Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Loïc le 11 Août 2015 à 10:35:52

Titre: L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 11 Août 2015 à 10:35:52
C'est un vieux texte que j'aimerais bien retaper, un jour, mais pas dans l'immédiat.
Commentaires bienvenus, généraux ça suffira.

Il y a un syno ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17989.0.html).

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.





Les dieux n’ont pas d’enfance, mais ils ont une jeunesse ; et Perséphone faisait sa crise d’adolescence avant même que le concept existât.
« J’en ai marre de toi ! Tu me laisses jamais rien faire ! » elle criait à la sage Déméter qui essayait, tant bien que mal, d’asseoir son autorité maternelle.
« Tu m’écoutes, maintenant ! Je suis ta mère et c’est moi qui décide ! »
Personne n’a dit que les dieux sont de grands éducateurs.
« Je te déteste ! »
Sur ces mots, le visage mouillé de larmes, Perséphone courut se réfugier dans sa chambre d’olivier. Un rideau de jeunes arbres vint en fermer l’entrée à Déméter. La déesse resta là un moment, puis partit en maugréant contre sa fille.
Couchée dans son lit de feuilles mortes, Perséphone pleurait. Elle en avait assez d’être confinée dans les limites trop strictes mises par Déméter et rêvait à de plus grands espaces. Elle n’avait même jamais pu parcourir l’ensemble de sa Sicile natale. Les raisons données par sa mère lui semblaient être un tas d’inepties. Elle était une déesse, fille de Déméter et de Zeus, de quel droit la gardait-on enfermée ?
Un moment plus tard, Perséphone sécha ses larmes et se releva. Elle ne voulait plus pleurer.  Elle allait partir et Déméter n’aurait qu’à venir la chercher si ça ne lui plaisait pas. Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer. Perséphone s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.
Elle hésita au moment de passer la limite du territoire où elle avait l’autorisation d’aller et venir librement. Sa colère était retombée et s’élever contre les ordres de sa mère ne lui semblait plus valoir autant le coup. Rassemblant tout son courage, la jeune déesse franchit le pas. Elle fut surprise et un peu déçue de ne pas sentir de différence. Cela la fit presque repartir en arrière. La curiosité l’emporta cependant et elle reprit son chemin.
*
*   *

Déméter avait senti le départ de sa fille dès l’instant où elle avait passé les frontières du domaine. La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Vide. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.

*
*   *

L’été touchait à sa fin. Déjà, les arbres avaient commencé à se vêtir de leurs nouvelles couleurs. Il faisait encore chaud. Perséphone voyagea pendant plusieurs jours. Elle se prélassa dans les rivières ou sous le soleil, insouciante, heureuse d’être libérée du carcan de Déméter. Un après-midi, alors qu’elle cueillait des fleurs pour s’en faire une couronne, un bruit attira son attention. La jeune déesse pensait trouver une biche ou quelque autre animal, mais elle fut surprise de voir un homme se déplacer assez peu discrètement entre les arbres. Perséphone se hissa sur une branche afin de pouvoir mieux observer.
En fait d’un homme, elle s’aperçut rapidement qu’il s’agissait d’un dieu. La prestance et le pouvoir qui se dégageaient de lui le différenciaient nettement des quelques humains qu’elle avait croisés jusque-là. Une barbe fournie occupait une bonne partie de son visage. Le plus remarquable était cependant ses yeux. Froids, inquisiteurs, morts. Il s’arrêta soudain.
« Qui que vous soyez, montrez-vous donc. »
Il regardait, sans erreur possible, vers l’arbre sur lequel Perséphone était perchée. La jeune déesse sauta à terre, un peu rouge. L’inconnu ôta son casque et la salua.
« Bien le bonjour belle dame. Je suis Hadès, roi du monde souterrain. »
« Oh… »
Perséphone comprenait enfin qui il était.
« Perséphone, déesse de… rien pour l’instant. »
Hadès la détaillait, visiblement intrigué. Perséphone se prit à rougir de plus belle.
« Que faites-vous donc si loin de votre royaume ? »
Elle tentait de se donner une contenance.
« Mon royaume n’est jamais très loin. Je ne fais que me promener, examiner les merveilles de la nature. »
Une pause puis il reprit.
« Excusez-moi, je ne me souviens pas d’avoir déjà entendu parler d’une Perséphone. »
Cette dernière releva la tête d’un air de défi.
« Je suis fille de Déméter et de Zeus ! »
« Oh ? Il semble que mon frère n’a pas changé après toutes ces années. Toujours à courir les jupons. Et vous, que faites-vous là ? »
Perséphone haussa les épaules.
« Je me promène. »
Elle montra son bouquet au roi des Enfers.
«  Et je cueille des fleurs. »
La jeune déesse hésita un instant. Hadès représentait une chance inespérée de voir d’autres merveilles.
« Dites, vous me montreriez votre domaine ? »
Hadès parut aussi surpris que ravi.
« Vous êtes sûre ? Ce n’est pas très coloré. »
Perséphone acquiesça. Hadès claqua des doigts. La terre se mit à trembler tout autour, faisant vaciller la jeune déesse qui s’accrocha comme elle put à ce qu’elle trouva de plus proche, à savoir le dieu des Enfers. Une gigantesque porte à double battant, deux fois plus grande que Hadès au moins, sortit du sol. Le bois et les tenants étaient noirs, sans fioriture. 
« C’est par là. »
Les portes s’ouvrirent et Perséphone suivit Hadès dans les Enfers.

*
*   *

Alors que les portes de l’Enfer se refermaient et retournaient à la terre, une vieille femme arriva sur les lieux. Elle se précipita en avant mais ne put que l’effleurer. À genoux, elle tapa le sol de ses poings ridés.
« HADES ! »
Son rugissement fit s’envoler les quelques oiseaux qui étaient restés là.

*
*   *

Perséphone n’avait jamais quitté la Sicile. Son excitation était à son comble tandis que Hadès et elle cheminaient dans un long couloir qui s’enfonçait de plus en plus sous terre.
« Ce n’est pas l’entrée la plus clinquante », fit remarquer Hadès. « Mais elle mène directement à mon palais. »
En effet, ils débouchèrent rapidement dans une petite cour. Des torches, accrochées au mur, brûlaient d’une flamme bleutée, donnant à la scène une ambiance surréelle, même pour une déesse comme Perséphone. Derrière eux, une immense forteresse dominait les lieux. Elle était faite de la même pierre que la porte qu'ils avaient passée quelque temps plus tôt, mais la sobriété que Perséphone avait remarquée alors n'avait plus cours ici. Des gargouilles et des pierres précieuses ornaient la forteresse. Pas d'or ou de diamant brillant de mille feux, mais de l'améthyste, de l'émeraude ou du saphir qui reflétaient légèrement la faible lumière des Enfers. Hadès lui tendit la main.
« Puis-je ? »
Perséphone la saisit et Hadès l'entraina en direction du palais. Deux lourds battants s'ouvrirent devant eux et ils pénétrèrent à l'intérieur ; un intérieur qui ressemblait largement à l'extérieur, n'étaient-ce le mobilier et les tapisseries qui parsemaient les couloirs et les salles que les deux dieux traversaient. C'était très différent de ce qu'elle connaissait, du domaine de sa mère fait de feuilles et d'arbres. Ils arrivèrent dans un petit salon. Plusieurs fauteuils étaient disposés en cercle autour d'une cheminée où brûlait un feu rassurant.
« Installez-vous, je vous en prie. »
Un homme - humain pour autant que Perséphone pouvait en juger - apparut à la porte.
« Vous avez besoin de quelque chose, Seigneur Hadès ? »
« Amenez donc une bouteille de nectar. Et allez chercher les Moires et les Erinyes. »
« Bien, Seigneur. »
L'homme s'inclina et disparut. Hadès s'assit à côté de Perséphone.
« Quitte à ce que vous soyez là, autant que vous rencontriez les autres habitantes des Enfers. Elles sont d'une compagnie agréable, quoi qu'on en dise au-dessus. »
« J'en serais très honorée », répondit Perséphone, assez timidement.
Une femme ne tarda pas à entrer. Elle déposa une bouteille de terre cuite et une dizaine de gobelets sur la table, avant d'en remplir deux d'un liquide doré. Elle sortit sans un mot. Hadès se saisit des deux gobelets et en tendit un à Perséphone.
« Je pense que nous pouvons commencer sans attendre que ces dames arrivent. Qui sait ce qu'elles font en ce moment, elles sont souvent occupées. À votre santé et à votre visite en ces lieux. »
Perséphone sourit et leva le gobelet, puis y trempa ses lèvres. Elle reconnut la douceur du nectar.
« Hmmmm. »
On frappa de nouveau. Trois femmes entrèrent. La première, très jeune, avait les mains occupées par deux aiguilles. Elles s'agitaient dans tous les sens pour tirer un long fil presque invisible. Derrière elle, se tenait une femme plus âgée. Elle tirait le fil sans cesser de regarder devant elle. Les yeux de la troisième étaient fixés sur Perséphone. Une paire de ciseaux était à sa ceinture, près d'une main ridée.
« Les Moires », présenta Hadès. « Clotho, Lachésis et Atropos. Asseyez-vous avec nous, mesdames. Du nectar ? Je vous présente Perséphone, fille de Démeter. »
Les trois femmes hochèrent la tête en s'asseyant.
« Oui, nous savons », dit Clotho en désignant du menton le fil qu'elle tissait inlassablement. Sa voix était fluette, ses mains petites, jeunes, mais ses yeux... Clotho aussi était plus âgée que Perséphone. La déesse déglutit en voyant son existence se dérouler devant elle. Elle distingua une coupure sur le fil. Récente, tout près de la main de Clotho. Elle n'eut pas plus le temps d'y penser, cependant : les Erinyes firent également leur entrée. Elles n'avaient pas grand-chose à voir avec leurs grandes sœurs. Leurs visages étaient durs, fermés. Des lames ensanglantées pendaient à leur côté.
« Mégère, Tisiphone et Alecto ». Hadès continuait les présentations. Perséphone avait déjà entendu parler des Érinyes mais ne les avais jamais rencontrées. Pas plus que les Moires, par ailleurs, mais leur réputation était bien plus sombre.
« Enchantée », dit Tisiphone en s'asseyant, sans sourire. Elle servit le nectar à ses sœurs et elles levèrent leur verre.
« Et bienvenue parmi nous, Perséphone ».
La déesse parla peu. Elle écouta Hadès et ses invitées lui raconter les Enfers et leurs tâches respectives. Elle se sentait bien ici, loin de sa mère et de ses interdictions. Le temps passait sans l'atteindre, sans ennui. Les Erinyes finirent par repartir, puis ce fut au tour des Moires. Juste avant de passer les portes, elles se retournèrent vers Perséphone.
« Nous nous reverrons bientôt », commença Clotho.
« Vous aurez une décision à prendre », continua Lachésis.
« Qui pourrait changer la face du monde, » acheva Atropos.
Sur ces mots, elles quittèrent le palais, laissant une Perséphone médusée face à un Hadès songeur.
« De quoi parlaient-elles ? »
« Comment puis-je le savoir ? » Le dieu des Enfers haussa les épaules. « Je ne suis pas de ceux qui comprennent la Destinée. »
Il se leva et lui tendit la main.
« Venez, j'ai encore beaucoup d'autres choses à vous montrer. »
Perséphone sourit et le suivit.

