Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Lilye-Rose le 31 Mars 2015 à 12:58:08
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Bonjour à tous!!
Je me permets de vous poster l'introduction de mon premier roman.
Pour un peu plus de clarté, voici la phrase d'accroche que je donne à mon roman:
" Paris, de nos jours, Zoé, jeune peintre, assiste à une série d'attentat, qui se trouve ne pas être l'oeuvre des être humain."
J'espère que vous prendrez du plaisir à me lire.
A bientôt!
" Un après-midi comme beaucoup d’autres, une petite fille laissait s’échapper une poignée de sable au travers de ses petites mains. Un sable si familier, et pourtant si inconnu. Seul son souvenir le matérialisait. Un monde se créait sous ses doigts, chaque petites particules de poussières se mélangeaient et se durcissaient sous l’effet de l’eau. Des murailles, des tours, des fenêtres se formaient sous ses gestes maladroits. Une petite poupée l’attendait sagement sur le sol, posée près de ses tours de sable. Ses cheveux blonds étaient recouverts de sable, son visage imprégné de poussière. Elle venait quotidiennement jouer dans ce parc, et son esprit s’évadait au milieu des rires d’enfants. Ce jouet était son meilleur ami. Une sensation de paix et de bien être l’envahissait dès qu’elle se trouvait dans ce lieu.
Les souvenirs se faisaient de plus en plus clairs, comme un nuage se dissipant sous la présence du vent. Au loin, des cris se faisaient entendre. Eux aussi, lui étaient familiers. Des petits pieds couraient dans le sable et dans l’herbe fraîchement coupée, d’autres semblaient frôler le sol sur leurs perchoir de bois, certains s’immobilisaient juste à côté de la petite fille. Il lui semblait qu’ils voulaient jouer avec elle et son château de sable.
Des petits bancs de bois laissaient se reposer les mères de famille ; tandis que les fourmis s’afféraient à transporter les petites miettes des goûters des chérubins. Les nounous avaient l’œil ouvert sur ses petits êtres qui s’amusaient et découvraient la vie en communauté.
Et soudain, elle aperçut ces petits pieds qui se tenaient à côté d’elle, tel un piquet. Ils portaient des tennis bleu nuit, elles-mêmes renfermant des chaussettes blanches, prolongées par un pantalon marron taché de poussière aux genoux. Un petit pull vert venait parfaire cette tenue de petit garçon. Au poignet, des fils de cotons bleu et jaune se mélangeaient en une tresse, une petite breloque en pendait. Il lui était impossible de mettre un nom sur cette forme.
Cette petite tête brune hirsute l’observait. Ses deux yeux marron, étirés en amandes, trahissaient sa malice, il préparait quelque chose. Elle eut peur pour sa poupée, d’un geste vif, elle l’attrapa et la serra contre elle. Le silence se faisait ressentir. Tous les enfants du parc s’étaient arrêtés de jouer. Son cœur battait si fort que ses tympans le ressentaient. Les balançoires étaient abandonnées, les glissades du toboggan stoppées. Les pâtés de sable n’étaient plus intéressants. Le reste du paysage devenait flou comme lointain. Les paroles des femmes se perdaient en un murmure.
Ici, à ce moment-là, le temps s’était arrêté. Le destin se gravait sur le bois de cette balançoire, dans les murs de ce château de sable. La peur qui l’abritait disparaissait peu à peu. Le petit être métissé lui tendait la main, le petite fille put apercevoir la breloque attachée à son bracelet.
Des ailes… Des ailes d’ange."
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Bonjour,
Quelques remarques :
sur leurs perchoir de bois
leur perchoir (ou leurs perchoirs mais là ce n'est pas un pluriel normalement)
Ses deux yeux marron
le "deux" me parait de trop (on en a rarement plus ou moins ;) )
Ici, à ce moment-là, le temps s’était arrêté.
la formulation me parait lourde...
A un moment je me suis dit que la "petite fille" ressemblait beaucoup à une adulte puis de nouveau à une enfant... Mais en dehors de ça, j'aime beaucoup les images qui se dégagent de ton texte :D
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coucou !
tout d'abord merci d'avoir pris le temps de lire mon texte et de me donner ton avis. Tu as entierement raison sur les quelques points que tu me montre... a force d'etre plongée dedans je ne me rends plus vraiment compte!
Pour ce qui est du fait qu'on est l'impression qu'a un moment ce soit une petite fille et l'instant d'apres une adulte c'est parfait, car c'est l'effet recherché!
Merci encore du temps que tu m'as accordé et a bientot!
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Et voici le premier chapitre pour que vous y voyait un peu plus mon style.
Bonne lecture!!
Rue de l’Abbaye, quartier Saint-Germain-Des-Prés, Paris 6ème arrondissement. Quartier huppé et célèbre pour ses musées et sa vie culturelle, bâtit jadis autour de sa célèbre église, vestige de la puissante abbaye Bénédictine. Quartier mythique où se mélangeait religions et créations, écrivains et artistes se rencontraient et échangeaient dans les cercles de ses innombrables cafés, tels que « les deux Magots » illustre pour ses prix littéraires. Nombre d’artistes élurent domicile dans l’une de ces résidences, nourrissant un attachement particulier pour ces lieux. Peut-être pensaient-ils que le fait de pouvoir frôler, toucher ou même adosser ces murs leur donnerait l’inspiration.
Lundi matin, la grande artère était complètement saturée par des centaines de carcasses dotées de klaxons stridents, et de leurs occupants criant et insultant le plus fort possible. Au milieu de ce vacarme, un doux rayon de soleil se faufilait entre les façades de ces monuments et de ces habitations. Au pied des bâtiments, de petites machines munies de brosses rondes et de jets d’eau s’afféraient au nettoyage des ruelles. Elles tentaient vainement de nettoyer les vestiges des nuits passées, afin d’accueillir des centaines de touristes venant des quatre coins du monde.
Au dernier étage d’un de ces immeubles du XVIIème siècle, portant le numéro vingt-et-un, dans un luxueux appartement donnant directement sur la paroisse de l’église, une jeune femme colorait d’une large tache de café son chemisier en satin blanc. Une perte de temps supplémentaire, pensait-elle. Cela arrivait à chaque fois qu’un événement important se profilait à l’horizon. Elle posa sa tasse à moitié vide sur le plan de travail en béton, qui trônait au milieu de la cuisine sur l’îlot centrale. Un bouquet de rose blanche apportait une touche féminine dans cette décoration plutôt masculine. Des meubles en chêne brut étaient mis en valeur par un plan de travail en béton. Le frigo américain en inox reflétait les rayons lumineux et chaud du matin. Ses deux larges portes étaient vides, comme si aucun souvenir, aucune photo ne voulait s’y aimanter. La jeune trentenaire souffla et se dirigea vers une pièce lui servant de dressing.
Sous de hauts plafonds blancs dotés de moulures, un tas de vêtement avait recouvert un banc en tissu gris capitonné. Une scène d’anarchie s’était déroulée, ici-même, quelques heures auparavant. Elle avait mis à sac chaque étagère, chaque tiroir, de son dressing sur mesure, afin de trouver le chemisier qu’elle avait souillé avec maladresse. Il ne restait plus qu’un cintre accroché dans l’une des penderies restée ouverte. Un cintre avec une tenue bien particulière aux yeux de la jeune femme.
Un tissu fin d’un ton bleu roi, si léger qu’on pouvait l’imaginer flottant sous une brise. Une odeur particulière l’accompagnait. Il lui suffisait de le regarder et une douce souffrance l’envahissait, le souvenir d’un sourire qui accompagnait de douces paroles. Elle referma la porte et dirigea son regard sur un petit top qui conviendrait parfaitement pour le rendez-vous, qui la rendait si nerveuse. Elle l’attrapa sur le tas d’habits et sortit rapidement de la pièce.
Une gorgée de café avalée rapidement, elle s’examina dans l’un des miroirs vieilli de l’entrée. Sa chevelure noire de jais était attachée en une queue de cheval haute. Ses oreilles serties de discrètes perles ; son maquillage naturel ne laissait pas transparaître l’insomnie qu’elle avait subie la nuit dernière. Son teint d’un blanc albatros mettait en valeur ses lèvres rouges sang. Un trait de khôl venait sublimer la beauté de ses yeux, l’un bleu comme les perles turquoise qui tombaient en cascades autour de son cou et l’autre noir. Une jupe stylo beige venait sublimer les courbes parfaites de ses hanches. Elle aimait porter des talons aiguilles, cela lui faisait oublier ses un mètre soixante. Le petit haut blanc, aux motifs tribaux, qu’elle avait choisi par obligation, rentrait à l’intérieur de la taille et était maintenu par une ceinture rose pâle.
