Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: gage le 05 Mai 2015 à 16:26:42
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La nappe de lin blanc, très fine, est damassée. Le dessin en est simple : de très petits carrés en damier. Alternent donc des carreaux qui semblent plutôt mauves, et d'autres plutôt crème. Si l'on penche la tête ou que l'on regarde sous un angle différent, les nuances changent mais, quelles qu'elles soient, chaque carreau se distingue de ses voisins. À droite de l'assiette, j'ai abandonné le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte. Son manche de corne est agréable au toucher, lisse sous le doigt tout en présentant un veinage rectiligne dans des tons beiges à ivoire. Entre le manche et la lame, une petite bague d'argent ciselé présente un motif abstrait qui fait penser à la broderie anglaise. La lame est arrondie à l'extrémité et, près du manche, on devine un petit poinçon carré.
À gauche de l'assiette il y a le reste d'un petit pain. Il est environné de miettes de tailles diverses qui roulent sous mes doigts.
Derrière l'assiette il y a trois verres de cristal assortis. Le plus grand se trouve à gauche. Il est vide. Son pied assez épais est composé de plusieurs anneaux concentriques surmontés d'une boule volumineuse. Le calice est en forme de tulipe, avec huit à-plats qui semblent des pétales. À travers l'on discerne, déformée, l'étiquette de la bouteille de vin placée juste derrière lui, dont on devine à la forme qu'il s'agit d'une bouteille de Bordeaux. Les mots « Graves » et « Château » sont clairement lisibles. On peut voir malgré le verre sombre qu'elle est à peine entamée.
Le deuxième verre est légèrement plus petit, mais malgré cela tout à fait identique d'aspect au premier. Il contient un peu de vin rouge, à peu près trois gorgées, dont la couleur tend vers le violet foncé. La trace de mes lèvres y est visible, salissant le cristal à son extrême bord. Le dernier verre, légèrement décalé vers la droite, est bien plus petit. On aperçoit tout au fond les dernières gouttes d'un vin blanc très clair qu'il a contenu.
Mon assiette, de porcelaine, présente une frise de bleuets dits « barbeaux », et un liseré doré. Elle contient les vestiges d'une cuisse de pintade dont la peau a été poussée vers le bord, et dont des lambeaux conséquents de chair adhèrent encore à l'os gris. Il y a aussi quelques haricots verts, un petit monticule de pomme de terre écrasée, parsemée de persil, et une sauce brune qui se fige autour de morilles et de grains de raisin de Corinthe. Par dessus, le couteau au manche de corne, assorti au couteau à fromage, et la fourchette dont le manche est orné d'une coquille, sont posés en croix. Sous le rebord supérieur de l'assiette dépasse à peine la petite cuiller dont on ne voit que la partie bombée.
Au-delà du rempart des verres, un petit vase bleu et blanc d'inspiration chinoise est renversé, teintant de son eau la nappe dont les carreaux mouillés paraissent gris clairs. Les trois roses jaunes qu'il contenait sont couchées en désordre sur la table, la tige de l'une d'entre elles restant glissée dans le col du vase. L'une des fleurs a la tête tordue contre la base de la bouteille de Perrier qui est placée là. Au-delà...
Au-delà, il y a ton assiette au contenu presque intact, ta serviette blanche froissée sur la nappe blanche, et dont les plis prennent une couleur bleutée d'autant plus soutenue qu'ils sont profonds.
Au-delà, il y a le dossier de ta chaise, orné de fleurs sculptées, qui fait un angle précis de quatre-vingt degrés avec le bord rectiligne de la table.
Au-delà, je vois la fenêtre ancienne dont certaines vitres présentent des bulles, et à travers lesquelles les détails sont légèrement troublés.
Au-delà de la fenêtre, et à travers ces vitres anciennes qui donnent sur un parking ombragé par deux marronniers aux fleurs opulentes, j'ai vu ton tailleur bleu ciel disparaître derrière une haie de charmille rigoureusement taillée, et dont la couleur vert tendre tranche avec les frondaisons qui l'environnent.
De ma main droite j'ai repris le petit couteau à fromage, et de sa lame je réunis les miettes éparpillées à gauche de mon assiette.
Déplaçant ma serviette, j'ai posé ma main gauche sur la toile gris perle de mon pantalon.
Mes doigts tremblent légèrement.
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Je ne te cacherais pas que je me suis ennuyé.
Je hais les descriptions, vraiment, c'est ce qui est le plus futile à mes yeux dans un texte.
Du coup le fait que je me sois juste ennuyé c'est pas si mal. T'as fait du bon boulot je suppose
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Salut gage !
dont des lambeaux conséquents de chair adhèrent encore à l'os gris.Il y a aussi quelques haricots verts, un petit monticule de pomme de terre écrasée, parsemée de persil,
manque un espace après le point
et j'aurais mis parsemé au masculin, pour le petit monticule plutôt que d'accorder avec la patate (t'as vu, je suis dans le style ;))
Les trois roses jaunes qu'il contenait sont couchées en désordres
pourquoi un s à désordres ?
et dont les plis désordonnés
tu as "désordre" juste au-dessus
J'ai bien aimé. Cette description méticuleuse pour repousser le plus possible le moment de mettre des mots sur une séparation.
L'homme qui "bloque", ne comprend pas ce qui lui arrive, en viendrait presque à compter les carreaux sur la nappe pour chercher une assise, une réalité solide.
Rémi
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@W-E-Girlfriend.
Je hais les descriptions
Eh bien c'est sûr que c'était pas un texte pour toi ! :D Parce qu'honnêtement, si on enlève le descriptif, je me demande ce qui reste.
C'est dommage que tu sois réfractaire aux descriptions, parce que ça t'interdit tout un pan de littérature qui mérite le détour, et je ne parle pas de Balzac...
c'est ce qui est le plus futile à mes yeux dans un texte.
Évidemment, je ne suis pas du tout, du tout d'accord avec toi ! ;)
@Rémi.
Cher Rémi, j'ai corrigé sous tes conseils, à l'exception du "parsemé", parce que je pense que dans l'idée c'est bien la patate qui est parsemée, plus que le monticule...
Je te remercie d'avoir compris ce que je voulais faire. Tu l'as très bien résumé toi-même. Je suis rassuré que ce soit bien la stupeur du narrateur que l'on devine entre les lignes.
Merci encore pour ton passage.
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ouais, y a de la tension dans ces descriptions, c'est presque palpable, quoi
le plus fort, c'est que l'on ignore qui est l'autre, un homme ? Une femme ? Un hermaphrodite ?
en tout cas, c'est bien écrit, on ne s'ennuie pas une seconde en sentant monter la pression
ça m'a fait penser à du Zweig, pour le côté psychologique de la mise en scène
une petite coquille : cuillère avec un E
@ pluche l'ami
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Salut gage :D
Comme World End je ne suis pas un grand fan des descriptions mais pour une fois ça ne m'a pas trop gêné car la description permet de faire transmettre une émotion dans ce cas là. C'est vrai qu'a certain moment j'ai décroché un peu :-[ mais dans l'ensemble j'ai apprécié ;)
Au delà, il y a ton assiette au contenu presque intact, ta serviette blanche froissée sur la nappe blanche, et dont les plis prennent une couleur bleutée d'autant plus soutenue qu'ils sont profonds.
