Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Anoka le 05 Avril 2015 à 18:47:23
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Bonjour bonjour! Alors ceci est le tout, tout début du livre que je suis en train d'écrire, et je voudrais avoir votre avis sur ce premier texte, car j'essaie vraiment de le faire avec plein de figure de style, de le rendre le plus poétique possible!
Adieu l’iode, adieu la mer, adieu le grain brillant qui crisse sous mes Crocs. Les fesses sur la banquette, le sac contre les mollets, le roulement sur l’asphalte me repose. Tut puis le roulement du disque dans le lecteur. Piano, xylophone et chant.
-Maman, on va où ?
Le tintement mélodieux accompagne mes propos.
-On part.
Sa voix trancha la feuille de mes mots.
Je compte les heures, peut-être les minutes ou les secondes. Un, deux, trois, quatre. Le paysage change. Le pelage du sable fauve grisonne en écailles de béton. Le serpent de la route frissonne sous le véhicule. Chant, guitare sèche. Les textes faussement niais me renfrognent. Je referme mon livre. Je me renferme dans ma coquille. Coquille nacrée, perle noir. Je ferme mes sens. Je bourre mes oreilles en y enfonçant des circuits électroniques. L’éclat bleuté de ma vie s’éveille. Je touche du bout des doigts mon bonheur. La batterie de mon cœur se rythme, la basse de mon souffle s’accorde. Quelques accords pour m’envahir, quelques paroles pour me faire plaisir." Je me noie dans les flammes, me consume dans les lacs". Ma tête s’anime comme un galet qui ricoche. Quelques notes d’espoir qui consume le charbon de mes pensées." Et le bonheur s’éloigne, me laisse seul sur le trottoir". Quelques mots pour se sentir comprise. Ma vision se voile, mes sentiments roulent le long de mes joues, perlent sur mon cou. Je ne veux pas les sécher, je veux qu’elles souffrent. Qu’elles souffrent comme elles m’ont fait souffrir. Dernier coup de grosse caisse. Seconde de silence. Violon, basse, batterie." Je me noie dans ses yeux, dans l’encre de son regard". Quelques paroles sans importance. Je n’ai jamais été aimée. Jamais je ne suis entrée dans la boite à musique du cœur. Jamais je n’ai été cette danseuse qui tourne. Mais celui qui m’ouvrira sa porte, ça ne sera qu’un leur, une boite de pandore. Personne ne m’a jamais regardé dans les yeux avec amour. Celui qui l’osera, je le noierais dans l’iris toxique de mon âme. Un cri venant du goudron, un cri qui me secoue. Automatiquement j’éteins la paroi bleutée, découvre mes oreilles où résonne encore la mélodie malheureuse. Une tour, un château en as de pique, grande et jaunâtre se dresse devant moi. La porte claque, résonne indéfiniment le long des parois abîmées, comme un hurlement de terreur. Je monte les marches couleurs cendres deux à deux. A deux, le temps et moins long. A l’intérieur de mon nouveau terrier se dresse déjà les pyramides de cube cartonné, vestiges reconstitués de plusieurs vies passées.
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Bonjour, Anoka!
Alors, il y a des trucs que j'ai beaucoup aimés, d'autres moins, et certains que je n'ai pas compris. En même temps, les métaphores et autres figures de style poussées à l'extrême ne sont pas ma spécialité, donc mon avis est à nuancer.
mes sentiments roulent le long de mes joues, perlent sur mon cou
J'adore!
Je bourre mes oreilles en y enfonçant des circuits électroniques
J'aime bien.
Le serpent de la route frissonne sous le véhicule
J'aime moins...
je le noierais dans l’iris toxique de mon âme
Ca, par contre, j'ignore si ça se dit.
Sinon, en gros, j'ai bien aimé. Je ne suis pas certain de pouvoir affirmer que ça m'a vraiment touché, mais je pense que tu as du potentiel, et qu'il te faut un peu plus d'expérience pour savoir doser avec plus d'exactitude les figures de style.
Ah, et dernière remarque, il y a des fautes d'orthographe et de grammaire. Un petit exemple:
Mais celui qui m’ouvrira sa porte, ça ne sera qu’un leur, une boite de pandore
Tu voulais dire leurre, non?
Bonne continuation, et au plaisir de te lire bientôt!
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Hey Anoka !
Je partage l'avis d'extasy. Certaines choses fonctionnent, d'autres moins. J'ai trouvé ça assez compréhensible de mon côté mais un peu noyé sous les figures de style.
j'essaie vraiment de le faire avec plein de figure de style, de le rendre le plus poétique possible!
Cet effort se ressent bien à la lecture du texte, mais tu semble penser que plus tu met de figures de style, plus ton texte sera poétique. Au contraire, il faut éviter de forcer les choses, et la surcharge fait au contraire décrocher du texte. Notamment sur le tout tout début, essaie de plus poser les choses, la la mise en situation est vraiment étrange.
adieu le grain brillant qui crisse sous mes Crocs
Tut puis le roulement du disque dans le lecteur.
