Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => L'antichambre de l'édition => Discussion démarrée par: autofic le 28 Mars 2015 à 19:59:01
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[Rain] Note : ce sujet est issu d'une discussion ayant eu lieu dans le topic Les mauvaises nouvelles éditoriales (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,11829.0.html), précisément à partir du message d'Aphone cité ci-dessous. Ne sachant pas trop où couper pour que ce nouveau sujet reste cohérent, j'ai pris la liberté de ne prendre que la partie qui traitait directement de la problématique du marketing dans les maisons d'édition. Pour le reste de la conversation et des réactions dans ce débat, rendez-vous ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,11829.msg255750.html#msg255750) !
Je suis d'accord avec ta vision, Anlor. Il s'agit là du bon éditeur, de celui qui ne me semble représenter que 5% de tous les éditeurs français, les vrais perles qui continuent de me faire aimer l'édition et c'est ça que je recherche. Mais aujourd'hui, de plus en plus, les éditeurs semblent confondre leur rôle premier avec celui de diffuseur ou de marketeux.
Pour avoir travailler au marketing chez Larousse,
une maison d'édition, c'est un business et oui il y a des marketers
qui bossent comme des malades car peu nombreux,
mais j'ai remarqué également que les éditeurs, du coup, prenait aussi ce rôle... et j'aime pas trop ça non plus...
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Je suis d'accord avec ta vision, Anlor. Il s'agit là du bon éditeur, de celui qui ne me semble représenter que 5% de tous les éditeurs français, les vrais perles qui continuent de me faire aimer l'édition et c'est ça que je recherche. Mais aujourd'hui, de plus en plus, les éditeurs semblent confondre leur rôle premier avec celui de diffuseur ou de marketeux.
Pour avoir travailler au marketing chez Larousse,
une maison d'édition, c'est un business et oui il y a des marketers
qui bossent comme des malades car peu nombreux,
mais j'ai remarqué également que les éditeurs, du coup, prenait aussi ce rôle... et j'aime pas trop ça non plus...
mmmh je trouve ça intéressant comme discussion
mais j'ai un peu de mal à comprendre : ça a l'air clair dans vos têtes que y a une frontière nette entre le boulot de marketeur et celui d'éditeur. moi je ne vois pas forcément hyper clairement la frontière : un éditeur (et même un écrivain d'ailleurs peut-être) il a forcément dans un coin de sa tête des idées sur la possibilité que des gens lisent le livre, aient envie de le lire, puissent avoir envie de l'acheter, non ?
Pour reprendre l'expression de Aphone : ce serait quoi le "rôle premier" de l'éditeur dont s'éloignent ceux qui s'intéressent à la dimension marketing ? le "rôle premier", ce serait tout ce qui est mise en page, enlever les coquilles ? mais même la mise en page, d'une certaine manière, c'est (un (tout petit) peu) du marketing, c'est à dire que c'est quelque chose qu'on fait en se disant "il faut que le bouquin soit beau et vendable", bref penser le beau sans penser à la réception (et donc aux lecteurs - et donc au fait que des gens puissent aimer - et donc au fait que des gens puissent avoir envie d'acheter), ça me paraît délicat.
Attention, ne me faites pas dire ce que j'ai pas dit : il faut ABSOLUMENT défendre les éditeurs qui prennent des risques, défendre le fait que y ait moyen d'éditer des livres originaux, audacieux, bizarroïdes donc risquant d'avoir du mal à trouver d'emblée un public etc., etc., là dessus on est à fond d'acc' hein. mais séparer de manière complètement étanche l'édition de la vente, ça ne me convainc pas complètement.
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Je crois qu'il faudrait renommer ce fils ou en créer 2...
Chez Larousse, on travaillait énormément avec les éditeurs.
Par exemple, souvent, c'est eux qui nous donner les points forts du livre..
Le boulot d'un marketer, c'est :
- de préparer les réunions de représentant (diapo/doc...) même si les éditeurs prennent la parole durant ces réunions/séminaires
- la recherche, ce qui est tendance => et qui donnera des livres de commandes
- les PLV, publicité sur le lieu de vente (chez Larousse un gros boulot), trouver une thématique, l'idée originale de la maquette pour mettre en avant les titres, négocier le prix, sélectionner ce qu'on met dans la PLV, où et combien (ce dernier point c'est en lien avec les représentants puisque c'est eux qui vont proposer aux libraires les PLV)
- préparation des salons du livre (PARIS)
- la publicité (notamment dans LIVRE HEBDO)
...
