Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Dragon-rouge le 10 Février 2007 à 11:56:55
-
Il hésita quelques instants, puis commença à écrire sur le parchemin.
Je crois que j’avais dix ans, la première fois que je L’ai vu. Si belle et si gracieuse, la matière de Ses ailes semblait être de la soie, Elle avait des cheveux noirs qui tombaient en cascade sur Ses épaules. Nous étions près de la mare, au fond du jardin, Mère avait sa belle robe, la verte, qui lui arrivait jusqu’aux genoux. Ses cheveux roux flamboyants étaient relevés en chignon, elle avait mis ses lunettes noires et carrées, et elle avait un sourire aux lèvres, doux et rêveur. Je jouais avec l’eau quand je L’aperçus, Elle était assise sur un nénuphar, me regardant, Elle aussi. J’étais torse nu, Elle voleta jusqu’à moi, se posa sur ma poitrine y apposant une marque qui ne devait jamais disparaître, une étoile argentée. Le soir, mes parents se disputèrent, mon père désapprouvait le choix de ma mère, il criait qu’elle n’aurait pas du me La montrer, ma mère répondit que j’étais assez grand pour La voir. Lorsque je me couchais, je me sentais malheureux mais en même temps j’étais heureux car j’avais vu ma première Fée.
La deuxième fois, c’était au même endroit, cette fois, Elle s’était lovée dans une fleur, se gorgeant de la chaleur du soleil, Elle n’avait changé. Moi en revanche, j’avais quinze ans, une tignasse rousse avait poussé sur ma tête, j’avais grandi, j’était toujours aussi maigre, avec plein de taches de rousseurs, ma Tâche avait perdu de son éclat argenté. Un craquement me fit me retourner, je vis mon père, il avait un visage dur, il m'envoya dans ma chambre, je ne comprenais rien, mais je ne L'oubliais pas, Elle hantait mes rêves et mes cauchemars.
Mais j’ai oublié quelque chose, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle James Barryc, fils d’Emma et de Peter Barryc, je vis en Angleterre, dans le Devon. J’ai vécu toute ma vie cloîtré dans cette maison, écarté des autres, pourquoi? Je ne sais pas trop, Père dit que j’ai une maladie grave qui empêche tout contact avec les autres enfants. C’est qui est mon précepteur, Mère m’enseigne plutôt tout ce qui est manuel. Mon père est différent de ma mère, il a les cheveux bruns, une moustache, un visage assez dur, contrairement à ma mère, où tout est douceur, c’est une sorte de Fée. Fée. Ce mot est devenu tabou chez moi, surtout depuis ma deuxième rencontre. J’ai souvent essayé d’en parler avec mon père, mais à chaque fois, il se ferme, déviant de sujet.
Pour mes seize ans, mes parents m’ont emmené à Londres. C’était la première fois que je sortais, j’étais complètement excité, durant tout le voyage en train, je ne cessais de poser des questions, mais parents souriaient mais semblaient sombres en même temps, enfin le train s’arrêta et un flot de voyageurs descendirent avec nous. King Cross... Je n’oublierais jamais ce nom. Plus j’avançais dans les rues bondées, plus les gens me dévisageaient l’air curieux, comme si j’étais une bête de foire. Je questionnais mes parents du regard mais ils ne répondirent pas, des larmes silencieuses coulaient le long des joues de ma mère. A présent toute joie était retombée, j’observais les rues sans vraiment les voir. Nous arrivâmes devant un bâtiment administratif à l’aspect pitoyable, je lus une plaque dorée sur laquelle était inscrit: Bureau de Détection des Faeries. Je ne connaissais pas ce mot. Un secrétaire à l’air hautain nous fit entrer dans une sorte de salle d’attente, il y avait deux chaises en bois, une petite table avait quelques magazines et un tableau représentant une fleur, la tapisserie s’était à moitié décollée du mur et la pièce était humide. Je restais debout, mes parents s’assirent mal à l’aise.
