Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Verasoie le 23 Décembre 2008 à 02:14:03
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Edit : relu et prêt à mettre dans le recueil !
(attention il y a de l'italique sur "corset piercing", deux fois)
C'est pour donner de quoi lire pour la Nuit! moi, je suis trop fatiguée, je vais me coucher. :mrgreen: (mdr)
Je l'ai écrit et retravaillé il y a pas trop longtemps, j'aime bien le début, je m'y sentais à l'aise ; la suite et la fin je sais pas trop, j'ai toujours l'impression d'en faire un peu trop et d'en rajouter.
En tout cas ça fait très longtemps que j'avais envie de caser ce thème (spoil)de l'intoxication avec la mine de crayon...(/s). Ça m'était venu l'année dernière, je dirais, mais je n'avais rien à mettre autour pour en faire une histoire. J'espère que ça donne quelque chose de sympa. ^^ je vous laisse découvrir...
Edit : ah, oui, et c'est long. ^^'
(ancien titre : Obsession douce)
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Et le monde devint noir.
Je me sentis, comme détachée de ce corps, respirer de plus en plus vite, et chanceler. La lumière quitta mes yeux pendant un instant, tandis que la faiblesse montait en moi. Née, semblait-il, au creux de mon estomac, elle occupait mes veines l’une après l’autre à une vitesse vertigineuse, jusqu’à ma gorge, qu’elle enveloppait, serrait de plus en plus fort. Je m’agenouillai.
« Ça va ? Mademoiselle ? »
Hypoglycémie. Le mot avait glissé de mes lèvres en guise d’explication et d’excuse. Puis il avait résonné dans mes membres tremblants, comme si la faiblesse enfin nommée le scandait au rythme de ma pulsation sanguine. Hypoglycémie. Ce n’est rien, ça m’arrive souvent. Le soleil, oui. Je vais aller m’asseoir là-bas. Je vous assure. Merci, monsieur.
La nausée, provocante, effleurait mes lèvres. J’arrachai mes mains de l’asphalte brûlant, dont mes paumes gardaient l’empreinte, et fouillai ma poche. Puis je déballai le sucre enveloppé de papier, difficulté pour mes doigts fébriles, et le croquai avidement. Debout. Lente fonte du sucre dans ma bouche pâteuse, sèche. Je fis quelques pas et me laissai tomber sur un banc, à l’ombre. Garder la tête baissée pour l’empêcher de tourner.
Assise, courbée, les coudes posés sur mes genoux, en essayant de respirer de plus en plus lentement, je sentis monter en moi un sentiment qui m’était maintenant familier. Une lueur de triomphe. Tandis que mon souffle franchissait l’espace entre mes lèvres sèches, elles s’étiraient en un faible sourire. Hypoglycémie. Elle n’avait plus aucun secret pour moi, maintenant. Ces crises, je savais les provoquer. Ce soleil, un ou deux vêtements de plus que nécessaire, et surtout sortir à jeun, marcher vite, respirer plus vite encore… le sucre commença à faire son effet. Pensive, je mangeai un second carré. La jubilation, insensée, s’évanouissait doucement, en même temps que la faiblesse et les tremblements.
Toujours trop égarée pour bouger, comme à chaque fois, je fixai la rue, qui blessait par son éclat mes yeux fatigués, cernés. C’était déjà la deuxième fois, cette semaine, que je m’effondrais au milieu de la voie, soudain abandonnée par toute force vitale. De plus en plus souvent, comme un papillon de nuit attiré par la lumière, je provoquais la crise, jamais satisfaite tant que je ne m’étais pas sentie en équilibre au bord du gouffre, et prise de vertiges. En cet extrême moment de faiblesse, j’avais l’impression de pouvoir retrouver mon frère, de le toucher du bout du doigt. Mais dès que l’étourdissement était passé, et que la chaleur de l’air environnant devenait insupportable, je regrettais encore plus amèrement son absence, je désirais plus que jamais me retrouver à ses côtés, dans cette chambre désertée, fraîche, et sa pénombre rassurante de volets mi-clos.
La chambre de mon frère était un lieu qui m’avait toujours intimidée ; sans raison lorsque j’étais enfant, puis, en grandissant, parce que j’y voyais une partie de lui que je trouvais trop intime, et les stigmates de sa douce folie. Je commençai à y passer beaucoup de temps à seize ans, quand lui en avait dix-huit. Au fur et à mesure que les rivalités et querelles propres aux frères et sœurs disparaissaient avec notre âge, je me sentais de plus en plus attirée par la simple vision de mon frère, un crayon entre les doigts. Il passait des heures, chaque jour, à dessiner, si bien que ses murs étaient couverts de feuilles punaisées les unes sur les autres, le sol envahi de piles de croquis inachevés. Je l’avais vu utiliser tour à tour des supports et des outils très différents, mais avec un résultat toujours constant : du noir, du gris, et du blanc. Des corps, des visages. Quand je m’appuyais, parfois, dans un angle du mur, feuilletant sur mes genoux l’une de ses piles de feuilles, il s’asseyait en face de moi, avec dans les mains du papier rigide et du fusain. Au début, je refusais qu’il me dessine. Je me hérissais, grimaçais, quittais la chambre ; il insistait et nous nous disputions encore. Mais un jour il a sorti d’autres dessins d’un tiroir, et me les a tendus avec un sourire comme attendri par mon caprice. « Tu sais, petite sœur, je n’ai pas besoin de te regarder pour te dessiner. » Je vis mon visage répété sur les feuilles volantes, je me vis assise, allongée, en train de lire, parfois seulement mes mains ou mes yeux. J’acceptai alors d’être son modèle pour ce dessin au fusain, qu’il ne termina jamais. Il multiplia les traits, les uns sur les autres, grommelant que j’étais un meilleur sujet quand il me croquait à la dérobée ; je me moquai de lui, le narguai, le prétendis intimidé, jusqu’à ce qu’il strie ma joue de coups de fusain, que je lui rendis en ouvrant un tube de gouache noire qui traînait à terre. Quelques minutes plus tard, la feuille cartonnée était noire de peinture, et nous riions à en avoir mal aux côtes. Depuis ce dessin, je sentais que nous étions devenus absolument confiants l’un dans l’autre.
