Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Oussri le 16 Avril 2015 à 14:20:20

Titre: Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 16 Avril 2015 à 14:20:20
Je tends l’oreille, encore une fois. Je sais déjà. Ce bruit, je le connais, je l’ai déjà entendu des centaines de fois. Je l’entends chaque jour à dire vrai, à la même heure et pour une même durée. Ca claque doucement, c’est cadencé. J’appuie l’oreille contre la porte et j’écoute. Je ferme les yeux et j’oublie mon petit appartement de ville à la limite de l’insalubrité, j’oublie le robinet qui fuit dans la kitchenette, j’oublie l’odeur de renfermé, j’oublie l’humidité des murs qui a tâché la tapisserie, j’oublie la moquette qui transpire le tabac froid. Je suis tout entier concentré sur le bruit. Il arrive. Mon cœur s’emballe, accélère à mesure qu’il approche de la porte. Mes mains glissent malgré moi sur le bois, comme une caresse, puis se font pressantes, insistantes. Le bruit est à son apogée, il ne sera jamais plus fort, je ne l’entendrai jamais mieux. Seule la porte me sépare de lui. Je me presse contre celle-ci, avec le désir de m’y fondre et de m’approcher davantage. Mais le bois tient bon et je ne peux que me coller à lui et écouter le bruit s’éloigner, doucement et s’enfoncer encore et encore dans le couloir, jusqu’à disparaître derrière une autre porte qui se ferme. Il n’y a plus que le silence. Je reste ainsi quelques instants, la joue contre le panneau, les yeux fermés, tentant de graver dans ma mémoire chaque vibration, chaque son qui m’est parvenu. Si j’avais pu traverser…

Je me retourne, dos à cette porte que je hais malgré mes caresses, que j’abhorre malgré mes étreintes, cette porte qui n’est rien et qui est tout à la fois. Cette porte qui me retient ici. Je suis son prisonnier. Je me laisse glisser doucement contre elle, jusqu’à m’asseoir sur la moquette. Son odeur agresse mes narines mais je n’en ai cure. Je ne pense plus qu’au bruit. Je ne pense qu’à lui, qu’à sa proximité. Il était si proche… Mais il y a la porte. Toujours la porte.

Quand cette cage dans laquelle je vis me paraît trop petite, quand les murs se rapprochent et que l’angoisse m’oppresse, j’imagine le bruit s’approcher doucement de ma porte. Je l’imagine s’amplifier, encore et encore mais ce serait différent cette fois-là. Le bruit s’arrêterait à son apogée. Il s’arrêterait là, plus proche que jamais. Devant la porte. J’imagine la poignée tourner enfin et mon gardien s’écarter en grinçant, laissant un nouvel air entrer. Je verrais le couloir, je verrais les néons du plafond illuminer ma prison. Et si je baissais les yeux, je verrais les talons. Je les imagine rouges. Des escarpins en daim, avec de hauts talons. Des talons qui claquent quand on marche avec. Des talons qu’on entendrait depuis le bout du couloir, même au travers d’une porte. Et perchée sur ces talons, il y aurait elle. Ma sauveuse. Mon ange gardien. Tous mes espoirs de m’échapper un jour sont réunis en elle. Je ne sais comment elle est, je ne veux pas le savoir, je ne veux pas l’imaginer. Elle existe, et c’est tout ce qui importe. Elle est la clef. Mais jamais elle ne s’arrête à ma porte. Le bruit passe, inlassablement mais ne cesse qu’une fois sa porte refermée. Mon désespoir s’intensifie un peu plus chaque jour tandis que mon espoir se fait plus fou dès que je l’entends arriver. Et si elle ne s’arrêtait jamais ? Si elle ne savait pas qu’elle était ma dernière chance ?

Je ne sais combien de temps je reste appuyé contre la porte, combien de temps je reste assis sur la moquette sale, combien de temps mon esprit résonne du bruit de ses talons. Suffisamment longtemps pour avoir des fourmis dans les jambes, le fessier engourdi, l’estomac qui gronde d’être si vide. Soupirant, je redresse la tête et me relève, sans vraiment l’avoir décidé, sans en avoir réellement envie. Je pose la main sur le bois une dernière fois avant de tenter de l’oublier encore. L’appartement tangue. Il me semble ridiculement minuscule et sans limite à la fois. Où que j’aille, jamais je ne trouve de sortie. Il restera ma prison pour cette nuit. Il restera ma prison pour celle d’après. Il restera ma prison à jamais. Et la porte, ma geôlière.

