Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes mi-longs => Discussion démarrée par: Gros Lo le 25 décembre 2008 à 23:30:13

Titre: Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 25 décembre 2008 à 23:30:13
J'aime les vacances, je veux qu'elles se fassent contaminer par un trou noir et qu'elles n'aient plus de fin...

Bon, j'ai écrit un texte-pas-trop-court, mais pas assez long pour figurer dans les romans-feuilletons. Je pense que c'est à peu près de la longueur du texte numéroté de Milora sur Bonhomme. Un peu moins peut-être, à peine 15 pages Word. Je le poste par chapitre, y en a six, dans six jours ce sera tout posté. Je mettrai des liens en reprenant le fonctionnement réussi de QG.

C'est un peu long donc j'vous en voudrais encore moins que pour un autre texte si vous abandonnez :-¬? c'est assez dense et p't-êt' pas toujours très clair. Et y a plein de trucs maladroits, hasardeux, qu'il aurait fallu revoir avant de poster... bon le voilà.







LE CHIEN D’OCCIDENT.
_______






Chapitre 1
L’homme qui expirait



Il marchait sous les hautes frondaisons de cuivre. Les feuillages se déchiraient à son passage, lui livrant d’autres clairières, d’autres vallons. Il avait le pas lent et la respiration vive. Il partait en quête d’une source sulfureuse à laquelle abreuver sa foi, s’égarait dans les sous-bois et finissait par écorcher sa peine en traversant d’épais ronciers. Les feuilles rousses animaient les sous-bois d’instincts fauves. Il aimait l’esquive, c’était quand l’obstacle inondait ses bottes ou éraflait ses jambes que la forêt verte et vive le saisissait au cœur ; alors, il tressaillait, hoquetant parfois lors de l’étreinte, ne sachant s’il fallait rire ou mourir – trop faible pour faire l’un ou l’autre ; puis, la brise s’entêtant à le ressusciter aux sous-bois, il se tapissait dans les fourrés. Se contentait de louer la blessure, d’en recueillir le sang. Toujours sa promenade s’étirait entre les colonnes d’écorce et il oubliait pourquoi il était entré dans la forêt. Ce jour-là, il n’y eut rien qui troubla son rituel quotidien.

Ma flânerie n’avait depuis quelque temps ni queue ni tête. C’était un fait, chaque soir je poussais la porte et me faisais l’amer constat. Je m’étais promené à loisir, insouciant et absent, sans jamais m’attarder, aveugle et sourd aux rousses froissures automnales, et mon insensibilité me jetait dans des douleurs muettes. Je ne trouvais plus les mots pour exprimer cette soudaine aversion qui me chamboulait du cœur à la tête, qui laissait mon poignet débile et tremblant ; je me perdais à regarder la danse rouge qui animait l’âtre de lueurs folles, j’imaginais les démons qui pressaient mon cœur comme on presse un agrume, un citron acide et desséché, et ma torpeur s’assoupissait, ma tête flanchait, des rêves effrontés s’accaparaient mes sens.

Ce jour-là ne fut qu’une redite des veilles douloureuses. Quand il tourna le dos à la forêt et sa vie qui sourd, quand il fut ramené devant le portail de fer qui griffait les nuages, il ne se rappela plus les ruisseaux adamantins. La forêt gardait ses trésors, lui n’était qu’un tire-laine ingénu et grossier ; elle reprenait un à un les souvenirs d’humus, pêchant dans sa mémoire engrossée de la riche collecte, lui laissant l’esprit vide. Et il y fouillait en vain, tirant des décombres quelque exsangue réminiscence qu’il jetait enfin au feu, perdu et résigné. L’âtre dévorait tout.

Parfois, lorsque je n’avais que de la bile à vomir, carcasse amnésique et faible, lorsque je cherchais à me défendre de la forêt avare venant rechercher ses biens, je songeais à demander de l’aide. Je savais comment faire, je n’avais qu’à partir. Dans ces moments, de violentes gerbes d’enthousiasme me traversaient de part en part et j’arpentais le manoir, courant presque, dévalant les escaliers, me heurtant aux portes massives, gagnant la bibliothèque aux senteurs musquées d’encre et de papier. Mon regard fiévreux sautait de reliure en reliure comme une mère compte ses petits ; de temps à autres, je caressais une couverture sombre, brusque et gauche, rêvant d’autres lieux et me méprenant sans cesse, touchant une peau de femme là où il y avait le cuir. La réponse se trouvait dans ces volumes chauds et lourds, elle flottait autour d’eux comme un parfum obsédant. J’avais besoin d’une femme pour m’aider à conjurer le mauvais sort, c’était elle qui persuaderait la forêt de laisser son empreinte cuivrée sous ma peau ; si elle essuyait un refus narquois, encore couverait-elle la rage des femmes de sa contrée. Y en avait-il de plus fielleuses, de la dame aux serpents jusqu’à la magicienne égorgeuse ? La mienne forcerait la main de cette canopée avare de souvenirs. Trouver une femme qui dompte la forêt, voilà ce que me chuchotaient les pages des grimoires.

Il attribuait au vélin une confiance aveugle. Chaque matin, la brume de désespoir se déchiquetait, un coin d’espoir jetait des taches de lumière folles sur sa morosité ; tourmenté, n’osant encore considérer sa journée sous ce souffle nouveau, il déjeunait à la va-vite, frugalement, les nerfs à fleur de peau, feuilletait quelques livres – la poussière le faisait éternuer – et les laissait en pile sur un guéridon. Et passait en trombe dans le vestibule, le veston à la main, tout à ses sylvestres pensées. Il rejoignait les frênes, s’attardait. Le soleil tombait sous la terre. La silhouette était courbée quand elle franchissait le seuil du manoir. La forêt lui avait fait régurgiter ses souvenirs, un à un, imperceptiblement, dès le moment où il avait dépassé la lisière. Alors il s’effondrait dans un fauteuil, au coin du foyer, et s’évertuait à retrouver trace du chemin qu’il avait pris, des fougères qui s’écartaient, des branchages enchevêtrés. Une fois, il trouva des gouttes ambrées dans un repli de son veston. La soirée s’égrena entre balbutiements et hoquets, et sa mémoire suintait l’incompréhension, ne trouvait en elle nul souvenir de la sève collante et colorée.

Le sommeil enracina ma résolution. Le lendemain, elle s’était fait une place de choix entre les parois de mon crâne douloureux. J’allais trouver une femme qui m’accompagnerait dans la forêt. Elle cracherait un venin fumant qui ferait grésiller l’humus ; couperait les doigts sylvestres cupides de souvenirs, ces doigts-branches qui écorchaient ma mémoire et retenaient mes impressions. J’irais chercher cette femme et tous deux cheminerions jusqu’aux arbres aux souvenirs pendus ; nous terrasserions ensemble la mousse et la sève qui happait et engluait ma mémoire. Mon manoir était froid, la femme embraserait l’air, sa présence étoufferait toute amertume ; elle serait mon second corps, elle serait une autre peau, d’autres doigts, penserait de même et penserait autre chose à la fois, et je m’accrocherais éperdument à elle, l’un sombrerait dans les chairs et les songes de l’autre, comme une bougie noyée dans sa cire. Je pourrais enfin faire des choses. Nous les ferions ensemble. Je l’imaginais le teint brasillant, exaltant l’atmosphère froide de cette lugubre enfilade de pièces, et sa toison auburn s’imprègnerait du parfum des vieux livres.

La nuit suivante, il ne parvint à s’échapper vers des lieux sans souffrance. Il ne pensait qu’à elle. Il la sentait au pied de son lit, il la fantasmait rampante à son chevet, les yeux luisants d’une envie de chair et de sous-bois. « Bientôt, ma belle, bientôt tu seras mienne », susurrait-il alors aux ténèbres. Il croyait voir des courbes dans les ombres du baldaquin, des membres charnus, des lèvres quémandeuses, une toison cuivrée. Il se raidissait à chaque chuintement du vent, sentant une haleine sur sa nuque, et son bas-ventre redoublait de vigueur. Il passa une nuit agitée, ne s’endormit qu’à potron-minet dans ses draps trempés. Déjà, l’aurore poudrée de rose humectait les hautes cimes. Il n’alla pas en forêt ce jour-là.







CHAPITRE DEUX (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27364#msg27364)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 25 décembre 2008 à 23:56:59
des broussailles d’épineux pour écorcher sa peine.
ça se dit sûrement
c'est sustantivé ? "d'épineux"
j'ai trouvé ça bizarre, mais ça se dit peut-être
sinon j'aime bien l'idée, le jeu de mot

Il aimait l’esquive, c’était quand l’obstacle inondait ses bottes ou éraflait ses jambes que la nature verte et vive le transfigurait ;
là, c'est transigurer que je trouve bizarre, t'entends quoi exactement ?

 "il" puis "je"   ????   changement de personne ?
c'est.... quelqu'un d'autre ou un simple changement de point de vue ?
faudrait peut-être faire une transition plus nette

Je ne trouvais plus les mots pour exprimer cette soudaine aversion qui me chamboulait du cœur à la tête,
idem pour chambouler.... hm.... faudrait.... je sais pas... c'est pas trop le même registre... je sais pas :-[

quand il fut ramené devant le portail de fer qui griffait les nuages,
joli!

j’arpentais le manoir,
lol, je l'imaginais dans une cabane

courant presque, dévalant les escaliers, se heurtant aux portes massives, 
me, nan ?


dans l'ensemble, sincèrement, j'ai pas trop accroché :-[
je trouve ça un peu complexe... un peu trop...
et puis... j'aime pas la nature :P
alors les descriptions, c'est sûrement très bien, mais en fait c'est pas trop mon truc

j'ai plus aimé le truc avec la femme et l'image des souvenirs-arbres, enfin bref, tu le dis mieux que moi

et le changement de point de vue, j'ai trouvé ça très bizarre

voilà ><
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 00:06:08

Chouette :mrgreen:


Heu oui, "me".

Oui, des épineux, ça s'dit bien j'crois... ?


Citer
là, c'est transfigurer que je trouve bizarre, t'entends quoi exactement ?
ça l'exalte au plus haut degré. Comme s'il voyait Dieu (et qu'il y croyait).

Oui, juste un changement de point de vue, c'est toujours le même.

Citer
Citer
Je ne trouvais plus les mots pour exprimer cette soudaine aversion qui me chamboulait du cœur à la tête,
idem pour chambouler.... hm.... faudrait.... je sais pas... c'est pas trop le même registre... je sais pas :-[
ouais j'avais relevé mais flemme de corriger, j'vais chercher. "qui m'ébranlait" ?



Citer
lol, je l'imaginais dans une cabane
raté :P



Citer
dans l'ensemble, sincèrement, j'ai pas trop accroché :-[
je trouve ça un peu complexe... un peu trop...
et puis... j'aime pas la nature :P
hah tu vas être servie :P non c'est sûrement le chapitre qui en parle le plus. Après ça se glauquise.


j'ai plus aimé le truc avec la femme et l'image des souvenirs-arbres, enfin bref, tu le dis mieux que moi

Citer
et le changement de point de vue, j'ai trouvé ça très bizarre
ouais... je sais pas s'il se poursuivra dans la suite (lectures et relectures, je sais plus où j'en suis... xD)


Ben... si t'as le courage de continuer, j'posterai la suite dmain aprèm :-¬? p't-être que quand on lit tout d'un coup, ça va mieux. Je sais pas.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 10:34:45

Bonjour,

Un texte fort intéressant. J'ai relevé ceci :

Citer
Il marchait sous les hautes frondaisons de cuivre.

Je ne comprends pas bien le sens de cette première phrase.

Citer
des broussailles d’épineux pour écorcher sa peine.

"des broussailes épineuses"

Citer
Ma flânerie n’avait depuis quelque temps ni queue ni tête.

"quelques temps"

Citer
Et il y fouillait en vain, tirant des décombres quelque exsangue réminiscence qu’il jetait enfin au feu, perdu et résigné.

J'aime pas trop la construction de cette phrase avec "quelque exsangsue"

Citer
tout à ses sylvestres pensées.

Je ne comprends pas bien cette phrase.

Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Spes le 26 décembre 2008 à 11:09:55
Citer
Les feuillages se déchiraient toujours ; d’autres clairières, d’autres vallons.

Ça m'a posé ton personnage comme quelqu'un qui ne prête guère attention à la nature, voire même à ce qui vit, puisque j'ai pensé qu'ils se déchiraient sur son passage.. Mais peut-être est-ce l'effet voulu ?

Citer
Les feuilles rousses animaient les sous-bois d’instincts fauves.

Je verrai bien ces feuilles en mouvement..

Citer
alors, il tressaillait, hoquetant parfois sous le coup de luxuriance

Luxuriance dénote un peu, à mon avis

Citer
qui laissait mon poignet débile et tremblant ;

Pourquoi cette mention du poignet ?

En ce qui concerne le changement de narrateur, on le sent avec le passage à la première personne, mais peut-être serait-il judicieux de mettre une différence de forme ?

Citer
si elle essuyait un refus narquois, encore couverait-elle la rage des femmes de sa contrée

Un peu difficile à comprendre, j'ai du faire une pause.. Ainsi, se réserve-t-il le droit de refuser des propositions qui  n'ont pas encore eu lieu ? Et pourquoi la femme rejetée couverait-t-elle cette rage ? Les gens de la contrée sont habituellement plus enragés que les autres ?

Citer
, il déjeunait à la va-vite, frugalement,

Y'a pas d'erreur, mais je m'aperçois à ce moment qu'il n'y a nulle part des saveurs ainsi que peu d'odeurs, du moins selon mon ressenti. D'ailleurs, tu loupes de belles occasions.. tu as déjà goûté de la sève pure ?

Citer
J’allais trouver une femme

J'aurais bien aimé que ton narrateur soit une femme  :-°

Citer
et sa toison auburn s’imprègnerait du parfum des vieux livres.

J'ai beaucoup aimé cette image, l'atmosphère que dégage l'arrivée de cette femme dans le récit, cette chaleur crépitante..

Citer
, et son bas-ventre redoublait de vigueur.

Certes, on comprend qu'il la croie vraiment réelle et palpable, mais je n'ai pas trouvé ça très bien amené


L'impression générale qui se dégage de ton texte est forte et prenante. Les descriptions restent et contribueront sûrement à en créer un souvenir tenace. Si j'étais sûr du terme, je dirais qu'il est poétique.
J'ai plutôt bien accroché, mais avec une telle présentation du personnage, il va falloir que le reste suive.. Enfin, je te fais confiance là-dessus ^ ^
Sinon, n'y aurait-il pas moyen de mettre un passage qui intrigue, révolte, enfin, implique le lecteur, avant ce texte ? On y rencontrerai deux ou trois personnages, qu'on désirerait retrouver par la suite pour régler nos comptes avec eux, peut-être, et l'on saurait que c'est celui du manoir qui va nous permettre de les revoir, donc on s'attacherait davantage à lui..
Je l'avoue, je voudrais de l'action partout x]
Donc, je trouve qu'il y a un problème au niveau du rythme, peut-être un peu trop lent (mais est-ce parce que je le lis comme s'il était une nouvelle ?).. Aussi, cela regorge de mystères..
Je lirais la suite ^^

Ps:  j'ai souvent entendu "des épineux", il me semble que c'est correct
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 12:52:30

Citer
Ps:  j'ai souvent entendu "des épineux", il me semble que c'est correct

Oui c'est correct de dire "des épineux" mais ici je pense qu'il a voulu dire que ces brousailles sont couvertes d'épines.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 26 décembre 2008 à 13:18:54
Dans l'ensemble j'ai bien accroché au style, mais j'ai eu une méprise au début du texte : je croyais qu'il n'allait en forêt qu'en pensée. Du coup ça a changé mon interprétation ensuite (j'ai cru que la "libération" qu'il trouvait dans les livres était l'évasion de la lecture, par exemple). Enfin, c'est peut-être voulu...? Si non, voilà ce qui m'a mis sur une mauvaise piste :
Citer
. Il trouvait toujours une source sulfureuse à laquelle abreuver son cœur ; un ruisseau échevelé et son lit de terre molle à franchir en pensée,
"abreuver son coeur", étant donné que c'est une métaphore... et aussi "franchir en pensée", après coup je vois qu'il est à côté du ruisseau et s'imagine le franchir, mais du coup je croyais qu'il n'était pas en forêt du tout. J'imaginais un peu comme Fitz en Oeil-de-nuit, peut-être, je sais pas trop. Enfin comme personne n'a relevé, c'est probablement moi qui cherchais à me compliquer les choses ^^

Citer
Je m’étais promené à loisir, insouciant et absent, sans jamais m’attarder, aveugle et sourd aux rousses froissures automnales, et mon insensibilité me jetait dans des douleurs muettes. Je ne trouvais plus les mots pour exprimer cette soudaine aversion qui me chamboulait du cœur à la tête, qui laissait mon poignet débile et tremblant
Ah, zut, voilà qui me fait douter à nouveau. En fait, il écrivait cette promenade? (Si c'est ça oublie mes remarques sur la "dématérialisation" (mdr ça fait Code Lyoko xD) de la promenade au dessus. Enfin, je suppose qu'il écrivait puisque tu fais une allusion au poignet, comme Spes l'a mentionné... peut-être que tu devrais mentionner un papier, une plume, pour que le lecteur en soit sûr, si c'est cette interprétation?

Citer
quand il fut ramené devant le portail de fer qui griffait les nuages, il ne se rappela plus les ruisseaux adamantins.
J'aime beaucoup cette phrase, avec l'image "griffait les nuages". Et puis l'adjectif "adamantin" a je-ne-sais-quoi de charmeur, enfin, j'trouve ce mot très beau ^^ (plus subjectif, tu meurs. XD)

Hop, je suis un peu plus loin dans la relecture, je crois tenir le bon bout : il se promène en forêt réellement et veut (d)écrire cela ensuite?

Pour le changement de point de vue, pour ma part il ne me perturbe pas, si ce n'est que je n'en vois pas (pas encore?) la signification...

Voilà, j'ai fini la relecture, et j'aimerais bien lire la suite :mrgreen: Tu as un style soutenu comme toujours, mais à la fin du texte cela ne gêne pas du tout la compréhension, j'aime beaucoup les passages à partir du moment où tu mentionnes la femme, ça fait très réel. Pour le début je ne pense pas que ce soit le style qui gêne mais le fait qu'on ne sait pas trop ce que fait ton personnage, s'il rêve ou si c'est réel... on continue de se poser la question, en fait, ou on saute d'une interprétation à l'autre, enfin, c'est bizarre. Le changement de point de vue laisse présager quelque chose de ce genre aussi, donc...

Bref, voilà pour mon conseil, de préciser ce qu'il en est au début ^^
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 16:04:19
Oh, que de réponses.

MATTHIEU

Citation de: Matthieu
Citer
Il marchait sous les hautes frondaisons de cuivre.

