et je l’aime, lui son regard est ailleurs, car il aime et contemple, et son cœur est jeune encore.
je suis prêt, peut-être, à t’écouter…
Les fins vaisseaux de bois filaient sous les étoiles, dévalant la houle et s’engouffrant dans les récifs.
L’aîné avait chassé le cadet, de la suie coulait du ciel –
J’ai, Ancêtre, est-ce là notre genèse ? lu dans les étoiles que
un sang de seiche noircissait le cosmos, et noircies les lames goulues, les étoiles crasseuses ;
Rano Raraku pourvoyeur de chair immortelle, debout.
île et île, archipels dans le vague.
Grand ancêtre conseille-moi je ne suis pas de pierre et je ne sais plus lire.
Rapa Nui dans le matin clair.
Maintenant les grands moais
Les grands moais ont les yeux révulsés et la mort hante les béances de leur regard. Les grands moais
Dos à la mer, regardant les étoiles, c’est la mort qu’ils me soufflent –
Pour "lui", peut-être bien, je vais voir. Mais je voulais marquer l'opposition, "je"/"lui". S'il n'y a que "son", c'est moins marqué... pour "est", c'est à cause de l'homonymie ? Pour "encore", en fait j'ai failli l'écrire "encor", c'est vraiment avec cette connotation un peu vieillotte et racinienne...Citeret je l’aime, lui son regard est ailleurs, car il aime et contemple, et son cœur est jeune encore.
La formulation de cette phrase est vraiment étrange. D'abord la séparation entre "aime" et "lui son regard". J'ai relu plusieurs fois et ça ne passe pas très bien. Je pense que c'est le "lui" qui fausse tout, je dirai même qu'il est inutile. Ensuite j'ai un problème avec le reste de la phrase : les deux premiers "et" sont bien, c'est poétique, mais avec le "est" par la suite, ça en donne un nouveau et de trop. Le "encore" me gêne.
c'était pour rendre ses hésitations... pareil pour la suite, avecCiterje suis prêt, peut-être, à t’écouter…
C'est correct mais dans le rythme "peut-être" est peut-être inutile :)
en fait, le récit de l'arrivée des Polynésiens sur l'île de Pâques alterne avec son apostrophe au moai. Du coup, le narrateur se souvient : "lu dans les étoiles que / Les flots gris de l'ouragan se mouraient". Mais il y a une dissociation chronologique, et le récit de l'arrivée des Polynésiens tente un peu de s'affranchir du souvenir du narrateur, il veut acquérir une sorte d'autonomie (j'ai essayé de faire quelque chose de plus poétique, de plus fort pour ces morceaux-là)... enfin c'est comme ça que je le vois.CiterJ’ai, Ancêtre, est-ce là notre genèse ? lu dans les étoiles que
Formulation étrange, peut-être revoir l'ordre + problème avec le paragraphe qui suit (le lien ? pourquoi ce saut de ligne...)
c'est pour marquer le brusque retour au temps présent, celui du narrateur, dont les souvenirs s'interrompent. Et graphiquement ça marque plus nettement les deux sortes de récit...CiterL’aîné avait chassé le cadet, de la suie coulait du ciel –
Le tiret à la fin c'est pour une "inspiration", c'est pour quoi ?
une incompréhension ? pour "sang", déjà "du sang de seiche" je trouve ça moins joli, avec ces "d". Et puis l'article indéfini, ça apporte quelque chose de presque familier, dans le sens où "un sang de seiche" peut résonner à l'oreille comme "un noir de poix" (c'est bien ça l'expression ? ou j'ai fait un cocktail de deux différentes ? xD)...Citerun sang de seiche noircissait le cosmos, et noircies les lames goulues, les étoiles crasseuses ;
J'aime pas trop ici le "un sang", pourquoi "un" ? + noircissait et noircies (répétition qui peut donner une incompréhension dans la lecture)
le Rano Raraku c'est le volcan de l'île de Pâques qui abritait les grandes carrières de pierre exploitées par les Pascuans pour élever leurs moais.CiterRano Raraku pourvoyeur de chair immortelle, debout.
Qui est Rano Raraku ?
c'est pour dire que l'obscurité perd bastion après bastion... et "vague" parce que c'est une pénombre puis un demi-jour, on est encore à la frontière entre la nuit et l'aube... et puis pour jouer avec les sens de "vague" bien sûr.Citerîle et île, archipels dans le vague.
île et île ? je ne comprends pas
c'est un vent de panique :mrgreen: non bon le narrateur a peur, l'angoisse le gagne et le temps le presse. Et le moai ne répond pas.CiterGrand ancêtre conseille-moi je ne suis pas de pierre et je ne sais plus lire.
