialisation, l'apprentissage de la diversité individuelle, et pis quelques trucs utiles aussi, ça dépend des instit' ^^
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Oui, les compétences sociales je suppose que c'est vrai. L'acquisition de bases aussi. Mais je trouve ces bases, justement, tellement basiques ; des heures et des heures pour arriver à situer quelques villes sur une carte ou savoir que Pétain voulait capituler :/ Je veux dire sérieusement, avec tout ce temps j'aurais pu apprendre tellement de choses par moi-même ; j'ai l'impression que c'est un facteur de ralentissement et pas d'accroissement de l'apprentissage. Enfin quand-même, je me répète mais tout ce temps. Pour des choses qui ne me servent strictement à rien et que je finis par complètement oublier.
Et l'éducation m'a appris l'esprit critique, ce qui permet de débattre sur le forum x)
Ok pour l'esprit critique ; mais un autre exemple : sincèrement, je n'ai jamais rien entendu aux analyses de textes qu'on nous faisait faire en cours de français, et un peu moins d'un an sur le forum m'a permis de comprendre plus ou moins comment lire un texte et comment le critiquer :P
Bah du coup, vive le Mde, je n'arrête pas de le dire :coeur:
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Moi j'ai vraiment beaucoup de mal avec le discours en vogue du "pourquoi on apprend ça, ça sert à rien ?" :-[
Parce que concrètement, partant de là, ben t'apprends juste rien, effectivement, et je trouve ça franchement con. J'sais pas, j'fais partie de ces gamins qui ont surkiffé l'école depuis tout petit parce que j'voulais tout apprendre, tout savoir. Et je trouve ça malheureux qu'on réduise l'école à du temps perdu et des exercices inutiles. Y en a, ok, quand on prépare juste un type d'exam parce qu'il y a le bac et qu'on apprend des réflexes de dissertations, des exercices types juste pour valider ce diplôme ; mais pour le reste... Je crois pas que c'est "l'école", le problème (je viens d'une famille de prof et d'instit, enseigner et apprendre c'est des passions familiales, ce qui explique peut-être le truc), pour moi, c'est comment on présente la chose. Quand t'es gamins, que toi tu veux juste apprendre des trucs, et que tu te fais charrier par la moitié de ta classe parce que t'es un "intello" et que ça fait pas bon genre, ben je trouve ça triste, et beaucoup plus grave que de passer quelques heures en cours de maths plutôt que devant un écran à apprendre des théorèmes dont on se servira pas plus tard.
Bref, p't'être je suis une vieille conne, je sais pas.
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"pourquoi on apprend ça, ça sert à rien ?" [...] Parce que concrètement, partant de là, ben t'apprends juste rien, effectivement
Je comprends ce que tu veux dire, que si tu penses que c'est inutile tu n'apprendras pas. Mais je peux aussi faire le coup inverse, et dire que si tu as envie d'apprendre, tu apprends ; ce n'est pas la question ici. Quand tu meurs de faim, tu calcules pas et tu manges ce qui est devant toi (pardon d'avance pour la comparaison merdique); pareil si tu as envie d'apprendre tu prends ce qui est à ta portée, mais ça ne résout pas la question de la qualité de l'enseignement. Je veux dire si tu as tellement envie d'apprendre, alors imagine où tu en serais si tu avais reçu un meilleur enseignement. Je ne sais pas si je m'exprime clairement par contre.
Quand t'es gamins, que toi tu veux juste apprendre des trucs, et que tu te fais charrier par la moitié de ta classe parce que t'es un "intello" et que ça fait pas bon genre, ben je trouve ça triste, et beaucoup plus grave que de passer quelques heures en cours de maths plutôt que devant un écran à apprendre des théorèmes dont on se servira pas plus tard.
Je me suis fait charrier aussi parce que comparé à certains bonobos de mon école, j'étais un véritable génie. Je trouve ça triste aussi. Mais encore une fois, ce n'est pas la question ^^
'Fin bon, je sais pas mais quand je réfléchis au rapport connaissances acquises à l'école/temps passé à l'école, ben je calcule un résultat compris entre 0 et 1 quoi :/
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Oui, même s'il divise, c'est un débat intéressant.
Chacun à quelque chose à en dire.
Merci, extasy.
La qualité de l'enseignement est un problème, mais le choix de ce qui est enseigné en est également un. La vraie question étant : quelle école veut-on pour demain ? On voit que l'école n'est pas une machine infernale à produire de la réussite, qu'il y a différents parcours et différentes appréciations.
Pour ma part, je dirais que l'école ne s'est pas assez diversifiée, qu'elle apporte beaucoup à certains gamins, et moins à d'autres... L'école n'est-elle pas un peu trop uniforme ? Ne manque-t-elle pas d'un peu plus d'universalité ?
On peut toujours améliorer un projet, le valoriser !
N'y aurait-il pas un moyen de favoriser plus d'élèves ? de la rendre moins ciblée ?
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Je suis passée vite fait par ici ^^
C'est intéressant comme débat ^^
Perso, je me range du côté d'Anlor :)
Je pense, pour ma part, que l'école, ça sert beaucoup. Pas toujours avec ce qu'on apprend dans les livres. Parce que j'ai aimé apprendre à lire, écrire (pas compter, j'aime pas les maths :D), apprendre l'histoire avec des profs passionnés, sortir, tout ça, mais sans m'en rendre compte, ma personnalité a été forgée là-bas en partie, et ça continue au collège et au lycée. On apprend aussi à vivre en société, etc.
Et puis, honnêtement, je me dis jamais que les cours ne servent à rien. Sinon, pourquoi je viendrais ? Ça me plaît, perso. Et il y a pas que ça... OK, j'aime pas les maths, j'ai hâte d'arrêter, de mettre ça derrière moi, mais y'en a qui adorent, et du coup, l'école ça apprend aussi la différence, l'esprit critique, ça apprend à vivre, à grandir, à se connaître, à apprécier et sans doute à plein d'autres choses.
Donc honnêtement, l'école sert à tout sauf à rien :) !
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Pour ma part, je dirais que l'école ne s'est pas assez diversifiée, qu'elle apporte beaucoup à certains gamins, et moins à d'autres... L'école n'est-elle pas un peu trop uniforme ? Ne manque-t-elle pas d'un peu plus d'universalité ?
On peut toujours améliorer un projet, le valoriser !
N'y aurait-il pas un moyen de favoriser plus d'élèves ? de la rendre moins ciblée ?
Si y aurait moyen. Pour ça, faut d'abord revaloriser le métier d'enseignant pour qu'on puisse recruter plus et pour que les parents ne disent pas eux-mêmes à leurs mômes "tu dois aller à l'école même si ça sert à rien". Ensuite, faut créer plus d'établissements scolaires afin de désengorger ceux qui existent déjà (les élèves sont de plus en plus nombreux, les classes explosent).
Une fois que chaque enseignant aura face à lui un petit groupe d'élèves, ben là, oui, on pourra faire de la différenciation, s'adapter aux besoins de chacun. Avec les effectifs actuels et le degré d'agitation des gamins, ça n'est juste pas possible.
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Oui je vois Dewen, tu t'y plais et tu aimes apprendre comme Anlor, alors oui c'est tout à fait cool :) même si perso, je rejoins Alan en pensant qu'elle n'est absolument pas diversifiée. Dès la seconde si je me souviens bien, tu es forcé de faire un choix dont dépend tout ton avenir ; et quel choix : celui de la case dans laquelle il te faut te ranger. Puis il y a ce système de notation... Je ne sais pas pour vous, mais je trouve ça limite scandaleux, ce pouvoir qu'a le professeur de te résumer à un nombre (no offense ernya hein :P).