Elle attrapa sa sacoche et la glissa sur son avant-bras. De sa main libre, elle récupéra les clés de l’appartement posées sur la console blanc laqué de l’entrée. En un claquement de porte, elle se retrouva dans la cage d’escalier de son immeuble. La jeune femme dévala les escaliers rapidement. Quelques marches plus loin, elle atterrit dans un vaste hall, dont même les murs étaient recouverts de marbre. L’entrée ressemblait à l’accueil d’un musée. Le silence y régnait. Les mêmes hauts plafonds que l’appartement, mettaient en valeur la pierre. Un lustre, aussi imposant que le reste du mobilier brillait d’un éclat surnaturel. Chaque facette de cristal s’illuminait des couleurs de l’arc-en-ciel. Des cordons rouge bordeaux attachés par des piquets dorés bordaient un tapis rouge qui conduisait à la porte d’entrée. Au milieu de la salle se trouvait un vaste comptoir fait de bois et de marbre. Derrière celui-ci un homme d’une soixantaine d’années était jaugé sur un tabouret de cuir.
Un visage fin, des gestes élégants, le concierge avait conservé la beauté de sa jeunesse. Ses grands yeux verts respiraient la gentillesse. Sa chevelure blanche, parsemé de cheveux noir étaient souple et soyeuse. Un parfait costume deux pièces noir montrait à quel point il prenait encore soin de lui. Il leva la tête de ses écrans en voyant l’occupante du numéro 321 arriver.
Sa voix résonna dans cette grande salle.
« Bonjour Madame Zoé ! S’exclama-t-il en levant la tête de ses écrans.
—Bonjour George !lança-t-elle
— Alors, c’est le grand jour ?
— On dirait bien George ! Souhaitez-moi bonne chance, même si je n’en ai pas besoin! dit-elle en esquissant un sourire du coin des lèvres. »
Hautaine, fière, coincée, arrogante, voilà les mots qui revenaient régulièrement lorsqu’une personne la décrivait. Le fait qu’elle soit riche n’arrangeait malheureusement pas les choses pour elle. Les personnes qui l’appréciaient se compter sur les doigts d’une main et George en faisait partie. Il répondait toujours présent lorsqu’elle avait besoin qu’on arrose ses plantes, lorsqu’elle partait en voyage ; ou avait juste une envie de sushi, tard le soir. Jours et nuits, il était là derrière son grand comptoir, surveillant ses télés de surveillance ou observant les allers et venues de ses locataires.
Il vivait dans un petit deux pièces au rez-de-chaussée de l’immeuble, tout ce qu’il y avait de plus modeste. Il n’avait pas de famille, du moins Zoé n’avait jamais vu la moindre personne rentrer dans son appartement. Le vieil homme avait toujours les mêmes habitudes : le matin, très tôt, il vérifiait que tous les occupants de l’immeuble étaient bien rentrés dans la nuit, à l’aide des bandes vidéo de la veille. Une heure plus tard, il ouvrait à la femme de ménage, Joseta, venue astiquer la moindre parcelle de marbre et de vitre. Puis, avec les premiers coups de klaxons matinaux, le ballet de ses résidents commençait. Il aimait les observer dans ces moment-là, ils les connaissaient tous ; c’était un peu comme ses enfants qui partaient à l’école. George avait toujours une parole pour chacun d’eux. Mais Zoé était de loin sa préférée, elle n’était pas comme les autres. Elle se moquait de ce que les autres pensaient, les paroles blessantes ne l’atteignaient pas, il en était admiratif. Malgré tous les efforts qu’il faisait, pour lui le regard des autres était très important.
« Passez une bonne journée ! », dit-il en la regardant s’engouffrer dans l’ouverture automatique de la porte d’entrée du hall de l’immeuble.
Une heure plus tard, Zoé se tenait debout face à une vitrine contenant la toile d’un artiste quelque peu célèbre. La façade de pierre beige de cette galerie se trouvait dans la rue Bonaparte, non loin de l’Ecole supérieur des Beaux-Arts, où Zoé avait effectué son dernier cycle d’étude. Son regard se perdait dans les mélanges de peinture qui laissaient entrevoir, les coups de pinceaux habiles du peintre. Les pigments de couleur noire agissaient comme un miroir. A travers ce tableau aux tons obscurs et la vitrine, elle pouvait voir son reflet. C’est à ce moment-là qu’elle l’aperçut pour la première fois. Il se tenait là, sur le trottoir de l’autre côté de la rue. Son regard noir profond l’observait. Ses cheveux bruns dansaient sous l’effet de la brise matinale. Le temps s’était arrêté, Zoé était comme hypnotisée, elle ne pouvait détournez son regard.
« Magnifique toile, n’est-ce pas ? » s’extasia une voix près d’elle.
La jeune femme sursauta, surprise d’être extirpée aussi brutalement de son observation. Elle se retourna vers le fautif et reconnut le directeur de la galerie d’art, avec qui elle avait rendez-vous.
« Pardon ? s’entendit-elle dire.
—Pablo Rodez, c’est l’un de nos peintres. Vous avez dû déjà entendre parler de lui.
—Désolée, mais je … j’étais perdue dans mes pensées. Je suis Mlle Morin.
—Ah, ces artistes ! Toujours la tête dans les nuages ! Et bien suivez-moi Mlle Morin , plaisanta-t-il en rentrant à l’intérieur de sa galerie.
Zoé eut juste le temps de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, mais le mystérieux inconnu avait déjà disparu. Tout ceci lui paraissait si irréel, qu’elle se demandait si elle ne l’avait pas imaginé. Et, cela l’inquiétais bien plus encore.
Elle pénétra à l’intérieur de la pièce, où quelques temps plus tard, elle l’espérait, ses toiles seraient exposées. Des murs blancs immaculés se dressaient autour d’elle dans un long couloir. Tous les deux mètres, une toile de Rodez était suspendue par un fil d’argent. A la droite de chacune se trouvait une petite plaque argentée, sur laquelle étaient inscris le nom du tableau et une petite pensée de l’artiste. Le sol en béton ciré faisait claquer ses talons dans un bruit assourdissant. Tout au fond, un mange debout en acier et deux tabourets, du même matériau, les attendaient. Mr Durand, le directeur de la galerie, lui fit signe de s’installer sur l’un d’entre eux. Il poussa quelques feuilles de papier gribouillées dans un dialecte incompréhensible.
— Asseyez-vous, je vous prie. Une petite tasse de café ? demanda-t-il en refermant son agenda resté ouvert sur la table.
—Avec plaisir. Noir et sans sucre, s’il vous plait.
Ces paroles sonnaient comme un ordre, mais elle s’en fichait. Elle était encore troublée par sa vision. Pourquoi cet homme l’observait-il avec autant d’insistance, et surtout, pourquoi avait-elle cette impression de déjà-vu. Elle n’eut pas le luxe d’y songer bien longtemps, car Mr Durand revint aussi vite que l’éclair avec deux tasses de café dans les mains.
Le petit homme devait être âgé d’une cinquantaine d’années. Debout, près de la table haute, la petitesse de sa taille était accentuée. Il avait le dessus du crâne légèrement dégarni et le cheveu grisonnant. Ses yeux étaient d’un vert vif, il était réputé pour repérer les nouveaux artistes, avant même d’avoir vu leurs toiles. Cela avait d’ailleurs étonné Zoé, qu’il ne lui demandât pas d’amener ne serait-ce qu’un croquis. Il portait un costume trois pièces gris, comme on faisait encore pour les événements exceptionnels, tels que les mariages. Une chemise blanche parfaitement repassée, le tout rehaussé par une magnifique cravate bleue nuit. Cet homme avait du goût, c’était indéniable, ou du moins une femme qui le lui transmettait. Il portait également une alliance.
Il déposa sur la table les deux tasses au design londonien et s’installa sur son siège. Il observa Zoé sous ses lunettes, comme si, il s’attendait à découvrir tous de sa personnalité, grâce à celle-ci. Puis, il se tortilla sur le dossier de sa chaise avant de se racler la gorge.
