Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: gage le 02 Septembre 2015 à 17:46:45

Titre: Chhhhut...
Posté par: gage le 02 Septembre 2015 à 17:46:45
Chhhhut...


Chhhhut...
Chhhhut...
 
Cela vous étonnera sans doute, mais il m'a fallu plusieurs années avant de comprendre que « Chhhhut », eh bien, ce n'était pas mon prénom.
Maman avait tant d'imagination pour me donner des petits noms tendres et doux que ça changeait tous les jours... sauf Chhhhut qui revenait quand même assez souvent.
« Ma fleur », « mon vitrail», « mon biscuit », « ma menthe», « mon cordon »... jamais pareil, jamais banal et souvent profond, tout bien réfléchi.
Mon prénom c'est Philippe, en fait, mais personne ne m'a jamais appelé comme ça à part maman, et de toute façon je n'ai aucun état civil. Pour tout dire, personne d'autre ne s'était jamais adressé à moi avant le début de cette année. Mais il faut que je vous raconte mon histoire depuis le commencement, ce sera plus clair :
 
Maman avait rejoint une communauté hippie en Ariège, dans les années soixante-dix. Ces jeunes gens pleins de révolte et d'énergie y avaient acquis un hameau entier, abandonné et sauvage, et en avaient fait leur domaine. En calculant bien je me suis rendu compte qu'elle n'était pas tout à fait majeure quand elle avait rallié le groupe, mais à l'époque tout le monde s'en moquait, et notamment ses parents, plutôt soulagés de se débarrasser d'elle. Finir de digérer mai 68 leur serait sûrement plus facile, en tête à tête dans leur hôtel particulier lyonnais.
La communauté l'avait accueillie à bras grands ouverts, d'abord parce que c'était un peu le principe, et puis maman était une très jolie fille, ce qui agrémenterait le quotidien, bien sûr.
 
Je ne porte pas de jugement sur ce qu'a pu être sa vie à partir de ce moment-là. J'imagine qu'à ses yeux elle se résumait à un seul mot : liberté.
Elle a eu les amants pas toujours propres, mais beaux comme des sylphes, les amantes sur le corps nu desquelles elle dessinait des fleurs colorées, et puis une sorte de belle vie de famille avec tant de frères et de sœurs, parfois un peu immatures, mais si frais et drôles, et tendres, et bienveillants.
Elle révérait les longues discussions des veillées, autour d'un feu de camp l'été ou d'un feu de cheminée l'hiver, ponctuées par ces joints que l'on se passait en inventant un monde, à moitié nus et souriants. Confettis au LSD, tablées immenses, promenades dans les champs et fleurs dans les cheveux...
Tout cela a existé.
 
Il y avait des salles communes, un four, des puits, un lavoir et plein de maisonnettes un peu éparpillées dans un jardin sauvage et idéal.
Il y avait les tâches partagées, les potagers collectifs, l'artisanat, et les équipées vers les marchés locaux pour écouler les productions et faire entrer un peu d'argent.
 
Puis un jour, maman se rendit compte qu'elle était enceinte.
 
L'enchaînement des circonstances de ma naissance paraît peu plausible, et je me rends bien compte que si le hasard avait voulu qu'un détail en soit différent, ma vie entière aurait été autre. Le caractère hors du commun de maman y a été pour beaucoup, il faut bien le dire.
 
Elle vivait alors seule dans l'une des petites maisons de pierre fraîchement rénovées, et n'avait pas d'amant attitré... juste quelques visites courtoises et délicieuses de temps à autre. Le sentiment qu'elle éprouva en découvrant sa grossesse, tel qu'elle me l'a décrit ensuite, était assez proche de ce que l'on pourrait appeler de la « reconnaissance ». Sa vie au sein de la communauté relevait pour elle de la perfection et, considérant qu'elle lui était redevable de tout ce bonheur, elle décida de faire don de son enfant à cette grande famille, et donc de lui en faire la surprise. Il est possible que son  jugement ait été un peu altéré, comme on le dirait de nos jours, par la consommation de différentes substances qui circulaient dans la petite société idéaliste, mais toujours est-il qu'elle prit la décision de cacher sa grossesse et qu'elle y parvint, du moins l'a-t-elle toujours pensé. Et à voir la forme de certaines tuniques à fleurs et autres robes amples de l'époque, cela paraît tout à fait possible.
Maman avait un esprit extrêmement pragmatique et efficace. Pour anticiper son incapacité prochaine à participer à certaines tâches et pouvoir s'en dispenser, elle commença très vite à réfléchir au genre d'artisanat qui pourrait être dans ses cordes et serait une excuse à son abandon des corvées communautaires. Son idée s'arrêta curieusement à la conception de sortes de mobiles écolos faits de bois, de fibres et autres trouvailles végétales. Tant qu'elle le put, elle consacra ses promenades et son temps libre à l'amassement de toute la matière première dont elle aurait besoin plus tard : pommes de pin, faines, graines et gousses diverses, plumes, mousses, écorces, tiges... Elle installa un atelier dans sa cabane, récupéra des outils, puis vint le moment de se lancer. Elle se livra passionnément à sa nouvelle activité et fit preuve très vite d'un don certain pour des créations que l'on ne tarderait pas à découvrir sur les marchés ariégeois.
C'est d'ailleurs à l'aube d'un jour de marché important qui requérait la présence d'une majorité des compagnons de ma mère, que celle-ci comprit qu'elle ne serait pas sur le stand hippie ce jour-là.
Elle prétexta un malaise, ou que sais-je, pour rester chez elle, et, au prix de plusieurs heures d'angoisses et de douleurs, elle me mit au monde.
 
C'est ce jour-là que j'entendis pour la première fois ce « Chhhhut...  », quand maman essaya, en pleurant, de plaquer sa main sur ma bouche qu'elle ne trouvait pas et qui émettait ce vagissement caractéristique, que désormais personne ne devait entendre, comme elle le décida sur le champ.
Je ne peux imaginer l'immense détresse qui fut la sienne quand je suis né : comprenez bien, elle vivait avec moi depuis des mois, me parlait longuement dans le secret de sa cabane, se réjouissait de me révéler au monde comme un cadeau, un don de soi, mais...
L'accouchement se passa très bien, tout était prêt pour mon arrivée, je pousse mon premier cri et là, maman veut couper le cordon et... ne me voit pas. Elle m'entend, se sent délivrée, mais le bébé qui pleure n'est pas visible...
 Et comme elle était assez raisonnable pour s'être progressivement sevrée des drogues au cours de la grossesse, elle savait très bien qu'elle n'était pas victime d'une illusion : elle ne pouvait pas me voir, « simplement ».
Son cerveau tourna à vide pendant un moment, mais son côté pratique finit par reprendre le dessus : elle sectionna ce qu'elle devinait du cordon, alla chercher du talc et m'en saupoudra énergiquement de la tête aux pieds, révélant un bébé dodu de quatre kilos et demie. Elle me prit alors contre elle et, tout en me murmurant des  choses tendres, elle me berça en sanglotant jusqu'à ce que je m'endorme.
 