Je me traîne dans cet environnement si familier et si étranger à la fois, que je chéris et que je hais en même temps. Je me sens protégé ici. Protégé de la souffrance, protégé de la peur, protégé du malheur. Protégé du plaisir, protégé de l’envie, protégé du bonheur. Protégé de la moindre émotion, du moindre sentiment. Je suis vide. Aussi vide que l’appartement. Aussi passif que lui. Aussi désert. J’ai toujours aussi faim mais l’envie de manger ne vient pas. Je n’ai même pas la force d’aller dans la cuisine, pas la force d’avaler quoi que ce soit. Je puise au fond de mon être le peu de volonté qu’il me reste pour pousser la porte de ma chambre et m’échouer sur le lit. Je ne retire pas mes vêtements. A quoi bon ? Je reste ainsi, dans le noir, les yeux rivés sur les points de lumière qui éclaboussent le plafond fissuré. Le silence est assourdissant. L’air semble peser sur moi et doucement, tandis que mon corps s’engourdit, je me sens glisser. Le matelas m’avale et je m’enfonce en lui. Je disparais.

Quelle heure est-il ? Fait-il encore nuit ? Ou le jour est-il levé depuis longtemps déjà ? Il suffirait que j’aille ouvrir le volet, il suffirait que je tourne le regard vers le réveil, il suffirait d’un rien. Mais je reste là, étendu, incapable de bouger. Le silence m’a réveillé encore. Ou peut-être n’ai-je pas dormi. Je ne me souviens pas. Je dois me lever. Il le faudrait. Mais je n’arrive pas à prendre la moindre décision. Il faut que je trouve une raison. Une raison de me lever. Une raison de vivre encore un peu, ne serait-ce qu’aujourd’hui. Tandis que le silence m’oppresse, mon esprit vagabonde vers les escarpins rouges et je les imagine alors claquer dans le couloir. Si c’était enfin pour aujourd’hui ? Cette pensée irraisonnée m’assaille. Au fond de mon être, une minuscule parcelle sait que cet espoir est vain, que ce n’est que folie. Et pourtant, c’est lorsque le bruit des talons résonne dans mon crâne que mon corps reprend vie et se dresse. Je n’ouvre pas le volet, je veux juste m’éloigner de ce lit qui me retient, m’éloigner de cette chambre emplie de pensées noires, emplie de néant et de morbidité. J’ouvre la porte et me glisse dans le salon. La moquette sent toujours, le robinet fuit encore, l’appartement est vide. Je semble errer, je laisse mon corps m’emporter sans réfléchir, là où il le veut bien. Sans m’en rendre compte, je me retrouve dans la baignoire, plongé dans l’eau qui me brûle la peau. Je ne sais même plus de quand datent mes dernières ablutions. Quelques jours sans doute. La chaleur est presque insoutenable. Je respire avec difficulté. Des perles de sueur se forment sur mon front et coulent sur mes tempes, le long de mon nez, dans mes yeux. Ma peau rougie est douloureuse mais cette sensation me donne l’impression d’être en vie. Je reste une éternité dans cette baignoire, suffisamment pour que l’eau ait tiédi. De nouveau, je ne ressens rien.