—Alors Zoé ? C’est bien cela ? Vous vous nommez Zoé ? dit-il en regardant de plus près l’un des papiers restés sur la table. Une image vint à l’esprit de la jeune femme: une petite fouine à lunette, voilà ce à quoi il lui faisait penser.
—Oui, c’est bien cela. Mlle Zoé Morin.
— Donc racontez-moi, pourquoi êtes-vous ici ? Envie de devenir riche plaisanta-t-il.
—Non, cela n’a aucun intérêt pour moi. Je cherche simplement la renommée….
—Simplement… mais rien n’est simple dans la vie, mademoiselle. Même pour quelqu’un issue de bonne famille, comme vous.
D’un geste, il remonta les lunettes noires sur son nez. Le petit homme observa la réaction de sa visiteuse ; mais elle ne laissa rien paraître.
—Les choses sont toujours plus faciles lorsqu’on a de l’argent, dit-elle avec aplomb. Croyez-vous que je serais ici, si Père et Mère ne m’avaient payé l’entrée aux Beaux-Arts ?
Elle ne manquait pas de caractère, mais tous les artistes en possédaient un, c’était même une marque de fabrique. Cependant, la froideur qu’elle dégageait ne se ressentait pas dans ses toiles. C’est ce qui avait plu au Directeur, la chaleur et la bonté qui s’en dégageait. Sur les quelques croquis que son ami, le concierge, avait pu lui montrer, il avait décelé cette atmosphère si particulière qui apparaissait sous chaque coup de fusain que la croqueuse donnait à ses pages blanches. Jusqu’à présent, aucun artiste n’avait pu lui faire ressentir cela. Il était comme transporté dans le passé, à l’époque où il n’avait qu’une dizaine d’années et où il jouait dans le jardin. Ce souvenir de sa mère posant sur le rebord de la fenêtre une tarte aux fruits. L’odeur si délicieuse de ce sucre chaud, de cette pâte croustillante. Il se sentait bien. Il en oublia un instant que Zoé se trouvait en face de lui et que ses petits pieds nu ne se trouvaient pas dans l’herbe, mais bel et bien enfermés dans des mocassins de luxe.
—Très bien, donc vos parents ont, semble-t-il, choisi la bonne voie pour vous. Faites-vous autre chose de votre vie ? Ou êtes-vous entièrement disponible ?
—Père et Mère ne sont pas mes parents. Ils m’ont recueilli après le décès de ma famille. Personne ne voulait d’une petite fille de cinq ans comme moi, confia-t-elle sans sourciller d’un millimètre.
L’homme, qui se tenait devant elle, se sentit si mal à l’aise, qu’il ressentit des gouttes de sueur se former sur son front. Elle n’avait aucune émotion dans le regard, cela ne semblait pas l’atteindre. Cette jeune femme s’exprimait et réagissait comme un robot.
—Et pour répondre à votre seconde question, je ne fais rien d’autre que ma peinture.
—D’accord, Mademoiselle Morin, vous semblez être une personne qui a beaucoup de choses à raconter. Revenez me voir avec vos plus beaux tableaux.
Il descendit de son tabouret et tendit la main à Zoé. Il était choqué par ce qu’elle venait de dire, elle le savait, mais elle ne pouvait pas laisser la mémoire de ses parents être tâchée ainsi. Elle aussi s’échappa de sa chaise. Elle serra la main de Mr Durand, elle était toute moite.
— Quand puis-je me représenter à vous ?
— On va se laisser quelques jours, disons jeudi dans la matinée, cela vous convient ?
— Evidemment, donc à Jeudi. » répondit-elle en tournant les talons, un sourire esquissé sur son visage.
En sortant de la galerie, Zoé sortit de son sac à main son téléphone. Elle regarda autour d’elle, personne à l’horizon, même pas sa vision. Car ce n’était que ça, elle l’avait imaginé, cet homme sur le trottoir d’en face, elle en était persuadée. De ses doigts agiles, elle pianota sur son clavier un numéro et rapprocha son portable de son oreille.
« Salut, c’est moi ! Tu fais quelque chose jeudi soir ? »
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Humm, je suis très intrigué!
J'avoue franchement que je ne suis encore sûr de rien, j'ignore quelle tournure prendra l'histoire, mais j'ai le sentiment que ça promet d'être intéressant. Il y a quelque chose qui se dégage de ton texte, et j'aime ça. Le sentiment que quelque chose se prépare. J'ai vraiment hâte de connaître la suite.
Pour ce qui est des critiques, j'ai repéré pas mal de fautes d'orthographe, des virgules mal placées et un point d'interrogation qui manque, au moins. Donc voilà, côté technique, il y a des choses à refaire.
Ah, et dernière remarque, mais purement personnelle: je n'aime pas trop les personnages féminins dont on a l'impression qu'ils ont toujours raison dans ce qu'ils font et ce qu'ils disent, même quand ils gênent les autres; je trouve que ça leur donne un côté personnage adolescente de roman dystopique. Enfin, ça n'est qu'un point de vue, et ça ne se sent presque pas, de toute façon, donc c'est pas très gênant :)
Vivement le deuxième chapitre!
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Merci beaucoup pour ce compliment ça fait chaud au coeur!!!
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bonsoir à tous voici le deuxième chapitre de mon roman!!! J'attends vos critiques avec impatience!!
Chapitre 2
Quelques heures plus tard, Zoé passait de nouveau les portes du grand hall. George n’avait pas bougé du comptoir et lui fit son sourire habituel, pour lui signaler qu’il l’avait bien vue. Elle s’enfonça dans la grande cage en argent, qui lui permettait de regagner son appartement. Son majeur appuya délicatement sur le sixième et dernier étage. Les portes se refermèrent devant son visage, sous les yeux bienveillants du concierge.
Une fois arrivée, ses chaussures retirées, son chignon défait, elle décida d’enfiler son vieux jogging gris délavé. Elle alla dans la cuisine, la tasse de café de ce matin avait été lavée, et rangée. La femme de ménage était passée et la pile de vêtements avait disparu du banc gris capitonné du dressing. Sur l’îlot central, des fleurs rouges et blanches avaient été placées au centre. Leur parfum embaumait toute la pièce, Zoé ouvrit la porte du réfrigérateur américain. Il avait également été rempli, mais, ce soir, elle décida de manger autre chose. La jeune femme claqua la porte et attrapa son portable sur plan de travail en béton. Elle pianota le numéro de George rapidement, deux sonneries retentirent, puis elle entendit sa voix.
« — Pizza, ce soir, Mlle Morin ?
— S’il vous plaît George, comme d’habitude, et si possible dans une demi-heure.
— Très bien, je vous l’apporte dès qu’elle est là, promit-il. »
La jeune artiste sortit de la cuisine et entra dans son salon. La décoration était plutôt contemporaine. Un canapé, rayé de noir et or, trônait au milieu du salon. Un bout de canapé rétro en bois noir et teck, se tenait à sa droite ; elle y déposa son téléphone. Un petit fauteuil chanteloup, recouvert d’un tissu capitonné beige et rehaussé de pieds travaillés en bois, se trouvait lui, sur la gauche du canapé. Une table basse en bois de palette était entourée par ces objets. Sur cette dernière, se trouvait une télécommande. Zoé l’attrapa et s’assit de tous son poids sur le sofa.
Sur le mur, en face d’elle, un magnifique tableau, qu’elle avait réalisé plus jeune, représentait une petite fille, habillée d’une robe violette et coiffée d’un chapeau blanc, courant dans un champ de blé. Un ruban, venant de s’échapper de sa coiffe, flottait dans le vent.
La jeune femme appuya sur un bouton de la manette et la peinture s’ouvrit en deux, pour laisser un grand écran plasma s’avancer. La télévision s’alluma et laissa place aux informations. De nouveaux attentats avaient éclaté dans le monde, et un volcan avait provoqué un violent séisme dans l’atlantique, elle changea vite de chaîne. Tous cela la fatiguait, elle en avait assez de toutes ces mauvaises nouvelles, il n’y avait plus une journée sans guerre ou violence. Son regard se perdit dans une émission de télé réalité.
La journée avait été dure mentalement et la pression commença à redescendre. Peu à peu, elle sentit ses paupières s’alourdir, le son du programme se faisait lointain. Elle sombra rapidement dans un sommeil profond.
