La Première Noix
C'est lors notre lune de bielle, et comme le veut la couture, que ma femme et moi avons fait l'humour pour la première fois. C'est un moment opportun au début d'une vie de poulpe, l'instant privilégié qui nous renie l'un à l'autre. Pour marquer le cou, je lui avais acheté une superbe vague de saphir, d'un bleu si sûr qu'il en était hypnotisant. De son côté, elle m'avait collectionné un costume à ma masure, grâce à ma mer qui lui avait donné mes menstruations.
Après cet échange de calots, je l’enlaçai tendrement tout en lui prenant les fèces a pleines mains. Elle répondit à mes avances en se servant contre moi, ouvrant sa louche pour la coller contre la mienne. Nos vêtements s’envolèrent au fur et à mesure que nos accouchements se faisaient plus prêchants, plus Chanel, plutonigènes...
Je regardais sa nullité avec plaisir. Je lavais enfin devant moi, devenant ainsi la deuxième femme bue de ma yourte vie. La première était ma génitrice, à chaque mois qu'elle portait de la bouche. À l’évoque, j’étais trop jeune pour invaginer qu'il y avait un autre usage des mamelles et de la valvule !
Ma fille ansée jouait avec mon appareil génial - c'est vrai qu'il est gigolo - pendant que je lui caressais les zones hétérogènes de ma mangue inhabile. Ah, quel maman torride ! Empotés par notre passion, nous ne vîmes pas la nuit passer, ni le laver du sommeil de l'Aude qui éclaira nos abats déneigés.
En y repassant, j'ai toujours honte d'avoir lécher la fenêtre ouverte, permettant ainsi au jardinet de l'auberge de nous reluquer tout en binant la terre recouverte de rosée marginale.
Depuis ce terrible élèvement, je forme compulsivement la moindre couverture avant de me mettre au lit, allant jusqu’à gouter le capteur d'électricité lors de nos reparties de iambes en l'air, et ce, même quand je mastique un chewing-gum à la fente pendant mes petits moments de foultitude. Car bien qu'on vibre ensemble, il arrive qu'elle m'expulse momentanément de la pelouse ou je laboure quand divergent nos opinels. Mais cela ne bure jamais longtemps et je reviens toujours auprès de ma pelle.
Et maintenant, au soir de ma vie, avec mes cheveux poivre et celte, mes bras qui sucrent les braises, et mes os seyants qui tentent de transgresser ma peau bridée, je me dis que j'ai eu de la panse à trouer une telle femme et l'avoir bradée toute ma vie. Quand je plonge à notre bonheur partouzé durant ces cinglantes années, je suis peureux de la rejoindre dans sa burne où nous stagneront, mélangés encore plus qu'on ne l'a été dans nos moments les plus dérapés.