Loïc :
Narration :
Je vais commencer par là, c'est ce qui est je crois le plus significatif chez toi. Ce qui frappe, c'est son efficacité : tu ne t'attardes presque jamais sur des détails ou des scènes qui seraient inutiles à l'histoire. Les descriptions de lieu, par exemple, sont très rarement gratuites, elles apportent toujours quelque chose sur l'état de l'univers que tu décris, comme celle qui ouvre À la vie à la mort, ou bien sur le caractère des personnages, comme la description du bureau de l'enquêteur du Radeau de Méduse. Finalement, tu ne te complait presque jamais dans la pure contemplation et si c'est très compréhensible pour les nouvelles, c'est déjà un peu plus surprenant sur ton long. Pourtant, cela apparaît comme assez judicieux : tu ne t'arrête pour dépeindre Lyon que dans les moments entre Méduse et Laïla, les moments les plus propices à ces temps d'arrêts, donc (et don paradoxalement, on rejoint encore cette efficacité).
Mais cette efficacité dans la description se ressent aussi comme je l'ai dit dans le choix des scènes. En ressort un rythme assez rapide, on souffle peu, l'histoire avance toujours, presque sans nous. Et ce n'est pas forcément un mal ; tes textes sont du coup très fluides, très prenants, ce que tu créé aussi par pas mal de changements de rythme dans la narration, que l'on ressent particulièrement dans À la vie à la mort, qui est finalement assez elliptique, on passe du calme du vieux temple à la rage de la bataille sans transition, pour terminer sur la fuite plus calme des personnages. C'est aussi très voyant dans le Radeau de Méduse, l'action avance très vite, de scènes en scènes, pour faire à tout prix avancer la situation.
Un autre moyen que tu as d'animer tes textes est la très forte présence des dialogues. Alors évidemment, cela saute aux yeux dans Alline, qui en presque exclusivement composé, mais ce ne sont pas là les dialogues que je trouve les plus représentatifs de ton style. Là, ils sont assez courts et composent la quasi-totalité de la narration (plutôt logique dans un contexte politique). En général, tes dialogues sont plus longs, plus posés ; les répliques sont assez longues, très souvent entrecoupées par les réactions et les pensées des personnages, ce qui donne inévitablement une représentation de la scène très précise pour le lecteur.
Pourtant, le lecteur n'est pas celui que tu choie le plus dans tes textes. Tu semble constamment te placer du point de vue de tes personnages, pas de celui du lecteur. Les actions et croyances des personnages sont alors très "banalisées", légitimes, ce qui te permet d'aborder très justement et avec une certaine légèreté les thèmes que tu veux. Ainsi, la plupart (voire tous) de tes héros sont des héroïnes, fortes, indépendantes et souvent homosexuelles (Alline et Méduse). Et finalement ça ne surprend pas, on l'apprend dans le fil du texte et ça le rend parfaitement normal (comme ça devrait en fait l'être si notre société allait bien). Ça ne te sert cependant pas qu'à être politique mais aussi tout simplement à nous rapprocher des tes personnages. Ainsi, on est pas vraiment choqués lorsque tu nous conte le plus calmement du monde que Méduse "ressor[t] ses couteaux et entam[e] la découpe" (d'un cadavre).
Mais assez parlé de la narration, passons au ;
Style :
En fait, je ne m'y attendais pas, mais ton style n'est pas aussi particulier que je l'attendais. Le tout est très fluide, fonctionnel, presque sans défaut. Cela s'adapte à ce que tu écris, on se concentre plus sur l'histoire, notre attention n'est presque jamais détournées par un bel effet de style, on en oublie presque l'intermédiaire entre l'action et nous que constitue le narrateur. Il y a pourtant parfois quelques petites figures de style un peu "tape-à-l'oeil" (ou en tout cas plus remarquables que des trucs style énumération ou comparaison), comme une zeugma dans Alline : "Après s’être passé de l’eau sur le visage et une robe propre", une joli métaphore dans le Radeau de Méduse : "les cheveux noirs commençaient à fuir sa tête." et bien entendu la personnification de l'Arcane dans Toutes les cartes en main : "une larme esseulée apparut dans l’orbite vide de l’Arcane-Sans-Nom. ".