Une sensation bizarre l’envahit, elle savait qu’elle dormait, mais elle ne pouvait se réveiller. Les images de la bombe, qu’elle avait vu éclater à l’écran quelques secondes avant, repassèrent sous ses yeux. Elle se tenait droite et statique, au milieu d’un cauchemar. Les mères criaient autour d’elle, elles appelaient leurs petits, qui avaient disparu dans les gravats. Une épaisse poussière empêchait de voir à un mètre de soi. La jeune femme se tenait toujours droite sans pouvoir bouger, des animaux commencèrent à passer près d’elle. Ils couraient à toute vitesse et frôlaient Zoé. Des biches, des lions, des tigres, elle n’en avait jamais vus d’aussi près. Puis, devant elle, la fumée se dispersa et on vit un mur d’eau apparaître. Une vague géante lui arrivait droit dessus. Ses yeux livides, regardaient et attendaient que l’eau vienne l’emporter. Ses paupières se fermèrent, mais rien ne vint. Elle entendait l’eau passer près de ses oreilles. Ne sentant rien, pas même une goutte, elle décida de regarder ce qu’il se passait.
Il se tenait là, faisant barrière à tout obstacle. Ses cheveux noirs retombaient sur son visage, des gouttes d’eau perlaient sur sa mâchoire saillante et crispée. Il ne bougeait pas d’un centimètre, malgré la force de l’eau qui déferlait sur lui. Ses yeux sombres la fixaient. Son t-shirt blanc était devenu transparent à cause de l’eau. Zoé se trouvait à dix centimètres de son visage. Ses propres doigts commencèrent à se décrisper et à lui obéir. Son bras droit se leva doucement, elle avait peur, mais elle voulait aussi savoir s’il était bien réel. Arrivée à mi-parcours, sa main se retrouva bloquée par une paroi transparente. Elle vit des gouttes d’eau couler de l’autre côté de la vitre. Leur souffle chaud créa une buée, qui rendait la scène irréaliste. La main de Zoé se posa délicatement sur la paroi, elle regarda le jeune homme pour voir sa réaction. Il la fixait toujours, le liquide transparent continuait à couler le long de son visage, de ses bras musclés. Puis, sans détourner son regard, il posa sa main de l’autre côté de la vitre. Il prolongeait la main aux lignes féminines, de deux phalanges.
Ils restaient là, sans bouger. Leurs regards se perdaient l’un dans l’autre. Elle aurait voulu briser cet obstacle de verre et pouvoir toucher les traits de son visage. C’était impossible qu’il ne soit qu’une vision, du moins, elle l’espérait du plus profond d’elle-même. En sa présence, elle ressentait les mêmes sensations que lorsqu’elle se trouvait avec sa mère. La chaleur de sa main était presque perceptible.
Perdue dans ses pensées, elle crut voir ses lèvres bouger. Il lui souriait.
Puis, une sonnerie lointaine se fit entendre. Ce n’était ni le son d’une bombe ou d’une sirène, mais elle crut reconnaitre un son familier.
La vitre commença à se fissurer autour de leurs doigts, et sans qu’ils n’aient eu le temps de réagir, Zoé se retrouva submergée par une vague. L’eau commença à rentrer dans son corps, comme la sève qui coule dans les arbres ; elle s’insinua dans la moindre partie de ses poumons.
La sonnerie recommença, elle se faisait de plus en plus pressante. Alors, elle se rendit compte qu’une main l’avait attrapée pour la remonter à la surface.
Juste avant que son visage n’atteignît l’air libre, Zoé se retourna pour vérifier qu’il s’agissait bien de l’inconnu.
La dernière image qu’elle vit, fut son visage. Puis elle se réveilla, le bruit n’était en fait que son téléphone portable. Sortant de sa torpeur, elle vit le nom de George s’afficher sur l’écran digital de son portable.
Son bras se tendit avec difficulté, il était plein de courbatures. La jeune femme rapprocha l’objet de son oreille, après avoir appuyé sur la touche verte.
« – Oui George, articula-t-elle difficilement.
– Mademoiselle, je commençais à m’inquiéter ! s’exclama le concierge.
– Désolée, je m’étais assoupie, rien de grave George….
– Très bien, dit-il d’un ton plus rassuré, votre pizza est arrivée. Je vous la mets dans l’ascenseur ?
– Oui, ce sera gentil. Bonne soirée, écourta la dormeuse. »
Son corps gracieux s’étira sur le canapé et se leva. Elle alla ouvrir le frigo, afin d’accompagner sa pizza, d’une bonne bière.
Ses jambes se dirigèrent tel un somnambule jusqu’à la cuisine et lorsqu’elle posa sa main sur la poignée chromée du réfrigérateur ; elle se rendit compte que quelques gouttes d’eau perlaient dessus. Le visage du jeune homme lui revint en tête, au moment où l’ascenseur ouvrit ses portes. Elle se dirigea vers lui. Au milieu de la boite de fer, il y avait une petite desserte blanche ; sur laquelle se trouvait une cloche brillante. Zoé l’attrapa et l’amena sur sa table basse.
L’odeur de la pizza lui chatouillait les narines. Elle entendit son ventre grogner de faim. Inconsciemment, elle mit de côté son rêve pour se consacrer à la dégustation de sa peppéroni, devant l’un de ses talk-shows préférés.
J'espère que vous prendrez plaisir à lire!!
A bientôt
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Bonsoir, Lily
Un peu court, quand-meme, je trouve. Le premier chapitre m'avait nettement plus emballé. Mais je remarque qu'il n'y a aucune faute, du moins je crois, et du coup ça t'a peut être plus fatiguée d'écrire ce second chapitre.
Il y a des expressions que je trouve bizarres : ses yeux regardaient, son corps se leva... Je ne sais pas trop si ça se dit.
Et quand tu parles du tableau qu'elle a réalisé en le qualifiant de magnifique, ça me perturbe, je sais plus de quel genre de narrateur il s' agit. Et pas mal de phrases m'ont semblé mécaniques. Comme si tu étais trop fatiguée pour faire l'effort de trouver précisément les bons mots.
Enfin, c'est pas bien méchant, mais quand meme, si c'est un roman, je pense qu'il faut arranger tout ça.
Je suis toujours intéressé de voir quelle tournure ça prendra, je n'en ai encore aucune idée, alors bonne chance pour le prochain chapitre!
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Bonjour,
Tous d'abord encore un grand merci pour tes lectures!
Je vais t'avouer que le roman est pratiquement terminé... du moins le premier tome.
Je vais arranger le second chapitre suite à ton commentaire.
-Peux-tu simplement me dire si tout t'a paru trop mécanique ou si c'est seulement le passage chez elle.
- Qu-est-ce que tu pense de son cauchemar?
Je voulais avant tous créer une forte démarcation entre sa soirée et son rêves. En le relisant je le trouve un peu léger et j'ai l'impression qu'il ne dégage rien... alors que je voulais le contraire... montrer qu'elle a une vie plutôt ordinaire, un peu comme monsieur et madame tout le monde, et que ses rêves paraissent bizarre, presque plus réels que sa vie.
Voilà, en tout cas je te remercie beaucoup pour tes critiques!!
Et en ce qui concerne les mots, je te le dis en toute honnêteté, je manque cruellement de vocabulaire... Je voudrais d'abord terminer mon 1er tome, puis me laisser une petite quinzaine de jour, pour me détacher un peu de tous ça et me cultiver un peu plus sur mon vocabulaire (en gros la lecture d'un dictionnaire ne serait pas mal venu... :-¬?) et ensuite je fais ma relecture.
Enfin bref, je te raconte un peu ma vie là!
Bonne journée et à bientôt!
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Pour son cauchemar je ne sais pas trop, je ne suis pas vraiment très très imaginatif, et donc s'il y a une sorte de symbole ou un truc du genre caché dans le rêve, ne compte pas sur moi pour comprendre :mrgreen:
Les phrases mécaniques, je sais pas, c'est peut-être pas le bon mot, mais il y a des expressions qui, personnellement, me dérangent. C'est comme si des choses ou des objets faisaient d'eux-même des actions comme des êtres humains: son majeur appuya, la télévision laissa place aux infos (d'ailleurs j'ai pas trop compris cette phrase: comment la télé peut-elle laisser place aux infos :o)?
Bref, des trucs de ce genre.
Mais j'attends toujours la suite avec autant d'intérêt!
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Merci beaucoup pour tes commentaires, je me permets de te mettre la suite.
Bonne lecture! :D
Chapitre 3
Le lendemain, Zoé se trouvait dans son atelier. Elle décida de s’occuper de sa sélection de toile à amener à la galerie.
