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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Spes le 11 Juin 2015 à 06:01:23

Titre: As de cœur
Posté par: Spes le 11 Juin 2015 à 06:01:23
V4

As de cœur


    Je me trouve assis sur ce même banc de marbre pour la troisième fois en trois mois. La Cérémonie commence à peine, et je dispose de tout l'après-midi pour capter l'attention d'un partenaire. Mon regard glisse, sans conviction, sur les visages des hommes qui remplissent peu à peu la grande salle souterraine. Les femmes les dépassent en nombre, de peu, mais elles ne suscitent pas mon intérêt. Je suis de ceux qui préfèrent les hommes.
    Plusieurs femmes viennent à ma rencontre, puis renoncent quand elles s'aperçoivent qu'elles ne parviennent pas à croiser mon regard. Du bout des doigts, j'entreprends de tirer sur les fils qui dépassent de mon jean usé. Lorsqu'une voix masculine m'interpelle, je m'interromps.
– Pourquoi restes-tu sur le banc ? Tu es malade ? Ou dépressif ?
    L'homme est sincèrement curieux. Dans le contexte de la Cérémonie, ses questions ne me surprennent pas. N'importe qui peut demander n'importe quoi, tout est permis. Les gens, auxquels une demi-journée semble bien courte pour trouver le partenaire d'une vie, ne se privent pas.
    Je souris à l'homme. Il doit mettre mon mutisme sur le compte de ma timidité. Il se présente avec empressement, et nous nous serrons la main. La sienne est moite. Il s'appelle Michel. Je me présente en retour.
– Mathieu. J'habite dans le quartier sud, au pied de la colline.
    Aussitôt, Michel s'enhardit et déballe son interrogatoire. Vient enfin la question gênante, inévitable pourtant, des rapports sexuels. Adolescent, j'en riais avec mes amis. Nous échangions des astuces et révisions l'art du sous-entendu. Maintenant, ce n'est plus drôle, je n'ai pas le droit de mentir. Cela me conduit à répondre à Michel ce qu'il ne voulait pas entendre. Il fronce les sourcils, sans comprendre. Un tic secoue sa paupière.
– Tu n'aimes pas le sexe ? Pourquoi, il t'est arrivé un truc ? Quelque chose de... grave ?
    La réaction de Michel me suffit pour savoir que, quoi que je dise, il ne voudra pas de moi.
    En général, on trouve son partenaire lors de la première Cérémonie. L'organisation de la Cérémonie est coûteuse, notamment parce que des recherches sont effectuées sur les personnes mises en présence. Il s'agit de s'assurer de leur compatibilité génétique. C'est pour cette raison que les rencontres "au hasard" ne sont pas autorisées : elles ont créé trop de complications par le passé. En cas d'échec, on a toutefois droit à deux autres tentatives. Au-delà, c'est la réforme, la réaffectation dans un autre travail, un de ceux qui abîment le corps, un travail pour ceux qui n'enfanteront pas, n'élèveront pas d'enfants. Ne pas trouver de partenaire alors qu'on est en bonne santé, c'est l'assurance de voir l’opprobre s'abattre sur soi – nul ne veut ça.
   Mais personne ne veut de moi, non plus.
   Je ne suis pas laid, pourtant. J'ai vingt ans, une silhouette légère, un peu de barbe et des yeux clairs. Et non, il ne m'est rien arrivé de grave. Mais je suis un "as de cœur" : je suis asexuel.
   La main de Michel s'agite en signe d'au revoir. Je regarde cette main jaunie par la lumière électrique et, à l'idée qu'elle puisse me toucher, mon ventre se tord. Je grimace un sourire. Michel a déjà disparu dans la foule bruyante. Un bruit de verre retentit, aigu et violent. Quelqu'un a laissé tomber sa coupe sur le dallage de pierre.
    Je devrais me lever et essayer, mais je n'y crois plus. Mon jean est usé aux genoux, et dans les poches aussi, sûrement parce que j'y mets trop de cailloux. J'aime ramasser des pierres, ce sont les seules choses que l'on trouve en abondance dans la ville, près des chantiers de démolition ou dans les ronds de terre au pied des arbres. Enfant, je rêvais d'autres matériaux pour donner libre cours à ma créativité. Avec le temps, si j'ai accepté l'idée que je n'aurais accès à rien d'autre, je n'ai pas renoncé pour autant. Je les peins, les sculpte ou les colle ; je crée de belles choses.
    Le gong va bientôt sonner. Je m'imagine sortir à la suite de la masse des nouveaux couples et attendre mon tour pour m'enregistrer comme solitaire définitif. Comme les ascenseurs des bâtiments administratifs sont bloqués par souci d'économie, je prendrai l'escalier. Dehors, j'errerai un peu devant les vitrines, je commanderai un café pour me consoler. Bien sûr, je le regretterai aussitôt à cause de mon compte en banque famélique. Des escaliers m'attendent encore jusqu'à ma petite chambre en haut d'un immeuble. À l'idée de la chaleur qu'il fera chez moi, je me sens très las. Ma chambre se trouve juste en-dessous de la paroi du dôme de verre qui recouvre la ville.
    Le dos d'une main effleure mon coude, me tirant de ma torpeur. L'homme est aveugle. Il me dit :
– C'est ta troisième, non ? Moi aussi. Je t'ai écouté parler avec Michel.
    Mon regard est bloqué sur ses yeux trop fixes et trop clairs.
– On va y passer, ce coup-ci, continue-t-il. On n'a qu'à se choisir, tous les deux. Foncer.
    Sur le coup, je réfléchis très égoïstement. Je me dis qu'il est handicapé, et qu'en plus il ne sait presque rien de moi. Pire : il me propose de devenir mon partenaire de vie, sans même s'être présenté ? Et puis, je me suis fait à l'idée de travailler dans les souterrains ou bien le nez dans les vapeurs chimiques. Je me convainquais même que peut-être, avec de la chance, je trouverai des pierre. J'aimerais bien me mettre à sculpter, mais ce qu'on trouve à la surface ne me convient pas. Il ajoute, dévoilant des appréhensions similaires aux miennes :
– Je ne te connais pas, je ne sais pas à quoi tu ressembles. Peut-être que tu te colles les cheveux en arrière à la gomme, et que tu es un de ces faibles qui votent pour le parti du quartier nord.
    Il essaie de rire, et des mèches jaunes glissent devant ses yeux. Il ne les replace pas. Il me paraît désespéré, vulnérable même.
– Entendu, je réponds.
*

    Je suis assis par terre sur le plancher, sous la fenêtre, silencieux. J'interromps un instant ma lecture du Récit d'un naufragé. Valentin cuisine. Son habileté à manier le couteau sans rien voir force mon admiration. Il me donne l'impression de découper des formes dans la pâte. Je me lève pour être sûr. Mes genoux craquent un peu. Sous les doigts de Valentin, la lame a dessiné des étoiles.
*

    Nous vivons ensemble depuis six semaines. J'ai l'impression de commencer à le connaître. Il travaille pour la radio et ne sort presque jamais. Quand je rentre du chantier, le soir, je le trouve souvent avec un casque audio sur la tête, en train de parler. Il a déménagé tout son matériel chez moi. Même s'il est en plein enregistrement, il me dit toujours bonsoir. Valentin a de réelles qualités d'orateur. Ce soir, j'aimerais l'écouter mais, à mon arrivée, il coupe le micro et enlève son casque. Il me sourit, et j'ai envie de le prendre dans mes bras. Je n'ose pas. Nous ne nous sommes encore jamais touchés.
    Si nous sommes officiellement partenaires, rien ne nous oblige à être un couple au sens amoureux du terme, tant que nous donnons naissance à deux enfants chacun, que nous devrons ensuite élever. Nous respecterons ainsi, selon les termes officiels du dogme, la conservation de la diversité génétique et le bon développement psychologique de l'enfant, en vue de son intégration efficace dans la société. Quelques règles simples sont à suivre, par exemple ne pas provoquer de conflit, ne pas dire de mal de son partenaire devant les petits. Les séparations sont proscrites. Dans notre cas un peu particulier, ces étapes s'effectueront à quatre, avec un couple de femmes, que nous rencontrerons dans un an – elles porteront les enfants, et nous les élèverons tous ensemble.
   Je ne suis pas pressé. En fait, je préfère éviter de penser à tout ça. Je suis bien avec Valentin, et j'aimerais continuer à vivre avec lui. Je n'aime rien davantage que le voir, à la fin de la journée, épuisé mais content. Je voudrais me confier à lui, entièrement, qu'il me connaisse comme personne d'autre ne m'a jamais connu. Je crois que je l'aime.
    Je lui souris.
*

    Mes chaussures sont trempées de neige. Cette année, l'hiver arrive trop tôt ; on m'a affecté d'urgence à la rénovation des panneaux de verre du dôme. L'immense vitre protège l'atmosphère de la ville. Les fuites causées par la grêle provoquent des augmentations du taux de CO2 et, à terme, des problèmes supplémentaires pour la santé de la population. Bref, c'est beaucoup de pression pour moi qui ai l'habitude de m'occuper des chantiers de démolition, mais peu importe – je suis rentré. Je m'aperçois vite que Valentin n'est pas là. J'ai oublié, il m'a dit qu'il s'occuperait des courses, commande en ligne et aller-retour pour ramener le panier. Il s'en occupe souvent, pour me soulager d'une partie des tâches quotidiennes.
    La porte s'ouvre alors que je suis occupé à peindre de petits morceaux de granite. J'ai tiré les rideaux ; dehors, la nuit tombe. Des gouttes de peinture constellent le parquet, mais Valentin n'en saura rien. D'ailleurs, il ne s'occupe pas de ce que je fais, il pose en hâte le panier au sol et marche droit vers moi. Il murmure que je lui ai manqué aujourd'hui. Mon regard glisse sur les courses : il a pris du café. C'est pour moi ; lui n'en boit pas.
    Il me rejoint à pas lents, les mains en avant. Je les attrape.
    C'est la première fois que nous nous embrassons.
*

   Au cours des jours suivants, je peins beaucoup, de toutes les couleurs. Par moments, Valentin vient s'asseoir derrière moi. Il m'entoure de ses bras et nous restons immobiles devant la fenêtre. Je me sens tellement bien...
*

– Le dimanche, d'habitude, tu sais, je vais courir.
    Valentin s'immobilise.  Nous nous trouvons dans la chambre, sur le lit.
    Ses doigts effleurent ma poitrine, son visage n'exprime rien. Il a les paupières fermées ; il sait que son visage gagne en grâce lorsqu'il cache ses yeux. Je continue à parler, anxieux à l'idée de laisser le silence s'installer à nouveau. Je suis allongé sur le dos, mon cœur bat vite, la situation m'est très inconfortable. J'insiste :
– Il est presque dix heures, je pense que ce serait mieux que je sorte.
– Tu ne crois pas que tu pourrais faire une exception ? Rester avec moi ce matin ?
    Je déglutis.
– Je…
    Ses doigts reprennent leur mouvement, en direction de mon cou.
– S'il te plaît, arrête, je ne me sens pas très bien.
    Cette fois-ci, il retire sa main. Je sais que je suis cruel. Ce sont ses doigts qui lui donnent conscience de la forme de mon corps. Jusqu'à maintenant, il n'a touché que mon visage – quelques fois. J'étais très heureux. Mais là, c'est différent. Sa tension est palpable. Il demande :
– Je ne t'attire pas ?
    Et j'entends sa vraie question, celle qu'il cache : "je te dégoûte ?" Je voudrais lui rétorquer que non. Je l'aime, il sait que je l'aime, je le lui ai dit. Je le lui murmure encore. Il esquisse un pauvre sourire.
– Tu le dis, mais tu ne le montres pas...
    Je sens sa douleur, et elle m'est insupportable. J'ai envie de crier. Je ne peux rien faire, je suis incapable de lui donner ce qu'il veut... Pourtant, je me force. Je tends ma main vers lui pour lui caresser le flanc. Il attrape mon poignet.
– Tu n'as pas envie, assène-t-il.
    Il a raison. J'étais seulement prêt à me forcer, pour lui.
– Le sexe… Je ne peux pas. Je n'aime pas ça. Je n'ai pas envie.
– Est-ce que ça vient de moi ?
– Non. Personne.
– Jamais ?
– Jamais.
– Tu es sûr ?
– Je suis sûr.
    Un silence.
– J'aurais aimé…
– Moi aussi.
    Silence, encore.
*

