Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Marygold le 02 Septembre 2015 à 20:09:29

Titre: [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 02 Septembre 2015 à 20:09:29
Vers le vide

Tu ne sais plus bien quand tout ça a commencé. Leurs regards, leurs questions ; quand ils ont commencé à faire pression sur votre vie, à toi et à lui. Peut-être pas dès votre rencontre, votre premier baiser, mais pas loin. Tu les as entendus, il faut les comprendre : tu avais pris un peu de retard avec tes hésitations, ton indécision et - soyons francs - tes quelques égarements ; les printemps sont passés, les vertes années et le teint de rose. Alors pour eux, quand assagie tu t'es posée, l'attente a débuté.

Dira ?

D’abord, ça n’a eu l’air de rien. Une attention plus prononcée pour votre quotidien, des questions lancées avec l’innocence de la bienveillance, un brin de cajoleries, un soupçon d’étonnement feint, même une pincée de délicatesse parfois. Avec plus ou moins d'élégance, ils tentent de deviner vos intentions. Veulent, veulent pas ? Inutile de vous taire, coquetterie vaine des jeunes couples. Si tu en as envie, on ne comprend pas pourquoi tu traînes.

Tu hésites, encore. Tu te sens bête et têtue, car tu comprends l'argument. Mais tu ne vois pas en quoi ça regarde quelqu'un d’autre que toi, et lui. Et puis ce n’est pas si facile à décider. Tu n’es pas vraiment sûre, il se dit prêt. Tu te sens prête, il n’est plus sûr.

Dira pas.

C’est l’été, les longues après-midi de plage et les regards lourds sur ton ventre plat. Tu l’exhibes, tu t’en fous, mais c’est pesant quand même tous ces yeux sur ta peau. Est-ce bien toi qu’ils regardent ou ton corps déjà devenu autre pour eux ? Que chacun regarde son nombril, tu supplies. C’est égoïste, c’est sûr, mais au moins te quitterait l’impulsion de prendre ta serviette pour l’enrouler autour de toi. Ce ne sera pas du plus bel effet, comme bronzage.

Ça fatigue, ces remarques de moins en moins subtiles. Ça irrite, ces silences toujours plus lourds d’incompréhension et de consternation. Tes barrières s’effritent et l’incertitude gagne du terrain. Peut-être qu’ils te lâcheraient un peu si tu leur expliquais. Que, ça y est, vous êtes sûrs, mais qu’il faut un peu de temps, on dirait, pour mettre tout en marche.

Dira ?

Où que tu ailles, tu as l’impression de ne plus voir que ça. Des ventres distendus qu’on lorgne, des airs béats, d’immenses sourires devant des corps minuscules. Aussi, des mines mâchées, visages fripés, mais on n’a pas le droit de dire fatigué ou crevé ; épanoui, c’est le seul terme consacré. Toi tu t’en fiches pas mal de l’épanouissement, tu as juste une envie, quelque part, au fond du bide. Une envie de plein.

Ça serre le cœur, ça fait pleurer de l’intérieur. En silence. Tu te sens seule et trop entourée pourtant. Tu es à contretemps, tu n’es plus dans la norme. Lui essaie d’ajuster son pas, il fait valser des pensées rassurantes. Il dit qu’il est là, il dit même que c’est de sa faute. Réfugiée dans son giron, tu refuses l’aide qu’on t’apporte sur un plateau de seringues stériles. Ça viendra de toi, de lui, c’est une chose qui se fait à deux. Ou qui ne se fait pas.

Dira pas.

C’est novembre et la piqûre du froid qui s’installe n’a aucune prise sur toi. Tu rayonnes tellement de l’intérieur, on dirait que tu te réchauffes toute seule. Les joues rouges, le regard brillant, l’esprit enjoué ; ta mère commence même à croire que tu t’es mise à boire. Comme une ardoise sur laquelle tu as passé l’éponge, ils se découvrent à toi bienveillants, souriants. Oubliés les pressions, les questions, les regards, les remarques et l’incompréhension.

Tu comprends maintenant. Et tu comptes et recomptes. Ton esprit qui s’est toujours montré hostile au calcul mental n’en peut plus de cette gymnastique cyclique. Bientôt trois mois ; treize semaines ; trois fois trente jours. Tant pis pour les heures, mais chaque seconde est un moment de grâce.

Dira.

Un matin comme les autres. Mais tu ne l’oublieras jamais, comme ce qui a suivi. Ces griffes qui te lacèrent de l’intérieur. Le ventre qui brûle. La douleur perçante qui assiège tes entrailles. Cette sensation odieuse de quelque chose qu’il faudrait sortir, expulser. Et soudain entre tes jambes, ce fluide qui s’écoule et qui ne devrait pas. La panique explose. Aucun conseil n’est meilleur que l’autre, aucune suggestion, aucune hypothèse. Rien de sûr, donc rien. Tu serres les cuisses, tu gémis doucement dans le lit, la tête dodelinant de droite et de gauche tu récites des prières à des divinités nourricières et ô combien cruelles. La douleur surpasse la peur, ou est-ce l’inverse ?

On se prononce. C’est dit. Plus de doute, ni d’espoir. Recroquevillée au milieu des draps avec seulement la douleur, cruelle compagne qui dévore tes chairs fiévreuses, tu fixes ton ventre, les plis de gras, le creux du nombril. C’est assourdissant, cette douleur dans ton corps, dans ta tête, dans ton cœur ; tous tes sens engourdis, assommés. Un obus de silence. Tu penses à ces visages, ces regards qui sans cesse t’interrogent, leur attente impatiente. Tu penses que c’est fini, qu’il ne restera rien. Tu penses « pas même un souvenir », parce qu’ils n’auront jamais su. Tu penses… Tu n’y penses plus, parce que c’est comme des parpaings de chagrin qui s’amoncellent. Même l’idée d’essayer de nouveau fracasse ton cœur en morceaux.

