Le Monde de L'Écriture

Salon littéraire => Salle de lecture => Romans, nouvelles => Discussion démarrée par: Kailiana le 19 Juillet 2015 à 16:15:12

Titre: Le cycle de la Culture (Iain Banks)
Posté par: Kailiana le 19 Juillet 2015 à 16:15:12
Iain Banks est apparemment un auteur super connu en SF (mort en 2013 à 59 ans  :() que je n'ai découvert que cette année.
Il a écrit tout un cycle se déroulant dans l'univers de la Culture (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Culture), dont je n'ai pour l'instant lu qu'un seul livre (mais qui m'a fichu une grosse claque)

La Culture est, en gros, une civilisation qui s'étend sur plusieurs planètes (elle compte trente mille milliards d'habitants, mêlant dans une totale égalité humains, extra-terrestres, drones et intelligences artificielles), qu'on peut quasiment considérer comme étant une utopie.
Petite description de la Culture, tirée de Wikipédia :
Citation de: wikipedia
La culture est une société post-pénurie ayant une économie de l'abondance, ce qui signifie que ses technologies de pointe offrent une richesse matérielle pratiquement illimitée et le confort pour tout le monde gratuitement, et ayant quasiment supprimé la notion de biens. Elle a surmonté la quasi-totalité des contraintes physiques sur la vie, y compris la maladie et la mort, et est presque totalement égalitaire. La société est stable sans l'utilisation d'aucune forme de force ou de contrainte, sauf si nécessaire pour se protéger ou protéger les autres.

Les Mentaux, de puissantes intelligences artificielles, jouent un rôle important dans cette société. Elles administrent cette richesse pour le bénéfice de tous. Comme un commentateur l'a dit,

    « En confiant toutes la puissance à ces intelligences Artificielles "Minds", à la fois individualistes, parfois excentriques, mais toujours bénignes, Banks savait ce qu'il faisait, c'est le seul moyen pour que l'anarchie libérale puisse être atteinte, en prenant le meilleur de l'homme et en le plaçant au-delà de la corruption, ce qui signifie hors de contrôle de l'homme. Le danger impliqué dans cette étape d'imagination, cependant, est clair ; l'un des problèmes avec les romans de La Culture en tant que romans, c'est que les personnages centraux, les Minds, sont trop puissants et, pour le dire crûment, trop bons. »

— Chris Brown, Journal of International Studies, 20011.

Les protagonistes des romans du cycle de La Culture sont donc le plus souvent des gens en marge de La Culture, des diplomates, espions ou des mercenaires, ceux qui interagissent avec d'autres civilisations, et qui font le sale boulot de La Culture visant à modifier ces sociétés pour qu'elles soient plus proches de l'idéal de La Culture, parfois par la force, parfois par la corruption stratégique.

La civilisation est super vaste et super bien pensée.


J'ai lu en particulier l'Homme des jeux, que je vais détailler davantage ; chaque roman peut se lire de manière indépendante.

(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fecx.images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F51qaPwAotTL._SX307_BO1%2C204%2C203%2C200_.jpg&hash=f66a3d25505df7d695872590384a2352d8c441c9)

Citation de: 4eme de couverture
Gurgeh est l'un des plus célèbres joueurs de jeux que la Culture ait jamais connus. Il joue, gagne, enseigne, théorise. La Culture est une immense société galactique, pacifiste, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Elle est composée d'humains, d'Intelligences Artificielles et d'espèces étrangères qui ont accepté ses valeurs. Elle cultive les loisirs et les jeux, qui ont le statut d'art majeur. Le Contact, service de la Culture spécialisé dans l'évaluation et l'infiltration de civilisations étrangères nouvellement découvertes, considère l'empire d'Azad, terrifiant de puissance et de cruauté, comme un danger potentiel. L'Empire repose, historiquement, sur un jeu infiniment complexe dont le gagnant devient Empereur. Si bien que Gurgeh, contre son gré, manipulé mais fasciné par le défi, se retrouve à cent mille années-lumière de sa confortable demeure, devenu un pion des IA qui régissent la culture et lancé dans le formidable jeu d'Azad. Avec la série de la Culture, Iain M. Banks renouvelle avec panache et humour l'aventure spatiale. Comme dans L'Usage des armes, il construit une société d'envergure galactique, bigarrée, baroque et attachante qui deviendra une référence dans l'histoire des futurs.

Au début, j'ai trouvé ça un peu bizarre : on est largué dans un monde avec des repères assez différents du notre, pas fondamentalement différent, mais il faut quand même s'accrocher un peu pour se plonger dans ce monde.
Ensuite, on peut apprécier l'univers créé, avec tous ses petits détails bien pensés (c'est possible de changer de sexe par exemple !), les réflexions sur ce qui reste à faire quand on n'a pas besoin de travailler, les IA super attachantes et sacrément cyniques (dans une conférence, j'ai entendu Gérard Klein (l'éditeur de la Culture en français) dire que dans la Culture, on pouvait comparer la relation IA/humain à la relation humain/chat, avec l'humain dans le rôle du chat... et c'est en fait assez vrai  :mrgreen:), mais aussi tout simplement la maitrise du suspens et de la tension narrative.
Très sincèrement, j'ai dévoré le livre. Au moment où on peut penser qu'on connait le dénouement final et qu'il n'y aura plus de surprise, Banks ajoute juste une petite scène qui fait que finalement, on se demande si on a vraiment raison. Bref, je trouve que c'est un auteur qui, dans ce livre au moins, maîtrise parfaitement le style et la narration, sait où il veut mener le lecteur, et l'y mène d'une main de maître.

Bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé, et je lirai les autres livres de la Culture dès que j'aurai un peu de temps.

Après, je ne sais pas si ce livre plaira à tout le monde : ça reste de la SF, et il faut accepter au début de se plonger dans ce monde différent ; ensuite, ça va mieux car on se recentre sur le personnage principal et sur le jeu (et ses parallèles avec la politique et la psychologie des joueurs). Mais selon moi, ça vaut vraiment le coup d'essayer  o><o