    Dans mes mains, je tiens l'enveloppe déchirée et une lettre.
– Alors ? me demande Valentin.
    Il a les traits tirés et les yeux rougis. Le voir comme ça me rend malheureux, mais je n'y peux rien. Il doute de mes sentiments, de lui, de ses actes et de ses mots, de ses choix. Il culpabilise. Moi aussi.
    À voix haute, je lui lis notre avis de groupement avec nos deux autres partenaires. Cette fois, pour des raisons de commodité d'organisation, nous n'aurons pas le choix, il s'agira d'inconnues. Deviendrai-je ami avec elles ? Pour les enfants, je ne m'en fais pas. Je soumettrai une demande à l’hôpital pour l'insémination, puis ferai de mon mieux pour les élever. Personne ne se demande s'il veut ou non des enfants, c'est comme ça, il en faut deux par femme. Ceux qui se rebellent sont des ennemis de l'espèce et sont mis au ban de la société.
– Qu'écrivent-ils sur les examens ?
    Surpris par sa question, je lui lis le paragraphe consacré. Il faut passer des tests pour éviter de transmettre une pathologie génétique et, de façon générale, pour vérifier l'état de santé des parents.
– Ça t'inquiète ? Je t'accompagnerai, pour les examens.
    Valentin grimace, amer.
– Je n'ai pas besoin que tu m'accompagnes.
    Un spasme secoue ses épaules. Je me précipite pour le prendre dans mes bras. Je n'ajoute rien, et lui non plus.
*

    Deux mois de plus se sont écoulés. Valentin dit qu'il ne peut plus dormir avec moi, alors je me suis installé dans le salon. Je l'aime et je suis malheureux comme un chien, mais, si je dors à côté de lui, il peine à trouver le sommeil et se réveille ensuite.
    Il a aussi perdu son poste à la radio. J'essaie de me convaincre que c'est parce que la plupart des émissions ont changé.
*

    Les résultats des examens sont arrivés aujourd'hui. Valentin est déclassé "infertile". Pire : il est convoqué pour des examens complémentaires, car il pourrait être contagieux. Je lui demande s'il sait de quoi il s'agit. Il me répond que sa cécité est d'origine bactériologique : sa mère était porteuse d'une forme moderne de la gonorrhée, et il a perdu la vue peu après sa naissance. Peut-être s'agit-il de ça. Sûrement est-il encore porteur, lui aussi : parfois, cette souche mutante subsiste dans l'organisme. Ne peut-on pas le soigner ? Il éclate d'un rire qui me glace. C'est impossible. Les bactéries sont si résistantes, aujourd'hui. Si on avait pu le soigner, il ne serait pas aveugle.
*

    De rage, je frappe des deux poings le contreplaqué du bureau de l'employé de mairie. Le type fronce le nez et me répète que je vais devoir être placé avec quelqu'un d'autre. Valentin doit être isolé.
    J'ai soudain froid. Un fil de sueur s'étire le long de mon dos.
– Qui ?
    Il effectue quelques recherches sur son ordinateur.
– Une femme qui se trouve dans une situation similaire. Son partenaire a été déclassé.
    J'ouvre la bouche, mais le regard de l'homme me cloue sur place. Dans ses yeux, je lis son rejet. Il assène:
– Ça suffit, cette sensiblerie. Si vous ne voulez pas coucher avec, vous passerez par la FIV, et qu'on n'en parle plus.
    Comme pour ponctuer ses dires, il frappe d'un coup de tampon le document que crache l'imprimante.
*

    Cinq jours plus tard, je déménage chez Sophie. Valentin ne quitte pas mes pensées, je me sens  confus. Sophie comprend le principal : nous serons deux colocataires, à vie. Elle me trouve triste, me suggère que je prenne un amant. Je réponds par la négative, sans arriver à me faire comprendre correctement. Elle finit par me lancer un regard de pitié et renonce. Valentin me manque tant.
*

    Je retrouve Valentin sur son nouveau lieu de travail deux semaines plus tard, à plus de trois heures du matin. J'ai eu beaucoup de mal à franchir les barrières de sécurité de la zone d'isolement. Ma séparation d'avec Valentin, bien qu'elle m'ait été imposée, a fait de moi un paria aux yeux de beaucoup. Je cumule trop de différences. Mais je ne souhaite pas y penser maintenant. J'ai tellement espéré revoir Valentin, la seule personne que j'aie aimé, le seul avec qui j'ai été heureux.
    Il est occupé à charger des marchandises dans un wagon souterrain, une liaison inter-villes. J'essaye de paraître détendu, de refouler mon envie de pleurer, là, d'un coup, devant lui et dans ce tunnel sombre et sale. Il ne voit pas mes efforts, ne se doute peut-être de rien. Il demande :
– Comment ça se passe avec Sophie ?
    Je lui raconte.
– "Deux colocataires" ? Un peu comme nous avant, alors.
    Il se détourne pour saisir un autre paquet, qu'il entasse avec les autres dans le chariot.
    Sa remarque m'a fait l'effet d'un coup de poing. J'ai du brouillard dans la tête. Au bout d'un moment, Valentin demande :
– Tu es encore là ?
    Je ne réponds rien. À tâtons, je fais demi-tour et prends la direction de la sortie. Lorsque je suis sûr que Valentin ne peut plus m'entendre, je me laisse tomber au sol. Dos à la paroi, recroquevillé, je cache mon visage dans mes mains. Ma gorge est sèche et râpeuse comme du papier de verre. Je n'arrive même pas à pleurer.
 
*

    Sophie, assise à la table du salon, lit un prospectus en buvant du café. Lorsqu'elle m'aperçoit, elle hausse les sourcils. De la boue macule mes chaussures et mon jean. Bien que ce soit elle qui s'occupe des lessives, elle ne m'accable d'aucun reproche.
– Tu l'as trouvé ?
    La douceur de son ton me secoue. Je n'ai pas envie qu'elle me voie dans cet état.
– Assieds-toi.
    De sa main libre, elle me désigne le canapé. J'obtempère.
    Sophie me rejoint, pose la main sur mon épaule. Je n'aime pas ce contact, mais n'ai même pas la force de la repousser.
– Ça s'est mal passé ?
    Il ne s'agit pas vraiment d'une question. Mes pensées s'emmêlent, mon esprit trébuche. Un instant, Valentin m’apparaît dans toute sa cruauté involontaire, cruauté immense qui me déchire mais, l'instant d'après, je me surprends à espérer qu'il m'ait rejeté pour me protéger, pour que je ne cherche plus à le rejoindre.
    Comme je ne réponds toujours rien, Sophie hausse les épaules et se relève. J'essaie de changer de sujet :
– Tu bois du café aussi tard ?
    Elle croise mon regard. Ses yeux sont bruns, tout comme ses cheveux. Je préférais ceux de Valentin, couleur d'eau, même s'ils ne regardaient rien.
– Pourquoi pas ? J'ai du travail cette nuit.
    Je comprends qu'elle va sortir. Tant mieux. Quand je partage le lit avec elle, pour éviter tout contact, je me serre sur le bord. Je n'ai pas non plus réussi à me résoudre à déménager, une nouvelle fois, sur le canapé...
   Ce soir, j'ai besoin d'être seul.
 
*

    Cet après-midi, la chaleur augmente sans fin. Des perles de sueur dégoulinent de mon front jusque dans mes yeux. D'un geste, je m'essuie le visage. Le gant de travail râpe ma peau tannée. Cette année, l'été arrive beaucoup trop tôt. Il faut remplacer en urgence les systèmes d'arrosage sous peine de perdre des arbres.
    À peine trente minutes après s'être attaqués au bois ouest, en périphérie de la ville, un cri s'élève au-dessus du brouhaha du chantier. Une seconde plus tard, le sol se met à trembler. Le temps que je réalise, tout est déjà terminé. L'un des chefs annonce toutefois la fin de la journée : la secousse a fragilisé le sol, ils doivent effectuer des mesures pour vérifier qu'on peut reprendre le travail sans danger.
    Je souris à l'idée de pouvoir aller me reposer.
– Par contre…
    Mon collègue me regarde avec une moue affreuse.
– Mon gars, j'aimerais pas être en sous-sol !
 
*

    Je n'avais pas le choix : je suis rentré chez moi. J'ai couru. Aussitôt arrivé, j'ai allumé la radio. Bien sûr, je ne devrais pas envisager le pire. L'éventualité d'un éboulement dans le tunnel où travaille Valentin reste très faible. À vrai dire, je ne sais même pas si Valentin est toujours affecté dans cette zone. Je n'ai reçu aucune nouvelle depuis notre entrevue. Je lui ai envoyé une lettre, pourtant… Il n'a pas répondu.
    Je me laisse tomber sur une chaise. La radio diffuse le programme habituel du milieu d'après-midi.
    Un bruit étouffé me parvient depuis la chambre.
– C'est toi ? demande une voix à travers la porte.
    Sophie ne travaille-t-elle pas cet après-midi ? Je soupire, me lève. La poignée de la chambre tourne entre mes doigts.
– Oui ?…
    Je referme la porte aussitôt. Le bois claque contre le chambranle.
– Merde, Sophie ! je crie.
    Elle ne répond pas.
– Fais-le sortir tout de suite de là !
   Un chuchotement étouffé me parvient depuis l'autre côté de la porte :
– Baisse d'un ton...
    Un instant plus tard, Sophie apparaît, suivie de son amant. Je suis consterné. Son comportement irresponsable nous met en danger, moi y compris, qui ne suis pas fautif. Avoir des problèmes avec la loi, voilà bien la dernière chose que je souhaite.
    Le type me jette un bref coup d’œil. D'un geste, il attrape sa veste et enfonce un chapeau sur sa tête. Avant de franchir le seuil pour disparaître dans le couloir, il marque un temps d'arrêt. Je ne comprends pas le sens du clin d’œil qu'il m'adresse.
    Sophie, elle, me fixe avec des yeux ronds. Elle a l'air de se demander ce qui m'amène à la maison à cette heure-là.
– J'espère que tu sais ce que tu fais, je grogne.
– C'est mieux que de ne rien faire, rétorque-t-elle. Je n'ai pas l'intention de me laisser dessécher comme toi.
    Je refuse de relever sa pique.
– Tu le vois depuis longtemps ?
    Sophie hésite.
– Depuis toujours.
    Comme je ne réponds rien, elle ajoute :
– Je l'aime depuis notre rencontre, il y a quatre ans déjà.
   Une pensée soudaine dessine un sourire sur son visage. D'un ton aimable, elle m'assène :
– Au moins, avec toi, je suis tranquille.
– Pardon ?
– Tu n'es pas jaloux comme mon précédent compagnon, celui que tu as remplacé.
    Dans l'idée, peu m'importe qu'elle couche avec qui ça lui chante… Si seulement ça ne nous conduisait pas à l'illégalité. Je le lui fais remarquer.
– Oh ! laisse-t-elle tomber. Tu dramatises toujours tout. C'est comme ce Valentin, là, l'amour perdu de ta vie… Écoute, il n'y aura pas de problème avec Nico, ça fait des années qu'on se voit comme ça, et ils ne s'en sont jamais aperçu.
    Je serre les dents, espérant qu'elle ait raison. De toute façon, elle ne renoncera pas et, de mon côté, je ne vais quand même pas me résoudre à la dénoncer.
 
*

– On le fait ?
    Il est dix heures du soir, je suis allongé sur le matelas moelleux et le sommeil me gagne. Aujourd'hui, mon équipe a mis le point final au dernier chantier de l'été. Je me remémore ma discussion avec mon chef. Je souhaiterais choisir mon prochain chantier. Si je pouvais me rapprocher du secteur minier… Valentin travaille sûrement par là-bas.
    Sophie m'arrache à nouveau à mes pensées.
– Tu m'écoutes ?
    Je vérifie ma boîte aux lettres tous les jours, mais je n'ai toujours pas de nouvelles de Valentin. Parfois, je l'imagine avec quelqu'un d'autre, et j'en souffre.
– Oh !
    Elle a crié. Je me retourne vers elle, la privant au passage de son dernier bout de drap.
– Il faut qu'on se décide.
    Je soupire et tente ma chance :
– Peut-être qu'on peut attendre une nouvelle réponse de l’hôpital ?
– La réponse est déjà arrivée. Tu ne comprends pas ? "Pas de place pour le moment", ça veut dire débrouillez-vous. Ils ont plus important à gérer que les inséminations artificielles pour raison personnelle.
    Je me gratte la tête. Un rire nerveux me secoue.
– Mais, tu le sais bien, je ne peux pas…
    J'ai trop chaud, je transpire. J'ai envie de me lever d'un bond. Je me redresse et dis :
– Je vais dormir sur le canapé.
    Sophie me lance un regard consterné, un regard qui semble me scander : arrête de mentir. Tu vas aimer ça. Au pire ça ne durera pas longtemps.
    Menaçante, elle reprend :
– Tu sais que si on n'a pas de bébé cette année…
– Et bien tant pis, qu'ils nous séparent ! Je m'en fiche d'aller travailler aux mines.
    Elle déglutit. La colère noue sa gorge quand elle me lance :
– Tu es tellement égoïste !
    J'ai déjà disparu dans le salon.
 