Je ne comprends pas bien le sens de cette première phrase.
ça part mal :mrgreen: il marche dans la forêt, sous la voûte des feuilles, et c'est l'automne, donc la forêt est cuivrée.


Pour "broussailles d'épineux", j'aurais pu dire "dans la forêt de résineux", c'est dans cette idée de construction-là.


Citer
Citer
Ma flânerie n’avait depuis quelque temps ni queue ni tête.

"quelques temps"
ah ça pas sûr du tout... t'as un dico qui te le dit ?


Citer
Citer
Et il y fouillait en vain, tirant des décombres quelque exsangue réminiscence qu’il jetait enfin au feu, perdu et résigné.

J'aime pas trop la construction de cette phrase avec "quelque exsangsue"
oui celle-là j'exclus pas de la revoir.


Citer
Citer
tout à ses sylvestres pensées.

Je ne comprends pas bien cette phrase
tout à ses pensées de forêt


Merci d'avoir lu si rapidement :) et merci de ta précision.


SPES


Citation de: Spes
Citer
Les feuillages se déchiraient toujours ; d’autres clairières, d’autres vallons.
Ça m'a posé ton personnage comme quelqu'un qui ne prête guère attention à la nature, voire même à ce qui vit, puisque j'ai pensé qu'ils se déchiraient sur son passage.. Mais peut-être est-ce l'effet voulu ?
arf, non c'est pas du tout voulu. "déchiraient" c'est juste pour dire qu'il se fraie un chemin... il y prête une attention toute particulière au contraire, faudra que j'insiste peut-être.


Citer
Citer
alors, il tressaillait, hoquetant parfois sous le coup de luxuriance

Luxuriance dénote un peu, à mon avis
ce passage est juste trop hideux, mais j'trouve pas moyen de le modifier... j'pense que je vais ouvrir un doc Word vierge et que je vais réécrire le premier paragraphe, avec les souvenirs de l'ancien mais avec les formulations qui me viendront. Ce sera sûrement mieux... j'espère.


Citer
En ce qui concerne le changement de narrateur, on le sent avec le passage à la première personne, mais peut-être serait-il judicieux de mettre une différence de forme ?
j'pense que ça ferait trop coupure si à chaque fois j'mettais en italique les passages à la 3ème personne... j'préfère laisser comme ça, en cherchant un autre moyen de pointer le changement du doigt !


Citer
Citer
si elle essuyait un refus narquois, encore couverait-elle la rage des femmes de sa contrée

Un peu difficile à comprendre, j'ai du faire une pause.. Ainsi, se réserve-t-il le droit de refuser des propositions qui  n'ont pas encore eu lieu ? Et pourquoi la femme rejetée couverait-t-elle cette rage ? Les gens de la contrée sont habituellement plus enragés que les autres ?
refuser des propositions... ? il se doute que la forêt ne va pas se laisser faire. Et il connaît beaucoup de choses sur celle qu'il cherche, notamment la rage que peuvent couver les femmes de sa contrée... en fait ouais c'est vraiment chaud parce que c'est une nouvelle mais c'est trop long à poster d'un coup, et en même temps il faudrait le lire d'une traite... arf.


Citer
Citer
, il déjeunait à la va-vite, frugalement,

Y'a pas d'erreur, mais je m'aperçois à ce moment qu'il n'y a nulle part des saveurs ainsi que peu d'odeurs, du moins selon mon ressenti. D'ailleurs, tu loupes de belles occasions.. tu as déjà goûté de la sève pure ?
jamais non, c'est bon ? xD ouip, il faudra que j'ajoute des sensations. Méthode hobbienne, en plus.


Citer
J'aurais bien aimé que ton narrateur soit une femme  :-°
désolé :P


Citer
Citer
et sa toison auburn s’imprègnerait du parfum des vieux livres.

J'ai beaucoup aimé cette image, l'atmosphère que dégage l'arrivée de cette femme dans le récit, cette chaleur crépitante..
haan voilà le mot que je cherchais à un moment pour la décrire xD crépitant xD merci :huhu:


Citer
Citer
, et son bas-ventre redoublait de vigueur.

Certes, on comprend qu'il la croie vraiment réelle et palpable, mais je n'ai pas trouvé ça très bien amené
arf... tu verrais quoi ?


Citer
Sinon, n'y aurait-il pas moyen de mettre un passage qui intrigue, révolte, enfin, implique le lecteur, avant ce texte ? On y rencontrerai deux ou trois personnages, qu'on désirerait retrouver par la suite pour régler nos comptes avec eux, peut-être, et l'on saurait que c'est celui du manoir qui va nous permettre de les revoir, donc on s'attacherait davantage à lui..
Je l'avoue, je voudrais de l'action partout x]
ouais mais en fait y a vraiment très peu de personnages et pas beaucoup d'action... j'ai essayé de faire pour une fois une sorte d'évolution psychologique plus qu'autre chose... mais bon je pense que le chapitre 1 est celui où il se passe le moins d'choses, donc peut-être que le rythme va arriver...


Merci de t'arracher les plumes sur c'texte ^^



VERASOIE


Citation de: Verasoie
j'ai eu une méprise au début du texte : je croyais qu'il n'allait en forêt qu'en pensée. Du coup ça a changé mon interprétation ensuite (j'ai cru que la "libération" qu'il trouvait dans les livres était l'évasion de la lecture, par exemple). Enfin, c'est peut-être voulu...? Si non, voilà ce qui m'a mis sur une mauvaise piste :
Citer
. Il trouvait toujours une source sulfureuse à laquelle abreuver son cœur ; un ruisseau échevelé et son lit de terre molle à franchir en pensée,
"abreuver son coeur", étant donné que c'est une métaphore... et aussi "franchir en pensée", après coup je vois qu'il est à côté du ruisseau et s'imagine le franchir, mais du coup je croyais qu'il n'était pas en forêt du tout. J'imaginais un peu comme Fitz en Oeil-de-nuit, peut-être, je sais pas trop. Enfin comme personne n'a relevé, c'est probablement moi qui cherchais à me compliquer les choses ^^
ah ouais c'était un danger en effet... je vais revoir le passage pour qu'on comprenne qu'il y est vraiment. En plus j'me rends compte que y a des passages dans la suite qui font un peu Fitz-OEil-de-Nuit ><


Citer
Citer
Je m’étais promené à loisir, insouciant et absent, sans jamais m’attarder, aveugle et sourd aux rousses froissures automnales, et mon insensibilité me jetait dans des douleurs muettes. Je ne trouvais plus les mots pour exprimer cette soudaine aversion qui me chamboulait du cœur à la tête, qui laissait mon poignet débile et tremblant
Ah, zut, voilà qui me fait douter à nouveau. En fait, il écrivait cette promenade? (Si c'est ça oublie mes remarques sur la "dématérialisation" (mdr ça fait Code Lyoko xD) de la promenade au dessus. Enfin, je suppose qu'il écrivait puisque tu fais une allusion au poignet, comme Spes l'a mentionné... peut-être que tu devrais mentionner un papier, une plume, pour que le lecteur en soit sûr, si c'est cette interprétation?
les précisions arrivent petit à petit en fait. En tout cas, il l'a vraiment vécue, cette promenade. Si les doutes persistent, di(te)s-le moi.


Ouais "adamantin" c'est toujours classe hein :P


Citer
Hop, je suis un peu plus loin dans la relecture, je crois tenir le bon bout : il se promène en forêt réellement et veut (d)écrire cela ensuite?
c'est que disons, ça en fait se pourrait bien ^^


Citer
Pour le changement de point de vue, pour ma part il ne me perturbe pas, si ce n'est que je n'en vois pas (pas encore?) la signification...
elle va pas venir tout de suite, en fait à partir du 3ème chapitre, ce sera en voyant la fréquence et tout qu'on comprend j'pense petit à petit. C'est lié à l'intrigue aussi.



Merci pour tes conseils, en tout cas, il ne rêve pas. Enfin si, quand il pense coucher avec la fille, il rêve. Mais pas pour la forêt.


Bon ben je relis le chap 2 et je le poste, merci d'avoir lu, tous ! :)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 16:18:19

Citer
ah ça pas sûr du tout... t'as un dico qui te le dit ?

En faite on peut écrire les deux, mais je me suis trompé car ici c'est plutôt pour dire "un certain temps" et non plusieurs donc laisse "quelque temps", c'est correct !
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 16:24:08
Ok merci !

Bon. A partir de maintenant, les titres seront un peu étranges... mais essayez pas de chercher ce que ça veut dire, sinon tout est foutu :mrgreen: je vous le dirai en temps et en heure... bon, 2ème chapitre donc, un peu plus long. Il se passe un peu moins rien. :-¬?



[Chapitre un. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27328#msg27328)]






Chapitre 2
Tépy-djouf



Le crépuscule tomba deux fois et l’homme qui expirait n’était pas sorti. Il se levait tôt, mangeait peu, étudiait. La bibliothèque s’était emplie d’odeurs d’encre et de sueur. Il glosait dans les marges jaunies, griffonnait quelques lignes sur un morceau de papier puis revenait, forcené, à sa lecture. La plume crissait parfois, le niveau de l’encrier ne baissait guère ; mais les ouvrages s’empilaient sur la table de travail, la tranche cassée par les relectures avides, les pages couvertes de larges traits noirs, de signes abscons, d’allusions sourdes. Il dessinait quelquefois ; le parchemin se couvrait alors de spirales grasses et de pentagones biscornus, de croquis de femmes ; il y avait des cheveux et des seins, des triangles sombres, c’était elle, avec toujours aux pieds des feuillages piétinés. Le crayon lui échappait, ses traits s’animaient, ses yeux brillaient d’une fulgurance inquiète : alors il partait s’affairer à travers le manoir, cherchant de l’ocre et du carmin pour ses esquisses, ouvrait les fenêtres, humait l’air froid, contemplait l’orée de la forêt qui verdissait son horizon et s’en retournait l’air grave.

La nuit me tombait sur les épaules, je rangeais hâtivement mon écritoire. L’éteignoir, la gorge prise dans la cire refroidie, n’avalait plus les flammes : je n’avais pas changé les bougies depuis des jours. Je ne veillais plus, ne m’endormais pas même au coin de l’âtre : quand le ciel s’empourprait, j’étais sur le seuil de ma chambre et prêt à dormir. Chaque nuit, je songeais à l’affamée qui s’attardait au portail de fer ; chaque matin, une hâte inconsciente m’éveillait de bonne heure : c’était l’envie partagée de chair et d’encre et de sous-bois qui me dressait sur mon séant et me creusait des cernes. Nulle dame crépitante : il n’y avait que les mâtins pour attendre que la haute grille s’entrouvre.

Dix journées s’étiolèrent ainsi. Il avait le teint pâle et les joues creuses, avec dans l’œil un je-ne-sais-quoi de démence qui ne passait pas. Dans les soubassements du manoir, il se livrait à des rituels saugrenus, faisant brûler de longues tiges d’encens, et restait agenouillé là des heures, traçant à la craie des figures qu’il saupoudrait de cendres. Le onzième jour, il sortit un ouvrage de la bibliothèque et l’emporta dans les caves. Cette nuit-là, il ne dormit pas. Il tâtait la chair en sondant la pénombre, il y embrassait des lèvres, s’enivrait de luxure, enlaçant jusqu’à l’épuisement l’obscurité de la chambre. Quand au matin la lumière fourragea les ténèbres vides, il fut pris de violents tremblements et resta alité jusqu’à une heure avancée. « Je t’aimais… où es-tu, je t’aimais », murmurait-il sans comprendre, et des larmes mouillaient ses cernes et roulaient sur ses joues sales. Lorsqu’enfin il fut levé, son air égaré et son teint blafard disaient tout de son état.  Il voulut descendre dans les caves, hésita, se tenant fébrilement à la rampe de fonte, puis se ravisa. Il partit remplir un seau et le déversa sur les dalles couvertes de cendre et de craie. Un instant passa, il était parti.

Tous les arbres semblaient attirés par la sente qui longeait la lisière. Ils tendaient désespérément leurs branches noires vers le serpent de terre et laissaient les feuilles mortes s’empaler sur les herbes tranchantes. Je voyais ça de loin. Je coupais par les champs, filais comme une ombre vers le vallon embrumé ; longeais le cimetière abandonné, rejoignais la route. Là commençait ma longue marche. Ce n’était pas une promenade, c’était une quête. Je ne voyais qu’elle. Demander de l’aide était si simple : je n’avais qu’à marcher. Elle vivait au bord de la route.

Chaque soir, je revenais au manoir optimiste et enjoué. J’allais toujours un peu plus loin. Pour peu que je comblasse encore une demi-lieue, je trouverais enfin celle qui m’accompagnerait dans la forêt et m’aiderait à garder mes souvenirs. Nous ferions des choses ensemble. Ma vie reprendrait enfin. En rentrant de ma marche quotidienne, j’étais souvent suivi d’un chien errant, noir et efflanqué. Je tentai par deux fois de m’en approcher, mais la bête était peureuse et montrait les crocs. Elle avait le museau allongé et semblait, elle aussi, chercher quelque chose. Elle gardait ses distances, me suivait de loin, comme s’il elle était chargée d’une filature. Nos routes se séparaient entre le cimetière et le gué.

Et leurs quêtes s’entrelaçaient, bon gré mal gré.

Au bout d’une semaine, je n’avais pas renoncé ; au contraire, je redoublais d’ardeur à la tâche. A peine prenais-je le chemin du retour que je sentais souffler en moi de grandes rafales d’impatience : le lendemain, je pousserais plus loin. Je n’avais pas retrouvé l’enthousiasme cependant : elle seule réussirait à m’assoiffer de forêt à nouveau. C’est alors que le chien se montra plus agressif. Il s’approchait toujours davantage et grognait souvent, ses longues oreilles pointées vers moi. En rentrant au manoir, je prenais garde à refermer le portail et j’examinais les trous de la haie d’ifs avec circonspection.

L’accident eut lieu le lendemain. Il s’était levé tard ; il se levait tard depuis qu’il la cherchait hors des figures de craie. Après avoir déjeuné de fruits et de purée de fèves, il s’habilla chaudement pour affronter la morsure de l’hiver ; dehors, le vent sifflait. A peine eut-il franchi la grille que le chien venait à sa rencontre, accourait en grandes foulées silencieuses, ses oreilles effilées et menaçantes semblables à des pointes de sagaie noircies. L’homme prit peur et voulut refermer le portail sur la gueule rouge. Les crocs jaunis lui happèrent la jambe et s’enfoncèrent dans les chairs. Il donna un rude coup de pied et referma violemment le portail, faisant grincer sinistrement les gonds. « La peste soit des chiens ! » éructa-t-il en cadenassant la grille et en boitillant vers le manoir.

La douleur disparut vite. Le sang n’avait d’ailleurs pas coulé. Mes chausses étaient perforées à l’endroit où la gueule de l’animal s’était refermée mais elle avait vraisemblablement dérapé : mon mollet était rouge, ne recelait cependant que d’anciennes égratignures dues aux ronces. Une méchante aigreur m’envahit. Je ne pourrais plus aller à la rencontre de ma salvatrice, si ce chien me guettait à toute heure. J’avais peur. Je craignais horriblement que les sous-bois aient finalement triomphé, qu’il n’y ait pour mes souvenirs plus aucune échappatoire : sans doute avaient-ils à jamais rejoint le giron avare de la forêt. Mes sanglots étouffés meurtrissaient la nuit sereine. J’étais désespéré.

Au matin, son affliction s’était évanouie à son tour. Il s’était convaincu que le chien ne reparaîtrait pas. Ce n’était pas le coup de pied qui l’avait chassé : la botte avait frappé l’air. L’animal avait perçu sa méprise et s’était enfui la queue entre les jambes. Un rapide tour dans la bibliothèque affranchit sa conscience des remords latents. Quand elle serait à ses côtés, il reprendrait ses études avec une ardeur renouvelée. Et ils feraient toutes ces choses auxquelles ses travaux tendaient, et d’autres encore, plus intimes. Ils iraient en forêt et n’auraient plus besoin d’ouvrir les grimoires. La végétation lui faisait recouvrer des sens oubliés ; il n’avait plus besoin que d’elle pour les conserver après la lisière. Grâce à elle il se rappellerait tout. Elle le guiderait pour qu’il puisse enfin retrouver l’usage des souvenirs.

Lorsque je passai aux abords du cimetière, je cherchai le chien, m’attendant presque à ce qu’il vînt gaiement à ma rencontre. Il n’y avait qu’un mur craquelé et des tombes à l’abandon ; je poursuivis mon chemin. Je la chérirais, lui offrirais mille ouvrages et ma bibliothèque, le manoir et ma chambre, nous œuvrerions sur le parchemin et sur la couche. J’en étais assoiffé, voulais m’abreuver enfin à cette source lointaine – et si proche pourtant, à portée des jambes, mon cœur me chuchotait que j’étais sur le point de la trouver. Mais d’autres sentiments me guidaient aussi, une volonté que je n’aurais su définir et qui persuadait peu à peu sa raison. D’autres envies, d’autres devoirs, qui se mouvaient dans l’ombre de mes arrière-pensées et m’effrayaient parfois. Je lui offrirais des vêtements, des étoffes légères qui la protègeraient du froid et qui la conserveraient du vif. Je l’habillerais moi-même, la couvrirais pour qu’elle n’ait pas à en souffrir. La route s’allongeait toujours.

Il oublia la route. Il suivait d’autres chemins. La montagne l’appelait. Il avait besoin de sentir la masse rocheuse sous ses pieds, de se coucher sur les blocs durs ; s’élever, prendre de la hauteur, dominer ses terres. Le soleil déclinait déjà et trempait d’or fondu la pierre granitique. Quand il se réveilla, allongé sur le ventre au sommet d’un monticule rocheux, la lumière baissait vers l’horizon. Un brouillard épais régnait encore sur sa raison, masquant ses sentiments et estompant ses désirs. Il se remit en route. Lorsque les piques de fer de son portail furent en vue, il remarqua au loin les moutonnements sombres de la canopée. Comme aux premiers jours, l’angoisse l’envahit. Rien de ce qu’il vivait dans les sous-bois ne parvenait à l’enthousiasmer en son manoir. Il ne savait comment parler de ces feuillages et ces ruisseaux ; la forêt le muselait comme s’il était un chien hargneux. Puis l’impression se dissipa tandis qu’il remontait l’allée et des souvenirs de son voyage inhabituel affluèrent par saccades. Il était pris dans une tourmente imprévue, se sentait à la fois opulent et efflanqué, desséché mais trempé, ne se souciait plus d’écorce et d’humus et n’avait pas les yeux rivés sur l’épaisse crinière auburn et les mamelons fiers ; se souvenait de soleil et de roche, et de lui, juché sur sa montagne.