Au delà, il y a le dossier de ta chaise, orné de fleurs sculptées, qui fait un angle précis de quatre-vingt degrés avec le bord rectiligne de la table.
Au delà, je vois la fenêtre ancienne dont certaines vitres présentent des bulles, et à travers lesquelles les détails sont légèrement troublés.
Au delà de la fenêtre, et à travers ces vitres anciennes qui donnent sur un parking ombragé par deux marronniers aux fleurs opulentes, j'ai vu ton tailleur bleu ciel disparaître derrière une haie de charmille rigoureusement taillée, et dont la couleur vert tendre tranche avec les frondaisons qui l'environnent.
J'ai adoré ce paragraphe :coeur:
Déplaçant ma serviette, j'ai posé ma main gauche sur la toile gris perle de mon pantalon, sur ma cuisse.
Par contre je ne suis vraiment pas fan de cette phrase, j'enleverais " sur ma cuisse"
En tout cas bravo à toi d'avoir réussi à transmettre autant de chose en ne disant rien. Chapeau! :mafio:
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@Lepion.
Salut l'ami !
Zweig...tu me mets la barre un peu haut, là. Merci infiniment du compliment.
Ravi en tout cas que le texte t'aie plu !
Quant à la cuiller, je reste un des derniers vieux cons à l'écrire comme ça ( tu peux tester, le correcteur du forum la supporte telle quelle :D )
A la prochaine ici ou ailleurs !...
@Calegal
Bonjour, et merci du passage.
je ne suis pas un grand fan des descriptions mais pour une fois ça ne m'a pas trop gêné
Peut-être qu'au bout de quelques textes, seras-tu entièrement converti ?
( Je pense que les descriptions sont rarement innocentes et servent forcément le propos du type qui en use... :ned: )
Si en plus tu as adoré un paragraphe, je suis comblé, ça doit être une des premières fois que j'ai droit aux petits cœurs...
Merci pour ça aussi, c'est bon comme tout :).
Et puis je suis d'accord avec toi, le mot "cuisse", moyennement beau, n'apporte rien, il vire.
Merci encore pour tes compliments, à bientôt !
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Salut Gage :)
Pour commencer, je ne peux pas nier que tu es doué dans les descriptions. C'est bien écrit, on visualise bien la scène. Mais sincèrement, je n'ai pas accroché. J'ai beaucoup aimé le paragraphe qu'a souligné Calegal mais tout ce qu'il y a avant... Je n'ai rien ressenti, je n'ai pas trouvé une seule émotion qui se dégageait de ce que voyait le narrateur et c'est bien dommage parce que tes descriptions sont justes. Peut-être aurais-tu pu trouver un angle différent, qui aurait su décrire la même scène mais avec davantage de sentiments.
Malgré tout, je le répète, tu écris très bien. J'espère avoir l'occasion de te lire dans un autre registre qui me toucherait davantage ;)
A bientôt :P
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Ah, merci pour votre passage, mademoiselle Oussri.
En fait, tu n'as pas ressenti d'émotion parce que ce n'est pas prévu du tout...
Je crois que Rémi a vraiment et très simplement résumé ce que je voulais faire passer.
Le texte ne se veut que descriptif, tout en laissant comprendre la stupeur, le "KO debout" que subit le narrateur.
C'est comme une photo qu'il prend à ce moment là, et dont il se souviendra toute sa vie. L'émotion n'est pas du tout dans ce qu'il voit, mais uniquement en lui, et elle ne déborde quasiment pas.
En gros, il est anéanti, mais je ne le dis pas.
Merci en tout cas pour ton passage, et pour tes compliments sur mon écriture.
J'essaierai de te séduire autrement la prochaine fois... :D
J'ai quelque part un autre texte, qui s'appelle " Je préfère arriver par le jardin", mais je ne suis pas certain que tu y trouve ton compte non plus.
A la prochaine !
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Gage... :coeur:
( ça c'était pour que tu ai d'offices des petits coeurs en plus ! )
Comme le pion, je retrouve avec bonheur du Zweig dans tes lignes, et comme j'aime ça... car ça reste un de mes auteurs préférés et un maître selon moi en matière de description.
J'avais déjà lu, et hautement apprécié "Je préfère arriver par le jardin" ( ainsi que sa lecture ), et encore une fois tu réussis à me plonger dans un regard familier.
Depuis que je suis enfant, par réflexe, peut être par protection émotionnelle, j'ai l'habitude de décrire mentalement, par des phrases que je sens s'écrire dans ma tête, l’intégralité de mon environnement. Si bien que, pour les instants les plus traumatisants de mon existence, j'ai très souvent ce genre de " photographie détaillée " des endroits où j'étais jusque dans les détails les plus désuets et inutiles, ces moments particuliers où j'ai été fascinée par la beauté d'une teinte, d'un objet, de la précision d'un angle, du chaos parfait d'un agencement incongru face à moi, qui en dit long sur le moment clef qui vient d'avoir lieu.
Alors tu te doutes, très cher Gage, au combien, ta description parfaite, dans cette neutralité stupéfaite, accompagné de ce très léger tremblement éveille chez moi tout l'impact psychologique que l'on peut aisément se figurer dans le cas d'une violente rupture.
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Avec mon indéfectible amour pour ta plume...
Je te souhaite une délicieuse journée :-[
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Eh bien Marquise.... :-[
je souhaite à chacun sur ce site d'avoir la chance de s'éveiller par un charmant matin de printemps, d'ouvrir juste assez un œil bouffi par le sommeil dominical pour lire les " Réponses à vos messages " et de tomber sur un tel commentaire.
Merci infiniment Miss Carabas... vos éloges me semblent si disproportionnés. Et revoici Zweig, dont je ne connais que "le joueur d'échecs" qui pointe à nouveau le bout de son nez.
Merci beaucoup pour tous ces compliments, je m'en vais les mettre de côté pour les ressortir de temps à autre, les jours de doute, et les faire luire à nouveau...
Merci pour cette lecture sensible et "habitée".
La journée sera délicieuse... grâce à toi.
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Salut Gage !
J'ai lu ton texte, et j'ai un peu lu les commentaires, alors voici mon avis :
Je ne suis moi-même pas particulièrement fan des descriptions (je les sautais dans les romans que je lisais, autrefois) mais je suis fan des textes super. Du coup je suis fan de celui-ci. Parce qu'il est clair que cette description exagérée des moindres détails n'est pas là par hasard. Non, c'est vraiment beau, sérieux. D'un côté, un maximum de détails concrets, et de l'autre le minimum (un bout de phrase, qui plus est encadrée de passages descriptifs !) pour en expliquer la raison. Et ça, c'est vraiment super je trouve. J'avais déjà aimé en lisant, puis j'ai lu le commentaire de Rémi qui m'a un peu mieux fait comprendre le texte, notamment lorsqu'il dit : "en viendrait presque à compter les carreaux sur la nappe pour chercher une assise, une réalité solide". Voilà, du coup tout est déjà dit.
A plus, et bonne continuation !
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Bonjour,
Comme beaucoup, je n'ai jamais lu une description en entier. :-[
Une fois n'est pas coutume. Je me suis appliqué, et ce n'est pas aussi difficile que je l'aurais cru. Ca pourrait même devenir agréable.
Merci
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@Extasy !