*

    Aujourd'hui, je ne me suis pas rendu au travail. En l'absence de Sophie, je me repose à la maison. Je bénéficie d'un arrêt de deux jours pour épuisement nerveux. Après avoir relu mon dossier, le docteur a posé le doigt sur la photo de Sophie, en page cinq. Il m'a fait un clin d’œil. Il a dit :
– On peut l'arrêter un peu elle aussi, si vous voulez.
    J'ai demandé :
– Pourquoi ? Elle va bien.
    J'ai compris il y a cinq minutes, en y repensant. Je m'aperçois soudain que je suis en train de me ronger les ongles, et réalise que j'ai besoin de me changer les idées. J'avise le tas de pierres peintes qui dégorge d'un vieux sac plastique derrière la table basse. En quelques pas, je l'ai rejoint, et j'entreprends de disposer les cailloux sur le parquet pour créer des formes.
    Beaucoup plus tard, une clef joue dans la serrure. La voix grave de Nicolas me salue. Je sursaute.
– Sophie n'est pas là ?
    Je me retourne et répond par la négative. Les contours d'une étoile immense couvrent la moitié du sol de la pièce.
– Dommage…
    Il hausse brièvement les épaules.
– Je vais l'attendre dans la chambre.
    Il se dirige vers la porte, quand je l'interromps. Une question me taraude.
– Tu l'aimes, Sophie ?
– Hein ?
    Il me regarde, les sourcils levés.
– Non, c'est juste pour le sexe, répond-t-il finalement avec le plus grand sérieux. Comme ça. Pour le plaisir quoi.
    Juste pour le sexe ? Je me mords la lèvre, hésite, renonce.
– Elle va rentrer tard. Tu veux quelque chose à boire ?
 
*

    L'hiver est de nouveau là. Ce matin, pour la première fois, je remarque quelque chose d'inhabituel chez Sophie. Elle n'arrive pas à fermer le bouton de son jean.
    Nos regards se croisent.
– Ne me dis pas que…
    Elle me lance un grand sourire, désamorçant ma colère.
– S'il-te-plaît, ne prends pas ce ton menaçant. J'en ai assez de ton égoïsme, et… Est-ce que ce n'est pas super ? Sans même que tu aies eu besoin de mettre la main à la pâte, je vais te donner un gamin. À ta place, je ne me plaindrais pas.
    Malgré moi, une grande tristesse m'envahit. Au fond, j'espérais qu'on soit séparés pour cause d'infertilité. Peut-être aurais-je retrouvé Valentin… En outre, je n'ose même pas penser à ce que Sophie et moi risquons pour avoir violé la loi.
– Relègue ta paranoïa au placard, s'exclame-t-elle avec légèreté. Nico et toi vous vous ressemblez assez. Personne n'y verra rien.
 
*

    Ce matin, le facteur a déposé dans la boîte une lettre de Valentin. Ce dernier me dit qu'il s'ennuie beaucoup. Suite à une blessure, il doit se reposer. Il me glisse que l'os aurait dû se réparer plusieurs mois plus tôt. Il ne peut toujours pas se lever. Il ajoute que je lui manque.
    Les dernières phrases ont été grattées.
    Je me place devant le carreau et essaie de voir à travers. Je distingue vaguement des chiffres ; il s'agit d'une adresse. Je suis sûr qu'en persévérant, je parviendrai à la lire.
– Censure ? demande Sophie qui me voit faire.
    À petites gorgées, elle essaie d'avaler le contenu de sa tasse. Son teint verdâtre compte parmi les nombreux symptômes qu'elle présente ces derniers jours. Je ne sais pas si c'est normal.
*

– Valentin ?
    L'homme manie ses béquilles pour se tourner vers moi. Les embouts en plastique gris frottent sur le linoléum. Nous nous trouvons dans une clinique sous-terraine. Des tableaux anciens ornent les murs de la salle de promenade.
   Malgré sa maigreur, je le reconnais. Un sourire éclaire son visage ; il entendu ma voix. Il me crie :
– Viens !
    Je me surprends à penser qu'il a dû se sentir bien seul pour vouloir de ma compagnie à nouveau. Je me figure la pénibilité de son travail aussi, pour lui qui sortait si peu de l'appartement. Puis, j'oublie. Je me sens tellement heureux de le revoir. Rien ne gâchera mon plaisir.
    Lorsque je me trouve devant lui, il attrape ma main. Je lui suis gré de ne pas relever que je tremble.
– Qu'est-ce que tu fais là ? Tu dois avoir une vie normale maintenant, avec ta femme et tes enfants.
    Ma voix me paraît faible lorsque je lui réponds.
– Elle a fait une fausse couche. Ça lui était déjà arrivé une fois avec son précédent partenaire, pour une raison qui n'avait pas pu être anticipée.
– Et là ?
– Une connerie.
    Je hausse les épaules, tâchant de reprendre contenance.
– Incompatibilité de rhésus négatif. Elle a perdu le bébé en fin de grossesse. Pour déterminer le problème, il ont effectué des tests…
    Valentin s'apprête à demander comment elle et moi avons pu être appariés avec des globules rouges incompatibles, mais je ne lui en laisse pas le temps.
– Avec les tests, ils ont vu que ce n'était pas le mien.
    Valentin se tait. Je suppose qu'il réfléchit aux implications.
– Je reste là, Valentin ! je m'écrie, plein d'un espoir que je ne peux plus contenir. Au sous-sol. On m'a affecté à la réparation des charpentes des mines.
    Valentin hésite, puis esquisse un sourire.
– Une tâche dans tes cordes.
    Nous restons un moment sans rien dire, jusqu'à ce qu'un médecin pressé rompe notre silence. Ses semelles claquent sur le lino, les pans de sa blouse blanche volent autour de lui. Valentin m'entraîne hors du passage, devant l'un des tableaux qui décorent le mur. La peinture tient de l'Origine du monde, mais s'en éloigne  : le modèle est un homme. Ça me donne envie de rire, d'évacuer la tension accumulée. Valentin ne perçoit pas le comique de la situation. L'espace d'un instant, il paraît hésitant. Puis, il reprend la parole. Il n'a toujours pas lâché ma main.
– Je voulais te dire…
    L'envie de rire m'a quitté. Mon cerveau invente mille fins à cette phrase.
    Sans bien m'en rendre compte, je presse sa main dans la mienne.
– J'ai sûrement l'air un peu pathétique, comme ça, reprend-t-il dans un murmure, mais je suis presque sorti d'affaire : ma colonne me permet de marcher à  nouveau.
    Sa phrase reste en suspens un bref instant. Puis il poursuit, doucement.
– Tu sais qu'ici, au sous-sol, ils s'en foutent de ce qu'on fait, tant qu'on n'a pas de gamins ? Tu vois ce que ça veut dire ?
    Je n'ose pas comprendre.
– Ça signifie qu'on peut très bien s'installer ensemble si on veut.
    Il ferme les yeux et demande :
– Tu veux ?

Fin
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: MillaNox le 11 Juin 2015 à 18:40:52
Salut  !

deux coquilles :
Citer
N'importe qui peut demander n'importe quoi à qui que soit
que ce soit

Citer
Dehors, je errerai un peu devant les vitrines, j'achèterai du chocolat pour me consoler, et je regretterai aussitôt, à cause de mon compte en banque famélique.
j'errerai

Alors alors :\? Y a plein de choses à dire...
-sur la forme, tu as une plume très fluide, très agréable, très immersive  :coeur:
- sur le fond
Ta façon de décrire la société à travers les scène et les évenements est très réussi, on n'y est vraiment, on sent ce poids horrible, l'absence de choix, etc. Y a une vrai reflexion sur la norme "il faut vivre en couple, il faut avoir des enfants" que je trouve super intéressante aussi. Tu pousses le truc à l'extrême, la société s'assure que tous ont eu l'occasion de se trouver un partenaire avec les trois rituels et si vraiment ils ont pas voulu, hop aux espèce de travaux forcés hyper dangereux. exclusion sociale !
Sur les deux protagoniste, j'ai trouvé leur histoire amoureuse très bien menée, on sent vraiment les sentiments naître, puis chacune de leurs émotions. Je repète que tu as une sacrée plume  :coeur: :coeur:
Pour le pb du narrateur, je suis un peu perplexe. Son incapacité à avoir des rapports sexuels, je m'attendait à ce que tu l'expliques par un trauma ou quelque chose. Là je suis terrrrrrriblement triste et frustrée pour lui, et je comprends pas le pourquoi :(
Sinon le seul truc où je me suis perdue c'est le problème d'avoir des enfants. Ta société ultra directive intrusive dictatoriale qui décide de tout pour les gens dit, "on vous trouve deux gonzesse et vous aurez des enfants car il faut deux enfants par femme. Mais du coup après comme un des deux peut pas il sépare leur couple !!! pourtant qu'est-ce qui se serait passé si ça avait marché ? Ils auraient dû vivre à 4 ? ou garde alternée ? :\? Pourquoi Sophie vient pas vivre avec eux deux et sa compagne dans le même cas que Valentin ? Y a un truc qui m'a paru bizarre dans le fait que ça force la séparation, même si j'ai bien compris que c'était important dans la pression et le côté horrible de la société que tu dépeins.
Et donc, c'est triste, mais triste tout ça  :'(
Je suis dégoutée que Valentin ait pas réussi à comprendre que le narrateur (il a un prénom ?) avait un souci et que c'était pas contre lui et à ouvrir le dialogue et à débloquer le truc quoi ! merde !! Bon, ok, chui une idéaliste...

au plaisir  :'(

Milla

edit : ah oui pour le titre, je connais "ace" que comme terme au tennis, et j'ai pas capté là :\?
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Spes le 11 Juin 2015 à 19:58:50
Salut MillaNox !

Ton commentaire me fait très plaisir ; j'avoue que j'appréhendais un peu, ça faisait très longtemps que je n'avais pas écrit  ^^ Je corrige de suite les deux coquilles que tu as soulignées, et je réponds à tes questions si-dessous.

Citer
Pour le pb du narrateur, je suis un peu perplexe. Son incapacité à avoir des rapports sexuels, je m'attendait à ce que tu l'expliques par un trauma ou quelque chose. Là je suis terrrrrrriblement triste et frustrée pour lui, et je comprends pas le pourquoi :(

En fait, le narrateur est simplement asexuel. J'ai voulu que le thème principal du texte soit l'acceptation et la place d'une personne asexuelle (c'est-à-dire, dans le cas de mon personnage, qui ne ressent pas de désir d'ordre sexuel, mais qui tombe quand même amoureux) dans un couple, avec un partenaire qui n'est pas asexuel. Ceci dit, je pense que tu as raison, je devrais peut-être préciser dans le texte que le narrateur n'a rien vécu de spécial, afin de clarifier.

Citer
Sinon le seul truc où je me suis perdue c'est le problème d'avoir des enfants. Ta société ultra directive intrusive dictatoriale qui décide de tout pour les gens dit, "on vous trouve deux gonzesse et vous aurez des enfants car il faut deux enfants par femme. Mais du coup après comme un des deux peut pas il sépare leur couple !!! pourtant qu'est-ce qui se serait passé si ça avait marché ? Ils auraient dû vivre à 4 ? ou garde alternée ? :\? Pourquoi Sophie vient pas vivre avec eux deux et sa compagne dans le même cas que Valentin ? Y a un truc qui m'a paru bizarre dans le fait que ça force la séparation, même si j'ai bien compris que c'était important dans la pression et le côté horrible de la société que tu dépeins.

Tu as raison, le texte n'est pas forcément clair. Concernant Sophie, en fait, on ne connait pas son orientation sexuelle, peut-être qu'elle avait un compagnon stérile (c'était plutôt mon idée, d'où sa frustration suggérée lorsque le narrateur lui fait comprendre qu'il n'y aura rien entre eux, mais effectivement ce n'est pas dit dans le texte). Je vais clarifier tout ça  ^^ Concernant la séparation forcée, l'idée est qu'on leur calque le modèle hétérosexuel : en cas de "stérilité" d'un des partenaires, le duo est séparé et replacé. Si le narrateur et Valentin étaient restés ensemble, Valentin aurait dû avoir 4 enfants biologiques pour tenir les quotas. Bien sûr, on peut imaginer qu'ils auraient pu vivre à deux avec une seule femme, et élever 2 enfants à 3, mais on va dire que ça ne correspond pas aux standards de cette société  :mrgreen: (Je crois que je me suis attaquée à compliqué avec un narrateur asexuel gay, qui plus est dans un univers pareil..) Bref, merci beaucoup pour tes demandes de précisions, il faut que je retravaille ça !