CHAPITRE TROIS (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27386#msg27386)
Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 26 décembre 2008 à 16:54:13

Le crépuscule tomba deux fois et l’homme qui expirait n’était pas sorti.
hm.. cette première phrase, je l'aime pas trop
je trouve que "expirait et "crépuscule" ne vont pas avec la simplicité de "sorti"


Dix jours eurent bientôt passé depuis sa dernière promenade.
idem, j'aime pas "eurent", pourtant ça rappelle "hurlent", une idée de violence qui irait avec le "pâle " ensuite, mais.... et j'ai l'impression que la phrase est pas finie

 « La peste soit des chiens ! » éructa-t-il en cadenassant la grille et en boitillant vers le manoir.
j'aime pas du tout

J’avais les idées tout à ça.
hum... trop simple et pas très beau

. Pour peu que je comblasse encore une demi-lieue,
voilà, alors il faut que tu choisisses parce que "comblasse", ça fait archi soutenu

 Elle avait le museau allongé et semblait, elle aussi, chercher quelque chose.
durant un moment, j'ai cru que tu parlais de la fille, je sais pas si la confusion ( bon ok, avant tu dis la bête) est voulue mais c'est amusant

ses traits s’animaient, ses yeux brillaient d’une fulgurance inquiète : alors il partait s’affairer à travers le manoir,
mouais, le alors après les deux points :-¬?
tu veux pas plutôt mettre un point virgule ? ( ça ferait Saint-Simon, xD)


dans l'ensemble, je trouve que c'est mieux que le premier envoi, mais ça ne stimule pas encore :D
son idée de la femme c'est intéressant
mais en fait, j'ai vraiment un problème avec le changement de point de vue :-[
il m'énerve ce changement, ça fait comme avec Diderot, je peux pas m'attacher au perso, il faut pouf que tu changes de direction :mrgreen:
en fait, il me fait penser à Dessar, ce qui n'aide pas :-¬?
Titre: Re : Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 17:02:25

Arrête de dire que t'aimes pas Dessar, tu dirais pas à quelqu'un "j'aime pas ton fils, il est stupide et juste naze", ça ne se fait pas xD


Oui pour "comblasse" j'l'ai mis juste pour le fun :mrgreen:


Citation de: ernya
Le crépuscule tomba deux fois et l’homme qui expirait n’était pas sorti.
hm.. cette première phrase, je l'aime pas trop
je trouve que "expirait et "crépuscule" ne vont pas avec la simplicité de "sorti"


Dix jours eurent bientôt passé depuis sa dernière promenade.
idem, j'aime pas "eurent", pourtant ça rappelle "hurlent", une idée de violence qui irait avec le "pâle " ensuite, mais.... et j'ai l'impression que la phrase est pas finie

 « La peste soit des chiens ! » éructa-t-il en cadenassant la grille et en boitillant vers le manoir.
j'aime pas du tout
pour ça donc, j'attendrai un peu les autres avis. Mais je note :P


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J’avais les idées tout à ça.
hum... trop simple et pas très beau
pas faux


Citer
Elle avait le museau allongé et semblait, elle aussi, chercher quelque chose.
durant un moment, j'ai cru que tu parlais de la fille, je sais pas si la confusion ( bon ok, avant tu dis la bête) est voulue mais c'est amusant
lol xD


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ses traits s’animaient, ses yeux brillaient d’une fulgurance inquiète : alors il partait s’affairer à travers le manoir,
mouais, le alors après les deux points :-¬?
tu veux pas plutôt mettre un point virgule ? ( ça ferait Saint-Simon, xD)
euh... ouais peut-être...



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il m'énerve ce changement, ça fait comme avec Diderot, je peux pas m'attacher au perso, il faut pouf que tu changes de direction :mrgreen:
à partir du chapitre suivant, il y aura moins de changements. Ce sera + "tout l'un et parfois l'autre"

voilà... je vais attendre un peu avant d'poster la suite quand même hein ;D mais elle frétille, elle est relue, reste qu'à la poster. Bon alors ça s'améliore un peu ? c'est toujours ça.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 17:40:27

Alors, alors, que dire sur le titre ?  :) (j'en sais absolument rien, un message codé ?)

Sinon, voici ce que j'ai relevé au cours de ma lecture. (j'ai sûrement oublié des choses...)

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Le crépuscule tomba deux fois et l’homme qui expirait n’était pas sorti.

Il y a deux lunes et deux soleils ? lol, pourquoi deux et pas ouit ?  :D

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il y avait des cheveux et des seins, des triangles sombres, c’était elle, avec toujours aux pieds des feuillages piétinés.

Elle ou elles ? dans la phrase d'avant tu dis "les femmes".


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mon écritoire. L’éteignoir

Effet poétique, miam !

 
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J’avais les idées tout à ça.

Même remarque que ernya.

 
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Il s’était levé tard ; il se levait tard

J'ai beau réfléchir là dessus je ne vois pas pourquoi les deux jouent sur un temps différent.

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Elle le guiderait pour qu’il puisse enfin retrouver l’usage des souvenirs.

C'est pas mieux si tu dis "de ses souvenirs" ?

Voilà, tchuss !
Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 17:51:33


Citation de: Matthieu
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Le crépuscule tomba deux fois et l’homme qui expirait n’était pas sorti.

Il y a deux lunes et deux soleils ? lol, pourquoi deux et pas ouit ?  :D
lol, parce que c'est le pouvoir du narrateur de décider de la chronologie de son histoire >:D



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il y avait des cheveux et des seins, des triangles sombres, c’était elle, avec toujours aux pieds des feuillages piétinés.

Elle ou elles ? dans la phrase d'avant tu dis "les femmes".
en fait il dessine plein de femmes, mais c'est toujours la même.


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J’avais les idées tout à ça.

Même remarque que ernya.
ouaip j'vais changer.


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Il s’était levé tard ; il se levait tard depuis qu'il la cherchait hors des figures de craie

J'ai beau réfléchir là dessus je ne vois pas pourquoi les deux jouent sur un temps différent.
le second précise, et ça sonne mal "il s'était levé tard depuis que", non ? l'imparfait est... requis, non ? c'est aussi pour insister/rappeler le début du chapitre avec "il se levait tôt". Changements, revirements rapides, chelous.


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Elle le guiderait pour qu’il puisse enfin retrouver l’usage des souvenirs.

C'est pas mieux si tu dis "de ses souvenirs" ?
j'trouve que ça fait un peu plus lourd, là j'aimais bien le fait que ça puisse s'adresser à chacun : "retrouver l'usage des souvenirs". J'aimais bien la formule >< ch'ais pas...


Merci ! finalement, plutôt mieux, moins bien, pas d'évolution ? le rythme s'améliore ou pas du tout ?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 17:57:50

Eh bien je préfère le deuxième chapitre par rapport au premier. Mais il faudrait que je relise pour t'en dire un peu plus sur le rythme car c'est assez complexe ce que tu écris, pas trop mais un peu.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 26 décembre 2008 à 18:24:05
Quand tu écris quelque chose de long c'est bien plus fluide et plus facile à suivre, je trouve ^^
Plus en détail :

Ne nous refais JAMAIS le coup du "y'a un truc à décrypter derrière le titre mais surtout ne vous y essayez pas", par pitié. C'est horriblement torturant XD

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La nuit me tombait sur les épaules,
J'aime l'image ^^

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Je tentai par deux fois de s’en approcher
Ça peut être voulu comme ça peut être une erreur, donc je relève^^

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Je n’avais pas retrouvé l’enthousiasme cependant : seule elle y parviendrait.
D'abord, je mettrais "elle seule", mais les deux passent (je pense). Après, pour le sujet de "parviendrait", c'est problématique niveau grammatical, parce que ça fait "elle seule parviendrait à retrouver l'enthousiasme" alors que ça devrait être "elle seule parviendrait à me le faire retrouver" (enfin, en moins mal dit). enfin, tu vois ce que je veux dire...? ^^

Citer
Une vague de taciturnité m’emporta.
Ça fait bizarre, une vague qui emporte, je verrais plus ça avec une émotion comme la fureur... je trouve l'image inadaptée à "taciturne"

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je poursuivis son chemin.
Pareil que tout à l'heure

Voilà ^^ en tout cas ça m'intrigue, niveau rythme ça passe très bien, je trouve pas que ça traîne, et, comme dit, c'est assez 'étiré' dans la longueur pour laisser le temps de digérer ce qui se passe, et le langage soutenu ^^ (qui du coup relève le texte sans le plomber. J'aurai appris ce qu'est la canopée, mdr)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 18:34:43


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Ne nous refais JAMAIS le coup du "y'a un truc à décrypter derrière le titre mais surtout ne vous y essayez pas", par pitié. C'est horriblement torturant XD
lol mais c'est pas un code en fait, c'est juste que si vous tapez "tépy-djouf" ou les suivants sur google, ça vous gâchera la lecture. Résistez xD


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Je tentai par deux fois de s’en approcher
Ça peut être voulu comme ça peut être une erreur, donc je relève^^
oups corrigé, pour la suivante aussi, en fait c'était pas prévu dès le départ c't'histoire de double narration. C'est pour ça.


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Je n’avais pas retrouvé l’enthousiasme cependant : seule elle y parviendrait.
D'abord, je mettrais "elle seule", mais les deux passent (je pense). Après, pour le sujet de "parviendrait", c'est problématique niveau grammatical, parce que ça fait "elle seule parviendrait à retrouver l'enthousiasme" alors que ça devrait être "elle seule parviendrait à me le faire retrouver" (enfin, en moins mal dit). enfin, tu vois ce que je veux dire...? ^^
oui ça je sais que la réflexion me pendait au nez :-¬? ah en+ oui "elle seule" est mieux. Bref je changerai.


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Une vague de taciturnité m’emporta.
Ça fait bizarre, une vague qui emporte, je verrais plus ça avec une émotion comme la fureur... je trouve l'image inadaptée à "taciturne"
oui c'est laid. Je changerai.



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Voilà ^^ en tout cas ça m'intrigue, niveau rythme ça passe très bien, je trouve pas que ça traîne, et, comme dit, c'est assez 'étiré' dans la longueur pour laisser le temps de digérer ce qui se passe, et le langage soutenu ^^ (qui du coup relève le texte sans le plomber. J'aurai appris ce qu'est la canopée, mdr)
cool ! =)


*ben en fait je vais pouvoir poster la suite... il manquerait que Spes, mais c'est peut-être mieux de lire tout à la suite donc...*
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 19:58:51
'oilà la suite, j'espère que ça éclaircira certains points... bonne lecture !




[Chapitre deux. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27364#msg27364)]






Chapitre 3
Khenty-seh-netjer



Il contemplait les traces de sa blessure et, sans qu’il sût pourquoi, un sourire mince s’étira sur son visage. A l’endroit de la chair où les crocs s’étaient enfoncés, la peau s’était ornée de larges plaques brunes. Une peur larvée sommeillait en sa poitrine, les images médiévales de pestiférés agonisants. C’était une crainte chimérique et démente que sa jubilation incontrôlée maintenait enfouie. « La peste soit des chiens ! »… il gloussa en examinant les taches sombres qui s’épanouissaient sur son mollet. La forêt s’était refusée à lui ; la montagne lui offrait-elle le Verbe ? Qu’avait-il encore prononcé qui fût en passe d’advenir ? Les marques sombres et granuleuses qui parcheminaient sa peau faisaient tonner en son cœur une vertigineuse allégresse. Il commanderait le monde par la seule magie de ses mots. Les projets se bousculaient dans sa tête, sans qu’il parvînt à déterminer par quelle expression commencer, par quelle impression débuter ses longs discours : il remodèlerait la forêt au lieu de la décrire, retracerait le sillon rieur de ses rus clairs, soufflerait une brise nouvelle dans le peuple d’ajoncs et les lacs de fougères. L’humus s’imprègnerait de ses mots, les roseaux se plieraient à ses désirs, les chevreuils courberaient l’échine devant son tableau. « La forêt sera mienne », murmurait-il avec une lueur extatique dans le regard.

La nuit égrena ses songes de divin créateur. Peu à peu, il ne rêvait plus des adiantes dentelés et des rumeurs du feuillage. Il n’imaginait que des roches et du sable, ne pensait même plus au soleil rouge. Il ne voyait que ténèbres et montagne, or et lin, chiens et tombes. Bientôt, l’homme qui expirait ne songea plus qu’aux vastes étendues sablonneuses et s’accrochait à cette promesse d’un nouveau souffle : il se souvenait. Il avait été juché sur sa montagne. Lorsqu’il s’éveilla, il avait oublié la forêt.

Deux semaines passèrent. Il ne cherchait plus celle qui l’aiderait à revivre : la montagne était sa salvatrice. La pierre lui avait octroyé le pouvoir du Verbe, il l’avait senti grésiller sur son ventre. Chaque jour, il partait sur le coup des dix heures et revenait au crépuscule. Il communiait avec la roche, s’endormait tandis qu’elle lui contait de sa voix rocailleuse l’histoire des alentours. Il faisait sombre lorsqu’il refermait la grille. Il se mettait au travail après avoir expédié son souper et ne sortait plus de la bibliothèque avant l’aube. La montagne lui ouvrait sa mémoire. Lui écoutait et se souvenait.

Un jour, comme je redescendais de la colline pierreuse, j’aperçus en contrebas une roulotte dissimulée dans la végétation. Cette face de la montagne, je ne la connaissais guère. On y surplombait la ville ; une centaine de toits de chaume se serraient au bord d’une rivière sale, c’était tout. Je n’aimais pas les gens qui habitaient là. Ils étaient imbus et ne savaient concevoir de vie ailleurs que sur leurs rivages boueux. Ils avaient tous expiré. Mais il émanait de cette retraite nichée dans les arbustes une étrange fantaisie : elle n’était pas des leurs. « Qui es-tu, toi qui vis sur le flanc de ma dame ? » Telles étaient les étranges paroles qui me brûlaient les lèvres, tandis que je cheminais vers la roulotte.

« Je croyais vos cheveux plus foncés », articulai-je à la rousse pulpeuse qui se dressait devant moi, fière et réjouie. Elle eut une moue amusée. « Qui es-tu pour me jargonner de la sorte, petit grisonnant décharné ? » Elle avait la voix traînante et le ton heurté. Elle méritait sa place, ici, sur la montagne. J’avais écarquillé les yeux en la voyant sur le seuil, je m’étais persuadé que la montagne était celle qui me sauverait. Mais que penser devant cette fille de roche aux cheveux flamboyants ? « Je suis Pauline. C’est moi que tu cherches ? Mel n’est pas là. » Elle me fit signe d’entrer. Sa tunique était légère, on voyait pointer ses seins. Je ne pus retenir de m’exclamer : « Pauline ! c’est si proche de ton nom… c’est bien toi finalement ! »

Elle avait fait mine de ne pas comprendre, mais sa tenue la trahissait. Elle m’avait attendue, depuis tout ce temps que je venais me jucher sur ma montagne. Qui serait-elle sinon, pour accueillir les étrangers si dénudée ? « Tu n’as rien perdu de ta grâce, sous ton déguisement de putain », osai-je encore en pénétrant dans son logis. « Tout travail a son respect, le décharné. Remplume-toi et nous causerons, veux-tu ? En attendant, montre-moi ta menue monnaie, je ne me vends pas pour des sourires et du miel dans la voix.

— Allons, Pauline, c’est d’autres offrandes qui nous régalerons tous deux. Voilà le métal ! Nous n’en avons que faire, pouffai-je en lançant à travers la chambre les pièces de monnaie que je conservais dans la poche de son veston. Des semaines que je te cherche, que mes nuits se consument à ta pensée, que j’arpente les routes pour te trouver. » J’étais exalté.

Elle haussa le sourcil et mit les mains sur les hanches, me regardant de travers un instant. Je m’étais débarrassé de tout le contenu de mes poches. Elle ne perdait plus des yeux les bouts de métal qui roulaient sur le plancher. Elle poussait à la vulgarité chaque posture comme si elle assumait le carnaval jusqu’au bout. Je voulais qu’elle se dévoile, cesse de jouer la catin flapie ; qu’elle laisse s’effondrer les apparences pour enfin me rejoindre. Elle ramassait cependant les pièces une à une, exagérément consciencieuse. Je n’y tins plus et me précipitai à sa rencontre, voulus étreindre ce corps qui s’offrait à moi, ce corps dont je connaissais tout, présent à mes yeux du crépuscule à l’aurore, et encore dans mes effrayants rêves sur la montagne. Mais c’était bien elle. Son brin de singularité n’était cultivé que dans le but de me plaire davantage, rousse et non auburn, faussement catin, habitant juste à l’écart de la route, « Pauline » ; elle se laissait pourtant faire, un peu tendue sur l’instant, et si belle.

C’était une chienne qu’il croyait enlacer, une chienne sauvage qui courait à ses côtés dans le sable… et dans les dunes il n’y avait rien de vert, si ce n’était le lointain ruban fertile, dans les dunes tout était noir et brûlant. Il désirait se tapir en elle comme en un mausolée, y chercher fraîcheur et apaisement, et elle se fondrait en lui de même ; ils étaient pétris d’empressement l’un pour l’autre. « Souffle-moi des paroles enthousiasmantes », haletait-il alors qu’il la prenait comme un mâtin prend une racée au milieu d’une chiennerie surexcitée.

« J’en serais presque gênée. Reprends ces pièces, il y en a trop. Je ne suis pas une voleuse. On me lyncherait si on savait la somme que je t’ai extorquée. Allez, remballe ça. Va-t-en, il fait nuit. Les habitués vont arriver. »

Il n’aimait pas la manière qu’elle avait de renfiler son rôle en même temps que sa tunique. Un instant avant, elle était allongée sur la couche, impudente et lascive, la mine espiègle, embrasée par sa crinière, des flammèches lui léchant les seins. Le tissu qui la couvrait dorénavant semblait vouloir nier le moment d’intimité consommé – l’accouplement farouche et saugrenu.

« Viens, rentre avec moi. Le manoir est grand. Il y a une bibliothèque. Nous serons ensemble.

— Que racontes-tu ? Va-t-en, je te dis. Tu m’as fait mal avec tes morsures amoureuses. Reprends ton argent et pars.

— Ne fais pas comme si tu l’étais vraiment… suis-moi, la montagne ne me suffit pas, j’ai besoin de toi pour continuer. Sans moi, ton existence n’a pas de sens. Muse, qu’attends-tu ? Je suis là.