La pièce était baignée d’une lumière naturelle, traversant un gigantesque dôme de verre, qui se trouvait au-dessus de sa tête. Des plantes apportaient une touche de verdure aux boiseries sombres qui recouvraient les murs. Plusieurs plans de travail blancs étaient recouverts de pinceaux, peintures, et divers outils de peintre. Même le sol en parquet avait souffert de ce désordre. Il était immaculé de multitude de tâches du liquide coloré qu’elle utilisait. Des étagères adossées au mur supportaient le poids des dizaines de toiles vierges, qui attendaient de devenir des œuvres.
Le choix était cornélien. Une centaine de toiles trônaient dans la pièce. Elle en avait mis deux de côté, ses préférées. L’un des tableaux représentait un paysage aux ambiances celtiques. Une jeune femme rousse, vêtue d’une longue robe marinière blanche et bleue, flottant dans le vent, se tenait debout. Au-dessus d’elle, un foulard s’envolait et formait la silhouette d’une colombe blanche. Sous ses pieds se dessinaient une falaise verte où les vagues venaient se confondre avec les rochers. Le ciel dressait un décor sombre et fantomatique. On aurait dit qu’elle abandonnait ce morceau de tissu comme si elle abandonnait un être cher.
Le deuxième était la tour Eiffel. Le monstre de fer Parisien se dressait devant une foule d’inconnus minuscules. Les lumières de la ville se détachaient du ciel noir tacheté de petits points blancs. Une toile simple mais qui lui plaisait. Mais tout cela était plutôt impersonnel.
Elle le savait, le directeur de la galerie attendait plus de sa part. Il souhaitait qu’elle se livre, qu’elle laisse deviner sa personnalité au travers de ses œuvres.
Elle se dirigea alors dans une partie de la pièce mal éclairée où gisaient sous des draps blancs quelques tableaux. Elle en attrapa un et le découvrit de son habit. Il ne représentait rien d’extraordinaire, pourtant il était parfait.
On y admirait une cuisine, un lieu qu’elle visitait tous les jours. Les plafonds hauts, les meubles en chêne, le plan de travail en béton, rien n’avait changé. Tout était identique au souvenir que le tableau retranscrivait. Pourtant tout y était différent à présent.
Un élément ne s’y trouvait plus aujourd’hui. Cette femme. Une aura se dégageait d’elle. Elle se trouvait là, occupée à éplucher des pommes, sans doute pour cuisiner une jolie tarte pour une petite fille de cinq ans. Elle était tournée, son visage était dissimulé sous une cascade de boucles brunes. Elle portait une douce robe bleu roi, dont les manches en dentelles laissaient entrevoir sa peau ivoire. On pouvait y deviner son sourire et son regard bienfaisant. Un simple coup d’œil sur cette toile et n’importe quelle personne se laissait envahir de souvenirs d’enfance.
Zoé observait le tableau, il n’avait rien de particulier pour un inconnu mais pour elle, il représentait la fin de sa vie. Cette scène était le dernier vestige qu’elle gardait de cette femme. La pièce de son appartement n’avait d’ailleurs pas changé, seul les murs avaient été repeints. Ses amis ne comprenaient pas pourquoi la jeune artiste s’obstinait à vouloir rester dans cet appartement.
Elle savait que ses parents l’avaient toujours protégée, même après leur mort. Cet oasis était pour elle le dernier lien qui la reliait à leurs âmes. Elle n’était pas prête à s’en séparer.
La sonnerie de son téléphone portable l’extirpa de ses souvenirs. Elle reposa la toile et se mit à la recherche de son sac à main. Avant qu’elle n’ait pu décrocher, l’appel s’interrompit. Numéro inconnu. Zoé jeta un dernier coup d’œil derrière elle et décida de remettre à plus tard son choix de toile pour Monsieur Durand.
Arrivée sur le trottoir en bas de l’immeuble, elle aspira une grande bouffée d’air comme pour vérifier qu’elle était bien vivante. Le soleil brillait à son zénith, il ne devait pas être loin de midi et son ventre commença à grogner. Elle décida d’aller se restaurer dans sa brasserie préférée qui se trouvait à deux pas de son atelier. Elle sortit ses lunettes de soleils de leur étui et commença à quitter le trottoir. En les enfilant, elle crut apercevoir haut dans le ciel comme une étoile filante. « Impossible, se dit-elle. ». Mais sa vision se répéta, elle stoppa sa démarche assurée en plein milieu de la route. Des milliers d’étoiles filantes traversaient le ciel bleu azur, elle n’en revenait pas. Elles tombaient là, à ses pieds et s’enfonçaient dans le sol comme absorbées. Puis soudain un cri strident se fit entendre autour d’elle. Pas un cri humain, le bruit ressemblait à un crissement, comme le caoutchouc sur le goudron, comme un pneu sur une route, comme une voiture qui pile pour éviter un choc.
Zoé se réveilla de sa torpeur. Elle se trouvait en plein milieu de la route, trois voitures lui faisaient face. Leurs conducteurs respectifs se tenant devant elle par l’ouverture de leur portière. L’un d’eux lui demandant si tout allait bien, les deux autres la traitant de folle. Les passants l’observaient et s’interrogeaient. Que regardait-elle dans le ciel ? La jeune femme cligna des yeux comme pour sortir de son sommeil, elle se dirigea vers le trottoir, qu’elle avait souhaité rejoindre avant cette pluie d’étoiles, sans même une excuse pour les malheureux pileurs. Les pavés de la rue claquaient sous ses talons, ses pieds la dirigeaient comme un automate vers sa destination.
*
* *
Paris était pour lui une ville inconnue aux décors et paysages grisés, loin de sa Californie natale. Cependant, il avait aimé en visiter les monuments les plus connus comme les recoins les plus cachés. Les parisiens, comme les français étaient des personnes peu hospitalières et très méfiantes. Son physique d’étranger, asiatique, l’avait tout de même bien aidé à pouvoir lier le contact avec certaines passantes, afin de demander son chemin.
En ce mardi matin, il avait quitté son hôtel se trouvant dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés et se baladait dans les petites rues pavées qui entouraient le quartier des artistes. Les peintres, les écrivains, ils étaient un peu comme lui. Idéaliste, toujours à la recherche d’un chef d’œuvre. Le sien ressemblait plus à une grande masse informe d’eau, plutôt qu’à un portrait ou un poème. Une vague qu’il pourrait surfer. Sa passion l’avait amené à visiter beaucoup de villes de son pays, mais il n’était jamais sorti de ses frontières. Pourtant, il était comme chez lui dans ce paysage, comme si tout le guidait vers un point précis. Il savait qu’il la verrait sortir d’un de ses immeubles. Celui à la grande verrière avait l’air d’être un de ses endroits fétiches, avec son appartement qui se trouvait quelques rues plus loin.
Il devait la suivre, la surveiller. Connaître ses habitudes, quand était-elle à son domicile, à quels moments. Mais jusqu’à quand, ce n’était pas à lui d’en décider. Il avait appris à la connaître à force de l’observer. Elle buvait son café noir, ne sortait jamais sans ses talons, attachait ses cheveux quand elle avait des rendez-vous importants. Elle paraissait inaccessible, sauf lorsqu’elle peignait. Dans ces moment-là, il ne pouvait plus détourner son regard d’elle. Ses gestes légers et gracieux formaient des courbes et des visages. La passion et l’amour se lisait dans son regard. Elle ne regardait rien d’autre comme ses toiles. Ses mains recouvertes de peinture venaient caresser délicatement les paysages qu’elle imaginait.
Elle ne voyait pas beaucoup de monde. Seul Mr George, le concierge de son immeuble pouvait se vanter de lui parler tous les jours. Il lui avait d’ailleurs donné des renseignements intéressants à son sujet, pensant qu’il était un de ses admirateurs.
Ses déplacements étaient concentrés entre son appartement et son atelier. Mais ce jour-là, une nouvelle habitude apparut. L’habitude de faire des choses étranges comme il avait pu faire quelques temps avant elle.
A midi pile, elle s’avança hors de son trottoir pour se planter en plein milieu de la route et regarder le ciel. Il chercha du regard ce qu’elle pouvait observer, jusqu’à ce que le bruit des voitures qui freinaient violemment ne le sortît de son observation. L’une d’entre elles, une berline noire se dirigeait droit sur la jeune femme. Il ne pouvait pas bouger, au risque de se faire remarquer. Il aurait voulu pouvoir l’aider, mais il se l’interdisait. Son ventre se serrait, son souffle se coupait, son cœur battait à en exploser, malgré tous cela il ne pouvait faire un pas dans sa direction.