Dira pas.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Rémi le 03 Septembre 2015 à 14:07:46
Bonjour,

Citer
Mais tu ne vois pas en quoi ça regarde quelque d’autre que toi, et lui.
quelqu'un ?

(jusque là je ne comprends pas trop de quoi on parle, mystérieux ou confus, je ne sais pas encore)

Citer
ce sera de leur faute si tu rentres chez toi couleur Oreo.
pas compris

Citer
Peut-être qu’ils te lâcheraient un peu si tu leur expliquais. Que, ça y est, vous êtes sûrs, mais qu’il faut un peu de temps, on dirait, pour mettre tout en marche.
les "que" de la deuxième phrase se rattachent au "peut-être" ? (mais tu dis "vous êtes sûrs")

(bon, je viens de capter le sens du texte... mais les "regards lourds sur le ventre plat", est-ce réaliste ? idem pour "ventres distendus qu’on lorgne amoureusement,")

C'est un texte très dur, le thème est dramatique. Difficile de dire que cela ne fonctionne pas, ce genre de drame ne peut laisser indifférent.
Mais d'un pur point de vue du texte, je suis resté assez extérieur. Le "dira ? / dira pas" lancinant est un bonne idée, par contre, le fait que le mystère se dévoile peu à peu pour le lecteur, je trouve que le procédé ne fonctionne pas bien dans ce contexte (les deux premiers paragraphes sont assez flous, peut-être trop). C'est subjectif bien sûr, d'autres réagiront sûrement autrement.

Et puis, le regard extérieur, comme si on racontait l'histoire au personnage principal, ce "tu" que tu utilises : il peut faire en sorte que le lecteur s'identifie au perso, pour moi cela n'a pas marché, je suis resté dehors. La narration aussi se fait sans vrai personnage palpable, sans interactions vivante, tu racontes les choses.

Sinon, l'écriture mérite un peu de peaufinage, mais le texte se tient bien, phrases courtes, assez visuel.

Rémi
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: maanilee le 03 Septembre 2015 à 14:28:10
Salut ,

Tout d'abord : le terme Oréo contraste avec le reste du texte j'ai pas trop accroché.
Pour le reste j'ai eu bcp de mal à rentrer dans le texte, c'était très flou et j'ai mis un moment à comprendre le réel sujet,
Le thème est forcément dur et poignant, mais je trouve que c'est uniquement cela qui porte ton texte,
ton perso principal meriterait une plus grande place, que l'on s'y attache plus.

Bon courage !

Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: algache le 03 Septembre 2015 à 20:12:23
Salut Mout,

Contrairement à Rémi et maanilee, j'ai bien aimé ton texte. Il est en adéquation avec le thème de l'AT, la longueur est bonne, le rythme imprimé par les Dira, Dira pas? convient et il se dégage du récit une douleur sincère qui m'a touché. Je ne sais pas si c'est le genre de texte dans lequel le lecteur est sensé "rentrer"; peut-être plutôt un texte dans lequel on se sent émotionnellement impliqué ou pas. Pour moi, cela a marché.

Bien sûr, le thème a déjà largement été exploité sous plein de formes, mais ce n'est pas une raison pour ne pas en faire sa propre  interprétation.

Sur la forme, certaines tournures de phrases sont parfois un peu lourdes et m'ont forcé à les relire pour les comprendre, ce qui n'est pas idéal, mais ça peut s'améliorer. Le mélange des pronoms "tu", "vous" et "on" dans certains paragraphes nuit à la fluidité.

Enfin, j'ai quand même un point commun avec Rémi et maanilee: la métaphore de l'Oréo ne colle pas avec le reste du texte! :)
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 03 Septembre 2015 à 23:32:26
Bonjour !

Merci pour vos retours   :)

J'ai supprimé le passage Oreo qui me faisait aussi douter au moment de la relecture, donc vous me confortez dans l'idée que j'aurais dû me passer de la métaphore foireuse. Et je bosse sur la V2 suite à vos remarques.

RémiDeLille
Citer
Citer
Peut-être qu’ils te lâcheraient un peu si tu leur expliquais. Que, ça y est, vous êtes sûrs, mais qu’il faut un peu de temps, on dirait, pour mettre tout en marche.

les "que" de la deuxième phrase se rattachent au "peut-être" ? (mais tu dis "vous êtes sûrs")
Oui, c'est ça. Le "vous" c'est la femme et l'homme. Mais je comprends que ça puisse être difficile cette succession de tu/ils/vous (comme le dit algache).
Je vais essayer d'améliorer la compréhension là-dessus.

Citer
les "regards lourds sur le ventre plat", est-ce réaliste ?
il me semble, mais là-dessus les perceptions peuvent être diverses, j'imagine.

Citer
par contre, le fait que le mystère se dévoile peu à peu pour le lecteur, je trouve que le procédé ne fonctionne pas bien dans ce contexte (les deux premiers paragraphes sont assez flous, peut-être trop).
Ok, je vais peut-être être plus explicite dès le début.

Pour le "tu", je ne vais pas le changer, c'était malheureusement mon défi pour ce texte  :-[ Mais j'ai bien entendu ta remarque :)

Maanilee
Citer
ton perso principal meriterait une plus grande place, que l'on s'y attache plus.
Merci pour la suggestion, j'en tiendrai compte dans la V2.