« Où est-ce qu’on est? »
J’avais posé la question d’une voix calme. Mes parents se regardèrent, hésitants, ce fut ma mère qui commença d’une voix mal assurée.
« Eh bien… Nous te devons des explications sur les seize années qui se sont écoulés. Comme tu as pu remarqué tout à l’heure, toi et moi, étions les seuls à avoir des cheveux roux.
-Oui, j’ai surtout remarqué les regards des gens, fis-je froidement.
-Cela signifie ton appartenance à la race des Faeries, « ceux qui peuvent voir » en langage Féerique.
-Voir quoi?
-Les Fées. Celle que tu as vu, est ton compagnon de vie. Elle meurt quand tu meurt, Elle est triste quand tu es triste, bref Elle partage tout avec toi, et tu peux communiquer avec Elle. Cette Tâche que tu as reçu est un autre signe. Tu es un Faery. Et les humains normaux ne nous acceptent pas, c’est pourquoi le Gouvernement nous demande de rester cloîtré dans nos maisons le plus possible jusqu’à nos seize ans.
-Et après.
-Après nous sommes envoyés dans une… Espèce de réserve.
-Donc nous sommes encore enfermés jusqu’à notre mort.
-Certains non, ils sont choisis pour faire d’autres « spécimens » de la race, répondit mon père.
-Mais toi, tu n’es pas de cette race.
-Non, fit-il simplement.
-Donc je suis censé vivre jusqu’à la fin de mes jours dans une « réserve », repris-je.
Ma mère hocha la tête les yeux embués de larmes, mon père se composa un visage neutre.
« Nous sommes beaucoup?
-Assez oui.
-Je peux contacter ma Fée quand je veux?
-Oui. »
Je me laissais glisser le long du mur et prit ma tête dans mes bras.Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit, je levais la tête résigné, c’est ma seule occasion de fuir, je lançais un dernier regard à mes parents, gravant leur image dans ma mémoire, et bondit sur l’officier.
« James! »
La voix de ma mère me traversa comme si j’étais un fantôme, je ne me retournais pas. Et sortis le plus vite dans les rues ensoleillées de Londres, je vis un bus qui s’arrêtait, je montais dedans et lançait une pièce au conducteur, il me donna un ticket, j’allais au deuxième étage, me dissimulant le plus possible, j’étais à côté d’une vieille dame. Le bus démarra, puis s’arrêta quelques secondes plus tard, j’entendis le chauffeur parler.
« Un roux, non monsieur, vous savez, je vois des centaines degens chaque jour, alors…
-Je vais quand même vérifier. »
Je jetais des regards affolé autour de moi, cherchant desespèrement une cachette, quelqu’un me tapota l’épaule, je me retournant, imaginant le pire, c’était la vieille dame.
« Cache-toi dans mon sac. »
Je jetais un coup d’œil au sac posé à ses pieds, il était énorme. J’hochais la tête et m’empressais d’entrer dans le sac, elle me recouvra de quelques habits et de sacs plastiques, j’entendis le pas de l’officier, il s’approcher, je le vis par un trou, il scrutait le bus et regarda le sac.
« C’est quoi?, fit-il à la dame en montrant le sac.
-Mes courses. »
Il fixa le sac quelques instants puis partit du bus, je soupirais, la vieille dame me fit signe de sortir. Je remerciais mille fois la vieille dame, elle sourit simplement.<br
« Mon mari était comme toi.
-Qu’est-il devenu?
-Il a été tué lors d’une fuite. »
Une larme coula le long de sa joue, je la laissais à son chagrin. Nous arrivâmes à la gare, je la remerciais une dernière fois, et descendis du bus. J’achetais quelques affaires et provisions. Je m’approchais de la cabine.
Un vieux moustachu m’accueillit avec un sourire.
« Un billet pour Liverpool, s’il vous plaît.
-En fuite?
-Oui.
-39 £50, s’il te plaît.
-Voilà.
-Merci et au revoir. »
J’attendais quelque minutes puis montais dans le train. Il démarra quelques secondes plus tard, je regardais la ville défiler sous mes yeux puis je plongeais dans un sommeil profond.