Merci pour ton passage Au Cheval Noir. Décidément, je suis sur le point de convertir une frange du Mde au plaisir de la description. Je suis enchanté que tu aies capté le sens sous les choses. merci beaucoup pour tes compliments.
A + !
@Mythiris !
C'est avec beaucoup de fierté que je lis que toi aussi tu serais sur le point de passer du côté descriptif de la force de l'écriture... :D
C'est vrai que ça peu procurer beaucoup de plaisir de lire une description précise, mais sache qu'en plus, c'est passionnant à écrire. Je pense qu'il est plus facile de ressentir ce que ressent un personnage si le cadre est bien installé, ça peut servir dans toutes sortes d'écrits, même si finalement la description n'est pas destinée à être livrée au lecteur. En tout cas merci pour ce gentil détour. :)
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Salut gage, je remonte ça puisque tu en parles dans un autre sujet.
La nappe de lin blanc, très fine, est damassée. Le dessin en est simple : de très petits carrés en damier. Alternent donc des carreaux qui semblent plutôt mauves, et d'autres plutôt crème.
"de très petits carrés en damier", "alternent donc des carreaux" : est-ce qu'il faut vraiment ajouter une répétition à la description ?
Si l'on penche la tête ou que l'on regarde sous un angle différent, les nuances changent, mais quelles qu'elles soient, chaque carreau se distingue de ses voisins.
Réaction immédiate : je n'aime pas le "on".
(accessoirement, la phrase me semble imprécise : est-ce qu'il est toujours clair que c'est un damier, ou est-ce que chaque carreau est un petit peu différent des autres carreaux de même couleur ?)
le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte.
Des virgules pourraient accompagner la manipulation négligée ?
A travers l'on discerne, déformée, l'étiquette de la bouteille de vin placée juste derrière lui, dont on devine à la forme qu'il s'agit d'une bouteille de Bordeaux.
J'aime cette touche, l'angle de vue semble apporter quelque chose.
Je compte aussi dix "dont" dans le texte entier, qui est une articulation dont je ne suis pas fan en général. C'est une affaire de goût en partie.
Mon contexte pour discuter le texte, vu que tu as récemment manifesté ton amour pour Sarraute : je n'ai jamais lu de Robbe-Grillet, seulement quelques pages de Sarraute (pas impressionné, désolé), mais j'ai beaucoup aimé La Modification. Donc je suis ouvert à l'approche hyper-descriptive du Nouveau Roman, mais pas convaincu d'emblée.
Dans l'ensemble, il me semble que la description manque d'un parti pris définitif, entre l'objectivité et la subjectivité, entre le "on" et le "je" effectif du regard, entre le choix d'animer ou de désanimer la scène. Ça peut s'expliquer comme un tiraillement volontaire, une distanciation imparfaite, mais à la lecture, ça ne marche pas vraiment pour moi.
(je trouve aussi que ça s'appuie un peu trop sur les couleurs pour avoir une chose à dire sur chaque chose ; il y a un côté tableau mais il me semble qu'il pourrait passer autrement)
La fin marche bien (à partir de "Au delà"), mais elle aurait marché presque aussi bien avec moi sans la description initiale, ou avec cette description en trois mots. Je comprends extérieurement le travail de la stupeur, seulement pour moi ce défaut de parti pris ne la transmet pas vraiment, échoue à figer ou à donner une insignifiance définitive pour signifier par l'insignifiant. Pour l'approcher d'une autre façon, quand je le lis, ça ne va ni vers le beau ni vers le rien.
Alors je remonte un texte pour dire que je ne l'aime pas trop, et ça n'est pas très gentil de ma part ^^ Mais (en dehors du fait que d'autres gens aimeront), je trouve ça intéressant ; et ta remarque dessus dans l'autre sujet laissait entendre que tu avais abandonné cette piste, ce que je trouve dommage, parce qu'elle a de la valeur. C'est un premier essai, ça n'est pas parfait à mon goût, mais il y a de quoi y revenir.
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Salut barnacle !
et pas de souci pour moi que tu n'aies pas apprécié le texte plus que ça.
D'ailleurs ton commentaire est assez argumenté pour que je comprenne très bien pourquoi ce genre de texte ne te conviens ou ne te convainc pas.
Ce qui est amusant, c'est que ce n'est pas nécessairement en pensant à Sarraute que j'ai écrit ce texte. D'ailleurs j'imagine qu'elle se serait bien plus focalisée sur ce qui se passe dans la tête du personnage, sur le dialogue précédant la rupture, sur la déflagration interne que cela provoque. Et sur la façon dont le personnage ressens ceci ou cela, de cette manière-ci ou comme ça. Robe-Grillet peut-être, mais je le connais beaucoup moins.
Non, mon inspiration est plutôt à chercher du côté de l'Oulipo, et par exemple "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" de Perec, ou "La Vie mode d'emploi" du même auteur.
Dans mon idée il me fallait donc aller jusqu'à l'extrême description de chaque atome aperçu par le personnage. Pour la raison expliquée dans les commentaires. L'épuisement de tout ce que son regard perçoit au moment "m".
Pour entrer dans le détail d'une des descriptions :
une nappe damassée est blanche, immaculée en pleine lumière.
Ce n'est qu'en plaçant par exemple son visage de manière rasante que l'on aperçoit le motif, ou bien selon l'éclairage, ou si l'on mouille le tissu. D'où les différentes descriptions de ces fameux carreaux qui de fait, son imperceptibles.
Par contre, je suis décontenancé que tu apprécies ce que je décris avec la bouteille, qui procède pour moi du même exercice.
Tu parles de couleurs, et de tableau. Il est vrai que j'ai essayé de décrire la scène comme un nature morte, et je pense que les détails sont assez précis pour permettre la visualisation exacte de ce que voit le personnage de sa place. J'ai peut-être un peu forcé par contre sur l'esthétisme et c'est ce qui te perturbe ? (en plus du reste)
Bref, pas de problème, tu n'es pas le premier à ne pas goûter le récit. Et tu as quand même le mérite de l'avoir extirpé des limbes.
Il a, je trouve, l'avantage de faire poser des questions sur la représentation et la description dans l'écrit. Je suis assez fan pour ma part de ces détails qui jalonnent un texte et qui "font vrai", comme le rond mouillé qui reste sur la table quand on enlève le verre, par exemple. Sarraute fait exactement la même chose, mais pour essayer de décrire visuellement et tactilement ce qui est le ressenti, ce qui normalement n'est que cérébral. Elle le fait à la perfection.
Merci pour ton passage, et tes encouragements à m'entêter dans cette voie.
Mais là encore je ne te comprends pas trop : comment pourrais-je améliorer cet exercice ? Je crois que par définition il est condamné à ne pas te plaire. :-\
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Bonjour.
Mon impression: Plus je lisais le texte, plus j'avais faim, je me suis même levé pour aller voir dans mon frigidaire.
À la fin, j'Ai clairement compris tes intentions et tu m'as donné un exemple frappant d' un effet que la description peut ménager dans un texte. Franchement, merci. Je savais qu' on pouvait apporter un effet de lenteur, mais je n'avais jamais pensé à l'idée d'un choc ou d'un traumatisme. De plus, j'aime beaucoup le contraste entre la lenteur de la description et la violence de son sujet. (je ne sais pas si le terme "lenteur" est le meilleur, mais tu vois sans doute ce que je veux dire.)