 
Alors commença la vie de « Chhhhut », l'enfant imperceptible.
 
 
Maman quitta le hameau.
Ce ne fut pas son dernier sacrifice, d'ailleurs, mais la vie communautaire toute de partage et d'échanges n'était pas l'endroit idéal pour cacher un secret tel que moi. Elle trouva à se loger dans un village pas très loin de Saint Girons, plus adapté à l'intimité que nécessitait mon existence. Elle y continua ses activités artisanales, variant ses créations au gré de ses inspirations.
Elle m'a tout appris : lire, écrire, compter, jouer de la guitare (en me farinant les doigts), chanter, cuisiner... Et puis, en plus de ces apprentissages classiques, il y eut les leçons de... silence.
Un aphorisme paradoxal qu'elle m'a seriné toute mon enfance est celui-ci : « Être invisible, c'est ne pas faire de bruit ». Elle m'enseigna donc, au même titre que tout le reste, et aussi tôt que l'on apprend la propreté, à ne pas faire de bruit.
Manger sans faire de bruit, se déplacer sans faire de bruit, courir dans l'escalier sans faire de bruit, respirer, voire pleurer dans un silence complet.
Elle y consacra beaucoup de son temps, persuadée que mon avenir auprès d'elle en dépendait.
Bien sûr que l'on ne peut demander à un enfant, même s'il est d'humeur égale, de ne jamais faire de caprice. C'est là que j'entendais le plus de « Chhhhut.... », et je sens encore le parfum de savonnette, associé à ce geste preste qu'elle avait pour me bâillonner tendrement, toujours tendrement :
« Chhhhut mon cristal... », « Chhhhut mon pollen...», « Chhhhut Fraise, Mimosa, Réséda... » et rien que d'évoquer ces moments, le parfum de chèvrefeuille de sa paume s'impose encore à moi et me fait monter les larmes aux yeux.
 
Pour bien cacher un enfant invisible dans une petite maison, il faut qu'elle soit toujours animée d'un courant de sons divers. Les gens qui ont des chats vous le diront : si l'on entend un bruit dans la nuit, on le leur attribue toujours. Alors maman adapta son artisanat et commença à concevoir ce qui est devenu un peu banal de nos jours, mais qui était encore assez nouveau à l'époque : de jolis carillons qui tintaient au moindre courant d'air. Carillons de nacre, carillons de bois creux, carillons de vitrail (mes préférés, parce qu'au doux cliquetis qu'ils émettaient se joignait tout un poème de couleurs entrecroisées), carillons de terre cuite ou de métal poli. Elle veillait donc à ce qu'il y ait toujours un peu de « bruit » à la maison : ses carillons, des disques de musique classique ou de variété (« Alexandrie, Alexandra ! » : on en a dansé des chorégraphies tous les deux...), un ventilateur, ou la télévision en sourdine (Ah, le générique d ' « Aujourd'hui Madame »...), ce qui lui permettait d'avoir une vie sociale à peu près normale, l'autorisant à recevoir la factrice pour un café ou un voisin pour l'apéritif, sans m'obliger pour autant à retenir ma respiration. Le maire avait bien failli s'asseoir un jour sur moi, alors que je m'étais assoupi sur le canapé, mais dans l'ensemble tout cela fonctionnait très bien.
C'est quand elle recevait le plus de monde que j'étais le plus à l'aise. Je me souviens de soirées joyeuses où elle invitait les artisans qui lui fournissaient ses matières premières. Ça buvait, ça riait, ça flirtait aussi, et moi je faisais une cure de « société », de la marche d'escalier d'où j'observais la scène. Elle trouvait toujours l'occasion de me passer la main dans les cheveux, ou sur le visage. Évidemment, maman se refusait à finir la soirée dans les bras de l'un de ses visiteurs, mais même ça, on a fini par le réussir plus tard.
 
Quand je fus un peu plus grand, autour de mes huit ans, on commença à sortir se promener ensemble. Il fallait que la température soit douce, et qu'il n'y ait pas trop de monde à éviter, mais c'était faisable. Je ne craignais que les chiens, et à la campagne il y en a beaucoup, mais ils sont souvent attachés et il n'arriva jamais aucun accident. Les errances dans les prés fleuris, les bois ou les chemins de terre restent des grands souvenirs de liberté et de beauté, avec les baignades dans une rivière discrète où maman s'amusait à m'asperger d'eau, me faisant apparaître de manière fugace dans ma tenue de gouttelettes et de lumière. Et puis il y avait les 14 juillet où l'on admirait le feu d'artifice du haut d'un talus isolé. Et Carnaval, ah, Carnaval : dès que je sus marcher, ou presque, on n'en rata aucun, de ces défilés où je pouvais déambuler au milieu de tous. Momie ou  cheik arabe, allez deviner qu'il n'y a rien à voir sous le déguisement ! Évidemment, ces défilés me donnaient l’occasion de toucher des êtres humains qui n'étaient pas ma mère, et mon Dieu, que la frustration remonte à loin quand j'y pense... Être touché, toucher de la peau : combien j'ai souffert et pleuré de ne pouvoir tenir simplement la main d'une petite fille dans ma main nue ! « Chhhhut mon œil-de-chat... Chhhhut ma rosée... Chhhhut ma spirale... »
 
 
Puis je me mis à dévorer les livres. Je pense que j'ai lu toute la bibliothèque de Saint Girons, et même plusieurs fois. C'était pour moi le meilleur moyen de voyager et de « rencontrer » du monde, si bien que je m'y adonnais comme on se laisse submerger par les vagues, jusqu'à ne plus savoir qui on est, et où on est. C'est d'ailleurs peut-être en constatant mon avidité de lecture que se produisit en maman le déclic révélateur.
La seule chose que je dirai sur ses succès littéraires c'est qu'ils eurent deux effets : ils nous plongèrent dans l'aisance, et ils nous séparèrent. Ce qui pouvait m'arriver de pire, moi qui n'existais que pour elle, au pied de la lettre.
Notre nouvelle maison me permit d'avoir une chambre à moi, cachée dans la soupente pour que nul ne risque de la découvrir, mais vraiment à moi avec mes affaires personnelles et mes secrets, et il m'avait fallu attendre l'adolescence pour la gagner. Avec elle j'atteignis à une notion qui m'avait toujours échappé : la propriété.
Quand maman devait s'absenter plusieurs jours, très organisée elle remplissait placards et congélateur et me laissait à ma vie de séquestré. Contraint au couvre-feu pour ne rien révéler de ma présence, je finis par adapter la maison à cette obligation de discrétion, et vécus du matin au soir dans le secret des stores baissés. Vous savez qu'il est extrêmement douloureux de vivre enfermé et d'assister sur un petit écran gris à l'interview de votre mère par Bernard Pivot ? Mais comment lui en vouloir après tout ? J'étais resté si longtemps le boulet de son bagne... Je comprenais sans me l'avouer qu'elle veuille secouer sa chaîne. J'excusais son égoïsme. Je la détestais.
 