Il posa sa plume et contempla le port, il jeta un coup d’œil à sa montre, il lui restait une petite demi-heure avant le départ. Il mit les feuilles dans une enveloppe, écrivit l’adresse et la posta à la poste. Puis il réajusta son sac sur ses épaules, il se passa une main dans sa tignasse rousse, et se mit en direction du quai d’embarquement. Il donna son billet à un contrôle et embarqua. Un quart d’heure le bateau démarra, le vent agita ses cheveux, il regarda l’horizon, il soupira et pensa à sa destination, Eireann, l’Irlande...
-
Bon, j'ai pris un peu de temps pour en
revenir à tes écrits ... :)
C'est un récit intéressant,
bien construit même si assez linéaire (pas trop de rebondissements, à
part la révélation des parents au coeur du récit) Bref, je n'ai
pas de remarques particulières concernant le récit en lui-même. Une
petite incohérence dans le bus : tu ne parles pas des gens autour, dont
l'un ou l'autre aurait la possibilité de 'vendre'
le garçon lorsqu'on le recherche...
Pour ce qui est du
style, j'ai surtout remarqué des maladresses (notamment dans la
confusion continuelle entre passé simple et imparfait à la 1e personne
du singulier) et un manque de coordination entre tes propositions, mais
rien, vraiment rien d'insurmontable ! Au contraire, ce sont des
petites choses faciles à corriger ! Le tout reste fluide, et se lit
bien, sans qu'on reste accroché sur une mauvaise tournure de
phrase ou autre.
Je passe donc à la correction plus
détaillée :
- je L’ai vu -> vue
/>Mère avait sa belle robe, la verte, qui
lui arrivait jusqu’aux genoux. Ses cheveux roux flamboyants étaient
relevés en chignon, elle avait mis ses lunettes
noires et carrées, et elle avait un sourire aux
lèvres, doux et rêveur.
Répétition maladroite du verbe
avoir. Une description est déjà lourde en elle-même, du fait de
l'absence de mouvement, mais si tu ne changes pas les verbes, ça
devient un peu indigeste. Exemple de ce que tu pourrais dire pour
éviter la dernière répétition : "et un sourire flottait sur ses
lèvres, doux et rêveur".
- Lorsque je me
couchais -> premier exemple de cette confusion entre passé
simple et imparfait. Petite astuce pour savoir s'il
faut mettre un s ou pas : change ta phrase en mettant un sujet
'il' ou 'elle' -> lorsqu'il se coucha
est mieux que lorsqu'il se couchait. C'est donc
"Lorsque je me couchai" qu'il faudra écrire !
/>- Elle n’avait changé. -> elle n'avait pas changé
/>Moi en revanche, j’avais quinze ans, une tignasse rousse avait
poussé sur ma tête, j’avais grandi, j’était toujours aussi maigre, avec
plein de taches de rousseurs, ma Tâche avait perdu de son éclat
argenté.
Je prends ce passage là en exemple, mais on
retrouve ce problème dans presque tout le récit : ce n'est pas
assez coordonné. Tu mets une succession de virgules, mais il n'y a
aucun lien entre les propositions. Rajoute des 'et' ou des
'mais', coupe des phrases en mettant des points parfois...
C'est surtout cela qu'il faut changer je pense. Mais
c'est étrange parce que je ne me souviens pas avoir relevé ce
problème dans ta nouvelle "Duel"...
J’ai
vécu toute ma vie cloîtré dans cette maison, écarté des autres,
pourquoi? Je ne sais pas trop, Père dit que j’ai une maladie grave qui
empêche tout contact avec les autres enfants.
même
problème de coordination, avec en plus la question que le narrateur
pose au milieu de sa phrase : c'est extrêmement maladroit. Il
vaudrait mieux mettre une phrase comme "Je ne sais pas trop
pourquoi". Exemple : J’ai vécu toute ma vie cloîtré dans cette
maison, écarté des autres, et je ne sais même pas pourquoi. Père dit
que j’ai une maladie grave qui empêche tout contact avec les autres
enfants.