Problème avec la ponctuation ici.
c'est le nom que donnent les Polynésiens à l'île de Pâques. Et pour eux aussi : ils ne disent pas "le peuple pascuan" mais "le peuple rapanui".CiterRapa Nui dans le matin clair.
De même, c'est qui ? :)
arf oui en fait il faudrait que j'explicite parce que le poème pour le coup ne doit avoir aucun intérêt si on ne comprend pas... ce sont les grandes statues de l'île, j'ai mis un lien dans un post précédent.CiterMaintenant les grands moais
C'est quoi "moais" ?
ouip c'est fait exprès, d'ailleurs il y en a une troisième je crois ? ou quelque chose du même goûtCiterLes grands moais ont les yeux révulsés et la mort hante les béances de leur regard. Les grands moais
Répétition.
là c'est comme avant, pour la brusque interruption du récit, et puis "soufflent" ça fait aussi on souffle la poème, il s'éteint ; et puis, au début du poème (ou du texte, heu...) c'était pour un retour au temps présent, après un paragraphe où les souvenirs s'autonomisaient... là ça veut dire que, peut-être, il y a une troisième voix... voire que ça s'enchaîne comme ça, des récits gigognes dont on ne sait quel sera le dernier...CiterDos à la mer, regardant les étoiles, c’est la mort qu’ils me soufflent –
Visiblement le "-" n'est pas une inspiration, mais c'est pour quoi alors ?
c'est à cause de l'homonymie ?
une incompréhension ? pour "sang", déjà "du sang de seiche" je trouve ça moins joli, avec ces "d". Et puis l'article indéfini, ça apporte quelque chose de presque familier, dans le sens où "un sang de seiche" peut résonner à l'oreille comme "un noir de poix" (c'est bien ça l'expression ? ou j'ai fait un cocktail de deux différentes ? xD)...
un sang de seiche noircissait le cosmos, et noircies les lames goulues, les étoiles crasseuses ;
un sang de seiche noircissait le cosmos, et noires les lames goulues, noires les étoiles crasseuses ;
Grand ancêtre conseille-moi je ne suis pas de pierre et je ne sais plus lire.j'aime moins que le reste niveau rythme
Grand ancêtre apprends-moi par le cœur ce que tu as scellé aux tréfonds du basalte,virgule après ancêtre ?
les rondins roulaient sur ton dos souviens t’en, ton visage dur en ce temps-là fut si proche de la terre florissante, sais-tu que leurs corps mangés par les vers ont pourri loin des carrières du Rano Raraku ?j'aime moins
Grand ancêtre apprends-moi par le cœur ce que tu as scellé aux tréfonds du basalte, chuchote en langue d’autrefois ce que tes oreilles si longues ont perçu lorsqu’ils t’acheminaient du volcan aux falaises, les rapanui défiant la mort et l’océan, les rondins roulaient sur ton dos souviens t’en, ton visage dur en ce temps-là fut si proche de la terre florissante, sais-tu que leurs corps mangés par les vers ont pourri loin des carrières du Rano Raraku ? Ils sont tombés et leurs esprits ont erré en vain près des statues. Maintenant les grands moais tombent face contre terre, brisés par le vent, rongés par les pleurs de la houle, sourds aux suppliques et muets toujours, tombent et ne me suivent, car leur sente est celle qui mène aux étoiles, les torches blanches à la proue des esquifs aînés, je suivrai ceux qui les rejoignent en brisant leur bogue de lave froide, tombent et se brisent, tombent.Je les trouve en dessous du reste et ils ne te valent pas.
Conseille-moi, ancêtre ; courbé face au volcan, et la chair en cendres aux prises avec la coulée visqueuse… mais qui pour m’extraire de la roche noire et pour me sculpter les traits des ancêtres et me traîner jusqu’aux falaises et hisser mon visage au plus près des étoiles – j’ai vu mes frères choir dans le vent et je te trouve perclus et brisé, la mort se cramponne à mes flancs, je suis son dernier repas. Car il est dit que l’aîné devait régner sur l’atoll et le cadet affronter l’aigreur de l’exil du bout du monde, et la fuite rampe encore et se perd ou s’élève entre les piliers de Rapa Nui. Vient le temps pour les nôtres du bannissement vers les étoiles. Ancêtre, si c’est toi le dernier, qui est l’homme à tes pieds qui te somme et t’implore ? Je suis, moi, l’homme de trop.