— Ils s’y croient tous. Tu n’es pas le seul à penser que ton étreinte me laissera un souvenir impérissable. Et à bon droit : regarde les rougeurs à l’endroit où tu m’as mordu. Allez, dégage, et par la porte de derrière. Je ne veux pas que les suivants te voient. Ils ne te connaissent pas, tu n’es pas d’ici, ils pourraient penser que tu m’as filé quelque chose de contagieux. »

Elle me faisait de la peine. Mais tout était dit, elle ne sortirait plus de son déguisement de putain pour la soirée. « Prends du repos, Muse, je te veux alerte. J’ai hâte de te sentir à mes côtés. » Puis, poursuivant le jeu d’apparences : « Je te laisse le métal, à titre d’acompte. Adieu, ma Muse, je reviendrai vite pour que tu m’accompagnes. »

Il resta sur la montagne, cette nuit-là. Il craignait de s’égarer dans les ténèbres, et le contact de la roche le rassérénait. En contrebas, à travers le feuillage, il y avait toujours de la lumière. Lorsque l’aube chassa l’obscurité froide, il partit. Il longea la forêt sans y prendre garde. Arrivé au manoir, il descendit promptement dans les caves, sans prendre le temps d’ôter son paletot. Comme dans la roulotte, une vague sauvage menaça à nouveau de le submerger. Il souhaitait du sable sous ses pieds, une course effrénée, silencieuse et sombre. Agenouillé, il traçait des mots sur le sol encore couvert du dépôt humide de cendre et de craie. Il invoquait le grand chien sauvage d’or et d’onyx, Khenty-seh-netjer.

Je passai le reste de la matinée dans la bibliothèque, lisant, recopiant, écrivant, comme si l’échec essuyé dans les cendres des caves m’avait rendu plus acharné encore. Je pensais à la montagne, à la forêt à nouveau, à la roche et aux troncs, aux orfèvreries cuivrées qui jonchaient les sous-bois. J’y parvins presque, jubilais en considérant ma plume nerveuse et assoiffée. Puis un faix me tomba sur les épaules, je cherchais mes mots, raturais, chiffonnais, et m’arrêtai tout à fait, exaspéré. Je projetais déjà un nouveau voyage derrière la montagne ; Muse me suivrait, de gré ou de force. « Khenty-seh-netjer, aide ton sujet », soufflai-je en contemplant ma plume. Mais était-ce moi qui pensais ainsi ? Déjà, je songeais à mes retrouvailles avec la Muse, sous le regard d’encre d’un grand chien sauvage.







CHAPITRE QUATRE (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27422#msg27422)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 26 décembre 2008 à 20:49:42
la peau s’était ornée de larges plaques brunes.
mouais, faudrait que tu trouves mieux que "plaque", parce que je suis pas sûre que ça aille pour une morsure et puis... c'est moche, ça jure trop avec la phrase suivante

Il avait tout pouvoir
idem, pas très très beau et ça fait un peu politique :mrgreen:

Qui es-tu pour me jargonner de la sorte,
idem, "jargonner", mouais, je sais pas

Je ne pus retenir de m’exclamer : « Pauline ! c’est si proche de ton nom… c’est bien toi finalement ! »
xD xD
ça me fait tellement penser à Ionesco " Élizabeth, je t'ai retrouvé", xD

C’était une chienne qu’il croyait enlacer,
yep! j'avais raison pour l'analogie, lol

ensuite la Muse, c'est top


je préfère largement ce passage-là^^
d'ailleurs, lol, on va se demander pourquoi :-¬? xD
oui donc bien mieux, même le "je" est bien passé


hum, le chien a un rapport avec la Muse, c'est ça, pas sûre d'avoir tout compris là.... ><
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 26 décembre 2008 à 20:57:03
Citer
me regardant de travers un instant, déjà ne perdant plus des yeux les bouts de métal qui roulaient sur le plancher.
Arf, on a l'impression que les deux propositions sont simultanées alors que c'est pas possible. ^^
Citer
« Tu n’as rien perdu de ta grâce, sous ton déguisement de putain », osai-je encore en pénétrant dans son logis.
Mdr, quel tact ^^ (je relève pas pour que tu changes quelque chose, c'est juste la pensée qui m'est venue en lisant la phrase XD)
Au niveau du ton, dans le reste du passage, c'est cru sans tomber dans le trop vulgaire, je le trouve bien dosé.

Moi j'aimais bien le "jargonner", ça fait vraiment décalage avec le reste. Elle a un parler auquel on s'attend pas pour le personnage qu'elle est, en fait. C'est comme "tes morsures amoureuses", j'aime bien l'expression ^^

Voilà voilà ^^ j'aime bien le personnage et son décalage muse-réalité (je dirais pas que je m'y identifie mais presque ^^). J'ai hâte de voir ce que ça va donner ensuite.

Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 21:24:47
Citation de: ernya
la peau s’était ornée de larges plaques brunes.
mouais, faudrait que tu trouves mieux que "plaque", parce que je suis pas sûre que ça aille pour une morsure et puis... c'est moche, ça jure trop avec la phrase suivante
oui c'est normal que ça n'aille pas avec la morsure :P ce n'est pas normal qu'une morsure cause des plaques brunes, on est d'acc. Ah ça jure avec la heu... peur larvée c'est ça dont tu parles ?


Citer
Il avait tout pouvoir
idem, pas très très beau et ça fait un peu politique :mrgreen:
ouais... tu mettrais quoi ?


Citer
Qui es-tu pour me jargonner de la sorte,
idem, "jargonner", mouais, je sais pas
ça c'est Pauline qui parle, elle a une manière de s'exprimer assez extravagante.


Citer
ensuite la Muse, c'est top
ça m'aurait étonné :mrgreen: j'avais peur que justement tu le grilles trop vite xD



Citer
hum, le chien a un rapport avec la Muse, c'est ça, pas sûre d'avoir tout compris là.... ><
heum disons que... si c'est ça je n'ai encore donné aucune piste dans ce sens





Citation de: Verasoie
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me regardant de travers un instant, déjà ne perdant plus des yeux les bouts de métal qui roulaient sur le plancher.
Arf, on a l'impression que les deux propositions sont simultanées alors que c'est pas possible. ^^
oui et avant relecture c'était encore pire xD faut que je modifie... j'ai essayé de dissocier avec "un instant" et "déjà" mais c'est pas top.


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Citer
« Tu n’as rien perdu de ta grâce, sous ton déguisement de putain », osai-je encore en pénétrant dans son logis.
Mdr, quel tact ^^ (je relève pas pour que tu changes quelque chose, c'est juste la pensée qui m'est venue en lisant la phrase XD)
mdr :mrgreen: même Cyran n'aurait pas fait ce genre de bourde ::)


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Moi j'aimais bien le "jargonner", ça fait vraiment décalage avec le reste. Elle a un parler auquel on s'attend pas pour le personnage qu'elle est, en fait. C'est comme "tes morsures amoureuses", j'aime bien l'expression ^^
ok. Oui, ben, il est quand même probable que ce soit une pute :mrgreen: j'avais envie de la faire parler un peu comme Etta.

Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 26 décembre 2008 à 21:34:06
Je voulais pas dire que sa façon de parler laissait présager qu'elle était quelqu'un d'autre :p juste que ça faisait décalé. Mais le décalage est appréciable, comme j'ai dit ^^ tant que sa façon de parler reste cohérente partout ;)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 26 décembre 2008 à 21:39:43
mouip, en fait, c'est le terme qui est horrible ( ça me rappelle mes crise d'eczéma :-¬?)
et ensuite, ben, ça va pas trop avce les mots un peu plus soutenus après, non ?
et puis pourquoi des plaques alors ? ( y aurait-il un truc que j'aurais loupé)

hum pour "tout pouvoir", je sais pas trop justement
je vois pas bien ce que cette phrase fiche ici en fait :mrgreen:

alors pour la fin, c'est quoi cette idée d'invoquer le chien ?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 21:54:18

Pour la fin : eh bien... tu verras.

Pour les plaques... je sais pas si c'est vraiment fiché "familier"... si ? pour le "pourquoi", se référer à la ligne précédente lol

c'est ça qui est chiant quand on poste en plein de bouts ><
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 26 décembre 2008 à 22:02:27

Tadam, me voici donc au chapitre 3, alors qu'ai-je donc relevé ?

Déjà le titre, je chmode dessus !  :D  (si tu me demandes d'où viens "chmode" l'histoire risque d'être très longue...)

Ensuite,

Citer
la montagne lui offrait le Verbe.

J'ai loupé un chapitre ?  :o

Citer
Il avait tout pouvoir.

Je dis pas que c'est faux, j'aime juste mieux "tous les pouvoirs".  :)

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La montagne lui ouvrait sa mémoire.

C'est assez étrange. Où est le médecin légiste ?  :)

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C’était une chienne qu’il croyait enlacer, une chienne sauvage qui courait à ses côtés dans le sable…

Il n'y a pas mieux que "Chienne" ? (de même avec "putain")  je sais que ce n'est qu'un texte mais c'est assez...hum, voilà quoi, surtout pour une femme et puis c'est peut-être aussi que ça vient de moi ! brrrr !!!

Bon je crois que j'ai tout dit !

Ah et aussi, j'aime assez bien les quelques images amusantes qu'il y a dans ton texte mais j'aimais mieux les deux autres parties. C'est pas facile à départager...

Bonne continuation !



Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 26 décembre 2008 à 22:12:30
chmode ?

Citation de: Matthieu
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la montagne lui offrait le Verbe.

J'ai loupé un chapitre ?  :o
non mais c'est vrai que c'est peut-être pas assez explicité. C'est juste en même temps. Il voit qu'il a des plaques brunes qui se développent sur sa morsure, alors que, revenant d'à côté de la montagne, il avait dit "la peste soit des chiens". Du coup, voilà.


Citer
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Il avait tout pouvoir.

Je dis pas que c'est faux, j'aime juste mieux "tous les pouvoirs".  :)
ouip pourquoi pas, mais ernya trouvera que ça fait encore + politique j'pense...


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C’était une chienne qu’il croyait enlacer, une chienne sauvage qui courait à ses côtés dans le sable…

Il n'y a pas mieux que "Chienne" ? (de même avec "putain")  je sais que ce n'est qu'un texte mais c'est assez...hum, voilà quoi, surtout pour une femme et puis c'est peut-être aussi que ça vient de moi ! brrrr !!!
c'est sûr que "chienne" s'appliquerait moins à un homme mdr, ben, tu préfères "prostituée" ? j'trouve que ça irait moins avec sa façon de parler un peu précieuse, il dit pas "pute", ça ne lui irait pas non plus, il parle de "putain" ou de "catin". J'sais pas si "prostituée" lui irait... et puis bon, la littérature doit parler de tout, hein. :mrgreen: lol, si ce genre de trucs t'embête, tu vas être servi dans le prochain chapitre ><


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Ah et aussi, j'aime assez bien les quelques images amusantes qu'il y a dans ton texte mais j'aimais mieux les deux autres parties. C'est pas facile à départager...
amusantes ? pourtant je pensais que ça deviendrait de plus en plus glauque... arf. Oui non, ne départage pas trop, dis-moi tes impressions à vif mais tu me diras à la fin du chapitre 6 ce que tu penseras du texte dans son ensemble ;)

merci !


Titre: Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 27 décembre 2008 à 14:42:37
Suite.




[Chapitre trois. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27386#msg27386)]






Chapitre 4
Imy-out



Il était une heure de l’après-midi et le portail s’ébranlait. L’écrivain partait chercher sa Muse. Bien loin de la forêt, une ombre se mut dans la brume aux doigts gourds. Elle passa par le vallon, franchit le gué et emprunta la route qui commence au cimetière. L’air était humide, des gouttes de froid lui coulaient le long du dos. L’homme frissonna et rajusta machinalement le col de son pardessus. Les estafilades du vent ne lui importaient guère. « Muse, je viens te chercher, Muse nous partons en ma demeure et tu m’insuffleras ton verbe cajoleur, je cesserai d’expirer, Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens », tel était le discours qui rebondissait contre les os de son crâne, au rythme de ses pas.

Il passa devant le cimetière abandonné ; le chien l’y attendait. Allongé sur le sol, il ne grognait plus. L’homme lut dans ses yeux et sa posture quelque bienveillance joyeuse. Il avait toujours su que le chien l’avait attaqué par méprise. Il s’était enfui et avait disparu pour afficher sa repentance. Et revenait maintenant, affable. Il continua sa route mais ses pensées ne le suivaient pas, elles s’étaient arrêtées à la hauteur de l’animal docile, il s’empêtrait dans ce souvenir et ne voyait plus que le pelage sombre et la laisse dorée attachée à son cou. Allongé sur le bitume. L’homme savait qu’il devait faire quelque chose de ce sol noir, mais n’était-il pas déjà trop tard ? Il ne sentait plus la fusion bouillonnante de la matière ; il n’y avait là que sécheresse et mort. Le chien le lui disait. « Ce bitume est perdu. Trouve m’en. »

La roulotte semblait vide. Il frappa trois coups. Au bout d’un moment, le plancher craqua et la porte s’entrouvrit. Ce n’était pas Pauline. « C’est Mel. Pauline n’est pas là. Ca vous va ? » Puis, remarquant l’attitude de son visiteur : « Ah, c’est vous ! Soyez fier, elle a attrapé votre sale infection. Qui sait quand elle pourra reprendre son travail ? Elle est toute noire là où vous l’avez mordue. Dégagez avant que j’envoie des hommes à vos trousses. Et ne me touchez pas ! Partez ! » Elle referma violemment la porte.

Il revint le soir, après s’être assoupi au sommet de la montagne. Il avait vu Mel quitter la roulotte aux bras d’un homme ; sans doute était-elle en ville. La porte n’était pas fermée. « Toi ! s’exclama furieusement Pauline. Qu’est-ce que tu viens encore chercher ? Reprends tes diaboliques plaques noires et va-t-en ! reprit-elle en désignant son cou assombri.

— Pauline, je viens te chercher, commença-t-il en souriant. Il faut que tu m’inspires, maintenant. Ramasse tes affaires. Je n’habite pas très loin. Demain, nous irons en forêt. »

La jeune femme voulut se débattre mais l’écrivain parut soudain doué d’une force considérable. Ceinturée, elle lui cracha au visage. Un coup partit ; il l’avait cognée à la tempe, elle s’évanouit dans ses bras. « Je te présente mes excuses, ô Muse indocile, dit-il dans un souffle. Je dois faire remonter les souvenirs. Tout te reviendra, tu verras. Tu es une Muse et nous sommes unis maintenant. »

L’écrivain tint parole. Le lendemain, il reprit le chemin de la forêt. Un mois et demi devaient être passés depuis sa dernière promenade sous les arbres. La muse était réticente. Il lui tenait la main et l’entraînait, content mais empressé. Des ébouriffures cuivrées, nulle trace : la forêt avait sorti son manteau d’hiver. Les branches noires et froides se tendaient désespérément vers le ciel luminescent ; les animaux se terraient, les ruisseaux se figeaient. Arrivés au cœur des sous-bois, l’homme et sa compagne restèrent un long moment à contempler les blessures du froid. « C’est là, dit-il finalement. Ca te plaît ? » Il eut pour réponse un regard las et incompréhensif. Pauline s’était laissé emporter par la vague depuis longtemps. Elle était malade, il payait bien et elle ne pouvait exercer que pour lui à présent. Elle effleurait avec écœurement les plaques noires qui marbraient sa gorge. Elle aussi rêvait de chiens.

Il la désarçonna tout à fait en l’étreignant soudain, amoureux et brutal, entre les piliers d’écorce et dans les fougères glacées de rosée. Elle ignorait que la forêt enthousiasmait l’homme à ce point. « Inspire-moi ! » gémissait-il en débouclant sa ceinture. Pauline avait toujours en tête le tintement des pièces sur le plancher. Elle le comblerait pour sa somme. Les maisons de passe, voilà le dernier bastion de l’honneur en ce monde déclinant. L’homme avait fait tomber ses chausses. Alors elle l’inspira du mieux qu’elle put.

Sur le chemin du retour, il s’interrogeait. Sa déception menaçait de l’étouffer tant il s’attendait à quelque chose de singulier. Il savait déjà qu’il ne trouverait rien à écrire. La nature ne l’avait pas même effleuré, elle qui le perforait naguère de son pieu luxuriant. L’automne l’inspirait-il plus que l’hiver ? qu’importe ; il avait sa muse à ses côtés. Les pentacles d’invocation avaient échoué, mais elle était là, resplendissante de vie, une moue ineffable collée aux lèvres. C’était un autre foyer qu’ils devaient découvrir, d’autres parages qui déchaîneraient la démence créatrice. Faire l’amour entre des troncs noirs ne délierait pas sa plume : ils iraient sur la roche et rêveraient de sable. Et l’inspiration jaillirait en grandes coulures incandescentes.

« Je t’emmènerai ailleurs, avait-il fini par dire. Ce n’est pas un endroit pour nous. Il y a trop de feuilles mortes et de fougères qui persistent. L’automne y était ouvragé ; l’hiver resplendit ailleurs. »

Elle l’avait dévisagé comme s’il parlait pour la première fois, et avait lancé, agacée, de sa voix traînante : « Je n’ai pas envie d’hiver. J’aimerais que ma gorge blanchisse à nouveau. Et pourtant j’ai des crocs qui poussent dans ma poitrine. Je rêve d’un désert… tes vilaines morsures empoisonnent mes rêves.

— Je rêve d’obscurité, avait-il poursuivi. L’eau, le vent et le désert : c’est son nom. Son nom, et il vit à travers moi. Grâce au chien du cimetière. Je dois te protéger, tu le sais ? Je dois te trouver une peau morte pour te cuirasser contre la mort. Je dois t’accompagner par-delà. Je ne sais pas vraiment pourquoi ; sans doute est-ce ma tâche, tandis que tu m’inspires. Veiller sur toi pendant la grande traversée… je ne sais. Les deux désirs s’entrelacent… suis-je le grand chien ou l’écrivain ? Es-tu ma Muse ou… » Il se tut. La lisière était là.

Ce soir-là, le craquement des bûches fut la seule réponse à ses interrogations inquiètes. Les violents sentiments qui s’emparaient de lui n’étaient pas naturels. Il se sentait devenir double ; pire, ses désirs contradictoires commençaient à se confondre et s’allier. La forêt ne l’avait rassasié d’aucune façon. Le tracé de sa plume était morne et gauche, l’étreinte avait été brutale et dénuée d’amour. Il avait déchiré les feuilles de papier, triste et résigné, mais il ne pourrait se contenter d’embrassades gourdes au détour d’un frêne. Elle, se réchauffait devant l’âtre. « Allons dans la chambre. » Elle profita un dernier instant de la chaleur du foyer puis lui emboîta le pas, maussade, se persuadant que sa situation ne pouvait être meilleure. Les plaques noires s’étaient encore étendues.

Il se réveilla au cœur de la nuit, encore brûlant de l’étreinte inachevée. Elle avait le sommeil profond après l’amour, ronronnait sous les couvertures. Il sortit silencieusement du lit et quitta la chambre. La lune vint se cacher derrière les nuages, le manoir sombra dans un noir d’encre. Lui descendait dans les caves, embrouillé par la fièvre. L’obscurité lui plaisait ; renaissance et fertilité, c’était ça, le noir. C’était le grand fleuve charrieur de vie. Il se souvenait du Nil.