Je me relève, enjambe le rebord et attrape une serviette. Le miroir est embué, la pièce est étouffante. Je passe la main sur la glace pour m’apercevoir, ne serait-ce qu’un instant. Je ne me reconnais pas. Je ne sais pas qui est cet homme. C’est un étranger. Il est émacié, maigre. Ses yeux sombres enfoncés dans ses orbites surplombent des cernes violacés. Ses cheveux fins et ternes retombent sur son front, des perles d’eau pendues à chaque mèche. Il n’a rien de beau. Il n’a rien d’heureux. Il n’a rien de vivant. Je détourne le regard et pose la serviette sur mes épaules. Elle est rêche et je frotte ma peau brûlée par l’eau jusqu’à la rougir davantage, la faisant peler par endroit. Cela n’a rien d’agréable. C’est juste douloureux. Mais la souffrance sait taire le vide en moi, même quelques minutes. J’enfile quelques vêtements, un t-shirt, un jean. Mes chaussettes sont élimées. Je songe un instant qu’il m’en faudrait des neuves. Puis en passant dans l’entrée, mon regard s’attarde sur la porte. Je soupire. Jamais elle ne s’ouvrira. Jamais la femme aux talons ne saura qu’elle est la clef. Jamais elle ne s’arrêtera devant la porte. Jamais elle n’attrapera la poignée. Jamais elle ne me délivrera. Je suis condamné.

Les heures passent. Je suis assis sur le canapé, la télé allumée, la regardant sans la voir. J’attends. Rien ne vient troubler ma solitude. Ni le téléphone, ni la sonnette de l’entrée. Je ne veux pas d’appel, je ne veux pas de visite. Je ne veux rien. Je ne veux même pas entendre les pas de cette femme. Je ne veux plus y croire. Et pourtant j’espère encore. Plus l’heure de son passage approche, plus je suis tendu. Je ne me sens jamais aussi vivant que quand je sais qu’elle arrive. La main sur la télécommande, l’oreille tendue, je suis concentré sur les bruits du couloir. Au moindre frémissement, au moindre écho, j’éteins la télé et je cours à la porte. Les secondes s’étalent, les minutes sont infinies. Le temps semble s’être arrêté et se joue de moi. Que l’éternité peut être longue.

Un bruit. Non, pas un bruit. Le bruit. Mon corps ne m’appartient plus. L’écran de la télévision devient noir, je ne suis plus assis sur le canapé, j’ai lâché la télécommande. Mes jambes me portent, comme empreintes d’une vigueur qu’elles ignorent le reste de la journée. Me voilà dans l’entrée, le bras à moitié tendu vers la porte. Mes doigts effleurent le bois tandis que les pas se font entendre davantage. Elle approche. Tout a disparu autour de moi. Il n’y a plus qu’elle. Elle, mon gardien et moi. La clef, la porte et le prisonnier. Je me retrouve au plus près de la porte, le front posé contre le panneau. Comme je peux haïr ma geôlière. Mais quelque chose m’interpelle tandis que mon corps est tout entier tourné vers cette femme et le bruit de ses pas. Le bruit est différent. Je suis certain que c’est elle. Je reconnaitrais sa démarche entre mille. Mais elle semble hésitante aujourd’hui. Pleine de doutes. La cadence ralentit. Je ne sais que faire. Suis-je en plein rêve ? Je tourne la tête mais mon appartement est toujours le même. Je touche mon corps, passe les mains sur la porte. Tout ceci me semble si réel pourtant. Alors pourquoi ce jour n’est-il pas comme tous les autres ? Je me fige soudainement. Elle est là. Plus proche que jamais. Juste de l’autre côté de la porte. Le silence règne. Elle s’est arrêtée.

Mon cœur s’emballe. Cet instant, je l’ai rêvé, je l’ai imaginé, je l’ai espéré. Cet espoir fou qui m’a maintenu en vie, qui m’a poussé à me lever chaque matin, qui m’a retenu quand plus rien n’avait de sens et que la facilité s’imposait à moi. Cet espoir qui se concrétise aujourd’hui. Je reste immobile, incapable d’esquisser le moindre mouvement. J’écoute. Que peut-elle bien faire ? Est-elle tournée vers ma porte ? Songe-t-elle-même un instant à l’ouvrir ? Se doute-t-elle seulement que je suis là, figé derrière elle, mon esprit tout entier focalisé sur sa présence ?