Mais finalement, tu joues plus encore une fois sur le rythme que sur les mots. Tes phrases sont en général soit très courtes, soit assez longues, avec pas mal de petites "précisions" ou incises, qui se ressentent particulièrement dans ce paragraphe du Radeau de Méduse :
"Laïla – c’était ainsi qu’elle s’appelait – avait 22 ans. Elle était venue à Lyon pour ses études ; ses parents vivaient dans le sud, près de la Méditerranée. Comme beaucoup d’autres étudiants de sa spécialité, elle ambitionnait (ou avait ambitionné) de devenir une archéologue à la Indiana Jones avant de vite déchanter. Son avenir était plutôt flou.
Méduse ne lui mentit pas – pas directement, en tout cas. Elle lui dit être grecque, être arrivée en France longtemps auparavant et tenir un restaurant sur les Quais de Saône. Laïla s’enquit plus précisément de sa localisation, mais ce n’était pas dans la partie du quartier qu’elle fréquentait ; elle était de toute façon sûre de n’y avoir jamais mis les pieds."
Cela s'adapte assez bien à ces changements de rythme que je décrivais plutôt, et ça participe là aussi à rendre le récit vivant.
Finalement, le style est très fluide, tout se lit très bien, sans anicroche. Mais c'est pas vraiment de ça que je me souvenais chez toi, d'où ma surprise. Alors, petit filou que je suis, je suis allé te chercher là où je t'avais le plus lu : en soirée dico. D'où le prochain paragraphe :
Dancefloor :
Je n'irais pas jusqu'à dire que tu es radicalement différent quand tu écris sur le vif, mais tu n'es pas tout à fait le même, c'est certain. Enfin bon, j'imagine que c'est pareil pour nous tous, mais je crois que c'est quand même assez intéressant de regarder un peu ça.
Déjà, les sujets. Là où sur des textes développés tu as vraiment besoin d'une idée, d'une histoire bien particulière à racontée, tu vas souvent en soirées dico raconter une ambiance, une émotion, simplement, comme ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17520.msg318635.html#msg318635) ou là (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17520.msg320324.html#msg320324) (et d'ailleurs ça parle souvent d'amour), mais aussi des petites tranches de vies, très simples comme ici (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,17520.msg324097.html#msg324097).
Et en fait, bon c'est plutôt logique, mais tu prends beaucoup plus de risques : tu utilises plus volontiers le "tu", par exemple.
Le style lui aussi est différent, en fait les contraintes t'apportent de bonnes idées j'ai l'impression, tu arrives en général à caler les mots dans des comparaisons plutôt biens senties qui passeraient parfaitement dans un texte "classique".
La narration est moins rapide, plus apaisée, tu prends plus ton temps (paradoxalement ?) pour exprimer les émotions dans ces scènes, ça tranche pas mal avec tes textes en fait. Enfin bon, comme je l'ai dit, c'est plus ou moins le cas de toute le monde je crois. Mais ça me semblait tout de même intéressant d'y jeter un petit coup d'œil.
Voilà, j'espère que c'était intéressant...
À moi de m'y mettre. Je me sens tout petit en vous lisant u_u
Claudius donc.
Indubitablement, ce qui m'a le plus marqué, c'est le thème de tes textes. On y retrouve généralement un cadre champêtre, montagnard, plus ou moins marqué, plus ou moins précis. La description, parfois nostalgique, de mondes disparus ou en voie de disparition (tes deux textes courts au moins,
Le peintre un peu aussi). Tes textes forment en mot des cartes postales un peu sépia, et de là partent, parfois, des histoires (
Orage,
Le village abandonné). On est généralement dans du réaliste, même si parfois des soupçons de fantastique viennent s'y nicher (
Orage clairement, mais on l'attendrait presque dans
Le village abandonné, et finalement n'y est-il pas un peu ?)
J'ai lu un peu d'autres textes, et ce qui revient souvent aussi, c'est la peinture et les peintres ; directement ou dans un sens plus métaphorique. Comme si tu déclinais une même scène en plusieurs écritures différentes, ou comme un même thème traité par plusieurs auteur-es différent-es.
Au niveau du style, ça se traduit dans des poèmes avec des formes et des structures relativement simples, qui racontent des histoires. Des enchainements, des enjambements, etc. On n'est pas là pour se prendre la tête ou faire du cryptique.
J'ai trouvé le ton généralement assez léger, avec des alexandrins bien maitrisés, qui font comme une comptine.
J'ai parlé de la campagne tout à l'heure. La ville est aussi là, mais toujours (ou presque) sous une seule forme : LA ville, à l'opposé de la campagne, la ville polluée, bruyante et bouillonnante, mais pas dans le bon sens du terme. Les personnages sont toujours contents d'en sortir.