C'est à partir de ces absences relativement prolongées de maman que j'ai commencé à « tricher ». Elle m'avait fait jurer de ne jamais le faire. Du plus loin qu'il m'en souvienne, elle m'avait supplié de ne jamais, jamais me servir de mon don pour voler, ou pénétrer chez autrui, ou épier les gens, ou chercher à découvrir leurs secrets. Et elle était parvenue à intégrer cette règle si profondément en moi, qu'elle m'était aussi instinctive que de ne pas faire pipi au lit.
Mais, abandonné à mes frustrations, livré à la solitude et rongé de rancœur, je me mis à bafouer cette règle sacrée, tout d'abord pour la bafouer, puis il faut bien avouer que j'y pris goût.
 
Chhhhut devint le fantôme du village.
 
 
Oh, je ne volai rien, ni ne me servis en aucune manière de ce que j'ai pu apprendre pendant ces errances. Non, après avoir procédé à quelques plaisanteries dans les maisons alentour qui me faisaient croire en mon omnipotence, ce qui finit par m'obséder vraiment, c'est la chair. La chair au sens propre du terme : toucher de mes mains nues de la peau nue...
Combien j'ai pu en observer des corps, livrés à mes regards avides, des corps nus, puis des étreintes aussi. J'atteignais au fantasme ultime du voyeur : être près des corps à les toucher. D'ailleurs je le fis aussi.
Dans certaines circonstances, il est difficile (et de toute manière inenvisageable) de se rendre compte que la main qui nous touche là, n'est pas la main de l'autre. J'ai donc beaucoup caressé, passionnément caressé, et parfois même un peu plus...
 
 
La punition céleste ne s'est pas faite attendre. Le péché était de taille, la pénitence fut colossale.
 
 
Maman a découvert bien trop tard qu'elle était malade. Son succès, ses lecteurs, ses prix avaient fait diversion trop longtemps, ils n'ont rien pu pour elle. Moi non plus.
S'il y a une chose que je voudrais effacer maintenant, c'est ce remords qui a empoisonné la fin de sa vie. Un remords qui l'a torturée nuit et jour pendant des semaines. Et mon repentir à moi d'avoir provoqué une inextinguible colère céleste n'a pas fait le poids à côté du sien de m'avoir abandonné, et de n'avoir pas anticipé ma ruine.
 
 
Je n'existe pas, je ne pouvais donc pas hériter de ma mère. Si elle disparaissait, je n'avais plus de foyer.
Elle aurait peut-être eu les moyens de me créer un état civil de manière artificielle, les moyens de m'adopter ensuite... elle n'en a pas eu l'idée, puis plus le temps.
Mon Dieu, mon Dieu comme elle en a pleuré sur son lit d'hôpital. Je pleurais avec elle, mais nous ne pleurions pas de la même chose.
 
 
Ce jour-là, elle a posé sa main sur ma bouche une dernière fois, pour que l'on ne m'entende pas sangloter :
« Chhhhut, chhhhut, mon ange, chhhhut mon Philippe, mon regret, ma bulle irisée, chhhhut... » et je l'ai sans doute imaginé, mais sa paume a eu pour moi ce doux parfum de chèvrefeuille, ce parfum d'enfance et de temps révolu.
 
 
J'habite encore notre maison.
La vitesse de dissémination des biens d'une célébrité intestat est inversement proportionnelle à l'avidité de certains à vouloir se les approprier, et c'est une chance pour moi.
J'ai encore ma chambre, et curieusement aussi l'électricité qui me permet de  manger chaud et de parcourir le net à la recherche d'une solution.
Internet est plutôt impuissant à m'aider, mais au moins il me tient compagnie.
Et puis il m'a permis de faire la connaissance d'Isabelle.
 
J'ai de nombreux correspondants à travers le monde, j'ai tout mon temps pour ça. Je crois que nous commençons à compter les uns pour les autres.
 
Mais je sens aussi qu'avec Isabelle ce n'est pas vraiment la même chose.
Si l'on m'en laisse le temps je pense qu'il est possible que je noue avec elle une relation différente.
Elle me dit de plus en plus souvent qu'elle aimerait me « voir ».
 
Il est bien possible que ce soit pour elle une façon de parler : son avatar est une canne blanche...
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: maanilee le 02 Septembre 2015 à 21:10:59
Citer
La chair au sens propre du terme : toucher de mes mains nues de la peau nue...
Combien j'ai pu en observer des corps, livrés à mes regards avides, des corps nus, puis des étreintes aussi.  J'atteignais au fantasme ultime du voyeur : être près des corps à les toucher. D'ailleurs je le fis aussi.
Dans certaines circonstances, il est difficile ( et de toute manière inenvisageable ) de se rendre compte que la main qui nous touche là, n'est pas la main de l'autre. J'ai donc beaucoup caressé, passionnément caressé, et parfois même un peu plus...
Un poil trop de répétitions par ici.

Citer
S'il y a une chose que je voudrais effacer maintenant, c'est ce remord qui a empoisonné ses derniers jours. Un remord qui l'a torturée nuit et jour pendant des semaines.
la répétition de jour est pas terrible.


Voilà : alors pour la forme, j'ai eu un peu de mal avec ce ton un peu trop oralisé, mais c'est assez subjectif comme remarque.
Pour le fond, j'ai eu du mal à rentrer dans le texte, je trouve que Philippe est très détaché on a du mal à s'y attacher.
Par contre quand il commence à sortir et faire "ses bêtises", on sent enfin la personnalité du personnage, ses envies ...
j'ai bien aimé la chute aussi qui sonne comme une note d'espoir.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 03 Septembre 2015 à 11:56:08
Bonjour Manilee, et merci pour ton passage.

Tu trouves le narrateur assez détaché, et en effet je voulais qu'il raconte de manière banale une existence hors du commun.
Le ton oralisé est effectivement peu riche, mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour raconter cette histoire qui atteint déjà 3000 mots.
L'histoire peut mériter un traitement plus détaillé, mais je n'avais pas la place...

J'ai corrigé la deuxième répétition que tu m'indiquais, mais pour la première, je veux faire comprendre par ces mots qui se répètent, ce qui devient une obsession pour le personnage.

Je suis très content que dans l'ensemble ton commentaire soit positif, et je t'en remercie !