*
*   *

Affalé dans son siège, Zeus regarda Déméter monter jusqu’à lui. La fureur déformait les traits de son ancienne amante. Le roi des dieux sentit que les ennuis approchaient. Quoi que Déméter lui voulût, ce ne serait pas de tout repos.
« Bienvenue sur l'Olympe, Déméter », commença-t-il quand elle fut arrivée devant lui. « Comment puis-je t'aider ? »
« Ton frère a enlevé ma fille. Je veux qu'il me la rende. MAINTENANT ! »
« Poséidon ? Tu es sûre de toi ? Non que ça ne lui ressemble pas, mais il me semblait concentré autre part, ces derniers temps. »
« Mais non, Hadès. »
Zeus ne répondit rien. L'affaire, si elle se révélait vraie, était gênante. Hadès comme Déméter possédaient de grands pouvoirs et pouvaient nuire aux dieux comme aux humains. Il fallait traiter avec prudence et diplomatie.
« Très bien. » Il se leva. « Sois tranquille, je vais aller voir de quoi il retourne. »
« Et me ramener ma fille ? »
« Je vais voir ce que je peux faire. »
« Tu as intérêt, Zeus, si tu veux que les humains puissent avoir à manger. »
« Je t'ai dit que je vais voir ce que je peux faire. Maintenant laisse-moi si tu veux que je puisse t’aider. »

*
*   *

Combien de temps Perséphone et Hadès avaient-ils passé dans les Enfers à en visiter les moindres recoins ? Aucun des deux ne le savait avec précisions. Il n’y avait ni jour ni nuit pour se repérer dans le royaume d’Hadès. Il y faisait toujours grisâtre, brumeux. Ce n’était pas de nature à repousser la jeune déesse, cependant. Pour le plus grand plaisir de son hôte, elle trouvait des merveilles dans des endroits insoupçonnables.
La visite dut cependant prendre fin quand un messager vint les trouver sur les bords du Léthé. Il parut quelque peu agité aux yeux de Perséphone.
« Monseigneur, y a… votre frère. Il vous attend. Au palais. »
Hadès et Perséphone se regardèrent sans comprendre, puis le dieu des Enfers haussa les épaules.
« Tiens, depuis le temps. Venez donc avec moi si vous le voulez bien. Vous ne voulez pas manquer de telles retrouvailles. »
Perséphone hocha la tête et prit le bras que lui tendait Hadès. Ils marchèrent un temps jusqu’au palais. Quand ils y arrivèrent, la jeune déesse vit qu’une toute autre puissance s’en dégageait. Il y avait plus que la froideur de la mort qui émanait du domaine de son hôte.
« Il fait un sacré effet, n’est-ce pas ? »
Le seigneur des Enfers avait remarqué son trouble.
« On finit par s’y habituer, même s’il vient malheureusement trop peu souvent. »
Il l’entraîna vers les marches mais Perséphone aperçut les Moires assises sous un arbre. Elle reconnut Clotho qui, sans doute possible, lui demandait de venir.
« Excusez-moi, je vais rester ici un instant. Allez-y, je vous rejoindrai. »
Hadès leva les yeux, hocha la tête et la lâcha :
« Bien entendu. À plus tard. »
Perséphone se dirigea vers l’arbre. Il était grand ; très grand. Des centaines de fruits rougeâtres pendaient à ses branches. Dessous, les trois Moires avaient l’air minuscule. Elle aussi, d’ailleurs.
« Il est temps », commença Clotho.
« Temps de quoi ? »
« De prendre votre décision. » Lachésis avait pris la parole. « Zeus est là pour vous. Votre mère menace d’affamer la terre, elle croit que Hadès vous a enlevée. »
« Mais ce n’est pas vrai ! »
« La vérité importe peu au roi des dieux. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous ramener, et son pouvoir est grand. »
Perséphone ne répondit pas tout de suite. Les larmes commençaient à lui monter aux yeux. Elle ne voulait pas remonter. Pas tout de suite, en tout cas.
« C’est un grenadier », commenta Atropos en désignant l’arbre qui les surplombait. « Le grenadier des Enfers. »
« Ceux qui mangent de ses fruits… »
« Ne peuvent plus quitter ce royaume. »
Une grenade tomba juste devant Perséphone. La jeune déesse se pencha et la ramassa. Elle l’examina un moment. C’était une option radicale. Elle se plaisait ici. Mais y rester toute son immortalité... Serait-ce pire que la Sicile ?
Elle leva la tête vers les Moires. Elles la regardaient avec intensité. Un léger sourire flottait sur les lèvres de Clotho.
« Allez-y maintenant, ils vont vous attendre. »
Perséphone se détourna et entra dans le palais.

*
*   *

Hadès et Zeus étaient installés dans les fauteuils en face de la cheminée désormais éteinte. Ils avaient déjà vidé plusieurs gobelets de nectar sans que le roi des dieux en vînt aux faits. Finalement, Hadès ne tint plus.
« Nom de toi mon frère, que viens-tu faire ici ? Je sens bien que ce n’est pas juste une visite de courtoisie. »
Zeus lui lança un regard noir et soupira.
« Déméter veut que tu lui rendes sa fille. »
« Que je lui… Quoi ? »
Hadès ne comprenait pas. Il regarda son frère avec des yeux ronds. Puis la lumière se fit. Il éclata de rire.
« Non mais… tu crois sérieusement que… Elle croit que… ? »
Le seigneur des Enfers se calma puis reprit plus sérieusement.
« Je ne suis pas comme toi, Zeus. Je ne trompe ni n’enlève les femmes. Pas plus que les hommes, d’ailleurs. Tant qu’ils sont vivants en tout cas. Tu peux aller dire à Déméter que sa fille remontera quand elle le souhaitera. »
« Je ne peux pas faire ça, Hadès. Elle va laisser les hommes mourir. Il faut que je la ramène avec moi. »
« Et quoi ? Qu’est-ce que je dois faire dans l’histoire ? Va voir avec elle si tu peux la convaincre sans la tromper. Encore une fois, c’est elle qui a demandé à venir. »
« Tu pourrais lui demander de partir… »
Une voix forte résonna dans la pièce.
« Est-il si difficile de me laisser décider ? »

*
*   *

Zeus et Hadès  se tournèrent vers Perséphone alors qu’elle entrait, la grenade toujours serrée dans la main.
« Père », elle dit simplement à Zeus. La jeune déesse s’assit sur le fauteuil laissé libre et se servit une large rasade de nectar sans laisser le temps aux serviteurs d’approcher.
« Hadès a dû vous dire que j’ai moi-même décidé de venir ici. Et je ne compte pas remonter de sitôt. »
« Jeune impertinente ! Vous ferez comme je vous l’ordonne en tant que père et roi ! »
« Sauf que… » Perséphone montra la grenade ouverte en deux. Un quartier manquait et le jus rouge coulait sur ses mains. « Maintenant que j’ai mangé de ça, je ne peux plus partir, n’est-ce pas ? »
« Les règles ne s’appliquent pas aux dieux. Je suis sûr que Hadès n’y verra rien à… »
« NON ! »
Le cri ne venait pas d’ici mais d’un coin de la pièce. Les Erinyes apparurent, Mégère en tête.
« Vous n’êtes pas au-dessus des lois des Enfers, Zeus. Vous régnez sur les cieux mais vous n’êtes pas ici chez vous. »
Zeus voulut répliquer. Sa bouche commença à s’ouvrir mais les Erinyes avancèrent encore, menaçantes. Même si elle n’était pas menacée, Perséphone eut un mouvement de recul. La haine brûlait dans le regard du roi des dieux comme dans celui des trois femmes.
« Vous devriez partir », dit doucement Alecto, la voix vibrante.
Zeus se leva.
« Votre mère va assécher la terre et tuer tous les hommes. Pensez-y. »
Il sortit de la pièce, suivi de loin par les Erinyes. Perséphone planta son regard dans celui de Hadès.
« Vous avez vraiment mangé ce fruit ? »
« Non. Mais Zeus ne peut pas le savoir. »
« Essayez de faire en sorte que les Erinyes ne l’apprennent pas non plus », il dit avec un sourire. « Il y a tout de même le problème de votre mère dont il faut s’occuper. Nous ne pouvons pas laisser la terre mourir, ni Zeus vous en vouloir. Moi, j’ai l’habitude. Et je suis tranquille ici. »
Perséphone soupira. Il avait raison. Bien entendu, elle ne pouvait plus remonter et faire comme si de rien n’était, à présent. Son bluff lui donnait une marge de manœuvre non négligeable mais il allait falloir la jouer serré.
« J’ai quelque chose à vous proposer. »
*
*   *

Hermès s’envola des Enfers à toute vitesse. Le temps était compté, lui avait dit Hadès. Trouve Zeus et Déméter au plus vite. Rendez-vous au lac Averne.

*
*   *

Les eaux verdâtres du lac Averne s’écartèrent. Hadès et Perséphone s’élevèrent dans les airs puis se posèrent face à Hermès, Zeus et Déméter. La jeune déesse planta son regard dans celui de sa mère. Elle y lut détresse et colère qui firent vaciller sa détermination. Elle tint bon, cependant : elle savait ce qu’elle voulait, et ça n’était pas retourner s’enfermer au fin fond de la Sicile. Il y avait tant à explorer encore, aux Enfers d’abord, et dans le reste du monde ensuite…
« Nous avons une proposition à vous faire », commença Hadès. « Ou plutôt, Perséphone en a une. »
Perséphone inspira. Elle avait répété ce moment avec Hadès, elle se savait en position de force. Elle pouvait le faire.
« Je ne veux pas remonter. Pas tout de suite, pas tout le temps, et pas forcée en tout cas. J’en ai assez d’obéir à qui que ce soit, et si je passe du temps avec toi, mère, je veux que ce soit parce que je l’ai choisi. Hadès ne m’a pas forcée à venir aux Enfers. Il ne m’a même pas invitée. C’est moi qui lui ai demandé. »
Elle soupira. Elle sentait le poids des regards divins sur elle.
« Voici ce que je vous propose. La moitié de l’année, mère, je viendrai te voir. Librement. Sans être enfermée où que ce soit. Comme ça aurait toujours dû être le cas. Le reste du temps, et bien… » Elle jeta un regard à Hadès, qui ne dit rien.
« Non. »
Déméter avait parlé d’une voix dure.
« Je ne laisserai pas ma filles aux mains d’un dieu pervers et vicieux. »
« Je ne te permets pas ! » fit Hadès, l’air sincèrement outré. Avant que Perséphone ait pu intervenir, Zeus réagit également :
« Ma chère Déméter, reste mesurée je te prie. C’est tout de même de mon frère que tu parles. »
« Et de toute façon, mère, tu n’as pas vraiment le choix. En fait, je crois que rester aux Enfers tout le temps serait préférable à remonter pour te voir toi. »
« Allons, allons, calmez-vous mesdames. » Zeus essayait tant bien que mal de maîtriser la situation mais Perséphone ne savait pas si elle avait encore envie de l’écouter. Elle avait fait un pas en avant et avait été sèchement rabrouée par sa mère.
« Puisque c’est ainsi, les humains mourront. »
« STOP. »
C’est Zeus qui avait crié. Déméter le regarda, étonnée. Jamais elle n’avait entendu telle puissance dans une voix.
« Déméter, je crois que Hadès et Perséphone ont fait un grand pas en avant étant donnée la situation. Il serait bon que nous en restions là. Et c’est en tant que roi des dieux que je te demande de lever ta malédiction. »
« Bien puisque c’est en tant que roi que tu me le demandes… » Déméter jeta un dernier regard noir à Hadès, puis fixa Perséphone dans les yeux.
« Je t’attendrai. Ne sois pas en retard parce que tout ce temps, la terre gèlera et rien ne poussera. »
Sans un mot de plus, Déméter se détourna et s’enfonça dans les profondeurs de la forêt. Perséphone la regarda partir, une boule au fond du ventre.
« Bien, cela est donc décidé ! » tonna Zeus, l’air heureux de voir la situation se dénouer. « Ravi d’avoir pu être utile. Perséphone, je vous souhaite une belle vie aux Enfers. Hadès, au plaisir. »
Il s’en fut, comme ça, sans un mot, suivi d’Hermès. Perséphone sentit Hadès quitter ses côtés pour aller rejoindre son domaine. Elle resta plantée là un moment puis, sentant qu’on l’attendait, se détourna.
Les eaux du lac Averne se refermèrent sur elle.
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Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: La Marquise de Carabas le 11 Août 2015 à 11:13:22
Coucou,

Vite fait quelques incohérances/fautes.


Citer
celle-ci mène directement à mon palais

Citer
la porte qu'ils avaient passée quelques heures plus tôt

Pas ultra ultra direct le raccourci....

Citer
le mobiliser

le mobilier

Citer
s’ouvrir mes les Erinyes

mais


Bon...j'aurai pu aimer mais je trouve que tu ne t'es pas donné à fond. L'idée est chouette, on détermine bien les personnalités " more human than human " des dieux, on plante le décor. Mais je trouve que c'est trop facile, que tu aurais pu y mettre plus de force, plus d'intensité, et peut être même un peu plus de passion.

Que Perséphone ait été volontaire, c'est une version bien connue, et qui a été souvent exploitée/contée. Je pense que tu aurais pu y ajouter un peu plus d'intensité dans ses choix, les raisons pour lesquelles elle s'attache réellement à l'enfer et à Hadès. Les " petits détails " qui l'émerveillent... on aimerait bien les connaitre et nous émerveiller nous aussi.

Pourquoi Hadès que tu présentes malgré tout comme un homme plutôt sur sa réserve se laisse toucher par Perséphone et son besoin de liberté ? Qu'est ce qui retient son attention dans cette démarche ? Et quel sentiment se développe pour elle ?

Demeter en mère hystérique...et extrémiste, bon ok... mais ce serait quand même sympa de lui rendre un peu ce qui lui appartient... sa fille a disparue avec un mec hachement plus vieux... on peut peut être sentir la légitimité de son inquiétude et de ses angoisses ?

Un Zeus qui essaye de pas trop se mouiller, ma foi, ça, ça fonctionne bien.