Citer
edit : ah oui pour le titre, je connais "ace" que comme terme au tennis, et j'ai pas capté là
Pas évident à savoir, et je l'ai moi-même appris en faisant des recherches sur le sujet pour écrire cette nouvelle, mais ace est une sorte de surnom pour les personnes asexuelles. "Ace of hearts" désigne les personnes asexuelles romantiques (c'est-à-dire qui tombent amoureuses, comme mon narrateur). Le choix de traduire l'expression est personnel ; en fait, j'avais peur de faire fuir mes lecteurs avec un titre en anglais  :mrgreen: (réf : ici (http://www.asexuality.org/wiki/index.php?title=Asexual_slang))


Encore merci beaucoup MillaNox pour ton commentaire détaillé ! Ca va beaucoup m'aider pour retravailler tout ça  ^^
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: MillaNox le 11 Juin 2015 à 20:17:28
Citer
En fait, le narrateur est simplement asexuel. J'ai voulu que le thème principal du texte soit l'acceptation et la place d'une personne asexuelle (c'est-à-dire, dans le cas de mon personnage, qui ne ressent pas de désir d'ordre sexuel, mais qui tombe quand même amoureux) dans un couple, avec un partenaire qui n'est pas asexuel. Ceci dit, je pense que tu as raison, je devrais peut-être préciser dans le texte que le narrateur n'a rien vécu de spécial, afin de clarifier.
beh je sais pas du coup. Je découvre complet cette histoire d'asexuel, c'est peut-être pas gênant pour quelqu'un qui connait.

Citer
Tu as raison, le texte n'est pas forcément clair. Concernant Sophie, en fait, on ne connait pas son orientation sexuelle, peut-être qu'elle avait un compagnon stérile (c'était plutôt mon idée, d'où sa frustration suggérée lorsque le narrateur lui fait comprendre qu'il n'y aura rien entre eux, mais effectivement ce n'est pas dit dans le texte). Je vais clarifier tout ça  ^^ Concernant la séparation forcée, l'idée est qu'on leur calque le modèle hétérosexuel : en cas de "stérilité" d'un des partenaires, le duo est séparé et replacé. Si le narrateur et Valentin étaient restés ensemble, Valentin aurait dû avoir 4 enfants biologiques pour tenir les quotas. Bien sûr, on peut imaginer qu'ils auraient pu vivre à deux avec une seule femme, et élever 2 enfants à 3, mais on va dire que ça ne correspond pas aux standards de cette société  :mrgreen: (Je crois que je me suis attaquée à compliqué avec un narrateur asexuel gay, qui plus est dans un univers pareil..) Bref, merci beaucoup pour tes demandes de précisions, il faut que je retravaille ça !
oui là par contre j'ai l'impression qu'il y a un truc à clarifier sur les "protocoles" de ton horrible société, parce qu'on se paume un peu et c'est tellement dommage de sortir du texte ! je me repère pour bien enfoncer le clou: tu as une plume superbe:coeur: :coeur:

Ceci dit il faut peut-être attendre d'autres avis, moi je t'ai livré un ressenti subjectif ;)

et donc je connaissais l'idée de frigidité que j'ai toujours trouvé d'une grande tristesse et j'ai jamais imaginé que ça pouvait être un truc constant, qu'aucune rencontre ne puisse permettre la découverte des délices du sexe, des orgasmes et tout ça... C'est  :s :s :s

belle soirée à toi !

Milla
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Spes le 11 Juin 2015 à 21:31:32
Encore merci pour ta réponse, et ce complément !  :) Je change quelques petites choses, et j'attends de voir ce que diront d'autres personnes pour démarrer les gros travaux.

Citer
et donc je connaissais l'idée de frigidité que j'ai toujours trouvé d'une grande tristesse et j'ai jamais imaginé que ça pouvait être un truc constant, qu'aucune rencontre ne puisse permettre la découverte des délices du sexe, des orgasmes et tout ça... C'est  :s :s :s

Je crois que c'est l'une des premières choses qu'on a tendance à penser, et que Valentin pourrait penser aussi. Je ne voudrais pas trop alourdir le texte, mais je pourrais ajouter un passage où il est peiné pour le narrateur. Le problème du narrateur, cependant, n'est pas de manquer quelque chose qui, de toute façon, n'existe pas pour lui, mais bien que Valentin pense que ça lui manque et culpabilise de ne pas pouvoir lui donner ces sensations, dans une société où il peut exister une sorte d'injonction à ressentir (et donner) du plaisir. J'ai préféré me concentrer dans le texte sur la déception de Valentin, qui se sent rejeté, mais je crois que je pourrais essayer de faire ressortir aussi cette autre facette du problème. Bref, y'a du boulot !  ^^

Merci, bonne soirée à toi aussi !
 
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Aléa le 11 Juin 2015 à 22:19:45
Lu Spes, je te dédie mon 1000èm message en plein gibet d'anniv du MdE, et en plus c'est un tout nouveau texte, rien que ça  :banane:

Citer
et sous les poches aussi, sûrement parce que j'y mets trop de cailloux.
Désolé, cette phrase me fait tout de suite penser à un texte de Baptiste ahah

Citer
je errerai
j'

Citer
Il est déclassé "infertile" et donc, d'après les règles, inapte à élever des
je trouve bizarre le déclassé, il est tout à fait valable hein, mais je le trouve bizarre. Ou alors en rajoutant 'devient inapte', pour montrer le changement. Ou alors le même phrase avec reclassé ou juste classé me semble plus juste. Mais je t'avoue que j'ai aucun argument xD c'est vraiment juste comme ça que je le sens

Citer
Sophie comprend le principal : nous serons deux colocataires, à vie. Elle me trouve triste, me suggère que je prenne un amant. Je réponds par la négative, sans arriver à me faire comprendre correctement. Finalement, elle me lance un regard de pitié et renonce.
On à l'impression que tout est vraiment joué dès les premières minutes de leur rencontre, c'est bien sûr l'effet que tu veux donner, mais un temps plus progressif, enfin un effet légèrement plus flou sur la durée serait bienvenue et ne changerait pas grand chose au sens de rapidité. Genre à la place du finalement qui fait très dans l'instant, un 'Elle a fini par me lancer'


Voilà pour les quelques remarques.
Sinon mais cette fin trop trop triste, ca m'a blessé  :( J'ai été très pris, j'ai beaucoup aimé c'est un super texte! L'univers est bien et expliqué assez simplement même s'il est compliqué, il fait naturel, et j'aime ton écriture, ca me laisse une impression de finesse (et ca vaut aussi pour tout les thèmes traités)
Le manque de communication, l'omniprésence du sexe dans les relations (et une forme d'assexualité) et une dystopie bien menée (parce que c'est mon dada ca),bah ton texte m'a touché.

Voilà voilà, au plaisir de te relire :)
++
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Spes le 11 Juin 2015 à 23:42:43
1000ème message en plein gibet, ça se fête !  :D
Merci pour tes remarques et ton avis. J'ai corrigé ce que tu as relevé. Concernant l'attrait du personnage pour les cailloux, peut-être que ça dénote avec le reste du texte ?

Concernant la fin, je suis contente qu'elle fonctionne bien, en tout cas. J'aurais pu essayer un happy end, mais ça aurait eu moins d'impact, l'intérêt étant justement d'appuyer l'idée de l'incompréhension, du refus, de l'échec de communication, enfin tout ça  ^^ Je pense l'envoyer à l'AT « L'échange » de Génération Ecriture.

Encore merci pour ton retour !
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Rémi le 12 Juin 2015 à 00:20:46
Salut Spes,

Citer
  Je me trouve assis sur ce même banc de marbre pour la troisième fois en trois mois. La Cérémonie commence à peine, et je dispose de tout l'après-midi pour capter l'attention d'un partenaire. Mon regard glisse, sans conviction, sur les visages des hommes qui remplissent peu à peu la grande salle souterraine. Les femmes les dépassent en nombre, de peu, mais elles ne retiennent pas mon attention. Je suis de ceux-là. Mais je suis autre chose encore.
j'ai dû relire pour capter. Le "je suis de ceux-là" n'est pas assez clair je trouve.
Après, c'est sûrement volontaire de ne pas dévoiler trop directement l'intrigue, ça s'éclaircit assez vite.   Voilà, c'est toujours le problème, être trop descriptif ou être incompris dans les deux cas ça marche pas...

Citer
La porte s'ouvre alors que je suis occupé à peindre de petits morceaux de granite.
granit

Citer
Et j'entends sa vraie question, celle qu'il cache : "je te dégoûte ?" Je voudrais lui dire que non. Je l'aime, il sait que je l'aime, je le lui ai dit. Je lui dis encore. Il esquisse un pauvre sourire.
– Tu le dis, mais tu ne le montres pas.
au niveau du sens c'es ok. Mais le "tu ne le montres pas", je trouve ça un peu bateau

Citer
   Je jette un coup d’œil à l'enveloppe déchirée, datée du 32 février.
o_0 forcément !
Je capte pas pourquoi le 32 février existe (et y'a rien qui explique ensuite)

Citer
A voix haute,
À

Citer
– "Deux colocataires" ? il répète. Un peu comme nous avant, alors.
Je perçois une certaine dureté dans cette fin, mais je pense qu'elle pourrait être encore plus prononcée.

Concernant le titre "Ace de coeur", je capte pas trop... En plus un mot anglais dans le titre je trouve pas ça forcément super judicieux.

J'ai trouvé le texte bien écrit, sensible et original. Le côté SF est sous-jacent, peu d'éléments en dehors de la cérémonie et des règles de reproduction, mais je ne pense pas qu'il faille détailler plus.
C'est quand la date de cloture de l'AT ?
Tu veux une autre relecture (plus chipoteuse) ?

Merci en tout cas pour ce texte, c'était un bon moment de lecture, une chouette nouvelle.

A+
Rémi
Titre: Re : Ace de cœur
Posté par: Aléa le 12 Juin 2015 à 00:31:09
1000ème message en plein gibet, ça se fête !  :D
Merci pour tes remarques et ton avis. J'ai corrigé ce que tu as relevé. Concernant l'attrait du personnage pour les cailloux, peut-être que ça dénote avec le reste du texte ?

Concernant la fin, je suis contente qu'elle fonctionne bien, en tout cas. J'aurais pu essayer un happy end, mais ça aurait eu moins d'impact, l'intérêt étant justement d'appuyer l'idée de l'incompréhension, du refus, de l'échec de communication, enfin tout ça  ^^ Je pense l'envoyer à l'AT « L'échange » de Génération Ecriture.

Encore merci pour ton retour !

Je le fête par une danse de la banane permanente et à vie dès que je clique sur ton texte. Et je peux te dire que c'est pas simple pour écrire  :huhu:

Non non ca dénote rien du tout! C'est juste que ca me faisait penser à ce texte http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,9161.msg158237.html#msg158237 que j'avais bien aimé (merdouille je sais plus comment on fait les balise pour nom de lien)
Et justement, cette petite passion bizarre, quand il se résout presque à faire un métier dans les mines, ca prends un peu de son sens. Même dans la vrai vie, c'est limite pour ce genre de raison qu'on finit par se choisir une voie, donc c'est très bien au contraire  :)

Envois le  :huhu:
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 12 Juin 2015 à 20:53:08
Bonsoir,

Merci beaucoup pour tes remarques, RémiDeLille =)

Citer
j'ai dû relire pour capter. Le "je suis de ceux-là" n'est pas assez clair je trouve.
Après, c'est sûrement volontaire de ne pas dévoiler trop directement l'intrigue, ça s'éclaircit assez vite.   Voilà, c'est toujours le problème, être trop descriptif ou être incompris dans les deux cas ça marche pas...
Je note, je vais réfléchir à une solution !

Citer
o_0 forcément !
Je capte pas pourquoi le 32 février existe (et y'a rien qui explique ensuite)
Effectivement ! Je vais changer ça

Concernant le titre, il se réfère à l'expression "Ace of hearts", qui désigne les personnes asexuelles romantiques (c'est-à-dire qui tombent amoureuses, comme mon narrateur).
L'AT clôt le 20 août ^^

Ben G. > Noté ! J'irai lire ce texte ^^ Je suis contente que cette histoire de cailloux colle, en tout cas.

Encore merci pour vos remarques !
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Rémi le 24 Juin 2015 à 23:51:47
Salut Spes,

Citer
Les femmes les dépassent en nombre, de peu, mais elles ne retiennent pas mon attention. Je suis de ceux-là. Mais je suis autre chose encore.
En fait, à ce moment du texte, on ne peut comprendre. Du coup ça fait ??? est-ce utile de mettre ce "mystère" d'entrée dans le texte ?

Citer
un travail pour ceux qui n'enfanteront pas ni n'élèveront d'enfants.
cette formulation peut être optimisée je pense.
Tout simplement : "un travail pour ceux qui n'enfanteront pas, n'élèveront pas d'enfants." (tu expliques l'adoption après)

Citer
J'aime ramasser des pierres, ce sont les seules choses qu'on trouve en abondance dans la ville.
que l'on  ?