Mon assiette, de porcelaine, Je formulerais cela différemment, car ça donne un effet hoquetant au texte. J'enlèverais les virgules ou j'allongerais le texte situé entre les virgules pour donner moins l'impression qu' on a le hoquet en lisant.
Sinon, bravo encore :)
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Dans mon idée il me fallait donc aller jusqu'à l'extrême description de chaque atome aperçu par le personnage. Pour la raison expliquée dans les commentaires. L'épuisement de tout ce que son regard perçoit au moment "m".
Justement, beaucoup des descriptions ne me semblent pas venir du personnage. Ce que tu décris pour la nappe par exemple, quand tu dis qu'il faut y coller le nez - le personnage ne le fait pas, c'est ce "on" qui tourne autour de la scène. Il me manque une unité dans l'angle de vue. Une grande partie de la description ne me semble pas venir du "je", mais flotter autour de lui.
Tu parles aussi de ton intérêt pour les touches humaines, mais justement dans ce texte-là, elles passent beaucoup au second plan, non ? Les objets n'ont pas été manufacturés, ils existent uniquement comme formes ; ils n'ont pas été posés, ils n'existent que disposés, etc. (j'exagère le trait pour rendre mon point plus compréhensible, et ça n'est peut-être pas le bon texte pour cet argument-là)
Ou si tu regardes les verbes, il y a des verbes de perception utilisés de façon impersonnelle et du passif, mais aussi beaucoup de verbes faibles. Il me semble que même une image figée fait quelque chose, les couleurs, les formes font, existent d'une façon particulière. Les adjectifs me semblent aussi en général un peu plats. (pense à un tableau que tu aimes par exemple, est-ce que tu peux le décrire fidèlement uniquement avec des "il y a telle forme de telle couleur" ?)
Autre chose par exemple : il n'y a aucune trace de lumière. Rien ne brille, rien ne crée d'ombre avant le parking.
Bref, je grossis le trait pour faire comprendre mon sentiment, mais il me semble bien qu'il y a des choses inexploitées, ou prises seulement par la moitié d'un bout. Ça n'est pas un excès d'esthétisme qui me dérange, vraiment pas. J'y ai surtout trouvé un objectivisme à moitié engagé (et c'est pour ça que j'aimais à l'inverse le coup de la bouteille, et pour la nappe mon problème était avec la phrase, pas le fait d'y chercher des nuances)
(et même si je n'aime jamais, ce qui est possible parce que je suis un vieux grognon, je trouverai toujours ça intéressant à nouveau)
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@ Salut Alex !
enchanté de t'avoir invité au restau ! :D
Je suis ravi que tu aies été sensible à cette histoire de rythme.
Le terme de "lenteur" me convient bien. Je comprends ce que tu veux dire.
Oui, l'important est le contraste entre cette apesanteur, ce calme, d'une certaine manière, et la scène qui s'est déroulée juste avant et dont nous ne connaîtrons que les dommages.
Comme quelqu'un qui est sourd après une explosion.
Je suis étonné que tu tiques sur : ,de porcelaine,
et pas sur : , parsemée de persil, par exemple. Y a-t-il une nuance que je ne perçois pas ?
J'imagine que ce genre d'exercice de description outrancière aurait sa place dans les techniques d'écriture dont tu parlais dans ta présentation ?
Au plaisir, en tout cas !
@ barnacle !
Je commence à comprendre un peu certaines de tes judicieuses remarques...
Par exemple, il aurait peut-être mieux valu utiliser le "il" que le "je", ce qui aurait permis d'user du "on" sans que cela soit choquant. Il est vrai que dans "la Vie mode d'emploi" tout est en "il"... ce qui permet la fameuse vision omnisciente.
Cela dit, je perdrais énormément en puissance quant à la chute, non ?
Il est possible que la pauvreté des verbes soit la conséquence de ce mode de description chirurgicale, qui se veut presque du ton d'un descriptif dans un catalogue. Un ton monotone, qui décrit de manière précise, comme un catalogue Manufrance, mais sans aucun sentiment. Et là encore, une narration en "il" aurait peut-être rendu la chose plus logique.
Par contre, je t'approuve pour le manque de lumière. Cette notion n'apparaît que dans la description de la serviette jetée sur la table. Il est évident que j'ai loupé quelque chose avec ça, et que j'aurais donc pu "en rajouter" dans le réalisme, c'est tout à fait vrai.
Du coup, grâce à ta deuxième intervention, je comprends bien mieux comment je pourrais progresser dans un sens qui ne te rendrait pas le texte plus agréable, mais au moins plus abouti.
Merci pour cette analyse précise, vraiment.
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Bonsoir ! Texte lu, et là où tu me parles d'innovation, je perçois en trompe-l’œil une certaine ruse, un piège inattendu. Ah ! Mais je ne me ferai pas avoir, moi, je suis un malin, moi. Eh eh ! Je ne me laisse pas faire. Sois-en assuré !! Monsieur a voulu me piéger, mais on ne me piège pas comme ça, moi...
:bouquine:
J'ai lu le texte dans le sens à Rémi, mais j'irai même plus loin dans ma perception du texte : pour moi, la répétition du terme "au-delà" renvoie clairement à la surenchère dont le narrateur fait preuve dans le texte. C'est de l'exagération à l'extrême, quasiment un épuisement éprouvé à l'écriture du texte, une fatigue morale à force d'exploiter toujours le même filon. Tu remets en question ce que tu fais, tu imposes un contraste entre la quiétude évoquée par les images proposées, et la "main qui tremble," celle du personnage angoissé. Le contenu du texte est explosif, il suffit de noter les détails pour s'en douter ! C'est comme s'il était là, observateur d'une réalité qu'il pose de la manière la plus automatique, je dirais même plus : de la manière la plus uniforme qui soit. J'ai vu en toi un frère qui dénonce des vérités proches de celles que j'aime nommer, j'y ai vu un questionnement sur la narration. J'y ai vu la voix de demain, celle qui refuse la littérature du conforme, la littérature du format. Quelle narration faut-il employer ? Devons-nous accepter le modèle sans jamais le questionner ? En vient-on à subir la réalité ? Sommes-nous voués à la passivité ? Tels de simples observateurs... J'ai tellement ressenti ton texte comme étant une prison pour le narrateur que la fin m'a paru des plus banales, cette fin m'a même conforté dans ma lecture, dans ma compréhension de ton texte.
Alors, questionner la narration, est-ce pour l'innover ensuite ou pour la laisser tel quel ? As-tu écrit un texte critique sur nos mœurs pour en venir à les garder ? ou vas-tu chercher à les transformer ? Moi, je crois plutôt que l'étape d'après, ce sera de réinventer les modèles de narration : je crois que tu écris la littérature de demain, celle qui donnera naissance à un nouveau courant.
Le calice est en forme de tulipe, avec huit à-plats qui semblent des pétales. A travers l'on discerne, déformée, l'étiquette de la bouteille de vin placée juste derrière lui, dont on devine à la forme qu'il s'agit d'une bouteille de Bordeaux.
J'aurais dit : À travers celui-ci on distingue, mais ce n'est qu'un détail étant donné la dimension expérimentale du texte.