Quelque chose d'assez récurrent dans tes textes en proses, j'ai l'impression, c'est une entrée dans la réflexion des personnages un peu forcée, à défaut d'autre terme. Je vais plutôt citer :
Ah ! Mon romantisme me perdra !
(
Le jardin suspendu, mais ça se retrouve beaucoup dans
L'orage.) D'une manière générale, je dirais d'ailleurs que tes textes en prose, quand ils sont écrits à la première personne, cherchent un style assez oral, parlé même. Ce sont tes personnages qui sont les narrateurs et ils parlent aux lecteurs. Tes poèmes sont plus classiques à ce niveau.
C'était super intéressant Zag, je prendrai le temps de te répondre :)
Yo Ben.G !
T'as pris ton temps, ouais :D Mais ça vaut le coup.
(je suis allé revoir deux de tes textes plus vieux aussi du coup, masse et les égouts de Paris, dans la foulée des deuxième lectures des autres :P )
Folie que ceci :-[
C'est à dire que tu te réserves souvent un cadre dans tes phrases bien bâti et posé, assez peu d'envolées au final. Et c'est marrant, je regardais rapidement en parcourant tes anciens textes, ca fait un bout de temps que tu ne fais plus de poésie non plus ? ^^ C'est marrant parce que là aussi tu faisais de la poésie assez cadrée, en vers et comptés. Là encore, c'est pas un reproche, parce que en fait ça te va bien, j'entends que ca se sent que tu as un sens du rythme, du rythme qui tourne bien comme un moteur, t'as assurément l'oeil pour ça.
Ça doit être mon côté matheux u_u Mais oui, je suis d'accord, je déstructure assez peu la langue dans mes textes, je crois pas forcément avoir la bonne sensibilité pour ça.
Mais pour la poésie, en fait j'ai arrêté parce que j'aime pas ce que je fais là-dedans. Justement, le côté trop carré, à tout le temps rechercher un effet de rythme ou une figure de style, ça rend le tout trop balourd à mes yeux, ça passe pas.
Dans ce sens là, je le dis juste parce que je trouvais la remarque intéressante sans trop savoir qu'en faire, tu fais rarement des phrases avec pls de deux virgules (et j'ai jamais vu plus de trois), voilà je le dis juste comme ça haha, ca va un peu dans le sens de ce que je dis (c'est des virgules bien posées et qui soutiennent bien les phrases, parfois apporte le piquant qu'il faut pour les relancer ou les clore)
Rien que dans le début des
Matelas voraces j'en ai vu une avec quatre. Mais en fait elle compte pas, je viens de lui retirer une virgule moche. Donc je suppose que tu as raison. Mais je suis assez surpris quand même, parce que j'ai tendance à faire des phrases un peu alambiquées, qui du coup engendrent pas mal de virgules (enfin je croyais, faut croire que je fais juste pas de pause pour le lecteur). Mais du coup, je crois que j'en utilise surtout deux parce que (je crois pas que ce soit vraiment conscient, j'y pense juste maintenant) je privilégie pas mal les rythmes ternaires (et donc deux virgules).
Désolé je me suis perdu (suspens) je voulais dire, c'est sur tes amorces de phrases. Il me semble avoir vu un commentaire de Nacas quelque part qui te disait déjà ça, tes premiers mots de phrases sont très tès classiques. Des le la quand que c'est avec alors, bref des pronoms, des mots transitifs, ca coule tout seul et à un moment j'ai regretté un peu ce manque de..surprise à nouvelle phrase. Et je pense pas que ce soit un manque de vocabulaire, parce que ca (comme sur les matelas voraces, mais je vais revenir sur ce point) ca fait plutôt partie de tes qualités. Donc voilà, pour réjoindre ce que je disais dans la parenthèses d'avant, sans te conseiller de dynamiter tes textes, peut être rechercher un petit peu dans les structures de phrases ce qui pourrait amener des débuts de phrases moins attendus ( je trouve que arpès le terminus Hadès testait déjà plus dans ce sens, après je me trompe peut-être)
Je vois ce que tu veux dire. Là encore, je crois que c'est mon côté matheux qui transparaît (c'est que j'y tiens à mes connecteurs logiques). Mais c'est vrai que cela ne peut faire que du bien d'essayer d'y penser un peu (au pire ça marche pas, c'est pas grave).