Algache
Je me doutais bien que ce texte n'allait pas plaire à tout le monde, mais ça rassure un peu d'avoir un commentaire plus positif ^^ Merci pour ton passage !
J'ai bien noté les problèmes de l'alternace du tu/vous/ils, je vais essayer d'y remédier. Et fluidifier l'ensemble.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Kanimp le 04 Septembre 2015 à 10:29:12
Il fait partie de ces textes dans lesquels je ne parvins pas à entrer.

Dans l’impossibilité de commenter quoi que ce soit, le texte et moi sommes sur une autre planète.

Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: extasy le 06 Septembre 2015 à 02:44:08
Salut  :)

Alors je suis globalement du même avis qu'algache, notamment lorsqu'il parle de douleur sincère dans le texte. Je ne sais pas trop si j'ai aimé ou pas, mais j'ai été indéniablement touché. Dira ?/Dira pas  je trouve aussi que c'est une bonne idée. D'ailleurs j'ai même été sensible (je ne sais pas si c'est fait exprès mais ça a marché sur moi) au dernier dira qui est affirmatif et pas interrogatif. En plus ça rend le dernier Dira pas encore plus douloureux.
J'ai été plus sensible vers la fin que vers le début. Je trouve le début flou et assez déroutant. Mais plus on avance plus l'émotion se fait intense, enfin pour moi en tout cas. 
Alors je ne sais pas pourquoi, je devrais pouvoir dire sans ambiguïté que j'aime, parce que tout semble ok, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même quelque chose qui manque, mais je sais pas quoi  :/
C'est un texte qui m'a touché, la gravité du ton semble presque palpable, et pourtant je n'en garderai pas un grand souvenir avec le temps. Ce n'est pas un texte qui me marquera réellement. Je ne comprends pas pourquoi. Peut-être pour les raisons exposées par mes camarades. Je ne sais pas !
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Siegrid le 06 Septembre 2015 à 17:17:46
Moi, j'y rentre dans le personnage.
L'influence de l'entourage, la pression de tous ces regards, ces réflexions, ces remarques....tout est très bien et très élégamment exprimé.
L'attente, la joie, la déception : autant d'émotions que tu as su retranscrire avec autant de poésie que de réalité.
Bravo ! :-*.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 08 Septembre 2015 à 16:58:09
Bonjour !

Merci pour vos commentaires ! Je réponds individuellement :

Kanimp
Désolée que tu te sentes si éloigné du texte :(

extasy
Citer
Dira ?/Dira pas  je trouve aussi que c'est une bonne idée. D'ailleurs j'ai même été sensible (je ne sais pas si c'est fait exprès mais ça a marché sur moi) au dernier dira qui est affirmatif et pas interrogatif. En plus ça rend le dernier Dira pas encore plus douloureux.
Ah, merci pour cette remarque. Je me demandais si ce léger changement de ponctuation passerait inaperçu ou pas ! ça fait partie de ces choses que j'aime bien mais qui sont un peu trop discrètes parfois.  :-[ Bref, je suis contente que tu l’aies remarqué et que l’effet ait fonctionné !

Citer
Je trouve le début flou et assez déroutant. Mais plus on avance plus l'émotion se fait intense, enfin pour moi en tout cas.
J’ai essayé de remanier le début, en prenant en compte les remarques des précédents commentateurs, et notamment pour rendre plus clair les tu/vous/ils. Je poste la nouvelle version, mais je ne sais pas si cela te semblera moins flou. Je laisserai la 1e en spoiler au cas où.

Merci de ton avis détaillé en tout cas !

Siegrid
Merci pour ta lecture et ton commentaire, ça me fait grand plaisir  :)


Je poste une nouvelle version du texte. J'ai surtout remanié les premiers paragraphes pour essayer de supprimer un peu du "flou" qui entoure le texte. J'espère que ça passe mieux ?
J'aime pas trop "faire pression sur" mais ça fait deux jours que je cherche quelque chose de plus poétique et rien ne vient !

Merci encore pour tous vos retours !
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Kailiana le 17 Septembre 2015 à 19:59:06
J'arrive à la fin sans être sûre d'avoir compris  :-[ je me disais depuis le début qu'elle était enceinte (ou voulait l'être), puis vers la fin peut-être pas finalement, puis... je sais pas. Du coup je ne comprends pas le texte, et je ne vois pas du tout où il mène. Dès le début, je suis restée très extérieure, parce que je n'étais pas certaine de ce dont ça parlait, j'attendais l'explication, mais je ne l'ai jamais eue...
J'ai l'impression d'être complètement passée à côté du texte en fait  :-[