Il balaya d’un geste la fine couche de cendre crayeuse, il avait mal à la tête, il remonta chercher les cendres de l’âtre, le seau à la main. L’escalier qui menait aux caves craquait à chaque marche. Mais la muse dormait à l’écart et il l’avait épuisée. « Cette infidélité conspire à m’inspirer », se répétait-il en dessinant dans la cendre étalée. C’était si simple ; il avait échoué la première fois parce qu’il avait écrit en sa langue. Il était nu mais transpirait beaucoup ; le sol fut vite couvert de dessins anciens, de vagues et de roseaux, de dunes rondes. « Inpou, je t’invoque, mon seigneur et frère… » psalmodia-t-il enfin, et les murs happaient ses chants.

Lorsque le silence revint, la cendre avait creusé les images, l’air et les ténèbres lui devinrent étouffants. Des pensées contradictoires aboyaient dans sa tête. Il revit le chien du cimetière et sa laisse d’or, il se souvint des foulées silencieuses et des crocs foncés qui pénétraient dans les chairs. Dans l’obscurité, les plaques noires qui assombrissaient sa jambe paraissaient avoir gagné tout le corps. Il gravit les marches quatre à quatre, trébuchant plusieurs fois, se meurtrissant les orteils contre le bois. Lorsqu’il eut rejoint sa couche, la muse dormait toujours. Il ne retrouva pas le sommeil, repensant, tourmenté, aux dessins dans la cendre qu’il avait, dans sa précipitation, oublié d’effacer.








CHAPITRE CINQ (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27478#msg27478)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 27 décembre 2008 à 15:09:27
Il était une heure de l’après-midi et le portail s’ébranlait. L’écrivain partait chercher sa Muse.
j'aime bien ce début, ça se veut anodin et à la fois non, ça rappelle l'idée de la proie
c'est parfait

Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens »
lol
(en fait, c'est l'éventuel double sens, cf le  "chienne "de  la dernière fois, bref,)
même si c'est pas ça l'idée


Je dois te trouver une peau morte pour te cuirasser contre la mort.

lol, Lo' et son glauque reviennent :mrgreen:

Cette infidélité conspire à nous inspirer
joli, dommage que ça fasse pas un alexandrin :noange:


bon, j'aime mieux ce passage, comme le troisième en fait
la "capture" de la Muse tout ça, son échec et puis, ctte histoire de chien est intéressante
et le truc avec les plaque aussi ( Versasoie et ses poisons t'aurait-elle inspirer ? :noange:)
Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Spes le 27 décembre 2008 à 16:25:45
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, il déjeunait à la va-vite, frugalement,

Y'a pas d'erreur, mais je m'aperçois à ce moment qu'il n'y a nulle part des saveurs ainsi que peu d'odeurs, du moins selon mon ressenti. D'ailleurs, tu loupes de belles occasions.. tu as déjà goûté de la sève pure ?
jamais non, c'est bon ? xD ouip, il faudra que j'ajoute des sensations. Méthode hobbienne, en plus.

Disons que ça t'enflamme la bouche voire le nez - plus ou moins selon les sèves, le pin, c'est pas mal - , que ça colle au palais de telle façon qu'il faut y aller avec l'ongle pour l'ôter.. Et puis après, tu as en plein les doigts.

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, et son bas-ventre redoublait de vigueur.

Certes, on comprend qu'il la croie vraiment réelle et palpable, mais je n'ai pas trouvé ça très bien amené
arf... tu verrais quoi ?

J'aurais plutôt mis quelque chose comme ça:
Il se raidissait à chaque chuintement du vent, sentant une haleine sur sa nuque, puis était parcouru de violents frissons. La soif s'emparait de lui, de son corps qui se mouvait alors sans contraintes dans l'obscurité, tout contre celui de la femme.
On peut faire mieux, bien sûr ^^

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Sinon, n'y aurait-il pas moyen de mettre un passage qui intrigue, révolte, enfin, implique le lecteur, avant ce texte ? On y rencontrerai deux ou trois personnages, qu'on désirerait retrouver par la suite pour régler nos comptes avec eux, peut-être, et l'on saurait que c'est celui du manoir qui va nous permettre de les revoir, donc on s'attacherait davantage à lui..
Je l'avoue, je voudrais de l'action partout x]
ouais mais en fait y a vraiment très peu de personnages et pas beaucoup d'action... j'ai essayé de faire pour une fois une sorte d'évolution psychologique plus qu'autre chose... mais bon je pense que le chapitre 1 est celui où il se passe le moins d'choses, donc peut-être que le rythme va arriver...
Je pense que ça va mieux dans le chapitre 3, en effet. Mais peut-être est-ce dû aussi à l'excès d'imparfait ?

***

ses yeux brillaient d’une fulgurance inquiète : alors il partait s’affairer à travers le manoir, cherchant de l’ocre et du carmin pour ses esquisses, ouvrait les fenêtres, humait l’air froid, contemplait l’orée de la forêt qui verdissait son horizon et s’en retournait l’air grave.

J'ai dû relire, sûrement trop habitué à fulgurante inquiétude.. Ceci à part, tu n'as pas oublié des virgules ? Aussi, pourquoi "son" horizon ?

quand le ciel violaçait

Pas très joli, à mon avis

de chair et d’encre et de sous-bois qui me dressait sur son séant et me creusait des cernes.

J'aurais bien vu une virgule à la place du second "et". Pourquoi "son" séant ?

Il n’y avait pourtant que les mâtins pour attendre que la haute grille s’entrouvre.

Il m'a fallu du temps pour comprendre que tu suggères qu'il y aurait pu y avoir la femme

Dix jours eurent bientôt passé depuis sa dernière promenade.

Je n'aime pas trop cette phrase...

qui ne passait pas.

A mon avis, ça dénote.. Aussi, on retrouve passa en fin de paragraphe

et laissaient les feuilles mortes s’empaler sur les herbes tranchantes.

Ça me semble un peu excessif

Elle avait le museau allongé

Cela est important ? o_O Peut-être devrais-tu lui accorder carrément une phrase de description

Je n’avais pas retrouvé l’enthousiasme cependant : seule elle y parviendrait.

Il me semble que quelqu'un l'a déjà signalée

mais elle avait vraisemblablement dérapé : mon mollet était rouge mais

Répétition (je remarque au passage que tu  n'utilises pas "toutefois")

A peine eut-il franchi la grille que le chien venait à sa rencontre

L'imparfait me gêne.. Aussi, je me demande s'il ne contribue pas à ralentir le rythme, comme je le disais plus  haut

« La peste soit des chiens ! » éructa-t-il en cadenassant la grille et en boitillant vers le manoir.

Ça dénote avec l'image du personnage que je me suis faite. Il parait violent et d'un sale caractère, tout d'un coup

Je lui offrirais des vêtements, des étoffes légères qui la protègeraient du froid et qui la conserveraient du vif.


Conserver me semble un peu étrange.. Quant au vif, tu parles du vent ? On dirait un peu un lapsus

allongé sur le ventre au sommet d’un monticule rocheux

Pourquoi pas étendu ou simplement allongé ? Il y aurait une allusion quelconque ?

En ce qui concerne ce second chapitre, dans l'ensemble il a le même rythme que le premier, quoique bien sûr l'histoire évolue. Mais je trouve qu'il n'y a pas assez d'accroche, de suspense.
Aussi, encore quelque chose qui m'a gêné ; on dirait que le manoir est désert.. Si c'est le cas, ou au contraire, il faudrait le préciser quelque part.
Bien sûr, il y a beaucoup de points positifs, comme tes images, souvent très réussies

***

, la peau s’était ornée de larges plaques brunes

Pourquoi ne pas parler de croûtes, puisque tu évoques après une texture granuleuse ? Au début, j'imaginais un simple changement de couleur de la peau

 
La forêt s’était refusée à lui ; la montagne lui offrait le Verbe.

Tu veux parler de sa capacité à s'exprimer ?

faisaient tonner en son cœur une vertigineuse allégresse.

Cette allégresse qui tonne me gêne un peu

, les chevreuils courberaient l’échine devant son tableau.

J'ai trouvé ça un peu bizarre, outre le fait que ce soit dur à imaginer ; les chevreuils n'étant pas humains, ils n'ont pas les même codes. Peut-être demeureraient la queue basse ou baisseraient la tête.. Aussi, tableau me coupe soudain du texte pour m'imposer une scène de chasse mal peinte.. mais c'est personnel, je suppose xD

La nuit égrena ses songes de divin créateur.

Un peu dur à comprendre

Deux semaines passèrent. Il ne cherchait plus celle qui saurait le sauver : la rencontre avait enfin eu lieu.

Mmm, la nouvelle version de cette phrase est mieux, mais c'est un peu frustrant pour le lecteur, je pense. Il n'y aurait alors plus rien à chercher ? Tout est fini, résolu ?

, il l’avait senti grésiller sur son ventre.

Ah ! C'est en lien avec le moment où il avait dormi sur le ventre ?

On y surplombait la ville ; une centaine de toits de chaume se serraient au bord d’une rivière sale, c’était tout.

Qui se serraient ?

 
elle n’était pas des leurs.

Je ne trouve pas ce "elle" très clair

Qui serait-elle sinon, pour accueillir les étrangers si dénudée ?

La tournure de la phrase est un peu étrange, à mon avis

Le personnage principal gagne en personnalité au cours de ce troisième chapitre, quoiqu'il ne soit guère sympathique.. J'ai hâte de retrouver le chien éponyme

J'attaque le chapitre 4 plus tard =)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 27 décembre 2008 à 18:19:23

Bonsoir,

Je ne sais pas si je vais être d'une grande aide car déjà nombreux ont répondu à cette dernière partie. Mais bon je le fais tout de même.  :)

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des gouttes de froid lui coulaient le long du dos.

Il est mieux de dire "des gouttes froides".

Citer
Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens »,

Quelle est donc cette obsession avec les chiens ?

Citer
ils iraient sur la roche et rêveraient de sable.

Tu ne pourrais pas développer cette partie ?

Et pour finir, je ne comprends toujours pas les titres.   ><

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Comme tu peux le constater, je n'ai pas relevé beaucoup de passages et c'est peut-être parceque je trouve ce chapitre plus élaboré et plus constructif. En gros c'est celui que je préfère pour le moment, donc j'espère que la suite sera ainsi.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 27 décembre 2008 à 19:32:15

Ouh j'ai du boulot...


Citation de: ernya
Cette infidélité conspire à nous inspirer
joli, dommage que ça fasse pas un alexandrin :noange:
en+ j'ai trop galéré pour employer "conspirer", la construction est un peu difficile pour mes neurones xD


(j'crois que Verasoie m'a inspiré pour le côté très... narratif, en fait je sais pas. Vera ?)

Bon ben très bien comme lecture si t'as rien relevé de mauvais :P merci !

*

J'essaierai la sève pendant les grandes vacances.

J'retiens ton idée pour amener ses fantasmes.

Citation de: Spes
Je pense que ça va mieux dans le chapitre 3, en effet. Mais peut-être est-ce dû aussi à l'excès d'imparfait ?
ouais, j'voulais surtout pas donner l'impression d'une mauvaise nouvelle d'héroïc-fantasy où il se passe mille rebondissements par heure et où on a l'impression que toute l'histoire tient sur une journée... j'verrai comment modifier.


Citer
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ses yeux brillaient d’une fulgurance inquiète : alors il partait s’affairer à travers le manoir, cherchant de l’ocre et du carmin pour ses esquisses, ouvrait les fenêtres, humait l’air froid, contemplait l’orée de la forêt qui verdissait son horizon et s’en retournait l’air grave.
J'ai dû relire, sûrement trop habitué à fulgurante inquiétude.. Ceci à part, tu n'as pas oublié des virgules ? Aussi, pourquoi "son" horizon ?
où ça, des virgules qui manquent ? Heum pour le sens "sa perspective", "la vue que lui a de la forêt au loin", mais c'est vrai que c'est un peu contestable...


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quand le ciel violaçait
Pas très joli, à mon avis
d'acc

Citer
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de chair et d’encre et de sous-bois qui me dressait sur son séant et me creusait des cernes.

J'aurais bien vu une virgule à la place du second "et". Pourquoi "son" séant ?
Parce que erreur, lol. Hm j'voulais rendre l'effet d'accumulation en fait, des envies qui s'empilent... et ça donne un air vieillot aussi ce genre de tournures.


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Il n’y avait pourtant que les mâtins pour attendre que la haute grille s’entrouvre.

Il m'a fallu du temps pour comprendre que tu suggères qu'il y aurait pu y avoir la femme
ok j'éclaircirai


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Dix jours eurent bientôt passé depuis sa dernière promenade.

Je n'aime pas trop cette phrase...
ok, ernya non plus je crois, je chercherai autre chose


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qui ne passait pas.

A mon avis, ça dénote.. Aussi, on retrouve passa en fin de paragraphe
ok j'aviserai


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et laissaient les feuilles mortes s’empaler sur les herbes tranchantes.
Ça me semble un peu excessif
ah... zut :-X


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Elle avait le museau allongé
Cela est important ? o_O Peut-être devrais-tu lui accorder carrément une phrase de description
j'préfère que la description vienne par petits bouts au fil des chapitres en fait... ouais c'est important, enfin un peu.


Citer
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Je n’avais pas retrouvé l’enthousiasme cependant : seule elle y parviendrait.

Il me semble que quelqu'un l'a déjà signalée
ouip j'vais changer


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mais elle avait vraisemblablement dérapé : mon mollet était rouge mais

Répétition (je remarque au passage que tu  n'utilises pas "toutefois")
ouais c'est vrai, je l'économise pour les moments où il alourdit pas trop... mais là va falloir que j'change en tout cas


Citer
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A peine eut-il franchi la grille que le chien venait à sa rencontre

L'imparfait me gêne.. Aussi, je me demande s'il ne contribue pas à ralentir le rythme, comme je le disais plus  haut
ouais pas faux... mais "vint" c'est plus cassant, avec "venait" on l'imagine arriver de loin et se rapprocher, non ?


Citer
Citer
« La peste soit des chiens ! » éructa-t-il en cadenassant la grille et en boitillant vers le manoir.

Ça dénote avec l'image du personnage que je me suis faite. Il parait violent et d'un sale caractère, tout d'un coup
oui il est un peu comme ça aussi... mais ouais, il faudrait que je le sous-entende déjà avant pour que ça paraisse plus cohérent.


Citer
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Je lui offrirais des vêtements, des étoffes légères qui la protègeraient du froid et qui la conserveraient du vif.


Conserver me semble un peu étrange.. Quant au vif, tu parles du vent ? On dirait un peu un lapsus
ouais, normal ; non c'est le... vif, le vivant.


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allongé sur le ventre au sommet d’un monticule rocheux

Pourquoi pas étendu ou simplement allongé ? Il y aurait une allusion quelconque ?
non lol, mais c'est vrai que c'est lourd...


Citer
En ce qui concerne ce second chapitre, dans l'ensemble il a le même rythme que le premier, quoique bien sûr l'histoire évolue. Mais je trouve qu'il n'y a pas assez d'accroche, de suspense.
Aussi, encore quelque chose qui m'a gêné ; on dirait que le manoir est désert.. Si c'est le cas, ou au contraire, il faudrait le préciser quelque part.
Bien sûr, il y a beaucoup de points positifs, comme tes images, souvent très réussies
ok ouais il est désert, y a juste lui.


Citer
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, la peau s’était ornée de larges plaques brunes

Pourquoi ne pas parler de croûtes, puisque tu évoques après une texture granuleuse ? Au début, j'imaginais un simple changement de couleur de la peau
c'est plutôt des plaques quand même... enfin oui, ça pourrait être des croûtes qui, quand elles tombent, laissent apparaître des plaques.


Citer
La forêt s’était refusée à lui ; la montagne lui offrait le Verbe.

Tu veux parler de sa capacité à s'exprimer ?
non plutôt le Verbe genre la Genèse, le pouvoir de la parole, "Que la lumère soit > et la lumière fut"

Citer
Citer
faisaient tonner en son cœur une vertigineuse allégresse.

Cette allégresse qui tonne me gêne un peu
oui pareil, j'espérais que ça passe inaperçu pour la première version :P

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Citer
, les chevreuils courberaient l’échine devant son tableau.

J'ai trouvé ça un peu bizarre, outre le fait que ce soit dur à imaginer ; les chevreuils n'étant pas humains, ils n'ont pas les même codes. Peut-être demeureraient la queue basse ou baisseraient la tête.. Aussi, tableau me coupe soudain du texte pour m'imposer une scène de chasse mal peinte.. mais c'est personnel, je suppose xD
là en fait, chaque élément de la forêt est un peu humanisé, non ? j'me souviens plus du passage juste avant mais je crois


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Citer
La nuit égrena ses songes de divin créateur.

Un peu dur à comprendre
mouip


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Deux semaines passèrent. Il ne cherchait plus celle qui saurait le sauver : la rencontre avait enfin eu lieu.

Mmm, la nouvelle version de cette phrase est mieux, mais c'est un peu frustrant pour le lecteur, je pense. Il n'y aurait alors plus rien à chercher ? Tout est fini, résolu ?
ouais j'ai vu la première version et j'ai vite fait cherché un truc pour corriger, avant de partir, mais j'dois trouver un truc mieux.


Citer
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, il l’avait senti grésiller sur son ventre.

Ah ! C'est en lien avec le moment où il avait dormi sur le ventre ?
oui c'est à ce moment-là qu'il pense

Citer
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On y surplombait la ville ; une centaine de toits de chaume se serraient au bord d’une rivière sale, c’était tout.

Qui se serraient ?
heu... non ? si ?


 
Citer
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elle n’était pas des leurs.

Je ne trouve pas ce "elle" très clair
j'vais voir


Citer
Citer
Qui serait-elle sinon, pour accueillir les étrangers si dénudée ?

La tournure de la phrase est un peu étrange, à mon avis
en fait il veut pas piger que c'est une pute... ouais.



Le chien, tu le retrouveras :P merci beaucoup pour tous ces commentaires.


*

Citation de: Matthieu
Citer
des gouttes de froid lui coulaient le long du dos.

Il est mieux de dire "des gouttes froides".
ouais j'sais bien mais là je préférais comme ça... ça passe mal ?


Citer
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Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens »,

Quelle est donc cette obsession avec les chiens ?
tu verras bien :noange:


Citer
Citer
ils iraient sur la roche et rêveraient de sable.