Je fait une parenthèse de transition ici, pour te dire que j'ai eu du mal avec la fin de Après le terminus, Hadès, malgré tes corrections on dirait. En fait, j'ai pas saisi : il part sur les rail avec son théâtre, puis d'un coup on dirait qu'il l'a plus et il fait demi tour comme pour accuser le chauffeur (dont d'ailleurs on ne sait pas si c'est le même chauffeur que celui qui lui a ouvert, on dirait pas). Alors en relisant à nouveu, je vois qu'en fait il trébuche juste (mais la façon dont tu décris le corps qui chute, même si tu dis chute, est pas hyper explicite, je trouve) casse le truc et ne se rend pas compte... Mais du coup pas cohérent. En fait j'ai vraiment cru que genre, le chaffeur l'avait cassé sans faire exprès avant de lui rendre, et qu'il l'avait réalisé qu'ensuite, ou qu'il n'avait jamais eu son theatre entre les mains, bref, je pense que tu pourrais encore clarifier cette scène et donner une véritable raison pour la baston, qui passe très bien à l'écrit en plus (et sans en plus ne faire passer ni l'un ni l'autre pour des connards).
J'en suis pas satisfait non plus à vrai dire, mais j'ai toujours du mal pour retravailler mes textes un peu en profondeur. Bref, fait que je m'y mette un jour (cet été peut-être), parce que j trouve ça dommage cette fin après ce texte dont je suis mine de rien assez satisfait.
D'abord, tu te dis toi même écrire des textes plus sf et des textes plus littérature blanche, et en fit en te lisant, j'ai pas l'impression que tu devrais te fixer ces barrières. Tes textes sont parfaietement entre les deux, allient très bien les deux.
E fait en te lisans je pense forcément à Pennac (du coup je ne peux pas concevoir que tu 'ai pas lu Pennac, et si c'est pas le cas, fonce !! toute sa série avec l'inspecteur dont la profession est bouc émissaire, ahem, la fée carabine par exemple ! )
Boarf, je sais pas si je me fixe vraiment des barrières, c'est juste pour la description là que j'ai décris ça comme ça. Je pars toujours sur une idée relativement précise du genre, oui, mais au final il y a nécessairement des influences qui viennent s'y glisser et je les refoule pas. (d'ailleurs c'est rigolo ça me fait penser à un texte où j'avais vraiment hésité entre faire du fantastique et de la blanche pure et au final je crois que ça mélange bien les deux ^^)
Par contre j'ai pas vraiment lu Pennac, non. Plus jeune j'ai du lire trois ou quatre romans de lui (L'Oeil du loup, les Kamo), mais je suis jamais allé plus loin après. Mais ud coup je m'y essayerai !
Le truc qui me marque dans ce sens, et qui symbolise et te caractérise bien tout ça, c'est le rapport que tu as aux objets. Dans tes quatre textes c'est l'élément central. Bref tu arrives à donner vie aux objets comme des personnages à part entière en restranscrivant parfaitement l'attachement ou la sensibilité qui est placée en eux (et forcément dans les matelas vorace, ca déroule de ce côté et ca fonctionne du feu de dieu)
Tiens, j'y avais jamais pensé, mais c'est vrai maintenant que tu le dis. Genre de ouf. En fait je crois que ça vient du fait que pour un écrire un truc, j'essaye toujours de partir d'une idée précise d'un concept, d'une situation, et donc forcément ça donne quelque chose de très centré là dessus (et qui est donc souvent un objet).
Pour ça que je parle de Pennac (et je pense aussi, dans la « couleur » globale que tes textes me font ressentir, et cet aspect, tranche de vie appliquée dans un monde en l'observant avec une loupe, dans ses détails car c'est à ça que l'histoire et les personnages se raccrochent, je pense aussi à Simenon -et je me doute aussi, de l'influence d'Hugo-. C'est en ça que je parle de classique, pour la force, mais aussi le fond, y'a une « couleur » que je trouve partagée entre ces auteurs et ce que tu developpes, je trouve, tu me diras si je me trompe).
C'est rigolo parce que j'ai presque jamais lu aucun de ces auteurs. Simenon jamais, j'avoue que ça m'a jamais attiré, sûrement à tort, et Hugo j'ai rapidement lu les Misérables plus jeune et un peu de sa poésie (Pauca Meae est vraiment chouette), mais jamais plus. Du coup je vais voir ça ^^
Le point fort, c'est son perso principal sur le début, un docteur spécialiste dans l'étude des scarabées. Ce personnage me fait tellement mais alors tellement penser à ce que tu pourrais faire, il est juste, délicieux dans son exposition
J'avoue, c'est totalement mon type de personnage !