Il m’emmena souvent dans les gares avec lui. Assis sur un banc, il posait ses pieds croisés sur le bois, et appuyait dans ses bras ses genoux écartés. Puis il regardait les gens passer, s’assoir, traverser les voies, porter leurs valises, et en regardant avec lui je me rendis vite compte d’à quel point ils étaient tous originaux et différents. Soudain, il reposait ses pieds par terre et, un carnet de feuilles blanches sur les genoux, il dessinait de mémoire, au simple crayon, un ou plusieurs personnages que nous avions vus. Quand nous rentrions, il détachait les dessins du carnet, empilait la plupart sur d’autres tas de feuilles, et en choisissait quelques uns qu’il peaufinait avant de les accrocher au mur. Je le suivais et le regardais avec admiration, ou je lisais à côté de lui, mais toujours en silence, trop intimidée par cette confiance qu’il avait en moi, alors qu’il ne montrait ses dessins, et surtout ceux qu’il n’achevait pas, qu’à peu de personnes. Il me laissa même rester, quelquefois, alors qu’il travaillait avec l’un de ses amis pour modèle. J’avais vu son visage encore et encore sur les murs de la chambre et sous les traits du crayon de mon frère, si bien que je fus presque effrayée la première fois que je le rencontrai, en chair et en os. Il s’amusa de ma réaction et n’émit aucune objection à ce que je les regarde faire. Lorsque mon frère faisait un portrait, sa façon de dessiner était très différente de celle que je lui connaissais. Habituellement, il enchaînait les croquis, au crayon, sur des feuilles fines, comme animé d’une fièvre, de quelque chose dont il ne pouvait se libérer qu’en couchant sur le papier ces milliers de visages qui le hantaient en permanence. Mais quand il dessinait son ami, il était plus calme, absorbé par son ouvrage. Il travaillait au fusain, comme lorsqu’il avait essayé de me dessiner moi, et couvrait le papier de traits avec lenteur, en silence. Cela durait parfois plusieurs heures, que son modèle comblait en discutant avec moi, me posant des questions ou me racontant sa propre vie. J’appris que son domaine de prédilection était la photographie, et je restai suspendue à ses lèvres tout le temps qu’il m’expliqua comment il développait ses clichés dans la chambre noire.
Un jour pourtant, je maudis mon manque de réserve, en pénétrant sans frapper dans la chambre de mon frère. Torse nu, il était assis à l’envers sur une chaise, le dossier entre ses bras. Derrière lui, son ami s’affairait en manipulant son dos. J’eus l’impression d’avoir vu quelque chose qui aurait dû me rester caché, et d’avoir brisé cette confiance que nous partagions, lien qui me sembla tout d’un coup mince et fragile. Mais tous deux se contentèrent de me regarder d’un air surpris, dépourvu de colère. Mon frère me fit un signe de tête qui m’invitait à m’assoir sur le lit ; je m’exécutai et il prit ma main dans la sienne. De cette place, je vis enfin son dos : il était hérissé, depuis le bas, de deux lignes d’anneaux métalliques, argentés. Avec des outils qui me parurent effrayants, l’autre perçait la peau pâle pour y fixer deux derniers anneaux, sous les omoplates. Mon frère appuyait son front contre le dossier de la chaise, et serrait ma main plus fort chaque fois que la chair à vif le lançait. Je devais avoir un visage particulièrement inquiet, puisque son ami, le remarquant, éclata d’un rire franc et m’expliqua, tout en désinfectant les lignes de métal : « Ce ne sont que des piercings temporaires. Il les garde un ou deux jours, il les enlève, et il n’y aura même pas de cicatrice. Ne t’inquiète pas, j’ai reçu une formation pour faire ça… Tu ne croyais pas que je vivais de la photographie, quand même… » Il s’arrêta alors que mon frère sursautait violemment. « Désolé, une maladresse » ; et il reprit la désinfection plus lentement. « C’est pour une exposition sur l’aliénation des personnes à la société. Enfin, ceux qui ne s’intègrent pas, qui veulent rester à part, tu vois ? Moi aussi, je trouve que leur thème est mal formulé. Il y aura plusieurs artistes qui vont travailler sur les modifications corporelles. Entre autres. Les tatouages, tout ça… Ce que je fais, là, on appelle ça un corset piercing. Je vais passer ce ruban noir dans les anneaux, et les lacer comme un corset. Ensuite, on prendra les photos. » Tandis qu’il m’expliquait cela, me rassurait, et que je sentais mon frère acquiescer en silence, je remarquai l’appareil argentique posé sur la table de chevet. La curiosité me dévorait. « Je pourrai regarder ? »
Le ruban avait été lacé avec beaucoup de précautions, pour faire bouger les anneaux le moins possible. Normalement, m’expliqua le perceur, on attendait plusieurs heures pour le lacer. Mais la peau de mon frère avait très peu rougi autour des anneaux, et il pouvait en profiter pour le photographier dans le même après-midi. Debout en face du mur couvert de dessins, habillé de son seul jean, je le voyais sous un jour nouveau, avec le même regard que celui que son ami tentait de donner aux photographies. Je trouvais soudainement que ses épais cheveux mi longs, sa carrure très frêle, ses omoplates saillantes lui donnaient un air androgyne, voire féminin avec ce corset. Sans voir le résultat des images capturées par la pellicule, je savais qu’elles avaient toutes été prises de dos, qu’elles laissaient parfois apparaître son visage tourné vers l’arrière, ou juste un plan rapproché du ruban noir… On les développerait en noir et blanc, et mon frère les hanterait, personnage blessé tournant le dos à l’objectif, face à des centaines de croquis obsessionnels. Une improbable muse.
De plus en plus souvent, nous passions du temps dans les gares, tous les trois. Assise sur un banc, entre mon frère et son ami, je bavardais avec l’un, tandis que l’autre continuait à scruter la foule, sa conscience toujours fixée sur nous, à l’écoute, protectrice. Il s’asseyait, ces fois-là, le buste rejeté en arrière, un bras posé sur le dossier du banc. Je le trouvais plus serein qu’avant, tandis qu’il suçotait calmement la mine de son crayon, comme si ce tic l’apaisait. J’avais cru cela improbable, mais la finesse de ses traits s’améliorait toujours, les ombres qu’il plaçait sur le papier prenaient un réalisme étonnant. De nouveaux dessins recouvraient, sur les murs de sa chambre, de plus anciens qu’il ne prenait pas la peine d’enlever. Je fis un rêve, une nuit de fièvre : j’entendais sa voix m’appeler de derrière un mur, et j’ôtais affolée les couches de papier, une à une, pour l’atteindre. Cependant, le mur lui-même était composé de couches de dessins, et à mesure que je les arrachais, ils étaient remplacés par d’autres, qui devenaient effrayants, mon visage aux orbites vides, le dos de mon frère lacéré de cicatrices, la gorge de son ami et modèle serrée par un lacet noir.