La chute est vraiment en mode " bon allez c'est plié, salut ". Dommage. Cela fait vachement perdre en réalisme.

Bref, une bonne initiative de faire un conte initiatique sur la prise d'indépendance d'une jeune femme qui ne veut plus qu'on décide à sa place... mais ça manque tout de même de relief à mon goût.

Bon courage à toi pour cet AT, je te souhaite un retour à la hauteur de tes attentes.



Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: Rain le 11 Août 2015 à 12:33:22
Allez, hop, du coup c'est parti.
Sur ta demande, je passe en mode pinaillage ++ ; tout ce qui suit est hautement subjectif !
Je précise que j'ai pas lu ton spoiler.


« J’en ai marre de toi ! Tu me laisse jamais rien faire ! », elle criait à la sage Demeter qui essayait, tant bien que mal, d’asseoir son autorité maternelle.
Laisses. Et du coup, en français, on écrit Déméter avec des accents.
Sinon, je suis pas sûr pour la virgule après le guillemet, tu as déjà un point d'exclamation. Et je pense que "criait-elle" sonnerait mieux quand même, mais ça c'est toi qui vois.

Un rideau de jeunes arbres vin en fermer l’entrée à Demeter.
Même si on ne dit pas "vinte", il faut quand même un t à vint  :mrgreen:

La déesse resta un moment,
Resta où ? On comprend l'image par déduction, mais je trouve qu'il manque quand même une précision.

Perséphone s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.
Perséphone hésita au moment de passer la limite

Répétition de Perséphone. Je pense que tu peux facilement remplacer le deuxième par "elle", ou par un synonyme.



Sa colère était désormais largement retombée et s’élever contre les ordres de sa mère ne lui semblait plus valoir autant le coup que quelques heures plus tôt.
Je trouve la formulation en gras un peu lourde, je pense que tu peux reformuler/couper un bout (les quelques heures plus tôt me semblent pas foncièrement nécessaires, par exemple).


Rassemblant tout son courage, la jeune déesse se décida.
Se décida à quoi ? Là encore, je pense qu'il manque une précision, soit dans cette phrase, soit dans la suivante.

Ça ressemblait largement à l'extérieur, n'était-ce le mobiliser et les tapisseries
Je pense que tu voulais dire mobilier, mais la faute est rigolote  :D
Sinon, le "ça" est un peu dommage : je trouve qu'il casse le ton que tu emploies. Tu dois pouvoir trouver un synonyme, du genre "les lieux", "le décor", ou autre.

Quoi que Déméter lui voulût, ça ne serait pas de tout repos.
Bon, pinaillage puissance mille et avis très personnel : en fait tu as une narration et un style assez soutenus ; du coup le "ça", en général (pas toujours), vient un peu casser la lecture du fait de son côté familier. Ici en particulier, je pense qu'un "ce" par exemple coulerait plus facilement et sauterait moins à la figure du lecteur. Du coup, de manière générale, quand tu écris ça, essaye de voir si tu peux le reformuler autrement, à moins bien sûr que cette rupture de ton soit dans tes intention (pour du discours indirecte libre, ce genre de chose).

"Tu as intérêt, Zeus. Si tu veux que les humains puissent avoir à manger."
Je trouve ça bizarre d'avoir coupé la phrase en deux, je trouve qu'il manque quelque chose dans la deuxième partie du coup pour justifier la séparation. Un truc pour appuyer la menace, quelque chose comme ça.

"Je t'ai dit que je vais voir ce que je peux faire."
Là je trouve cette réplique (avec la répétition de la phrase d'au-dessus) un peu faible.

« La vérité importe peu au roi des Dieux. Il fera tout en ce qui est en son pouvoir pour vous ramener, et son pouvoir est grand. »
Y'a un "en" en trop

« Est-il si difficile de me laisser décider ? »
Une voix forte résonna dans la pièce.
L'indication devrait venir avant, non ? Ou alors, reformuler, parce que là, on a l'impression que la voix va suivre.
Sa bouche commença à s’ouvrir mes les Erinyes avancèrent encore, menaçantes.
Mais.

 
Hop, fini !

Première réaction : Ouille, la fin est rapide, trop rapide. Pas de négociations ? Déméter baisse les bras aussi facilement, elle accepte de laisser sa fille à Hadès la moitié de l'année sans même discuter ? Où est passée la rage aveugle d'avoir perdu sa fille jusque-là ? C'est difficile à croire qu'elle se soit juste envolée, comme ça, face à la raison. Surtout que les arbres n'ont plus de fruit, plus de feuilles, l'herbe est morte et desséchée... Mais tout ça tu n'en parles pas, ou très vite et indirectement quand tu dis "les hommes n'ont plus à manger". Du coup, il manque un enjeu, en fait : la proposition de Perséphone tombe comme un deus ex machina qui met tout le monde d'accord sans lutter. C'est dommage, parce que pendant tout le texte, tu la prépares plutôt bien cette tension, cette rencontre, cette explosion de la mère contre la fille rebelle et son soi-disant kidnappeur. Et là, dans cette scène, elle n'existe pas. Perséphone n'est même pas un tout petit peu angoissée à l'idée de confronter sa mère ?

Puis si je me souviens bien, ce mythe est celui qui explique pourquoi l'hiver, parce que Déméter pleure sa fille à chaque fois qu'elle se rend dans les Enfers. Ce serait pas mal de t'en servir dans les négociations, de l'abattre comme une sentence douce amère qui vient tenter de faire flancher Perséphone. Là ça retombe comme un soufflé.

Le reste du texte est bien écrit malgré deux/trois fautes. Comme je l'ai dit, la tension monte tandis qu'on découvre les Enfers avec Perséphone et qu'on suit la colère de Déméter. On connaît l'histoire, mais pas forcément du point de vue de Perséphone, et tu joues bien là-dessus. Tu pourrais peut-être même essayer d'approfondir sa relation avec Hadès et évoquer un peu comment se tissent leurs sentiments naissants, leur affection nouvelle vis-à-vis l'un de l'autre.

Bref. Une chouette lecture, avec une fin et quelques autres trucs plus mineurs à retravailler pour lui donner plus d'enjeux et de panache, et ce sera très bien !

Merci pour la lecture !
Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: Loïc le 11 Août 2015 à 13:03:07
Merci beaucoup pour vos commentaires très très intéressants.

Marquise :

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Citer
    celle-ci mène directement à mon palais


Citer
    la porte qu'ils avaient passée quelques heures plus tôt


Pas ultra ultra direct le raccourci....

Dans ma tête c'était plutôt : ils se tapent pas tous les Enfers non plus (i.e le passage des morts).
Mais c'est vrai qu'il y a un souci de logique.
J'ai un peu galéré sur ce bout en fait parce qu'il me fallait assez de temps pour que Déméter rapplique.

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Bon...j'aurai pu aimer mais je trouve que tu ne t'es pas donné à fond. L'idée est chouette, on détermine bien les personnalités " more human than human " des dieux, on plante le décor. Mais je trouve que c'est trop facile, que tu aurais pu y mettre plus de force, plus d'intensité, et peut être même un peu plus de passion.

Comme la dernière fois, je suis obligé de te demander de préciser. Parce que pour moi ça ne veut pas dire grand-chose, le fait d'y mettre plus de passion.
(Le fait que ce soit trop facile, oui, carrément. Ça rejoint ce que dit Rain.)

Citer
Pourquoi Hadès que tu présentes malgré tout comme un homme plutôt sur sa réserve se laisse toucher par Perséphone et son besoin de liberté ? Qu'est ce qui retient son attention dans cette démarche ? Et quel sentiment se développe pour elle ?

J'entends bien, je le sais, mais c'est raconté du point de vue de Perséphone, pas de celui d'Hadès. Les encarts en plus sont là pour "de l'explication" et meubler le temps entre les mouvements de Perséphone (j'ai du mal à m'expliquer ; pour moi ils sont importants et ce que je viens d'écrire le rend pas trop), mais du coup je me vois mal y explorer les cheminements intérieurs d'Hadès.
Et surtout pour moi il y peut pas grand-chose en fait :mrgreen:
Mais je vais essayer de voir comment améliorer un peu les choses à ce niveau.

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Demeter en mère hystérique...et extrémiste, bon ok... mais ce serait quand même sympa de lui rendre un peu ce qui lui appartient... sa fille a disparue avec un mec hachement plus vieux... on peut peut être sentir la légitimité de son inquiétude et de ses angoisses ?

C'est pareil, je suis pas dans la tête de Déméter, je suis dans celle de Perséphone. (Pis euh, dans le contexte de la mythologie grecque, les vachement plus vieux c'est pas trop ce qui les gênaient :mrgreen: ).
Mais y a sans doute moyen de l'approfondir un peu aussi.

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La chute est vraiment en mode " bon allez c'est plié, salut ". Dommage. Cela fait vachement perdre en réalisme.

Là tout à fait. Je crois que j'en avais vraiment marre et que je voulais juste mettre le point final et commencer le travail du réécriture. Et je crois que je suis quand même content parce que j'ai une base de travail (et deux semaines pour la retravailler).

Rain :

Je ne réponds pas au relevé de détail ; je suis globalement d'accord avec tout et y a deux trois trucs sur lesquels il faut que je réfléchisse, mais tout est pertinent en tout cas ^^

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Première réaction : Ouille, la fin est rapide, trop rapide. Pas de négociations ? Déméter baisse les bras aussi facilement, elle accepte de laisser sa fille à Hadès la moitié de l'année sans même discuter ? Où est passée la rage aveugle d'avoir perdu sa fille jusque-là ?

Tu as tout à fait raison (cf. trois lignes plus haut). Merci pour les pistes :)
Comme d'hab, les fins sont sur quoi je galère le plus mais je pense que pour le coup, celle-ci j'ai moyen de faire quelque chose.

Au boulot donc (mais d'abord, c'est mémoire)


Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: Alan Tréard le 11 Août 2015 à 13:26:27
Oui, texte très drôle, on tourne en rond, on tourne en rond, on tourne en rond... Ça me fait beaucoup penser à l'humour des frères Cohen (surtout à Burn after reading) où l'on suit les péripéties d'abrutis complètement perdus dans leur vie. Il y manque peut-être une morale, une sorte de description de ton intention en filigrane à la fin du texte. Tu emploies une technique très littéraire pour affûter ta lame, comme Diderot qui s'était fait passer pour une religieuse afin d'écrire un pamphlet contre le catholicisme, ou comme Jean Anouilh qui s'était servi de la mythologie pour éviter la censure Nazi. C'est un texte de littérature pur et malin. Du coup, je ne sais pas vraiment quelle interdiction tu contournes, ou à qui s'en prend ton récit, mais ça reste vraiment très amusant ! Il y aura toujours un secret dans ce que tu fais, c'est réussi. Désolé de ne pas pouvoir être plus précis dans mon commentaire, ne connaissant pas exactement ce que tu défends, je n'y ai peut-être pas tout compris.
L’inconnu ôta son casque et la salua.
« Bien le bonjour belle dame. Je suis Hadès, roi du monde souterrain. »
« Oh… »
Perséphone comprenait enfin qui il était.
« Perséphone, déesse de… rien pour l’instant. »
AAAaaaah Comment as-tu pu prendre autant de temps pour écrire quelque chose d'aussi ridicule !! C'est très drôle, très déroutant...
« Oh ? Il semble que mon frère n’a pas changé après toutes ces années. Toujours à courir les jupons. Et vous, que faites-vous là ? »
Perséphone haussa les épaules.
« Je me promène. »
Elle montra son bouquet au roi des Enfers.
«  Et je cueille des fleurs. »
La jeune déesse hésita un instant. Hadès représentait une chance inespérée de voir d’autres merveilles.
« Dites, vous me montreriez votre domaine ? »
Mais de quel domaine parles-tu exactement ? Je cueille des fleurs ? Mmh...  :D
Beaucoup d'humour, n'hésite pas à rajouter quelques gags dans le texte, ça le rend délicieux.
C'est particulier, mais un bon moment à lire
Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: La Marquise de Carabas le 11 Août 2015 à 15:09:23
Alors face à ta réponse, j'ai un autre problème. Tu dis que l'on vit le récit à travers ce que ressent Perséphone et son spectre de vision particulier.

Ah ?

Pardonne moi mais pour moi elle n'est pas plus en relief que les autres, et on est pas plus impliqué par ce qu'elle vit/ressent/choisit de faire que pour les autres personnages. C'est même ce qui fait qu'elle manque de " passion ", dans le sens où on ne ressent absolument pas la puissance de son combat intérieur et sa volonté de se détacher de sa vie auprès de sa mère pour atteindre un autre stade, celui de l'autonomie et de la vie adulte.

Tu la " déplace " comme les autres, au tour par tout, en respectant le timing. C'est parfait pour un jeu de rôle, nettement moins intéressant pour une légende revisitée.