Lorsque la voiture fut en fin de course et vint frôler à quelques centimètres près la peintre, elle baissa les yeux vers les parisiens mécontents et repris sa route. Aucune tôle n’était froissée, mais une foule s’était formée autour de l’incident. Il faillit la perdre de vue, au moment où elle entra dans le restaurant. Le jeune surfeur traversa la ruche de personnes qui grouillait sur la route et alla se placer de l’autre côté de la rue où se trouvait à présent la jeune femme.
Heureusement pour lui, un ange gardien avait l’air de veiller sur elle.
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Ok, ça commence à bouger. L'intrigue s'élargit avec l'arrivée d'un nouveau personnage. Il y a plus de suspens. Waiting for the chapter 4!
Je sais pas si tu as remarqué mais ça rime :D
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merci pour le com Extasy!
J'ai remanié un peu le premier chapitre, j'attends vos avis.... première ou seconde version?
Bonne lecture! ;D
Chapitre 1.
Paris, le 6 Juin 2015.
Rue de l’Abbaye, quartier Saint-Germain-Des-Prés, Paris 6ème arrondissement. Quartier huppé et célèbre pour ses musées et sa vie culturelle, bâtit jadis autour de sa célèbre église, vestige de la puissante abbaye Bénédictine. Quartier mythique où se mélangeait religions et créations. Ecrivains et artistes se rencontraient et échangeaient dans les cercles de ses innombrables cafés, tels que « les deux Magots » illustre pour ses prix littéraires. Nombre d’artistes élurent domicile dans l’une de ces résidences, nourrissant un attachement particulier pour ces lieux. Peut-être pensaient-ils que le fait de pouvoir frôler, toucher ou même s’adosser à ces murs, leur donnerait l’inspiration.
Lundi matin, la grande artère était complètement saturée par des centaines de carcasses dotées de klaxons stridents, et de leurs occupants criant et insultant le plus fort possible. Au milieu de ce vacarme, un doux rayon de soleil se faufilait entre les façades de ces monuments et de ces habitations. Au pied des bâtiments, de petites machines munies de brosses rondes et de jets d’eau s’afféraient au nettoyage des ruelles. Elles tentaient vainement de nettoyer les vestiges des nuits passées, afin d’accueillir des centaines de touristes venant des quatre coins du monde.
Au dernier étage d’un de ces immeubles du XVIIème siècle, portant le numéro vingt-et-un, dans un luxueux appartement donnant directement sur la paroisse de l’église, une jeune femme colorait d’une large tache de café son chemisier en satin blanc. Une perte de temps supplémentaire, pensait-elle. Cela arrivait à chaque fois qu’un événement important se profilait à l’horizon. Elle posa sa tasse à moitié vide sur le plan de travail en béton, qui trônait au milieu de la cuisine sur l’îlot centrale. Un bouquet de rose blanche apportait une touche féminine dans cette décoration plutôt masculine. Des meubles en chêne brut étaient mis en valeur par un plan de travail en béton. Le frigo américain en inox reflétait la lumière chaude du matin. Ses deux larges portes étaient vides, comme si aucuns souvenirs, aucunes photos ne voulaient s’y aimanter. La jeune trentenaire souffla et se dirigea vers la pièce qui lui servant de dressing.
Sous de hauts plafonds blancs dotés de moulures, un tas de vêtement avait recouvert un banc en tissu gris capitonné. Une scène d’anarchie s’était déroulée, ici-même, quelques heures auparavant. Elle avait mis à sac chaque étagère, chaque tiroir, de son dressing sur mesure, afin de trouver le chemisier qu’elle avait souillé avec maladresse. Il ne restait plus qu’un cintre accroché dans l’une des penderies restée ouverte. Un cintre avec une tenue bien particulière aux yeux de la jeune femme.
Un tissu fin d’un ton bleu roi, si léger qu’on pouvait l’imaginer flottant sous une brise. Une odeur particulière l’accompagnait. Il lui suffisait de le regarder et une douce souffrance l’envahissait, le souvenir d’un sourire qui accompagnait de douces paroles. Se ressaisissant, elle referma la porte et dirigea son regard sur un petit top qui conviendrait parfaitement pour le rendez-vous, qui la rendait si nerveuse. Elle l’attrapa sur le tas d’habits et sortit rapidement de la pièce.
La jeune femme passa par la cuisine pour récupérer sa tasse de boisson chaude, puis avança dans le corridor blanc. Une gorgée de café avalée rapidement, elle s’examina dans l’un des miroirs vieilli de l’entrée. Sa chevelure châtain clair, aux reflets couleurs miel, était attachée en une queue de cheval haute. Ses oreilles serties de discrètes perles ; son maquillage naturel ne laissait pas transparaître l’insomnie qu’elle avait subie la nuit dernière. Son teint d’un blanc albatros mettait en valeur ses lèvres rouges sang. Un trait de khôl venait sublimer la beauté de ses yeux, l’un bleu comme les perles turquoise qui tombaient en cascades autour de son cou et l’autre noir. Le deuxième était victime d’une sur pigmentation, plus couramment appelé « Les yeux vairons ». Elle pensait que cette dénomination ne donnait pas la grâce méritée à la beauté de ses iris. Une jupe stylo beige venait sublimer les courbes parfaites de ses hanches. Elle aimait porter des talons aiguilles, cela lui faisait oublier ses un mètre soixante. Le petit haut blanc, aux motifs tribaux, qu’elle avait choisi par obligation, rentrait à l’intérieur de la taille et était maintenu par une ceinture rose pâle.
Elle attrapa son sac à main camel et le glissa sur son avant-bras. De sa main libre, elle récupéra les clés de l’appartement posées sur la console blanc laqué de l’entrée. En un claquement de porte, elle se retrouva dans le couloir de son immeuble. Elle toisa l’ascenseur, puis fit le choix d’emprunter les rangées de marches. La jeune femme dévala les escaliers des six étages, rapidement. Puis, elle arriva dans un vaste hall, dont les murs étaient recouverts de marbre. L’entrée ressemblait à l’accueil d’un musée. Le silence y régnait. Les mêmes hauts plafonds que l’appartement, mettaient en valeur la pierre calcaire de couleur blanche, aux reflets sable. Des cordons rouges bordeaux attachés par des piquets dorés bordaient un tapis rouge qui conduisait à la porte d’entrée. Au milieu de la salle se trouvait un vaste comptoir fait de bois et de marbre. Derrière celui-ci un homme d’une soixantaine d’années était assis sur un tabouret de cuir. Au-dessus de lui, un lustre, aussi imposant que le reste du mobilier brillait d’un éclat surnaturel. Chaque facette de cristal s’illuminait des couleurs de l’arc-en-ciel.
Un visage fin, des gestes élégants, le concierge avait conservé la beauté de sa jeunesse. Ses grands yeux verts respiraient la gentillesse. Sa chevelure blanche, parsemé de cheveux noir étaient souple et soyeuse. Un parfait costume deux pièces noir montrait à quel point il prenait encore soin de lui. Il leva la tête de ses écrans en voyant l’occupante du numéro 321 arriver.
Sa voix résonna dans cette grande salle.
« Bonjour Madame Zoé ! S’exclama-t-il en levant la tête de ses écrans. Ses yeux pétillaient, du simple fait de la voir.
—Bonjour George !lança-t-elle — Alors, c’est le grand jour ? — On dirait bien George ! Souhaitez-moi bonne chance, même si je n’en ai pas besoin! dit-elle en esquissant un sourire du coin des lèvres. »
Hautaine, fière, coincée, arrogante, voilà les mots qui revenaient régulièrement lorsqu’une personne la décrivait. Le fait qu’elle soit riche n’arrangeait malheureusement pas les choses pour elle. Les personnes qui l’appréciaient se compter sur les doigts d’une main et George en faisait partie. Il répondait toujours présent lorsqu’elle avait besoin qu’on arrose ses plantes, lorsqu’elle partait en voyage ; ou avait juste une envie de sushi, tard le soir. Jours et nuits, il était là derrière son grand comptoir, surveillant moniteurs de contrôle ou observant les allers et venues de ses locataires.