Citer
Comme les ascenseurs des bâtiments administratifs sont bloqués par souci d'économie, je prendrai l'escalier. Dehors, j'errerai un peu devant les vitrines, j'achèterai du chocolat pour me consoler, et je regretterai aussitôt, à cause de mon compte en banque famélique. J'ai une petite chambre à flanc de falaise, à l'ouest de la ville, dans laquelle je rentrerai ensuite – ce sera encore des escaliers à monter.
tu as mis au futur, pourquoi pas au conditionnel ? (il imagine)

Citer
J'aimerais bien me mettre à sculpter la pierre, mais ce qu'on trouve à la surface ne convient pas.
"ne me convient pas" serait plus fort, plus personnel (là tu généralises comme si ça ne convenait à personne, or peu de gens de cet univers souhaitent sculpter la pierre, si ?)

Citer
– Entendu, je dis.
la réponse est un peu sèche ; et le "je dis" aussi.
Certes, c'est une décision par défaut (j'imagine) mais du coup je pense que tu ne mets pas la bonne tension dans la réponse (en plus il a posé une question sur les cheveux et les intentions de vote)

Citer
Son habileté à manier le couteau force mon admiration. J'ai l'impression qu'il découpe des formes dans la pâte. Je me lève pour mieux voir, mes genoux craquent. Ce sont des étoiles.
remarque à deux balles : ce ne sont pas les genoux qui sont des étoiles. Certes, ça donne un effet de style, mais je ne sais pas s'il est approprié ici. En plus le verbe être c'est un peu faiblard.

Autre tournure (mais tu peux trouver bien mieux) :
Son habileté à manier le couteau force mon admiration. J'ai l'impression qu'il découpe des formes dans la pâte. Je me lève pour mieux voir, mes genoux craquent. Des étoiles se dessinent sous la lame.

Citer
Le courant d'air de la porte, m'a-t-il répondu.
le courant d'air à l'ouverture de la porte ?

Citer
tant que nous donnons naissance à deux enfants chacun, que nous devrons ensuite élever. Nous respecterons ainsi, selon les termes officiels du dogme, la conservation de la diversité génétique
si tout le monde fait deux enfants, à chaque génération la populatin double (c'est voulu ?)

Citer
Dans notre cas un peu particulier, ces étapes s'effectueront à quatre, avec un couple de femmes, que nous rencontrerons dans un an.
j'ai rien dit sur le doublement...

Citer
   Je lui souris en retour.
son sourire à lui est bien plus haut (le "en retour" peut bloquer)

Citer
– Le dimanche, d'habitude, tu sais, je vais courir.
   Valentin s'est immobilisé. Ses doigts effleurent ma poitrine, son visage n'exprime rien. Il a les yeux fermés, comme toujours lorsqu'il veut être beau. Je continue à parler, anxieux à l'idée de laisser le silence s'installer à nouveau. Nous nous trouvons dans la chambre, sur le lit bien ordonné. Je suis allongé sur le dos, mon cœur bat trop vite, la situation m'est très inconfortable. J'insiste :
– Il est presque dix heures, je crois que ce serait mieux que je sorte.
– Tu ne crois pas que tu pourrais faire une exception ? Rester avec moi ce matin ?
   Je déglutis.
– Je…
   Ses doigts reprennent leur mouvement, en direction de mon cou.
– Écoute, s'il te plaît, arrête, je ne me sens pas très bien.
   Cette fois-ci, il retire sa main. Je sais que je suis cruel. Je sais que ce sont ses doigts qui lui donnent conscience de la forme de mon corps. Jusqu'à maintenant, il n'a touché que mon visage – quelques fois. J'étais très heureux. Mais là, c'est différent, je peux sentir sa tension. Il demande :
– Je ne t'attire pas ?
   Et j'entends sa vraie question, celle qu'il cache : "je te dégoûte ?" Je voudrais lui dire que non. Je l'aime, il sait que je l'aime, je le lui ai dit. Je lui dis encore. Il esquisse un pauvre sourire.
– Tu le dis, mais tu ne le montres pas...
   Je sens sa douleur, et elle m'est insupportable. J'ai envie de crier. Je ne peux rien faire, je ne peux pas lui donner ce qu'il veut. Je voudrais m'arracher les cheveux. Alors, je me force. Je tends ma main vers lui, pour lui caresser le flanc, lentement. Il attrape mon poignet.
– Tu n'as pas envie, assène-t-il, catégorique.
   Il a raison. J'étais seulement prêt à me forcer, pour lui.
– Le sexe… Je ne peux pas. Je n'aime pas ça. Je n'ai pas envie.
– Est-ce que ça vient de moi ?
– Non. Personne.
– Jamais ?
– Jamais.
– Tu es sûr ?
– Je suis sûr.
   Un silence.
– J'aurais aimé…
– Moi aussi.
   Silence, encore.
très beau ce passage

Citer
   Silence.
   Je jette un coup d’œil à l'enveloppe déchirée, datée du 32 février.
tu le gardes, ton 32 février ?

Citer
il s'agira d'inconnues sélectionnées sur des critères de compatibilité génétique avec nous.
le "avec nous" n'est pas nécessaire

Citer
– Ça t'inquiète ? je lui demande. Je t'accompagnerai, pour les examens.
   Valentin grimace, amer.
– Je n'ai pas besoin que tu m'accompagnes.
   Un spasme secoue ses épaules. Je me précipite pour le prendre dans mes bras. Je n'ajoute rien, et lui non plus.
très beau aussi
Le "je lui demande" est en trop je pense

Citer
   D'un coup, j'ai froid. Un fil de sueur s'étire le long de mon dos.
j'aime pas trop le "d'un coup"
Sinon le paragraphe est super

Citer
je me sens en permanence confus.
bof cette formulation

Citer
dans ce tunnel sombre et crade.
crade : tu n'as pas employé ce niveau de langage depuis le début (insalubre ?)

La note en fin de texte pour expliquer le titre, je trouve ça moyen. Un petit paragraphe justifé à droite avant le texte et un peu moins explicatif serait mieux je pense.

Voilà, j'ai chipoté mais le texte est super chouette. Bonne chance pour l'AT.

A+
Rémi
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 16 Août 2015 à 00:27:25
Encore merci d'avoir pris le temps de faire ces commentaires détaillés. Je les ai bien pris en compte pour la V2. Pas mal d'éléments ont changé, et notamment, malheureusement, un paragraphe qui plaisait bien (celui chez l'employé de bureau), car il y avait un problème de cohérence de fond. (on ne savait en fait pas pourquoi, après tout, Valentin et le narrateur devaient être séparés).

J'espère que cette V2 fonctionne mieux que la première ^^
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Ambriel le 16 Août 2015 à 01:11:31
Salut !
Désolée je ferai pas de commentaire detaillé, je passe dire que j'ai trouvé ce texte joli, intéressant et triste. L'asexualité est méconnue (moi mm j'en avais à peine entendu parler). On retrouve la plume fluide et l'ambiance douce amère d'un autre texte de toi je trouve, le navire de l'horizon je crois ?
En tout cas bon texte. Si tu veux des critiques d2taillées je pourrai le faire.
 :)
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 16 Août 2015 à 01:36:28
Coucou Ambriel,

Merci pour ton commentaire ! C'est chouette que ce texte t'ait plu, et qu'il t'ait évoqué le Navire de l'horizon. Je suis toujours partante pour recevoir des remarques plus détaillées et modifier à nouveau le texte, afin d'obtenir un résultat plus abouti. Si tu as le temps, ce serait donc avec plaisir ^^

Titre: Re : As de cœur
Posté par: Sam Liebnitz le 16 Août 2015 à 02:15:43
Salut ! ^^

Bon, j'vais t'dire un truc simple : ton texte m'a touché.
C'est con, mais il m'a touché. D'habitude, je suis un enfoiré notoire qui rigole en mettant en avant les défauts des textes des autres (bon, les qualités aussi, je suis pas un gars sans coeur non plus ! ;) ), mais là, j'ai rien à dire...
Ta façon d'écrire est fluide et très agréable à suivre, et l'univers que tu t'es créé en peu de mot est déjà très précis. Tu n'as pas eu beaucoup à en dire pour nous faire rentrer dans ton monde à toi ("dans mon monde à moi, y'a que des poneys ! Ils broutent des arc en ciel, et ils font des petits ****" .... Excusez moi, je m'égare ^^)

En plus, ton thème en lui même est touchant : ce garçon asexuel homosexuel avec un partenaire aveugle pour faire deux enfants à deux femmes lesbiennes qu'ils garderont tour à tour pour en faire de beaux serviteurs d'un régime archi-dictatorial (qui a dit "tordu" ? ^^).

Bref, sans faire dans la dérision comme j'en ai l'habitude, je dirais que même ta fin est géniale ! Il n'y aurait pas pu y en avoir une autre.
Cet amour pour Valentin, je le trouve beau (le fait que ça soit gay n'y est peut-être pas étranger, mais pas seulement), et cette impossibilité de lui dire "pourquoi" est à pleurer.

ET TU NE FAIS MÊME PAS DE FAUTES !!!
Je te hais, je ne peux te faire aucun reproche, que des compliments ! ^^

Retiens juste que tu as touché un tordu cynique, alors que même lui pensait que c'était impossible...
Et en ça, je te remercie.

Sam, alias "Le Liebnitz" ! ^^

Ps : D'où t'es venu cette idée ?
Titre: Re : As de cœur
Posté par: ernya le 16 Août 2015 à 11:18:44
@ Sam : attention, tu racontes tout le texte dans ton commentaire ! Utilise la balise spoiler car certains lisent les commentaires avant de lire le texte  ;)


@ Spes :


Citer
– Tu n'aimes pas le sexe ? Pourquoi, il t'est arrivé un truc ? Quelque chose de... grave ?
    En général, on trouve son partenaire lors de la première Cérémonie. L'organisation de la Cérémonie est coûteuse, notamment parce que des recherches sont effectuées sur les personnes mises en présence, afin de s'assurer de leur compatibilité génétique – c'est aussi pour cela que les rencontres "au hasard" ne sont pas autorisées ; elles ont créé trop de complications par le passé. En cas d'échec, on a toutefois droit à deux autres tentatives. Au-delà, c'est la réforme, la réaffectation dans un autre travail, un de ceux qui abîment le corps, un travail pour ceux qui n'enfanteront pas, n'élèveront pas d'enfants. Ne pas trouver de partenaire alors qu'on est en bonne santé, c'est l'assurance de voir l’opprobre s'abattre sur soi – nul ne veut ça.
je ne comprends pas bien le rapport entre ton paragraphe explicatif sur les règles du monde créé et la phrase de dialogue (en fait je pige pas le rapport fait entre aimer le sexe/ compatibilité génétique -enfin j'ai l'impression que c'est là que ce fait le "lien" entre le dialogue et le paragraphe qui suit mais c'est peut-être pas ça)

   
Citer
Déjà, Michel a disparu dans la foule bruyante.
pourquoi la virgule ?

Citer
    Nous vivons ensemble depuis six semaines. J'ai l'impression de commencer à peine à le connaître.
est-ce si étonnant pour le souligner ?  :\?

   
Citer
Je ne suis pas pressé.
hum, ton personnage est censé être asexuel, non ? du coup, qu'il ne soit pas pressé, ça se comprend. Je comprends moins le fait qu'il n'appréhende pas ce moment (surtout si du coup ça inclut un rapport sexuel avec un sexe non désiré de base)


 
Citer
Je soumettrai une demande à l’hôpital pour la conception, et ferai de mon mieux pour les élever. Personne ne se demande s'il veut ou non des enfants, c'est comme ça, il en faut deux par femme. Ceux qui se rebellent sont des ennemis de l'espèce et sont mis au ban de la société.

mais du coup je ne comprends pas, il va coucher avec elle ou il va trouver une autre solution ?

Je vais essayer d'être constructive mais je ne suis pas sûre d'y arriver. Une fois n'est pas coutume, commençons par la fin. Je ne l'ai pas comprise. Pourquoi as-tu décidé de finir ainsi ? Je n'ai pas l'impression que faire le parallèle entre les deux colocation soit une façon de conclure le texte avec toutes les questions qu'il pose.
Parce que ton texte pose beaucoup de questions à travers cette peinture d'une société dictatoriale. J'aime beaucoup le fait que ce texte tente de balayer différentes façons de vivre la sexualité. J'aime beaucoup aussi le fait que tu n'expliques pas pourquoi le narrateur est asexuel (enfin je trouve ça bien de nous le donner comme un fait établi qui n'a pas besoin d'explication, un peu comme on n'explique pas pourquoi d'autres ont besoin de sexe pour vivre/être heureux). J'ai aussi apprécié que tu montres cette tension entre aimer/ coucher ensemble (je regrette presque que tu n'aies pas créé le personnage inverse, celui qui couche sans aimer et qui aime le sexe pour le sexe). J'apprécie aussi cette réflexion sur l'obligation d'avoir des enfants, sur cette nécessité d'avoir les deux sexes, bref, ça rejoint les débats sur les enfants des couples gays et en ça, chapeau de t'attaquer à ce sujet houleux.