Du moins c'est mon avis.

Par " Passion ", j'entends émotion, sentiment, impulsion, instinct... tout ce qui peut animer un être qui vit quelque chose d'intense et d'interdit.

Est ce plus clair ?

Bon courage pour le travail post prod !

Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: Loïc le 11 Août 2015 à 15:19:12
Hum tu ne m'as pas compris.
Que je raconte l'histoire par ses yeux n'implique pas qu'elle ait plus de relief, qu'elle soit mieux construite (cf. à peu près toute la littérature). Ça implique en revanche que comme elle ne sait pas ce qu'il se passe dans la tête de Hadès ou de Déméter, je peux difficilement l'inclure.

Edit : Alan j'essaie de prendre prochainement le temps de te répondre.
Titre: Re : La fuite de Perséphone
Posté par: La Marquise de Carabas le 11 Août 2015 à 15:28:26
Je n'ai pas ressenti que l'histoire était racontée par ses yeux.

C'est ce que moi j'ai voulu dire.
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Aphone le 13 Août 2015 à 19:05:24
Comme tu le sais, je me suis intéressé à l'histoire de la dame de l'autre monde, m'amusant moi aussi à la revisiter. J'ai donc des idées que j'aime dans cette histoire. Je ne connaissais pourtant pas cette version où la belle décidait de rejoindre les enfers d'elle-même t où Hadès ne l'enlevait pas. Je t'avouerais que je ne suis pas vraiment fan de la version que tu as retenue, qui enlève un poids dramatique bien grec.

Le titre
J'étais pas fan de la fuite de Perséphone, qui en dit un peu trop sur le début de l'histoire. J'ai vu que tu avais opté pour l'Enfer, c'est les autres. L'idée qu'il défend (une sorte de différence malaisée ressentie à l'égard des autres) colle mal avec ce qui tu nous montres de Perséphone. Dans ton texte, elle se sent prise au piège par l'omniprésence et les règles de sa mère. Mais à aucun moment on ne voit ses rapport avec ces autres, justement. Et puis la formulation, avec ce "c'est" en plein milieu, choque par rapport au style plus complexe de ta narration. Je suis assez nul en titre mais je peux te proposer "Emancipation déiste", qui est un peu pompeux ou "Loin des cieux", petit jeu de mots avec l'expression loin des yeux loin du coeur.

Le style
Pas grand chose à dire de ce côté-là. Comme d'habitude, c'est propre, il sert l'histoire, nous plonge suffisamment dans l'ambiance. Un bémol que je poserai toutefois. Il reste peut-être un peu trop posé dans les scènes où la tension peut être palpable. C'est peut-être l'élément qui pourrait faire passer ta façon d'écrire de bonne à excellente.

Les personnages
Il n'occupe qu'une place secondaire mais j'ai adoré la manière dont tu campes Zeus. J'avoue par contre avoir plus de mal avec ceux d'Hadès et Perséphone, certainement que je n'en ai pas la même vision. Ton hadès est plus effacé, passif face à ce qui se passe, sans caractère vraiment marqué. Il est pourtant le frère lésé, celui relégué aux terres du dessous, le sous-royaume. On ne sent que très peu sa colère envers Zeus, pas une vraie rancune. Il pourrait facilement se braquer contre la volonté de son frère de vouloir reprendre Perséphone. Même chose pour la jeune fille. Certes, elle se rebelle contre sa mère mais je ne la sens pas se démener. Je ne saisis pas bien pour quelle raison elle veut absolument rester aux enfers. Elle n'en sait rien, même chose d'Hadès. Qu'est-ce-qui la motive à rester ? C'est pour moi le nerf de l'histoire.

L'histoire
A côté de ça, j'ai adoré lire ton histoire  :coeur: C'est simple, c'est fluide. Les dialogues rythment bien l'histoire, s'accordent bien avec les passages de description. Le tout chemine bien, plaçant les personnages là où il faut. Je regrette, cependant, comme d'autres ont pu te le dire, la fin. Qui est un peu trop simple. Perséphone oblige quand même sa mère à ne plus la voir la moitié de l'année alors que jusque-là elle l'obligeait à rester dans un périmètre strict. Autre point gênant, mais plus anodin : l'histoire de Perséphone est à l'origine des saisons. Avant, il ne devrait pas y en avoir.

Je m'aperçois que mon commentaire ne reflète pas forcément mon avis global. J'ai vraiment bien aimé lire ton texte, je l'ai lu d'une traite ce qui est devenu assez rare pour moi. Reste sur cette note, parce que j'ai vraiment adoré  :)

Au plaisir

Titre: Re : L'Enfer c'est les autres (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: extasy le 13 Août 2015 à 20:28:08
Yo !

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Un rideau de jeunes arbres vin en fermer l’entrée à Demeter
vint

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Les raisons données par sa mère lui semblaient être un tas d’ineptie
Hum, c'est bizarre mon intuition me dit qu'il faut mettre "inepties", mais certaines images explicites (tas de ... :mrgreen:) me confirment qu'on peut laisser au singulier. 'Fin, je dis ça je dis rien  ^^

Citer
Rassemblant tout son courage, la jeune déesse se décida. Elle fut surprise et un peu déçue de ne pas sentir de différence. Cela la fit presque repartir en arrière. La curiosité l’emporta cependant et elle reprit son chemin.
Ouais je crois que je comprends l'idée, mais ça passe pas très bien à mon avis. Tellement de mots gaspillés (puisqu'il s'agit d'un AT) dans quelque chose qui n'apporte pas grand chose au final, c'est pas raisonnable, tu trouves pas ? Si au moins tu expliquais de quelle différence tu parles, ça justifierait au moins le truc, enfin à mon avis.

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Demeter avait senti le départ de sa fille dès l’instant où elle avait passait les frontières du domaine.
passé

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Sa prestance et le pouvoir qui se dégageaient de lui le différenciaient nettement des quelques humains qu’elle avait croisés jusque-là.
La prestance et le pouvoir. Parce que comme tu accordes se dégager avec les deux, ça revient à dire le pouvoir qui se dégageait de lui (ça c'est bon) et sa prestance qui se dégageait (bah forcément du coup) de lui (donc là c'est plus bon).
Hem, tu peux aussi mettre se dégager au singulier  :mrgreen:

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Perséphone acquiesça. Hadès claqua des doigts et une gigantesque porte à double battant sortit du sol. Les tenants étaient de pierre noire, sans fioriture.
« C’est par là. »
Les portes s’ouvrirent et Perséphone suivit Hadès dans les Enfers.
Ok. Il s'agit d'une histoire sur des dieux, donc déjà on est dans le merveilleux. Et apparemment il s'agit d'un moment important pour Perséphone ainsi que pour la suite du récit. Donc je pense que tu devrais rendre ce passage plus important et plus merveilleux, décrire mieux l'apparition de la porte, l'émerveillement de Perséphone, et tout ça. Qu'Hadès claque des doigts et qu'une porte sorte ça me semble assez faible, à un moment aussi important. A la limite le claquement des doigts ça me gêne pas, mais le reste de l'action n'est pas bien décrite à mon avis. Déjà le simple fait que tu emploies le verbe sortir au lieu de surgir ou autre, et la rapidité-simplicité de la description qui suit, ça m'a assez dérangé.

Citer
À genoux, elle tapa le sol de ses poings ridées.
ridés

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«  Je suis désolé, ça n’est pas la meilleure entrée. Il y a des portes fixes un peu partout au-dessus, celle-ci mène directement à mon palais. »
Espace en trop juste après l'ouverture des guillemets.
"mais celle-ci mène directement à mon palais" ?
Puis je ne suis pas sûr de saisir l'intérêt de cette réplique, je ne vois pas ce que ça rajoute au récit. A part si c'est un moyen de montrer qu'Hadès est soucieux des apparences et qu'il tient à ce qu'on sache que s'il n'a pas réservé le meilleur accueil à son invitée, c'est dans un souci d'efficacité. Je dis ça parce que son comportement, le plaisir qu'il a eu d'apprendre que Perséphone voulait visiter son royaume, le laissent penser.

Citer
Des flammes bleutées brûlaient dans des torches accrochées au mur
aux murs

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Perséphone la saisit et Hadès l'entraina en direction du palais.
entraîna ?

Citer
n'était-ce le mobiliser et les tapisseries qui parsemaient les couloirs et les salles que les deux dieux traversaient.
n'étaient-ce ?

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"Quitte à ce que vous soyez là, autant que vous rencontriez les autres habitantes des Enfers. Elles sont d'une compagnie agréable, quoi qu'on en dise au-dessus."
Te fous pas de ma gueule, mais je viens tout juste de capter le truc : Perséphone, la femme de Hadès, leur rencontre  :mrgreen:

Citer
Des lames ensanglantées pendaient à leur côté.
Je suis pas sûr d'avoir compris. A leurs côtés ?

Citer
"Enchantée", dit pourtant Tisiphone en s'asseyant, sans sourire.
Je n'aime pas le "pourtant". Puisqu'elle le dit sans sourire, ça semble confirmer leur sombre réputation, du coup je ne vois pas l'intérêt de préciser "pourtant". A moins que tu rajoutes un "quoique" : "Enchantée, dit pourtant Tisiphone en s'asseyant, quoique sans sourire".

Citer
Elle servit le nectar à ses sœurs et elle levèrent leur verre.
leurs verres

Citer
Sur ces mots, elles quittèrent le palais, laissant une Perséphone médusée face à un Hadès songeur.
Petite remarque assez inutile mais bon : j'aurais perso soit mis : "laissant une Perséphone médusée face à Hadès, songeur", ou : "laissant Perséphone médusée face à un Hadès songeur".

Citer
"Comment puis-je le savoir ?" Le dieu des Enfers haussa les épaules.  "Je ne suis pas de ceux qui comprennent la Destinée."
Espace en trop après "épaules."
Tiens je viens de remarquer, mais les guillemets pour les répliques ne sont plus les mêmes qu'au début.

Citer
"Sois tranquille, je vais aller voir ce qu'il en retourne."
Je connais l'expression "de quoi il retourne", mais pas celle-là. Donc dans le doute je note quand même.

Citer
Aucun des deux ne le savait avec précisions.
précision

Citer
otre mère menace d’affamer la terre, elle croit que Hadès vous a enlevée. »
qu'Hadès ?

Citer
« La vérité importe peu au roi des Dieux.
Peu avant, c'était dieux, sans majuscule.
Ah et tu reprends les guillemets comme au début

Citer
« Nom de toi mon frère, que viens-tu faire ici ?
Haha, marrant  :mrgreen: mais est-ce permis ? Les gens invoquaient Zeus en tant que Dieu (avec un D cette fois), comme chez les chrétiens d'aujourd'hui ?

Citer
« Vous n’êtes pas au-dessus des lois des Enfers, Zeus. Vous régnez sur les cieux mais vous n’êtes pas ici chez vous. »
J'aime bien ce passage. Un peu ce qu'on dirait à un président à notre époque, transposé dans ce monde imaginaire.

Citer
Sa bouche commença à s’ouvrir mes les Erinyes avancèrent encore
mais

Citer
« Essayez de faire en sorte que les Erinyes ne l’apprennent pas non plus », il dit avec un sourire
Pourquoi "il-dit" et pas "dit-il" ? Je crois avoir repéré le même truc plus haut, mais je m'étais alors dit que ça passait ; là je sais plus.

Citer
Nous ne pouvons pas laisser la terre mourir,
la Terre ?

Citer
mais il allait falloir la jouer serrée.
Je comprends que tu mettes "serrée" au lieu de "serré" à cause de "la", mais c'est perso la première fois que je vois ça au féminin. Puis c'est le jeu qui est serré, non ?

Voilà, terminé.

Alors perso, je suis plutôt neutre dans l'ensemble. La lecture était assez agréable, sauf à certains moments où les mots m'ont semblé trop simples, dans le sens où tu pouvais en faire plus, et d'ordre trop général, dans le sens où tu utilises parfois des mots et verbes assez passe-partout. Genre, pour en rester à un exemple que j'ai cité : utiliser le verbe sortir, alors que tu pouvais parler de surgir, ou autre. Mais j'ai quand même passé un moment agréable à la lecture.
J'ai commencé à être plus positif que neutre avec l'arrivée de Zeus, parce que tout le monde connait la fin mais que tu rajoutes des péripéties en attendant, la rencontre de Perséphone avec les Moires au grenadier des Enfers, l'astuce dont elle fait preuve pour piéger son père, et la perspective d'un ultime rebondissement avec le plan qu'elle a en tête.