Puis je te plussoie tout à fait sinon, ernya ; je trouve aussi que le métier d'enseignant devrait avant toute chose être revalorisé ; et oui les gamins sont ingérables. Et une dernière chose concernant l'administration ; franchement, je pense qu'il est plus urgent pour ces gens-là de savoir s'il vaudrait mieux réparer le pied cassé de la table dans la cour ou carrément en racheter une neuve que de fixer un programme scolaire efficace. L'éducation, ils n'en ont absolument rien à f*****. Et il faut voir après le discours qu'ils servent aux parents en début d'année : promesses, garanties, chiffres-clés et papillons multicolores.
Non mais je sais pas ; c'est vrai que personnellement, je n'ai jamais vraiment aimé les cours, à part le français les maths et la physique. C'est juste que j'y ai pensé hier soir et je me suis dit c'est fou quand-même, tout ce temps... Mais je me rends compte qu'il y en a qui l'ont bien exploité ce temps, donc je ne sais plus, je me dis que je me suis peut-être gourré >< Et non, contrairement à ce que pourrait laisser penser mon post, quand je disais que l'école ça sert à rien, je reprenais pas le discours des autres attardés mentaux qui pensent que se faire chier en cours, c'est un signe d'équilibre psychique.
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Je ne m'offense pas, je ne comprends juste pas cette idée de "résumer un élève à sa note". Je veux dire, un élève, pour un prof, c'est avant tout le gamin qui est largué/qui suit/ qui gêne le cours. Pas du tout le gamin qui a telle note. Et les appréciations sur le bulletin sont aussi là pour relativiser la note chiffrée.
Autre chose, jusqu'à présent, ce n'est pas l'administration qui gère les programmes, hein. Pour ça, faut plutôt voir avec les commissions et les inspecteurs (qui, eux, du coup, ne s'occupent pas de savoir si tel établissement a racheté des tables ou pas).
Enfin, je t'assure que la question du matériel est essentielle dans un établissement. Personnellement, je me balade dans dix salles différentes dans la semaine, faisant cours dans des salles de physique/ de langues et de techno, parce que y a pas assez de salles pour en attribuer une à chaque prof, et ben ça, c'est franchement un obstacle. Sans parler du fait que les gamins font très attention au mobilier et qu'un vidéopro qui marche pas ou un trou dans une salle, ben ça peut te flinguer un cours.
Bref, pour améliorer le quotidien des profs et des élèves, y a beaucoup de boulot à l'échelle locale (gestion de l'établissement) et à l'échelle nationale (définition des programmes, des modalités d'évaluation etc etc).
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Si y aurait moyen. Pour ça, faut d'abord revaloriser le métier d'enseignant pour qu'on puisse recruter plus et pour que les parents ne disent pas eux-mêmes à leurs mômes "tu dois aller à l'école même si ça sert à rien".
Revaloriser le métier d'enseignant... C'est quelque chose d'essentiel. On n'y arrivera pas sans. Non, sans ça, on n'arrivera à rien. Je vois que beaucoup de voix culpabilisent les professeurs, c'est complètement mensonger. Moi qui parlais d'un beau projet, de plus de diversité, nous ne pouvons rien sans ces acteurs du quotidien, les professeurs. Le métier de professeur ne doit pas devenir une malédiction !!
Bref, pour améliorer le quotidien des profs et des élèves, y a beaucoup de boulot à l'échelle locale (gestion de l'établissement) et à l'échelle nationale (définition des programmes, des modalités d'évaluation etc etc).
Honnêtement, nous sommes jeunes. Faisons ce qui est encore possible ! Pour moi, c'est essentiel qu'un jour ou l'autre, on se donne les moyens de revaloriser l'éducation.
Je vois très bien où tu veux en venir Ernya, le quotidien est devenu trop périlleux pour les professeurs, il faudrait leur donner plus d'air, plus de perspectives.
On ne peut pas laisser tomber si vite !!
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Pour le primaire, je me souviens clairement avoir appris à calculer une moyenne : à la fin de l'année, la maîtresse nous faisait calculer la moyenne de l'année pour chaque matière, me souviens avoir aidé une camarade.
Me souviens avoir utilisé un ordinateur pour la 1ère fois (le M05)
Me souviens avoir balancé un type de peinture spécial dans de l'eau et avoir posé une carte dessus, ça faisait comme une aquarelle, pour un cadeau de fête des mères.
Me souviens avoir utilisé une scie à chantourner.
Mais de cette époque avant 10 ans, il me semble que l'on ne garde pas de souvenirs très nombreux et très précis, que ce soit des souvenirs d'école ou autres, me souviens pas non plus de vacances à la mer en particulier (sauf un où j'ai pris un club de golf dans la tête) mais c'est pas pour ça que les vacances ne servent à rien.
Pour le collège, je me souviens avoir découvert l'anglais avec plaisir et la géométrie avec moins de plaisir. me souviens avoir compris comment analyser un texte en français, ne pas s’arrêter au premier degré. Me souviens avoir appris un poème qu'il fallait réciter en chantant (je connais toujours par coeur le texte aujourd'hui, un petit rap ? ;)) Me souviens avoir découvert que la mort existait, mon voisin de classe avait une leucémie. Me souviens des premiers émois amoureux. Me souviens des cours d'éducation sexuelle où les réponses aux questions de la prof mettaient du temps à venir... Me souviens qu'en biologie, on avait appris par expérience, qu'il y a de plus en plus de sucre dans notre bouche quand on mange du pain (on devait déterminer notre propre façon de prouver quelque chose et mon binôme avait décidé de cracher à différents intervalles dans des tubes à essai :facepalm:)
Pour le lycée, j'ai découvert que j'adorais l'évolution génétique, j'ai réalisé qu'il fallait réfléchir avant de suivre n'importe qui faire des manifs, j'ai appris ce qu'était l'esprit critique grâce à un prof d'histoire, j'ai appris que les profs et directeurs étaient des gens comme les autres, après avoir vu le dirlo un peu pompet pendant un voyage scolaire dans les Cévennes. J'ai fait mon 1er bénévolat en accueillant des guadeloupéens pour un championnat d'athlétisme dans le lycée, en les guidant dans la ville (j'ai appris que certains étaient des dragueurs invétérés :)) me souviens comment on fait une dissert en philo :) (et ça me sert pour argumenter encore aujourd'hui)
Les méthodes changent au cours des années, je pense notamment à la lecture globale vs la lecture syllabique, ce que je constate par contre, c'est que les méthodes ne sont pas applicables à tous les élèves et si on est pas dans le moule on peut vite lâcher et encore plus vite si l'on n'a personne à la maison pour aider.
Ce qui est nouveau cette année dans le primaire de mon neveu : il a 7 ans et des dictées où il n'est pas noté sur le nombre de fautes, mais sur le nombre de fautes qu'il arrive à corriger : il fait 10 fautes (il n'a pas 0/10, il n'y a pas de notes) il en corrige 5 il obtient un 5/10
Ce qui est difficile c'est que l'on voit le fruit du changement de méthode qu'à long terme et que ce ne sont pas les seuls paramètres pour déterminer s'il y a eu amélioration ou régression (climat général de la famille, de la société, santé, etc...)
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Je vais tenter de pas faire un pavé, parce que c'est un thème qui me tient particulièrement à coeur et que j'ai déjà une forte tendance à faire des pavés :mrgreen:
Donc déjà, en abrégé : je plussoie très très très fortement Nocte-WEG, Anlor et Ernya. Et je viens pas d'une famille de profs, ma mère a été toute sa vie en échec scolaire (même si ma famille était à fond pro-culture, c'était pas particulièrement à fond pro-système éducatif standard, enfin je veux dire que c'était pas une famille d'enseignants). BREF.