Je me réveillai en sueur, tremblante et effrayée. Des larmes perlaient au coin de mes yeux et je sentais la naissance de sanglots secouer ma gorge. J’avalai ma salive, lentement, tentant de me calmer. Un bruit de pas dans la chambre voisine m’informa que mon frère ne dormait pas non plus, et je me levai pour le rejoindre. Il marchait, à la lumière de la lampe de chevet. Il s’arrêta quand j’ouvris la porte, mais je devinai qu’il était en train de trier les piles de dessin dispersées par terre, pour poser ailleurs d’autres piles reconstituées. Je lui expliquai que je venais de faire un cauchemar, sans toutefois le lui raconter. Il haussa les épaules et je m’assis sur son lit défait. Son réveil indiquait trois heures du matin. Je lui demandai pourquoi il ne dormait pas. « Insomnie », répondit-il. « Ça fait deux jours que je ne… » ; il ne termina pas sa phrase, porta une main à sa tempe, ferma les yeux. Je bondis du lit, prête à arrêter sa chute, mais il ne tomba pas ; il marcha doucement et s’assit à la place que je venais de quitter. Il marmonna quelque chose pour lui-même. Je compris « J’ai un goût de sang dans la bouche », et le vis prendre un crayon taillé, sur sa table de nuit, pour le suçoter lentement. Ma frayeur nocturne était passée et mes paupières s’alourdissaient. Je dus m’assoir auprès de lui et m’y endormir, et je ne me réveillai que le lendemain matin. Il m’avait allongée, et les draps étaient bordés sur moi. En ouvrant les yeux, je le vis à son bureau, dessinant, portant la mine de son crayon à ses lèvres, tel que je savais que je le verrais toujours, épargné par le temps et les coups du sort.
Pourtant, j’avais tort, et c’est à partir de cette période que tout commença à aller très vite. Après les insomnies, mon frère se plaignit de migraines, puis de maux de ventre. Il n’en parlait qu’à moi et refusait que je prévienne nos parents. Plusieurs fois, je me relevai la nuit, pour le trouver assis sur le carrelage froid de la salle de bains, la tête entre les genoux, tremblant, en proie à la fièvre et aux sueurs froides. Je devais le prendre par la main, comme un petit enfant, pour le ramener à sa chambre et à son lit, où il me retenait jusqu’à s’endormir d’épuisement. Même quand l’insomnie était passée, il me paraissait de plus en plus faible et j’avais l’impression qu’il n’arrivait à s’assoupir qu’en étant à bout de forces, et alors le sommeil dans lequel il tombait était sans repos. Plusieurs fois je le surpris à effleurer les murs de sa main, quand il traversait une pièce ou un couloir, comme pour pouvoir s’y rattraper s’il défaillait. Il dessinait toujours, insistait pour que nous sortions dans les gares, multipliait les croquis et suçotait sa mine inlassablement. Mais je remarquais qu’il faisait des pauses entre deux dessins, frottait les uns contre les autres ses doigts fatigués, les faisait craquer avec une expression douloureuse. J’avais compris ce qui lui arrivait, j’avais fait quelques recherches et confirmé mes soupçons. J’étais effrayée, et un jour, n’y tenant plus, je lui arrachai le crayon des mains et le jetai dans le hall de la gare. Des passants s’arrêtèrent, interloqués, mais repartirent vite, pressés de trouver leur quai. Mon frère me regarda, toujours calme, avec l’air même d’être trop faible pour pouvoir me reprocher quoi que ce soit, l’air d’être au dessus de ces caprices de fille, de gamine. Ou plutôt, la peur me le faisait voir comme tel. « C’est le plomb », criai-je presque, « le plomb dans tes foutues mines, c’est le plomb qui te rend malade ! ». Il me regardait toujours impassiblement, comme étranger à moi, curieux d’entendre la tirade de ce personnage étrange qui se tenait debout dans le hall, au bord des larmes. Ma voix se brisa. « Tu vas te tuer… »
Il se leva de son banc, avec ce franc sourire que j’aimais, celui qu’il avait toujours quand on ne savait pas à quoi il était en train de penser. Il posa une de ses mains sur mon épaule, mais malgré ses efforts je sentis que c’était pour s’y appuyer, s’y reposer. De l’autre main il me caressa les cheveux et joua avec une de mes mèches pendant un instant. « Allons, petite sœur », commença-t-il, « ça fait longtemps qu’on ne met plus de plomb dans les crayons. C’était trop dangereux pour les enfants. Je suis juste fatigué, j’ai dû choper quelque chose, mais ça va passer… Tu t’inquiètes trop… ». Ce sourire. Je savais qu’il me mentait et qu’il n’avait pas du tout envie de sourire. Je savais qu’il avait confiance en moi, et que je devais avoir confiance en lui, le laisser faire, que je n’avais pas le droit de briser notre lien. Ni de penser égoïstement que ça ne lui faisait pas de peine, à lui, non, je devais me tenir tranquille et ne pas lui en vouloir. Parce que je savais qu’il ne dessinait pas avec de vagues crayons à papier, mais avec du matériel d’artiste qu’il achetait spécialement, des mines de plomb. Alors je me détournai pour aller ramasser celle que j’avais lancée. Je voulus la porter à ma bouche, devant lui, pour voir son regard effrayé, pour le voir se trahir, s’en vouloir et l’empêcher de continuer à s’intoxiquer, pour qu’il m’arrache le crayon des mains et admette tout. Mais je le lui tendis. « Pardon ». Après coup je ne sus plus qui de nous deux s’était excusé ainsi, mais nous nous étions pardonnés mutuellement, c’était certain.
Mon frère tomba dans le coma un matin alors que nous étions ensemble, lui, son ami et moi. Je me souviens avoir crié, ou peut-être était-ce l’autre. Nos parents, qui étaient au rez-de-chaussée, ont accouru, et leur intrusion dans la chambre me scandalisa, ils n’avaient pas le droit d’être là, chez mon frère, au milieu de ses dessins, de ses petits assassins. C’était un viol. Je ne savais plus vraiment à quoi je pensais, ni ce qui se passait réellement, et l’ami de mon frère me tenait fermement le bras, m’appelait, me secouait. Les sanglots m’empêchaient de respirer et je crus que j’allais m’évanouir, mais je finis par me calmer. Comme ailleurs, détachée de mon corps, j’entendis venir l’ambulance, je la vis partir, tandis que nous restions, tous deux, dans la chambre, désemparés et bêtes. Nous n’échangeâmes plus d’autre mot que des banalités sur mon état, oui, ça allait mieux, il faut fermer la chambre, nous allons attendre les parents ici, ils ne rentreront sûrement pas avant un moment, je reste avec toi. Dans l’après midi, nous pûmes aller à l’hôpital. Mon frère était allongé dans un lit quelconque, branché, tout simplement. Comme endormi. Il faisait chaud dans la chambre, trop chaud, je n’avais rien mangé et je fis ma première crise d’hypoglycémie. Comme je refusai qu’on me vienne en aide, sauf l’ami de mon frère dont j’acceptai la main pour me relever, on considéra que c’était normal, dû au choc, je mangeai un sucre qu’on me donna et feignis d’aller mieux. Nous sortîmes. Les médecins avaient diagnostiqué une intoxication au plomb, trop tard. Il mourut d’une encéphalite dans la nuit.