Ah ! Je propose une interprétation osée du texte, tu avoueras que c'est audacieux, venant de ma part, de proposer une lecture très particulière de ton texte, j'espère que tu interpréteras ce geste courageux comme étant un gage de ma sincérité !!
Eh ! Voici pour ma lecture, je soutiens la recherche et l'innovation artistiques et littéraires, elles sont le cœur même de notre culture.
:roidumonde:
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Bonjour, je crois que le fait que je n'aie pas tiqué sur le: , parsemé de persil, alors que j'ai tiqué sur le , en porcelaine, s'explique du fait que les structures des deux phrases sont différentes, mais surtout le fait que le premier est situé vers la fin de la phrase alors que le deuxième est au début. Les virgules coupent l'élan de ta phrase, coupent l'élan du lecteur. Ça brise le rythme. (je fais souvent ça moi-même)
Voilà, c'était ma théorie sur la question.
Par contre, à la deuxième lecture, le fait que tu encadres: "en porcelaine" de virgules, ça donne un effet d'insistance sur un détail insignifiant comme ferait quelqu'un en état de crise dans le genre: mon assiette: elle était en porcelaine, tu vois... (avec des trémolo s dans la voix et sur le point de pleurer.)
Donc, je crois qu'il n'y a pas de mauvaise solution, tout dépend de ton intention. :)
p.s Oui, ce genre de description colle trait pour trait avec les exercices d'écriture que me propose mon livre. J'en ai fait une ce matin, justement, mais je ne la publierai pas: c'était une description de mon bureau d'ordinateur et des trucs qui traînent dessus. Je ne voudrais pas vous endormir avec ce genre de texte.
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@ Alan
"On sent quelque chose derrière les choses" dit le poète.
Il est donc tout à fait probable qu'il y ait des choses cachées derrière les mots. Et que derrière mes intentions simples et juste esthétisantes se cache le complot du siècle ourdi contre le malheureux lecteur entravé dans mes rets.
Tu me rappelles les personnages du"pendule de Foucault" qui, dans tous les faits historiques, les textes qui leur passent entre les mains, parviennent à trouver un lien occulte.
C'est me faire honneur que de fouiller ma prose et me croire capable de plus que je ne peux.
Audacieux, tu l'es à plus d'un titre, cher Alan, et courageux d'avoir retourné mon récit comme on retourne un champ pour y trouver un trésor.
Une question me taraude, Alan, la question de tout auteur devant tout lecteur.
Et tu as beau être plus qu'un lecteur, puisque tu es Alan Tréard, ma question est la même :
tu en penses quoi de "Au Cheval Noir" ?
as-tu éprouvé du plaisir, même infime, à cette lecture ?
@Alex
merci d'être repassé Au Cheval Noir entre la poire et le fromage, Alex !
Je suis rassuré par ton nouveau ressenti, parce que mon intention étant la même à travers tout le récit, j'étais étonné que l'un des éléments ne soit pas dans l'alignement du reste.
Ce qui aurait pu arriver, malgré tout.
Il existe une bible de la création littéraire qui doit ressembler à ton bouquin, c'est "Le nouveau Magasin d'Écriture" d'Hubert Haddad... tu en as entendu parler de celui-là ? Je pourrais te le décrire si ça t'intéresse.
Merci en tout cas d'être repassé !
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Dans le cadre du défit MDE 2016. Lire un texte dont le titre ne m’attire pas du tout, a attiré mon attention.
ATTENTION : Paradoxe, le défi du MDE va anéantir l’univers.
Bref, le titre « Au Cheval Noir » que j’ai compris « Le cheval Noir » ne m’a pas permis de connaître la lecture du texte avant de le lire.
Si l'on penche la tête ou que l'on regarde sous un angle différent, les nuances changent, mais quelles qu'elles soient, chaque carreau se distingue de ses voisins.
J’ai dû relire, en supprimant le passage gênant la phrase ne change pas de signification.
A droite de l'assiette, j'ai abandonné le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte.
Présent & imparfait. Que je manipule depuis un moment sans m’en rendre compte.
Après lecture du texte, le titre ne m’attire pas beaucoup plus.
Si c’est bien écrit, si j’y ai appris du vocabulaire. Je suis resté de marbre au texte.
Car autant, je pourrais m’extasier devant la peinture ou le dessin d’une nature morte, autant la lecture du telle œuvre me gonfle au possible.
Je ne fais pas partie des lecteurs à qui tu destines ce texte.
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@ Alan
"On sent quelque chose derrière les choses" dit le poète.
Il est donc tout à fait probable qu'il y ait des choses cachées derrière les mots. Et que derrière mes intentions simples et juste esthétisantes se cache le complot du siècle ourdi contre le malheureux lecteur entravé dans mes rets.
Mon cher ami, je commence à croire que tu manques encore de confiance en toi ; te cacher ne changera rien à qui tu es, à ton activité. Il vaudrait mieux que tu expliques tes intentions aux lecteurs pour qu'ils saisissent mieux la profondeur de ta démarche ; comment veux-tu t'ouvrir aux lecteurs si tu passes ton temps à les refouler et à leur mentir ? J'ai très bien compris ta démarche, moi, j'y ai vu la force et le poids du travail. On ne s'isole que des plus naïfs. Les autres sauront toujours découvrir la vérité et la traiter avec ouverture et intérêt. Tu dois t'habituer à aller vers tes lecteurs en leur expliquant ta démarche, sinon, bien sûr que tu ne trouveras jamais de chaussure à ton pied ! Comment peut-on à la fois vouloir être lu et refuser de faire une démarche d'ouverture ? C'est destructeur ! Tu déraisonnes, cher ami, il n'y aura pas d'échange sans un vrai dialogue avec le monde qui t'entoure.
Tu me rappelles les personnages du"pendule de Foucault" qui, dans tous les faits historiques, les textes qui leur passent entre les mains, parviennent à trouver un lien occulte.
C'est me faire injure, j'aurai ma vengeance ! >:D
C'est me faire honneur que de fouiller ma prose et me croire capable de plus que je ne peux.
Audacieux, tu l'es à plus d'un titre, cher Alan, et courageux d'avoir retourné mon récit comme on retourne un champ pour y trouver un trésor.
Je suis écolo, le mot "champ" m'évoque la beauté et la perfection humaine. Je n'aime pas les trésors...
Une question me taraude, Alan, la question de tout auteur devant tout lecteur.
Et tu as beau être plus qu'un lecteur, puisque tu es Alan Tréard, ma question est la même :
tu en penses quoi de "Au Cheval Noir" ?
as-tu éprouvé du plaisir, même infime, à cette lecture ?
D'abord je te l'ai dit un message plus haut, tu m'obliges carrément à m'auto-citer, une humiliation ! :ronchon:
Le contenu du texte est explosif, il suffit de noter les détails pour s'en douter !
J'ai vu en toi un frère qui dénonce des vérités proches de celles que j'aime nommer, j'y ai vu un questionnement sur la narration. J'y ai vu la voix de demain, celle qui refuse la littérature du conforme, la littérature du format.
As-tu écrit un texte critique sur nos mœurs pour en venir à les garder ? ou vas-tu chercher à les transformer ? Moi, je crois plutôt que l'étape d'après, ce sera de réinventer les modèles de narration : je crois que tu écris la littérature de demain, celle qui donnera naissance à un nouveau courant.