Combien de temps reste-t-elle immobile ? Je n’ai plus la notion du temps qui passe, la vie semble avoir cessé de suivre son cours. Ce moment est celui que j’attends depuis toujours. Il est décisif. Aujourd’hui ma vie va changer. Quoi qu’elle décide de faire. Je ne peux plus continuer ainsi. Ce jour est celui de ma délivrance. Mon gardien cèdera ou je cèderai. Tout repose sur elle. J’ouvre la bouche, la lèvre inférieure un peu tremblante. J’aimerais l’appeler, la supplier de m’ouvrir. Mais je ne connais même pas son nom. Je ne la connais pas à dire vrai. Qui est-elle réellement ? Pourquoi s’est-elle arrêtée subitement ? A-t-elle deviné ma présence, a-t-elle entendu ma détresse silencieuse ? J’écoute. J’écoute le silence. Il n’y a plus un bruit, pas un seul son me parvenant du couloir. Un doute s’empare de moi. Ai-je imaginé ses pas s’arrêter devant ma porte ? Peut-être est-elle rentrée chez elle, peut-être n’a-t-elle jamais hésité. Je colle l’oreille au panneau de bois. Je suis pourtant certain de l’avoir entendue arriver, je suis certain d’avoir perçu le bruit de ses talons sur le carrelage du couloir. J’en suis certain et pourtant… Il n’y a plus un bruit. Le silence m’oppresse. Il est assourdissant. J’en viens à douter de ce que j’ai entendu. Je doute qu’elle se soit arrêtée. Je doute qu’elle soit même passée. Je doute de sa présence derrière la porte, je doute de son existence-même. Aurais-je pu tout imaginer ? Pourquoi ce silence après toutes ces journées pendant lesquelles elle a passé son chemin sans hésiter ? Je tremble, j’en suffoquerais presque. Je me tourne dos à cette porte, dos à cette femme dont je ne sais plus rien, dont je n’ai plus aucune certitude. L’air me manque. Mon monde s’écroule. Je regarde mon appartement et je ne supporte plus sa vue. Je ne désire que m’échapper. Mais mon espoir semble plus fragile que jamais en cet instant. Je ne sais plus quoi croire, je ne sais plus que penser. Je suis terrifié.

Deux choix se profilent devant moi. Je jette un œil vers la salle de bain, imagine comme il serait facile de m’y enfermer et de m’échapper enfin. Une fuite simple, sans douleur. Plus d’appartement, plus de porte. Plus de prison, plus de gardien. Je serais libre. Mais ce choix implique de ne jamais savoir. Ne jamais savoir qui elle est. Ne jamais savoir si elle existe. La clef de ma prison, ma sauveuse, mon ange gardien. Je m’écarte lentement de la porte et me tourne de nouveau vers elle. Je ne veux pas l’imaginer mais je sens sa présence. Je ne veux plus douter. Je sais qu’elle est là. Je sais qu’elle est ma dernière chance. Elle est le choix que je dois faire. Elle est la véritable délivrance. Alors pourquoi n’ouvre-t-elle pas la porte ?

Je me demande soudainement si elle n’est pas terrifiée elle aussi. Sait-elle ce qui l’a poussé à s’arrêter juste devant ma porte ? Est-elle aussi perdue que moi devant la poignée, se demande-t-elle quoi faire ? Un ange gardien est-il toujours au courant de la mission qui lui incombe ? Alors que le tumulte de mes pensées commence à me donner le vertige, je prends conscience que sa mission est peut-être terminée. Si elle n’avait rien d’autre à accomplir ? Si son destin était simplement de s’arrêter devant cette porte en ce jour ? Je me rends compte qu’elle a déjà fait un choix. Elle s’est arrêtée. Elle n’a pas continué, elle n’a pas rejoint son appartement au bout du couloir. Elle a décidé de cesser de marcher pour finir son chemin devant ma prison. Je réalise que cette seule décision m’a poussé à faire mon propre choix. Un choix décisif. Le choix de toute une vie. Je comprends qu’elle n’est pas la clef. Elle était bien moins et bien plus que cela à la fois. Elle était celle qui m’aiderait à la trouver.