moi aussi, tout commeCiterGrand ancêtre conseille-moi je ne suis pas de pierre et je ne sais plus lire.j'aime moins que le reste niveau rythmeCiterGrand ancêtre apprends-moi par le cœur ce que tu as scellé aux tréfonds du basalte,virgule après ancêtre ?Citerles rondins roulaient sur ton dos souviens t’en, ton visage dur en ce temps-là fut si proche de la terre florissante, sais-tu que leurs corps mangés par les vers ont pourri loin des carrières du Rano Raraku ?j'aime moins
Grand ancêtre apprends-moi par le cœur ce que tu as scellé aux tréfonds du basalte, chuchote en langue d’autrefois ce que tes oreilles si longues ont perçu lorsqu’ils t’acheminaient du volcan aux falaises, les rapanui défiant la mort et l’océan, les rondins roulaient sur ton dos souviens t’en, ton visage dur en ce temps-là fut si proche de la terre florissante, sais-tu que leurs corps mangés par les vers ont pourri loin des carrières du Rano Raraku ? Ils sont tombés et leurs esprits ont erré en vain près des statues. Maintenant les grands moais tombent face contre terre, brisés par le vent, rongés par les pleurs de la houle, sourds aux suppliques et muets toujours, tombent et ne me suivent, car leur sente est celle qui mène aux étoiles, les torches blanches à la proue des esquifs aînés, je suivrai ceux qui les rejoignent en brisant leur bogue de lave froide, tombent et se brisent, tombent.
Conseille-moi, ancêtre ; courbé face au volcan, et la chair en cendres aux prises avec la coulée visqueuse… mais qui pour m’extraire de la roche noire et pour me sculpter les traits des ancêtres et me traîner jusqu’aux falaises et hisser mon visage au plus près des étoiles – j’ai vu mes frères choir dans le vent et je te trouve perclus et brisé, la mort se cramponne à mes flancs, je suis son dernier repas. Car il est dit que l’aîné devait régner sur l’atoll et le cadet affronter l’aigreur de l’exil du bout du monde, et la fuite rampe encore et se perd ou s’élève entre les piliers de Rapa Nui. Vient le temps pour les nôtres du bannissement vers les étoiles. Ancêtre, si c’est toi le dernier, qui est l’homme à tes pieds qui te somme et t’implore ? Je suis, moi, l’homme de trop.
Bon alors niveau sens, avant de voir la photo, j'avais rien de rien compris :-¬? Du coup le texte ne m'a pas vraiment (pas du tout :-[ ) parlé. C'est dommage, parce que sinon c'est du Lo', ie super bien écrit. Mais... niveau sens, je nageais trop. Déjà en temps normal lorsqu'on sait de quoi tu parles faut se concentrer sur ce qu'on lit pour te comprendre avec ton style (ce n'est pas forcément un défaut). Mais si en plus on ne connait pas du tout le sujet, c'ets mort.or donc oui, mais je ne vais pas mettre une photo, parce qu'à ce moment-là autant faire une grande photo qui s'appellerait "dessin" et pas "poème" (ou texte, oui je vais le mettre dans l'autre section, ou alors non je vais peut-être le raccourcir comme tu le suggères, en tout cas une chose est sûre c'est qu'il ne végètera pas, mais tout ce qui sort de cette certitude est un peu dans l'suspense xD j'ai un phrasé dégoulinant de versatilité, hikikikih - ça va très mal ! mais je suis de bonne humeur c'est pour ça. Et je me reprends. Hop, repris.)
Sinon, je me disais... je sais pas trop pourquoi tu classes ce texte dans les poèmes, je le verrais plus dans les textes. Et puis aussi, quand tu veux faire de la prose poétique comme dans ce texte là, pourquoi tu n'essaie pas de faire plus court ? Jveux dire, t'écris super bien. Mais j'ai l'impression que sur un texte comme ça, où le sens est plus que brumeux, ça fonctionnerait bcp mieux si c'était "très" court, si tu n'allais qu'à l'essentiel - on aurait moins le temps de se dire "pfff je comprends rien", et plus le temps d'apprécier la prose. Non ?donc voilà ça j'ai déjà répondu, hop.
hiiiin c'est intéressant, j'ai jamais essayé cette fonction.
Donc j'ai relu le texte en sachant de quoi ça parlait. Et vraiment, je suis admirative du style, surtout au début. Donc déjà je te conseille de mettre une photo/un dessin au début du texte.oh comment j'suis trop fort j'ai déjà répondu à ça aussi ! xD (et je ne me suis toujours pas repris...) merci, sinon :-[ Secret de Loredan à Kailiana : (il y a une phrase où je me suis inspiré de Hobbes mais il faut pas le répéter c'est un secret de toi à moi.) Fin du secret.
Il est certain que ça peut être encore amélioré, car en fait avec la manière dont tu écris tu embellis toutah oui c'était ça le problème que j'arrivais pas à cerner. Quand je fais des images elles sont toujours mélioratives ! je vais aller relire Baudelaire... bonne idée ça, très, si. Merci.