Eh ! Voici pour ma lecture, je soutiens la recherche et l'innovation artistiques et littéraires, elles sont le cœur même de notre culture.
Tu noteras que j'inscris ton texte dans la catégorie "recherche et innovation"; voulais-tu t'inscrire ailleurs ? à la casse peut-être ? Tu m'as peut-être demandé de te commenter pour me prouver que j'avais tort, et voyant que je ne tombais pas dans le piège établi, tu t'es dit qu'il valait mieux m'achever ; une trahison !! Oui, Monsieur, je ne m'interdirai pas de dire que tu as une démarche innovante, même si tu es l'auteur, tu n'as aucun pouvoir sur la lecture de tes lecteurs, il leur reste la liberté de s'emparer de ton travail pour le questionner. Tu me fais penser à ce pauvre vieux roublard, Jean d'Ormesson, qui, voyant ses lecteurs relayer une image de lui qui lui déplait, décide d'écrire un livre qui leur dit comment il faut parler de lui et comment il faut le considérer ; comme s'il appartenait à un écrivain de maîtriser ses lecteurs ; une honte, une catastrophe ! S'il-te-plaît, ne m'en demande pas trop ! Je dis simplement mon ressenti, et je suis un incorruptible commentateur. Je te donne ma vision du texte : innovation et nouveauté ; si tu me connaissais vraiment, tu saurais que j'encourage et que je soutiens le renouvellement de la littérature ; ainsi comprendras-tu que malgré la grande pudeur dont je fais preuve, j'encense ton travail d'écriture.
Si tu t'affranchis des lecteurs pudiques, c'est la fin de ta carrière, ne l'oublie pas.
Mais non ! L'assassinat n'avait pas suffi... Monsieur, en plus de m'avoir méprisé, d'avoir même remis en question mon analyse littéraire, sans va, pour m'achever, bafouer ma grande pudeur ! Je suis la pauvre victime d'une cruauté sans limite.
Je n'ai même plus un seul endroit où me réfugier !
C'est toute ma personne qui a été destituée...
Il ne me reste plus que le dépérissement dans la poubelle aux mauvais critiques, aux écrivains humiliés, la poubelle aux littéraires condamnés...
Ça y est, je sens les feux dévorant qui m'éloignent de tout sursis...
#:s
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@ Kanimp
À mon avis, lorsque la lecture devient une corvée, il est plus raisonnable de l'interrompre.
A droite de l'assiette, j'ai abandonné le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte.
Présent & imparfait. Que je manipule depuis un moment sans m’en rendre compte.
Les deux actions se déroulent à deux moments différents, c'est pourquoi il faut utiliser deux temps différents.
Désolé que le texte t'ait gonflé.
Mais comme tu n'es pas le premier et que je n'ai pas l'ambition d'être universel, ce n'est vraiment pas grave.
@Alan
Il vaudrait mieux que tu expliques tes intentions aux lecteurs pour qu'ils saisissent mieux la profondeur de ta démarche
Tu es gentil , Alan, tu me prêtes des intentions... :-\
Je ne suis pas sûr qu'il soit rassurant d'être obligé d'agiter une banderole au début d'un texte pour en expliquer le fonctionnement, éclaircir le fond et justifier la forme.
Je trouve plus sympathique de prendre la main de celui qui a lu et s'interroge, et de lui faire toucher du doigt le sens. Il est d'autant plus disponible s'il est curieux.
Le dialogue dont tu parles commence à ce moment-là, et c'est la force d'un forum comme le nôtre.
C'est me faire injure, j'aurai ma vengeance !
Retrouvons-nous demain, à l'aube, sur le pré, envoie-moi tes témoins ! |-|
Je suis écolo, le mot "champ" m'évoque la beauté et la perfection humaine. Je n'aime pas les trésors...
Mais Alan, tu te souviens de la fable, elle sert ton propos :
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.
tu m'obliges carrément à m'auto-citer, une humiliation ! :ronchon:
J'aime bien t'humilier par auto-citation forcée !! :D
si tu me connaissais vraiment, tu saurais que j'encourage et que je soutiens le renouvellement de la littérature ; ainsi comprendras-tu que malgré la grande pudeur dont je fais preuve, j'encense ton travail d'écriture.
J'adore cette phrase !!! je ne m'y reconnais pas du tout, mais j'aime trop comme tu m'affubles de vêtements bien trop grands et bien trop précieux pour moi... :)
Une fois que tu m'as déguisé, j'ai l'impression que tu parles de quelqu'un d'autre.
Allez, Alan, sort de cette poubelle !
Je prends ta main pour te hisser sur ce joli piédestal que tu mérites.
Ton analyse me sied, par narcissisme, parce qu'elle parle de moi, et ça c'est bon. Que tu m'y prennes pour quelqu'un d'autre est flatteur, et je le prends comme un compliment.
Je te remercie pour le temps que tu consacres à faire de moi le phare de la littérature de demain, tu en es un aussi. Mais chacun à sa place :
tu es celui qui éclaire la route à l'avant du carrosse, et moi cette lanterne rouge qui balance doucement à l'arrière.
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Ah ! Merci à toi, je ne suis pas déçu de pouvoir au moins sortir de ma poubelle... Je n'y ai pas ma place, malgré les dires.
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@ Kanimp
À mon avis, lorsque la lecture devient une corvée, il est plus raisonnable de l'interrompre.
A droite de l'assiette, j'ai abandonné le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte.
Présent & imparfait. Que je manipule depuis un moment sans m’en rendre compte.
Ne t'inquiètes pas. Ce que je retiens, c'est que j'ai identifié le texte comme nature morte.
Par la suite j'ai lu que c'était bel et bien l'orientation que tu désirais pour ce texte.
Donc, tu as réussi avec brio l'objectif que tu t'étais fixé.
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Salut Gage !
Je t'aime bien pourtant ! :)
Mais j'ai trouvé ce texte un peu trop fabriqué pour être honnête.
Personnellement, lorsqu'un être me manque, je ne me mets pas à faire la nomenclature des infimes détails de ma salle à manger. Il y a sans doute trop de minutie dans tes réminiscences qui confine à la maniaquerie de l'antiquaire, du commissaire-priseur, ou encore du peintre naturaliste. Bref, je conçois ce que tu as voulu faire ressentir, mais je ne sais pas si tu t'y es pris de la meilleure des manières. La frêle émotion de la fin ne m'aura pas suffi.
Bien à toi !
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Salut Kokox!
il ne faut pas non plus le prendre pour plus qu'il n'est : un exercice de style.
Et n'y mettre pas plus de prétention qu'il n'y en a.
Je me suis expliqué sur l'inspiration oulipienne du récit, et je ne renie pas ce que j'ai écrit parce que dans l'ensemble, il est tel que je le concevais.
À le relire, le trouve très réussi, en fait... ceci dit en toute modestie.
Aah, mais m'y suis pris-je de la meilleure manière ? Telle est la question !! :D
Que suggèrerais-tu pour l'améliorer, par exemple ?
tout en conservant le même concept, bien entendu !! ;)
Dis-moi tout !
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Salut Gage !
Comme le texte est court et que je me sens d'attaque, je te livre mes commentaires détaillés, au fil de ma lecture, dans le corps de message !