A bientôt !

Mout  :moutunjour:
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: extasy le 03 Septembre 2015 à 17:13:08
Citer
du moins l'a-t'elle toujours pensé
l'a-t-elle ?

Citer
mais la vie communautaire toute de partage et d'échanges  n'était pas l'endroit idéal
Espace de trop après "échanges"

Citer
Elle m'enseigna donc, au même titre que tout le reste, et aussi tôt que l'on apprend la propreté,
J'hésite entre "aussi tôt" et "aussitôt"

Citer
Pour bien cacher un  enfant invisible dans une petite maison
Espace en trop après "un". Et très joli passage, au passage 

Citer
chiens, et à la campagne il y en a beaucoup ,
Espace en trop avant la virgule

J'en suis à "Ce qui pouvait m'arriver de pire, moi qui n'existait (existais) que pour elle, au pied de la lettre" et je m'arrête dans mon relevé, parce que j'ai presque les larmes aux yeux. Je sais déjà que ce sera mon texte préféré de l'AT.

Citer
Avec elle j'atteignis à une notion qui m'avait toujours échappé : la propriété.
Je ne suis pas sûr, mais "échappée" ?

Citer
livré à la solitude et rongé de rancoeur ,
Espace en trop après la virgule

Citer
pendant ces  errances
Espace en trop après "ces"

Citer
puis des étreintes aussi.  J'atteignais au fantasme ultime du voyeur :
Espace en trop après le point

Fini.
C'est simple, tout y est. C'est merveilleusement bien écrit, c'est merveilleusement bien pensé, c'est merveilleusement bien traité, c'est merveilleux. On ne s'ennuie pas une seule seconde, les descriptions sont belles, les personnages profonds, et le thème, Oh mon Dieu, le thème et merveilleusement bien exploité. Tu ne te contentes pas d'effleurer la surface, tu pars d'une idée déjà profonde en soi, et tu ne n'arrêtes pas de la développer. C'est aussi ça que j'admire dans ce texte : ce n'est pas statique, il y a une évolution, tu exploites les diverses possibilités de ton idée de départ et tu nous offres une histoire avec une progression, des péripéties, des choses qui bougent, et qui nous émeuvent. Ça, c'est ce que j'appelle respecter le thème, le traiter avec respect même. J'aurais juste aimé avoir assez de talent pour pouvoir expliquer aux autres combien ton texte est riche, combien tu arrives à me surprendre tous les deux ou trois paragraphes. Mais mes émotions dépassent mes mots. Comment pourrais-je expliquer, d'ailleurs, que d'un simple "Chut !" tu as crée un monde ?
Je t'aime  :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 03 Septembre 2015 à 18:31:43
Ahhh, mister Extasy !!

J'ai d’abord corrigé toutes les menues broutilles que vous m'avez signalées, en laissant telles quelles les choses dont vous doutiez et qui étaient correctes...  :D
Ce petit travail appliqué m'a donné le temps de calmer mon cœur qui, à l'instar de mes chevilles, prenait une proportion inadéquate.

Mister Extasy, merci !!!
vous êtes le lecteur dont tout scribouillard de mon espèce rêve de voir apparaître le commentaire au bout de son texte.

Vous êtes trop gentil et trop emphatique... méfiez-vous, je risque de vous entraîner dans ma chute lorsque les commentaires moins positifs vont se greffer sur ce fil...

Comment pensez-vous me reconnaître, alors que j'avance ici affublé d'une trompe en caoutchouc-mousse ? Mes oreilles en carton mâché changent la forme de mon profil et mes défenses de polystyrène expansé cachent mon regard... Vous serez peut-être surpris !?...

Mister Extasy, c'est doux et chaud d'être aimé, et je vous remercie infiniment pour ça.  :-[
J'espère mériter longtemps vos commentaires flatteurs et si enthousiastes.
Merci encore...  :coeur:

Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: extasy le 03 Septembre 2015 à 19:03:45
extasy s'extasie peut-être, mais même caché derrière un masque, il n'y a qu'un seul gentil Mout à ma connaissance qui aurait pu écrire pareil texte. Mais dans le cas où je me serais fourvoyé, j'espère bien que vous vous déciderez à rejoindre ce forum pour nous faire profiter d'autres merveilleux textes de votre cru  :)
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Thorim le 05 Septembre 2015 à 22:32:46
Yo,

Hé bien, voici un texte très agréable, bien que peut être un poil long ? J'ai juste eu un peu de mal à rentrer dedans au début, mais au final j'apprécie beaucoup  :D

Bon, à défaut de faire une critique réellement constructive (Dès fois j'en fais ) voici un petit schéma couleur de quelques répétition plutôt basique que j'ai trouvé :


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 06 Septembre 2015 à 11:31:56
Bonjour maître Thorim.

Merci d'être passé par ici.

Si tu as trouvé mon texte un peu long, c'est mauvais signe, c'est que tu t'es ennuyé. Car je n'ai pas dépassé les 3000 mots de la consigne.
Mais je retiendrai donc plutôt cette phrase :
Citer
au final j'apprécie beaucoup
qui me plaît mieux. :)

Par contre, ton listing de mes répétitions ressemble quand même à un gag : pointer les auxiliaires dans un texte essentiellement écrit au passé composé me paraît aussi original que si tu me disais que j'ai mis un peu trop de "la" de "le" et de "des".  :D

A bientôt ici ou ailleurs, et merci de m'avoir lu !
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Rémi le 07 Septembre 2015 à 22:54:26
Salut Mout !

Aaaaah, ouais, une nouvelle, une vraie. J'aime beaucoup le démarrage avec la présentation du perso à travers son récit de la vie de sa mère. On se demande ce que va vivre le perso tout en étant plongé dans la vie originale et bien narrée de sa génitrice. Et puis la révélation survient, et le dénouement magnifique d'espoir et de poésie.
Un vrai coup de coeur pour ce texte. Il va sans dire que l'écriture est vraiment belle, super bien adaptée au texte.
Ce qui est fort aussi, c'est la profondeur des deux personnages, leur relation si forte et si ambigüe. Et j'ai beaucoup aimé la fin.

Citer
Elle révérait les longues discussions des veillées, autour d'un feu de camp l'été ou d'un feu de cheminée l'hiver, ponctuées par ces joints que l'on se passait en inventant un monde, à moitié nus et souriants, et les confettis au LSD, et les
"et les confettis au LSD, et les" est COD d'un verbe vachement loin... pas évident à lire sans tiquer

Citer
et faire entrer un peu d'argent .
espace en trop avant le point

Citer
considérant qu 'elle lui était redevable
espace en trop

Citer
Google est plutôt impuissant à m'aider, mais au moins il me tient compagnie.
j'aurais préféré sans "google", juste parler d'internet ou de la toile ou comme tu veux, mais là, ça casse la poésie de cette fin si belle.