Je dis perspective, parce qu'en fin de compte, il ne se passe rien, mais vraiment rien du tout à la fin, et c'est ce qui m'a ramené au neutre, avec je dirais même un très dangereux penchant vers le négatif. Parce que cette fin est terriblement mal amenée je trouve : Je vivrai un peu avec vous et un peu avec Hadès, ce la vous semble-t-il acceptable ? Si c'est le seul moyen...
C'est ça le plan qu'elle a soigneusement préparé, les mots qu'elle a répétés avec Hadès ?
Bien, cela est décidé, tonne Zeus, et il s'en va, comme ça, sans un mot, exactement comme la chute qui elle aussi s'en va, comme ça, sans un mot. Le plus gros souci, c'est que c'est bieeeen trop rapide, trop bâclé, ça crève les yeux au point où les comportements hatifs des persos, comme je viens d'essayer de l'expliquer, semblent directement renvoyer à ton propre comportement ; j'ai vraiment l'impression de lire entre les lignes Loïc qui dit voilà c'est décidé, on finit comme ça en un mot, si c'est le seul moyen.
Désolé, mais voilà c'était inévitable que te je dise ça, et je suis persuadé que tu es conscient qu'il manque quelque chose d'essentiel à la chute.
Sinon je note le rapide passage d’Hermès. Était-ce une condition de l'AT ? En fait ça serait bien que tu nous dises de quoi retourne cet AT.

Bref, mon avis sur la chute répond au petit passage mis en spoiler. Pour ce qui est du souci de concordance de ton, je n'en ai personnellement rien senti et c'est passé sans problème pour moi.
Je viens de lire que tu savais pour les guillemets, désolé pour les relevés inutiles.

Voilà, à plus, et essaie vraiment de changer la chute, ou au moins mets un peu plus de tension justement dedans, parce que là, c'est juste expédié et puis c'est tout. Je pense qu'en te creusant la tête tu finiras bien par trouver quelque chose, à inventer peut-être un événement qui n'existe pas dans la mythologie mais qui ne la contredit pas, un peu comme ce que tu as très bien fait jusque là.

Bye  :)

Edit : je viens de jeter un coup d’œil aux commentaires, et la remarque sur la chute t'a déjà été faite. Bref, désolé si je me répète un peu par rapport aux autres !
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 13 Août 2015 à 22:32:37
Bon, en fait je crois qu'il y a un souci parce qu'un truc n'a pas été compris et ça m'embête un peu.
Dans cette version, Perséphone n'est pas obligée de rester aux Enfers la moitié de l'année. Comme il me semble - mais c'est là qu'en fait non - l'avoir écrit, elle n'a pas mangé le fruit.
Et à ce moment du texte, pour moi, il n'y a pas encore cette romance entre Hadès et elle. Pour moi ça vient plus tard. Là encore, je conçois que ça ne soit pas assez clair et qu'il faille améliorer les choses.
C'pour ça que ça m'embête.

Du coup Aphone :

Citer
J'étais pas fan de la fuite de Perséphone, qui en dit un peu trop sur le début de l'histoire. J'ai vu que tu avais opté pour l'Enfer, c'est les autres. L'idée qu'il défend (une sorte de différence malaisée ressentie à l'égard des autres) colle mal avec ce qui tu nous montres de Perséphone. Dans ton texte, elle se sent prise au piège par l'omniprésence et les règles de sa mère. Mais à aucun moment on ne voit ses rapport avec ces autres, justement. Et puis la formulation, avec ce "c'est" en plein milieu, choque par rapport au style plus complexe de ta narration. Je suis assez nul en titre mais je peux te proposer "Emancipation déiste", qui est un peu pompeux ou "Loin des cieux", petit jeu de mots avec l'expression loin des yeux loin du coeur.

Ouais, en fait j'ai essayé de faire une double référence. À Sartre, évidemment, mais aussi plus ou moins à l'Enfer chrétien. L'idée que les Enfers sont ptet plus vivables que sa mère. Après il n'y a pas de problème avec les autres effectivement. Reprendre la formule en elle-même ne fonctionne sans doute pas, faudrait sans doute travailler un peu dessus.

Citer
Il est pourtant le frère lésé, celui relégué aux terres du dessous, le sous-royaume. On ne sent que très peu sa colère envers Zeus, pas une vraie rancune.

Effectivement mais parce que pour moi, il a pris son parti et s'en est accommodé, finalement. Après faudrait que je le développe un peu plus, effectivement. Mais comme je l'ai écrit, c'est pas forcément facile.

Pour les saisons, parce que j'ai pas répondu à Rain non plus, j'avoue que je sais pas encore trop comment traiter ça. Parce que c'est aussi un point de vue très gréco-centré de la chose  ::)

Merci de ton commentaire encourageant en tout cas.

Extasi : (promis, quand j'en aurai fini avec la fac, j'irai lire ton texte long)

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Les raisons données par sa mère lui semblaient être un tas d’ineptie
Hum, c'est bizarre mon intuition me dit qu'il faut mettre "inepties", mais certaines images explicites (tas de ... :mrgreen:) me confirment qu'on peut laisser au singulier. 'Fin, je dis ça je dis rien  ^^
Ton intuition a raison. C'est fou le nombre de coquilles que j'ai laissé passer.

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Rassemblant tout son courage, la jeune déesse se décida. Elle fut surprise et un peu déçue de ne pas sentir de différence. Cela la fit presque repartir en arrière. La curiosité l’emporta cependant et elle reprit son chemin.
Ouais je crois que je comprends l'idée, mais ça passe pas très bien à mon avis. Tellement de mots gaspillés (puisqu'il s'agit d'un AT) dans quelque chose qui n'apporte pas grand chose au final, c'est pas raisonnable, tu trouves pas ? Si au moins tu expliquais de quelle différence tu parles, ça justifierait au moins le truc, enfin à mon avis.

Pour le coup y a pas de limite de mots. Le thème de l'AT c'est "réécriture de mythe antique".
Cette scène a son importance pour moi en fait. Mais je peux concevoir qu'en soi, elle doive être à retravailler.

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Ok. Il s'agit d'une histoire sur des dieux, donc déjà on est dans le merveilleux. Et apparemment il s'agit d'un moment important pour Perséphone ainsi que pour la suite du récit. Donc je pense que tu devrais rendre ce passage plus important et plus merveilleux, décrire mieux l'apparition de la porte, l'émerveillement de Perséphone, et tout ça. Qu'Hadès claque des doigts et qu'une porte sorte ça me semble assez faible, à un moment aussi important. A la limite le claquement des doigts ça me gêne pas, mais le reste de l'action n'est pas bien décrite à mon avis. Déjà le simple fait que tu emploies le verbe sortir au lieu de surgir ou autre, et la rapidité-simplicité de la description qui suit, ça m'a assez dérangé.

C'est vrai. Ça manque sans doute d'un aspect "tournant du récit"

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Puis je ne suis pas sûr de saisir l'intérêt de cette réplique, je ne vois pas ce que ça rajoute au récit. A part si c'est un moyen de montrer qu'Hadès est soucieux des apparences et qu'il tient à ce qu'on sache que s'il n'a pas réservé le meilleur accueil à son invitée, c'est dans un souci d'efficacité. Je dis ça parce que son comportement, le plaisir qu'il a eu d'apprendre que Perséphone voulait visiter son royaume, le laissent penser.

Tu as raison. Je crois que je n'étais pas trop d'accord avec moi-même. Ou alors juste que c'est pas l'entrée la plus classe par rapport aux autres (cf. le lac à la fin.)
Bref, je verrai. Faut juste que je me bouge.

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Perséphone la saisit et Hadès l'entraina en direction du palais.
entraîna ?

Anlor te dirait non en ortho réformée. Moi j'ai pas encore fait de choix xD

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Je suis pas sûr d'avoir compris. A leurs côtés ?

J'ai gardé au singulier parce que chacune a une lame à son côté.

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Je n'aime pas le "pourtant". Puisqu'elle le dit sans sourire, ça semble confirmer leur sombre réputation, du coup je ne vois pas l'intérêt de préciser "pourtant". A moins que tu rajoutes un "quoique" : "Enchantée, dit pourtant Tisiphone en s'asseyant, quoique sans sourire".

Parce qu'elle est enchantée :mrgreen:

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Elle servit le nectar à ses sœurs et elle levèrent leur verre.
leurs verres

Idem que plus haut, le pluriel suppose qu'elles ont chacune plusieurs verres.
Ou en fait j'en sais rien. J'arrive pas à trouver de réponse.

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Petite remarque assez inutile mais bon : j'aurais perso soit mis : "laissant une Perséphone médusée face à Hadès, songeur", ou : "laissant Perséphone médusée face à un Hadès songeur".

Ouais, ça me parait pas faux

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"Sois tranquille, je vais aller voir ce qu'il en retourne."

Je connais l'expression "de quoi il retourne", mais pas celle-là. Donc dans le doute je note quand même.
Je devais être bourré quand j'ai écrit ça.

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otre mère menace d’affamer la terre, elle croit que Hadès vous a enlevée. »

qu'Hadès ?

Je sais pas. J'ai tendance à préférer la première formule mais c'est peut-être mon côté alsacien.

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Nom de toi mon frère, que viens-tu faire ici ?

Haha, marrant  :mrgreen: mais est-ce permis ? Les gens invoquaient Zeus en tant que Dieu (avec un D cette fois), comme chez les chrétiens d'aujourd'hui ?

C'était un peu la touche humour ouais. Du style par Toutatis dans Astérix.

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Pourquoi "il-dit" et pas "dit-il" ? Je crois avoir repéré le même truc plus haut, mais je m'étais alors dit que ça passait ; là je sais plus.

L'inversion du sujet, c'est surfait :mrgreen:

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  Nous ne pouvons pas laisser la terre mourir,

la Terre ?
Je me suis posé la question, pas trouvé la réponse.

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Je comprends que tu mettes "serrée" au lieu de "serré" à cause de "la", mais c'est perso la première fois que je vois ça au féminin. Puis c'est le jeu qui est serré, non ?

probable

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Je dis perspective, parce qu'en fin de compte, il ne se passe rien, mais vraiment rien du tout à la fin, et c'est ce qui m'a ramené au neutre, avec je dirais même un très dangereux penchant vers le négatif. Parce que cette fin est terriblement mal amenée je trouve : Je vivrai un peu avec vous et un peu avec Hadès, ce la vous semble-t-il acceptable ? Si c'est le seul moyen...
C'est ça le plan qu'elle a soigneusement préparé, les mots qu'elle a répétés avec Hadès ?

On est d'accord hein pour la fin bâclée. Et puis y a l'explication plus haut.

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Sinon je note le rapide passage d’Hermès. Était-ce une condition de l'AT ? En fait ça serait bien que tu nous dises de quoi retourne cet AT.

Non, c'était juste un interlude.

Merci pour ton commentaire très intéressant. Ça motive vraiment bien. Je vais essayer de faire le syno ce soir pour pouvoir me remettre à la nouvelle dès demain.

Titre: Re : Re : L'Enfer c'est les autres (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Rain le 14 Août 2015 à 15:33:52
Bon, en fait je crois qu'il y a un souci parce qu'un truc n'a pas été compris et ça m'embête un peu.
Dans cette version, Perséphone n'est pas obligée de rester aux Enfers la moitié de l'année. Comme il me semble - mais c'est là qu'en fait non - l'avoir écrit, elle n'a pas mangé le fruit.
Et à ce moment du texte, pour moi, il n'y a pas encore cette romance entre Hadès et elle. Pour moi ça vient plus tard. Là encore, je conçois que ça ne soit pas assez clair et qu'il faille améliorer les choses.
C'pour ça que ça m'embête.

Si si, tu l'as bien dit et personnellement je l'ai compris comme ça ; de mon côté j'ai pas en tête une romance entre elle et Hadès, cela dit il y a quand même une forme d'affection/curiosité qui semble les lier, ne serait-ce qu'Hadès qui prend la jeune déesse sous son aile et la "défend" (en quelque sorte) face à Zeus. A la réflexion, je la trouve très bien comme elle est et je vois pas trop comment tu pourrais mettre l'accent dessus de manière qui ne soit pas lourde. Mais si tu y arrives, je pense que ça renforcera le lien entre tes personnages, et du coup les personnages eux-mêmes.

Voilà ^^

Sinon, j'écris "que Hadès" aussi mais c'est peut-être pas correct, et je laisserais terre sans majuscule : on parle de la terre qui donne des fruits, pas de la planète (qui serait appelée Gaia dans ce contexte).
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 16 Août 2015 à 22:27:10
Voilà une deuxième version. J'ai retravaillé la fin et quelques passages signalés comme lourds ou peu convaincants. Y a pas vraiment de gros travail de fond (Marquise, si tu passes, je pense que tu ne trouveras jamais dans mes textes ce que tu cherches ^^), principalement parce que j'ai pas énormément le temps dans l'immédiat mais je pense essayer de m'y atteler (en centrant le travail sur Perséphone et Hadès, donc).