edit : en fait je réfléchissais un peu plus à pourquoi j'étais pas certaine d'avoir compris, et pourquoi je suis passée à côté du texte, et en fait je pense que c'est parce que je n'ai pas trouvé l'enchainement des situations naturel dans cette situation, et que, à plusieurs reprises, il y a des petits détails que je trouve pas naturels non plus. C'est très subtil, c'est pour ça que j'ai eu beaucoup de mal à faire un commentaire, mais comme c'est un texte très intime, sur un sujet sensible, il suffit de ces petits trucs pour que non, je rentre pas dans le texte.
Par exemple
Citer
C’est l’été, les longues après-midi de plage et les regards lourds sur ton ventre plat. Tu l’exhibes, tu t’en fous, mais c’est pesant quand même tous ces yeux sur ta peau. Est-ce bien toi qu’ils regardent ou ton corps déjà devenu autre pour eux ?
ici j'ai pas eu l'impression que c'était pour savoir si elle était enceinte, ni même pour l'accuser de ne pas l'être, mais plutôt le regard de mecs qui regardent une jolie fille, parce que bon sang que ça peut être lourd
Citer
Ça irrite, ces silences toujours plus lourds d’incompréhension et de consternation.
ici "consternation" est très fort, du coup je ne comprenais pas pourquoi
Citer
Des ventres distendus qu’on lorgne curieusement,
pourquoi "curieusement" ? ça me parait pas adapté, on ne regarde pas avec curiosité qq'un enceinte
Citer
Les joues rouges, le regard brillant, l’esprit enjoué ; ta mère commence même à croire que tu t’es mise à boire. Comme une ardoise sur laquelle tu as passé l’éponge, ils se découvrent à toi bienveillants, souriants.
la mère pense qu'elle boit (du coup c'est plutôt négatif) et ensuite non les autres sont bienveillants (donc finalement ils pensent qu'elle est enceinte)
Citer
tu fixes ton ventre, les plis de gras, le creux du nombril.
et là je me suis dis qu'en fait elle était juste grosse et pas enceinte, mais j'ai trouvé ça bizarre car avant elle avait le ventre plat

Bref du coup, oui j'ai bien deviné ce dont il s'agissait, mais il y a trop de petits trucs qui ont fait que non, je n'y croyais pas.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: gage le 19 Septembre 2015 à 11:41:03
Bonjour Mout !!

j'ai beaucoup aimé ton texte.

Le fait de tutoyer le personnage pour exprimer ce qu'il ressent est un procédé intime qui me plaît beaucoup. Il me fait penser à Nathalie Sarraute, reine de l'introspection.
Et ton texte est tout en cette introspection détaillée et en analyse des riens ressentis ou observés qui font la vie.

J'y ai retrouvé aussi ce qui fait le fond chez Sarraute : le regard des autres et les ondes que cela déplace en nous.

Et quel désarroi, quelle tristesse que cette immense solitude.

C'est d'ailleurs un peu troublant dans ton texte : ton personnage ne devrait pas être si seul : un drame intime comme tu le décris se vit quand même à deux, et ça on ne le ressens pas dans ton récit. Où est le papa ?

Je reste aussi un peu partagé (mais apparemment il fonctionne sur d'autres) sur ton "dira-dira pas" que je trouve un peu léger, dans le sens  presque "blagueur", par rapport au reste qui décrit si bien une catastrophe de l'intime.
(Même si je comprends qu'il faut y voir : chut ou pas chut...)

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui !!
Bonne chance petit Mout !
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Kath le 20 Septembre 2015 à 18:38:55
Je suis très mitigée sur ce texte, je ne sais pas trop quoi en penser, car je sens bien l'intention, mais je n'y entre pas, ça n'accroche pas, mon regard glisse sur le texte mais sans rien réveiller. Désolée.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 21 Septembre 2015 à 13:56:36
Bonjour !

Kailiana
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J'arrive à la fin sans être sûre d'avoir compris  je me disais depuis le début qu'elle était enceinte (ou voulait l'être), puis vers la fin peut-être pas finalement, puis... je sais pas.
Si c’est bien ce que tu as compris. C’est une femme qui veut suivre son propre rythme mais qui doit faire avec le poids de son entourage et leur regard, qui pense qu’elle peut décider de où et quand et qui se prend la réalité en pleine figure (ce n’est pas si simple de tomber enceinte pour certaines, et surtout il peut toujours arriver des drames).
Citer
edit : en fait je réfléchissais un peu plus à pourquoi j'étais pas certaine d'avoir compris, et pourquoi je suis passée à côté du texte, et en fait je pense que c'est parce que je n'ai pas trouvé l'enchainement des situations naturel dans cette situation, et que, à plusieurs reprises, il y a des petits détails que je trouve pas naturels non plus.
A lire la suite de ton commentaire, je pense que c’est dû à un ou deux contresens qui, effectivement, t’ont empêchée de comprendre l’enchaînement des situations.
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C’est l’été, les longues après-midi de plage et les regards lourds sur ton ventre plat. Tu l’exhibes, tu t’en fous, mais c’est pesant quand même tous ces yeux sur ta peau. Est-ce bien toi qu’ils regardent ou ton corps déjà devenu autre pour eux ?
ici j'ai pas eu l'impression que c'était pour savoir si elle était enceinte, ni même pour l'accuser de ne pas l'être, mais plutôt le regard de mecs qui regardent une jolie fille, parce que bon sang que ça peut être lourd
Oui, c’est vrai que je n’avais pas pensé à ça. J’ai essayé de faire comprendre dès le premier paragraphe que le « ils » était l’entourage, le « tu » la mère et le « vous » le père et la mère, et je voulais que ça se comprenne sans que j’aie besoin de le signifier en toutes lettres, mais c’est un peu dur :-[
Du coup, je comprends la méprise pour ce passage. Cela dit, c’est un peu le même genre de réactions : les gens qui ne voient la femme que comme un corps qui devrait porter la vie, et les mecs qui ne la voient que comme un morceau de viande.