Un grand merci pour ce superbe texte.

Rémi
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: extasy le 08 Septembre 2015 à 00:30:14
+ 1 au commentaire de Remi !
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 08 Septembre 2015 à 19:41:19
Aaah, le Rémi est à Lille ce que le Jeff est à Bruges : un bonbon chocolaté doux à déguster...

Merci monsieur Rémi, merci pour votre passage.
J'ai corrigé les dernières coquilles qui avaient échappé à mister Extasy.
Et j'ai viré Google, parce que votre jugement corroborait le mien.

Merci pour ces compliments  :coeur: :coeur: :coeur:, sans lesquels une écrivaillon doutera toujours de lui.
Avec Mister Exta vous faites vraiment la paire...

Merci encore à tous les deux !!  :-[
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Kanimp le 15 Septembre 2015 à 21:00:41
J’ai bien aimé. Il se laisse lire.
L’idée est très originale.

Le seul regret, c’est une longue plage de vie, tranquille, sans trop d’accros.
Mais du coup, le texte ne me marque pas non plus.


Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 15 Septembre 2015 à 21:34:26
Alors c'est très simple, Kanimp.
Je ne vais retenir que les deux premières lignes de ton commentaire.  :D

Pour la suite de tes observations, désolé de ne pas t'avoir convaincu.
Une prochaine fois sans doute !
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Marygold le 16 Septembre 2015 à 22:13:52
Bonsoir !

Bon, comme mes camarades, j'applaudis des deux mains devant le style et la maîtrise incontestables ! :coeur: Et cette fin... J'avais survolé certains commentaires et j'avais une légère appréhension quant à la manière dont tu pourrais finir cette nouvelle, mais cette fin est superbe. Et elle clôt parfaitement ce texte empreint de douceur et d'acceptation.
Un petit bémol cependant sur les retours à la ligne qui se multiplient sur la fin du texte. C'est voulu, cette impression effilochement ?

Ceci dit, je suis chipoteuse... donc quelques remarques :
Citer
Elle a eu les amants pas toujours propres,
J'ai eu du mal avec cette phrase (le "les" surtout). J'aime beaucoup ton style alors je ne voudrais pas proposer un truc qui le dénature, d'autant que les autres n'ont pas eu l'air de buter sur ladite formulation. Mais je préfère le dire.
Citer
Et à voir la forme de certaines tuniques à fleurs et autres robes amples de l'époque, cela paraît tout à fait possible.
J'aime pas trop le "et à voir" parce qu'on a tous en tête ce genre de vêtements. Là, c'est comme s'il découvrait ça.
Citer
toute la matière première dont elle aurait besoin plus tard : pommes de pins
pommes de pin (à moins qu'il ne s'agisse de différents pins...)
Citer
comprenez-bien
nul besoin du tiret
Citer
(en me farinant les doigts )
espace en trop avant la parenthèse
Citer
( mes préférés, parce qu'au doux cliquetis qu'ils émettaient se joignait tout un poème de couleurs entrecroisées ) [...]( « Alexandrie, Alexandra ! » : on en a dansé des chorégraphies tous les deux... ) [...] ( Ah, le générique d ' « Aujourd'hui Madame »...)
des espaces en trop entre les parenthèses et le texte
Citer
cachée dans la sous-pente
soupente
Citer
dans les maisons alentours,
alentour (c'est un adverbe)
Citer
Non, après avoir procédé à quelques plaisanteries dans les maisons alentours, qui me faisaient croire en mon omnipotence, ce qui finit par m'obséder vraiment, c'est la chair.
J'ai eu du mal avec cette phrase : succession de propositions séparées par des virgules + problème du verbe au présent dans la dernière. Je te suggèrerais, pour le confort de lecture, de supprimer la virgule avant le "qui me faisaient". Mais surtout, pourquoi du présent pour "c'est la chair" ? ça passerait bien au passé et ça choquerait moins, non ?
Citer
( et de toute manière inenvisageable )
espaces en trop
Citer
c'est ce remord [...] Un remord qui l'a torturée
remords
Citer
à la recherche d'une solution .
un espace en trop avant le point


Bref, ce n'est vraiment pas grand-chose mais ce texte s'approche tellement de la perfection qu'on a envie de lui donner un coup de pouce ;)
Bon, j'avais commencé aussi un florilège des meilleurs passages, ceux que j'ai trouvé les plus poétiques, les plus touchants ou frappants, mais j'ai dû l'arrêter sinon mon commentaire n'en finissait plus. Je note cependant ce moment de génie où, en quelques phrases, tu résumes les sentiments si forts et partagés d'un fils pour une mère au moment de la "rupture" : "J'étais resté si longtemps le boulet de son bagne... Je comprenais sans me l'avouer qu'elle veuille secouer sa chaîne. J'excusais son égoïsme. Je la détestais."
J'ai adoré.

Merci, petit Mout !  :)
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 17 Septembre 2015 à 21:51:08
Chère Marygold, qu'il est doux de vous lire et de savoir que vous avez apprécié ma prose.
Vous l'avez ressentie comme j'en rêvais : avec beaucoup de tendresse pour ce personnage atypique.
Citer
douceur et acceptation.
c'est exactement ça.  :)
Quant aux retours à la ligne qui se multiplient en fin de texte, il ne faut pas y voir un effilochement, mais plutôt un ralentissement de l'action, au moment où le narrateur est en pleine perplexité, en plein doute quand à son avenir : il marche au pas.

Vous tiquez sur "elle a eu les amants ...", voyez-le comme une énumération : "elle a eu les amants ceci, les amantes cela, une sorte de belle vie etc... "

Pour l'histoire des tuniques, est-ce que ça passerait mieux comme ça : " quand on connaît la forme de certaines tuniques, etc" ?

Enfin, au sujet de
Citer
J'ai eu du mal avec cette phrase : succession de propositions séparées par des virgules + problème du verbe au présent dans la dernière. Je te suggèrerais, pour le confort de lecture, de supprimer la virgule avant le "qui me faisaient". Mais surtout, pourquoi du présent pour "c'est la chair" ? ça passerait bien au passé et ça choquerait moins, non ?
J'ai fait sauté la virgule surnuméraire, pour le reste je suis étonné que ce présent vous indispose  :), parce que si je retourne la proposition, on a  :  "C'est la chair qui finit par m'obséder vraiment", et je ne trouve pas ça choquant...
Ou bien donnez-moi l'équivalent avec un verbe au passé, je n'y arrive pas...  :(

Merci en tout cas pour votre intervention bienveillante, et pointilleuse. Je pense que dorénavant je saurai me servir des parenthèses...  :D

Merci un dernière fois pour votre commentaire si chaleureux et élogieux... j'en rosi de la trompe...   :moutunjour:= :-[
A bientôt ici ou là !  ;)
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Rémi le 17 Septembre 2015 à 22:09:16
Cher Mout qui rougit,
Allez, redoublons encore d'éloges, ma dulcinée vient de lire ton texte et elle a beaucoup aimé.
Par ailleurs, j'ai pensé à une truc que je n'ai pas écrit mais auquel j'ai pensé un peu après la lecture (mais ça spoile  :)):
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Vraiment trop bien ce texte donc.