PLUS, ce livre a une écriture à la fois très classique, c'est à dire plus comme toi, solide avec des constructions de phrases simples mais un très bon vocabulaire, le plus, c'est qu'il se permet plus de liberté à ce niveau là. C'est à dire des débuts de phrases un peu en dehors de leurs usages, des mélanges entre très vieilles tournures et à la fois des utilisation hyper modernes. C'est un livre très court qui pourrais t'intéresser je pense (je sais pas si tu viens à la rando de ce dimanche, mais je te le passerai, il fait 150 pages je crois, c'est assez court ^^ )
Nope, je pense pas venir, mais je lirais à l'occasion, tu me l'as bien vendu ;)
Ah si tiens, j'ai oublié d'en parler alors que c'était sur ma to-do list, mais j'ai peu retrouvé dans tes textes les touches d'humour pourtant énormes que je t'ai vu faire dans les soirées dico, voilà c'est tout ce que je voulais faire remarquer haha
Ouaip, j'ai plutôt tendance à séparer les choses maintenant. Sur un long je me laisserai plus de liberté là-dessus je pense, mais sur des choses plus courtes je préfère séparer les textes plutôt disons "délirants" et les autres quand même assez lourds dans le fond. (je me vois mal faire des blagues dans
Après le terminus, Hadès)
j'ai mis le temps, j'espère ne pas être trop à côté sur certaines choses, ni trop en avoir fait en parlant d'autres auteurs, en tout cas c'était fort chouette de te (re) découvrir, hors des tic tac et soirées dico, parce que au final ca faisait longtemps que je ne t'avais pas lu, et ca fait rudement plaisir de me pencher aussi précisément sur ce que tu écris (j'ai pris du vrai plaisir à lire toutes tes nouvelles, c'est de la bonne huhu), alors vilà, merci pour le partage :mafio:
Merci à toi pour cette analyse super intéressante et fournie :mafio:
Et du coup j'ai pris mon temps pour répondre à Zag aussi :P
tes textes sont du coup très fluides, très prenants, ce que tu créé aussi par pas mal de changements de rythme dans la narration, que l'on ressent particulièrement dans À la vie à la mort, qui est finalement assez elliptique, on passe du calme du vieux temple à la rage de la bataille sans transition, pour terminer sur la fuite plus calme des personnages. C'est aussi très voyant dans le Radeau de Méduse, l'action avance très vite, de scènes en scènes, pour faire à tout prix avancer la situation.
Tout à fait, mais c'est aussi un gros cache-misère pour ces transitions que j'ai beaucoup de mal à faire (je le vois bien dans le texte que je suis en train d'écrire). J'ai vite l'impression de me répéter, de tourner en rond entre mes temps forts, ce qui fait que finis par zapper tout ça.
Tu semble constamment te placer du point de vue de tes personnages, pas de celui du lecteur.
Oui, et je pense que ça rejoins bien ton point numéro 1 sur les descriptions et les détails.
(comme ça devrait en fait l'être si notre société allait bien).
J'écris en pleine utopie :mrgreen:
d'ailleurs ça parle souvent d'amour
Caramba, je suis repéré.
Et en fait, bon c'est plutôt logique, mais tu prends beaucoup plus de risques : tu utilises plus volontiers le "tu", par exemple.
Le style lui aussi est différent, en fait les contraintes t'apportent de bonnes idées j'ai l'impression, tu arrives en général à caler les mots dans des comparaisons plutôt biens senties qui passeraient parfaitement dans un texte "classique".
La narration est moins rapide, plus apaisée, tu prends plus ton temps (paradoxalement ?) pour exprimer les émotions dans ces scènes, ça tranche pas mal avec tes textes en fait. Enfin bon, comme je l'ai dit, c'est plus ou moins le cas de toute le monde je crois. Mais ça me semblait tout de même intéressant d'y jeter un petit coup d'œil.
Yep. J'utilise (utilisais) les soirées dico comme laboratoire, pour tester des trucs, des débuts d'histoire ; mais je crois que j'arrive rarement à les réinjecter. C'est un autre esprit d'écriture aussi, et je crois que ça joue (plus que le temps limité ; mes wordwars de nano sont en général plus classiques je crois.)
Merci encore pour cette belle analyse et ton effort de lecture :)