Les dieux n’ont pas d’enfance, mais ils ont une jeunesse ; et Perséphone faisait sa crise d’adolescence avant même que le concept existât.
« J’en ai marre de toi ! Tu me laisses jamais rien faire ! » elle criait à la sage Déméter qui essayait, tant bien que mal, d’asseoir son autorité maternelle.
« Tu m’écoutes maintenant ! Je suis ta mère et c’est moi qui décide ! »
Personne n’a dit que les dieux sont de grands éducateurs.
« Je te déteste ! »
Sur ces mots, le visage mouillé de larmes, Perséphone courut se réfugier dans sa chambre d’olivier. Un rideau de jeunes arbres vint en fermer l’entrée à Déméter. La déesse resta là un moment, puis partit en maugréant contre sa fille.
Couchée dans son lit de feuilles mortes, Perséphone pleurait. Confinée dans les limites trop strictes mises par Déméter, la jeune déesse rêvait à de plus grands espaces. Elle n’avait même jamais pu parcourir l’ensemble de sa Sicile natale. Les raisons données par sa mère lui semblaient être un tas d’inepties. Elle était une déesse, fille de Déméter et de Zeus, de quel droit la gardait-on enfermée ?
Un moment plus tard, Perséphone sécha ses larmes et se releva. Elle en avait assez de pleurer : elle allait partir et Déméter n’aurait qu’à venir la chercher si ça ne lui plaisait pas. Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer pour lui laisser le passage. Perséphone s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.
Elle hésita au moment de passer la limite du territoire où elle avait l’autorisation d’aller et venir librement. Sa colère était retombée et s’élever contre les ordres de sa mère ne lui semblait plus valoir autant le coup. Rassemblant tout son courage, la jeune déesse franchit le pas. Elle fut surprise et un peu déçue de ne pas sentir de différence. Cela la fit presque repartir en arrière. La curiosité l’emporta cependant et elle reprit son chemin.

*
*   *

Déméter avait senti le départ de sa fille dès l’instant où elle avait passé les frontières du domaine. La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Vide. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.

*
*   *

L’été touchait à sa fin. Déjà, les arbres avaient commencé à se vêtir de leurs nouvelles couleurs. Il faisait encore chaud. Perséphone voyagea pendant plusieurs jours. Elle se prélassa dans les rivières ou sous le soleil, insouciante, heureuse d’être libérée du carcan de Déméter. Un après-midi, alors qu’elle cueillait des fleurs pour s’en faire une couronne, un bruit attira son attention. La jeune déesse pensait trouver une biche ou quelque autre animal, mais elle fut surprise de voir un homme se déplacer assez peu discrètement entre les arbres. Perséphone se hissa sur une branche afin de pouvoir mieux observer.
En fait d’un homme, elle s’aperçut rapidement qu’il s’agissait d’un dieu. La prestance et le pouvoir qui se dégageaient de lui le différenciaient nettement des quelques humains qu’elle avait croisés jusque-là. Une barbe fournie occupait une bonne partie de son visage. Le plus remarquable était cependant ses yeux. Froids, inquisiteurs, morts. Il s’arrêta soudain.
« Qui que vous soyez, montrez-vous donc. »
Il regardait, sans erreur possible, vers l’arbre sur lequel Perséphone était perchée. La jeune déesse sauta à terre, un peu rouge. L’inconnu ôta son casque et la salua.
« Bien le bonjour belle dame. Je suis Hadès, roi du monde souterrain. »
« Oh… »
Perséphone comprenait enfin qui il était.
« Perséphone, déesse de… rien pour l’instant. »
Hadès la détaillait, visiblement intrigué. Perséphone se prit à rougir de plus belle.
« Que faites-vous donc si loin de votre royaume ? »
Elle tentait de se donner une contenance.
« Mon royaume n’est jamais très loin. Je ne fais que me promener, examiner les merveilles de la nature. »
Une pause puis il reprit.
« Excusez-moi, je ne me souviens pas d’avoir déjà entendu parler d’une Perséphone. »
Cette dernière releva la tête d’un air de défi.
« Je suis fille de Déméter et de Zeus ! »
« Oh ? Il semble que mon frère n’a pas changé après toutes ces années. Toujours à courir les jupons. Et vous, que faites-vous là ? »
Perséphone haussa les épaules.
« Je me promène. »
Elle montra son bouquet au roi des Enfers.
«  Et je cueille des fleurs. »
La jeune déesse hésita un instant. Hadès représentait une chance inespérée de voir d’autres merveilles.
« Dites, vous me montreriez votre domaine ? »
Hadès parut aussi surpris que ravi.
« Vous êtes sûre ? Ce n’est pas très coloré. »
Perséphone acquiesça. Hadès claqua des doigts. La terre se mit à trembler tout autour, faisant vaciller la jeune déesse qui s’accrocha comme elle put à ce qu’elle trouva de plus proche, à savoir le dieu des Enfers. Une gigantesque porte à double battant, deux fois plus grande que Hadès au moins, sortit du sol. Le bois et les tenants étaient noirs, sans fioriture. 
« C’est par là. »
Les portes s’ouvrirent et Perséphone suivit Hadès dans les Enfers.

*
*   *

Alors que les portes de l’Enfer se refermaient et retournaient à la terre, une vieille femme arriva sur les lieux. Elle se précipita en avant mais ne put que l’effleurer. À genoux, elle tapa le sol de ses poings ridés.
« HADES ! »
Son rugissement fit s’envoler les quelques oiseaux qui étaient restés là.

*
*   *
Perséphone n’avait jamais quitté la Sicile. Son excitation était à son comble tandis que Hadès et elle cheminaient dans un long couloir qui s’enfonçait de plus en plus sous terre.
« Ce n’est pas l’entrée la plus clinquante », fit remarquer Hadès. « Mais elle mène directement à mon palais. »
En effet, ils débouchèrent rapidement dans une petite cour. Des flammes bleutées brûlaient dans des torches accrochées aux murs, donnant à la scène une ambiance surréelle, même pour une déesse comme Perséphone. Derrière eux, une immense forteresse dominait les lieux. Elle était faite de la même pierre que la porte qu'ils avaient passée quelque temps plus tôt, mais la sobriété que Perséphone avait remarquée alors n'avait plus cours ici. Des gargouilles et des pierres précieuses ornaient la forteresse. Pas d'or ou de diamant brillant de mille feux, mais de l'améthyste, de l'émeraude ou du saphir qui reflétaient légèrement la faible lumière des Enfers. Hadès lui tendit la main.
« Puis-je ? »
Perséphone la saisit et Hadès l'entraina en direction du palais. Deux lourds battants s'ouvrirent devant eux et ils pénétrèrent à l'intérieur ; un intérieur qui ressemblait largement à l'extérieur, n'étaient-ce le mobilier et les tapisseries qui parsemaient les couloirs et les salles que les deux dieux traversaient. C'était très différent de ce qu'elle connaissait, du domaine de sa mère fait de feuilles et d'arbres. Ils arrivèrent dans un petit salon. Plusieurs fauteuils étaient disposés en cercle autour d'une cheminée où brûlait un feu rassurant.
« Installez-vous, je vous en prie. »
Un homme - humain pour autant que Perséphone pouvait en juger - apparut à la porte.
« Vous avez besoin de quelque chose, Seigneur Hadès ? »
« Amenez donc une bouteille de nectar. Et allez chercher les Moires et les Erinyes. »
« Bien, Seigneur. »
L'homme s'inclina et disparut. Hadès s'assit à côté de Perséphone.
« Quitte à ce que vous soyez là, autant que vous rencontriez les autres habitantes des Enfers. Elles sont d'une compagnie agréable, quoi qu'on en dise au-dessus. »
« J'en serais très honorée », répondit Perséphone, assez timidement.
Une femme ne tarda pas à entrer. Elle déposa une bouteille de terre cuite et une dizaine de gobelets sur la table, avant d'en remplir deux d'un liquide doré. Elle sortit sans un mot. Hadès se saisit des deux gobelets et en tendit un à Perséphone.
« Je pense que nous pouvons commencer sans attendre que ces dames arrivent. Qui sait ce qu'elles font en ce moment, elles sont souvent occupées. À votre santé et à votre visite en ces lieux. »
Perséphone sourit et leva le gobelet, puis y trempa ses lèvres. Elle reconnut la douceur du nectar.
« Hmmmm. »
On frappa de nouveau. Trois femmes entrèrent. La première, très jeune, avait les mains occupées par deux aiguilles. Elles s'agitaient dans tous les sens pour tirer un long fil presque invisible. Derrière elle, se tenait une femme plus âgée. Elle tirait le fil sans cesser de regarder devant elle. Les yeux de la troisième étaient fixés sur Perséphone. Une paire de ciseaux était à sa ceinture, près d'une main ridée.
« Les Moires », présenta Hadès. « Clotho, Lachésis et Atropos. Asseyez-vous avec nous, mesdames. Du nectar ? Je vous présente Perséphone, fille de Démeter. »
Les trois femmes hochèrent la tête en s'asseyant.
« Oui, nous savons », dit Clotho en désignant du menton le fil qu'elle tissait inlassablement. Sa voix était fluette, ses mains petites, jeunes, mais ses yeux... Clotho aussi était plus âgée que Perséphone. La déesse déglutit en voyant son existence se dérouler devant elle. Elle distingua une coupure sur le fil. Récente, tout près de la main de Clotho. Elle n'eut pas plus le temps d'y penser, cependant : les Erinyes firent également leur entrée. Elles n'avaient pas grand-chose à voir avec leurs grandes sœurs. Leurs visages étaient durs, fermés. Des lames ensanglantées pendaient à leur côté.
« Mégère, Tisiphone et Alecto ». Hadès continuait les présentations. Perséphone avait déjà entendu parler des Érinyes mais ne les avais jamais rencontrées. Pas plus que les Moires, par ailleurs, mais leur réputation était bien plus sombre.
« Enchantée », dit Tisiphone en s'asseyant, sans sourire. Elle servit le nectar à ses sœurs et elles levèrent leur verre.
« Et bienvenue parmi nous, Perséphone ».
La déesse parla peu. Elle écouta Hadès et ses invitées lui raconter les Enfers et leurs tâches respectives. Elle se sentait bien ici, loin de sa mère et de ses interdictions. Le temps passait sans l'atteindre, sans ennui. Les Erinyes finirent par repartir, puis ce fut au tour des Moires. Juste avant de passer les portes, elles se retournèrent vers Perséphone.
« Nous nous reverrons bientôt », commença Clotho.
« Vous aurez une décision à prendre », continua Lachésis.
« Qui pourrait changer la face du monde, » acheva Atropos.
Sur ces mots, elles quittèrent le palais, laissant une Perséphone médusée face à un Hadès songeur.
« De quoi parlaient-elles ? »
« Comment puis-je le savoir ? » Le dieu des Enfers haussa les épaules. « Je ne suis pas de ceux qui comprennent la Destinée. »
Il se leva et lui tendit la main.
« Venez, j'ai encore beaucoup d'autres choses à vous montrer." »
Perséphone sourit et le suivit.