Il vivait dans un petit deux pièces au rez-de-chaussée de l’immeuble, tout ce qu’il y avait de plus modeste. Il n’avait pas de famille, du moins Zoé n’avait jamais vu la moindre personne rentrer dans son appartement. Le vieil homme avait toujours les mêmes habitudes : le matin, très tôt, il vérifiait que tous les occupants de l’immeuble soient bien rentrés dans la nuit, à l’aide des bandes vidéo de la veille. Une heure plus tard, il ouvrait à la femme de ménage, Joseta, venue astiquer la moindre parcelle de marbre et de vitre. Puis, avec les premiers coups de klaxons matinaux, le ballet de ses résidents commençait. Il aimait les observer dans ces moment-là, il les connaissait tous ; c’était un peu comme ses enfants qui partaient à l’école. George avait toujours une parole pour chacun d’eux. Mais Zoé était de loin sa préférée, elle le savait.
Un jour, il lui avait confié, à quel point il était admiratif de la personne qu’elle était devenue. Elle se moquait de ce que les gens pensaient sur son compte. Peu importe qu’il la trouve froide ou autre, elle savait qui elle était. George aussi. Il avait toujours été au service de sa famille, même après le décès de ses parents. Il avait pris soin de l’appartement, attendant patiemment le retour de cette enfant, devenue femme.
« Passez une bonne journée ! », dit-il en la regardant s’engouffrer dans l’ouverture automatique de la porte d’entrée du hall de l’immeuble.
Une heure plus tard, Zoé se tenait debout face à une vitrine contenant la toile d’un artiste quelque peu célèbre. La façade de pierre beige de cette galerie se trouvait dans la rue Bonaparte, non loin de l’Ecole supérieur des Beaux-Arts, où Zoé avait effectué son dernier cycle d’étude. Son regard se perdait dans les mélanges de peinture qui laissaient entrevoir, les coups de pinceaux habiles du peintre. Les pigments de couleur noire agissaient comme un miroir. A travers ce tableau aux tons obscurs et la vitrine, elle pouvait voir son propre reflet. C’est à ce moment-là qu’elle l’aperçut pour la première fois. Il se tenait là, sur le trottoir de l’autre côté de la rue. Son regard noir profond l’observait. Ses cheveux bruns dansaient sous l’effet de la brise matinale. Le temps s’arrêta, Zoé resta planté là, comme hypnotisée. Elle ne pouvait détournez ses yeux de l’inconnu.
Une sensation étrange s’empara d’elle. Une boule se forma dans son estomac. Les battements de son cœur se frappèrent plus fort et plus vite. Les pupilles de l’homme asiatique la fixaient, on aurait dit qu’il essayait de rentrer dans son âme.
« Magnifique toile, n’est-ce pas ? » s’extasia une voix près d’elle.
La jeune femme sursauta, surprise d’être extirpée aussi brutalement de son observation. Elle se retourna vers le fautif et reconnut le directeur de la galerie d’art, avec qui elle avait rendez-vous. George, le concierge, les avait présentés quelques jours plus tôt. Il s’était lié d’amitié avec le galeriste sur les bancs de l’école.
« Pardon ? s’entendit-elle dire.
—Pablo Rodez, c’est l’un de nos peintres. Vous avez dû déjà entendre parler de lui.
—Désolée, mais je … j’étais perdue dans mes pensées, s’excusa-t-elle. Je suis Mlle Morin.
—Ah, ces artistes ! Toujours la tête dans les nuages ! Et bien suivez-moi Mlle Morin, plaisanta-t-il en rentrant à l’intérieur de sa galerie.
Zoé eut juste le temps de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, mais le mystérieux inconnu avait déjà disparu. Tout ceci lui paraissait si irréel, qu’elle se demandait si elle ne l’avait pas imaginé. Et, cela l’inquiétait bien plus encore.
Elle pénétra à l’intérieur de la pièce, où d’ici quelques mois, elle l’espérait, ses toiles seraient exposées. Des murs blancs immaculés se dressaient autour d’elle dans un long couloir. Tous les deux mètres, une toile de Rodez était suspendue par un fil transparent. A la droite de chacune se trouvait une petite plaque argentée, sur laquelle étaient inscris le nom du tableau et une petite pensée de l’artiste. Le sol en béton ciré faisait claquer les talons de la jeune femme dans un bruit assourdissant. Tout au fond de la salle, un mange-debout en acier et deux tabourets, du même matériau, les attendaient. Mr Durand, le directeur de la galerie, lui fit signe de s’installer sur l’un d’entre eux. Il poussa quelques feuilles de papier gribouillées dans un dialecte incompréhensible.
— Asseyez-vous, je vous prie. Une petite tasse de café ? demanda-t-il en refermant son agenda resté ouvert sur la table.
—Avec plaisir. Noir et sans sucre, s’il vous plait.
Ces paroles sonnaient comme un ordre, mais elle ne s’en rendait pas compte. A vrai dire, elle était encore troublée par sa vision. Pourquoi cet homme l’observait-il avec autant d’insistance ? Et surtout, pourquoi avait-elle cette impression de déjà-vu ? Elle n’eut pas le luxe d’y songer bien longtemps. Mr Durand disparut derrière un rideau rouge, faisant séparation entre la salle d’exposition et une pièce annexe. Puis, il revint rapidement avec deux tasses de café dans les mains.
Le petit homme devait être âgé d’une cinquantaine d’années. Debout, près de la table haute, la petitesse de sa taille était accentuée. Il avait le dessus du crâne légèrement dégarni et le cheveu grisonnant. Ses yeux étaient d’un vert vif, il était réputé pour repérer les nouveaux artistes, avant même d’avoir vu leurs toiles. Cela avait d’ailleurs étonné Zoé, qu’il ne lui demanda pas d’amener, ne serait-ce qu’un croquis. Il portait un costume trois pièces gris, comme on faisait encore pour les événements exceptionnels, tels que les mariages. Une chemise blanche parfaitement repassée, le tout rehaussé par une magnifique cravate bleue nuit. Cet homme avait du goût, c’était indéniable, ou du moins une femme qui le lui transmettait. Il portait également une alliance.
Il déposa sur la table les deux tasses aux dessins londoniens et s’installa sur son siège. Il observa Zoé sous ses lunettes, comme si, elles possédaient le pouvoir de découvrir chaque trait de sa personnalité. Puis, il se tortilla sur l’assise de sa chaise avant de se racler la gorge.
—Alors Zoé ? C’est bien cela ? Vous vous nommez Zoé ? dit-il en regardant de plus près l’un des papiers restés sur la table. Une image vint à l’esprit de la jeune femme: une petite fouine à lunette, voilà ce à quoi il lui faisait penser.
—Oui, c’est bien cela. Mlle Zoé Morin, répéta-t-elle simplement.
— Donc racontez-moi, pourquoi êtes-vous ici ? Envie de devenir riche ?
—Non, cela n’a aucun intérêt pour moi. Je cherche simplement la renommée… Elle avait dit cela, comme-ci la question de Mr Durand était normale.
—Simplement… mais rien n’est simple dans la vie, mademoiselle. Même pour quelqu’un issue de bonne famille, comme vous.
D’un geste, il remonta les montures fines et noires sur son nez. Le petit homme fit mine d’observer la réaction de sa visiteuse. La jeune femme s’efforça de ne rien laisser paraître.
—Les choses sont toujours plus faciles lorsqu’on a de l’argent, dit-elle avec aplomb. Croyez-vous que je serais ici, si Père et Mère ne m’avaient pas payé l’entrée aux Beaux-Arts ?
Elle lut dans son regard l’étonnement que venait de provoquer sa phrase. Il recommença à s’agiter sur son tabouret.
—Très bien, donc vos parents ont, semble-t-il, choisi la bonne voie pour vous. Faites-vous autre chose de votre vie ? Ou êtes-vous entièrement disponible ?
—Père et Mère ne sont pas mes parents. Ils m’ont recueilli après le décès de ma famille. Personne ne voulait d’une petite fille de cinq ans comme moi, confia-t-elle sans sourciller d’un millimètre.
L’homme, qui se tenait devant elle, laissa paraitre un sentiment de gêne. Elle aperçut des gouttes de sueur se former sur son front. Zoé s’exprimait et réagissait comme un robot, c’était sa timidité qui agissait. Elle savait que Mr Durand prendrait cela comme de l’arrogance. Peu importe, tant qu’il exposait ses toiles. . Il était choqué par ce qu’elle venait de dire, elle le savait, mais elle ne pouvait pas laisser la mémoire de ses parents être tâchée ainsi.