- C’est qui est mon précepteur ->
il manque un mot là...
Mon père est différent de ma
mère, il a les cheveux bruns, une moustache, un visage assez dur,
contrairement à ma mère, où tout est douceur, c’est une sorte de
Fée.
Ici, le « c’est une sorte de fée » ne va pas trop
puisque le sujet de ta phrase, au départ est le père, et on s’attend à
le trouver en sujet de « c’est ». Or, c'est la mère ! Exemple :
Mon père est différent de ma mère : les cheveux bruns, une
moustache, un visage assez dur ; chez ma mère, au contraire, tout est
douceur. C’est une sorte de Fée.
- mais à chaque fois,
il se ferme -> il se fermait
- un flot de voyageurs
descendirent avec nous. King Cross ...
->
un flot de voyageurs descendit (le sujet c'est "flot"
donc un mot au songulier)
-> King's
Cross
- Je n’oublierais jamais ce nom -> futur = je
n'oublierai
Un secrétaire à l’air hautain nous
fit entrer dans une sorte de salle d’attente, il y avait deux chaises
en bois, une petite table avait quelques magazines et un tableau
représentant une fleur, la tapisserie s’était à moitié décollée du mur
et la pièce était humide.
revois un peu cette
description avec les choses que je t'ai dites plus haut. Par
exemple, on a l'impression que le tableau est sur la table, avec
la façon dont tu décris la pièce !
- les seize années qui se
sont écoulés. -> écoulées
- Comme tu as pu remarqué ->
le remarquer
- Celle que tu as vu, est ton compagnon de
vie -> Celle que tu as vue / Et je pense qu'on dirait
plutôt ta compagne de vie
- Elle meurt quand tu meurt
-> tu meurs
- Cette Tâche que tu as reçu -> Cette Tache
(sans accent !) que tu as reçue
- nous demande de
rester cloîtré -> cloîtrés
- Et après. -> point
d’interrogation
- je levais la tête -> levai
- c’est ma
seule occasion de fuir -> c'était ma seule occasion de fuir
/>- je lançais [...]et bondit sur l’officier. -> lançai et bondis
/>- je ne me retournais pas -> retournai
- Et sortis le plus
vite dans les rues ensoleillées -> le plus vite possible
- et
lançait une pièce -> lançai
- des centaines degens -> de
gens
- je me retournant -> retournai
- Je jetais un coup
d’œil -> jetai
- J’hochais la tête et m’empressais -> je
hochai la tête et m'empressai
- elle me recouvra
de quelques habits -> recouvrit !!!
- il s’approcher
-> s'approchait
- Je remerciais mille fois ->
remerciai
- je la laissais à son chagrin -> laissai
- je
la remerciais une dernière fois - remerciai
- J’achetais
-> achetai
- Je m’approchais de la cabine -> approchai
/>- -En fuite ? -> bizarre comme demande… tu pourrais rajouter qu’il
le fait avec un sourire de connivence ou un clin d’œil, quelque chose
qui peut faire que James lui répond la vérité… Sinon on se demande
pourquoi il lui dit la vérité !
- J’attendais quelque minutes puis
montais dans le train. -> attendis, montai
- je regardais la
ville -> regardai
je plongeais -> plongeai
- la posta à
la poste. -> maladroit !
- il se passa une main dans sa
tignasse rousse -> on dit plutôt 'il se passa la main dans sa
tignasse rousse'
- se mit en direction -> se mit en
quête ou partit en direction
- Un quart d’heure le
bateau démarra -> un quart d'heure plus tard
/>Voilà... j'espère que ça pourra te servir !
Bien
évidemment, toutes les propositions que je fais ne sont pas des
obligations. Je suis sûre que tu peux trouver mieux donc ça ne me
dérangera pas si tu écris autre chose !! ^^
-
Merci beaucoup pour cette corection, elle me
sera très utile!