Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Ryuffine le 08 Janvier 2009 à 03:17:54
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Bon ! Alors, je préviens tout de suite : si vous avez envie de lire un beau texte avec une histoire, et/ou des idées un tant soit peu originales, passez votre chemin ! ^^'
Le petit texte sans prétention que je poste ici est simplement le fruit de mon ennui mortel lors de mon partiel de ce matin. On n'avait pas encore le droit de sortir, ma feuille de brouillon me faisait de l'œil, alors j'ai repris mon stylo, et voilà. Je crois en fait que j'avais juste envie de scribouiller un peu sur le sujet (on fait que de me parler de Twilight, que j'ai même pas encore lu, ça doit être pour ça ¬_¬).
Donc, bah... voilà. J'vous dis bonne lecture quand même ? Sur ce, moi, je vais plancher sur mon défi ! (Oui oui, celui-là même qui m'a été donné il y a déjà deux mois... :-[)
Éternité
Je te regarde ; j’ai envie de te manger toute entière ; entre mes crocs de perle tu disparaîtrais, à jamais éteinte, à peine vivace en moi : souvenir évanescent, soupir éploré, chaleur, odeur – jouissance. Je savoure mon impatience, car la volupté se trouve aussi dans le regard et l’attente – dans les tièdes rêveries que la vue de toi amène à mon esprit où plane la brume suave et moite du désir. Il me semble que ta robe entrouverte est une porte qui te mène à ma faim. Sais-tu que tu existes pour si peu de temps encore, sais-tu combien peu de souffle il te reste encore ? Non ; et c’est cela qui me grise. Chaque sourire provocant que tu m’adresses est comme un pas de plus vers ta perte, alors que tu crois flotter vers une île de plaisir.
J’aime te contempler ; mais j’aime t’approcher aussi. Ta douce ivresse, tes yeux brillants d’un stupre qui me parait presque candide – tu rayonnes et tu es belle, quand à pas de loup je viens et je t’attrape. Ton parfum flotte, épars, fragrances de ton sillage qui me saoulent plus sûrement que le vin doré dont les bulles s’échappent de ta flûte cristalline, lambeaux de ta conscience qui s’éparpillent dans la nuit douce, que je laisse flotter et qui me nimbent.
D’abord, je goûte à tes lèvres innocentes ; elles fleurent le champagne et le vin fin, leur chaleur apaise la froidure qui jamais ne me quitte – je m’échauffe à ton contact languissant, me raffermis sous ton étreinte molle. Je libère ta bouche encore entrouverte et un rire s’en échappe, un peu insolent. Tes paupières tremblent, tes doigts tièdes et pâles s’égarent sur ma joue ; un instant, je ferme les yeux, et me satisfait de la sensation de ton corps contre le mien. Une seconde, je t’aime comme un homme.
La morsure est le moment que je préfère ; je vogue entre ton désir et le mien, tu ignores encore le monstre que je suis. La nuit nous protège de son écrin de ténèbres parfumées, je m’abandonne peu à peu au feu glacé qui me dévore le ventre et le cœur. Mes crocs sous les pâles lueurs de la lune se posent sur ta nuque fragile ; je force un peu, et voilà qu’ils brisent ta peau élastique, se faufilent et défont le barrage qui m’interdit le chemin vers ce nectar sucré qui suinte en toi. Sans un mot, sans même implorer ton pardon, je dérobe à ton corps son plus précieux trésor ; ce sang qui charrie ta vie, ce sang sans qui tu n’es plus rien. Sens-tu tes souvenirs, tes peurs, sens-tu tes maux et tes rires, et tes désirs, quitter ton cœur exsangue et se déverser, torrent de braise rougeoyant, coulée de rubis et pluie de dictame, vers mon cœur à moi, ce cœur que tes émotions vont faire battre à nouveau ? Ton souffle meurt ; il soupire en moi à présent. Je mange les éclats d’éternité latente qui sommeillent en toi.
Je ne te connais pas, et pourtant nous errons dans une intimité brûlante. Je ne te connais pas et je t’aime pourtant, ou du moins je le crois. Je visite ta chair et fouille tes lèvres, je m’abreuve à ta source et tu me désaltères de ton amour incertain et fiévreux ; je me noie dans le nectar qui coule en toi, ruisseau de désir et de vie qui ne se tarie pas encore dans ma bouche vorace. Le goût de ta vie sur ma langue est sucré – c’est à peine si je sens l’amertume sous-jacente qui habite tout cœur humain. Il me semble que jamais je ne m’arrêterais de distiller en moi ton existence finissante.
Mais trop vite déjà, tu te taris, le chuintement délicat et liquide se tait. Trop vite déjà, tu es plus sèche et froide que moi, trop vite déjà je t’abandonne.
Je suis une amphore ; toi la source où je me plonge afin de combler le vide qui me dévore. Là est ma tragédie et ma contradiction : le désir est vie, mais le désir et la vie ne cohabitent pas chez moi ; sans cesse je me vide de vie et m’emplis de désir, puis je m’emplis de vie et me vide de désir. Mon cœur ne contient que du vent – insipide, il gémit sur les ruines et les miasmes qui se désagrègent en moi sous le poids terrible des siècles. L’amertume me ronge. Je ne suis plus : je ne connais plus que la faim.
La vie que je t’ai bue n’a servi qu’à conserver et adoucir un peu plus mon existence qui n’a pourtant que trop duré – j’ai déjà tant vécu, et toi si peu, c’est injuste. Car plus que ma vie, c’est mon désir que je nourris. Tu n’es qu’un délicieux sacrifice. Ton corps inerte dans cette ruelle noyée de brouillard n’est plus rien déjà pour moi. Je t’ai déjà oubliée. J’oublie toujours.