J’ai choisi de croire en l’espoir qu’elle représentait. J’ai choisi de croire que je pouvais m’en sortir. J’ai choisi de croire que je pouvais vivre. Le cœur battant la chamade, menaçant de jaillir de ma poitrine, les poumons oppressés par l’angoisse, je tends une main tremblante vers la porte. Ma vie bascule tandis que j’attrape la poignée et que je la baisse lentement. Je tire la porte qui frotte sur la moquette grise. Je sens l’air frais du couloir s’engouffrer dans ma prison à présent ouverte. La lumière blanche semble me brûler la rétine. Je porte la main à mes yeux, aveuglé. Je baisse la tête et entre mes doigts, je distingue deux tâches floues qui détonnent sur le carrelage brun. Peu à peu, ma vue s’adaptant à cette luminosité qu’elle n’avait pas rencontrée depuis longtemps, je parviens à deviner des escarpins. Des escarpins rouges, à haut talon. Je relève les yeux et je souris. La porte n’est plus une geôlière. Mon appartement n’est plus une prison. Je comprends qu’elle a réussi. Je comprends que j’ai réussi. Nous avons réussi. Je suis libre.
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: extasy le 16 Avril 2015 à 17:47:31
Salut, Oussri!

J'avoue qu'au départ, j'ai été plutôt effrayé par la longueur de ton texte. Mais je ne regrette pas un instant d'avoir continué ma lecture. J'ai été très agréablement surpris par la qualité de ton écriture! C'était une petite histoire très intéressante et très profonde, et je pense sincèrement que tu as beaucoup de potentiel.
Encore bravo  :)
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 16 Avril 2015 à 19:19:46
Salut Extasy !

Merci d'avoir pris la peine de lire jusqu'au bout mon histoire et de m'avoir écrit un petit commentaire aussi agréable ! Je suis ravie de ces compliments et j'espère que d'autres apprécieront autant que toi.

Encore merci !
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: GAYA TAMERON le 16 Avril 2015 à 19:42:16
Quel beau texte, plein de qualités!  Malgré sa longueur, il se lit très facilement! Bravo et à bientôt pour une nouvelle histoire! 
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 16 Avril 2015 à 23:03:56
Merci beaucoup ! Vous n'imaginez pas comme vos retours peuvent me faire plaisir, c'est très encourageant !

J'espère que mes autres histoires vous plairont tout autant  ;)
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: jake07 le 16 Avril 2015 à 23:25:02
Yop Oussri :)

Citer
Mon désespoir s’intensifie un peu plus chaque jour tandis que mon espoir se fait plus fou dès que je l’entends arriver
ça sonne un peu étrange "désespoir/espoir". Un peu lourd je pense.

Citer
J’ai toujours aussi faim mais l’envie de manger ne vient pas
Là c'est peut-être subjectif mais pour moi la faim c'est l'envie de manger basiquement, je comprends l'opposition que tu fais mais je pense que tu pourrais la faire sans utiliser "envie de manger", ça passerait mieux je trouve. Peut-être en fusionnant avec la phrase suivante ? "j'ai toujours aussi faim mais je n'ai même pas la force d'aller dans la cuisine.. etc..", l'opposition serait la même. Au lieu de nous dire que le personnage n'a pas envie de manger, on le verrait directement. Il a faim mais n'a pas la force d'aller dans sa cuisine, on comprends l'idée.

Citer
Le matelas m’avale et je m’enfonce en lui. Je disparais.
j'aime bien cette image, sobre, qui fonctionne bien.

Citer
Le silence m’a réveillé encore.
ça aussi c'est cool ! ça fonctionne mieux que "le silence assourdissant" plus tôt dans le texte, car plus original (avis perso). Après je trouverais plus fluide "le silence m'a encore réveillé" mais là c'est pareil, c'est mon avis perso c'est peut-être pas pertinent, à toi de voir.

Citer
Le silence m’oppresse. Il est assourdissant.
deuxième fois que l'image est utilisée, je pense qu'une fois suffit, c'est une formulation un peu bâteau même si éloquente, tu dois pouvoir dire la même chose autrement.