En fait je pense que ce qu'il manque c'est un cadre. Jveux dire (je vais encore dire un truc incompréhensible mais c'est pas grave :mrgreen:) ce que tu as écrit là c'est un tableau. Mais il n'a pas de cadre, et c'est comme si la peinture toute entière était mise en relief, jveux dire tous les détails sont bien peints mais du coup l'impression générale en pâti, et... bref, on a du mal à l'apprécier.donc ça très sincèrement c'est ce qui m'arrache un rire virtuel (et un vrai haussement de sourcil, et un vrai rire avorté)
Leurs portées de rêves à la nuit réticente. Songent aux infimes éclaboussures de lune qui mouillent les cieux grisL'idée du paragraphe d'intro avec "ile de Paques" est bonne, mais j'aime moins ces phrases : la première j'ai du mal à la comprendre, et je la trouve... mal introduite ; la deuxième, ici, j'aime pas trop l'absence du sujet.
Grand ancêtre conseille-moi je ne suis pas de pierre et les morts seuls m’interpellent.J'aime toujours moyen. En fait c'est le début "grand ancêtre conseille-moi je ne..." que je trouve... je sais pas, j'aime pas le rythme
disloqués loin de l’éjaculation stellaire,euh oui "éjaculation" c'est bof pour parler des étoiles :mrgreen: Disons que ça va pas du tout dans le ton du texte :-¬?
Ces jours répondaient aux nôtres, les grands moais tombent face contre terre, brisés par le vent, rongés par les pleurs de la houle, sourds aux suppliques et muets toujours, tombent et ne me suivent, car leur sente est celle qui mène aux étoiles, les gouttelettes blanches maculant l’immortelle nuit des esquifs aînés, je suivrai ceux qui les rejoignent en brisant leur bogue de lave froide, tombent et se brisent, tombent, disloqués loin de l’éjaculation stellaire, l’œil torve qui plonge dans l’humus, des caillots terreux abîmant le regard, et le souffle court, l’éternité qui les rattrape.Et de manière générale j'aime pas trop ce paragraphe/phrase. En particulier, "et ne me suivent", je crois que je l'avais pas dit avant mais j'avais un peu accroché et j'accroche toujours, c'est bof à prononcer
Ils ont délaissé Rapa Nui un à un, noirs et voûtés dans le ciel sans nuées, si grands,Jsuis pas sûre que "si grands" soit vraiment utile (jveux dire perso j'ai pas besoin que tu le dises à cet endroit là pour les imaginer "si grands" et ça accroche un peu dans la phrase)
Ceci dit j'ajoute comme Kailiana qu'il faudrait faire des phrases moins longues car sinon on perd vite le sens du texte.Euh j'ai dit ça où que c'était la faute à la longueur des phrases ?
Euh j'ai dit ça où que c'était la faute à la longueur des phrases ?
mais qui pour m’extraire de la roche noire et pour me sculpter les traits des ancêtres et me traîner jusqu’aux falaises et hisser mon visage au plus près des étoiles – j’ai vu mes frères choir dans le vent et je te trouve perclus et brisé, la mort se cramponne à mes flancs, je suis son dernier repas.Voilà. En fait faut que je parte >< Donc je laisse ce début de commentaire et je terminerai tout à l'heure, toutes mes excuses
Citerdisloqués loin de l’éjaculation stellaire,euh oui "éjaculation" c'est bof pour parler des étoiles :mrgreen: Disons que ça va pas du tout dans le ton du texte :-¬?
CiterIls ont délaissé Rapa Nui un à un, noirs et voûtés dans le ciel sans nuées, si grands,Jsuis pas sûre que "si grands" soit vraiment utile (jveux dire perso j'ai pas besoin que tu le dises à cet endroit là pour les imaginer "si grands" et ça accroche un peu dans la phrase)
d'accord. Pourtant ça colle bien j'trouve, mais... ouais, problème de registre en effet.Citation de: KailianaCiterdisloqués loin de l’éjaculation stellaire,euh oui "éjaculation" c'est bof pour parler des étoiles :mrgreen: Disons que ça va pas du tout dans le ton du texte :-¬?
Idem, dans ma lecture j'ai buté sur ce mot et je me suis prise à le relire deux fois. Pareil que Kail' ça convient pas vraiment au ton du texte.
Par contre le "grand ancêtre conseille moi..." contrairement à Kail' je trouve que le rythme imposé (faut manger chaque mot séparément en faisant attention à ne pas abîmer les mots...enfin bref :mrgreen: ) est intéressant parce qu'il dégage une certaine majesté, un profond respect.d'acc, en fait j'avais pensé à le modifier... ben je verrai alors.
Idem, je pense que le rajout "si grand" est inutile ici.ouip je l'enlève.
[ah aussi j'ai pas pu m'empêcher d'y voir un parallèle avec les dragons et les Anciens de Hobb...(Hobb quand tu nous tient... ><)]je m'en suis rendu compte en l'écrivant, et encore j'ai enlevé des passages où c'était plus flagrant xD