En même temps que tombe le soleil, qu'un gamin à moitié nu descend le chemin troué par la pluie, que les hommes jouent au beach-volley, que les scooters suivent leur rythme et que les arbres, encore de ce monde, s’enracinent dans le crépuscule, en même temps que tombe le soleil, que les oiseaux gobent les insectes – alors que, ralentissant la circulation, arrive le troupeau de vaches –, en attendant que mon amour s’en revienne de chez le dentiste, imaginant la bave aspirée par le tube, le sang craché dans le réceptacle en porcelaine, en même temps que le soleil tombe, si rapide sous ces latitudes, à cet instant où passe un vélo monté par un couple aux cheveux blonds, à cette minute reflétée dans la mer – encore un peu plus claire que le reste –, en même temps que les phares s'allument, que se calme le ciel en attente d'étoiles, que le vent s'excite dans les palmes, en ce temps-là – ce temps-ci : celui passant par le chemin boueux, par le terrain de volleyball, par la route, les feuilles d'arbres, le bec des oiseaux, par le soleil perdu, par la peau des hommes et celles des vaches, par ma gorge et par la bouche de mon amoureuse, par les roues du vélo et aussi l'eau de mer, par les phares, par les étoiles, par les vents inhumains et le vent résonnant dans les noix de coco, en même temps qu'arrivent l'envie, la violence, la souffrance et la mort arrivent l'empathie, la sérénité, le silence et la joie.
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