Alors la lecture a été plutôt sympa, y'a de l'idée j'ai bien aimé mais je trouve que par moments on se lasse un peu des hésitations du personnage. C'est le côté délicat de dépeindre une personne qui est à ce point retirée de tout, et y'a des moments où je commençais à trépigner à force de l'entendre hésiter sur tel ou tel point. Tu aurais peut-être pu à certains passages, au lieu de décrire l'attente interminable (qui par instants est devenue interminable pour moi aussi ^^ ) simplement laisser ses pensées se dérouler un peu, peut-être par la description plus précise des bruits de pas. Le personnage est focalisé sur ces pas, il pourrait être capable de les décrire un peu plus maybe ? C'est une idée parmi plein d'autres possibles.

Voilà, y'a des moments chouettes, notamment le paragraphe où elle revient, chouette. La fin est pas mal mais me laisse un poil sur ma faim, ceci dit c'est sans doute volontaire :)

Du coup globalement j'ai bien aimé mais je pense, c'est que mon avis, que ton histoire pourrait être affinée pour vraiment m'emporter, il manque pas grand chose mais en l'état je suis quand même un peu sur ma faim.

A plus :)


Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 16 Avril 2015 à 23:44:48
Salut Jake07,

Merci pour cette analyse. Je ne changerai aucun passage de mon texte mais je me servirai de tes conseils pour mes futures histoires. Je l'ai écrite et présentée ainsi, je ne veux plus y toucher et je souhaite la garder telle quelle pour pouvoir la comparer avec mes futures créations qui seront, j'espère, plus abouties et mieux écrites.

Pour ce qui est d'avoir faim et de l'envie de manger, non, pour moi, ça n'a rien à voir. La faim est un phénomène naturel et physiologique alors que l'envie de manger est psychologique. Le personnage est psychologiquement malade et bien qu'il puisse ressentir la faim de manière physiologique (maux de ventre, fatigue...), il ne ressent pas de plaisir dans le fait de manger et donc n'en a pas l'envie. J'espère être suffisamment claire, je n'en suis pas bien sûre.

La fin est en effet volontairement ouverte, cette nouvelle se recoupant avec d'autres écrits de ma création.

J'espère pouvoir appliquer tes conseils dans la prochaine histoire que je posterai !

Merci beaucoup pour le commentaire :)

A plus !
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: jake07 le 17 Avril 2015 à 00:01:07
Ouaip t'as pas tort pour la faim/envie de manger. T'as même raison ^^. Je trouve que ça sonne pas trop mais c'est subjectif pour le coup.

Pour mes conseils, c'est que mon avis personnel je dirais que hormis des fautes d'orthographe (j'en ai pas trouvé d'ailleurs) y'a rien d'objectif finalement.

Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 17 Avril 2015 à 00:13:28
Tout à fait d'accord ! Et oui, j'espère vraiment ne pas avoir fait de fautes d'orthographe...  ::)

Après, même si tes conseils sont personnels, ils sont constructifs et ils poussent à réfléchir et à se remettre en question sur certains points. On ne peut pas plaire à tout le monde mais on peut tenter de s'améliorer pour toucher le plus grand nombre. Donc merci de ton avis, je sais ce que je vais retravailler sur la nouvelle que je posterai bientôt :)



Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: World End Girlfriend le 17 Avril 2015 à 01:09:20
C'est fichtrement sympathique dis-donc, j'aime bien les métaphores, la porte, le bruit fuyant, la prison vide, la passivité coupable. Cela traîne beaucoup en longueur vers le milieu, mais ça sert bien l'attente que décrit le texte, et puis ça reste intéressant grâce au narrateur, on comprend ce qu'il ressent, la profondeur accroche, du coup on a aussi cette même expérience de lenteur, on souffre un peu avec lui.
Bref, c'est réussi, je dis pas ça souvent mais il est complet ce texte, il dit ce qu'il veut dire  ^^

Le contexte m'a beaucoup fait penser à Welcome to the NHK, celui du hikikomori enfermé chez lui et qui attend son ange gardien, beau souvenir  :P
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 17 Avril 2015 à 11:18:38
Merci beaucoup pour ton avis, il est très appréciable !