Concernant mes impressions générales, c'est un texte chouette ! En évitant quelques écueils (quelques passages plus lents, des répétitions parfois un peu excessives à mon avis), le texte gagnerait en force, je pense. La fin est chouette aussi, j'aime bien.
Bon courage pour la suite !
La nappe de lin blanc, très fine, est damassée. Le dessin en est simple répétition + verbe pauvre : de très petits carrés en damier. Alternent donc des carreaux qui semblent plutôt mauves, et d'autres plutôt crème. Si l'on penche la tête ou que l'on regarde sous un angle différent, les nuances changent, mais virgule ici, amha (mais tu peux enlever la précédente) quelles qu'elles soient, chaque carreau se distingue de ses voisins. A accent droite de l'assiette, j'ai abandonné le petit couteau à fromage que je manipulais sans doute tout à l'heure sans m'en rendre compte. Son manche de corne est agréable au toucher, lisse sous le doigt tout en présentant un peu maladroit amah, je te conseille plutôt "et présente" qui est cohérent avec le début de la phrase un veinage rectiligne dans des tons beiges à ivoire. Entre le manche et la lame, une petite bague d'argent ciselé présente un motif abstrait qui fait penser un moyen d'éviter le verbe faire ? à la broderie anglaise. La lame est arrondie à l'extrémité, et virgules amha, pour encadrer "près du manche" circonstancielle de lieu près du manche on devine un petit poinçon carré. l'adjectif "petit" apparait au moins une dizaine de fois dans ton texte, tu devrais essayer de le remplacer, je pense
À gauche de l'assiette il y a le reste d'un petit pain. Il est environné de miettes de tailles diverses qui roulent sous mes doigts.
Derrière l'assiette il y a trois verres de cristal assortis. la répétition de "il y a" et l'absence de virgule sont sûrement voulues, mais ce n'est pas, je trouve, le meilleur choix de style que tu aies fait dans ce texte ^^ Le plus grand se trouve à gauche. Il est vide. Son pied assez épais est répétition + verbe pauvre composé de plusieurs anneaux concentriques surmontés d'une boule volumineuse. Le calice est en forme de tulipe, avec huit à-plats qui semblent des pétales. A accent travers l'on discerne, déformée, l'étiquette de la bouteille de vin placée juste derrière lui, dont on devine à la forme qu'il s'agit d'une bouteille de Bordeaux. Les mots « Graves » et « Château » sont clairement lisibles. On peut voir malgré le verre sombre qu'elle est à peine entamée.
Le deuxième verre est légèrement plus petit, mais malgré cela "malgré cela" devrait être encadré de virgules, mais c'est peut-être volontaire ? tout à fait identique d'aspect au premier. Il contient un peu de vin rouge, à peu près trois gorgées, dont la couleur tend vers le violet foncé. La trace de mes lèvres y est visible, salissant le cristal à son extrême bord. Le dernier verre, légèrement décalé vers la droite, est répétition + verbe pauvre bien plus petit. On aperçoit tout au fond les dernières gouttes d'un vin blanc très clair qu'il a contenu. tournure un peu maladroite, amha
Mon assiette, de porcelaine, ici, par contre, les virgules sont un peu de trop, amha ^^ présente une frise de bleuets dits « barbeaux », et un liseré doré. Elle contient les vestiges d'une cuisse de pintade dont la peau a été poussée vers le bord, et dont beaucoup de "dont" dans ce passage, et au moins six dans le texte, pourtant court des lambeaux conséquents de chair adhèrent encore à l'os gris. erk :mrgreen: Il y a aussi quelques haricots verts, un petit monticule de pomme de terre écrasée, parsemée de persil, et une sauce brune qui se fige autour de morilles et de grains de raisin de Corinthe. Par dessus, le couteau au manche de corne, assorti au couteau à fromage, et la fourchette dont le manche est orné d'une coquille, sont posés en croix. Sous le rebord supérieur de l'assiette dépasse à peine la petite cuiller dont on ne voit que la partie bombée.
Au-delà du rempart des verres, un petit vase bleu et blanc d'inspiration chinoise est renversé, teintant de son eau la nappe dont les carreaux mouillés paraissent gris clairs. Les trois roses jaunes qu'il contenait sont couchées en désordre sur la table, la tige de l'une d'entre elles restant glissée dans le col du vase. L'une des fleurs a la tête tordue contre la base de la bouteille de Perrier qui est placée là. Au tiret, amha delà...
Au pareil delà, il y a ton assiette au contenu presque intact, ta serviette blanche froissée sur la nappe blanche, et dont les plis prennent une couleur bleutée d'autant plus soutenue qu'ils sont profonds.
Au delà, il y a le dossier de ta chaise, orné de fleurs sculptées, qui fait un angle précis de quatre-vingt degrés avec le bord rectiligne de la table.
Au delà, je vois la fenêtre ancienne dont certaines vitres présentent des bulles, et à travers lesquelles les détails sont légèrement troublés.
Au delà de la fenêtre, et à travers ces vitres anciennes qui donnent sur un parking ombragé par deux marronniers aux fleurs opulentes, j'ai vu ton tailleur bleu ciel disparaître derrière une haie de charmille rigoureusement taillée, et dont la couleur vert tendre tranche avec les frondaisons qui l'environnent.
De ma main droite j'ai repris le petit couteau à fromage, et de sa lame je réunis les miettes éparpillées à gauche de mon assiette.
Déplaçant ma serviette, j'ai posé ma main gauche sur la toile gris perle de mon pantalon.
Mes doigts tremblent légèrement.
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Bonsoir Spes !
et merci beaucoup pour ton passage si rigoureux et réfléchi.
J'ai corrigé de menues choses que tu pointais...
Mais je n'ai pas changé grand chose. Je me suis penché sur ces répétitions, ces verbes faibles que tu dénonçais, ces conjonctions itératives et je me suis rendu compte qu'ils étaient le fruit nécessaire de cette énumération descriptive, froide et dépassionnée.
Si je devais remplacer mes "est", mes "dont", mes "fait" à chaque fois par une trouvaille différente, le texte se boursouflerait et deviendrait indigeste.
Il est déjà considéré comme tel par plus d'un, il ne me resterait plus aucun fan après une telle greffe. :D
Tu le trouves lent par endroits, et ça, c'est vraiment voulu.
Imagine le regard du narrateur qui erre sur les vestiges de ce tête-à-tête, abruti, KO, cette somnolence met en valeur la partie suivante, des "au-delà", qui présente une accélération que je voudrais pouvoir concevoir comme l'accélération d'un battement de cœur. Un sursaut. :-\
Merci encore en tout cas pour ton passage Au Cheval Noir, et merci de t'être penché sur ma prose.
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Merci pour ta réponse détaillée ^^
Je rebondis sur la question des verbes faibles répétés ; parfois effectivement les remplacer par un mot plus "riche" pourrait peut-être rendre le tout plus dense, voire peut-être indigeste. Mais ce n'est pas forcément toujours le cas, par exemple dans le cas des structures passives :
Il est environné de miettes de tailles diverses > "Des miettes de tailles diverses l'environnent" ; on fait disparaître "être" sans rien rajouter.