Tu ne pourrais pas développer cette partie ?
j'peux pas trop en dire en fait ^^


Citer
Et pour finir, je ne comprends toujours pas les titres.   ><
ça viendra


Merci à toi aussi ! j'poste la suite et fin demain (chap 5 et 6).
Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 27 décembre 2008 à 19:46:04
Citer
Citer
Dix jours eurent bientôt passé depuis sa dernière promenade.
Je n'aime pas trop cette phrase...
ok, ernya non plus je crois, je chercherai autre chose
en fait, c'est un problème de rythme ou de construction
je pensais que la phrase serait plus longue en fait
et le "eurent", c'est pas très beau

Citer
Citer
Qui serait-elle sinon, pour accueillir les étrangers si dénudée ?
La tournure de la phrase est un peu étrange, à mon avis
en fait il veut pas piger que c'est une pute... ouais.
j'avais moins aussi tiltée à la lecture
pas pour le sens pour la construction
peut-être mettre une virgule après "étrangers" ? comme ça, ça ferait un effet hâché qui pourrait ... hm... mimer son incrédulité ?

Citation de: Matthieu
Citer
des gouttes de froid lui coulaient le long du dos.

Il est mieux de dire "des gouttes froides".
ouais j'sais bien mais là je préférais comme ça... ça passe mal ?
perso, ça rend mieux "de froid", déjà ça change, et puis l'idée n'est pas la même, non ? on insiste plus sur le froid et non pas sur la goutte, comme ça



Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 27 décembre 2008 à 21:17:30

Citation de: ernya

Citer
perso, ça rend mieux "de froid", déjà ça change, et puis l'idée n'est pas la même, non ? on insiste plus sur le froid et non pas sur la goutte, comme ça

Oui l'idée n'est pas la même, ce n'est qu'un simple petit avis. De toute manière seul l'auteur est maître de ses écrits.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 28 décembre 2008 à 14:56:49
J'veux goûter de la sève OO

Citer
(j'crois que Verasoie m'a inspiré pour le côté très... narratif, en fait je sais pas. Vera ?)

Sais pas :D mais si tu le dis, j'en suis très flattée ^^



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Et ne me touchez pas ! Partez ! » Et elle referma violemment la porte.
Répétition de "et". Si tu dois en enlever un, je te conseillerais de conserver le premier parce qu'il fait très spontané dans la phrase.

Citer
Il la désarçonna tout à fait en l’étreignant soudain, amoureux et brutal, entre les piliers d’écorce et dans les fougères glacées de rosée. Elle ignorait que la forêt enthousiasmait l’homme à ce point. « Inspire-moi ! » gémissait-il en débouclant sa ceinture. Pauline avait toujours en tête le tintement des pièces sur le plancher. Elle le comblerait pour sa somme. Les maisons de passe, voilà le dernier bastion de l’honneur en ce monde déclinant. L’homme avait fait tomber ses chausses. Alors elle l’inspira du mieux qu’elle put.
J'aime bien ce passage, je trouve que la façon dont il est écrit retranscrit bien la lassitude de Pauline... même si je saurais pas dire en quoi.

Bon pour le reste je n'ai rien à dire, les autres ont déjà relevé pas mal de passages ^^ j'aime toujours, en tout cas. ^^
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 15:42:49
J'pensais que Matthieu n'aimerait pas trop le côté cru, mais c'est passé finalement !

Bon allez, avec celui-là tout s'éclaire (?)





[Chapitre quatre. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27422#msg27422)]






Chapitre 5
Neb-ta-djeser



Il filait dans le désert, flèche d’onyx entre les dunes pâles. La course sous les étoiles. Il rôdait autour des enceintes de pierre érigées par l’homme superstitieux. Il était assis sur le temple, oreilles dressées et queue pendante, or et noir, il sentait la pierre sous son ventre. Que dorment les morts. Il était le seigneur de ces chapelles éparpillées. Il partait quelquefois en quête d’une proie facile ou d’un point d’eau, mais toujours revenait veiller. L’eau. Et le désert et le vent, le vent qui charriait du sable et enlisait les temples, et le désert silencieux, tout-puissant, les draps froissés des dunes et le ciel clair hors du temps. L’eau de ser Vent, tel était son nom, sous les étoiles, sous celles avaient connu Pharaon. Elles avaient connu ceux qui avaient bâti des pointes de pierre pour décrocher les diamants de la Voûte. Elles avaient connu Akhetaton et son culte du soleil, et les Hyksôs et les Peuples de la mer, et les Perses et les Grecs, Romains et Arabes, Français et Anglais, tous avaient dû le scintillement de leurs lames au soleil de Kemet. Mais les étoiles du désert, l’eau qui sourd et le vent qui polit les dunes, et les chiens sauvages piétinant le silence à grandes foulées d’encre, tous ces sujets avaient acquis l’immortalité en s’abreuvant au grand Nil indolent. Aussi l’écrivain se rêvait-il l’un d’eux, lui l’affamé d’une éternité que sa muse accordait avec peine.

La blanche lumière de l’hiver s’étalait sur les draps. Il se réveilla dans l’après-midi, les traits tirés, encore tourmenté par l’invocation nocturne. Pauline explorait le manoir. Elle ne semblait pas attirée par la bibliothèque ; sans doute considérait-elle que l’écriture surgissait du néant et qu’une muse n’avait qu’à énoncer la nature pour renouveler le verbe. Le soir tomba trop vite ; les bûches craquèrent, puis le lit, et il n’y eut plus rien que le silence. Les caves restèrent muettes.

L’écrivain se leva à l’aube, resta enfermé dans la bibliothèque toute la matinée et une partie de l’après-midi. Quand il rejoignit sa muse, son visage rayonnait. « Nous partons. Une autre promenade en forêt, hors de la forêt. » Comme à son habitude, la grille se referma en grinçant. L’écrivain et la muse quittaient la bâtisse sombre, ils n’y reviendraient plus.

Les passions incendiaient son esprit, assoiffaient sa raison et brûlaient son bas-ventre ; elles lui donnaient le pas vif : il courait presque lorsqu’ils franchirent le gué. Comment rallierait-il l’autre rive quand les prémices du printemps feraient enfler la rivière ? La question laissa un instant sa timide empreinte sur la grève de galets, puis d’autres déferlèrent et la noyèrent tout à fait. Les ruines hautes et dignes du cimetière furent bientôt devant eux. Il avait toujours songé à emmener la muse sur les hauteurs de la montagne, mais la proximité de la roulotte et la probable présence de Mel le gênait. Et ne rêvait-il pas plus de tombeaux que de montagne, en vérité ? Pauline parut acquiescer à ses pensées et se tourna vers l’imposant portail mangé par la rouille. Il la suivit, sachant que d’autres pulsions animaient leurs jambes ; Inpou au ruban d’or les observait de l’intérieur.

Le crépuscule couturait l’horizon à vif de cicatrices rougeâtres. Des touffes d’herbe jaune poussaient entre les tombes et des plaques de mousse recouvraient parfois les épitaphes fendillées. La muse flânait entre les sépultures, désœuvrée, résignée. Lui la prit par la main et lui susurra : « C’est ici que tu te sens reine, n’est-ce pas ? c’est ici que tu te sens muse. » Pauline hocha la tête. Elle s’était accoutumée à l’idée que « muse » était pour lui un équivalent de « femme » ; de « pute ». Il avait jeté le prix de quatre clients ordinaires. Une fois dans la roulotte, une autre dans la forêt, une troisième au manoir. Cette étreinte serait la dernière et elle le quitterait, serait livrée à son sort, à ces plaques sombres qui parcheminaient son cou. Elle pourrait arpenter les bas-fonds de la ville à la recherche d’un maître-tatoueur ; il ferait disparaître le mal sous des dragons incarnats. Elle resterait chez lui pour s’acquitter de sa dette puis reviendrait chez Mel. En un mois, ce mauvais client serait une ancienne histoire. Ainsi parvenait-elle à se convaincre d’avenir. Une douce hâte la gagnait presque. Pour l’heure, il lui pressait la main.

« Je veux que tu m’inspires, Muse. J’ai soif de fulgurance, aide-moi, transperce-moi comme je te transperce. » Ainsi murmurait-il dans son oreille. Il l’avait allongée sur un édicule de granite ; elle était nonchalante, le regard perdu dans les étoiles naissantes. Il manquait de la mordre à chaque embrassade, redoublait de hargne, griffa ses cuisses en lui ôtant son porte-jarretelle. Ses paroles se heurtaient et se durcissaient à mesure que l’ombre dévorait le cimetière. Lui, tandis qu’il la meurtrissait d’ardeur, sentait naître des sanglots dans sa gorge. L’angoisse le rongeait, il ignorait maintenant pourquoi il l’appelait « Muse » ; c’était un réflexe d’un autre âge, un temps lointain dont il avait tout oublié. Tout au plus se souvenait-il de fougères et d’écorce, de désespoir et d’amertume, d’une odeur d’encre et de papier. De l’inspiration, une femelle à ses côtés, quoi ? Son esprit retentissait désormais d’un chapelet d’aboiements, sa mémoire exsudait des courses sous les étoiles, il avait en tête des tombes silencieuses et des faucons de grès. L’écrivain s’était enfui de ce corps possédé ; il n’y avait plus là que crocs, dieu et folie. Et puis elle s’effraya et le repoussa.

Elle recula et lui donna des coups, il grogna ; sembla se reprendre : « Pardon, Muse, pardon, sanglotait-il déjà, je ne sais plus, ce n’est pas ça, j’ai oublié mes projets, que dois-je faire avec toi ? dois-je t’ouvrir la bouche et les yeux et emplir ton corps d’un bitume brûlant ? Je dois t’aider, Muse, il me faut t’accompagner dans l’au-delà, c’est ma tâche – je ne sais plus. Rappelle-moi, que dois-je faire ? » Elle avait sauté du tombeau et le contemplait, indécise et apeurée.

« Je sais ! tout me revient, je dois te plonger dans le natron pour que ton corps ne pourrisse pas, je dois te revêtir d’étoffes légères, ô Muse, ma Muse, ma belle, je vais te couvrir de lin pour l’éternité, j’ai besoin de bandelettes et de scarabées de turquoise pour procéder à l’embaumement, Khenty-seh-netjer, je suis Celui qui préside au pavillon divin, le sais-tu ? ô Muse, où trouver tout ce lin… »

Sa voix était devenue rauque et tremblante. Elle, reculait. « Je dois trouver un animal et le dépecer, je placerai à tes côtés une peau morte qui absorbera les sortilèges des démons. Imy-out, Celui qui détient les bandelettes, je le suis en vérité, je dois te parer de rubans de lin. Non, ne fuis pas, la momification t’apportera l’éternité, où cours-tu ? Ne sais-tu pas que la montagne est mienne ! Tépy-djouf, c’est mon nom ! Celui qui est juché sur sa montagne, qu’espères-tu en la gravissant, si ce n’est venir à ma rencontre ? Reste à mes côtés, ô ma Muse, ta crinière fauve éveille en moi un désir sans fond, je dois veiller sur toi. Ne t’enfuis pas, où irais-tu ? c’est ici que je t’ai emmené, Muse, ou qui que tu sois, c’est ici que tout doit s’achever pour que tout recommence, tu le comprends ; car je suis… »

Il se retint de rire, tout s’éclaircissait enfin, c’était simple comme l’eau, comme la caresse du vent. « Car je suis Neb-ta-djeser, le Seigneur de la nécropole ! Inpou dont le nom allie l’eau et le vent et le désert, une plume, une vague et la pierre, c’est ton nom, Inpou le chien sauvage, celui qui accompagne les morts dans l’autre monde et protège leurs tombes, le dieu cynocéphale que vénère la sage Kasa sur les rivages noirs ! Je ne suis plus meurtri par les langues d’étrangers, j’ai quitté les lambeaux de chair morte de ce nom que m’ont attribué les Grecs, je ne suis plus l’Anubis désincarné, je suis Inpou à nouveau ! »

Elle avait fait demi-tour et s’était enfuie à travers les tombes. Courait à corps perdu. Qu’avait-elle compris des ténèbres du cimetière ? Fuyait-elle la folie ou la colère divine ? Elle poussa un cri, elle ne courait plus. Les chiens encerclaient la nécropole, efflanqués, les oreilles dressées, tapis dans l’encre de la nuit, menés par leur souverain.







CHAPITRE SIX (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27492#msg27492)


Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 28 décembre 2008 à 16:00:18
alalalala


c'est le chapitre ( pour l'instant) que j'aime le plus
super bien écrit, prenant, j'ai pas du tout décroché
la Muse, l'écrivain, et tout ce qui se rattache à l'Egype... :coeur:
c'est marrant, j'ai l'impression que ce texte est... hum.. une continuation de tes précédents textes sur la même idée, mais que celui-ci est plus riche, plus complexe, plus pensé ?


sinon quelques remarques rapides:

- au début, je trouve qu'il y a trop de "il"

Mais les étoiles du désert, l’eau qui sourd et le vent qui polit les dunes, et les chiens sauvages piétinant le silence à grandes foulées d’encre, tous ces sujets de Kemet avaient acquis l’immortalité.
j'aime pas la fin de cette phrase, elle jure avec le reste qui est très bien écrit

 Il la suivit, sachant que d’autres pulsions animaient leurs jambes ; Inpou au ruban d’or les observait de l’intérieur.

là j'aime bien la construction, avec le point-virgule et puis la fin qui intrigue

L’écrivain s’était enfui de ce corps possédé ; il n’y avait plus là que crocs, dieu et folie. :coeur:
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 16:04:58


Ah cool, j'avais peur que ça paraisse trop rapide, son discours, et qu'on ait l'impression que je balance toutes les clefs d'un coup, comme ça, pour m'en débarrasser...

Oui c'est peut-être aussi parce que "Kemet" est deux fois en deux-trois lignes, j'vais chercher quelque chose de mieux.

Trop de "il" pour le passage avec le rêve de chien ? ok

Bon ben je posterai plus tard le dernier chap, il est assez court puisque c'était censé être un épilogue au départ. Faut que je le revoie par contre...

merci de ta promptitude :P
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 28 décembre 2008 à 16:22:29
Comme ernya, je trouve qu'on revoit dans ce texte des idées qui étaient dans d'autres de toi, mais qu'ici elles sont plus abouties, et aussi qu'on les suit mieux. Ma non-connaissance de la mythologie égyptienne ne m'a pas du tout gênée pour la compréhension. Je veux pas non plus dire que tu redondes les thèmes, hein, mais bien qu'on reconnaît ta marque dedans ^^ C'est ce texte que je préfère de toi.
 Et puis le "rôle" final que devait/doit tenir la Muse, trop bien <3, je m'y attendais pas du tout même si j'avais deviné (normal ^^) un rapport avec l'Egypte.

Citer
La blanche lumière de l’hiver dévalait sur les draps.
Je suis pas sûre qu'on puisse dévaler sur quelque chose, on dévale bien quelque chose, mais...

Citer
« C’est ici que tu te sens reine, n’est-ce pas ? c’est ici que tu te sens muse. » Pauline hocha la tête. Elle s’était accoutumée à l’idée que « muse » était pour lui un équivalent de « femme » ; de « pute ».
Mdr, bien placé :D

Citer
Il manquait de la mordre à chaque embrassade, redoublait de hargne, griffa ses cuisses en lui ôtant ses porte-jarretelles.
On peut mettre "porte-jarretelles" au pluriel? Ça me paraît bizarre, enfin, j'ai pas vérifié...

Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 16:47:19

Peut-être parce que c'est un texte plus long, et qu'en plus quand c'est plus court c'est souvent des poèmes... ? ça m'fait plaisir que ça vous plaise.


ah oui pour dévaler je regarderai la construction dans un dico. Mais juste là, oui, "je dévale la colline". Et du coup "dévalait les draps" c'est pas top... arf.


Corrigé, pour le porte-jarretelle :-¬? je vous demanderai la prochaine fois que j'aurai ce genre d'hésitations :mrgreen:


J'ai hâte de poster le dernier, je suis content de la toute fin, enfin faut que je la retouche encore un peu. Il fait office d'épilogue en fait...
Bon, les titres s'éclairent maintenant :mrgreen: si vous aviez tapé "tépy-djouf" sur google, ça vous aurait sorti toute l'explicitation. C'eût été ballot...
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 28 décembre 2008 à 18:07:10

Bonsoir,

Citer
Il partait quelquefois en quête d’une proie facile ou d’un point d’eau, mais toujours revenait veiller.

J'ai relu pas mal de fois cette phrase et à chaque fois la fin me dérange. Il faudrait peut-être la modifier.

Citer
Et le désert et le vent,

La transition est assez bizarre. Je ne sais pas vraiment si on peut enchaîner ainsi.

Citer
L’eau de ser Vent,

Je sais pas pourquoi ici mais je sens un jeu de mots "servent" ? et ne comprends pas du tout.

Citer
tous avaient dû le scintillement de leurs lames au soleil de Kemet.

J'ai un peu de mal à comprendre là, mais sûrement la fatigue. "tous avaient dû" ?

Citer
les épitaphes fendillées.

Tu peux m'epliquer ?  :)

Citer
de « pute ».

Non, par pitié ! pauvre muse !  :'(

Citer
transperce-moi comme je te transperce. »

Euh, vouiche, je préfère pas imaginer.  :D

Citer
je suis Celui qui préside au pavillon divin, le sais-tu ? ô Muse, où trouver tout ce lin… »

C'est volontaire la majuscule. Si oui, je peux comprendre, mais c'est pas plutôt en poésie qu'on utilise ce genre de choses ?

Citer
Muse, ou qui que tu sois, c’est ici que tout doit s’achever pour que tout recommence, tu le comprends ; car je suis… »

Le début de la fin. Beau !

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Je ne sais plus trop lequel je préfère maintenant. Je crois que je vais attendre la fin. Certains passages sont très poétiques, surtout dans cette partie.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 18:17:27
Citation de: Matthieu
Citer
Il partait quelquefois en quête d’une proie facile ou d’un point d’eau, mais toujours revenait veiller.

J'ai relu pas mal de fois cette phrase et à chaque fois la fin me dérange. Il faudrait peut-être la modifier.
c'est l'absence de sujet explicite ? de "il" ?


Citer
Citer
Et le désert et le vent,

La transition est assez bizarre. Je ne sais pas vraiment si on peut enchaîner ainsi.
ouais...? pourquoi pas ? c'est à cause du point ?

Citer
Citer
L’eau de ser Vent,

Je sais pas pourquoi ici mais je sens un jeu de mots "servent" ? et ne comprends pas du tout.
non en fait c'est pour dire que dans son nom, il y a l'eau, le désert et le vent, donc dans notre langue ça donnerait quelque chose de ce genre.


Citer
Citer
tous avaient dû le scintillement de leurs lames au soleil de Kemet.

J'ai un peu de mal à comprendre là, mais sûrement la fatigue. "tous avaient dû" ?
ouais ça accroche on a plus souvent l'habitude de "je dois faire quelque chose", là c'est "je dois un effet à une cause" (en mieux dit enfin c'est l'idée)


Citer
Citer
les épitaphes fendillées.

Tu peux m'epliquer ?  :)
les tombes sont à l'abandon, elles se fendillent, les lézardes courent sur les épitaphes... ?


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de « pute ».