Je ne connais pas Welcome to the NHK mais je me renseignerai pour constater les similarités ;)
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: maanilee le 18 Mai 2015 à 22:31:59
J'ai bien aimé et je n'ai pas eu envie de faire de relevé, peut-être le mot "porte" trop trop présent, malgré qu'il soit l'élément principal lui trouver un poil + de synonymes aurait enrichi encore plus ce sympathique texte !
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Julien D. le 18 Mai 2015 à 22:37:58
Salut,

Je comprend beaucoup mieux la fin de "Quand le contrôle ne suffit plus" maintenant que j'ai lu ce texte ^^.

Je le trouve tout aussi magnifique que l'autre texte :coeur:. On retrouve encore ce flot d'émotions que tu arrives si bien à exprimer, cette rage de vivre et cette incapacité à se sortir de son quotidien, à échapper à sa solitude. Et j'aime beaucoup cette métaphore de la prison pour exprimer son immense solitude :).

Il se sent si seul qu'il espère que quelqu'un viendra le délivrer, le sauver de sa triste routine. Et c'est cette possibilité d'être enfin libre qui le maintient en vie. On a vraiment un contraste saisissant entre son mal-être, son désespoir et l'espoir qui l'anime. Il sait que cette personne existe, cette femme, existe. Mais il ne sait pas s'il se décidera enfin à ouvrir la porte. Mais rien ne semble changer, rien ne se passe et il est toujours coincé dans cette prison qu'est sa propre existence. J'ai également retrouvé cette impossibilité de perdre le contrôle de ses émotions, ce qui l'empêche de vivre et d'être heureux. Il se sent comme vidé de ses émotions. C'est comme s'il ne ressentait plus rien. Et ce passage exprime bien cette idée : "Je me sens protégé ici. Protégé de la souffrance, protégé de la peur, protégé du malheur. Protégé du plaisir, protégé de l’envie, protégé du bonheur. Protégé de la moindre émotion, du moindre sentiment. Je suis vide."

En réalité, tout ce qu'il souhaite, c'est de pouvoir combler ce vide. Tantôt il s'abandonne à sa souffrance, tantôt il se permet de s'évader, de rêver, d'espérer. Mais le désespoir fini toujours par le rattraper inexorablement et il reste enfermé dans sa solitude, emprisonné. Et lorsque, de nouveau, il ressent la présence de cette femme, il demeure impuissant. Et il se met alors à douter de lui-même. Il se dit qu'il est peut-être devenu fou. Et il se met à douter de l'existence de cette femme, qu'il a sans doute inventé pour se redonner un semblant d'espoir. Il hésite entre abandonner ou continuer à y croire. Car il veut savoir qui elle est, il veut avoir la certitude qu'elle existe. Et cela le pousse enfin à agir, à y croire et il ose enfin ouvrir la porte et sortir de cette prison. Et la vérité s'offre enfin a lui. Non, il n'a pas rêvé, elle est là, elle est bien réelle, elle existe. Il a réussi, tout comme elle, à perdre le contrôle des ses émotions et à s'évader de son triste quotidien. Son espoir n'était pas vain. Et il est enfin libre de vivre, d'être heureux.

J'espère que j'ai bien interprété ton texte. En tout cas, tout comme "Quand le contrôle ne suffit plus", ce texte est un magnifique message d'espoir. Encore une fois, les émotions que tu exprimes dans tes textes me transportent littéralement :coeur:. Bref, j'attends avec impatience de pouvoir lire ton prochain texte ^^.

PS : j'ai répondu à ton MP ;).
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: gage le 19 Mai 2015 à 02:15:37
Bonjour demoiselle Oussri
voilà le premier de tes textes que je trouve le temps de lire. J'ai bien fait.
Tu as un très bon style, et les sensations du personnage sont vraiment bien décortiquées...j'espère tout de même qu'une telle solitude n'a rien d'autobiographique :(.  D'ailleurs ton bonhomme, englouti dans sa dépression qui l'entrave, fait vraiment pitié.
Ta langue est fluide, et ton vocabulaire naturel, MAIS...
justement, je suis sûr en te lisant que tu peux faire encore mieux : si dans d'autres productions tu te débarrasses de groupes de mots un peu trop usés à mon goût pour servir encore.
Par exemple "Mon cœur s'emballe" ( que tu utilises deux fois  ;) ) : à partir du moment où tu cherches à le dire autrement, ton style à toi apparaît forcément.
Pareil avec " je n'en ai cure"...ça fait pas vraiment vrai, si tu vois ce que je veux dire.
Voilà, mais c'était juste histoire d'être constructif  :) D'ailleurs dès que je peux, je cherche une de tes autres créations.
à +
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 19 Mai 2015 à 13:43:02
Salut, salut !