Je commençai à frissonner sur le banc, à l’ombre du bâtiment. Je me relevai et constatai avec satisfaction que ma tête ne tournait plus, que mes membres me soutenaient. La crise était complètement partie. J’aimais ce contrôle que j’avais de mon corps et la façon dont je pouvais l’affaiblir. Je supposais que cette sensation était proche de celle qu’on pouvait ressentir en s’intoxiquant volontairement, en se sentant mourir de façon planifiée et prévue. Une sorte contrôlée de suicide, peut-être.
Je repris le chemin de chez moi, appréciant sur mes cheveux et mes vêtements noirs, de deuil, la chaleur du soleil. Je passai devant un centre culturel, sous une ridicule banderole blanche, trop grande et mal accrochée, qui signalait « Exposition artistique : l’aliénation de membres de notre société ». À côté de photographies en noir et blanc d’un corset piercing, un grand type debout regardait vers moi. Il m’aperçut, me sourit. Je répondis d’un signe de la main. Après une courte hésitation, j’entrai, comme presque chaque jour. Pour saluer le photographe. Pour parler, avec lui, de son modèle.
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j'aime beaucoup! :)
c'est toujours noir, toujours aussi prenant, bien écrit
pff, vraiment aucune critique
j'adore les personnages
bravo ^^
(désolée, c'est peu constructif)
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Ne t'excuse pas, ça me fait plaisir :) merci d'avoir lu ^^ *dit celle qui, s'écroulant de sommeil sur son clavier, n'a même plus la force de rejoindre son lit, alors apprécie d'autant plus :D*
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Verasoie. Je ne sais pas pourquoi j'avais déclaré ma flamme à Nienna ><
Le soleil, oui. Je vais aller m’assoir là-bas. Je vous assure.
asseoir
difficulté pour mes doigts fébriles, et le croquai violemment.
violemment ? je trouve ça un chouïa inapproprié
Il s’arrêta quand j’ouvris la porte, mais je devinai qu’il était en train de trier les piles de dessin posées à terre, pour poser ailleurs d’autres piles reconstituées.
« Allons, petite sœur », commença-t-il, « ça fait longtemps qu’on ne met plus
pas la peine de fermer puis rouvrir les guillemets, quand il n'y a qu'une incise
Bon.
Tu surprends toujours par la psychologie du personnage. L’hypoglycémie provoquée. J’adore ta manière de l’amener. On est surpris dès le début.
La relation tissée à travers le dessin, c'est bien un de tes thèmes j'trouve. Super bien fait, du coup.
Tu soignes le lecteur dans son cheminement, quand il suit l’évolution des personnages. Tout se fait en douceur, tu accélères le temps pour te focaliser sur une scène précise, que tu développes juste comme il faut. On a une impression de simplicité en te lisant. C’est reposant parce que tu expliques tout par les sentiments, t’es concise et claire, et tout est très bien écrit ; on a l’impression que tu n’as fait que ça de ta vie, que c’est naturel, spontané, les sentiments te viennent et tu les traduis sur ta feuille, et tu les mêles à un thème, à quelques idées qui s’accordent, le tour est joué.
Et au moment où tout est calme, où tu nous apaises, la confiance grandit entre frère et sœur, il a quelque chose de reculé et de sourd qui grandit, une atmosphère glauque qui prend de l’ampleur.
Pour le naturel dont je parlais avant, c’est aussi grâce à l’alternance entre dialogue et récit. C’est… vraiment naturel. Ca rythme. Tu décris des scènes avec beaucoup de précisions, mais tu arrives à le faire sans aucune répétition, sans aucune lourdeur, on a la même impression que pour le reste : comme si tu dessinais à perfection à main levée. Est-ce que tu te prends la tête beaucoup sur tes textes ?
Et puis les petites phrases chocs, qui n’ont pas d’arrière-goût artificiel ou prétentieux, contrairement à ce qu’on lit dans la plupart de la littérature générale contemporaine. « Une improbable muse. » Wesh.
Et donc l’atmosphère lourde et dérangeante prend de l’ampleur, on sait que rien n’arrêtera ta mécanique, il y a toujours une dimension tragique et sourde qui s’amplifie tout au long du texte pour se révéler dans les derniers paragraphes. Et c’est toujours par un détail saugrenu, qu’on n’a pas l’habitude de voir dans les autres textes. Fleurs séchées, piercings… tes textes marchent parce que tu fais passer les personnages en premier, qu’ils priment sur l’intrigue et ses ressorts. Les ressorts de tes textes, c’est eux, et c’est toujours réussi, on s’attache aux personnages et tout, tu prends ton temps et –
En fait j’écris ce commentaire sur Word, donc à ce stade j’ai toujours pas fini la lecture, mais j’y suis presque et je viens de lire l’explication (spoil, le plomb /s) et, ARGH, on ne s’y attend pas, c’est très bien trouvé, et que tu es horrible avec tes personnages, mais -
Bref, c’est toujours super réussi.
Et j’en demande toujours plus, t’as un projet de texte long ? sinon, il faudrait t’y mettre, j’ai hâte. Voilà je kiffe, point barre, et toutes les micro-suggestions citées au début sont des miettes négligeables et laides, on s’en fout, c’est pas l’important, c’est juste que ton texte, comme d’hab, est chanmé. (ouais l’enthousiasme me fait souvent parler en verlan.) Continue, écris +, + régulièrement, des choses plus longues, j’aimerais bien voir si tu arrives à t’adapter à n’importe quel format de texte
Tes personnages sont torturés quand même, un peu comme dans les bouquins d’Amélie Nothomb, mais t’as pas l’extravagance qui lui nuit. On peut s’identifier aux tiens, ils sont proches de nous, tu les rends proches. Et la toute fin est très réussie, aussi (voilà j’ai fini), avec le retournement prosaïque final du « modèle ».
bravo, bravo, je ne sais pas quoi dire, tu sais souvent quand je lis sur un forum un texte qui est vraiment supérieur, j'crise, je suis dégoûté, j'ai envie de tout arrêter puisque "à quoi bon", mais pas avec toi. Je sais pas pourquoi. Je suis juste comme le cobra devant l'amulette de Mortimer, "Par Horus, demeure !" - après, c'est vrai aussi qu'il se fait tard donc je suis un peu plus exacerbé qu'en heure normale, mais tant mieux parce que ça le mérite.
Mais j'ai peur que tu te lasses de ces compliments et cherches un autre forum plus intransigeant et critique. Tant que t'es là, t'façon, je ne vais pas mentir. C'était trop bien. Juste le titre que j'trouve un peu moins bien que les autres fois. Tu veux pas trouver un seul mot, avec un "p" ?...