Citer
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Ça irrite, ces silences toujours plus lourds d’incompréhension et de consternation.
ici "consternation" est très fort, du coup je ne comprenais pas pourquoi
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Des ventres distendus qu’on lorgne curieusement,
pourquoi "curieusement" ? ça me parait pas adapté, on ne regarde pas avec curiosité qq'un enceinte
Consternation, c’est fort mais c’est parfois vrai…
J’ai viré le curieusement. C’était déjà une modification que j’avais faite sur la V1 mais visiblement je n’arrive pas à trouver le bon adverbe qui retranscrirait ce que je veux dire :(

Citer
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Les joues rouges, le regard brillant, l’esprit enjoué ; ta mère commence même à croire que tu t’es mise à boire. Comme une ardoise sur laquelle tu as passé l’éponge, ils se découvrent à toi bienveillants, souriants.
la mère pense qu'elle boit (du coup c'est plutôt négatif) et ensuite non les autres sont bienveillants (donc finalement ils pensent qu'elle est enceinte)
La mère qui croit qu’elle boit, c’était un peu pour la blague (justement au moment où tu ne peux pas boire…) La transition est peut-être un peu mauvaise entre les deux phrases, disons que c’était pour insister sur le bonheur de la femme qui ne voit plus que les bons côtés.

Citer
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tu fixes ton ventre, les plis de gras, le creux du nombril.
et là je me suis dis qu'en fait elle était juste grosse et pas enceinte, mais j'ai trouvé ça bizarre car avant elle avait le ventre plat
Bon là clairement c’est un contresens  ^^ On peut avoir un ventre plat sans pour autant avoir la peau sur les os, donc quand on se recroqueville, il y a toujours des petits plis ;) J’aurais peut-être dû rédiger ce commentaire hier, et modifier en « plis de peau », je sais pas…

Bref, merci pour ton commentaire, Kailiana, ça m’aide bien à voir ce qui passe/ne passe pas dans l’implicite ! :)



Gage
 
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j'ai beaucoup aimé ton texte.

Le fait de tutoyer le personnage pour exprimer ce qu'il ressent est un procédé intime qui me plaît beaucoup. Il me fait penser à Nathalie Sarraute, reine de l'introspection.
Et ton texte est tout en cette introspection détaillée et en analyse des riens ressentis ou observés qui font la vie.

J'y ai retrouvé aussi ce qui fait le fond chez Sarraute : le regard des autres et les ondes que cela déplace en nous.
Merci pour ce beau compliment. A ma grande honte, je n’ai que peu lu Sarraute, mais ce que tu dis me touche beaucoup parce que c’est exactement ce que j’aime dans l’écriture :-[

Citer
Et quel désarroi, quelle tristesse que cette immense solitude.

C'est d'ailleurs un peu troublant dans ton texte : ton personnage ne devrait pas être si seul : un drame intime comme tu le décris se vit quand même à deux, et ça on ne le ressens pas dans ton récit. Où est le papa ?
C’est absolument vrai. J’ai tellement voulu plonger dans les sentiments de la mère que je n’ai pas vraiment pensé à évoquer le père. Mais c’est aussi parce qu’il me semble qu’on peut ressentir cette solitude même si elle n’est pas réelle : parfois on a l’impression, à tort, qu’on est seul(e) à supporter la douleur, ou en tout cas on n’arrive pas à communiquer avec l’autre, parce qu’on a l’impression qu’il/elle ne va pas comprendre, ou parce qu’il/elle a une manière différente de gérer les choses.
Bref, ici j’ai voulu me concentrer sur la mère. Mais c’est vrai que le père aurait pu être (plus) développé.
Citer
Je reste aussi un peu partagé (mais apparemment il fonctionne sur d'autres) sur ton "dira-dira pas" que je trouve un peu léger, dans le sens  presque "blagueur", par rapport au reste qui décrit si bien une catastrophe de l'intime.
(Même si je comprends qu'il faut y voir : chut ou pas chut...)
Le « chut », je pense que j’aurais pu le signifier par d’autres moyens. Mais je voulais ce dira/dira pas comme une sorte de petite ritournelle enfantine, un peu comme le cap/pas cap qui peut tourner au drame. Et puis, du coup, j’ai apprécié de pouvoir jouer sur la ponctuation finale qui rajoute du sens, même si c’est de manière très très légère (mais bon, extasy l’a relevé donc ça a fonctionné). Je ne l’ai pas du tout pensé à l’angle « blagueur » sous lequel on pouvait le voir  :-[

En tout cas, merci beaucoup, Gage, pour ta sensibilité et tes remarques précieuses !


Kath
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Je suis très mitigée sur ce texte, je ne sais pas trop quoi en penser, car je sens bien l'intention, mais je n'y entre pas, ça n'accroche pas, mon regard glisse sur le texte mais sans rien réveiller. Désolée.
Mitigée, c’est déjà mieux que rien :) Je l’ai écrit en imaginant qu’on le lise lentement, en choisissant presque chaque mot pour sa sonorité, pour ce qu’il évoque, associé à ceux qui l’entourent, bref en essayant d’être à la fois vraie, sincère et littéraire. Ça n’a pas réussi pour tout le monde, et je suis bien désolée qu’il n’y ait aucun de ces mots qui soit parvenu à t’accrocher ! Mais merci pour ton passage !
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Kathya le 28 Septembre 2015 à 14:38:20
Si le texte a été modifié depuis les premiers commentaires, alors il l'a été modifié en bien, j'ai tout de suite compris de quoi il s'agissait. J'ai bien aimé ce texte et je le trouve assez efficace dans les émotions transmises. L'absence du père ne m'a pas choquée, on sait qu'il est là, seulement, il me parait logique que dans ce registre, on se sente toujours seul avec sa douleur, même en la partageant...

Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Loïc le 03 Octobre 2015 à 21:12:18
Oh punaise.
Très très bon texte, très puissant, avec une belle deuxième personne ; en tout cas du style que moi j'aime.
J'étais pas sûr du développement au début, mais pfiou, la tension qui s'installe si simplement et la sortie, à la fin.