Ton texte me semble donc très intéressant pour toutes les réflexions qu'il met sur le tapis. Par contre, du coup, j'attendais beaucoup plus vu la richesse du sujet et c'est pour cela que la fin m'a déçue. J'aurais aussi bien aimé te voir un peu plus développer la relation entre Valentin/le narrateur, car, pour ma part, j'ai trouvé que tu allais assez vite dans la description de leur relation et j'ai eu un peu de mal à croire à cette histoire d'amour.
En fait, j'ai l'impression que le texte est trop court pour tous les éléments choisis. J'aurais vraiment aimé te voir approfondir et cette description d'une telle société et le personnage complexe du narrateur (et je ne résume pas sa complexité à son asexualité).

Bref, tu l'as compris, je reste assez frustrée à la sortie de ton texte. Mais cela n'empêche pas que je suis très contente que tu aies osé aborder ces thèmes-là qui ne font absolument pas consensus.  ^^
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Sam Liebnitz le 16 Août 2015 à 12:31:09
Note pour ernya : D'abord désolé d'avoir oublié le spoiler ^^

Et ensuite : Michel, ce n'est pas le narrateur ! ;)

Sam
Titre: Re : Re : As de cœur
Posté par: ernya le 16 Août 2015 à 14:24:34

Et ensuite : Michel, ce n'est pas le narrateur ! ;)
en effet, je corrige !
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Ambriel le 16 Août 2015 à 14:30:53
Citer
Je me trouve assis sur ce même banc de marbre pour la troisième fois en trois mois.
Je me retrouve ?


Citer
– Tu n'aimes pas le sexe ? Pourquoi, il t'est arrivé un truc ? Quelque chose de... grave ?
    En général, on trouve son partenaire lors de la première Cérémonie. L'organisation de la Cérémonie est coûteuse, notamment parce que des recherches sont effectuées sur les personnes mises en présence, afin de s'assurer de leur compatibilité génétique – c'est aussi pour cela que les rencontres "au hasard" ne sont pas autorisées ; elles ont créé trop de complications par le passé. En cas d'échec, on a toutefois droit à deux autres tentatives. Au-delà, c'est la réforme, la réaffectation dans un autre travail, un de ceux qui abîment le corps, un travail pour ceux qui n'enfanteront pas, n'élèveront pas d'enfants. Ne pas trouver de partenaire alors qu'on est en bonne santé, c'est l'assurance de voir l’opprobre s'abattre sur soi – nul ne veut ça.
Comme ernya, je trouve qu'il y a un problème à ce passage :
Ya pas de lien logique (enfin, pas direct) entre la question de Michel et le paragraphe explicatif. On s'attend plutôt à ce que le narrateur pense à sa réponse...

Citer
Et non, il ne m'est rien arrivé de grave. Mais je suis un "as de cœur" : je suis asexuel.
Du coup j'aurais mis ça au début. Après c'est mon avis.



Citer
   La main de Michel s'agite à côté de son visage en signe d'au revoir.
Ca fait un peu bizarre cette main qui s'agite soudain à côté d'un visage ^^. Mais pourquoi pas.


Citer
    Je devrais me lever et essayer, mais je n'y crois plus. Mon jean est usé aux genoux, et dans les poches aussi, sûrement parce que j'y mets trop de cailloux.
C'est marrant l'histoire de cailloux, je croyais que c'était une image au début. (par contre du coup y a pas vraiment de lien entre les deux phrases ?)

Citer
Enfant, je rêvais d'autres matériaux pour exprimer ma créativité.
« exprimer ma créativité » mbof ?



Citer
Bien sûr, je regretterai aussitôt à cause de mon compte en banque famélique.
Je le regretterai ?


Citer
Je me convainquais même que peut-être, avec de la chance, je trouverai des cailloux. J'aimerais bien me mettre à sculpter la pierre, mais ce qu'on trouve à la surface ne me convient pas.
Pour moi un caillou c'est un truc tout petit XD du coup ça me fait bizarre de l'imaginer essayer de sculpter un caillou.


Citer
    Je lui souris.
Je souris, plutôt ? Vu que sourire à un aveugle... même si je comprends ton idée.

Citer
  La porte s'ouvre alors que je suis occupé à peindre de petits morceaux de granite.
Granit



Je trouve Valentin très cruel à la toute fin.  :/



Bon ben j'ai pas eu grand chose à relever :mrgreen:
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 16 Août 2015 à 20:58:22
Merci beaucoup pour vos retours !

@Sam Liebnitz

Je suis très contente que le texte t'ait touché ! En fait, ce texte est drôle ; il touche une personne sur deux. Soit le lecteur accroche bien, notamment à la relation amoureuse des personnages (et aime aussi la fin), soit il n'accroche pas (et surtout, est déçu par la fin). Bon, du coup, ce n'est pas facile pour moi de faire des modifications  :???:

Pour te répondre, l'idée de ce texte m'est venue simplement en partant du fait que, dans les couples, il y a souvent un déséquilibre en termes de désir ; déséquilibre qui vient souvent de la même personne (je veux dire : l'un a de façon générale plus envie, plus souvent, que l'autre, et parallèlement l'autre a de façon générale moins envie). Parfois, ça se traduit de façon très négative : frustration, culpabilité, pression, remise en question des sentiments de l'autre, tensions,... Et ça peut conduire à la rupture aussi.
Traiter le cas de l'asexualité, c'était un peu pour moi traiter un "cas extrême" : et si l'un des deux n'avait juste jamais envie ? Comment réagirait l'autre ? Et si l'autre n'arrivait pas à s'y faire, si pour lui le sexe était indissociable des sentiments ainsi que d'une relation de couple ? Pour moi, ce texte vise d'abord à faire réfléchir à la question d'importance du sexe dans le couple, avec deux personnages opposés sur la question. (ce qui n'est pas facile à rendre ; j'ai l'impression de n'avoir fait qu'effleurer le sujet)
Le texte m'a aussi permis, du coup, de visibiliser l'asexualité, ainsi que d'aborder un certain nombre d'autres sujets dans la foulée, et c'était aussi le but.

Encore merci pour ton commentaire !

@Ernya

Merci beaucoup pour toutes ces remarques !

Citer
je ne comprends pas bien le rapport entre ton paragraphe explicatif sur les règles du monde créé et la phrase de dialogue (en fait je pige pas le rapport fait entre aimer le sexe/ compatibilité génétique -enfin j'ai l'impression que c'est là que ce fait le "lien" entre le dialogue et le paragraphe qui suit mais c'est peut-être pas ça)
Oui, bien vu, le lien n'est pas clair, surtout avec l'aspect génétique (qui sert à justifier la limite du nombre de chances). C'est un morceau que j'ai rajouté là parce que l'info manquait. Je vais changer ça ^^

Citer
hum, ton personnage est censé être asexuel, non ? du coup, qu'il ne soit pas pressé, ça se comprend. Je comprends moins le fait qu'il n'appréhende pas ce moment (surtout si du coup ça inclut un rapport sexuel avec un sexe non désiré de base)
Mm, c'est vrai que ce n'est pas forcément top. Après, je voyais ce "je ne suis pas pressé" comme un "je ne suis pas pressé d'avoir avec des enfants / de vivre avec plus de monde" -> je veux rester avec Valentin et profiter du fait de vivre juste avec lui.
Je vais voir comment je change ça ^^

Citer
mais du coup je ne comprends pas, il va coucher avec elle ou il va trouver une autre solution ?
"Je soumettrai une demande à l’hôpital pour la conception" sous-entend qu'il va passer par l'insémination artificielle (citée plus bas dans le texte). Je vais voir comment je peux clarifier ça.

Citer
Je vais essayer d'être constructive mais je ne suis pas sûre d'y arriver. Une fois n'est pas coutume, commençons par la fin. Je ne l'ai pas comprise. Pourquoi as-tu décidé de finir ainsi ? Je n'ai pas l'impression que faire le parallèle entre les deux colocation soit une façon de conclure le texte avec toutes les questions qu'il pose.

En fait, la fin ne fait pas spécialement le parallèle entre les deux colocations ; l'idée est que Valentin et le narrateur n'étaient pas en colocation, mais en couple (d'après le narrateur en tout cas). La réplique de Valentin est violente, parce qu'elle nie le fait que le narrateur et lui étaient en couple, elle nie l'existence d'une relation amoureuse entre eux (on pourrait traduire la réplique de Valentin par "nous n'étions pas en couple : tu ne m'as jamais aimé" (< tu ne me l'as pas montré (< tu n'as jamais voulu coucher avec moi))"). On peut penser que Valentin est bien conscient, au fond, que le narrateur l'a aimé, mais qu'il est aigri et lui dit cette phrase cynique et blessante sous le coup de la rancoeur. Ou bien qu'il croit sincèrement que le narrateur ne l'a jamais vraiment aimé, et n'imagine pas forcément le blesser.
Est-ce que ça te semble plus clair ? Est-ce que c'est le fait de parler de "colocation" (dans l'idée qu'un couple peut très bien vivre en colocation, et être un couple quand même), qui t'a gênée et a porté à confusion ? Je t'avoue que j'ai beaucoup de mal à changer cette fin, parce que certaines personnes la comprennent très bien, et d'autres pas du tout. C'est un peu le point délicat du texte.
(Pour éviter une incompréhension sur le terme de colocation, je l'ai défini plus haut dans le texte, avec la phrase "Sophie comprend le principal : nous serons deux colocataires, à vie." qui est synonyme de "nous ne seront jamais en couple" donc dans ce texte colocation ≠ couple)

Citer
J'aurais aussi bien aimé te voir un peu plus développer la relation entre Valentin/le narrateur, car, pour ma part, j'ai trouvé que tu allais assez vite dans la description de leur relation et j'ai eu un peu de mal à croire à cette histoire d'amour.
C'est vrai, je pense que tu as raison ; plusieurs personnes ont eu du mal à croire à leur histoire. Je vais essayer d'améliorer ça ^^ Je me demande si ce n'est pas ça qui empêche de saisir le message de la fin ; si on a du mal à être touché par leur histoire, on n'est logiquement pas touché non plus par le rejet de Valentin à la fin ? Est-ce que tu penses que le fait qu'il s'agisse de deux hommes joue dans le fait que certains lecteurs puissent se sentir moins concernés/touchés ?

Il y a plusieurs personnes qui m'ont dit qu'ils auraient voulu voir d'autres thèmes d'avantage développés dans cette nouvelle. En fait, le sujet principal est bien la relation entre Valentin et le narrateur ; les autres éléments sont secondaires. Clairement, comme tu le soulignes, le problème, c'est que j'ai eu les yeux plus gros que le ventre, j'ai traité trop de choses. Il y a des choses que je pourrais carrément enlever en fait. Du coup j'en viens à me demander si je ne devrais pas faire deux versions séparées : une intégrale (celle-là), et une recentrée (Valentin pas handicapé, ne pas traiter le thème de l'homoparentalité, société moins dictatoriale). Par contre, je n'arrive pas à trouver comment je pourrais "grossir" la nouvelle actuelle. Je vais réfléchir à tout ça !*

@Ambriel

Merci pour tes remarques !! Je vais corriger tout ça.
Concernant le granit(e), les deux sont bons en fait, mais granite est plus approprié (il correspond vraiment à la roche granitique), tandis que granit correspond en fait à n'importe quel matériau utilisé dans le BTP.

Effectivement, Valentin est très cruel à la fin, sa réplique sonne comme un reproche, une sorte de revanche qu'il fait suite à sa déception/frustration/souffrance dans cette relation. Dans la V2, j'ai aussi rajouté du pathos dans le dernier paragraphe (le narrateur qui insiste bien sur le fait qu'il est amoureux de Valentin etc., surtout la phrase "J'ai tellement espéré revoir Valentin, la seule personne que j'aie aimé, le seul avec qui j'ai été heureux."), pour aider les gens à comprendre la dureté de la fin. Est-ce que tu penses que c'est trop ?