[edit : ça fait un peu stupide d'avoir commenté ta manière d'écrire, ça fait un peu "je t'explique comment tu y arrives" c'est débile, mais peut-être que tu te rends pas compte à quel point c'est abouti donc... voilà]
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Alors là, si je m'y attendais... :o je sais pas trop quoi répondre alors je vais y aller point par point :
Tu décris des scènes avec beaucoup de précisions, mais tu arrives à le faire sans aucune répétition, sans aucune lourdeur, on a la même impression que pour le reste : comme si tu dessinais à perfection à main levée. Est-ce que tu te prends la tête beaucoup sur tes textes ?
Me prendre la tête... on peut le voir de plusieurs façons. Si tu parles en terme de temps, j'écris plutôt lentement, enfin, je chronomètre pas, mais j'ai dû mettre... je sais pas, peut être cinq ou six heures pour celui ci? Après, si tu veux dire en terme de relecture, les répétitions me font horreur donc c'est un truc que je traque... enfin, si tu parles de s'impliquer (des parties de soi) dans le texte, je dirais assez beaucoup.
ARGH, on ne s’y attend pas,
Je pensais pas réussir l'effet de "surprise" (d'autant que vous connaissez ma fascination pour les poisons, et que quand j'écris un texte gentil on croit qu'il y a une magouille "ils vont manger les enfants"... je sors :mrgreen:) donc c'est cool :D
Et j’en demande toujours plus, t’as un projet de texte long ?
Oui... enfin disons que le mot important de la phrase est "projet" (j'essaie, j'essaie.. lol)
est chanmé
Mdr j'ai pensé "han un mot soutenu que je connais pas" au début xD
Tu veux pas trouver un seul mot, avec un "p" ?...
"Patate douce" :D Non je plaisante. Je vais y réfléchir (Piercings? du coup, ça passerait. Enfin, non, ça 'dévoilerait' trop tôt un des thèmes. Je vais réfléchir plus avant cette nuit ^^)
En tout cas merci beaucoup pour ton commentaire, et d'avoir pris le temps de lire :o je suis (très agréablement) surprise parce que tu as dit ^^
Edit : j'ai corrigé les guillemets et "asseoir", remplacé le premier "posées" par "dispersées". Je réfléchir à un autre adverbe pour "violemment", c'est vrai que ça fait bizarre de croquer un sucre "violemment" ^^
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Tiens, voilà (http://www.plusdemots.com/longueur/7P/) les mots qui commencent par P en 7 lettres... bonne lecture.
J'y réfléchirai aussi.
Poste-le dans les romans-feuilletons, le projet, quand tu commenceras à le rédiger.
Oui donc je dis "P", mais c'est p't-être pousser l'union des textes un peu loin. Un mot pas trop long, un seul, qui synthétise, et poétique. Avec un "p" dedans. (tu peuux le faire ! si, si...)
merci pour la lecture ;)
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C'te site Oo' je regarderai, c'est vrai que pour Poisons/Pivoine j'avais pas fait exprès, mais ça pourrait être sympa d'en trouver un autre P à 7 lettres ^^ en attendant je laisse Obsession douce, et je parcours la liste ^^
(ton message a été posté à 3:33:33, au fait. x)).
encore merci ^^
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Ouais avec "p" je sais pas, parce qu'entre piercings et plomb... mais quelque chose qui rappelle les piles d'esquisses au crayon ; dessins, ébauches, croquis, esquisses, portraits plombés, fusain, oui on peut peut-être sous-entendre l'idée du plomb par autre chose, le fait qu'il abandonne le fusain par exemple...
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Wohaaa :o
Franchement, c'est un texte très plaisant, très agréable à lire. Très sombre aussi mais tu amènes la chute tellement bien. Dès le début, je croyais que c'est la fille qui allait y passer mais en fait non. Je plussoye Lo pour ses commentaires, il y a là un énorme potentiel et je te conseillerais également de te lancer dans un projet d'une plus grande envergure.
Par contre, j'ai vu 2-3 fautes d'orthographe :noange:
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Ce soleil, un ou deux vêtements de plus que nécessaire, et surtout sortir à jeun, marcher vite, respirer plus vite encore…
Elle est sacrément fragile.. une petite piqûre d'insuline ça marcherait mieux.. Mais ce que tu as mis est tout à fait correct, hein ^^
Aussi, tu n'as pas évoqué le visage pâle aux traits tirés, yeux cernés, inéluctable après une hypoglycémie, ni l'énervement incontrôlable, ni non plus la faim carnassière qui s'ensuit (même avec la remontée de la glycémie engendrée par le sucre)
Au tout début, j'ai senti que le frère était mort, et ai été un peu surpris de le voir en chair et en os... Par la suite, le développement des relations entre les personnages m'a beaucoup plu. On sent croître une ambiance sombre, oppressante, et on finit par attendre le dénouement avec impatience. J'ai tout lu d'une traite, malgré la longueur. Il y a beaucoup de choses bien trouvées et réalistes, et, en fait, je n'en vois pas qui ne le soient pas.
Je me questionnerai peut-être sur le rôle de l'ami, mais il est vrai qu'il participe à resserrer les liens entre la sœur et son frère, et il donne une note d'espoir, à la fin.. Non, en fait, il est bien un personnage à part entière, sa passion lui donnant corps, à mes yeux
Franchement, un texte excellent ! Ça me donne envie de bosser encore et de m'améliorer, en espérant atteindre ton niveau un jour..
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Merci beaucoup Krap :) je vais partir à la chasse aux fautes x)
Spes : Ça sent le vécu, ce que tu dis ^^' je tiens à ton avis sur la crise d'hypoglycémie, parce que j'avais peur qu'elle paraisse mal décrite, aussi... ça m'est arrivé deux ou trois fois (à cause de la chaleur et du fait de respirer trop vite, en fait) mais j'avais quand même peur que ça paraisse à côté de la plaque. Donc c'est vrai, j'avais complètement oublié la faim une fois que la crise est passée... d'un autre côté je vois pas trop comment l'évoquer, je rajouterai peut être une petite phrase dans les derniers paragraphes. (ceci pour éviter les interprétations "mais elle a faim de la présence de son frère à ses côtés!" mdr. oups, je m'emballe XD)
En tout cas merci d'avoir lu et commenté :)
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Je saurais te décrire dans le détail quelqu'un qui en est victime, mais heureusement cela ne m'est jamais arrivé - à ma connaissance, du moins
Tu peux ajouter à la liste d'effets secondaires notoires le désordre gastrique qui s'ensuit, d'où des éructations, ainsi qu'une faiblesse musculaire qui dure un bon bout de temps, rendant difficile tout nouveau effort physique
Une seconde durant, j'avais envisagé la possibilité d'une relation entre eux x3
De rien, ça me fait plaisir de t'être utile ^^
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Et le monde devint noir.
J'aime pas trop ce début. Il y avait quelque chose avant ?
respirer de plus en plus vite, et chanceler.
Ce passage me gêne par rapport à ce qui précède.
tandis que la faiblesse montait en moi.