*
*   *

Affalé dans son siège, Zeus regarda Déméter monter jusque lui. La fureur déformait les traits de son ancienne amante. Le roi des dieux sentit que les ennuis approchaient. Quoi que Déméter lui voulût, ce ne serait pas de tout repos.
« Bienvenue sur l'Olympe, Déméter », commença-t-il quand elle fut arrivée devant lui. « Comment puis-je t'aider ? »
« Ton frère a enlevé ma fille. Je veux qu'il me la rende. MAINTENANT ! »
« Poséidon ? Tu es sûre de toi ? Non que ça ne lui ressemble pas, mais il me semblait concentré autre part, ces derniers temps. »
« Mais non, Hadès. »
Zeus ne répondit rien. L'affaire, si elle se révélait vraie, était gênante. Hadès comme Déméter possédaient de grands pouvoirs et pouvaient nuire aux dieux comme aux humains. Il fallait traiter avec prudence et diplomatie.
« Très bien. » Il se leva. « Sois tranquille, je vais aller voir de quoi qu'il en retourne. »
« Et me ramener ma fille ? »
« Je vais voir ce que je peux faire. »
« Tu as intérêt, Zeus, si tu veux que les humains puissent avoir à manger. »
« Je t'ai dit que je vais voir ce que je peux faire. Maintenant laisse-moi si tu veux que je puisse t’aider. »

*
*   *

Combien de temps Perséphone et Hadès avaient-ils passé dans les Enfers à en visiter les moindres recoins ? Aucun des deux ne le savait avec précisions. Il n’y avait ni jour ni nuit pour se repérer dans le royaume d’Hadès. Il y faisait toujours grisâtre, brumeux. Ce n’était pas de nature à repousser la jeune déesse, cependant. Pour le plus grand plaisir de son hôte, elle trouvait des merveilles dans des endroits insoupçonnables.
La visite dut cependant prendre fin quand un messager vint les trouver sur les bords du Léthé. Il parut quelque peu agité aux yeux de Perséphone.
« Monseigneur, Madame, y a… votre frère. Il vous attend. Au palais. »
Hadès et Perséphone se regardèrent sans comprendre, puis le dieu des Enfers haussa les épaules.
« Tiens, depuis le temps. Venez donc avec moi si vous le voulez bien. Vous ne voulez pas manquer de telles retrouvailles. »
Perséphone hocha la tête et prit le bras que lui tendait Hadès. Ils marchèrent un temps jusqu’au palais. Quand ils y arrivèrent, la jeune déesse vit qu’une toute autre puissance s’en dégageait. Il y avait plus que la froideur de la mort qui émanait du domaine de son hôte.
« Il fait un sacré effet, n’est-ce pas ? »
Le seigneur des Enfers avait remarqué son trouble.
« On finit par s’y habituer, même s’il vient malheureusement trop peu souvent. »
Il l’entraîna vers les marches mais Perséphone aperçut les Moires assises sous un arbre. Elle reconnut Clotho qui, sans doute possible, lui demandait de venir.
« Excusez-moi, je vais rester ici un instant. Allez-y sans moi, je vous rejoindrai. »
Hadès leva les yeux, hocha la tête et la lâcha.
« Bien entendu. À plus tard. »
Perséphone se dirigea vers l’arbre. Il était grand ; très grand. Des centaines de fruits rougeâtres pendaient à ses branches. Dessous, les trois Moires avaient l’air minuscule. Elle aussi, d’ailleurs.
« Il est temps », commença Clotho.
« Temps de quoi ? »
« De prendre votre décision. » Lachésis avait pris la parole. « Zeus est là pour vous. Votre mère menace d’affamer la terre, elle croit que Hadès vous a enlevée. »
« Mais ce n’est pas vrai ! »
« La vérité importe peu au roi des dieux. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous ramener, et son pouvoir est grand. »
Perséphone ne répondit pas tout de suite. Les larmes commençaient à lui monter aux yeux. Elle ne voulait pas remonter. Pas tout de suite, en tout cas.
« C’est un grenadier », commenta Atropos en désignant l’arbre qui les surplombait. « Le grenadier des Enfers. »
« Ceux qui en mangent… »
« Ne peuvent plus les quitter. »
Un fruit tomba juste devant Perséphone. La jeune déesse se pencha, le ramassa. Elle l’examina un moment. C’était une option radicale. Elle se plaisait ici. Mais y rester toute son immortalité... Serait-ce pire que la Sicile ?
Elle leva la tête vers les Moires. Elles la regardaient avec intensité. Un léger sourire flottait sur les lèvres de Clotho.
« Allez-y maintenant, ils vont vous attendre. »
Perséphone se détourna et entra dans le palais.

*
*   *

Hadès et Zeus étaient installés dans les fauteuils en face de la cheminée désormais éteinte. Ils avaient déjà vidé plusieurs gobelets de nectar sans que le roi des dieux en vînt aux faits. Finalement, Hadès ne tint plus.
« Nom de toi mon frère, que viens-tu faire ici ? Je sens bien que ce n’est pas juste une visite de courtoisie. »
Zeus lui lança un regard noir et soupira.
« Déméter veut que tu lui rendes sa fille. »
« Que je lui… Quoi ? »
Hadès ne comprenait pas. Il regarda son frère avec des yeux ronds. Puis la lumière se fit. Il éclata de rire.
« Non mais… tu crois sérieusement que… Elle croit que… ? »
Le seigneur des Enfers se calma puis reprit plus sérieusement.
« Je ne suis pas comme toi, Zeus. Je ne trompe ni n’enlève les femmes. Pas plus que les hommes, d’ailleurs. Tant qu’ils sont vivants en tout cas. Tu peux aller dire à Déméter que sa fille remontera quand elle le souhaitera. »
« Je ne peux pas faire ça, Hadès. Elle va laisser les hommes mourir. Il faut que je la ramène avec moi. »
« Et quoi ? Qu’est-ce que je dois faire dans l’histoire ? Va voir avec elle si tu peux la convaincre sans la tromper. Encore une fois, c’est elle qui a demandé à venir. »
« Tu pourrais lui demander de partir… »
Une voix forte résonna dans la pièce.
« Est-il si difficile de me laisser décider ? »

*
*   *

Zeus et Hadès  se tournèrent vers Perséphone alors qu’elle entrait, la grenade toujours serrée dans la main.
« Père », elle dit simplement à Zeus. La jeune déesse s’assit sur le fauteuil laissé libre et se servit une large rasade de nectar sans laisser le temps aux serviteurs d’approcher.
« Hadès a dû vous dire que j’ai moi-même décidé de venir ici. Et je ne compte pas remonter de sitôt. »
« Jeune impertinente ! Vous ferez comme je vous l’ordonne en tant que père et roi ! »
« Sauf que… » Perséphone montra la grenade ouverte en deux. Un quartier manquait et le jus rouge coulait sur ses mains. « Maintenant que j’ai mangé de ça, je ne peux plus partir, n’est-ce pas ? »
« Les règles ne s’appliquent pas aux dieux. Je suis sûr que Hadès n’y verra rien à… »
« NON ! »
Le cri ne venait pas d’ici mais d’un coin de la pièce. Les Erinyes apparurent, Mégère en tête.
« Vous n’êtes pas au-dessus des lois des Enfers, Zeus. Vous régnez sur les cieux mais vous n’êtes pas ici chez vous. »
Zeus voulut répliquer. Sa bouche commença à s’ouvrir mais les Erinyes avancèrent encore, menaçantes. Même si elle n’était pas menacée, Perséphone eut un mouvement de recul. La haine brûlait dans le regard du roi des dieux comme dans celui des trois femmes.
« Vous devriez partir », dit doucement Alecto, la voix vibrante.
Zeus se leva.
« Votre mère va assécher la terre et tuer tous les hommes. Pensez-y. »
Il sortit de la pièce, suivi de loin par les Erinyes. Perséphone planta son regard dans celui de Hadès.
« Vous avez vraiment mangé ce fruit ? »
« Non. Mais Zeus ne peut pas le savoir. »
« Essayez de faire en sorte que les Erinyes ne l’apprennent pas non plus », il dit avec un sourire. « Il y a tout de même le problème de votre mère dont il faut s’occuper. Nous ne pouvons pas laisser la terre mourir, ni Zeus vous en vouloir. Moi, j’ai l’habitude. Et je suis tranquille ici. »
Perséphone soupira. Il avait raison. Bien entendu, elle ne pouvait plus remonter et faire comme si de rien n’était, à présent. Son bluff lui donnait une marge de manœuvre non négligeable mais il allait falloir la jouer serré.
« J’ai quelque chose à vous proposer. »

*
*   *

Hermès s’envola des Enfers à toute vitesse. Le temps était compté, lui avait dit Hadès. Trouve Zeus et Déméter au plus vite. Rendez-vous au lac Averne.

*
*   *

Les eaux verdâtres du lac Averne s’écartèrent. Hadès et Perséphone s’élevèrent dans les airs puis se posèrent face à Hermès, Zeus et Déméter. La jeune déesse planta son regard dans celui de sa mère. Elle y lut détresse et colère qui firent vaciller sa détermination. Elle tint bon, cependant : elle savait ce qu’elle voulait, et ça n’était pas retourner s’enfermer au fin fond de la Sicile. Il y avait tant à explorer encore, aux Enfers d’abord, et le reste du monde ensuite…
« Nous avons une proposition à vous faire », commença Hadès. « Ou plutôt, Perséphone en a une. »
Perséphone inspira. Elle avait répété ce moment avec Hadès, elle se savait en position de force. Elle pouvait le faire.
« Je ne veux pas remonter. Pas tout de suite, pas tout le temps, et pas forcée en tout cas. J’en ai assez d’obéir à qui que ce soit, et si je passe du temps avec toi, mère, je veux que ce soit parce que je l’ai choisi. Hadès ne m’a pas forcée à venir aux Enfers. Il ne m’a même pas invitée. C’est moi qui lui ai demandé. »
Elle soupira. Elle sentait le poids des regards divins sur elle.
« Voici ce que je vous propose. La moitié de l’année, mère, je viendrai te voir. Librement. Sans être enfermée où que ce soit. Comme ça aurait toujours dû être le cas. Le reste du temps, et bien… » Elle jeta un regard à Hadès, qui ne dit rien.
« Non. »
Déméter avait parlé d’une voix dure.
« Je ne laisserai pas ma filles aux mains d’un dieu pervers et vicieux. »
« Je ne te permets pas ! » fit Hadès, l’air sincèrement outré. Avant que Perséphone ait pu intervenir, Zeus réagit également :
« Ma chère Déméter, reste mesurée je te prie. C’est tout de même de mon frère que tu parles. »
« Et de toute façon, mère, tu n’as pas vraiment le choix. En fait, je crois que rester aux Enfers tout le temps serait préférable à remonter pour te voir toi. »
« Allons, allons, calmez-vous mesdames. » Zeus essayait tant bien que mal de calmer la situation mais Perséphone ne savait pas si elle avait encore envie de l’écouter. Elle avait fait un pas en avant et avait été sèchement rabrouée par sa mère.
« Puisque c’est ainsi, les humains mourront. »
« STOP. »
C’est Zeus qui avait crié. Déméter le regarda, étonnée. Jamais elle n’avait entendu telle puissance dans une voix.
« Déméter, je crois que Hadès et Perséphone ont fait un grand pas en avant étant donnée la situation. Il serait bon que nous en restions là. Et c’est en tant que roi des dieux que je te demande de lever ta malédiction. »
« Bien puisque c’est en tant que roi que tu me le demandes… » Déméter jeta un dernier regard noir à Hadès, puis fixa Perséphone dans les yeux.
« Je t’attendrai. Ne sois pas en retard parce que tout ce temps, la terre gèlera et rien ne poussera. »
Sans un mot de plus, Déméter se détourna et s’enfonça dans les profondeurs de la forêt. Perséphone la regarda partir, une boule au fond du ventre.
« Bien, cela est donc décidé ! » tonna Zeus, l’air heureux de voir la situation se dénouer. « Ravi d’avoir pu être utile. Perséphone, je vous souhaite une belle vie aux Enfers. Hadès, au plaisir. »
Il s’en fut, comme ça, sans un mot, suivi d’Hermès. Perséphone sentit Hadès quitter ses côtés pour aller rejoindre son domaine. Elle resta plantée là un moment puis, sentant qu’on l’attendait, se détourna.
Les eaux du lac Averne se refermèrent sur elle.

Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Olaf le 17 Août 2015 à 00:30:19
Bonsoir,

J'avoue, les histoires dont on connait la trame, ça a tendance à me décourager au plus haut point. Surtout en ce qui concerne la mythologie, on sait tout de suite qui est le coupable, l'enquête n'avance pas très vite, et en général le mobile est toujours le même.

Ceci dit c'est vraiment un plaisir à lire sans justement se poser la question du scénario. On se plonge dans l'ambiance, les folâtreries de Perséphone, la visite des Enfers, le caractère un peu curieux de ses habitants (certains auraient pu être un peu plus développé, les Moires s'en vont du repas quand elles commencent à être intrigantes pour revenir plus tard, mais les Érinyes sont à peine effleurées en tant qu'instruments des règles des Enfers).

D'ailleurs j'ai trouvé tes Moires très rafraîchissantes à parler comme Riri, Fifi et Loulou, en se partageant chacune de leurs phrases !

Du coup, il faut vraiment gratter à la brosse à dent pour trouver des choses à redire, des petites suggestions, ... néanmoins c'est un juste retour des choses de le faire !

Allez feu :

En fait d’un homme, elle s’aperçut rapidement qu’il s’agissait d’un dieu.
=> Cette phrase m'a fait me gratter l'occiput. Même si la suite donne quelques explications satisfaisantes, l'idée de reconnaître un dieu au premier coup d’œil m'étonne. Surtout les dieux grecs qui ont l'habitude de la contrefaçon d'apparence.
Et j'aurais peut être dit "en fait d'homme" ? Ce n'est pas très important ...le reste de la rencontre est plutôt clair.

Des flammes bleutées brûlaient dans des torches accrochées aux murs
=> Là l'image m'a fait bloquer un peu avant que les flammes retrouvent leur place logique en halos autour des torches.
Que penses-tu de : "Les torches accrochées aux murs brûlaient de flammes bleutées,"

« Monseigneur, Madame, y a… votre frère. Il vous attend. Au palais. »
=> Le frère de madame ou de monseigneur ? Ca se déduit du contexte, mais est-ce qu'on ne pourrait pas trouver plus clair ?
On pourrait utiliser le fait que Zeus est le père de Perséphone par exemple.