* Edit : bon, l'éditeur à qui je l'ai envoyée m'encourage à la grossir... Donc c'est parti !! *retroussage de manches* (objectif taille : x 2)
Titre: Re : Re : As de cœur
Posté par: ernya le 16 Août 2015 à 22:03:45
Citer
Citer
mais du coup je ne comprends pas, il va coucher avec elle ou il va trouver une autre solution ?
"Je soumettrai une demande à l’hôpital pour la conception" sous-entend qu'il va passer par l'insémination artificielle (citée plus bas dans le texte). Je vais voir comment je peux clarifier ça.
on le comprend en effet mieux avec la fin. Mais ça rejoint ce que je disais sur mon envie de connaître plus le personnage du narrateur. Parce que bon, ça peut aussi être un peu "gênant"/"intimidant" whatever de passer par l'insémination artificielle et pour le narrateur, ça a l'air être une façon finalement très simple, en effet, ça m'a interpellée son manque de réaction face à ce sujet

Citer
On peut penser que Valentin est bien conscient, au fond, que le narrateur l'a aimé, mais qu'il est aigri et lui dit cette phrase cynique et blessante sous le coup de la rancoeur. Ou bien qu'il croit sincèrement que le narrateur ne l'a jamais vraiment aimé, et n'imagine pas forcément le blesser.
Est-ce que ça te semble plus clair ?
oui, c'est carrément plus clair mais comme tu le dis très bien plus bas dans ta réponse, c'est une fin qui me semble plus conclusive dans un texte plus court, posant moins de questions (enfin si le texte ne parlait que d'asexualité et du problème des attentes de chacun dans un couple en ce qui concerne le sexe)
Du coup, c'est vraiment pas le terme de colocation, c'est juste que pour moi, ton texte, en l'état, dépasse franchement la simple relation Valentin/narrateur

Citer
C'est vrai, je pense que tu as raison ; plusieurs personnes ont eu du mal à croire à leur histoire. Je vais essayer d'améliorer ça ^^ Je me demande si ce n'est pas ça qui empêche de saisir le message de la fin ; si on a du mal à être touché par leur histoire, on n'est logiquement pas touché non plus par le rejet de Valentin à la fin ? Est-ce que tu penses que le fait qu'il s'agisse de deux hommes joue dans le fait que certains lecteurs puissent se sentir moins concernés/touchés ?
je ne sais pas trop. Chacun a son opinion et sa vision de la sexualité donc peut-être que oui, certains peuvent avoir du mal à être touché par une histoire concernant deux hommes. Ce n'est pas mon cas. Perso, j'ai eu du mal à y croire parce que tout va assez vite et qu'on a - à mes yeux ! - très peu accès aux pensées/sentiments du narrateur. Enfin, c'est plus dit que montré, je trouve. Peut-être parce que tu n'as pas voulu trop entrer dans les pensées du personnage pour évoquer les règles de la société dictatoriale ?

Citer
Par contre, je n'arrive pas à trouver comment je pourrais "grossir" la nouvelle actuelle. Je vais réfléchir à tout ça !*
peut-être que tu pourrais la grossir en insistant plus sur leur vision différente de ce qu'est un couple ? en creusant du coup davantage la question de l'asexualité ?
(parce que finalement on sent quand même avant la phrase finale qu'ils n'avaient pas les mêmes attentes sur ce qu'est un couple. Enfin c'est peut-être pour ça que je n'ai pas vécu la fin comme un coup de massue)

Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 16 Août 2015 à 23:05:49
Encore merci pour ces précisions ! Je pense que je commence à y voir clair sur ce texte. Il y a du travail ^^


Citer
on a - à mes yeux ! - très peu accès aux pensées/sentiments du narrateur. Enfin, c'est plus dit que montré, je trouve.
Bien vu ! ^^ C'est un problème totalement récurrent dans mes textes je pense, et en plus je ne m'en souviens jamais (ou trop peu) avant que quelqu'un d'autre ne mette le doigt dessus.

Citer
peut-être que tu pourrais la grossir en insistant plus sur leur vision différente de ce qu'est un couple ? en creusant du coup davantage la question de l'asexualité ?
Je retiens cette idée. Je pense que je vais commencer par une deuxième partie, puis voir ce que ça donne et s'il faut restructurer la première partie.

Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 17 Août 2015 à 08:11:42
J'ai posté la V3, en tenant compte de vos remarques et idées. Merci !  :)


C'est un peu plus long par contre désolée ; c'est la taille minimale demandée par l'éditeur  :-[
Titre: Re : As de cœur - v3
Posté par: Rémi le 22 Août 2015 à 16:44:30
Salut Spes,

Citer
A l'idée de la chaleur qu'il fera chez moi, je me sens très las.
manque l'accent
À

Citer
Je ne suis pas laid, pourtant. J'ai vingt ans, une silhouette légère, un peu de barbe et des yeux clairs. Et non, il ne m'est rien arrivé de grave. Mais je suis un "as de cœur" : je suis asexuel.
Je préfère que tu expliques (c'était absent de la V1), c'est bien comme ça

Citer
Je suis bien avec Valentin, et j'aimerais continuer à vivre à deux avec lui.
j'aime pas trop cette formulation (le "à deux")

Citer
A tâtons, je fais demi-tour et prends la direction de la sortie.
À

Citer
Quand je partage le lit avec elle, pour éviter tout contact, je me serre sur le bord et, parfois, je tombe.
je trouve que le "je tombe" fait too much ou même un peu gag
C'est pas trop l'ambiance

Citer
A vrai dire, je ne sais même pas si Valentin est toujours affecté dans cette zone.
À


J'aime bien cette version allongée. On ne sent pas d'effet "remplissage" ou d'ajout ne s'intégrant pas bien.

Concernant la fin, je l'aime bien au niveau du sens et de l'idée mais la réalisation ne me plait pas super.  C'est un peu trop court je trouve, tu pourrais faire durer la scène un peu plus.
Notamment :
Citer
– Je reste là, Valentin ! je m'écrie. Au sous-sol. Je réparerai les charpentes des mines, une tâche dans mes cordes.
    Un instant, j'appréhende sa réaction. Puis, il dit :
– Je suis sorti d'affaire : ma colonne vertébrale est assez bien pour me permettre de marcher à  nouveau. Tu sais qu'ici, ils s'en foutent de ce qu'on fait, tant qu'on n'a pas de gamins ? Tu vois ce que ça implique ?
    Je ne comprends pas.
je ne comprends pas qu'il ne comprenne pas
et c'est trop rapide je trouve, les infos sont toutes fournies très vite.
(au niveau de la forme le "assez bien pour" est un peu bof je trouve)
(et puis, je ne vois pas trop l'intérêt de la blessure de Valentin, qu'est-ce que tu voulais faire passer ? j'ai raté un truc ?)

Chouette nouvelle en tout cas, c'est dense, prenant, bien écrit, agréable à lire, original aussi.
Bonne chance pour l'édition !

A+
Rémi
Titre: Re : As de cœur - v3
Posté par: Spes le 27 Août 2015 à 22:30:25
Coucou,

Encore merci RémiDeLille !
Je vais prendre en compte tes remarques. Je retravaille beaucoup cette version, parce qu'il y a de quoi faire ^^ Ca me fait plaisir que globalement elle te plaise, en tout cas !
Titre: Re : As de cœur - v3
Posté par: MillaNox le 29 Août 2015 à 21:44:55
salut !

me revoilà pour la V3 :)

Citer
En cas d'échec, on a toutefois droit à deux autres tentatives.
tu es dans un paragraphe assez explicatif et le côté parler est important pour que ça reste fluide. Du coup je trouve "toutefois" un peu trop soutenu, un truc genre "quand même" nous laisserai plus dans le "parler dans la tête du narrateur"

Citer
Un bruit de verre retentit, aiguë et violent.
aigu

Citer
Enfant, je rêvais d'autres matériaux pour exprimer ma créativité.
"exprimer ma créativité" ça fait peut -être un peu trop technique comme formulation :\?

Citer
je prendrai l'escalier. Dehors, j'errerai un peu devant les vitrines, je prendrai un café pour me consoler
répétition

Citer
Je me convainquais même que peut-être, avec de la chance, je trouverai des pierre
un passé composé serait + logique

Citer
J'ai l'impression de commencer à peine à le connaître.
bof cette phrase, pas très fluide :\?

Citer
Ce soir, j'aurais aimé l'écouter mais, à mon arrivée, il coupe le micro et enlève son casque.
pb de temps je crois :\?
je dirais :
Ce soir, j'aurais aimé l'écouter mais, à mon arrivée, il a coupé le micro et enlevé son casque.
ou
Ce soir, je voulais l'écouter mais, à mon arrivée, il coupe le micro et enlève son casque.
(mais chui pas sure)

*quelle horreur quand même ce monde où on t'oblige à faire des gamins même si t'en veux pas  :( :( *

Citer
   Au cours des jours suivants, j'ai beaucoup peint, de toutes les couleurs. Par moments, Valentin venait s'asseoir derrière moi. Il m'entourait de ses bras et nous restions immobiles devant la fenêtre. Je me sentais tellement bien...
il faudrait mettre tout ce paragraphe au présent je pense. là c'est très étrange de passer au passé et avec le passé composé au début ça fait encore plus bizarre.

Citer
Quand je partage le lit avec elle, pour éviter tout contact, je me serre sur le bord et, parfois, je tombe.
pas super crédible qu'il tombe (je me retrouve régulièrement à dormir sur le côté au bord du lit sur une largeur qui doit pas dépasser 15cm, et je suis jamais tombée, pareil pour mon copain (c'est pas qu'on se fuit hein, c'est quand les gosses font en même temps une mauvaise nuit et qu'on se retrouve à 4 dans un lit deux place  :D) bref je crois qu'on a un équilibre instinctif en tant qu'adulte quand on dort non ? )

Citer
Je lui suis gré de ne pas relever que je tremble.
je lui suis gré c'est très formel comme formule...

hop là tout lu !

je trouve cette version bien meilleure et bcp plus riche. ça va peut-être un peu vite sur la fin mais c'est le jeu de ces bonds dans le temps que tu fais.
je sais pas si on parle d'avortement pour une interruption sur un pb de rhésus ? et on sait pas trop ce que ça engendre pour sophie qu'elle se fasse capter ?
Sur ton perso globalement, il est pas très empathique avec les autres du coup j'ai dû mal à m'attacher à lui. par contre c'est l'histoire qui est attachante, et ta description de la dictature que tu as inventé qui est super intéressante.

chouette v3 donc :)

au plaisir !

Milla
Titre: Re : As de cœur - v3
Posté par: Spes le 02 Septembre 2015 à 11:28:25
Merci beaucoup Milla !!
J'ai beaucoup de choses à reprendre encore dans ce texte ; tes remarques vont bien m'aider. En tout cas, ça me fait plaisir que tu aies préféré cette version allongée à la précédente !
Titre: Re : As de cœur - v3
Posté par: Loïc le 27 Septembre 2015 à 18:03:32
Comme je fais la fiche de Valentin pour le tournoi, je viens enfin lire ce texte qui me fait de l'oeil depuis longtemps.

Citer
    La réaction de Michel me suffit pour savoir que, quoi que je dise, il ne voudra pas de moi.

Elle est chouette cette phrase. Simple, mais elle tombe bien. Elle convient parfaitement à ce qui précède.

Citer
L'organisation de la Cérémonie est coûteuse, notamment parce que des recherches sont effectuées sur les personnes mises en présence, afin de s'assurer de leur compatibilité génétique – c'est aussi pour cela que les rencontres "au hasard" ne sont pas autorisées ; elles ont créé trop de complications par le passé.

Je trouve ça un peu trop longuet et explicatif.

Citer
    La porte s'ouvre alors que je suis occupé à peindre de petits morceaux de granite. J'ai tiré les rideaux ; dehors, la nuit tombe. Des gouttes de peinture constellent le parquet, mais Valentin n'en saura rien. D'ailleurs, il ne s'occupe pas de ce que je fais, il pose en hâte le panier au sol et marche droit vers moi. Il murmure que je lui ai manqué aujourd'hui. Mon regard glisse sur les courses : il a pris du café. C'est pour moi ; lui n'en boit pas.
    Il me rejoint à pas lents, les mains en avant. Je les attrape.
    C'est la première fois que nous nous embrassons.

