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Ce sujet pose la question de la responsabilité de l’auteur.
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Pour avoir échangé sur ce thème à plusieurs reprises sur différents lieux consacrés à l’écriture, un auteur ne peut être tenu responsable de l’interprétation faite par un lecteur de son écrit. Imputer à l’autre la responsabilité d’actes malveillants est irrationnel et s’oppose à l’éthique d’une société évoluée. Encore faut-il que cette éthique soit un modèle pour tous. Une forme d’éducation qui ferait l’impasse sur celle-ci serait une porte ouverture à toutes les compromissions.
Miguel de Unamuno aborde la question sous un autre angle. Il interpelle le lecteur et demande si le personnage meurt en refermant le livre. Les fictions présument de l’existence de personnages irréels. Ils vivent un temps dans l’intellect du liseur. En abordant une nouvelle œuvre, il tuera ce personnage et d’autres le remplaceront. Une fiction, comme sa définition le précise, ne correspond à aucune forme de réalité. Elle s’y réfère pour rendre le récit crédible. Sous cet aspect, écrire c’est mentir et le mensonge passera d’autant mieux qu’il sera plus gros. Ainsi, le plus abject personnage ne vivra que le temps d’une lecture.
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@ Milora : Même si c’est un fou, et de toute façon il faut l’être pour faire des trucs tordus, ça n’enlève en rien que si un type s’inspire de ta fiction
Oui m'enfin, dans ce cas, il pourrait tout aussi bien faire des trucs tordus à partir de Mon petit poney. C'est pas pour ça qu'il faut interdire les dessins animés pour enfants. ça veut dire que c'est pas vraiment là que se situe le problème...
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Ce sujet pose la question de la responsabilité de l’auteur.
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Pour avoir échangé sur ce thème à plusieurs reprises sur différents lieux consacrés à l’écriture, un auteur ne peut être tenu responsable de l’interprétation faite par un lecteur de son écrit. Imputer à l’autre la responsabilité d’actes malveillants est irrationnel et s’oppose à l’éthique d’une société évoluée. Encore faut-il que cette éthique soit un modèle pour tous. Une forme d’éducation qui ferait l’impasse sur celle-ci serait une porte ouverture à toutes les compromissions.
Miguel de Unamuno aborde la question sous un autre angle. Il interpelle le lecteur et demande si le personnage meurt en refermant le livre. Les fictions présument de l’existence de personnages irréels. Ils vivent un temps dans l’intellect du liseur. En abordant une nouvelle œuvre, il tuera ce personnage et d’autres le remplaceront. Une fiction, comme sa définition le précise, ne correspond à aucune forme de réalité. Elle s’y réfère pour rendre le récit crédible. Sous cet aspect, écrire c’est mentir et le mensonge passera d’autant mieux qu’il sera plus gros. Ainsi, le plus abject personnage ne vivra que le temps d’une lecture.
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Je pense que tu parles de deux choses différentes, là. Certes, tout roman est fictif, donc tout roman est un mensonge et le personnage n'a d'existence que dans la tête du lecteur, le temps de la lecture.
Mais tout livre est lu par un humain (et par les bots de Google :mrgreen: ). Et un humain, c'est doté entre autres de deux trucs vachement sensibles : la mémoire et tout ce qui est inconscient. ça veut dire que oui, Valmont il n'a plus d'existence une fois que tu as fermé Les liaisons dangereuses, mais le personnage reste dans ta mémoire. ça veut dire aussi que ce roman où on enfonce par plaisir des coings chauffés à blanc dans les tibias du pauvre innocent, eh bien il aura véhiculé des images, des impressions, des sensations, des jugements moraux, qui vont rejoindre toute l'expérience vécue par le lecteur et constituer une petite pierre de plus dans l'édifice qui constitue son sens moral, sa sensibilité, sa vision de la vie.
Donc en fait, que le roman soit un mensonge, ça ne change rien, puisque ce qui compte c'est qu'un livre laisse une trace chez celui qui le lit (sinon, ça n'a pas d'intérêt de lire).
Belle réponse Ned, mais je vais me faire l'avocat du diable, si je suis un auteur pervers et que je cherche a corrompre mon lectorat, est-ce que je reste "non responsable"?
Et dés lors comment fait-on pour déterminer l'intention de l'auteur?
Oui, ça ça me semble une bonne question. En restant dans le champ de la responsabilité morale (et pas de la responsabilité légale, qui est tout autre chose et constitue un point dont je ne sais rien), c'est effectivement ça qu'il faut se demander, je pense. Un texte haineux, c'est quoi ? Où on met le critère ? Soi-même, quand on écrit, qu'est-ce qu'on véhicule ?
Y a pas une réponse à ces questions, mais ça me semble important de se les poser, chacun, individuellement, en tant qu'auteur (même amateur)...