Non, par pitié ! pauvre muse !  :'(
c'est elle qui le dit :mrgreen:


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transperce-moi comme je te transperce. »

Euh, vouiche, je préfère pas imaginer.  :D
trop tard :P


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je suis Celui qui préside au pavillon divin, le sais-tu ? ô Muse, où trouver tout ce lin… »

C'est volontaire la majuscule. Si oui, je peux comprendre, mais c'est pas plutôt en poésie qu'on utilise ce genre de choses ?
là c'est pour rappeler le caractère... divin. Genre c'est la majuscule de "Notre père... que Ton nom soit sanctifié".


je poste la fin alors...

(arf, c'était bien, cette période de postage et juste relectures...)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 19:10:53
Et voilà, suite et fin.





[Chapitre cinq. (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1714.msg27478#msg27478)]






Chapitre 6
Polumnia



L’écrivain n’avait pas bougé. Il assistait à l’avancée lente des chiens sauvages, un sourire goguenard aux lèvres. « N’aie pas peur, cria-t-il, ils ne nous feront rien. Ils veilleront. Je dois t’embaumer, Pauline, ô ma Pauline, que tu vives à nouveau et pour l’éternité, nous ferons des courses dans le sable, et les étoiles bienveillantes brilleront pour nous. »

Les chiens avaient pénétré dans l’enceinte du cimetière. L’un d’eux allait devant, une laisse dorée pendant au cou. L’homme répéta sans comprendre : il était le noir Inpou, le dieu à tête de chacal, gardien des nécropoles, il présidait à la cérémonie d’embaumement. Ce n’était plus l’écrivain qui parlait alors. L’écrivain n’était plus.

Le chien à la laisse d’or avançait toujours, alors que ses frères s’étaient arrêtés. L’homme debout au-dessus des tombes partit à reculons, balbutiant d’abstruses formules incantatoires, trébucha et tomba lourdement à terre. Il ne quittait pas des yeux le chien qui avançait. Des hélépoles de terreur venaient à bout des faibles remparts de sa raison, abattaient guerriers d’effroi et salves de flèches brûlantes sur son esprit torturé. Il n’entendait plus rien, ne sentait que l’haleine chaude de l’animal et le parfum du natron, gardait en bouche le goût du sang. Au loin, dans les ombres, les chiens se jetaient sur Pauline. Ses oreilles bourdonnaient abominablement. Bientôt, il ne connut plus que les brumes étouffantes de son cauchemar.

Le chien lui aboyait de cinglantes vérités. « Héry-séshéta », entendait-il résonner dans sa tête, et le reproche divin lui enfonçait un glaive dans le cœur. « Héry-séshéta », le chien ne cessait d’arguer ainsi, montrant les crocs. Ses prunelles d’onyx étaient rehaussées de khôl doré. L’homme bégayait dans les ténèbres, respirant fortement, des hoquets dans le souffle, transperçant la chape de silence de cris âpres.

Des ruisseaux de transpiration dans mon dos. L’effroi me broyait le cœur. Toutes les singulières réflexions qui me hantaient depuis quelque temps se heurtaient avec rage à ma raison, j’avais mal, je ne savais y résister longtemps, j’avais si mal… je regrettais tant la forêt aux douces plaintes… des aboiements étouffés m’enflammaient la gorge.

Un ultime sursaut de fierté le remit sur ses jambes. Des mots gorgés d’audace et de fiel se bousculaient dans son esprit. « Tu n’es pas Inpou ! hurla-t-il. Tu n’es pas même Anubis le renommé ! Tu es un démon qui fait bouger le cadavre d’un chien, tu as tué un sujet d’Inpou pour mettre au point ta ruse ! Que m’importent tes intentions, puisque je suis celui que tu cherches ! Je suis Pharaon d’autres contrées, Inpou parle à travers moi ! Je suis Pharaon d’Occident, et Inpou m’inspire ces paroles ! » Il marqua un silence, comme si ces brusques propos lui rappelaient une vie antérieure. « Qui es-tu pour abaisser l’incarnation d’Inpou sur Terre à ce blessant second rôle ? Je ne suis pas Héry-séshéta ! C’est un démon fielleux qui parle ainsi, je ne suis pas l’humain qui préside au rituel d’embaumement, je suis le haut seigneur des embaumeurs et de toute chose en ces rives, je suis Pharaon de l’Ouest, et Inpou parle par ma bouche ! »

Et l’écho sans fin de ses cris. La rumeur des mausolées le fit sombrer dans la folie. Il voyait les chiens qui s’approchaient, leurs crocs jaunis par les millénaires. Les sujets d’Inpou avaient tous été conviés en cette nuit où leur chef rendait justice, condamnait les félons et les fous violeurs de sépultures. Du sang gouttait sur la terre ; Pauline. Après sa chute dans les gorges de la démence, il perdit toute notion du temps. Le sable coulait sur lui, il contemplait les étoiles vives. Au loin, sous la voûte, des chiens hurlaient. Lui mangeaient-ils les entrailles ? N’y eut-il bientôt plus que des os blanchis où se nichaient les scorpions ? Etait-ce seulement lui ? De longs rubans de soie lui frôlaient la joue. C’était une femme, elle le trouvait enfin. Devaient-ils franchir le seuil étincelant de l’au-delà pour que les démons qui les hantaient prennent enfin pleinement possession des carcasses de chair ? S’unir, enfin. Il était Inpou et elle était – non, non c’était bien l’autre, ce n’était pas Pauline mais sa toute proche, sa sœur d’âme, Polymnie la poétesse originelle ; et les doigts de la Muse jouaient doucement avec le pelage ensanglanté de son amant. Inpou gisait là, sa toison sombre de mort toute poisseuse, l’or de ses yeux érubescent de larmes de sang. Le chien sauvage agonisait dans les bras d’ivoire de sa Muse. Polymnie le berçait de ses chants suaves. Les ténèbres portèrent la mélopée jusqu’aux roulottes et aux rives de fange, et au manoir éteint, et jusqu’à la canopée qui, à la toute fin de son souffle dernier, frissonna. Polymnie berçait tristement son amant moribond. Elle avait des fleurs dans les cheveux et elle était couronnée de perles ; elles luisaient doucement et piquetaient l’horizon diffus du mourant d’étoiles faiblissantes. Polymnie chantait et regardait chagrinée le voile d’ombre ternir les yeux de son amant. L’air était frais, Polymnie chantait dans la nuit. Dans la forêt, le printemps à l’affût. Et la voix de la Muse s’attardait sur les cimes ; roche et feuillage, le toit d’un lupanar. Polymnie pleurait. Chants nuptiaux ou chants funèbres, nul ne le sut.











Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 28 décembre 2008 à 19:28:15
Bon. la fin, je suis pas sûre d'avoir tout pigé: hum... le truc avec Polymnie... il ya un parallèle avec Pauline, ok. Mais... hum... j'ai vraiment pas compris... parce qu'on finit sur elle, mais, en gros, on sait pas trop d'où elle sort et puis lui comme il crève..., bref, explique-moi là


sinon, j'ai rien relevé qui m'ai gêné à part les point d'exclamation qui sont un peu trop beaucoup nombreux :mrgreen:

il ya de belles phrases un peu partout surtout vers la fin comme les "gorges de la démence" tout ça^^


hum... et la narration du coup, c'est un peu pareil.... le "je" et le "il" s'est encore obscur pour moi :-[
c'est dû à tous ses délires ?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 28 décembre 2008 à 19:29:59

Je n'ai pas encore lu la dernière partie mais tiens à répondre à tes questions.

Citer
c'est l'absence de sujet explicite ? de "il" ?

Peut-être, je peux la lire et la relire, ça ne passe toujours pas.

Citer
ouais...? pourquoi pas ? c'est à cause du point ?

Oui car trop rapproché mais je peux bien comprendre que c'était pour donner un certain effet.

Citer
les tombes sont à l'abandon, elles se fendillent, les lézardes courent sur les épitaphes... ?

Oui je préfère, mais cela peut paraître pour certains lecteurs un peu trop compliqué.

Voilà, à pluche pour la chouite !

Titre: Re : Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 19:37:16

merci pour les précisions Matthieu


Citation de: ernya
Bon. la fin, je suis pas sûre d'avoir tout pigé: hum... le truc avec Polymnie... il ya un parallèle avec Pauline, ok. Mais... hum... j'ai vraiment pas compris... parce qu'on finit sur elle, mais, en gros, on sait pas trop d'où elle sort et puis lui comme il crève..., bref, explique-moi là
alors... en fait, c'est peut-être Pauline (proximité prénom, et puis muse tout ça, c'est pour ça qu'il avait dit "c'est tellement proche de ton vrai nom" quand ils se rencontrent), ou alors elle s'est fait bouffer par les chiens et c'est une illusion d'agonisant, ou alors ils avaient besoin de mourir pour que leurs secondes personnalités (Anubis, Polymnie) puissent émerger et Polymnie est bien là.


Citer
sinon, j'ai rien relevé qui m'ai gêné à part les point d'exclamation qui sont un peu trop beaucoup nombreux :mrgreen:
ouais quand il a son dernier sursaut... c'est pour rendre le côté incantatoire.



Citer
hum... et la narration du coup, c'est un peu pareil.... le "je" et le "il" s'est encore obscur pour moi :-[
c'est dû à tous ses délires ?
ben y a juste un petit paragraphe de 1ère personne, c'était pour que son ancienne personnalité ait elle aussi un dernier sursaut avant de sombrer dans l'autre. La seconde personnalité, celle d'Anubis, gagne du terrain tout au long de l'histoire, c'est pour ça que je raconte de moins en moins au "je".

oilà...

alors, finalement ?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 28 décembre 2008 à 20:03:22
ok.
Je croyais que c'était plus compliqué en fait :P
c'est bon

par contre... hum... je trouve que la dernière phrase n'en jette pas assez, m'fin bon, je pousse un peu là :P


pour l'ensemble, je te redis ça plus tard, quand j'aurais tout relu à la suite, parce que le début, j'en garde pas un bon souvenir mais peut-être qu'en relisant, je verrais des trucs que j'avais pas vu et tout et tout
en gros j'aime beaucoup dès qu'il y a Pauline :mrgreen:

pour les changements de  points de vue, je crois que c'est pas très clair, peut-être que s'il fallait que tu revois vraiment un truc ça serait ça, parce que pour le moment, ça me semble très arbitraire ( or, ça ne l'est pas si j'ai bien compris)
là encore la relecture aidera peut-être
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 28 décembre 2008 à 20:30:43
J'aime bien la fin :D Je relirai tout à la suite et j'éditerai pour commenter plus en détail ^^ Pour Polymnie, je me souvenais de la phrase qu'il avait dite à Pauline, quelque chose comme "j'étais pas tombé loin pour ton nom" ^^ (enfin, j'ai déformé exprès parce que je me souviens plus du tout en détail).

Sinon j'aime bien l'opposition chants nuptiaux / chants funèbres.

Edit :
Citer
Des hélépoles de terreur venaient à bout des faibles remparts de sa raison, abattait guerriers d’effroi et salves de flèches brûlantes sur son esprit torturé.
abattaient?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 28 décembre 2008 à 21:11:23

Citer
L’homme debout au-dessus des tombes partit à reculons, balbutiant d’abstruses formules incantatoires

J'aimerais que tu me dises le sens exact de "balbutiant" ici, car je ne comprends vraiment pas l'enchaînement.

Citer
Des hélépoles de terreur venaient à bout des faibles remparts de sa raison,

Sens de "hélépoles" ?

Citer
la chape de silence de cris âpres.

"du silence", "des silences"... ? peut-être à reformuler.

Citer
Les ténèbres portèrent la mélopée

Tu parles d'un chant ici, non ? j'aime pas trop l'utilisation du verbe "porter" ici.

-----------------------------------

Dans l'ensemble des chapitres de ce texte je crois que le quatrième et cinquième sont les meilleurs. Peut-être est-ce mon côté poétique qui me fait dire ça... mais bon, et si je devais développer un peu plus, je crois qu'il faille que je relise le tout, tranquilement, comme les autres.

Ah et j'oubliais, "les titres" : il ne faut pas essayer de faire compliquer, sauf s'il on explique de quoi il est question dans un texte.

Un titre compliqué, ok, ceci le rend mystérieux, mais plusieurs à la suite...le lecteur va s'embrouiller !

Voilà qui je pense est le plus problématique dans la globalité de ce texte.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 28 décembre 2008 à 21:26:59
Citation de: Matthieu
Citer
L’homme debout au-dessus des tombes partit à reculons, balbutiant d’abstruses formules incantatoires

J'aimerais que tu me dises le sens exact de "balbutiant" ici, car je ne comprends vraiment pas l'enchaînement.
il s'embrouille, il bégaie presque.

Citer
Citer
Des hélépoles de terreur venaient à bout des faibles remparts de sa raison,

Sens de "hélépoles" ?
t'sais, quand y a un siège (Jerusalem, Helm...), y a des tours de bois qu'on bourre de guerriers, et qui ont pile la hauteur des remparts. C'est ça.


Citer
Citer
la chape de silence de cris âpres.

"du silence", "des silences"... ? peut-être à reformuler.
heu... ? c'est une chape, une chape de quoi : une chape de silence. ??? j'ai pas compris ce que tu voulais dire.


Citer
Citer
Les ténèbres portèrent la mélopée

Tu parles d'un chant ici, non ? j'aime pas trop l'utilisation du verbe "porter" ici.
oui. Heum d'acc, tu verrais plutôt quoi ?


Citer
Ah et j'oubliais, "les titres" : il ne faut pas essayer de faire compliquer, sauf s'il on explique de quoi il est question dans un texte.
j'ai pas assez expliqué ? :-[ en plus j'ai essayé de les relier le + possible à l'histoire, comme si chaque titre (au sens de nomenclature) était un palier de schyzophrénie un peu. Tépy-djouf > c'est le début, il va sur la montagne ; etc.
Ca marche pas ?


Merci pour tout ce que t'as relevé ! ;)

Merci Verasoie d'avoir fini, Ernya aussi alors en fait quand c'est raconté avec "je", c'est plutôt l'écrivain, et "il" c'est le... chien. 'oilà. Mais au début c'est pas trop valable, c'est plutôt l'homme normal / l'écrivain.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: ernya le 29 décembre 2008 à 15:52:48
Relu.
Mon avis n'a pas beaucoup changé en fait, j'aime toujours autant, surtout dès qu'il y a Pauline

Chap1

l’obstacle inondait ses bottes ou éraflait ses jambes que la nature verte et vive le transfigurait ;
j'avais déjà fait la remarque, mais j'aime toujours pas le transfigurer

en fait j'aime pas le premier paragraphe et dasn l'ensemble, si les deux premiers cxhap étaient raccourcis, ça ne me gênerait pas, mais c'ets purement perso, le thème d ela narure, j'accroche jamais :mrgreen:

, il ne se rappela plus les ruisseaux adamantins.
euh... *ne sait plus pourquoi elle a relevé ça*
ah oui! j'aime pas le "ne plus", je trouve que ça fait moche :mrgreen:

Mon regard fiévreux sautait de reliure en reliure comme une mère compte ses petits ; de temps à autres,
hm... là c'est le présent... peut-être un participe présent "comptant"
jsais pas


chap2

avec dans l’œil un je-ne-sais-quoi de démence qui ne passait pas.
l'expression me semble maladroite à cause des "je"


Nos routes se séparaient entre le cimetière et le gué.
là, c'est encore le temps, j'aurais plus vu un passé simple


Une vague de taciturnité m’emporta.
bof, taciturnité, c'est laid :mrgreen:

Je craignais horriblement que les sous-bois aient finalement triomphé,
horrible le "horriblement" ( je sais, jeu de mot débile :-¬?)

chap3

Une peur larvée sommeillait en sa poitrine, les images médiévales de pestiférés agonisants.

lol pour le "peur larvée"
mais c'est la fin qui me gêne, le "les", pourquoi pas "des" ?

On y surplombait la ville ; une centaine de toits de chaume se serraient au bord d’une rivière sale, c’était tout.

aime pas le "c'était tout"


Elle haussa le sourcil et mit les mains sur les hanches, me regardant de travers un instant, déjà ne perdant plus des yeux les bouts de métal qui roulaient sur le plancher
là, c'est le "déjà" que j'aime pas


voilà

bon toutes ces remarques sont plutôt subjectives en fait donc bon...
j'ai pas relevé ce que j'aimais bien, sache qu'il y en a beaucoup disséminé un peu partout ^^



et pour un avis final: j'adore le perso, Pauline, l'intrigue et moins les deux premiers chapitres trop "naturalisants" à mon goût

voilà ;)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 29 décembre 2008 à 16:05:49

Bon, bien, globalement j'avais prévu de corriger ces passages-là.

Pour "séparaient", en fait le chien ne le suit pas une seule fois, ça se passe toujours comme ça.

Et "des images de pestiférés"... je sais pas, "les" parce qu'il parle des images en général, genre l'image d'Epinal.

Oilà, le reste je vais me creuser. Merci !
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 29 décembre 2008 à 16:22:29

Bonjour,

Pour répondre à tes questions :

Citer
heu... ? c'est une chape, une chape de quoi : une chape de silence.  j'ai pas compris ce que tu voulais dire

Ben disons que la structure me semble incorrecte. Tu parles bien du vêtement ? pour moi c'est "strange" !!!

Citer
t'sais, quand y a un siège (Jerusalem, Helm...), y a des tours de bois qu'on bourre de guerriers, et qui ont pile la hauteur des remparts. C'est ça.

Ok, merci pour ma culture !

Citer
oui. Heum d'acc, tu verrais plutôt quoi ?

conduisent ou...non mais je vois pas, c'est juste que moi ça me gêne ici.

Citer
j'ai pas assez expliqué ?

Si et peut-être un peu trop. M'enfin ce n'est qu'un avis !
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 29 décembre 2008 à 16:39:37

Ah oui ? pour le coup, j'pensais que ce serait un peu lieu commun, la chape de silence... on parle aussi de chape de brouillard et tout, t'as jamais entendu ? pour tout ce qui couvre, étouffe presque... non ?
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Matt le 29 décembre 2008 à 16:50:32

Citer
Ah oui ? pour le coup, j'pensais que ce serait un peu lieu commun, la chape de silence... on parle aussi de chape de brouillard et tout, t'as jamais entendu ? pour tout ce qui couvre, étouffe presque... non ?