C'est chouette ça

J'ai beaucoup aimé ce texte et du coup j'ai pas grand-chose à dire. J'aime comme ton écriture s'accorde avec l'ambiance, comme la première personne est maîtrisée et la façon dont tu traites les termes.
Merci pour la lecture.
Titre: Re : As de cœur - v4
Posté par: Spes le 16 Octobre 2015 à 23:33:22
Ca y est, la V4 est arrivée  :banane:

Merci beaucoup, Loïc, pour ces remarques ! (et merci aussi pour Valentin pour le tournoi !).
Globalement, j'ai essayé de tenir compte de toutes vos remarques pour cette nouvelle version. J'ai notamment rallongé la fin. Et le narrateur a maintenant un nom... J'espère aussi qu'il parait un peu plus acteur, volontaire.
Titre: Re : As de cœur - v4
Posté par: ZADAZ le 17 Octobre 2015 à 04:09:38
Yop !
J'aime bien l'entrée en matière.
Avec l'humour qui en découle, et qui d'après moi attire le lecteur à aller plus loin.
La suite du texte est assez long, mais je trouve ( à mon gout), qu'on perd au fil du temps cet humour, on en apprend petit à petit plus sur ce monde ( futuriste ou parallèle) tout de même.
Je pense que si au fil du texte/temps, tu avais conservé  l'humour ( Noir) du début ça aurait mieux sonné.
Dans tous les cas j'ai apprécié l'histoire ( oui c'est facile de faire des commentaires sans avoir rien posté).
Au final ça tourne autour d'un seul est même thème ( l'enfant) que tu n'as pas eu avec Sophie. ^^( Pour l'histoire pure et dure)
Quand on lis tout le texte on, sent tout de même une nuance, entre les début avec Valentin, et le moment ou arrive Sophie.
Au début t'es quand même pas mal dedans, seul puis avec lui...
Quand Sophie arrive c'est un autre monde.
Et c'est mon avis ( je n'ai pas lus les commentaires car juste lire la nouvelle m'as pris pas mal de temps.) Bref, à partir du moment ou Sophie débarque tu es plus effacé ou du moins le personnage que tu incarne.
C'est d'avantage elle qui prend le relais, et je trouve ça dommage( surtout qu'elle est assez terre à terre, ton personnage à qui tu vais donné tant de consistance s'efface ( personnage tout de même, qui nous lance sur la lecture).
Car le Mathieu de l'intro gère sa vie, il est drôle, ect...
Je l'ai eu un peut en travers que tu quitte valentin dans le mutisme d'une réponse à sa question, marchant bien loin dans les tunnels ( bon en chialant contre un mur, plus loin) . Pour que ça me pique c'est que tout de même, c'était bien écrit tout ça. ^^

J'ai quand même pris du plaisir à lire ta nouvelle.  ;)
Titre: Re : As de cœur - v4
Posté par: Spes le 17 Octobre 2015 à 10:22:33
Merci ZADAZ pour ton commentaire détaillé, et bienvenue sur le MdE !

Tu es le premier, sauf erreur, à me signaler que le narrateur s'efface de plus en plus au fil du texte, notamment avec l'arrivée de Sophie, et le premier aussi à mettre l'accès sur son humour. Je note bien que le narrateur s'efface peut-être un peu trop à partir de ce moment du texte, je vais réfléchir à ça, ainsi qu'aux autres points que tu as relevés.
Encore merci pour tes remarques !
Titre: Re : As de cœur - v4
Posté par: Chouc le 24 Octobre 2015 à 10:13:06
Bonjour Spes.

J'ai presque eu envie de dire bonsoir, parce que j'ai lu ton texte la nuit dernière, sur les conseils avisés de Loïc. Mais je me sentais pas de le commenter sur l'instant, j'étais pas capable de formuler mon avis. Il est pourtant simple : j'ai pris une bonne claque.

Si je décide de développer un peu, je vais te dire que j'ai adoré. Je ne connaissais rien à l’asexualité et trouve que ton texte est un excellent vecteur pour faire connaitre cette tendance (je n'ai pas envie d'appeler ça un problème). L'histoire d'amour entre Mathieu et Valentin m'a énormément touchée, à la fois triste et belle, plus forte que cette société étriquée que tu as créée pour eux. Le sort de Sophie n'est pas très enviable non plus...

Bref, j'ai été captivée du début à la fin. Fin que j'ai aimé personnellement, j'ai vu qu'elle semblait triste à bien des gens dans les premiers commentaires, l'aurais-tu modifiée dans la V4 ? Parce que personnellement, même si les conditions sont ce qu'elles sont, je suis contente de les savoir réunis  :)

Je vais quand même formuler UN reproche : il est où le reste du roman ? Parce que là tu as de la matière il me semble. Rien que l'idée de cette société ultra dirigiste et malsaine peut nourrir une trilogie, la gestion des véritables histoires d'amour dans un tel endroit n'est qu'une des facettes que tu pourrais aborder (même si tu l'abordes à merveille). Je reste un peu sur ma faim  ;)

Merci pour cette lecture, au plaisir.
Titre: Re : As de cœur - v4
Posté par: Spes le 10 Septembre 2017 à 20:11:28
Salut ChouvrouteEstivale !

J'ai mis un peu de temps à te répondre, pardon ! Et merci pour ton retour  :coeur:
Effectivement, j'ai repris plusieurs fois la fin, qui du coup aboutit à une note plutôt optimiste dans la V4. Et, ton commentaire me rappelle que le thème est loin d'être épuisé avec seulement ce petit texte ; peut-être que je reprendrai quelque chose à partir de ça !
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Milla le 21 Octobre 2018 à 11:21:33
Salut !

Dans le cadre du coup de cœur du mammouth, je viens lire la version finale de ton texte (me semble que je m'étais arrêtée à la V3) ! :)

Citer
Je les peints, les sculpte ou les colle ; je crée de belles choses.
peins

Citer
   Au cours des jours suivants, je peints beaucoup, de toutes les couleurs.
peins

hop tout lu !
J'aime toujours autant ce texte  :coeur: Il s'en dégage un grande douceur dans la tristesse, le doute, la tendresse, l'anxiété...
Tu nous laisses par contre sans savoir vraiment ce qui arrive à Sophie, et ça a un côté flippant dans ce système chelou, j'aurais bien voulu que tu me rassures avec un "pas si pire pas trop grave" :s

Mais bref, c'est une lecture que j’aime énormément  :coeur: très bien écrite et menée, merci à toi  :coeur:

Milla
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Claudius le 22 Octobre 2018 à 11:43:52
 

J'ai lu, dans le cadre du coup de coeur, wouah ! c'est un tableau bien triste de l'avenir de l'humanité.

En tout cas, j'ai bien aimé le tout. Inutile de commenter plus que ça, c'est déjà fait et bien fait.

 ;) ;) ;)
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Spes le 05 Novembre 2018 à 18:06:23
Coucou !

Merci beaucoup pour vos retours Milla et Claudius :)
Concernant Sophie effectivement, je la voyais vraiment comme un personnage secondaire, et je n'ai pas cherché à imaginer ce qui lui arriverait exactement.. Dans l'idée, je pense que je préfère ne pas rassurer le lecteur, je pense que c'est ce qui va le plus dans le sens de la nouvelle.
J'ai corrigé les deux coquilles ^^
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Verasoie le 05 Janvier 2019 à 18:40:16
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Nous échangions des astuces et révisions l'art du sous-entendu.

 :D joliment dit

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Je ne suis pas laid, pourtant. J'ai vingt ans, une silhouette légère, un peu de barbe et des yeux clairs. Et non, il ne m'est rien arrivé de grave. Mais je suis un "as de cœur" : je suis asexuel.

Je connaissais même pas l'expression, tiens

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Dehors, j'errerai un peu devant les vitrines, je commanderai un café pour me consoler.

 :calin:

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Je me convainquais même que peut-être, avec de la chance, je trouverai des pierre.

trouverais des pierres

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Bref, c'est beaucoup de pression pour moi qui ai l'habitude de m'occuper des chantiers de démolition, mais peu importe – je suis rentré.

Je trouve cette introduction du background du perso un tout petit peu moins subtile que le reste. Un peu genre "ah, au fait, je l'ai pas dit mais je m'occupe de la démolition d'habitude". Surtout que quand il parle de travail avant, c'est les mines et les lieux toxiques, donc finalement je savais pas trop ce qu'il faisait, ça fait précision de dernière minute, peut-être le dire plus tôt ?

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Des gouttes de peinture constellent le parquet, mais Valentin n'en saura rien.

 :D
Trop pratique
C'est comme avoir un partenaire sourd quand on ronfle super fort hihihi

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  À peine trente minutes après s'être attaqués au bois ouest, en périphérie de la ville, un cri s'élève au-dessus du brouhaha du chantier.

anacoluthe ! (C'est pas le cri qui s'attaque au bois ouest et la rupture me fait bizarre à la lecture). J'aurais mis "Après qu'on s'est attaqués" mais c'est peut-être pas très fluide non plus pour le lecteur qui, obtus, se borne à trouver l'indicatif bizarre après "après que" :mrgreen: (coucou lo). Ou genre "On s'est attaqués au bois ouest depuis trente minutes, quand, en périphérie..." ?

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    Je souris à l'idée de pouvoir aller me reposer.
– Par contre…
    Mon collègue me regarde avec une moue affreuse.
– Mon gars, j'aimerais pas être en sous-sol !

Naon

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Je lui ai envoyé une lettre, pourtant… Il n'a pas répondu.

Il l'a écrite/piquée en braille ?

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    Je serre les dents, espérant qu'elle ait raison. De toute façon, elle ne renoncera pas et, de mon côté, je ne vais quand même pas me résoudre à la dénoncer.

Je pense que je trouverais ça plus impactant en s'arrêtant à "elle ne renoncera pas"

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  Je me place devant le carreau et essaie de voir à travers. Je distingue vaguement des chiffres ; il s'agit d'une adresse. Je suis sûr qu'en persévérant, je parviendrai à la lire.


Aaaah mais il écrit comment en vrai ? Machine à écrire ? Il dicte à un traitement de texte ?

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En fait, le narrateur est simplement asexuel. J'ai voulu que le thème principal du texte soit l'acceptation et la place d'une personne asexuelle (c'est-à-dire, dans le cas de mon personnage, qui ne ressent pas de désir d'ordre sexuel, mais qui tombe quand même amoureux) dans un couple, avec un partenaire qui n'est pas asexuel. Ceci dit, je pense que tu as raison, je devrais peut-être préciser dans le texte que le narrateur n'a rien vécu de spécial, afin de clarifier.

J'ai pas lu les versions précédentes du coup mais je trouve top la façon dont c'est expliqué ici. y'a ni trop, ni trop peu

Je lis avec attention les commentaires que je trouve trop intéressants.

J'aime beaucoup le fait que ton texte ait à la fois le sujet de la dystopie "société sur-contrôlée", plutôt classique (rien de très nouveau sous le soleil) mais que ce classique respecté fasse, du coup, un super terrain pour développer la question de la sexualité, de l'asexualité, de la relation de couple en général. Hyper bien joué.

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Traiter le cas de l'asexualité, c'était un peu pour moi traiter un "cas extrême" : et si l'un des deux n'avait juste jamais envie ? Comment réagirait l'autre ? Et si l'autre n'arrivait pas à s'y faire, si pour lui le sexe était indissociable des sentiments ainsi que d'une relation de couple ? Pour moi, ce texte vise d'abord à faire réfléchir à la question d'importance du sexe dans le couple, avec deux personnages opposés sur la question. (ce qui n'est pas facile à rendre ; j'ai l'impression de n'avoir fait qu'effleurer le sujet)

Effleurer certes mais sur cette durée de texte je trouve que tu le fais vraiment bien. En tout cas dans la version que j'en ai lu, je suis vraiment hyper touchée par le personnage parce que sous certains angles je m'y retrouve, et je me dis pas "han làlà mais il manque TOUT UN PAN DE SA PERSONNALITÉ".

Du coup voilà, c'est des mdeiens irl qui m'ont conseillé de lire ce texte que je connaissais pas du tout (je le pensais même pas si vieux, d'ailleurs :mrgreen:). Je le trouve vraiment cool. Poignant. C'est chouette de lire un personnage asexuel et, vu les commentaires (et ce n'est pas du tout une critique les gens, c'est justement parce que je sais qu'ici les gens sont trèèèès ouverts d'esprit en général que je suis carrément surprise que l'asexualité soit si "peu connue") c'est encore plus important. Merci pour ce texte  :coeur:
Titre: Re : As de cœur
Posté par: cyamme le 02 Février 2019 à 20:27:07
Coucou !

Je t'ai aussi lue dans le cadre du coup de coeur du Mout, mais sans te commenter... Je tente de me rattraper.

Citer
avec de la chance, je trouverai des pierre. J
pierres

En fait, je t'avais déjà lu il y a longtemps, et c'est un texte que j'ai beaucoup aimé.  :coeur:
La seule réserve que j'ai dans cette version du texte, c'est le détail à propos de la compatibilité génétique au sein du couple : pour un couple d'hommes, ça n'a plus trop de sens de regarder ce paramètre.

En dehors de ça, c'est un texte que j'ai beaucoup aimé. Pour le thème, qui est effectivement peu abordé il me semble et que tu traites en expliquant pile-poil assez à mon goût. Pour l'univers aussi. Bref, j'ai beaucoup beaucoup aimé.  :coeur:
Titre: Re : As de cœur
Posté par: Dieter le 02 Février 2019 à 20:56:19
Je n'ai pas pour habitude de commenter les textes courts. Je préfère m'évader dans de longues sessions de lectures. Mais l'atmosphère Orwellienne qui se dégage dès les premières lignes m'a comme aspiré dans le texte.

Tout comme Cyamme, j'ai apprécié que le sujet principal soit abordé de façon aussi subtile, très explicitement, mais sans ces excès qui quelquefois créent un malaise.
Traiter ce thème comme tu as su le faire n'est pas donné à tout le monde. C'est du beau travail. Bravo.