Merci pour ce texte.
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 04 Octobre 2015 à 18:38:29
Bonsoir bonsoir !

Kathya
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Si le texte a été modifié depuis les premiers commentaires, alors il l'a été modifié en bien, j'ai tout de suite compris de quoi il s'agissait.
Cool ! :) J'ai effectivement modifié légèrement le début pour poser davantage les personnages qui correspondent aux tu/vous/eux.

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J'ai bien aimé ce texte et je le trouve assez efficace dans les émotions transmises. L'absence du père ne m'a pas choquée, on sait qu'il est là, seulement, il me parait logique que dans ce registre, on se sente toujours seul avec sa douleur, même en la partageant...
Merci ! C'est exactement avec cette idée en tête que j'ai écrit ce texte.

Loïc
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Oh punaise.
Très très bon texte, très puissant, avec une belle deuxième personne ; en tout cas du style que moi j'aime.
J'étais pas sûr du développement au début, mais pfiou, la tension qui s'installe si simplement et la sortie, à la fin.
Merci Loïc ! Je suis contente que la 2e personne t'ait plu et que tu aies ressenti l'évolution du texte comme je l'ai souhaité. Ta réaction me fait vraiment plaisir :-[

Merci à tous les deux pour votre passage !
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: Aléa le 04 Octobre 2015 à 22:25:42
Bonjour,

Je n'ai pas réussi à accrocher à ton texte. J'ai du mal en général avec la seconde personne, et pour le coup je n'ai pas pu me sentir impliqué dans ce tu, pas parce que je suis homme, mais je ne sais pas, je ne l'ai pas senti, l'impression qu'on me dit ce que je dois ressentir en lisant plutot que de m'y pousser. Sinon pour un acte très personnel, on retrouve ca bien plus à la fin, la préoccupation des autres prends beaucoup plus de place, le conjoint et quasi absent. Je ne sais pas si j'aime ou n'aime pas ce fait, je crois que c'est interessant, mais du coup ca m'a quand même laissé un peu de côté. Sinon le texte n'est pas mauvais, mais sans moi, pas facile de transmettre ce sujet à tous le monde, mais j'ai tous de même aimer le lire


Au plaisir
Titre: Re : [T41] Vers le vide
Posté par: ZagZag le 05 Octobre 2015 à 18:01:57
Salut Mout !
Ce texte est assez dur, mais j'ai pas vraiment réussi à accrocher. On ressent assez bien les sentiments du personnage, mais j'aurais préféré que tu les dises moins et que tu les montres plus.
Par contre j'ai trouvé le rapport au thème super bien trouvé. Je pense que ce texte avait un gros potentiel, mais je suis un peu passé à côté, désolé :/
Titre: Re : [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Miromensil le 29 Février 2016 à 18:52:42
Défi lecture 2016, suite

Toi tu t’en fiches pas mal de l’épanouissement, tu as juste une envie, quelque part, au fond du bide. Une envie de plein.
J'aime bien l'idée que l'envie de plein s'oppose au "vers le vide" du titre

Comme j'ai été happée dès le début, je ne me suis absolument pas préoccupée de tout ce qui est virgule et faute de forme, tu m'excuseras. Alors alors  ^^ Je n'ai pas compris tout de suite, mais certaines phrases m'ont mises sur la piste (" Que, ça y est, vous êtes sûrs, mais qu’il faut un peu de temps, on dirait, pour mettre tout en marche"), mais j'ai pensé à un moment donné que la narratrice envisageait la proscratination médicalement assistée (in vitro toussa). Donc elle cherche à être enceinte mais le regard des autres n'est pas évident, si je situe bien. J'ai eu un souci, hautement subjectif, avec le "tu" : la phrase "quand ils ont commencé à faire pression sur votre vie, à toi et à lui", a eu pour effet de me blinder instantanément. Je ne sais pas, c'était un genre de réaction de me dire "quoi qu'est-ce qui se passe? qu'on ce qu'on a fait? non non non". J'ai du mal à décrire ce sentiment, mais quand j'ai pu mettre une distance entre moi et le texte, et me dire que ce n'était pas à moi à qui le "tu" s'adressait, alors j'ai pu lire et commenter. Je ne pouvais pas m'identifier au tu, meme sans savoir le sujet (je ne suis personnellement pas entrain de me poser de telles questions), à cause du ton, très dur, dès le début. Tout cela est donc très subjectif, ça parlera à certains mais pas à d'autres.

Mais donc, quand je me suis armée face aux pressions "des autres" du texte, j'ai pu lire  ^^ Et c'est..dur, je vois pas comment commenter. Pour être sure d'avoir bien compris : ton vide du titre se réfère au vide que la narratrice ressent dans son ventre, mettons, et elle va "vers" le vide. Si on met en lien avec les dira-dira pas, je comprends ton texte dans le sens où, finalement, la narratrice ne dira pas...qu'elle est stérile, et qu'elle doit sans cesser recommencer? Et donc le vide, en plus d'être dans son ventre, est cette déchéance sociale qu'elle ressent face aux autres, la sensation de ne plus être dans les normes (qui est "on fait des  beaux bébés et fonde une jolie famille"). En cela, et si j'ai bien compris, je n'ai pas tant aimé le texte en lui-même que l'approche vis à vis de la thématique. Le fait de dire platement les choses m'aurait vraiment rebutée, je crois. Ici, tu as une approche de l'intérieur, depuis le ressenti de la narratrice. Sauf que la narratrice pense en tu, comme si elle s'adressait à tous les autres qui lui donnent la pression. Je pense qu'il faut du courage pour écrire tout cela, donc chapeau, moi je n'aurais pas pu..