Sur le même principe, un autre exemple : La trace de mes lèvres y est visible > On y voit la trace de mes lèvres (ou "On peut y voir")
Par contre, effectivement, s'il s'agit par exemple ici "un petit vase bleu et blanc d'inspiration chinoise est renversé" de remplacer "est" par un autre verbe ("se trouve", "se tient"...), on peut trouver que ça alourdit. ^^
Cette petite précision mise à part, tu restes le seul maître à bord, bien sûr ^^
Au plaisir de te lire à nouveau,
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Salut Spes (espoir ? )
je te remercie pour ces précisions !
je comprends vraiment ton point de vue, et il faudrait que je voie ce que donnerait le texte en tenant compte de tes suggestions.
Il me reste le sentiment obscur que le texte serait très différent... il faudrait que j'aie le temps d'expérimenter tes propositions sur l'intégralité du texte pour voir les dommages ou les bénéfices qu'il en retirerait.
Merci en tout cas d'être revenu !
:)
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Salut :)
Bon je n'ai pas lu beaucoup de commentaires alors peut être que le mien va ressembler aux autres.
J'ai adoré ton texte, moi qui n'aime pas vraiment les longues descriptions, là j'ai carrément accroché.
Le fait de partir du premier plan et de terminer sur l'horizon me fait penser au déroulement de la scène. Au premier plan rien ne cloche, et à mesure que cet homme avançait dans la discussion les choses s'envenimaient. Au dernier plan, le tailleur s'évapore dans le décor et on peut deviner que c'est le point final de l'histoire.
Bref ce n'est que mon point de vue, en tout cas, bravo le veau !
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Ah, chère Calomnie,
non, ton commentaire ne ressemble pas trop aux autres, en tout cas pas à tous, et je t'en remercie !
Je suis content que la composition du décor t'ait inspiré un certain déroulement de la scène, et surtout que la description très descriptive n'ait pas été rédhibitoire pour toi.
Au plaisir de te croiser ici ou là,
merci encore pour ton passage.
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Alors ... @Gage
J'utilise l'option : "un texte au hasard" et je tombe sur des textes au hasard. C'est fou, non ?
Cette longue, très longue, très très longue description ..... rate son effet car trop longue ... on finit par sauter à la fin.
Il eut fallu placer des petits rebondissements haletants, un supens par ci, un incident par là ... des astuces qui tiennent le lecteur en haleine ...
je sais pas, l'irruption intempestive du père noël chutant dans la cheminée, un hibou frôlant de son aile la petite souris cachée derrière le frigo, Dracula se jetant du pont de l'Alma ...
ça sera peut-être pour la prochaine fois ?
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Bonjour Yfig,
"rate son effet" dis-tu... Mais quel effet ?
J'ai seulement échoué à t'intéresser, mais je n'ai pas le sentiment d'avoir raté quoi que ce soit.
Si tu t'es penché sur les commentaires qui précèdent le tien, tu as pu te rendre compte combien les avis sont partagés sur ce texte. C'est normal.
Il s'agit plus d'une expérience oulipienne que d'un récit à proprement parler, quoiqu'il y ait une chute, une surprise, c'est déjà ça.
Vu ton commentaire, tu goûtes plutôt le style cartoon, ce n'était effectivement pas tout à fait la démarche.
Comme tu le dis, ce sera peut-être pour une prochaine fois, si la rubrique "un texte au hasard" te confronte à nouveau à l'une de mes productions. La probabilité est faible, il faut en convenir.
Aucun de mes autres textes ne ressemble à celui-ci, en tout cas.
Au plaisir
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Salut @Gage
Ce n'était qu'un avis, le mien (que, d'ailleurs, je partage).
il vaut ce qu'il vaut (pas tripettes)
N'est-ce point ce qu'on attend d'un commentaire ?
Ton texte est intéressant au début, mais je me suis lassé au fil de ma lecture des détails innombrables qui émaillent ton histoire sans qu'on devine où tu veux en venir ...
ta chute n'est pas évidente ... mais je ne suis pas très malin :D
Peut-être peux-tu voir un tout petit aspect positif à mon commentaire ?
Ne pas lâcher le lecteur ... lui donner envie de lire, de lire et de lire encore .... sans se lasser ni se décourager ....
Mais c'est toi qui vois ... je veux dire : qui écris !
Amicalement
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Il y a malentendu, Yfig,
je ne rejette en aucun cas ton commentaire, je t'en remercie au contraire et il a d'ailleurs permis d'extirper ce texte des limbes où il s'empoussiérait.
Je me suis mal fait comprendre. J'accepte tes reproches, ils ne sont pas les premiers. Je te le redis, les riches commentaires qui précèdent ont déjà pointé ses défauts, et mes humbles réponses établi que je suis incapable de l'améliorer. En l'occurrence, je ne voulais pas nécessairement qu'il soit attrayant, ce très bref récit. C'est un exercice, je le répète, et je ne l'ai pas fait deux fois. Un exercice qui pourrait s'intituler, si j'étais prétentieux, "tentative d'épuisement d'une table en fin de repas dominical dans un restaurant raffiné" en référence à Perec.
Un exercice comme il y en as des tas sur ce forum. Tu le considères comme raté, je n'ai pas de réponse à ça.
Je crois comprendre qu'il ne correspond simplement pas à ce que tu as l'habitude de lire. C'est plutôt statistiquement inévitable que des textes postés ici ne fassent pas l'unanimité des lecteurs si variés qui s'y promènent.
"les détails innombrables qui émaillent ton histoire". Non. Il n'y a pas d'histoire, ou elle est accessoire. Les détails innombrables n'émaillent rien, ils sont le texte. Quelqu'un qui n'aime pas les descriptions, comme WEG dans le tout premier commentaire, doit en effet passer un très mauvais moment de lecture parce qu'il n'y a rien d'autre, et c'est vraiment fait exprès.
Voilà, au plaisir de se retrouver peut-être sous un autre texte. Les miens sont d'un style démodé, aux phrases trop longues et au vocabulaire ampoulé, c'est comme ça.
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@Gage
Tout va bien Gage, on se comprend !
Je te dirai ce que je pense ça sera plus honnête et qui sait, il y a peut-être des trucs que je vais adorer ?
Bien amicalement
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Yfig, cela n'aurait en effet aucun sens que tu dises autre chose que ce que tu éprouves c'est sûr !
Courage à toi, tu en auras peut-être besoin néanmoins !
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Coucou gage !
J'ai l'impression que beaucoup sont passés avant moi dans les commentaires !
E tous cas, le texte est bien écrit, pas trop long pas trop court. Moi qui ne suit pas une grande fane de description non plus, je trouve que ça se lit très bien et et qu'elle est bien utilisée. J'aime beaucoup la fin aussi
Bref, du beau travail ! :mrgreen:
Seul petit "hic", je trouve que le titre n'est pas le mieux choisi, mais j'ai pas d'idées à te proposer donc bon ...
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Bonjour Hellébore (pas d'accent sur le premier "e", mais c'est peut-être volontaire ?) !!
merci beaucoup pour ton passage au Cheval Noir. D'autres s'y sont attablés avant toi, en effet, mais ça ne change rien du tout.
Je suis ravi que tu aies supporté cette longue description, c'est très flatteur. Plus longue, elle aurait en effet risqué d'être indigeste.
Mais tu as raison, elle a son utilité, ça me réconforte que tu y aies été sensible.
Quant au titre, disons que c'est le moins pire possible !
Merci encore, au plaisir !