Déjà, comme dans tout enseignement, c'est pas que le strict contenu de ce qu'on t'enseigne, qui sert. Je plussoie totalement WEG :
Cela te file aussi un début d'organisation, ça t'apprends à respecter des délais, à fournir des efforts dans un temps limité. L'école c'est aussi ça, pas juste se faire chier sur un banc, même si au final on a l'impression que ce n'était que ça, t'en a tiré plus de choses je pense.
Et même, plus. ça t'apprend à organiser tes idées, à comprendre une consigne, à mettre les choses en perspective pour pouvoir les nuancer ou les rejeter, à être moins manipulable, à avoir de l'esprit critique, à avoir un substrat de culture gé dans plusieurs domaines (et pas seulement les centres d'intérêt de ta famille), ça t'apprend à t'intéresser à quelque chose, et à fournir un peu de rigueur pour arriver à quelque chose, ça t'apprend à progresser, à prendre des notes, à travailler par toi même (je parle du lycée et + ), à savoir écouter. Sans compter tout l'aspect social de l'école dont parlait WEG (être en groupe, rapport à l'autorité, à la différence, à l'intégration, mettre en perspective ce qu'on t'a appris dans ta famille pour voir qu'y a parfois d'autres points de vue - que tu les acceptes ou que tu les rejettes).
Evidemment : ça, c'est quand ça se passe bien. Quand on a les moyens de le faire bien (je sais pas quel âge t'as, extasy, mais je pense qu'on a dû connaître le même système éducatif, ou à peu près).
Mais tu apprends des trucs sans te rendre compte que tu les apprends. Si au lycée on te demande une dissertation de lettres sur Baudelaire, toi tu vas peut-être trouver que c'est relou de mémoriser trois poèmes que t'aimes pas et que tu vas oublier après, et que de toute façon ce qu'en disent les critiques c'est du chiqué et l'allitération et l'assonance, t'aimais tout autant le poème avant de savoir comment ça s'appelait. Ok. Mais en faisant la dissert, t'as appris qu'un texte ça s'observe, t'as appris à organiser tes idées pour argumenter (même si le sujet t'intéressait pas), t'as appris les bases de la rhétorique qui te servent dans n'importe quel discours (ouais, le passage obligé de l'introduction, les transitions, la conclusion, tout ça, c'est des mots scolaires qui en fait t'apprennent à dire un truc convaincant en provocant un effet d'attente et en démontrant de façon claire un propos). T'as appris à te servir de la langue et de l'orthographe. T'as appris que deux disserts sur le même sujet seront différentes mais qu'y en a pas forcément une de juste et une de fausse, donc à travers ça t'as appris à relativiser ta propre opinion, t'as appris la différence entre une opinion ("moi j'trouve ça moche ce vers") et un argument, t'as appris un élément de culture gé du pays où tu vis si bien que si tu lis "il est comme l'albatros qui ne peut pas voler" tu saisiras que c'est une référence à Baudelaire et surtout tu saisiras ce que la personne qui dit ça a voulu dire par là. Donc ouais, la dissert, en elle-même, elle t'a servi à rien et t'auras oublié et le sujet et le corrigé dans un mois. Mais le savoir-faire qu'elle t'a enseigné, ça, ça restera.
Après, est-ce que ça marche toujours ? Non, surtout d'après ce que j'entends sur l'école aujourd'hui : y a de moins en moins de moyens de le réaliser. Donc je plussoie totalement Ernya, qui connaît davantage que moi les réalités matérielles du système éducatif.
Attention quand même à ne pas faire d'amalgame entre l'administration, l'équipe pédagogique, et l'inspection ou le ministère qui conçoivent les programmes. Un programme c'est pas fait n'importe comment. Un programme ça véhicule ce que les pouvoirs publics veulent faire passer aux générations suivantes. C'est pas super pertinent de considérer qu'ils se préoccupent pas de l'élève - par contre, questionner ce qu'ils veulent faire passer comme messages, ça oui. Non seulement on peut mais on doit le faire.
Et là je rejoins Alan :
La qualité de l'enseignement est un problème, mais le choix de ce qui est enseigné en est également un. La vraie question étant : quelle école veut-on pour demain ? On voit que l'école n'est pas une machine infernale à produire de la réussite, qu'il y a différents parcours et différentes appréciations.
Pour ma part, je dirais que l'école ne s'est pas assez diversifiée, qu'elle apporte beaucoup à certains gamins, et moins à d'autres... L'école n'est-elle pas un peu trop uniforme ? Ne manque-t-elle pas d'un peu plus d'universalité ?
On peut toujours améliorer un projet, le valoriser !
L'école, c'est une super invention pour ouvrir l'esprit, former les futurs citoyens, donner des clés pour comprendre le monde, et tout le blabla qu'on peut trouver dessus. A la base l'école obligatoire c'était quand même en partie pour que les gens arrêtent de voter un Napoléon chaque fois qu'on leur donnait la liberté de voter, quoi (je caricature, mais c'est l'idée). Du coup qu'on critique la notion-même d'école, je trouve ça un peu inquiétant :/
Par contre, qu'on critique les problèmes actuels du système d'enseignement, alors là oui. Mais au lieu de tendre à penser que ça sert à rien, je pense que c'est plus utile pour les générations futures que de chercher à voir comment améliorer ce qui va pas dedans... :/
Et enfin, le truc qui me semble le plus important, c'est ça :
Moi j'ai vraiment beaucoup de mal avec le discours en vogue du "pourquoi on apprend ça, ça sert à rien ?" :-[
Parce que ça veut dire quoi, servir ? Avoir une utilité directe ? Dans ce cas, il n'y a qu'une formation professionnelle qui sert. Et encore, à quoi ça sert de faire un stage dans une entreprise si tu vas travailler dans une autre ? A quoi ça sert de savoir comment marche tel service si au final tu vas travailler dans tel autre ? Et donc, "servir", ça veut dire arriver à gagner des sous avec ? Se résumer à être un consommateur ?
Je déforme peut-être ton propos sur ce point, extasy, mais du coup je réponds ici plus généralement à l'idée reçue selon laquelle "l'école ça sert à rien parce que ça t'aidera pas à trouver un boulot".
En fait, apprendre, ça ne sert pas. C'est justement ça le clou de l'affaire. Apprendre, ça t'enrichit en tant que personne et ça te permet de te construire, de t'ouvrir, de ne pas en rester à la pratique quotidienne de ta vie. (Je parle à "tu" mais je m'adresse pas à toi spécifiquement, extasy). Mais la société actuelle à tendance à ne pas valoriser ces éléments. A valoriser ce qui sert, qui est efficace, qui permet de réussir. Mais réussir quoi ? Au final, on tombe sur le problème philosophico-existentialo-autres-trucs-en-o de "à quoi aspire la vie humaine" :D
Bref, l'école c'est censé t'apprendre que dans la vie, y a justement pas que ce qui est utile, qui sert.
Et l'école, ben c'est l'instrument qui est censé te fournir la base pour que tu puisses apprendre par toi-même. Quand elle réussit son but, elle peut ouvrir des horizons à des gens qui viennent de familles peu ouvertes à la culture ou à la pensée, elle peut donner un substrat commun pour comprendre le monde qui t'entoure (entre autres quand tu viens d'une culture différente), elle peut te donner les éléments de base pour qu'après tu puisses aller creuser un sujet dont t'avais jamais entendu parler avant, elle peut juste t'aider à savoir que la géométrie, tu aimes pas (mais l'aurais-tu su si tu avais pas eu à l'étudier ?). Des fois, ça marche. Souvent, ça marche pas ; mais si elle y était pas, est-ce que ça aurait pas été pire...?
(Après y a toute la question de la notation, du sentiment d'échec scolaire, du rapport à l'autorité du prof, etc. etc., qu'on peut conteste. Mais d'après le tour qu'a pris la conversation, je pense que c'est un autre débat, puisque jusque là on a surtout discuté de savoir si l'école arrivait à faire passer quelque chose ou pas, et non de l'aspect de "structure sociale" de l'école actuelle).