« Mais ce n’est pas vrai ! »
=> De la part d'une gamine de l'âge de Perséphone, ça sonne plus comme une marque de désarrois "Non mais ... c'est pas vrai ?"
On attendrait plus quelque chose genre : "Hein ? Mais c'est faux !" ou "C'est pas vrai !", non ?

« Ceux qui en mangent… »
« Ne peuvent plus les quitter. »
=> On comprend ce que ça veut dire, mais on aurait peut être préféré :
«Ceux qui mangent de ses fruits...»
«Ne peuvent plus quitter le royaume d'Hadès»

Je ne trompe ni n’enlève les femmes
=> Le double sens du verbe tromper est volontaire ? Parce que parlant de Zeus c'est assez sympa. Si en revanche ce n'est pas le but, "duper" permettra d'éviter de se tromper de sens je pense.

Je n'ai pas ressenti que l'histoire était racontée par ses yeux.
Pareil. L'histoire est centrée autour d'elle, mais ... elle n'est pas teintée par le personnage.

Moi en revanche, j'ai un petit souci, c'est que je n'ai pas vraiment compris la toute fin. Les eaux du lacs Averne la ramènent aux Enfers contre son gré ou bien est-elle consentante ?
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 19 Août 2015 à 18:03:00
Salut Olaf !

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J'avoue, les histoires dont on connait la trame, ça a tendance à me décourager au plus haut point. Surtout en ce qui concerne la mythologie, on sait tout de suite qui est le coupable, l'enquête n'avance pas très vite, et en général le mobile est toujours le même.

Merci d'avoir lu alors u_u

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(certains auraient pu être un peu plus développé, les Moires s'en vont du repas quand elles commencent à être intrigantes pour revenir plus tard, mais les Érinyes sont à peine effleurées en tant qu'instruments des règles des Enfers).

Oui je suis d'accord et c'est pour ça que cette scène me gêne un peu. Après je vois pas trop comment faire mieux malheureusement.

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Des flammes bleutées brûlaient dans des torches accrochées aux murs
=> Là l'image m'a fait bloquer un peu avant que les flammes retrouvent leur place logique en halos autour des torches.
Que penses-tu de : "Les torches accrochées aux murs brûlaient de flammes bleutées,"
Je vais me pencher là-dessus.

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« Monseigneur, Madame, y a… votre frère. Il vous attend. Au palais. »
=> Le frère de madame ou de monseigneur ? Ca se déduit du contexte, mais est-ce qu'on ne pourrait pas trouver plus clair ?
On pourrait utiliser le fait que Zeus est le père de Perséphone par exemple.
Tout à fait.

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« Mais ce n’est pas vrai ! »
=> De la part d'une gamine de l'âge de Perséphone, ça sonne plus comme une marque de désarrois "Non mais ... c'est pas vrai ?"
On attendrait plus quelque chose genre : "Hein ? Mais c'est faux !" ou "C'est pas vrai !", non ?
Hum pour moi Perséphone n'est pas non plus une gamine. Mais je comprends la remarque.

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« Ceux qui en mangent… »
« Ne peuvent plus les quitter. »
=> On comprend ce que ça veut dire, mais on aurait peut être préféré :
«Ceux qui mangent de ses fruits...»
«Ne peuvent plus quitter le royaume d'Hadès»

J'ai peur que ça fasse un peu lourd.

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Je ne trompe ni n’enlève les femmes
=> Le double sens du verbe tromper est volontaire ? Parce que parlant de Zeus c'est assez sympa. Si en revanche ce n'est pas le but, "duper" permettra d'éviter de se tromper de sens je pense.

Je crois que c'était pas fait exprès mais ça me plait bien ^^

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Je n'ai pas ressenti que l'histoire était racontée par ses yeux.


Pareil. L'histoire est centrée autour d'elle, mais ... elle n'est pas teintée par le personnage.

Oui - décidément - ce n'est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire qu'on ne voit/entend/sent/whatever que ce qu'elle voit/entend/sent

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Moi en revanche, j'ai un petit souci, c'est que je n'ai pas vraiment compris la toute fin. Les eaux du lacs Averne la ramènent aux Enfers contre son gré ou bien est-elle consentante ?

Le lac est une porte des Enfers. Elle y va consentante et surtout volontairement. Elle aurait pu se barrer mais elle n'a pas fini sa visite. C'est vrai que ça peut être ambigu.

Merci de ta lecture et de tes remarques !
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: MillaNox le 20 Août 2015 à 00:22:40
Salut :)

*maxi pointillage spécial AT on*

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Couchée dans son lit de feuilles mortes, Perséphone pleurait. Confinée dans les limites trop strictes mises par Déméter, la jeune déesse rêvait à de plus grands espaces.
rythmiquement ça rend pas terrible parce que tes deux phrases ont la même structure.

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Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer pour lui laisser le passage.
libérer ? laisser me gêne mais j'arrive pas à savoir pour quoi :\?

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Un moment plus tard, Perséphone sécha ses larmes et se releva. Elle en avait assez de pleurer : elle allait partir et Déméter n’aurait qu’à venir la chercher si ça ne lui plaisait pas. Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer pour lui laisser le passage. Perséphone s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.
trop d'actions enchainées, "elle ceci, elle cela, perserphone bla, elle nanana" il faudrait entrecouper avec des phrases qui nous donnent des indications sur autre chose que l'enchainement des actions (le décor, ses sensations sensorielles, une émotion de la perso, etc)

Citer
Déméter avait senti le départ de sa fille dès l’instant où elle avait passé les frontières du domaine. La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Vide. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.
un peu brut non ? ça donne une sensation de pancarte entre deux scènes dans un film de cinéma muet  ^^
Si tu n'es pas limité par le nb de mots ou sec, ça vaudrait le coup de nous faire vivre ce moment.

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Alors que les portes de l’Enfer se refermaient et retournaient à la terre, une vieille femme arriva sur les lieux. Elle se précipita en avant mais ne put que l’effleurer. À genoux, elle tapa le sol de ses poings ridés.
« HADES ! »
Son rugissement fit s’envoler les quelques oiseaux qui étaient restés là.
comme tout à l'heure

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Des flammes bleutées brûlaient dans des torches accrochées aux murs,
c'est pas vraiment "dans" :\P

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« Venez, j'ai encore beaucoup d'autres choses à vous montrer." »
guillemet en trop vers la fin ;)

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Affalé dans son siège, Zeus regarda Déméter monter jusque lui.
jusqu'à ?

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« Sois tranquille, je vais aller voir de quoi qu'il en retourne. »
de quoi il retourne

hop là ! tout lu !

Alors, l'histoire glisse bien, le scénario est sympa. ça m'a plutôt évoqué une pièce de théatre, mais ej pense que ça vient de ton style d'écriture ici, avec pas mal de dialogue et du narratif qui situe essentiellement les actions/comportements.
Pour une nouvelle littéraire, ça me manque un peu les descriptions des émotions, le développement de ce qui se passe, c'est un peu trop succinct. (genre quand zeus crie au p de scotcher demeter, il m'aurait fallu vivre ce cri moi aussi en tant que lectrice pour comprendre)
Donc si j'ai une critique à faire, ce serait que tu es un peu entre deux chaise et que tu gagnerai à soit écrit le truc en pièce de théâtre complètement, soit à nous donner davantage de substance pour une nouvelle littéraire.

dernier détail, les Erinyes semblent avoir une subtilité qui fait que perséphone doit leur cacher son mensonge mais dont je n'ai pas connaissance, ni du pourquoi de leurs lames ensanglantées. je trouve dommage de faire seulement des clins d'oeil au lecteur averti, alors que tu aurais pu nous expliquer tout cela dans le texte de façon subtile ;)

Merci pour cette lecture agréable :)

Milla
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 26 Août 2015 à 11:26:57
Salut Milla :

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  Couchée dans son lit de feuilles mortes, Perséphone pleurait. Confinée dans les limites trop strictes mises par Déméter, la jeune déesse rêvait à de plus grands espaces.

rythmiquement ça rend pas terrible parce que tes deux phrases ont la même structure.

J'ai changé (même si pas mis à jour ici)

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Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer pour lui laisser le passage.

libérer ? laisser me gêne mais j'arrive pas à savoir pour quoi :\?

Idem

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    Un moment plus tard, Perséphone sécha ses larmes et se releva. Elle en avait assez de pleurer : elle allait partir et Déméter n’aurait qu’à venir la chercher si ça ne lui plaisait pas. Elle frappa des mains et une partie du mur de feuilles sécha avant de s’effondrer pour lui laisser le passage. Perséphone s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.

trop d'actions enchainées, "elle ceci, elle cela, perserphone bla, elle nanana" il faudrait entrecouper avec des phrases qui nous donnent des indications sur autre chose que l'enchainement des actions (le décor, ses sensations sensorielles, une émotion de la perso, etc)

Je vois ce que tu veux dire mais là comme ça j'ai un peu de mal à trouver comment modifier. Je vais voir.

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Déméter avait senti le départ de sa fille dès l’instant où elle avait passé les frontières du domaine. La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Vide. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.
un peu brut non ? ça donne une sensation de pancarte entre deux scènes dans un film de cinéma muet  ^^
Si tu n'es pas limité par le nb de mots ou sec, ça vaudrait le coup de nous faire vivre ce moment.

Pour le coup je ne suis pas d'accord, pour moi ça n'a pas vraiment de sens de plus développer ces passages.

Tout le reste a été modifié aussi (encore une fois, pas mis à jour ici, puisque je vais bientôt l'envoyer).

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dernier détail, les Erinyes semblent avoir une subtilité qui fait que perséphone doit leur cacher son mensonge mais dont je n'ai pas connaissance, ni du pourquoi de leurs lames ensanglantées. je trouve dommage de faire seulement des clins d'oeil au lecteur averti, alors que tu aurais pu nous expliquer tout cela dans le texte de façon subtile ;)

Je suis pas tout à fait d'accord et vois pas trop comment le faire passer de façon subtile du coup :/

Merci pour ta lecture et ton commentaire en tout cas :)



Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Kanimp le 26 Août 2015 à 11:59:29
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La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.
La métamorphe est instantanée, pourquoi attend-t-elle plusieurs heures avant de partir ?
Alors qu’elle se précipite pour confirmer ce qu’elle sait déjà.


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Alors que les portes de l’Enfer se refermaient et retournaient à la terre, une vieille femme arriva sur les lieux. Elle se précipita en avant mais ne put que l’effleurer. À genoux, elle tapa le sol de ses poings ridés.
« HADES ! »
Son rugissement fit s’envoler les quelques oiseaux qui étaient restés là.
Un peu gros comme mise sous tension du lecteur.

Citer
Perséphone n’avait jamais quitté la Sicile.
Sans être réellement contradictoire, cela m’a semblé suffisamment le cas pour vérifier la phrase suivante lue précédemment:
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Elle n’avait même jamais pu parcourir l’ensemble de sa Sicile natale.

Citer
Affalé dans son siège, Zeus regarda Déméter monter jusqu’a lui.

Citer
Aucun des deux ne le savait avec précisions.
Redondant avec la phrase précédente.



J
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: ernya le 30 Août 2015 à 11:35:11
Déplacé dans les geôles à la demande de Loïc (présentation à un AT)
Titre: Re : L'Enfer c'est les autres V2 (ex-La fuite de Perséphone)
Posté par: Loïc le 15 Juin 2019 à 18:10:48
/me souffle sur la poussière

Kanimp, désolé je ne t'avais jamais répondu, le texte avait été engeôlé quelques jours après, et quand je l'ai fait remettre, bah je ne suis pas revenu dessus.
Je te réponds donc maintenant.

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La déesse se précipita dans la chambre de Perséphone. Un claquement de doigts, une métamorphose. Quelques heures plus tard elle quittait son domaine sous l’apparence d’une vieille femme.

La métamorphe est instantanée, pourquoi attend-t-elle plusieurs heures avant de partir ?
Alors qu’elle se précipite pour confirmer ce qu’elle sait déjà.

Excellente question dont je n'ai pas (plus) la réponse. Je vois ce qui gêne, je vais essayer de corriger.

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Citer
Perséphone n’avait jamais quitté la Sicile.

Sans être réellement contradictoire, cela m’a semblé suffisamment le cas pour vérifier la phrase suivante lue précédemment:
Citer

Citer
    Elle n’avait même jamais pu parcourir l’ensemble de sa Sicile natale.

C'est au moins une répétition qui n'a pas lieu d'être.

Les deux autres erreurs étaient déjà corrigées, juste pas sur cette version qui est désormais à jour.

Merci !