Maanilee : Merci d'avoir lu et apprécié. Le mot porte est peut-être trop présent, en effet. J'y reviendrai sans doute un jour pour arranger ça :P

Julien : Cette fois, je n'ai rien à redire, tu as tout compris ;) Contente de savoir qu'il t'a plu aussi ! Je tâcherai de poster un nouveau texte rapidement mais je n'aime pas trop me presser...

Gage : Bonjour damoiseau Gage :-¬? ! Heureuse que tu aies pris le temps de me lire, surtout pour apprendre que tu as aimé ! Chacun de mes personnages possède une petite part de moi mais je ne dirai pas jusqu'à quel point.

Ta langue est fluide, et ton vocabulaire naturel, MAIS...
Ah, le fameux MAIS :P C'est flatteur que tu penses que je suis capable de mieux, j'espère que tu as raison. Dans ce cas, j'essaierai d'affiner mon style dans mon prochain texte. Merci beaucoup !

Au plaisir de vous lire !
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Julien D. le 19 Mai 2015 à 23:27:44
D'accord. Dans cas, je suis content de ne pas l'avoir mal interprété ;). En fait j'aurai mieux compris "Quand le contrôle ne suffit plus" si j'avais lu ce texte avant. Mais, je t'avoue que je n'avais pas fait attention au fait que les deux histoires avaient un lien. Enfin bon, ce n'est pas grave. Maintenant, je comprend beaucoup mieux ^^. Mais non, ne te presses surtout pas. Je comprend. L'écriture, ça prend du temps :). D'ailleurs, il faudrait que je me remette à mon roman ::).
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Michel K le 30 Mai 2015 à 15:19:55
Bonjour Oussri,

Le point fort de ton histoire est que le lecteur s'infiltre rapidement dans la peau du personnage via les nombreux détails, les hésitations, ses ressentis, cela tu l'as très bien réussi. Je suis sûr que nombreux lecteurs vont reconnaître une part d'eux dans ta nouvelle. J'apprécie beaucoup la métaphore du bruit de pas, et tout ce qu'il incarne, là dessus tu m'as surpris, beau travail. La lecture est aisée et fluide, le texte dépourvu de fautes...

Beaucoup de détails ont été mentionnés, je ne vais pas tous les reprendre.

Bref : continue sur cette voie tu t'en sors bien

Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Oussri le 31 Mai 2015 à 21:30:00
Salut Kliff,

J'apprécie beaucoup la métaphore du bruit de pas, et tout ce qu'il incarne, là dessus tu m'as surpris, beau travail.
Hm, ça veut dire que tu ne m'en croyais pas capable ? :D

Le point fort de ton histoire est que le lecteur s'infiltre rapidement dans la peau du personnage via les nombreux détails, les hésitations, ses ressentis, cela tu l'as très bien réussi. Je suis sûr que nombreux lecteurs vont reconnaître une part d'eux dans ta nouvelle. (...) La lecture est aisée et fluide, le texte dépourvu de fautes...
Merci beaucoup ! Je sais que mon texte est loin d'être parfait, mais si j'ai au moins réussi ça, je suis contente ;)

Au plaisir !
Titre: Re : Une prison, une geôlière, un espoir...
Posté par: Michel K le 01 Juin 2015 à 19:20:33
Salut Oussri,

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Hm, ça veut dire que tu ne m'en croyais pas capable ? :D

Je ne me permettrais pas de juger qui que ce soit, d'autant plus si je ne connais pas la personne en question ;)

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Merci beaucoup ! Je sais que mon texte est loin d'être parfait, mais si j'ai au moins réussi ça, je suis contente ;)

Je suis certain que tu es capable d'en mettre plein les yeux à tout le monde, la réussite ne vient pas en une journée, soit patiente jeune padawane

Au plaisir