Mission ne pas faire un pavé : échec critique :mrgreen:
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Oui, Milora, ce que tu dis est légitime ; mais il ne faut pas croire que ça délégitime le propos d'extasy. J'ai un ami qui a fait des études en Lettres modernes et qui se retrouve aujourd'hui avec des qualifications excellentes (à rappeler que la littérature est une matière d'excellence pour ceux qui l'ont oublié) et qui aujourd'hui ne vit avec aucune autre perspective que celle d'être professeur (et dans ce cas-là, la valeur de ses qualifications est complètement appauvrie car sans liberté).
Les professeurs ont vraiment de gros problèmes aujourd'hui, on ne peut pas le nier. Leur mécontentement est légitime. Il faut donc apporter de nouvelles idées à l'école, un nouveau souffle. Les professeurs font état d'un malaise, ils travaillent dans de mauvaises conditions. Le malaise des élèves, c'est le même malaise que celui des professeurs. L'école, ce n'est pas une machine à générer de la réussite, je le répète. C'est un bon projet, mais si on le laisse mourir, nous l'aurons détruit. Les doutes d'extasy sont fondés, même s'ils n'apportent pas d'issue. Il ne faut donc surtout pas rester là sans rien faire, à dire que tout va bien, qu'on s'inquiète pour rien. Rester muet, c'est dangereux.
Extasy fait preuve d'un malaise, et ce malaise existe. On peut l'expliquer à travers pleins de justifications, l'État ne sait pas quoi faire, il n'est pas à la hauteur ; à nous, jeunesse, de montrer le chemin. Extasy avoue que l'école ne lui a pas apporté ce dont il aurait eu besoin pour vivre. Il n'y a pas que les mauvaises notes pour faire des petits orphelins de l'école (mon ami a eu tous ses diplômes universitaires), il y a aussi une certaine uniformité qui n'apporte qu'aux uns et jamais aux autres.
Oui, certains étudiants, certains petits écoliers, sont défavorisés parce qu'ils ne sont pas faits pour l'école d'aujourd'hui ; moi, je rêve de l'école de demain.
La question n'est pas de savoir s'il faut raser l'école, mais de savoir si on peut lui apporter un nouvel espoir, une nouvelle existence pleine de renouveau.
Allons-nous discuter sur la valeur de notre vote face à Napoléon ? Ou sur la vie de millions d'enfants et de jeunes adultes ?
L'école est asphyxiée, les professeurs en témoignent ; il y a beaucoup de pain sur la planche, il faut un élan qui avance, pas d'immobilisme, pas de nouvelles discriminations !!
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Oui, Milora, ce que tu dis est légitime ; mais il ne faut pas croire que ça délégitime le propos d'extasy. J'ai un ami qui a fait des études en Lettres modernes et qui se retrouve aujourd'hui avec des qualifications excellentes (à rappeler que la littérature est une matière d'excellence pour ceux qui l'ont oublié) et qui aujourd'hui ne vit avec aucune autre perspective que celle d'être professeur (et dans ce cas-là, la valeur de ses qualifications est complètement appauvrie car sans liberté).
Sauf que c'est totalement différent ! L'enseignement supérieur c'est pas du tout la même logique que "l'école" (le primaire et le secondaire). L'enseignement supérieur, c'est pour te spécialiser pour ensuite suivre telle voie professionnelle (ou si c'est une filière pour le plaisir, c'est un choix personnel). Ce ne sont ni les mêmes exigences ni les mêmes objectifs que le primaire et le secondaire.
Oui, quand on fait Lettres Modernes (ou lettres classiques, ou histoire, ou philo, sans parler de la socio, l'ethno, l'anthropologie ou l'archéo), c'est des filières avec peu de débouchés (concours de l'administration (y a pas que prof), recherche, ou réorientation après la licence (on peut accéder à pas mal de filières avec une licence de matière littéraire, à condition de faire un master orienté vers ce qu'il faut). Et ça veut dire que pour être dans ceux qui auront un débouché dans ces filières, faut vraiment avoir des bons résultats parce que c'est dur d'avoir un système de concours quand t'es tout juste à la moyenne. Mais ceux qui font Lettres Modernes, ils l'ont choisi. Ils ont été mal informés peut-être (sans doute ; perso je trouve que l'information sur ce qui se passe après le bac est très très mal faite, du moins quand j'étais en terminale c'était comme ça). Mais ça n'est pas du tout la même logique qu'une école pré-bac censée fournir la base de culture générale au futur citoyen qu'est l'élève, et la base des matières dans lesquelles il pourra, s'il le veut, se spécialiser après le bac. L'absence de débouché de certaines filières d'études supérieures n'a rien à voir avec la fonction de l'école primaire et secondaire :/
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Oui, quand on fait Lettres Modernes (ou lettres classiques, ou histoire, ou philo, sans parler de la socio, l'ethno, l'anthropologie ou l'archéo), c'est des filières avec peu de débouchés (concours de l'administration (y a pas que prof), recherche, ou réorientation après la licence (on peut accéder à pas mal de filières avec une licence de matière littéraire, à condition de faire un master orienté vers ce qu'il faut).
Attention : Lettres modernes n'est pas du tout la même chose que l'histoire, la philo, la socio, l'ethno, l'anthropologie ou l'archéo, qui sont des matières universitaires, mais sans débouché autre que la recherche. La littérature est une matière d'excellence, il ne faut pas la comparer aux autres matières, c'est incorrect.
Pour ce qui est de l'information, je te donnerai directement son adresse, et tu t'occuperas de lui si tu penses pouvoir lui apporter quelque chose, il en a bien besoin.
Non, je parle de ces jeunes qui s'accrochent désespérément à l'école parce qu'on leur a dit que ça leur apporterait tout, et qui se trouvent isolés, bernés par des promesses qu'il n'aurait pas fallu leur faire.
Tout le monde n'est pas destiné à devenir fonctionnaire, il faut donc envisager une diversification des études de la petite enfance à l'Université.
Je rappelle que les programmes scolaires sont concoctés par des universitaires, selon des recherches universitaires, mais sont destinés à tous. On a donc un devoir de remise en question, l'élite ne peut pas rester enfermée sur elle-même pour choisir l'avenir des autres.
Tout cela manque de diversité.
Non, tu as raison de pointer les vertus du système éducatif, notamment si c'est un système qui t'a beaucoup apporté. Cependant, les voix dissonantes, les voix discordantes ne sont pas des ennemis de l'école, ce sont plutôt des cris d'alerte. Il faut entendre ce malaise, il est présent partout. Nous avons un devoir de réflexion et de confrontation à un sujet qui nous concerne tous.
Parlons de l'avenir, pas du passé ; parlons des faiblesses, pas des intentions ; parlons des résultats, pas des vieux rêves.
Et ce ne sont pas que des histoires de filières, ce sont aussi des histoires humaines, comme celle d'extasy, qui existent et ne vont pas cesser d'exister.
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Hm, désolée de réagir encore, mais :
Attention : Lettres modernes n'est pas du tout la même chose que l'histoire, la philo, la socio, l'ethno, l'anthropologie ou l'archéo, qui sont des matières universitaires, mais sans débouché autre que la recherche. La littérature est une matière d'excellence, il ne faut pas la comparer aux autres matières, c'est incorrect.
En quoi ? :???: Lettres Modernes, c'est une filière où on étudie de la littérature, de l'ancien français, de la grammaire et je sais pas quoi d'autre (ernya le saura mieux que moi). De la même façon que philo, socio, etc. Si différence il y a, c'est entre les matières qui ont un capes et une agreg, et celles qui n'en ont pas (c'est encore plus galère de trouver un emploi avec ethno ou anthropo, par exemple).