C'est les deux trois premières phrases et les deux trucs les plus incompréhensibles de l'extrait je pense. C'est un peu particulier de commencer par ça. Je me suis même demandé si ce n'était pas des fautes de frappe (pour la majuscule à "Crocs"et le "Tut").
Sinon, à partir de la fin du dialogue, les figures de style ne s'arrêtent plus !
Cela crée un espèce d'espace un peu crémeux et onirique, un espace spirituel ou tout semble se dérouler différemment du réel. Ca va pas mal avec le fait qu'elle semble plonger dans un autre monde grâce à sa musique. Mais par contre, la citation des paroles rompt tout, en ramenant à quelque chose de beaucoup plus concret, de beaucoup plus réel. Surtout que sans la musique, ça donne pas grand chose.
Et l'arrivée dans sa nouvelle maison (si c'est bien de ça dont il s'agit) manque d'une rupture. Elle doit bouger, sortir de cet espace mental de musique pour entrer dans cette maison. La on dirait qu'elle reste dans cet univers cotonneux. Ca peut être volontaire, mais ça n'aide vraiment pas à s'attacher à l'action.
En fait ça donne l'impression d'être tout au fond de la tête de ta narratrice et de ne voir que très difficilement à travers ses yeux, en se prenant plein de ses pensées en plein visage. Et sur la durée je pense que ça peut devenir assez compliqué !
Sinon, pour commenter un peu plus précisément certaines figures :
Le pelage du sable fauve grisonne en écailles de béton.
Ca c'est vraiment cool. (même si j'aurais plutôt vu un "de sable" à la place)
la basse de mon souffle s’accorde. Quelques accords pour m’envahir
Répétition un peu violente !
mes sentiments roulent le long de mes joues, perlent sur mon cou.
Ca je trouve ça sympa aussi !
Jamais je ne suis entrée dans la boite à musique du cœur.
Je vois bien l'idée, mais je trouve la phrase un peu forcée. Globalement, je trouve ce passage sur le fait qu'elle n'ait jamais été aimé un peu long, pour un début d'histoire.
Enfin globalement, un texte à l'ambiance particulière, qui gagnerait peut être à s'accrocher un peu plus au réel, surtout sur la durée, afin de ne pas rester dans cette sorte de brume trop longtemps et de permettre de s'accrocher un peu plus aux personnages et aux situations !
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Adieu l’iode, adieu la mer, adieu le grain brillant qui crisse sous mes Crocs.
les crocs (dents) ou les Crocs (la marque de chaussures) ? dans tous les cas ça ne colle pas si ce sont les dents, pas de maj'
s'il s'agit de la marque, ça casse l'ambiance poétique.
Tut puis le roulement du disque dans le lecteur. Piano, xylophone et chant.
Tut ! << pour que l'on comprenne le son
Sa voix trancha la feuille de mes mots.
Je ne vois pas pourquoi "feuille"
Le pelage du sable fauve grisonne en écailles de béton.
:coeur:
Je referme mon livre. Je me renferme dans ma coquille. Coquille nacrée, perle noir. Je ferme mes sens. Je bourre mes oreilles en y enfonçant des circuits électroniques. L’éclat bleuté de ma vie s’éveille. Je touche du bout des doigts mon bonheur. La batterie de mon cœur se rythme, la basse de mon souffle s’accorde. Quelques accords pour m’envahir, quelques paroles pour me faire plaisir."
:coeur: j'aime un peu moins le 'pour me faire plaisir' - la citation des paroles n'est pas top, ça casse un peu le rythme
Mais celui qui m’ouvrira sa porte, ça ne sera qu’un leur, une boite de pandore.
un leurre
Une tour, un château en as de pique, grande et jaunâtre se dresse devant moi. La porte claque, résonne indéfiniment le long des parois abîmées, comme un hurlement de terreur. Je monte les marches couleurs cendres deux à deux. A deux, le temps et moins long. A l’intérieur de mon nouveau terrier se dresse déjà les pyramides de cube cartonné, vestiges reconstitués de plusieurs vies passées.
Trop de choses suggérées.
Alors étant moi même adepte des tournures poétiques etc etc, je pense que tu en met beaucoup trop, cela pourrait convenir à un texte court mais pas à un bouquin, les gens vont s"épuiser à essayer de comprendre.
Pour rester dans cet univers, il faut vraiment alterner action et réalité + descriptions poétiques. Que l'histoire à suivre soit claire et que l'on s'envole dans ton univers au gré de tes fabuleuses descriptions.
Reprends tes paragraphes et essaye de te voir si tu as la construction
action simple + description poétique
ex : Je descend de la voiture et contemple notre nouvelle maison. Telle une tour, un chateau en as de pique, elle se dresse là, devant moi"
Je reste à ta disposition si tu as besoin, car je trouve que tu as un vrai potentiel avec tes figures de style, il faut juste apprendre à les doser.
Je n'ai pas lu les autres commentaires alors désolé si je fais doublon