Le seul petit truc que j'ai trouvé dommage, c'est que le compagnon est un peu cantonné à l'état d'ombre : il dit allé ça va aller, c'est ma faute, mais c'est tout ce qu'il dit. Je comprends que la stérilité est qqchose qu'on appréhende seul, mais (et puis ça dépend des compagnons) j'aurais aimé je crois le sentir plus présent, ne serait-ce que par empathie pour la narratrice..Baaah je sens que je tourne en rond u_u

Pardon pardon pour le commentaire chelou, mais tu écris bien Marygold, d'où les fortes émotions (dans mon cas, ce que je décris au premier §) que le texte suscite  ^^
Titre: Re : [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 01 Mars 2016 à 19:00:13
Hey Miro ! (bon, mais tu ne dis pas pour quel critère tu l'as choisi, ce texte ^^)

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j'ai pensé à un moment donné que la narratrice envisageait la proscratination médicalement assistée (in vitro toussa).
Procrastination médicalement assistée ? :mrgreen:
Mais sinon, yep, tu as tout à fait raison.

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Donc elle cherche à être enceinte mais le regard des autres n'est pas évident, si je situe bien.
Hum. Le regard des autres, il commence à lui importer, ou plutôt à lui peser avant cela. Quand elle ne cherche pas encore à être enceinte, puis quand elle le décide mais que ça ne fonctionne pas.

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J'ai eu un souci, hautement subjectif, avec le "tu" : la phrase "quand ils ont commencé à faire pression sur votre vie, à toi et à lui", a eu pour effet de me blinder instantanément. Je ne sais pas, c'était un genre de réaction de me dire "quoi qu'est-ce qui se passe? qu'on ce qu'on a fait? non non non". J'ai du mal à décrire ce sentiment, mais quand j'ai pu mettre une distance entre moi et le texte, et me dire que ce n'était pas à moi à qui le "tu" s'adressait, alors j'ai pu lire et commenter. Je ne pouvais pas m'identifier au tu, meme sans savoir le sujet (je ne suis personnellement pas entrain de me poser de telles questions), à cause du ton, très dur, dès le début. Tout cela est donc très subjectif, ça parlera à certains mais pas à d'autres.
Oui, c'est une remarque qui est revenue souvent avec ce texte. Que j'ai eu du mal à comprendre au début (perso, je ne suis pas non plus dans cette situation, mais cela ne m'empêche pas de ressentir assez d'empathie pour vouloir écrire un texte là-dessus, mais c'est probablement très personnel aussi), mais bref, que je comprends parfaitement quand même :) C'est le "tu" qui est très violent. Comment je l'ai dit à quelqu'un, j'avais envie d'écrire à la 2e personne, et il me semble que ça rajoute de la gravité de voir cette femme écrasée sous ce "tu" - et, du coup, je comprends qu'on ait du mal à le lire.

Pour le reste, dans ce que tu as compris, il y a pas mal de vrai (notamment dans les implications sociales, ressenties, du "pas de bébé") mais ce n'est quand même pas tout à fait ça. En fait, le "vers le vide" renvoie à la fausse couche qu'elle fait (il y a le paragraphe où elle est heureuse qui est celui où elle sait qu'elle est enceinte). Et du coup, le "dira / dira pas" renvoie à pas mal de choses (dira ou pas qu'elle ne veut pas encore essayer de faire des enfants, dira ou pas qu'elle essaie mais que ça ne marche pas, dira ou pas qu'elle est enceinte, et puis dira pas...)

Et pour le compagnon, oui, tu as aussi raison. Tu n'es pas la seule à avoir noté sa quasi absence. C'était un peu voulu, dans le sens où je me concentrais que les émotions de la mère - et qu'on peut se sentir très seul parfois, même entouré ; la douleur, c'est jamais objectif.

Merci en tout cas pour ton passage, Miro, je ne m'attendais pas à ce que ce texte soit déterré un jour tellement il est... particulier. :)
Titre: Re : [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Mogdhorel le 01 Mars 2016 à 23:09:31
Hello,

Juste un petit passage pour dire que moi j'ai apprécié ton texte.
La narration à la 2ème personne ne m'a pas gêné, pourtant je n'y suis pas habitué.

Je trouve vraiment, vraiment excellente l'idée du "Dira, dira pas".  :coeur:

Sinon, ce paragraphe est un peu en-dessous selon moi :
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Un matin comme les autres. Mais tu ne l’oublieras jamais, comme ce qui a suivi. Ces griffes qui te lacèrent de l’intérieur. Le ventre qui brûle. La douleur perçante qui assiège tes entrailles. Cette sensation odieuse de quelque chose qu’il faudrait sortir, expulser. Et soudain entre tes jambes, ce fluide qui s’écoule et qui ne devrait pas. La panique explose. Aucun conseil n’est meilleur que l’autre, aucune suggestion, aucune hypothèse. Rien de sûr, donc rien. Tu serres les cuisses, tu gémis doucement dans le lit, la tête dodelinant de droite et de gauche tu récites des prières à des divinités nourricières et ô combien cruelles. La douleur surpasse la peur, ou est-ce l’inverse ?
Je sais pas trop pourquoi.  :\?
Peut-être les images trop crues et du coup pas assez "psychologiquement percutantes" ?
La phrase avec les divinités ne me plaît pas trop non plus.

Sinon, je pense qu'ajouter un paragraphe sur "la période heureuse" renforcerait d'autant plus le côté dramatique de la fin et donc la force du texte.