Je vois pas comment tu définis "d'excellence", mais le concours de philo est encore plus dur qu'en lettres modernes par exemple (histoire aussi, statistiquement).
Je rappelle que les programmes scolaires sont concoctés par des universitaires, selon des recherches universitaires, mais sont destinés à tous. On a donc un devoir de remise en question, l'élite ne peut pas rester enfermée sur elle-même pour choisir l'avenir des autres.
C'est faux. Ce ne sont pas des universitaires qui définissent le programme scolaire. En fait, il y a une grosse séparation entre tout l'enseignement dans le primaire/secondaire et dans l'enseignement supérieur : c'est pas le même ministère, pas le même personnel, pas les mêmes normes (et pas la même finalité).
Que "l'élite" (mais ça veut dire quoi l'élite ?) au sens des universitaires ne doive pas rester enfermée sur elle-même, je suis bien d'accord, mais c'est la question de la qualité des cours à l'université et celle de la vulgarisation et de la diffusion de la recherche.
Ce n'est en aucun cas les universitaires qui choisissent l'avenir des autres. Ne serait-ce qu'au niveau des concours de recrutement de profs du secondaire (capes et agreg), les universitaires ont du mal à faire entendre leur voix au niveau des décisions. C'est l'administration qui s'en charge (et qui précisément, c'est confus, et je saurais pas dire).
EDIT : comme j'aime pas parler sans sources, j'ai un peu regardé et c'est effectivement pas clair (http://www.scienceshumaines.com/qui-fait-les-programmes-scolaires-en-france_fr_1828.html) : ce sont des "experts" et l'Inspection générale. (en aucun cas l'université)
Cependant, les voix dissonantes, les voix discordantes ne sont pas des ennemis de l'école, ce sont plutôt des cris d'alerte. Il faut entendre ce malaise, il est présent partout. Nous avons un devoir de réflexion et de confrontation à un sujet qui nous concerne tous.
Mais ça on est d'accord. Mais c'est pas la même chose de dire que l'école ne sert à rien que de voir ce qui va pas dedans, parce que comme tu dis, dans "ça sert à rien", y a l'idée d'un truc obsolète à éliminer. Et surtout, pour savoir quoi changer, ne nous trompons pas de cible et ne mélangeons pas tout, c'est surtout ça le sens de mon message ^^
EDIT 2 :
Tout le monde n'est pas destiné à devenir fonctionnaire, il faut donc envisager une diversification des études de la petite enfance à l'Université.
En fait je comprends absolument pas ce que tu veux dire. L'école ne prépare pas à être fonctionnaire :???: La preuve : tout le monde (ou presque) est passé par l'école, mais y a plein plein de gens qui sont pas fonctionnaires :D Et il n'y a pas que le lycée général dans l'école. Et il n'y a pas que l'université dans les formations post-bac (BTS, IUT, écoles de commerce, grandes écoles en sciences, écoles d'ingé, formation professionnelle, etc. etc.). Que les élèves de terminale soient mal renseignés et aillent à la fac dans une section générale par défaut, c'est un problème, mais un problème d'information. Tu n'es pas davantage préparé à aller en lettres classiques qu'en IUT quand tu sors d'un bac L, par exemple (pour rester dans les matières littéraires).
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Admettons que les Lettres modernes soient une toute petite filière innocente, (heum... sais-tu ce qu'est l'Académie française ??) elle va donner malgré tout son avis sur tout, à travers ses recherches, à travers les salariés qu'elle "enverra indirectement" vers l'administration, à travers les "experts" qu'elle va générer, et qui vont donner leurs avis sur les programmes scolaires. Sais-tu que la plupart des décisions qui modifieront fondamentalement les programmes sont issues des recherches d'experts, philosophes, psychologues, etc, directement issus de l'Université française ? On parle d'un jeu d'influences, on parle de contrats passés avec l'Éducation nationale, on parle d'échanges d'opinions, d'avis, de postures. C'est un monde hermétique, homogène. Pourquoi crois-tu que les philosophes, intellectuels, écrivains, sociologues réagissent si fortement à l'apparition des programmes scolaires ? Penses-tu vraiment que leur voix n'est pas entendue ?
Et alors, l'administration de ces ministères, comment se constitue-t-elle selon toi ? Crois-tu qu'ils font appel à des étudiants issus de filières commerciales pour constituer leur ministère de l'Éducation ?
Bon,
Et le mot élite, ça vise à désigner ces penseurs, ces chercheurs, ces hauts fonctionnaires qui travaillent sur les programmes. Ce n'est pas une insulte, mais ça reste un format pré-défini. C'est en opposition au métier de professeur, auquel on dit : "voilà le programme de l'année, on te paye pour ça, suis donc le programme et obéis !"
Encore une fois, ce n'est qu'un détail, mais notre parole d'écrivain a une valeur.
Nous aussi, nous avons le devoir de proposer de nouvelles formes d'échange.
Vas-tu passer toute ta vie à t'auto-censurer ? Ces "pavés" que tu écris, peut-être qu'ils auront une valeur immense demain, que ce sera ta capacité à débattre, à penser l'instant présent qui te permettra de participer à l'école de demain. Tu n'y avais pas pensé ?
Eh, bien ! C'est le bon moment, Milora,
Sache que tes "pavés," certains appellent cela "une étude," "un manifeste," "une recherche," "un travail philosophique" ou même "un engagement."
Nous avons un rôle, nous devons agir en faveur du changement, en faveur de l'ouverture, engagés pour l'école de demain.
Allons-nous fuir nos responsabilités ?
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Euuuh, Alan, j'ai toujours vraiment du mal à savoir si tu es au second degré ou si tu adhères vraiment à ce que tu dis, donc désolée si je te réponds pas sur le bon ton ><
Une petite question : tu fais quoi dans la vie ? (non parce que peut-être que tu as fréquenté des branches professionnelles que je ne connais pas et qui expliqueraient ta vision des choses, je sais pas ?)
Moi j'ai suivi la formation pour être prof dans le secondaire, et là je bosse en université depuis 4 ans comme doctorante, ce qui veut dire que je connais un peu de près l'université (et d'un peu plus loin l'enseignement secondaire, mais j'ai beaucoup d'amis profs).
Et, excuse-moi, mais il y a des trucs faux dans ce que tu dis :/ Je me permets de le relever parce que j'aime pas trop laisser des inexactitudes sans corriger quand elles portent à confusion "idéologiquement" parlant après.
Du coup :
Admettons que les Lettres modernes soient une toute petite filière innocente, (heum... sais-tu ce qu'est l'Académie française ??)
Oui, je sais ce que c'est, et ça n'a rien à voir avec Lettres modernes. Lettres modernes, en gros c'est la suite du "français" à l'école (désolée ernya, je caricature !). On y accède sans sélection, l'enseignement y est dispensé à la discrétion de chaque fac, généralement sous forme de Cours Magistraux doublés de Travaux Dirigés en plus petits groupes, avec un examen, des ECTS (crédits à valider pour avoir ton diplôme à la fin de la licence). Exactement pareil qu'en philo, géo, histoire, lettres classiques, et autres. J'ai suivi des cours de latin de lettres modernes, c'est des filières totalement normales, je t'assure ;)
elle va donner malgré tout son avis sur tout, à travers ses recherches, à travers les salariés qu'elle "enverra indirectement" vers l'administration, à travers les "experts" qu'elle va générer, et qui vont donner leurs avis sur les programmes scolaires.