Je pense que c'est à modifier ce passage.
comme si la faiblesse enfin nommée le scandait au rythme de ma pulsation sanguine.
Le mieux serait de trouver autre chose pour "la faiblesse".
Garder la tête baissée pour l’empêcher de tourner.
"Gardant" ou l'affirmation : gardez la... !
d’à quel point ils étaient tous originaux et différents.
Erreur de frappe je pense pour "d'à"
que celle que je lui connaissais.
de celle que je connaissais.
Une improbable muse.
Je ne comprends pas.
mon frère de plaignit de migraines, puis de maux de ventre.
Autre erreur de frappe : "se plaignit" et non "de plaignit"
Plusieurs fois je le surpris à effleurer les murs de sa main, quand il traversait une pièce ou un couloir, comme pour pouvoir s’y rattraper s’il défaillait. Il dessinait toujours, insistait pour que nous sortions dans les gares, multipliait les croquis et suçotait sa mine inlassablement.
Répétition il me semble avec un des paragraphes d'avant.
J’aimais ce contrôle que j’avais de mon corps et la façon dont je pouvais l’affaiblir.
Affaiblir dans quel sens ?
En conclusion :
Un texte assez difficile je trouve, et sombre. Je pensais au départ qu'il y aurait eu quelque chose de magique avec ces photos comme dans les Chair de Poule mais nada ! :) On s'attache au texte mais c'est surtout par les émotions du personnage principal.
Bonne continuation !
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Merci d'avoir relevé ces passages ^^
J'aime pas trop ce début. Il y avait quelque chose avant ?
Mh, justement, c'est ce que je voulais obtenir, avec le "et" : il doit relier à quelque chose avant, même s'il n'y a rien d'écrit..
Le mieux serait de trouver autre chose pour "la faiblesse".
J'avais cherché d'autres termes pour éviter les répétitions, mais j'avoue que je n'en ai pas trouvé... d'un autre côté je voulais insister sur la faiblesse quand même, parce que pendant une crise (du moins, la façon dont je le ressens personnellement), on ne se sent pas vraiment mal, mais vraiment faible, et ça va croissant... enfin, je vais laisser, je pense
"Gardant" ou l'affirmation : gardez la... !
Arf, l'infinitif est voulu, en fait. Comme quand on mettrait dans une phrase "surtout, ne pas faire de bruit.".
Erreur de frappe je pense pour "d'à"
A priori c'était voulu mais j'avoue que je suis pas sûre que ce soit grammaticalement correct... de rendre compte d'à quel point... si quelqu'un a la réponse, je prends, mdr
de celle que je connaissais.
Je corrige!
Je ne comprends pas.
C'est en imaginant le résultat des photos, elle ne voit plus son frère en tant que tel, plutôt comme une muse qui aurait inspiré son ami... enfin, j'aime le thème de la muse :)
Autre erreur de frappe : "se plaignit" et non "de plaignit"
Je corrige ^^
Répétition il me semble avec un des paragraphes d'avant.
Voulue aussi (pour l'impression de continuité, en fait)
Affaiblir dans quel sens ?
au sens de pouvoir provoquer une crise d'hypoglycémie à sa guise, etc
Voilà, merci d'avoir pris le temps de relever tout ça en détail, je file corriger les fautes^^
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Mais de rien !
Bonne continuation à toi !
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Waouh c'est époustouflant, comme d'habitude. A la fin du texte on est enfin libérés de l'étau dans lequel tu nous prends toujours :mrgreen: c'est positif, hein ! C'est que c'est tellement prenant, tellement bien mené, oppressant, bref, tout ce qu'il faut. J'ai rien relevé, tout coule de source, franchement, bravo. Et je trouve que ce format de texte te va à merveille, assez long pour prendre le temps de poser décors et personnages mais pas trop pour ne pas qu'on s'y perde. C'était bien quoi, et fichtrement bien trouvé pour le plomb. Un autre ! :noange:
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Merci Zach :)
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et en regardant avec lui je me rendis vite compte d’à quel point ils étaient tous originaux et différents
je ne suis pas certaine qu'il faut un "d" avant le "à quel point" (mais je suis pas sûre du tout)
Avec des outils qui me parurent effrayants, l’autre perçait la peau pâle pour y fixer deux derniers anneaux, sous les omoplates.
:o
Ma tête à cet instant montre que ton texte m'a complètement capturée, car j'ai cru sentir les anneaux percer ma chair, tu es horrible :-\
Il s’arrêta alors que mon frère sursautait violemment. « Désolé, une maladresse »
*déglutit*
Pourtant, j’avais tort, et c’est à partir de cette période que tout commença à aller très vite. Après les insomnies,
Je chipote, parce que j'ai rien de négatif à dire et que ça m'énerve : il y a des espaces en trop après le point
Comme je refusai qu’on me vienne en aide, sauf l’ami de mon frère dont j’acceptai la main pour me relever
je trouve que le "sauf l'ami" est un peu moins coulant que le reste du texte
*argh*
*a les larmes aux yeux*
*jalouse*
*attend quelques minutes pour commenter parce qu'elle sait pas quoi dire*
Bon, voila, j'ai lu les autres commentaires, ça m'a permis de reprendre ma respiration.
Je disais donc : "argh".
C'est... très très très bien. J'adore.
Au début, j'étais prise par le texte, mais sans plus ; disons que je m'attendais un peu à l'ambiance malsaine à cause de Poisons, à cette douleur provoquée et volontaire, mais j'appréciais quand même beaucoup la lecture. Ensuite à partir du moment avec les piercings... :coeur: :'(
J'étais complètement happée, à un point horrible. En gros, de ce moment là jusqu'à la fin du texte, j'avais les larmes aux yeux. C'est vraiment trop bien :'(
Pour le coup des mines de plombs, j'avoue que je m'en suis doutée avant l'explication, car on sent (j'ai sentis, du moins) depuis le début du texte que ça finirait mal pour le frère, tu instaures une ambiance... malsaine, et donc, tout en étant prise par le texte, je cherchais des indices pour deviner ce qui se passerait. Et donc j'ai pensé à ce suçotage de mine de crayon car tu insistes beaucoup dessus. Mais ce n'est pas plus mal que ce soit comme ça, je trouve : je le devinais, mais je n'en étais pas sûre, et j'étais si prise par le texte que je dévorais les mots pour avoir confirmation ou infirmation, mais surtout parce que... ben, je pouvais pas faire autrement que de continuer, toute façon ><
Bref, j'adore. Tes personnages sont super bien plantés, et ton histoire est bien trouvée, et ton ambiance géniale, et... y'a vraiment pas grand chose de négatif, quoi.
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Ben... c'est beau.
J'ai lu ton texte d'une traite, sans décrocher - vraiment prise dans le rythme, dans l'ambiance, dans les sentiments de l'héroïne. Son attachement pour son frère, la complicité qui l'unit à lui et à son ami photographe, sa peur de le perdre mais son incapacité de le trahir, qui fait qu'elle ne peut que le regarder s'empoisonner lentement, tout en restant à ses côtés...