Merci pour ce texte.  :)
Titre: Re : Re : [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Miromensil le 02 Mars 2016 à 08:39:55
Hey Miro ! (bon, mais tu ne dis pas pour quel critère tu l'as choisi, ce texte ^^)
A la base je n'avais pas de critère en tête, je suis venue ici parce que j'avais bcp aimé la sensibilité qui se dégage de ton texte avec Sarah  ^^ A mon avis, ce serait le critère avec un auteur dont la première lettre est la même que la votre

Procrastination médicalement assistée ? :mrgreen:
:facepalm: procréation, pardi


Pour le reste, dans ce que tu as compris, il y a pas mal de vrai (notamment dans les implications sociales, ressenties, du "pas de bébé") mais ce n'est quand même pas tout à fait ça. En fait, le "vers le vide" renvoie à la fausse couche qu'elle fait (il y a le paragraphe où elle est heureuse qui est celui où elle sait qu'elle est enceinte). Et du coup, le "dira / dira pas" renvoie à pas mal de choses (dira ou pas qu'elle ne veut pas encore essayer de faire des enfants, dira ou pas qu'elle essaie mais que ça ne marche pas, dira ou pas qu'elle est enceinte, et puis dira pas...)
Ca va, je n'étais pas trop loin  ^^


Et pour le compagnon, oui, tu as aussi raison. Tu n'es pas la seule à avoir noté sa quasi absence. C'était un peu voulu, dans le sens où je me concentrais que les émotions de la mère - et qu'on peut se sentir très seul parfois, même entouré ; la douleur, c'est jamais objectif.
En y réfléchissant, en fait, je trouve ton intention légitime. Je crois que j'ai dit ça parce que j'ai ressenti tout de même de l'empathie pour la narratrice, que je ne voyais pas comment moi l'aider, et que j'avais envie de secouer son compagnon pour lui dire de faire quelque chose  :P Donc ce n'est pas tant qu'il faille le rendre plus présent, en fait tu fais bien de le mettre comme ça, c'était juste une réaction pour la narratrice.

Merci en tout cas pour ton passage, Miro, je ne m'attendais pas à ce que ce texte soit déterré un jour tellement il est... particulier. :)
Fort, je dirais plus. Et terriblement vrai  ^^
Titre: Re : [AT n°6 | T41] Vers le vide
Posté par: Marygold le 02 Mars 2016 à 20:56:48
Hey Mogdhorel !

Merci merci pour ton commentaire ! ^^

Sinon, ce paragraphe est un peu en-dessous selon moi :
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Un matin comme les autres. Mais tu ne l’oublieras jamais, comme ce qui a suivi. Ces griffes qui te lacèrent de l’intérieur. Le ventre qui brûle. La douleur perçante qui assiège tes entrailles. Cette sensation odieuse de quelque chose qu’il faudrait sortir, expulser. Et soudain entre tes jambes, ce fluide qui s’écoule et qui ne devrait pas. La panique explose. Aucun conseil n’est meilleur que l’autre, aucune suggestion, aucune hypothèse. Rien de sûr, donc rien. Tu serres les cuisses, tu gémis doucement dans le lit, la tête dodelinant de droite et de gauche tu récites des prières à des divinités nourricières et ô combien cruelles. La douleur surpasse la peur, ou est-ce l’inverse ?
Je sais pas trop pourquoi.  :\?
Peut-être les images trop crues et du coup pas assez "psychologiquement percutantes" ?
La phrase avec les divinités ne me plaît pas trop non plus.
Ah... pour le coup, j'y tiens vraiment à mes images crues. Tu ne trouves pas que leur violence est psychologiquement percutante ? ou tu ne les trouves pas assez violentes ?
Sinon, pour les divinités, c'est l'idée ou la phrase qui ne te plaît pas trop ?

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Sinon, je pense qu'ajouter un paragraphe sur "la période heureuse" renforcerait d'autant plus le côté dramatique de la fin et donc la force du texte.
Ah oui ? Je vais y réfléchir mais ça risque de déséquilibrer le reste, je ne sais pas...

Merci encore pour ta lecture et ton commentaire !


Re-hey Miro !

A la base je n'avais pas de critère en tête, je suis venue ici parce que j'avais bcp aimé la sensibilité qui se dégage de ton texte avec Sarah  ^^ A mon avis, ce serait le critère avec un auteur dont la première lettre est la même que la votre
Ok ! et merci  :-[

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Procrastination médicalement assistée ? :mrgreen:
:facepalm: procréation, pardi
oui, j'avais corrigé de moi-même mais ça m'a fait beaucoup rire cette idée de procrastination médicalement assistée (comme si on avait besoin d'aide pour procrastiner !)

Citer
Et pour le compagnon, oui, tu as aussi raison. Tu n'es pas la seule à avoir noté sa quasi absence. C'était un peu voulu, dans le sens où je me concentrais que les émotions de la mère - et qu'on peut se sentir très seul parfois, même entouré ; la douleur, c'est jamais objectif.
En y réfléchissant, en fait, je trouve ton intention légitime. Je crois que j'ai dit ça parce que j'ai ressenti tout de même de l'empathie pour la narratrice, que je ne voyais pas comment moi l'aider, et que j'avais envie de secouer son compagnon pour lui dire de faire quelque chose  :P Donc ce n'est pas tant qu'il faille le rendre plus présent, en fait tu fais bien de le mettre comme ça, c'était juste une réaction pour la narratrice.
Mouais, mais du coup ça veut dire qu'on ne comprend pas trop que c'est juste le ressenti de la narratrice, et que c'est pas forcément objectif (le problème du "tu", probablement...).

 Merci encore !