Par "elle" tu te réfères à la filière Lettres modernes ou à l'Académie française ? :o Si c'est l'académie française, je sais pas trop comment ça marche, mais je le répète, c'est déconnecté des lettres modernes. Si tu te réfères aux "lettres modernes"... t'es sûr que tu fais pas un contresens dans le mot ? On parle bien de la même chose ? Parce que lettres modernes, ça n'a pas de salariés : c'est une discipline à la fac. Elle n'envoie personne directement à l'administration. Y a pas de raison que les "experts" des programmes scolaires viennent de lettres modernes ; je vois mal quelqu'un de lettres modernes fixer le programme de physique-chimie ::)
T'es sûr que tu confonds pas avec une structure comme les ENS (Ecoles Normales Supérieures) ?
Sais-tu que la plupart des décisions qui modifieront fondamentalement les programmes sont issues des recherches d'experts, philosophes, psychologues, etc, directement issus de l'Université française ? On parle d'un jeu d'influences, on parle de contrats passés avec l'Éducation nationale, on parle d'échanges d'opinions, d'avis, de postures. C'est un monde hermétique, homogène. Pourquoi crois-tu que les philosophes, intellectuels, écrivains, sociologues réagissent si fortement à l'apparition des programmes scolaires ? Penses-tu vraiment que leur voix n'est pas entendue ?
Sauf qu'en fait, le monde hermétique de l'université, il est surtout hermétique dans l'université. Y a des tonnes de commissions et de structures obscures au sein de la recherche. Mais c'est pas la même chose que les programmes. Et il me semble que c'est pas vraiment les universitaires qui protestent pour les nouveaux programmes scolaires (généralement, c'est vraiment déconnecté, la seule perméabilité c'est au niveau des concours de recrutement, puisqu'avoir le capes ou l'agreg est de facto une condition pour avoir un poste en université, dans beaucoup de matières - du moins littéraires).
Et alors, l'administration de ces ministères, comment se constitue-t-elle selon toi ? Crois-tu qu'ils font appel à des étudiants issus de filières commerciales pour constituer leur ministère de l'Éducation ?
Tu as entendu parler des IRA ? Les universitaires ne sont pas de "hauts fonctionnaires". Ce sont des concours distincts. Des fonctions distinctes et des modes d'affectation distincts. Le monde des hauts fonctionnaires est vachement opaque - il doit y avoir des passerelles dans les hautes sphères, mais c'est pas "les universitaires" qui dirigent l'administration.
Après, l'université c'est un milieu professionnel assez spécifique, si ça t'intéresse je peux développer, mais je crois que c'est pas trop l'objet. En tout cas, c'est pas en étant Professeur des Universités (PU) en lettres modernes que tu révolutionnes le monde, même en sous-main...
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Je vois où tu veux en venir, et sache que je n'apprécie pas d'être tourné en dérision.
Si tu penses pouvoir me prouver que tous les élèves de l'université deviennent profs, et jamais hauts fonctionnaires ni "experts", c'est la pire dénégation que j'ai jamais vue.
Je peux comprendre que tu sois choquée par mon discours, notamment si tu ne connaissais pas l'envers du décor ; mais ça reste important de pouvoir prendre de la distance avec ce que tu apprends, et ce à quoi ça pourrait te servir. C'est vrai, il y a l'hypocagne pour les grands hommes/les grandes femmes, et les Lettres modernes, soi-disant, c'est pour les futurs professeurs... Mais au-delà de ce micro phénomène qui confirme encore plus la logique élitiste qui anime notre société, je pense qu'il faut faire un geste d'ouverture, aller vers plus de diversité.
Pourquoi parles-tu si ton rôle est de te taire ? Je ne crois pas que ton rôle soit de te taire...
Bien évidemment, tu me montres que tu seras prête à défendre l'école, même s'il faut en mourir, or c'est une bonne chose, c'est un message d'espoir.
Maintenant il ne faut pas que tu t'en prennes à mon message comme s'il n'était qu'un assassinat, je ne me suis attaqué à personne, et je ne compte m'attaquer à personne.
Je défends simplement la parole d'extasy, et de tous ces orphelins de l'école, qu'on oublie si facilement. Ils ont une légitimité dans leur souffrance. Je pose une question, j'affirme mon engagement.
Oui, j'ai conscience que tu es dans le bain, et que tu veux donc parler pour toi ; mais admets donc qu'il y a d'autres discours, qu'il y a d'autres réalités, qu'il faut laisser s'exprimer, et qui ont chacune leur part de vérité.
Si tu penses vraiment que nous laisserons l'école de demain entre les mains de trois hauts fonctionnaires, parce que c'est comme cela que ça doit être, tu te trompes !!
Nous n'avons pas qu'un droit de vote, nous avons également un pouvoir de débattre, et d'espérer un avenir meilleur.
Et j'estime personnellement avoir le droit d'être mécontent de l'Éducation nationale, ou au contraire d'aimer leur action et de les encourager,
J'ai envie d'en parler, j'ai envie de citer mes rêves et mes engagements !!
Mes engagements ne te montrent pas du doigt, alors ne les tourne pas en dérision s'il-te-plaît.
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Yo !
j'ai pas lu les réponses parce que nombreuses et longues :-[ :-[ (oui oui vous pouvez user du smiley vaurien si vous le souhaitez :huhu:) donc je voulais juste répondre au sujet initial.
Comme tu poses la questions pour al primaire, je vais pas expliquer ce que je vois avec mes deux gosses actuellement en maternelle (mais en gros c'est fabuleusement bien (et je pense que ça dépend des écoles/instits/enfants mais là on est tombés sur une école trop géniale :coeur:)), mais je vais juste dire ce dont je me souviens de ma propre primaire :
-clairement, j'étais hyper pas sociable (je le suis toujours de façon assez relative) et je crois que l'école m'a sauvée à ce niveau. ça m'a appris la vie de groupe dans ses aspects positifs et négatifs, ça m'a poussée à aller vers les autres, à les comprendre, à pas rester toute seule. J'ai appris plein de trucs aux récrés de transformer des bâtons en fausses flutes aux comptines en se tapant dans les mains en passant juste par jouer avec d'autres enfants :D.
-sur les apprentissages (j'ai l'impression que c'est plus ça dont tu parles) j'ai souvenir d'avoir appris des tooooonnes de choses que je n'aurais clairement pas appris chez moi faute d'idées de mes parents ou de matériel. Je pense pas tant à lire écrire compter (puisque ça mes parents m'avaient déjà pas mal montré) mais plutôt aux autres matières (bio, histoire géo, règles d'ortho et grammaires ou maths + complexes que juste compter, etc etc). J'ai des souvenirs géniaux de classe verte (fabrication de pain, visite de bergerie, cardage de laine chansons aux veillées du soirs...), de sortie à la rivière pour observer l'écosystème. Je repense au sport où on touchait un peu à tout (athlé, gym, handball, hockey, piscine...) Les courses d'orientation en rencontres avec d'autres villages :coeur: :coeur: :coeur: Les carnavals où on bricolait les déguisements :coeur: :coeur: :coeur: Tous les bricolages d'ailleurs, qui font que je refais des trucs aujourd'hui avec mes gamins ^^
On avait pas de bibliothèque mais la découverte du CDI au collège (et de pleins d'autres trucs, j'ai détesté le collège pour l'ambiance ados qui se regardent de travers, mais les possibilités scolaires étaient trop cools (la prog informatique en techno !!! et les émissions radios en cours de musique !!! :D))
Bon, ce sont des souvenirs un peu lointains, et je pense qu'il y aurait des choses à améliorer dans le système scolaire, mais l'école en soi est un truc que je trouve génial. En particulier la maternelle qui est à fond ludique et sensorielle. Donc pour moi ça ne sert absolument PAS à rien ! Par contre si tu me dis "on pourrait améliorer des choses, favoriser l'intéraction encore +, mettre une seuil de nombre d'élève max bien plus bas, booster encore + les projets d'écoles et sorties (ça c'est très variable selon les écoles)"... enfin clairement on peut faire mieux, mais l'école primaire n'est pas du tout un truc inutile à mon sens :o :o
voili voilou !