Tchuss !
Rémi
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 18 Septembre 2015 à 18:36:21
Merci beaucoup de repasser par ici, monsieur Rémi !!

En plus c'est pour m'apprendre que j'ai su séduire la Belle-à-Rémi... :-[, me voilà confus, et secrètement ravi aussi.

Quand à votre spoiler... il me réjouit énormément parce que c'était un peu le challenge de ce texte, quand même, comme je l'ai dit plus haut : parler de manière banale d'un existence qui ne l'est pas, et la rendre plausible.
Détourner l'attention en intégrant le noyau d'anormal à beaucoup de normalité... et en parler comme si de rien n'était.

N'empêche, monsieur Rémi, freinez sur les compliments, je m'y habitue trop bien...  :roidumonde:

La bise !!
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 19 Septembre 2015 à 11:55:39
Alors monsieur Mout !

d'abord, bravo pour le style impeccable et le rythme soutenu.  :)

Mais justement, on peut déplorer petit Mout, que vous n'ayez pas pu diluer tout ce dense récit, corseté que vous étiez par l'exigence des 3000... On a parfois du mal à respirer tellement tout s'enchaîne sans vraiment le temps de souffler.

A quand le roman Chhhhut  ?

Ma phrase préférée... même s'il y en a d'autres :
Citer
me faisant apparaître de manière fugace dans ma tenue de gouttelettes et de lumière
très visuel, très poétique !

Merci beaucoup pour cette lecture agréable pour laquelle je ne trouve rien de plus à dire.

La bise et surtout bonne chance petit Mout !!  ;)
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 19 Septembre 2015 à 12:26:03
Merci mister  Gage pour votre passage !!

Effectivement, 3000 si ça peut paraître beaucoup à la lecture (d'autant plus s'il y a 42 textes à commenter :D), c'est un peu juste à l'écriture dans certains cas.

J'espère seulement que j'ai réussi à placer tout ce qui suffisait pour en faire un ensemble cohérent et homogène et fini.

Merci encore pour ces compliments, et au plaisir de se retrouver ici ou là, ou ailleurs !!
A bientôt Gage !  :)
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Kath le 20 Septembre 2015 à 16:54:23
J'ai vraiment beaucoup beaucoup beaucoup aimé cette histoire, j'ai même râlé d'avoir dû m'interrompre en pleine lecture (ce qui m'arrive peu souvent).
L'idée est originale, bien amenée, et oui, je ne me suis jamais demandé "euh, un bébé invisible, mais comment?" et suis plutôt restée bluffée par la façon dont la maman s'était débrouillée pour faire de cet enfant un enfant aussi inaudible qu'invisible. Et cette chute...ah, cette chute... quel espoir!
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 20 Septembre 2015 à 18:38:28
Bonjour Miss Kath !!

Je tenais d'abord à vous féliciter pour votre commentairothon de ce dimanche !  :mafio: Bravo !

Et puis, merci beaucoup pour vos observations  enthousiastes !
Je suis toujours comblé quand un texte fonctionne et que chaque lecteur, avec son ressenti, met en lumière telle qualité du texte ou telle autre.

Merci beaucoup pour ce passage dominical dans votre course intensive !  :D

A bientôt ici ou là !

P'tit Mout
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Kathya le 22 Septembre 2015 à 10:01:52
J'ai beaucoup aimé ce texte. C'est original, fluide, le thème y est... J'ai juste trouvé la fin un peu rapide et un peu facile. dans le sens où ça donne une note joyeuse alors que dans le fond ça va pas vraiment régler ses soucis existentiels. Mais ça reste une lecture très agréable et inattendue.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 22 Septembre 2015 à 19:31:05
Merci pour ton passage, Kathya.
Merci pour
Citer
J'ai beaucoup aimé ce texte. C'est original, fluide, le thème y est...
et
Citer
ça reste une lecture très agréable et inattendue.
:)

Il est possible que la fin se précipite un peu, même si j'avais pourtant l'impression d'une narration homogène...

Je ne suis pas sûr par contre qu'on puisse parler de note joyeuse... Le narrateur est assez résigné, et c'est un peu désabusé qu'il nous présente ses recherches sur le net.
Mais s'il rencontre quelqu'un, ça peut justement régler ses problèmes existentiels au contraire.
Régler son problème principal qui est la solitude, et puis lui permettre de connaître l'amour... c'est pas rien, non ?  :huhu:
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Loïc le 25 Septembre 2015 à 20:37:22
Joli texte, avec une belle conclusion. Le titre est un peu dommage. Pourtant, je ne suis pas entièrement emballé, je crois qu'il m'a manqué quelque chose.
Je crois que ça reste trop décousu pour moi, qu'il manque une unité d'ensemble qui me tiendrait en halène tout du long.
Le début, bien que drôle, est un peu longuet.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 25 Septembre 2015 à 21:46:13
Eh bien, monsieur Loïc, c'est simple, comme pour monsieur Kanimp, je vais sélectionner ce que je préfère dans votre commentaire, genre
Citer
Joli texte, avec une belle conclusion.
et pour le reste, eh bien j'essaierai de faire mieux la prochaine fois.
Je suis un peu surpris par ce reproche d'un manque d'unité d'ensemble.
Un peu étonné que le début vous aie paru drôle.  :o

Une prochaine fois peut-être...
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: ZagZag le 26 Septembre 2015 à 11:32:08
Salut Mout !
J'ai bien aimé ton texte, mais sans plus. L'écriture est fluide, l'idée est bonne, mais j'ai l'impression qu'il manque un petit truc :/ le fait qu'il utilise sont n'est pas assez utilisé, je trouve. Et je sais que c'est difficile dans un format aussi court, mais la fin m'as paru un peu... Comment dire... Ne pas cloturer le texte :/
Bref, c'est bien écrit et l'histoire est intéressante, mais je n'ai pas vraiment accroché.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 26 Septembre 2015 à 14:55:42
Cher Zagreos... j'allais dire "c'est pas grave", mais c'est quand même dommage.  :-\

Mais les lecteurs-écrivains du Mde appartiennent tous à des mondes différents, des tranches d'âges très diverses, des styles d'écriture variés, des expériences de lecture dissemblables.
Je n'avais pas la prétention de plaire à toute le monde.

