Bonjour !
Voilà un tout petit texte tout con que j'ai écrit hier soir. Il n'a pas de signification ni de but particulier, j'étais juste contente d'avoir écrit un truc.
En fait je l'aurais sans doute pas posté mais certaines personnes l'ont bien aimé et m'ont conseillé de le faire :-X
Voilà !
L'Ombre glissait le long du vent. Les arbres défilaient sous elle à une vitesse folle. Elle les distinguait à peine, mais ils n'avaient aucune importance. Elle était concentrée sur son objectif. Elle franchissait des montagnes, survolait des vallées, plongeait au fond des océans. Mais elle ne trouvait rien. Il n'était pas là.
L'Ombre vola et vola encore, et parvint dans un pays froid et vide, couvert de glace. Le blizzard et la nuit y régnaient en maîtres, et elle ne voyait presque rien. Elle sentait les flocons de neige l'effleurer, le froid glacial la picoter, tandis qu'elle filait toujours, plus rapide que jamais. Il était tout proche, elle le sentait. Comme pour confirmer son impression, elle vit au loin une petite lueur jaune, toute frêle et chaude, au milieu de la tempête. Fragile et douce comme un nourrisson. C'était lui, pas de doute. L'Ombre s'approcha suffisamment de la lueur, presque jusqu'à la toucher, puis se posa près d'elle. Il était là. Il était pâle, maigre, gourd. Il souriait. Soulagée, elle lui tendit la petite flamme et se dilua dans la nuit.
Il soupira. Sans elle, il serait sûrement mort de froid. Il déposa avec soin la flammèche dans le feu, en prenant soin de l'accrocher à une bûche libre, près de flammes accueillantes et compréhensives. La pauvre avait fait un long voyage. Revigorée par le bois, la nouvelle venue prit de l'ampleur et crépita bientôt gaiement dans la tempête. Elle semblait invincible. Il sentait sa chaleur envelopper doucement son corps. Il frissonna.
Ils arriveraient bientôt. Ça n'était qu'une question de temps. Il patienterait autant qu'il le faudrait. Le feu était jeune encore, et la nuit douce. Les flocons dansaient à la lueur des flammes, comme s'ils tentaient de se faire la cour. Il leva les yeux. C'était un ballet magnifique, tout en mouvement rapide et changeant. Parfois, l'un d'entre eux s'égarait dans sa course et venait se perdre au sol, ou grésiller sur les braises. Ça n'avait pas d'importance.
Ils arrivaient. Ils étaient là. Il les entendait approcher, de leurs grands pas lourds et pesants. Le sol tremblait et la neige crissait. Le temps était venu. Le vent commençait à se calmer, et la danse des flocons se fit plus douce. Le froid moins mordant. Il leva les yeux et les vit. Ils étaient trois, immenses. Si hauts qu'il ne pouvait distinguer leurs visages. Pourtant, il savait qu'ils souriaient. Ils souriaient toujours. Il s'inclina et entreprit de s'occuper du feu. Il demanda à la petite flamme qui avait tant grandi de bien vouloir rassembler ses sœurs. Elles se nichèrent dans un nœud de bois ardent, qu'il saisit et tendit aux géants. Ceci fait, il se laissa tomber dans la neige, et commença à fondre.
Le rire des géants tonna fort, et la glace commença à se fendre.
C'était la fin. C'était le début.