Milla
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Tu sais Milora, quand je participe à une discussion, j'espère secrètement que tu y prendras part toi aussi, parce que tu as ce don mystérieux d'arriver à me faire comprendre ce que d'autres (les pauvres) essaient de m'expliquer sans succès pendant des heures. Dire que l'école ça sert à rien... Faut être un peu con quand même :mrgreen:
Nan, je n'irai pas jusqu'à prendre sa défense c'est vrai, mais c'est bon maintenant, je vois à quel point c'était puéril de ma part de présenter les choses sous cet angle.
Je ne suis pas satisfait, personnellement, de l'Education ; j'aime pas l'école, les cours inutiles (en surface hein, j'ai retenu la... leçon :mrgreen: (pardon pardon :huhu:) ), les notes, le par-coeur, la subjectivité parfois scandaleuse du professeur, ton avenir qui se joue sur quelques exercices, etc. Mais clairement, j'y suis allé trop fort et en y repensant à tête reposée, ben je vois bien que ce que j'ai dit plus haut est une grosse énormité ><
Don Alan, je suis d'accord avec ce que tu disais au début, le malaise et l'uniformité que je trouves tout de même indéniables, mais là le débat prend une toute autre tournure et j'ai prouvé que je n'étais pas spécialement le plus qualifié dans ce domaine :mrgreen:
Et merci ernya pour les éclaircissements en rapport à l'administration, j'en avais pas la moindre idée.
Mission ne pas faire un pavé : échec critique
:D :D :D
Edit pour Milla : ben dis-donc elle a l'air géniale ton école :coeur:
transformer des bâtons en fausses flutes aux comptines
:D :D
Nan mais j'avais tort de dire que c'est complètement inutile, ça ne fait plus aucun doute. Mais c'est cool, on a eu un petit débat très intéressant grâce à ça.
J'ai des souvenirs géniaux de classe verte (fabrication de pain, visite de bergerie, cardage de laine chansons aux veillées du soirs...), de sortie à la rivière pour observer l'écosystème.
Si j'avais eu ça, moi :coeur: il n'y aurait pas eu ce coup de gueule ><
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Je vois où tu veux en venir, et sache que je n'apprécie pas d'être tourné en dérision.
Oh, désolée si c'est ton sentiment, je n'ai jamais voulu te tourner en dérision. L'écrit laisse parfois des impressions qui ne sont pas l'intention de l'auteur du post.
Si tu penses pouvoir me prouver que tous les élèves de l'université deviennent profs, et jamais hauts fonctionnaires ni "experts", c'est la pire dénégation que j'ai jamais vue.
Euh, j'ai jamais dit ça, mais par contre je crois que je vais arrêter de répondre sur ce point parce que j'ai déjà dit ce que j'avais à dire dans mon post d'avant et que ça va finir en hors sujet...
. C'est vrai, il y a l'hypocagne pour les grands hommes/les grandes femmes, et les Lettres modernes, soi-disant, c'est pour les futurs professeurs... Mais au-delà de ce micro phénomène qui confirme encore plus la logique élitiste qui anime notre société, je pense qu'il faut faire un geste d'ouverture, aller vers plus de diversité.
Tu sais, on est très très nombreux sur ce forum à avoir fait hypokhâgne et khâgne (l'hypokhâgne n'est que la première année de classes préparatoires littéraires, qui comporte deux ans). Je pense pas qu'on soit de futurs grands hommes (enfin on sait jamais, pour certains... Zach présidente !).
Lettres modernes, j'aimerais bien que tu me donnes un lien pour m'expliquer ce que tu appelles comme ça, parce que si ça se trouve c'est juste une question de vocabulaire :)
Je peux comprendre que tu sois choquée par mon discours, notamment si tu ne connaissais pas l'envers du décor
Hm, justement, pour la fac, je connais l'envers du décor. moins pour la haute administration, mais assez pour voir que c'est pas le même envers du même décor ^^ (quand je dis que je bosse à la fac, je veux pas dire que j'y suis des cours : j'y travaille, professionnellement).
Et, euh :
Pourquoi parles-tu si ton rôle est de te taire ? Je ne crois pas que ton rôle soit de te taire...
Bien évidemment, tu me montres que tu seras prête à défendre l'école, même s'il faut en mourir, or c'est une bonne chose, c'est un message d'espoir.
Je vois pas pourquoi mon rôle serait de me taire, et je suis absolument pas prête à mourir pour l'école (ni même pour une révolution, je crois :-¬? ), et l'école actuelle a plein de choses qui vont pas et j'ai beau bosser à la fac, j'aime pas la fac. Et pour en finir avec la note perso, je me suis pas sentir agressée par tes posts, et désolée si toi tu t'es senti agressé par les miens ! ;)
Tu sais Milora, quand je participe à une discussion, j'espère secrètement que tu y prendras part toi aussi, parce que tu as ce don mystérieux d'arriver à me faire comprendre ce que d'autres (les pauvres) essaient de m'expliquer sans succès pendant des heures. Dire que l'école ça sert à rien... Faut être un peu con quand même :mrgreen:
Nan, je n'irai pas jusqu'à prendre sa défense c'est vrai, mais c'est bon maintenant, je vois à quel point c'était puéril de ma part de présenter les choses sous cet angle.
Je ne suis pas satisfait, personnellement, de l'Education ; j'aime pas l'école, les cours inutiles (en surface hein, j'ai retenu la... leçon :mrgreen: (pardon pardon :huhu:) ), les notes, le par-coeur, la subjectivité parfois scandaleuse du professeur, ton avenir qui se joue sur quelques exercices, etc. Mais clairement, j'y suis allé trop fort et en y repensant à tête reposée, ben je vois bien que ce que j'ai dit plus haut est une grosse énormité ><
Lol :D Maiiis, euuuh :P C'est pas gentil de se moquer :P
Non mais je peux comprendre qu'on n'aime pas l'école, et je voudrais pas donner l'impression de dire "l'école c'est trop bien !". Perso, par exemple j'aime pas du tout la fac (même si bon, après, je sais qu'y a des gens qui y ont trouvé leur compte et que toutes les facs sont pas comme celle que j'ai connues). Et je suis d'accord sur le fait que les notes, le rapport au prof, et SURTOUT, comme tu dis, le fait que ton avenir se joue sur quelques exercices, c'est loin d'être la meilleure formule possible :/
Milla, il est plein d'enthousiasme ton message, ça fait plaisir à lire !
Bon, ce sont des souvenirs un peu lointains, et je pense qu'il y aurait des choses à améliorer dans le système scolaire, mais l'école en soi est un truc que je trouve génial. En particulier la maternelle qui est à fond ludique et sensorielle. Donc pour moi ça ne sert absolument PAS à rien ! Par contre si tu me dis "on pourrait améliorer des choses, favoriser l'intéraction encore +, mettre une seuil de nombre d'élève max bien plus bas, booster encore + les projets d'écoles et sorties (ça c'est très variable selon les écoles)"... enfin clairement on peut faire mieux, mais l'école primaire n'est pas du tout un truc inutile à mon sens :o :o
Ouiii, c'est exactement ça que je voulais dire ! :)
D'ailleurs, personnellement, les années scolaires que j'ai préférées, c'est mes années de primaire : j'étais dans une classe unique en haute montagne, on faisait des trucs trop bien. On était parmi les premières écoles informatisées, on tenait un journal qu'on allait vendre dans le village (je me prenais pour Lois Lane :D C'est de là que sont venues beaucoup de mes passions et centres d'intérêt), y avait le rallye lecture des 5 écoles de la vallée, on avait fait une année de classe-cirque en CM1, y avait les sorties ski, les sorties à la montagne, on avait édité un guide touristique du département à partir de notre voyage scolaire (j'ai vu l'été dernier qu'il était encore distribué à la mairie du village, mdr), c'était juste génial. Et puis le fait d'être en classe unique, de pouvoir écouter la leçon des grands CM2 quand t'es en CE1 et que t'as fini tes exos en avance, de te sentir "grand" et responsable des petits maternels dans la cours pour les protéger, de jouer avec des gens d'âges différents, d'apprendre à travailler dans le bruit sans se déconcentrer et de se débrouiller tout seul quand la maîtresse est avec les autres niveaux... Toutes les écoles primaires devraient être comme ça :coeur: (D'ailleurs s'il existait une spécialisation du métier d'instit vers les classes uniques de ce genre, c'est ça que j'aurais fait comme métier !)