Un format plus long m'aurait peut-être permis de détailler ce que je crois avoir compris qui te frustre. Mais cependant mon but n'était pas un récit de science fiction sur la "particularité" du personnage.
Comme je l'ai dit plus haut, je voulais à la limite que ce soit négligeable ; énorme mais négligeable. C'est l'individu qui m'intéressait, et son destin banalisé.

Je te séduirai peut-être une prochaine fois, qui sait ?

Merci d'être passé.
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Aléa le 30 Septembre 2015 à 16:58:18
Bonjour,

Citer
mais personne ne m'a jamais appelé comme ça à part maman,
Je croyais que justement elle ne l'appelait que par des surnoms et chut  :\? Bon ok c'est pour dire à quel point on l'appelle jamais par son prénom...

Citer
l'avait accueillie à bras grands ouverts,
à bras ouvert ou les bras grands ouverts, mais pas les deux...

Citer
dodu de quatre kilos et demie.
concrètement, elle n'a jamais pu savoir le poids?

Citer
C'est d'ailleurs peut-être en constatant mon avidité de lecture que se produisit en maman le déclic révélateur.
La seule chose que je dirai sur ses succès littéraires c'est qu'ils eurent deux effets : ils nous plongèrent dans l'aisance, et ils nous séparèrent. Ce qui pouvait m'arriver de pire, moi qui n'existais que pour elle, au pied de la lettre.
wowowo, attends déclic et PAF succès littéraire, invitée chez pivot, sérieux j'ai pas capté là c'est allé trop vite pour moi  :o

Citer
jamais me servir de mon don pour voler
Mais attends attends, il pèse un poids tu l'as dit non? Il peut porter des vetements? Alors comment il peut voler si il a une masse, enfin c'est pas un fantome dont on passe au travers non plus il est juste invisible!

Citer
et curieusement aussi l'électricité
très curieusement oui quand on sait qu'il suffit de ne pas payer pour que l'éléctricité est coupée, alors on peut dire qu'elle avait de l'argent et a payée, mais bon si c'est pas dit, c'est pas clair en l'occurence, en plus internet... ca fait combien de dizaines d'années qu'il vit là lui? Oo

Ahah la conclusion est marrante  ^^


bon j'ai aimé ton texte, vraiment c'est bien écrit, orignal, frai pour tout dire, MAIS, y'a un paquet de trucs qui m'ont dérangé et qui auraient pu être allégé au récit pour moi, ce qui donne, quand on regarde en détail, un côté brouillon ou pas peaufiné et je trouve ca tellement dommage... Surement que je pinaille mais bon...
Mais merci pour la bonne lecture!


Au plaisir!



EDIT: désolé pour le voler, on m'a gentiment soufflé à l'oreillette ma betise, j'ai manqué de jugeotte   :mrgreen:
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 30 Septembre 2015 à 20:27:11
Salut mister Ben.G !! et merci d'être passé par ici.

Ah, j'aime beaucoup la fraîcheur de ce genre de remarques :
Citer
concrètement, elle n'a jamais pu savoir le poids?
Tu ne sais pas, petit padawan, que les pèse-bébés existent depuis tellement de temps, que je suis sûr que le grand-père de ton grand-père a dû en bénéficier...  :D
Je ne racontais pas une chronique de l'âge de pierre, tout de même. Et ce bébé elle savait qu'il allait venir... elle a tout le matos... même le stérilisateur, je suis sûr ! :)

Citer
wowowo, attends déclic et PAF succès littéraire, invitée chez pivot, sérieux j'ai pas capté là c'est allé trop vite pour moi 
Tu es curieusement le seul à ne pas avoir perçu que justement j'accélérai le temps, là. N'oublie pas que je n'avais droit qu'à 3000 mots. Si je commence à la décrire mâchonnant un stylo, et remplissant sa poubelle de boules de papiers... je déborde ! :(

Citer
Alors comment il peut voler si il a une masse, enfin c'est pas un fantôme
Trrrès juste, mon enfant, mais là c'est ton honnêteté innée qui te trahit : par voler, il fallait comprendre "s'adonner à de menus larcins" chose facile quand on n'est pas visible, tu en conviendras !

Citer
quand on sait qu'il suffit de ne pas payer pour que l’électricité est coupée
Tu n'as jamais entendu parler de ces corps momifiés qu'on retrouve au mois d'août devant la télé encore allumée, alors que les guirlandes de Noël clignotent joyeusement. Le prélèvement automatique a changé la vie des cadavres oubliés ! :D

Bon, si dans l'ensemble ça t'a plu... je n'en demande pas plus.
C'est peut-être le côté "résumé rapide d'une vie" qui t'a perturbé. D'ailleurs, à ton avis, il a quel âge à la fin ?
Elle est morte quand ? Et en quelle année on est ?
Il est possible que je n'aie pas laissé assez de repères... mais c'est bien trop tard...  :-\

Merci beaucoup pour ce commentaire pas si négatif....

Edit : je viens de lire ton edit à toi... je te pardonne, j'ai trouvé ça drôle...  ::)

Euh, on parle de moi dans ton oreillette ?  :???:
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Aléa le 30 Septembre 2015 à 23:04:03
Citer
Tu ne sais pas, petit padawan, que les pèse-bébés existent depuis tellement de temps, que je suis sûr que le grand-père de ton grand-père a dû en bénéficier...  :D
Je ne racontais pas une chronique de l'âge de pierre, tout de même. Et ce bébé elle savait qu'il allait venir... elle a tout le matos... même le stérilisateur, je suis sûr ! :)
Je dis pas le contraire, juste que pour quelqun qui a accouchée seule, dans un village autonome et en cachette, le matos = le stricte minimum necessaire et pour pas se faire voir, donc le poids pas vraiment une priorité, pas le genre de chose à penser dans un moment comme ca, surtout avec un bébé invisible  :mrgreen:

Citer
Tu es curieusement le seul à ne pas avoir perçu que justement j'accélérai le temps, là. N'oublie pas que je n'avais droit qu'à 3000 mots. Si je commence à la décrire mâchonnant un stylo, et remplissant sa poubelle de boules de papiers... je déborde ! :(
Ptet pas quand même... Mais j'ai l'impression qu'il manque juste une phrase de transition, genre 'le déclic, pendant que je lisais elle écrivait, un livre sur l'enfance et les timides, la maison d'éditions à qui elle envoya le manuscrit adora et paf succès'. La j'ai juste eu du mal à piger, c'est même pas dit expressément qu'elle écrit, juste qu'elle a eu du succès, et j'ai eu le doute jusqu'à Bernard pivot où là j'ai remonté plus haut. Enfin l'ellipse est pas évidente vu que tu ne changes même pas de paragraphe!
Et je sais bien que c'est court 3000 mots...