Pour moi le premier rôle d'un éditeur c'est de trouver et mettre en valeur des titres et auteurs sur le fond, sur le texte. Il n'y a pas le côté promotion. La promotion c'est le marketing.
Après dans les certaines grandes structures (Chez Larousse not.) il y a aussi le service commercial interne (pas les repré) qui eux négocie avec les gros gros (Leclerc/Auchan..), le marketing est un service qui ne négocie pas avec les libraires, assez de boulot avec les PLVistes. :)
Pendant que j'y pense, en général (pas chez Viviane Hamy par exemple) il n'y a pas de négociation/promotion bibliothécaire - éditeur/repré. Traditionnellement cela passe par l'appel d'offre et un libraire, la négociation est systématiquement 9% en France
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9 ? de quoi ?
Tu peux nous éclairer, stp ?
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En France, depuis 81 existe le prix unique du livre ou loi Lang
Cette loi, rend le livre au même prix partout MAIS
pour les clients privés seule une remise de 5% est autorisée sur le prix d'un livre.
Vous pouvez toujours la réclamer à votre libraire, c'est tout à fait dans votre droit.
Chez Leclerc, si c'est toujours le cas, ils la font systématiquement.
Pour les bibliothécaires et autres collectivités la remise autorisée est 9% sur le prix d'un livre.
En principe, ils doivent passer par un appel d'offre sur des sites spécialisés annonçant les thématiques qu'ils veulent acheter (par exemple : refaire le pôle jeunesse)
Les librairies "postulent", en donnant leur point fort (qualité du service, remise 9%...)
S'ils ne proposent pas une remise à 9% ils sont éliminés d'office.
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Merci pour ces précisions, Autofic. Si je comprends bien, il leur reste une marge de 15 à 25% (approximativement) selon les conditions de l'éditeur/du diffuseur, dans ce cas. Est-il juste de dire que le choix réside dans le fait de ventes plus importantes en quantité à moindre marge et moins de vente avec plus de marge ?
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Pour les librairies de premiers niveau généralement les libraires ont 40%-42%.
Pour les autres c'est environ 35%, 30% c'est vraiment bas (CRISIS).
Donc, -9% ça donne plus que 33% à 21% environ.
C'est sur des grosses quantités, oui, mais c'est autorisé seulement pour le public (ils ont toujours des avantages ceux là :) ) En aucun cas cela est autorisé pour des bibliothèques privés par exemple. Pour eux c'est 5%.
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Je crois qu'il faudrait renommer ce fils ou en créer 2...
Chez Larousse, on travaillait énormément avec les éditeurs.
Par exemple, souvent, c'est eux qui nous donner les points forts du livre..
Le boulot d'un marketer, c'est :
- de préparer les réunions de représentant (diapo/doc...) même si les éditeurs prennent la parole durant ces réunions/séminaires
- la recherche, ce qui est tendance => et qui donnera des livres de commandes
- les PLV, publicité sur le lieu de vente (chez Larousse un gros boulot), trouver une thématique, l'idée originale de la maquette pour mettre en avant les titres, négocier le prix, sélectionner ce qu'on met dans la PLV, où et combien (ce dernier point c'est en lien avec les représentants puisque c'est eux qui vont proposer aux libraires les PLV)
- préparation des salons du livre (PARIS)
- la publicité (notamment dans LIVRE HEBDO)
...
Pour moi le premier rôle d'un éditeur c'est de trouver et mettre en valeur des titres et auteurs sur le fond, sur le texte. Il n'y a pas le côté promotion. La promotion c'est le marketing.
Après dans les certaines grandes structures (Chez Larousse not.) il y a aussi le service commercial interne (pas les repré) qui eux négocie avec les gros gros (Leclerc/Auchan..), le marketing est un service qui ne négocie pas avec les libraires, assez de boulot avec les PLVistes. :)
Pendant que j'y pense, en général (pas chez Viviane Hamy par exemple) il n'y a pas de négociation/promotion bibliothécaire - éditeur/repré. Traditionnellement cela passe par l'appel d'offre et un libraire, la négociation est systématiquement 9% en France
c'est vrai, il faudrait en créer un autre (traitant des éditeurs, par ex) car à présent on s'est carrément éloigné du fil initial !