Leur relation est très belle. Le dessinateur passionné, acharné, obsessionnel, qui meurt empoisonné par le plomb de ses crayons, c'est plutôt romantique comme idée - et vraiment très bien traité ici. C'est surtout très bien écrit. Tout est fluide, les sentiments passent très bien, l'ambiance un peu malsaine - mais qui garde une certaine beauté, par la passion de l'artiste, l'affection entre les personnages... - est vraiment très bien posée. Et la fin est parfaite, je trouve, le texte s'achève sur une sorte de réunion des trois personnages... ^^
Enfin bref, bravo quoi x_x
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*silence, je baisse le chapeau que je n'ai pas bien bas - en dessous du niveau de la mer, si c'est possible avec mes petits bras*
Comme les autres, je reste fascinée par ton texte, ton écriture, ta manière de nous faire voir des choses, de nous amener (et de ne pas nous lâcher en bout de route).
C'est vraiment très beau.
Y'a de très belles images, une ambiance enivrante, et y'a comme une vapeur, avec un fort parfum de feuilles poussiéreuses, jaunies, de mines de crayons...qui nous suit tout au long du texte je trouve.
Moi non plus je ne trouve pas de points négatifs...désolée. ;)
Ah juste, pour finir, une question : tu as lu le livre L'ombre du vent ? Parce que ton texte, enfin l'ambiance plutôt, m'y fait penser, un peu. En tout cas (au passage) c'est un très bon livre... ^^
Bravo !!
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Oh *rougit*, merci à vous trois... :o
Kail : Je corrige pour les espaces. Pour la phrase que tu as citée,
"Comme je refusais les mains qu'on me tendait, sauf celle de l'ami de mon frère, à laquelle je m'agrippai pour me relever, on considéra que c’était normal, dû au choc, je mangeai un sucre qu’on me donna et feignis d’aller mieux."
passe peut-être mieux? J'avais aussi buté dessus en me relisant, mais je savais pas trop comment reformuler. Si c'est bien le "sauf" qui gêne, je réfléchirai à autre chose, enfin je pense que ça bloquait parce grammaticalement c'était bof correct (par rapport au début de la phrase), mais si c'est pas mieux, dis-moi.
Nienna : non, j'ai pas lu ^^ j'y penserai si je le vois quelque part :)
Edit : j'ai changé le titre
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"Comme je refusais les mains qu'on me tendait, sauf celle de l'ami de mon frère, à laquelle je m'agrippai pour me relever, on considéra que c’était normal, dû au choc, je mangeai un sucre qu’on me donna et feignis d’aller mieux."
c'est mieux, même si j'aime toujours pas trop le "sauf"
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Titre parfait, je complète mes voeux en te souhaitant une année fusaine :-¬?
(pfff, j'ai cru que c'en était un nouveau, et puis j'ai vu le nombre de pages, et je me suis dit "un ancien que j'avais zappé !", donc je me sens un peu trahi mais bon, ça passera)
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Ah oui très bien le titre ! Il en dit juste assez, parfait :)
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J'ai aimé!
J'ai toujours apprécié les histoires qui encadrent une relation frère/sœur, une relation de tendresse, de confiance(oui je vis dans l'idéal et alors?>.<). La tienne nous fait croire à ce lien très fort qui les unit, sans en faire trop. Après les crises du frère, ça passionne, toute cette trombe d'émotions et de sensations est si bien décrite, qu'on passe à côté de certaines phrases mal menées, car l'intrigue prend bien plus que la syntaxe et qu'en ayant décrit ses passages d'une autre manière, l'effet voulu serait altéré.
Ce qui est bon aussi, c'est que même si l'histoire est morbide, elle reste apaisante, il y a cette incroyable sérénité qui emporte et donne plus de charme au texte.
Au début, on se demande pourquoi elle se fait du mal, pourquoi elle s'affaiblit de cette façon. Après, on comprend, on découvre le fond et les facettes de l'histoire, on comprend, on apprécie.
Bref, un texte que j'ai grandement apprécié.
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J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Je retrouve l'ambiance très bien plantée, les psychologies des personnages bien creusés, l'histoire de poison, et le style si prenant que j'avais adorés dans Pivoine.
Je ne sais pas quoi dire de plus...
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Tiens, un Verasoie qui m'avait échappé. Faut dire que tes textes, à la longue, deviennent lassant : on trouve jamais rien à y redire :mrgreen: Non mais c'est vrai, quoi, ils ont beau être longs, tortueux, glauques à souhait, on est pris au début, relâchés à la fin avec la gorge nouée/le coeur battant/les yeux rivés au point final en se disant "c'est fini, là ?", et on ne lâche pas une phrase. Du coup, forcément, c'est toujours le même commentaire ! J'aime pas ce genre d'histoire, d'habitude. Là, c'est simplement, comme l'a dit Zach, époustoufflant. Bref, c'est du Verasoie ! Bravo :)
(mais je persiste à ne pas m'étonner que tu aies des amis gothiques, mdr. Et vu ton enthousiasme pour les poisons... rappelle-moi de ne jamais manger chez toi, lol)
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Non, c'est assez exotique de manger chez Melo :mrgreen:
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Zach, j'te permets pas :mrgreen: MDR
En tout cas ne t'inquiète pas Mil, les commentaires de ce genre ne sont jamais lassants :3 ça me fait plaisir. (et tous mes amis ne sont pas gothiques :mrgreen: )
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Wouah !
Déjà la première phrase ! Qu'est-ce que ça claque :D !
Toujours trop égarée pour bouger, comme à chaque fois, je fixai la rue, qui blessait par son éclat mes yeux fatigués, cernés.
La phrase me parait un peu pleine de virgule ! :P Peut etre en mettant "comme à chaque fois" entre tirets...
Qu'est-ce qu'il est bien, ce texte !
Déjà, en tant que dessinatrice, j'aime bien le thème, et je visualise vraiment bien les scènes, les décors, les impressions... C'est vraiment bien écrit !
Par contre, c'est du sérieux ce truc d'intoxication a la mine de plomb ? ??? enfin je veux dire, c'est possible ?
Ha, et le truc des piercings, ca m'a bien fait flipper ! J'ai cru qu'il allait y avait avoir un accident, j'étais déjà en mode tendue... lol.
Bon bref, bravo pour ce "joli" texte !! :)
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Oh, merci :D
Je vais garder ton idée des tirets pour la phrase ^^
Pour la mine de plomb, en théorie oui c'est possible : en fait quand on s'intoxique au plomb on est atteint de saturnisme, et sur l'article wiki (dont je me suis aidée pour les "symptômes", héhé) on lit : "Quelques cas particuliers concernent des enfants ou adultes qui portent volontiers à la bouche des objets à risque (soldats de plomb ou objets de plomb, crayons d'artiste à mine de plomb)." Voilà =)
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:o
Ok, je suis TRES heureuse de ne pas avoir cette manie de mettre mes stylo a ma bouche...