Arf no ! Sorry.  :)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Kailiana le 12 janvier 2009 à 12:13:45
Chap 1 : j'avoue que j'ai eu du mal à accrocher, c'est très lent

Chap 2 :
Citer
Tous les arbres semblaient attirés par la sente qui longeait la lisière.
j'aurais retiré le "tous"
Citer
Nous ferions des choses ensemble.
je l'avais déjà remarqué une fois dans le chap 1, mais j'aime pas "choses"
Citer
Elle avait le museau allongé et semblait, elle aussi, chercher quelque chose.
chose pas beau (à la limite vu ton style ici tu pourrais presque retirer "quelque chose" et laisser tel quel)
Meilleur chapitre que le précédent, bien que toujours un peu trop lent à mon gout. Et je me demande si tu n'as pas été influencé par Forest Mage  :mrgreen:

Chap 3 :
Citer
A l’endroit de la chair où les crocs s’étaient enfoncés, la peau s’était ornée de larges plaques brunes
Tu es définitivement hobbsédé (ou alors c'ets moi, pour faire des parallèles où y'en a pas)
Citer
Ils avaient tous expiré.
parallèle voulu avec l'homme qui expirait ?
J'aime bcp plus ce chapitre ! Ca commence enfin à devenir sensé (je suis un peu ironique car le perso principal n'en parait que plus fou  :mrgreen:) et j'aime bien la manière dont tu décris la putain/Muse, avec les deux points de vue très différents. Et puis ce truc avec le chien, qui se précise peu à peu et donne envie de lire la suite.
Par contre j'ai aps compris le "Pauline ! c’est si proche de ton nom… "

Chap 4
Citer
Soyez fier, elle a attrapé votre sale infection
j'ai pas pu m'empêcher de glousser de rire, je dois être bizarre xD
Sinon je trouve que Mel est un peu trop gentille dans ses manières face à l'homme
Citer
Je ne sais pas vraiment pourquoi ;
bof
J'aime comme le chap 3.

Chap 5
Ouais, c'est du Lo' : une nécro, l'Egypte... du Lo', quoi  :mrgreen:
Et comme Vera', la non-connaissance de ce que tu parles à propos de l'Egypte ne gène pas.

Chap 6
Citer
Polymnie la poétesse originelle
ca répond à ma question sur Pauline ^^

Par contre j'ai très moyennement compris le paragraphe :
Citer
Un ultime sursaut de fierté le remit sur ses jambes. Des mots gorgés d’audace et de fiel se bousculaient dans son esprit. « Tu n’es pas Inpou ! hurla-t-il. Tu n’es pas même Anubis le renommé ! Tu es un démon qui fait bouger le cadavre d’un chien, tu as tué un sujet d’Inpou pour mettre au point ta ruse ! Que m’importent tes intentions, puisque je suis celui que tu cherches ! Je suis Pharaon d’autres contrées, Inpou parle à travers moi ! Je suis Pharaon d’Occident, et Inpou m’inspire ces paroles ! » Il marqua un silence, comme si ces brusques propos lui rappelaient une vie antérieure. « Qui es-tu pour abaisser l’incarnation d’Inpou sur Terre à ce blessant second rôle ? Je ne suis pas Héry-séshéta ! C’est un démon fielleux qui parle ainsi, je ne suis pas l’humain qui préside au rituel d’embaumement, je suis le haut seigneur des embaumeurs et de toute chose en ces rives, je suis Pharaon de l’Ouest, et Inpou parle par ma bouche ! »


Alors au final, j'aime beaucoup les chapitres 3-4-5, un peu moins le 6 à cause du paragraphe que j'ai cité. Mais je pense qu'il faudrait vraiment faire qq chose pour les deux premiers, car, bien qu'il permette à la suite d'être davantage appréciée, ils ne donnent pas vraiment envie de continuer la lecture. Trop lent, pas assez accrocheur (je parle tjrs des deux premiers chapitres, pas de la suite).
Toujours est-il que j'ai envie de tout relire.
Et que je suis admirative de la vitesse à laquelle tu as écrit ça  :-\
Mais le début m'a laissé une impression trop mitigée, faudra que je vois si ça fait pareil à la relecture. Ensuite la fin... je sais pas. l'idée est bonne, mais il manque peut-être un tout petit quelque chose pour que la nouvelle marque encore plus l'esprit, je sais aps.

Bon et puis aussi je pense que c'ets un truc à lire sur papier et non sur ordi car faut bien prendre le temps de tout savourer, t'as quand même une écriture soutenue  :mrgreen:

Mais au final, l'idée est bonne, et bien utilisée. Juste le début à revoir, quoi, pour qu'on accroche davantage et ait envie de lire la suite dès le début.

(sur ce, j'ai faim, et si je tarde trop va y avoir la queue au RU, donc à plus tard  :noange:)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 12 janvier 2009 à 15:55:32

Ouip, j'essaierai de raccourcir un peu, mais c'est difficile de mettre des indices sans trop en dire, c'est pour ça les "nous ferions des choses ensemble" etc., enfin j'vais voir comment raccourcir.

Ok pour tes idées de modifs.

Citation de: Kailiana
Et je me demande si tu n'as pas été influencé par Forest Mage  :mrgreen:
mdr, je crois pas, Jamère était laissé en plan depuis un mois quand j'ai réfléchi à ça... enfin j'exclus pas lol :P


Citer
Citer
Ils avaient tous expiré.
parallèle voulu avec l'homme qui expirait ?
oui, d'où la formulation un peu bizarre


Citer
Sinon je trouve que Mel est un peu trop gentille dans ses manières face à l'homme
ok


Citer
Un ultime sursaut de fierté le remit sur ses jambes. Des mots gorgés d’audace et de fiel se bousculaient dans son esprit. « Tu n’es pas Inpou ! hurla-t-il. Tu n’es pas même Anubis le renommé ! Tu es un démon qui fait bouger le cadavre d’un chien, tu as tué un sujet d’Inpou pour mettre au point ta ruse ! Que m’importent tes intentions, puisque je suis celui que tu cherches ! Je suis Pharaon d’autres contrées, Inpou parle à travers moi ! Je suis Pharaon d’Occident, et Inpou m’inspire ces paroles ! » Il marqua un silence, comme si ces brusques propos lui rappelaient une vie antérieure. « Qui es-tu pour abaisser l’incarnation d’Inpou sur Terre à ce blessant second rôle ? Je ne suis pas Héry-séshéta ! C’est un démon fielleux qui parle ainsi, je ne suis pas l’humain qui préside au rituel d’embaumement, je suis le haut seigneur des embaumeurs et de toute chose en ces rives, je suis Pharaon de l’Ouest, et Inpou parle par ma bouche ! »


Alors, hm. Il pique une crise sur le chien qui s'avance parce qu'il croit que c'est Anubis (je vais dire "Anubis" pour faire simple, en fait c'est "Inpou", parce que "Anubis" c'est la traduction grecque et il se tape aussi un délire là-dessus). Comme c'est son esprit qui délire, concernant toute cette histoire de chiens sauvages, c'est comme dans un rêve : ou bien ça devient incohérent/pas comme il l'avait prévu et il finit par se réveiller/devenir fou, ou bien il trouve une solution "et si en fait..." et cette solution devient la réalité à ses yeux. La concession, c'est qu'il n'est pas Anubis. La solution, c'est qu'il est l'incarnation d'Anubis sur Terre (c'est-à-dire Pharaon, et comme Anubis s'occupe du monde des morts, Pharaon de la rive occidentale). Et dans son délire, le chien (imposteur d'Anubis) lui conteste son titre et l'abaisse au rang de Héry-séshéta, c'est-à-dire du... chirurgien-chef, si on peut dire, celui qui dirige la cérémonie d'embaumement.

'oilà...?


Citer
bien qu'il permette à la suite d'être davantage appréciée, ils ne donnent pas vraiment envie de continuer la lecture.
d'acc j'vais essayer de les raccourcir et d'essayer de mettre un peu d'action dedans...


merci d'avoir tout rattrapé ! (ton RU est bon?) =)
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Kailiana le 12 janvier 2009 à 17:16:16
Citer
ton RU est bon?
Négatif. En plus on y est arrivé un peu tard alors le choix était... restreint ><

Pour le paragraphe que je n'aime pas : Ok, c'était à peu près ce que j'avais compris. Par contre "La solution, c'est qu'il est l'incarnation d'Anubis sur Terre (c'est-à-dire Pharaon, et comme Anubis s'occupe du monde des morts, Pharaon de la rive occidentale)" en fait j'avais pas vraiment compris ce qu'était Pharaon. Bref ce passage restait brumeux. Avec les explications, c'est mieux, même si je le trouve en dessous du reste du chapitre.

raaaah msn planteeuhhh ><
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 25 janvier 2009 à 17:08:59
Je poste juste pour dire que j'ai tout relu à la suite (mieux vaut tard que jamais) et que je l'ai d'autant plus apprécié, en n'interrompant pas la lecture et en connaissant la fin, aussi.
Par contre j'avais pas saisi toutes les subtilités que tu explicites à propos d'Anubis, Inpou, Pharaon.
A la fin de la première lecture j'avais cru qu'au final le narrateur de la troisième personne était Inpou. Mais en fait non (enfin je pense pas...?)
En fait ce qui me reste que je comprends pas, est-ce qu'il y a une raison au changement première/troisième personne? Ou c'est juste "comme ça"? (ce qui serait pas un reproche, hein, je trouve que ça t'a donné un bon moyen de mêler le recul et l'identification au personnage, donc même s'il n'y a pas de "raison" dans l'intrigue... ça c'est moi qui chipote et qu'ai peur d'avoir raté un détail)

Citer
Que m’importent tes intentions, puisque je suis celui que tu cherches !
Point d'interrogation?

Citer
Du sang gouttait sur la terre ; Pauline.
J'aime^^
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 25 janvier 2009 à 22:04:31

Alors en fait, dans les deux premiers chapitres (et dans le 1er, je ne sais pas si c'est tout le temps vrai), le "je" c'est l'homme normal et l'écrivain tourmenté, et le "il" le 'nouvel écrivain', avec la Muse et tout. Le nouvel écrivain gagne la partie et étouffe l'ancien.
Dans les chapitres 3 à 6, le "je" c'est l'écrivain (celui qu'on appelait avant "le nouvel écrivain"), et le "il" c'est Inpou, qui prend finalement le dessus. Et à la fin du chapitre 6 c'est la voix d'un narrateur omniscient avec tous les doutes sur les précédentes voix qui reviennent : il parle de Polymnie, mais de Polymnie et Inpou, mais de cadavre... qui a pris le dessus d'entre les trois-narrateurs-en-un ?

enfin c'est comme ça que j'le vois, mais dans l'idéal je ne suis pas censé détenir la science infuse sur le texte :-¬?

Point d'interrogation... ?
- si c'est pour remplacer le "!" par un "?", hm je sais pas trop, pourquoi ? ça pourrait, en fait ; mais c'est pas trop une question, même rhétorique ; c'est plutôt "que m'importe" = "peu me chaut !"
- si par "point d'interrogation" tu veux dire "qu'est-ce que j'suis censée comprendre à cette phrase...", je t'avouerai que... je ne sais plus >< je crois que ça voulait dire que (mettons-nous dans l'état d'esprit du narrateur) le démon a pris l'apparence d'Inpou, donc d'une certaine manière il le cherchait, et justement Inpou (le narrateur, d'après ce dernier) est devant lui...
en fait je ne sais plus du tout ><

désolé... faudra que je modifie.
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Verasoie le 25 janvier 2009 à 23:20:54
D'accord pour les points de vue ^^
Pour le point d'interrogation, je suggérais en effet que tu en mettes un, comme ta phrase commence grammaticalement comme une question. Et puis pour varier le rythme aussi parce qu'il y a beaucoup de points d'exclamation au moment là. Enfin c'était subjectif. Le sens, ça allait^^
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 25 janvier 2009 à 23:41:27

Oui c'est vrai y a beaucoup de points d'exclamation dans ce coin-là... mais... "peu me chaut ?" ça fait bizarre...  bah, t'façon cette phrase est à changer ^^ merci d'avoir eu le courage de relire...
Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Milora le 12 septembre 2011 à 15:53:46
Le Pentacle étant l'occasion de lire les textes qu'on a manqués, je m'attèle à celui-ci !
Comme c'est un vieux texte, je sais pas si tu comptes le re-travailler, alors j'ai juste relevé les trucs qui m'ont vraiment frappée, hein. J'ai pas trop fait dans le détail pour ce commentaire.



Dans l'ensemble, le texte s'améliore au fur et à mesure.
L'idée est pas mal, même si je reste dans l'interprétation que le narrateur est un type qui devient fou et kidnappe une prostituée, l'autre interprétation est assez nette, enfin on comprend, je trouve.

Par contre, les deux premiers envois sont vraiment indigestes  :-\ A partir de l'apparition de Pauline, ça va ; mais avant ça, il y a une profusion d'adjectifs, les idées se répètent et je trouve que c'est pas très dynamique pour un début, j'ai dû me forcer à continuer de lire  :-[
Ensuite, ça va mieux :) Le style est plus "net", moins embourbé de métaphores. Du coup ça fait bien ressortir les jolies et nombreuses trouvailles stylistiques (alors que dans les deux premiers envois elles sont un peu noyées dans le texte, c'est dommage). Le chapitre 5 est même très entraînant, je trouve :)

Voilà pour la forme, si on peut dire. Pour le fond, je trouve l'idée sympa, on la voit venir progressivement donc c'est pas mal, c'est assez bien amené (sauf dans les deux premiers chapitres qui sont trop fouillis : on ne comprend pas grand chose et on ne cherche pas spécialement à comprendre du coup).

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La seconde personnalité, celle d'Anubis, gagne du terrain tout au long de l'histoire, c'est pour ça que je raconte de moins en moins au "je".
Ça c'est une bonne idée ! :) Par contre je trouve que ça pourrait être mieux amené, parce que là, le lecteur ne le sent pas. Parce que dans la narration du début, où l'alternance je/il est très nette, il n'y a pas vraiment d'opposition entre les paragraphes à la première personne et ceux à la deuxième. Du coup on ne sent pas vraiment les deux personnalités, donc le jeu sur le narrateur ne fait pas trop sens. Si tu voulais reprendre le texte, je pense que tu pourrais davantage insister sur cet aspect-là, et ça donnerait aux deux premiers envois leur raison d'être (opposer les deux narrateurs en quelque sorte).
Par contre, j'ai trouvé que Pauline n'était pas très crédible à partir du moment où il l'enlève. Elle est un peu dans l'optique "bah, il a payé, il peut faire ce qu'il veut", alors qu'à son apparition elle avait au contraire l'air d'avoir du caractère. Là elle est bien trop passive. Et puis bon, je veux bien qu'il ait payé pour 4 fois (d'ailleurs ça m'a étonnée qu'il puisse payer autant avec des pièces, mais bon, je ne connais pas ce genre de tarifs après tout xD) ; mais en la gardant avec lui il l'empêche de travailler et la prive de l'argent des autres clients. Du coup je trouve qu'elle prend ça un peu à la légère, style : "oh tiens, je me fais enlever par un pervers illuminé qui m'emmène dans de drôles d'endroits louches, je suis contaminée par une infection étrange et fulgurante, et je ne peux pas travailler. Tiens, je prendrais bien un chocolat chaud..." Mais voilà, sinon lors de son apparition, là elle est bien campée, et Mel aussi, pour le peu qu'on la voit.

Donc voilà, en gros, j'ai trouvé l'idée bien, la progression bien amenée, je l'ai lu comme un lent glissement dans la folie. Par contre, le texte reste à mes yeux à lisser : les deux premiers paragraphes sont trop indigestes, et je pense que tu pourrais améliorer le jeu sur les personnalités et le personnage de Pauline.

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Les feuilles rousses animaient les sous-bois d’instincts fauves
...
et sourd aux rousses froissures automnales

Le texte est tellement plein de vocabulaire que la répétition de "rousses", même à un paragraphe d'intervalle, m'a sauté aux yeux...

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e me perdais à regarder la danse rouge qui animait l’âtre de lueurs folles, j’imaginais les démons qui pressaient mon cœur comme on presse un agrume, un citron acide et desséché, et ma torpeur s’assoupissait, ma tête flanchait
C'est joli, ça

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Quand il tourna le dos à la forêt et sa vie qui sourd
ça doit être moi mais j'ai pas compris le passage en gras

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Le sommeil enracina ma résolution. Le lendemain, elle s’était fait une place de choix entre les parois de mon crâne douloureux.
J'aime bien l'image ^^

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J’allais trouver une femme qui m’accompagnerait dans la forêt. Elle cracherait un venin fumant qui ferait grésiller l’humus ; couperait les doigts sylvestres cupides de souvenirs, ces doigts-branches qui écorchaient ma mémoire et retenaient mes impressions.
Euuuh. C'est un bon exemple des passages qui sont un peu "trop". Trop d'adjectifs, trop de métaphores, trop de sens caché pour si peu de mots. A mon humble avis, hein.

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« Je t’aimais… où es-tu, je t’aimais », murmurait-il sans comprendre, et des larmes mouillaient ses cernes et roulaient sur ses joues sales.
C'est normal que j'aie pensé à la chanson de Il était une fois ?  :D

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Lorsque je passai aux abords du cimetière, je cherchai le chien
Ben il vient pas de dire qu'il pensait que le chien ne reparaîtrait plus ?

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Je la chérirais, lui offrirais mille ouvrages et ma bibliothèque, le manoir et ma chambre, nous œuvrerions sur le parchemin et sur la couche.
Ça commence à devenir assez répétitif  :-\

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« Muse, je viens te chercher, Muse nous partons en ma demeure et tu m’insuffleras ton verbe cajoleur, je cesserai d’expirer, Muse j’ai hâte de partager mes rêves de chiens », tel était le discours qui rebondissait contre les os de son crâne, au rythme de ses pas.
C'est un brin répétitif, là aussi.

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Qu’est-ce que tu viens encore chercher ? Reprends tes diaboliques plaques noires et va-t-en !
Etant donné que Pauline a une façon de parler assez orale (...logique, me direz-vous ^^), je trouve que le "diaboliques" ne fait pas naturel du tout.

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Pauline s’était laissé emporter par la vague depuis longtemps.
C'est pas "laissée" ?

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Un mois et demi devaient être passés depuis sa dernière promenade sous les arbres.
J'ai pas compris : il l'a kidnappée pendant un mois et demi ?

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sous les étoiles, sous celles avaient connu Pharaon
y a pas un bug dans la phrase ?

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Tu n’es pas Inpou ! hurla-t-il. Tu n’es pas même Anubis le renommé !
Shol'va !
(pardon, pardon, j'ai pas pu m'en empêcher...)



Titre: Re : Le chien d'Occident
Posté par: Gros Lo le 01 octobre 2011 à 22:59:47

Ouh là ! C'est super détaillé, merci. Je sais pas si je le reprendrai...

En tout cas, oui, les deux premiers envois sont assez indigestes, trop narratifs, blocs. Et même après y a des incohérences, notamment dans la façon dont parlent les personnages. Ou juste ça le fait pas. Et les alternances il/je ne sont vraiment pas convaincantes.

Faudrait que je le relise attentivement et que je voie si ça me motive de le reprendre... merci d'avoir pris la peine de le lire en tout cas !