Euh, mais là je m'éloigne du sujet : c'est vrai que c'est des expériences un peu à part et pas forcément représentatives de l'ensemble du système de "l'école"...
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D'accord Milora, content d'avoir ton point de vue sur la fac.
Merci extasy, je pense que tu parles pour d'autres grâce à tes propres mots, et la parole est essentielle.
Sachez que l'école est une belle chose, que l'école française ne sera jamais entre les mains des plus forts, mais entre les mains des français, de tous les français.
C'est son identité unique, celle de la démocratie.
À chacun, donc, de faire part de ses envies, de ses désirs, et de construire l'école telle qu'il la veut.
Le reste est un mensonge.
En France, les services publiques sont entre les mains de tous les citoyens, c'est ainsi.
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alors j'ai bien fait de ne pas y aller...
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J'ai lu seulement les coms postés avant le pavé de Milora. Je pense aussi que l'école était indispensable jusqu'ici : catalyseur de socialisation, formatage civique (dans le bon sens du terme), structuration de l'esprit, package de connaissances, toussa. L'autodidacte qui suivait les cours par correspondance et qui squattait les bibliothèques, c'était le parent pauvre du système éducatif qui n'avait pas accès à l'enseignement national.
Mais aujourd'hui, m'est avis que le World Wide Web a quelque peu changé la donne. L'étudiant qui tente de grappiller quelques miettes d’interactivité pédagogique dans un amphi de 300 personnes fait juste pitié comparé au cyberdidacte qui a tous les cours, les tutos, les wikisources et la whole big data à portée de clic.
Et dans un futur imminent, piquez-moi si je délire, grâce aux sciences cognitives et aux biotechnologies, on apprendra une langue vivante juste en implémentant une carte neuronale. Quel besoin d'aller à l'école avec ça ?
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Disons que tu n'apprends pas seulement à lire/écrire/compter et tout ^^
Pour moi ce qui est important, c'est aussi le contact humain, apprendre la vie en société et grandir comme ça :)
Donc pour moi l'important n'est pas uniquement la connaissance :)
Il y a aussi ça ; et le plaisir d'apprendre, tu as les difficultés qui viennent, tu apprends à te connaître et tu apprends aussi le vie un peu :)
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lorsque google ou autre sera greffé sur le cerveau l'école sera un lointain passé, et on en sera débarrassé de cette perte de temps qui explose l'imaginaire
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sérieux, les gens, venez dans des écoles et collèges zep et rep... l'école, c'est peut-être le rare endroit où l'on leur apprend à vivre ensemble sans s'insulter et se frapper, où l'on leur donne une autre vision des choses.
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Salut !
Je dois avouer que je n'ai pas tout lu, donc désolé s'il y a doublon.
Pour moi l'école a apporte tout plein de choses, qu'elles soient négatives ou positives. Déjà du point de vu social. Comme déjà dis, il s'agit de la première interaction qu'on a avec une forme de société. On y rencontre des gens supers, des cons, qu'ils soient profs ou élèves, comme partout, quoi.
Au niveau de l'apprentissage, c'est vrai qu'il n'est pas adapté à tous, et qu'il vise, selon moi, une moyenne intéressée par le savoir, mais pas trop. Du coup, c'est vrai que si on vient pour vraiment apprendre, on se fait rapidement chier. C'est là que les profs interviennent. Certains sont géniaux et te feraient passer la dissection d'une marguerite pour un cours sur la relativité restreinte. Et d'autre, bin... pour ce que c'est. Donc oui, le gros problème de l'école c'est que l'apprentissage n'est pas adapté au cas par cas. Mais bon, il ne faut pas être hypocrite, c'est très dur, voire impossible. Il faudrait, comme l'a dit ernya des classes plus petites, plus de prof (et du coup de plus grandes infrastructures, ou, en tout cas de plus nombreuses.).
Ce qui est vraiment dommage, c'est que des voies alternatives comme les voies pro ou technologiques aient une si mauvaise image auprès des élèves... (après je ne sais pas de quoi il en retourne vraiment :-[). La suprématie de la voie dite "Royale" est dommage également (bon je dis ça, mais je suis en S :-[) et c'est bien que des profs préviennent les élèves qu'elle ne l'est pas si l'on aime pas les sciences (mais bon, les élèves sont quand même très têtus ><).
lorsque google ou autre sera greffé sur le cerveau l'école sera un lointain passé, et on en sera débarrassé de cette perte de temps qui explose l'imaginaire
Cette "perte du temps" n'explose pas l'imaginaire. Je pense sincerement qu'elle le développe. Y a qu'à voir la maternelle et la primaire.
Donc voilà, l'école, pour ma part, ne m'a pas apporté que savoir compter et lire. On y a apprend pas mal d'autre choses, plus ou moins utile c'est vrai, mais je pense que c'est avant tout un tremplin pour les études supérieurs. Sans ce savoir de base qu'est celui du lycée, comment en apprendre plus ?
Voilà mon humble avis :-[
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c'est important d'apprendre à s'écraser à ce que tout le monde dise amen
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oh oh !!
Attention, l'école n'est pas immobile, figée dans du marbre.
C'est un organe vivant, avec des acteurs d'aujourd'hui, qu'il faut alimenter, transformer et enrichir.
Les critiques qui peuvent être faites à l'égard de l'école ne sont pas forcément illégitimes, simplement il ne faudrait pas non-plus enlever l'école à ceux à qui elle a apporté le plus.
Oui, il y a une problématique de "l'obéissance" à l'école, qui fait que c'est parfois devenu un lieu d'exclusion et de discrimination plutôt qu'un lieu d'expression et d'égalité.
Pour autant, l'école d'hier n'est pas l'école de demain !!
Croire que les choses ne changeront pas, c'est ignorer la plus grave des réalités : nous avons un devoir de questionner, d'expérimenter, de douter...
On peut aussi donner des leçons sans avoir à demander aux élèves de s'écraser et de dire "amen."
Notre étique et notre relation à l'école peut changer si nous avançons, pas si nous détruisons tout.
Et les enfants des zep et des rep qui ont pu s'en sortir et s'émanciper grâce à l'école, on leur enlève ce droit parce qu'il ne nous plairait plus ?
Non, je crois en notre capacité de revoir notre copie, de revoir nos certitudes, et d'espérer un meilleur avenir.
Ne pouvons-nous pas trouver un équilibre ? Chercher les meilleurs moyens de transformer l'école en quelque chose de mieux, sans raser les murs et oublier que nous sommes humains ? que nous avons besoin d'échange et de lieux de rencontre ?
J'espère que l'on pourra également donner plus de moyens aux professeurs, pour que les perspectives s'améliorent pour eux. Il y a un sujet évident, mais il est difficile de se positionner sur les réponses à apporter.
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J'aime à croire que l'école ne nous formate pas, comme tu semble vouloir le dire. Elle nous permet au contraire d'avoir un oeil critique. Les prof sont plus ou moins d'accord avec le système, et candidement, je pense qu'ils ne le communiquent pas aux élèves. Alors l'école ne nous écrase pas.
Si tu n'est pas assez malin pour éviter certains pièges, c'est ton problème ><