Brrr ! Ca fait froid dans le dos ! :-\
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Bon, je remonte pour dire quelque chose de totalement inutile : j'ai beaucoup aimé ton texte :) Bon j'ai pas lu tous les commentaires mais je pense que tout a été dis avant moi. Voilà... :)
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Ca m'a rappelé l'ambiance d'Axel, peut-être à cause de la proximité des personnages qui vivent dans des pièces contiguës et du rapport ici au crayon, dans l'autre à l'encre.
J'ai beaucoup aimé, c'est un texte vraiment complet et abouti, ça se lit d'une traite, sans longueur. Bravo. :coeur:
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Tiens, je l'ai relu, j'ai trouvé des trucs a dire XD :
et sa pénombre rassurante de volets mi-clos.
Pas facile pour dessiner XD
Depuis ce dessin, je sentais que nous étions devenus absolument confiants l’un dans l’autre.
J’aime pas trop trop la tournure…
Une improbable muse.
XD entre ça et les corsets … lol
et suçotait sa mine inlassablement.
Ce qui est embêtant, c’est que tu insistes de plus en plus dessus, limite trop, alors que dans toute la première partie du texte tu ne mentionnes pas cette manie une seule fois. Ni son outil, ni rien. Du coup, la transition est pas très subtile.
mais nous nous étions pardonnés mutuellement, c’était certain.
« c’est » plutôt, non ?
J’aime bien la phrase de fin ^^ enfin juste les derniers mots meme, c’est juste bien.
Quand je pense que c’est le vrai premier texte Véranien que j’ai lu… ^_^ pas mon chouchou, mais bien placé quand meme dans mon top 5 ! lol
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J'ADORE ! Enfin, je suis vraiment hyper fan ! C'est très bien écrit, très touchant et j'en ai eu les larmes aux yeux (non sans rire, en plein milieu du métro ^^). J'ai pas grand chose à dire, comme pour Azure, mais j'aime vraiment, vraiment beaucoup !
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Oh, ça me touche ^ ^ huhu. Merci Zeph ! (et les autres aussi ^ ^)
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Je viens de lire dans Fusains et j'ai vraiment adoré. Comme ils l'ont dit il y a longtemps, ça se lit d'une traite (ou deux, quand t'es dans les transports et qu'il faut bien sortir), j'ai été immédiatement plongé dedans, tout ça tout ça.
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Bon, ben comme j'ai emprunté le recueil du même nom, faut bien que je commente maintenant ! :mrgreen:
D'ailleurs, j'ai réalisé que j'avais déjà lu l'histoire sans jamais la commenter, peut-être parce qu'en soit, il n'y a pas grand-chose à en dire, si ce n'est :
C'est du grand Vera, ça se lit tout seul. Tes personnages sont comme chaque fois ultra-attachants et vivants, c'est toujours emprunt de poésie.
Merci de m'avoir fait (re-)lire un si beau texte !
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C'est juste vraiment bon, en fait. Cette fluidité déconcertante, l'atmosphère sombre, flippante j'ai trouvé, à un certain endroit. D'habitude, je lis pas quand c'est (trop) long, je décroche, mais là, ça se lit très bien !
Bravo ! :)
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++
fluide et profond !
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Yo !
Je me sentis, comme détachée de ce corps, respirer de plus en plus vite, et chanceler.
J'ai un peu de mal avec cette première virgule. C'est vrai qu'elle donne un effet sympa, un petit côté "je reprend mon souffle", mais ça me gêne toujours un peu à la lecture ><
J’arrachai mes mains de l’asphalte brûlant, dont mes paumes gardaient l’empreinte, et fouillai ma poche. Puis je déballai le sucre enveloppé de papier, difficulté pour mes doigts fébriles, et le croquai avidement.
Je trouve l'enchaînement lourd. Y'a une répétition dans la manière dont tu structure les deux phrases, je n'aime pas trop.
Mais dès que l’étourdissement était passé, et que la chaleur de l’air environnant devenait insupportable, je regrettais encore plus amèrement son absence, je désirais plus que jamais me retrouver à ses côtés, dans cette chambre désertée, fraîche, et sa pénombre rassurante de volets mi-clos.
J'enlèverai le premier "et" pour plus de fluidité, ça donne ça : dès que l'étourdissement était passé, que la chaleur...
Je remplacerai le seconde "et" par un "avec", aucune raison particulière, je trouve juste que ça sonne mieux : dans cette chambre désertée, fraîche, avec sa pénombre...
La chambre de mon frère était un lieu qui m’avait toujours intimidée ; sans raison lorsque j’étais enfant, puis, en grandissant, parce que j’y voyais une partie de lui que je trouvais trop intime, et les stigmates de sa douce folie.
Je trouve ce passage trop lourd.
et en regardant avec lui je me rendis vite compte d’à quel point ils étaient tous originaux et différents.
Le "d" dans d'à quel point est-il vraiment nécessaire ?
Le ruban avait été lacé avec beaucoup de précautions, pour faire bouger les anneaux le moins possible. Normalement, m’expliqua le perceur, on attendait plusieurs heures pour le lacer. Mais la peau de mon frère avait très peu rougi autour des anneaux, et il pouvait en profiter pour le photographier dans le même après-midi. Debout en face du mur couvert de dessins, habillé de son seul jean, je le voyais sous un jour nouveau, avec le même regard que celui que son ami tentait de donner aux photographies. Je trouvais soudainement que ses épais cheveux mi longs, sa carrure très frêle, ses omoplates saillantes lui donnaient un air androgyne, voire féminin avec ce corset. Sans voir le résultat des images capturées par la pellicule, je savais qu’elles avaient toutes été prises de dos, qu’elles laissaient parfois apparaître son visage tourné vers l’arrière, ou juste un plan rapproché du ruban noir… On les développerait en noir et blanc, et mon frère les hanterait, personnage blessé tournant le dos à l’objectif, face à des centaines de croquis obsessionnels. Une improbable muse.
C'est tellement beau :s
Des larmes perlaient au coin de mes yeux et je sentais la naissance de sanglots secouer ma gorge.
Sentir la naissance de sanglots. L'image ne me convainc pas trop.
Voilà, terminé.
Ah, quelle finesse dans la noirceur :coeur:
Je crois que le bon terme c'est mélancolique, vraiment. Il y a cette sorte de passivité, ce flottement sombre. On devine le mal mais on ne le voit pas, et c'est parce qu'on ne le voit pas qu'il peut prendre toutes les formes que l'on peut imaginer, même les plus horribles.
Bref, j'ai beaucoup beaucoup aimé ! :D