Mon oubli est la rançon de mon éternité.
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Le thème est classique mais c'est très bien écrit, je trouve ^^. (Bon du coup j'ai pas grand chose de plus à dire.)
sais-tu que combien peu de souffle il te reste encore
un "que" en trop
mon existence qui n’a pourtant que trop durée
duré
J'aime moins le passage sur le désir et la vie, parce que je trouve qu'il coupe un peu. On est pris dans le texte et dans les expressions et métaphores sensuelles du vampire :mrgreen: , et c'est dommage d'en sortir.
Voià ^^
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Le thème est classique mais c'est très bien écrit, je trouve ^^. (Bon du coup j'ai pas grand chose de plus à dire.)
Merci ! ^^
J'ai corrigé les fautes, merci =)
J'aime moins le passage sur le désir et la vie, parce que je trouve qu'il coupe un peu. On est pris dans le texte et dans les expressions et métaphores sensuelles du vampire :mrgreen: , et c'est dommage d'en sortir.
Hmm... C'est pas faux, ça rompt un peu le rythme, ça change de ton... Mais bon, ça m'est venu comme ça et j'avoue que j'ai la flemme de travailler ce texte, tant il m'inspire peu... ^^'
Merci d'avoir commenté en tout cas :)
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J'ai adoré ton texte, c'est de la poésie à l'état pure. J'aime ta façon d'amener les choses.
Bref c'est très beau.
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Oh, ben... merci merci ! :-[
Contente que ça te plaise ^_^
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J'aime beaucoup la manière dont tu allies les mots. J'ai préféré le velours de Cendres, qui étais un peu plus ramassé, un peu plus condensé.
Mais trop vite déjà, tu te taries, le chuintement délicat et liquide se tait.
taris
Je suis une amphore ; toi la source où je me plonge afin de combler le vide qui me dévore. Là est ma tragédie et ma contradiction : le désir est vie, mais le désir et la vie ne cohabitent pas chez moi ; sans cesse je me vide de vie et m’emplis de désir, puis je m’emplis de vie et me vide de désir.
j'aime pas
voilà, j'aime beaucoup mais je pense qu'en raccourcissant un peu, enfin en condensant, tu pourrais faire qu'on reparte avec un souvenir plus fort et durable. :P mais c'est déjà super.
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Je suis une amphore ; toi la source où je me plonge afin de combler le vide qui me dévore. Là est ma tragédie et ma contradiction : le désir est vie, mais le désir et la vie ne cohabitent pas chez moi ; sans cesse je me vide de vie et m’emplis de désir, puis je m’emplis de vie et me vide de désir.
j'aime pas
Ouip, s'vrai qu'en le relisant, j'le trouve un peu foireux, ce passage... ^^
Enfin, à part ça, ravie que tu aies aimé ! (Et moi aussi j'ai préféré Cendres :P)
Je pourrais peut-être le rebosser, mais bon, comme j'ai dit... il me motive pas du tout, donc... ^^ Mais en tout cas merci du commentaire o/
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Il me semble que jamais je ne m’arrêterais jamais de distiller en moi ton existence finissante.
un jamais en trop
Sinon je trouve que c'est effectivement très bien écrit, y'a un... rythme que j'aime beaucoup, qui va bien avec la sensualité du vampire je trouve. Sinon le thème n'est aps super original, du coup c'est vrai que ce n'est pas un texte qui restera très longtemps à ma mémoire (faut dire que mtn quand je lis une nouvelle courte de vampires je pense toujours au génial texte de Syane et la comparaison est rude :mrgreen: )
Mais, pour un thème où tu ne fais finalement rien de bien nouveau, je trouve quand même le texte très bien. J'avais l'impression d'y être ^^
edit : ah et j'avais oublié mais complètement hs : kyaaaaa ton avatar Ryuffine ! :coeur: Sur ce, c'est bon, je sors
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Décidément, j'avais laissé plein de fautes dans ce texte ! x_x
Si t'as aimé le rythme et l'écriture, je suis bien contente, puisque c'était le seul but du texte... Ca me fait plaisir de voir que le texte plait malgré son absence totale d'originalité et de recherche :)
edit : ah et j'avais oublié mais complètement hs : kyaaaaa ton avatar Ryuffine ! :coeur: Sur ce, c'est bon, je sors
J'en étais sûre :D
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entre mes crocs de perle disparaitrais
"disparaîtrais"
Mes crocs sous les pâles lueurs de la lune se pose
"se posent"
sous le poids terribles des siècles
"terrible"
Là est ma tragédie et ma contradiction
"Tragédie", ok, "contradiction", je sais pas, ça fait bizarre quand je le lis...
sans cesse je me vide de vie et m’emplis de désir, puis je m’emplis de vie et me vide de désir.
:)
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C'est très bien écrit. Tu fais de la poésie aussi ? en te lisant j'ai senti une âme de poètesse, mais je me trompe peut-être...
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C'est corrigé, merci ! :)
C'est très bien écrit. Tu fais de la poésie aussi ? en te lisant j'ai senti une âme de poètesse, mais je me trompe peut-être...
Merci :)
Pour la poésie... Bah, quand j'ai commencé à écrire, c'était avec des poèmes, mais maintenant je n'écris plus que de la prose ^^ (Après, quant à savoir si ma prose est un tant soit peu poétique, j'aimerais bien, mais bon... ::))