Citer
Tu n'as jamais entendu parler de ces corps momifiés qu'on retrouve au mois d'août devant la télé encore allumée, alors que les guirlandes de Noël clignotent joyeusement. Le prélèvement automatique a changé la vie des cadavres oubliés ! :D
Si mais bon, j'ai jamais entendu plus de 2 ans (si y'avait une histoire de 15ans, mais justement les lettres de non payement d'éléctricité s'accumulaient)

Pour l'âge, disons qu'il est né en 70/71, il devait être ado quand sa mère est passée chez pivot (donc années 80), il doit avoir une vingtaine d'années quand elle meurt au max. Enfin ce qui me dérange c'est l'internet, quand elle meurt ca n'existait pas, donc ca pourrait très bien être dans les années 90, le problème c'est la taille des engins, un truc de cette taille il a pas pu le voler simplement, donc pour moi c'est début années 2000 et il a une trentaine d'années, bref ca fait au moins 10 ans qu'il est seul dans cet appart.
Mais globalement, oui ces dates pourraient totalement être fausses, c'est juste l'estimation que je m'en fait, parce qu'on a deux marqueurs temporels bien fixes, 68 et internet, les dernières nouvelles qu'on a de la relation entre le héros et sa mère le placent vers l'adolescence (en suivant la structure de l'avancement des âges), du coup ca m'a un peu perturbé, parce que soit ces marqueurs sont trop marqués, soit il manque une ou deux précisions, si ca se trouve sa mère à vécu plus longtemps que ce qu'il semble
Bref voilà pour l'embetement temporel  :D

Citer
C'est peut-être le côté "résumé rapide d'une vie" qui t'a perturbé.
Pas tellement c'est plutôt bien posé, me manque juste deux trois clés
Et ce n'est pas un commentaire négatif du tout! Je te fais part justement de ce qui m'a fait un peu froncer les sourcils dans ton bon texte, et j'ai envie d'être plus exigeant avec un bon texte

D'ailleurs (et la je rentre dans une zone de discussion pure), jusqu'à la moitié du texte, je m'attendais à ce que la mère soit le perso principal, en fait j'y ai vu un propos sur l'avortement, l'enfant caché qui n'existe pour personne sauf pour la mère, et je me suis dit que tu tenais un truc superpuissant, et finalement c'était une chouette conclusion, qui revient sur le récit du début avec le 'cette années c'était la première personne qui me parle' (cette phrase qui me fait en plus dire qu'il vient de débarquer sur internet -ouaip je reviens dessus-, et pour chopper une connexion c'était pas simple à l'époque, pas comme mmaintenant un coup de wifi, mais dans ce cas si ca se passe aujourd'hui, les problèmes que j'ai exposé plus haut explosent Oo )

Ah et ca aurait pu être marrant qu'à la fin il devienne vraiment un fantôme qui fasse fuir les locataires, et c'est comme ca qu'il pouvait vivre  :D (bon là je tripe juste en mode fanfic)

Bon désolé de faire encore douter ton texte comme ca, je vais devoir réaffirmer que je l'ai bien aimé tel quel! (mais que j'aurai aimé le commenter avant, si j'avais su.. j'en suis désolé...)! Mais je crois quand même qu'il mériterai vraiment un traitement plus long parce que tu as de la matière  ;)


Citer
Edit : je viens de lire ton edit à toi... je te pardonne, j'ai trouvé ça drôle...  ::)

Euh, on parle de moi dans ton oreillette ?  :???:
No comment  :D
Euh, je ne sais pas qui tu es, mais oui j'ai des anges gardiens qui m'empêchent d'avoir l'air trop bête  :mrgreen:
(thx exta :calin: )
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: extasy le 30 Septembre 2015 à 23:25:45
No problemo o><o

Edit : ton texte était numéro 1 dans mon vote, gentil mout  :coeur:
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 01 Octobre 2015 à 17:09:41
Merci pour tes précisions cher Ben, et d'être repassé par là !
j'espère avoir l'occasion de parler de tout ça de vive voix avec toi un jour. (Ce serait plus facile ).
Je pense que si j'étais courageux et expérimenté, il y aurait un roman à écrire là-dessus sans doute. Comme tu le dis, il y a matière... Un jour peut-être...

Quand à Extasy  :coeur: s'il est dans les parages, je sais qu'il ne peut rien m'arriver de mal.  :)

Merci à tous les deux !!
Bisous !

Edit : trop merci Exta !!
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Kailiana le 03 Octobre 2015 à 19:23:26
Citer
jamais me servir de mon don pour voler,
un moment j'ai cru qu'il volait comme un oiseau
Citer
je me mis à bafouer cette règle sacrée, tout d'abord pour la bafouer,
répétition bafouer pas très jolie

Ah ben c'est une bonne surprise ! Au début j'étais sans plus dans le texte, je me disais "bon, juste une histoire d'une mère qui veut rendre son fils silencieux", puis l'invisibilité  arrive et je trouve que c'est très bien exploité  :) Je trouve qu'il y a une légère ambiance comme dans les nouvelles fantastiques, ou comme dans le Parfum (en moins bien quand même faut pas exagérer  :mrgreen:). J'ai au final beaucoup apprécié la lecture, tu fais apsser beaucoup de choses, c'est tendre et amer à la fois !
Et très jolie fin ^^
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 04 Octobre 2015 à 14:51:49
Bonjour Kailiana !

tu es la deuxième à vouloir le faire voler au-dessus du sol. Faut pas exagérer, il a un certain don, déjà, le vol sera pour une autre histoire !!

"tendre et amer"  :) je le vois bien comme ça aussi, merci.

Je suis très heureux que ça t'ait plu... et que la fin te convienne.
Merci pour ce gentil commentaire !
A bientôt !
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: Rémi le 04 Octobre 2015 à 16:21:41
Je plussoye, moi aussi j'ai pensé au Parfum.
Tchuss
Rémi
Titre: Re : [T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 04 Octobre 2015 à 16:29:14
Salut Rémi !  :)
 
Bigre, puisque vous êtes deux, il va falloir que le relise" le parfum".
C'est intrigant... et flatteur. (Même si je conçois humblement être inférieur à ce nouveau modèle.)
Merci en tout cas, merci à tous les deux.  ;)
Titre: Re : [AT n°6 | T18] Chhhhut...
Posté par: Pyjsa le 29 Décembre 2015 à 20:01:50
Merci de ce texte prenant.
Les leçons de silence m'ont malgré moi fait réagir en poussant quelques borborygmes.
Titre: Re : [AT n°6 | T18] Chhhhut...
Posté par: gage le 30 Décembre 2015 à 19:14:39
Ahh, alors tu n'aurais pas fait un très bon enfant imperceptible, on dirait !!   :D

Merci pour ton passage, en tout cas, et ravi que le texte t'aie plu.

À plus !