—Et pour répondre à votre seconde question, je ne fais rien d’autre que ma peinture.
Le petit homme parut absent quelques secondes, puis un sourire s’afficha sur ses lèvres.
—D’accord, Mademoiselle Morin, vous semblez être une personne qui a beaucoup de choses à raconter. Revenez me voir avec vos plus beaux tableaux.
Il descendit de son tabouret et tendit la main à Zoé. La jeune femme fit de même et tendit ses doigts au galeriste, les siens étaient moites.
— Quand puis-je me représenter à vous ? Demanda-t-elle.
— On va se laisser quelques jours, disons jeudi dans la matinée, cela vous convient ? Lui répondit-il en poussant son tabouret sous la table.
— Evidemment, donc à Jeudi. » Répondit-elle en tournant les talons, un sourire esquissé sur son visage.
En sortant de la galerie, Zoé sortit de son sac à main son téléphone. Elle regarda autour d’elle, personne à l’horizon, même pas sa vision. Car ce n’était que ça, elle l’avait imaginé, cet homme sur le trottoir d’en face, elle en était persuadée. De ses doigts agiles, elle pianota sur son clavier un numéro et rapprocha son portable de son oreille.
« Salut, c’est moi ! Tu fais quelque chose jeudi soir ? ».
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Mr Durand enfonça ses mains transpirantes à l’intérieur des poches de son pantalon gris. Il avança en direction de la vitrine d’une propreté immaculée. Derrière celle-ci, la jeune artiste qu’il venait de voir, disparu dans l’angle de la rue.
Mlle Morin ne manquait pas de caractère, mais tous les artistes en possédaient un, c’était même une marque de fabrique. Cependant, la froideur qu’elle dégageait ne se ressentait pas dans ses toiles. C’est ce qui avait plu au Directeur, la chaleur et la bonté qui s’en dégageait. Sur les quelques croquis que son ami, le concierge, avait pu lui montrer, il avait décelé cette atmosphère si particulière qui apparaissait sous chaque coup de fusain que la croqueuse donnait à ses pages blanches. Jusqu’à présent, aucun artiste n’avait pu lui faire ressentir cela. Il était comme transporté dans le passé, à l’époque où il n’avait qu’une dizaine d’années et où il jouait dans le jardin. Ce souvenir de sa mère posant sur le rebord de la fenêtre une tarte aux fruits. L’odeur si délicieuse de ce sucre chaud, de cette pâte croustillante. Il se sentait bien. Il en oublia un instant que Zoé se trouvait en face de lui et que ses petits pieds nu ne se trouvaient pas dans l’herbe, mais bel et bien enfermés dans des mocassins de luxe.
De retour à la réalité, il contempla la vie qui animée les trottoirs dehors. Aucune voiture ne klaxonnait, on pouvait presque entendre le chant des oiseaux. Quelques groupes de jeunes se rendaient à l’école supérieure des beaux-arts. La plupart étaient vêtus et coiffés de façon excentrique.
Au milieu de ce décor, le galeriste remarqua un homme qu’il avait vu quelques minutes avant sur le trottoir d’en face.
Ce dernier marchait doucement, l’air détaché. Pourtant un fait étrange piqua sa curiosité. Il semblait suivre la jeune femme qui venait de quitter son bâtiment.
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Lily, prépare-toi à lire le commentaire le plus inutile de toute l'histoire ds commentaires !
J'ai lu la deuxième version, et j'ai bien aimé, tout comme la première. J'ai remarqué de toutes petites erreurs, mais je ne sais plus où. Alors que je m'apprêtais à établir la comparaison entre les deux versions, je me suis souvenu que j'avais oublié comment était la première. Et je n'ai eu ni la force ni le courage de la relire.
Voilà, mission accomplie >:D
Mais j'attends toujours le chapitre 4 avec autant d'impatience!!!
Euh... sur ce, avant d'avoir l'impression d'être la personne la plus inutile de la planète, je m'en vais :-¬?
A bientôt :noange:
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merci beaucoup pour ta lecture tout de meme assidu!! j'apprecie beaucoup. je peux juste te demander quelque chose. peux tu me dire , d'apres toi, quel est le type de narration. voir si je ne me plante pas!
a bientot !
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Très sympa ton histoire, j'ai particulièrement aimé tes descriptions qui étaient vraiment parfaites pour imaginer chaque décor! Bravo! Il y a encore quelques fautes, mais rien de très gênant. Je crois que j’ai préféré la deuxième version de ton premier chapitre, sans doute pour la fin que tu as rajoutée.
En tout cas, merci pour ce texte et au plaisir de lire la suite!
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Lily, je vais te faire une confidence honteuse (mais ça reste entre nous) : je n'ai aucune idée de ce que bien être un type de narration :D
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Alors en gros c'est la focalisation. Elle peut être interne, externe...
::)
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Et voici le chapitre 4!! J'attends vos avis avec impatience!! :D ( c'est qui celle-là?) :-¬?
Chapitre 4.
Paris, le 9 Juin 2015.
Le jeudi arriva plus vite que prévu. Zoé avait passé la semaine à hésiter sur le choix de ses toiles et n’était pas encore décidée, une heure avant son rendez-vous. Elle savait que la reconnaissance avait un prix: le tableau qui représentait sa mère. Celui qui avait été peint avec son cœur.
La veille, elle avait eu une conversation avec George. Le directeur de la galerie était un de ses amis d’enfance. Il avait expliqué à Zoé ce que ce dernier attendait d’elle. Elle devait ouvrir son âme, si elle souhaitait être exposé. Il lui avait parlé avec douceur, comme lorsqu’on raconte une histoire à un enfant. Zoé savait que l’homme la voyait toujours semblable, à la petite fille qu’elle avait été jadis. Il ne voulait pas la voir grandir.
« — Vous savez Mademoiselle Zoé, certaines de vos toiles parlent de vous, mais d’autres vous servent à parler, lesquelles des deux sont les plus importantes ?
— Je peins toutes mes toiles de la même façon, j’utilise toujours la même peinture ! Plaisanta-t-elle. »
La jeune artiste avait fait mine de ne pas comprendre ce que voulait lui dire le vieil homme. Mais à vrai dire, elle savait que sa peur de se dévoiler aux autres, était la seule chose qui l’éloignait de son rêve.
C’est pour cela, qu’elle prit la décision d’amener les trois toiles qu’elle avait choisies. Une fois sa chemise lui servant de blouse enlevée, elle se hissa sur ses hauts talons. Toujours habillée avec goût, elle portait un tailleur noir qu’un chemiser vert faisait ressortir. Elle avait laissé ses cheveux soyeux libres, et avait serti ses oreilles d’une cascade de diamants.
Elle attrapa les tableaux et les rangea dans une large pochette en tissus synthétique, qu’elle plaça sur son épaule à l’aide d’une anse noire. En ouvrant la porte de son antre, elle jeta un dernier coup d’œil pour s’assurer que tous était bien à sa place. Tapis dans leur coin sombre, les deux dernières toiles importantes à ses yeux étaient bien protégées.
Ses escarpins Louboutin dévalèrent les escaliers dans un bruit assourdissant. Une fois en bas, elle ouvrit rapidement la lourde porte en chêne de son immeuble. Dehors, il faisait une chaleur étouffante pour ce mois de Juin. Le ciel était bleu, aucune trace d’étoiles filantes ou d’autres choses aussi bizarres. Elle ne savait toujours pas ce qui lui était arrivé. Tous cela avait eu l’air si réel, tous comme ce jeune homme asiatique, aux allures de surfer.
Les voitures défilaient trop vite dans la rue. Un piéton attendait patiemment de pouvoir traverser, dans son malheur, il adressa un sourire à Zoé. Elle lui renvoya poliment et se tourna face à la chaussée. La jeune femme attendue jusqu’à ce que son taxi, appelé quelques heures plus tôt, ne se gare devant elle. Le conducteur en sortit pour la débarrasser de son paquetage. Un homme grand, plutôt charmant. Il lui sourit. Ses dents blanches faisaient ressortir parfaitement son teint hâlé.
« Je vous mets tout ça dans le coffre ? demanda-t-il.
— Je préférerais sur la banquette à côté de moi, si cela ne vous dérange pas.
— Pas du tout, Mademoiselle. On ne doit pas vous refuser grand-chose avec une beauté comme la vôtre. Il lui fit un clin d’œil.
— Merci, mais les compliments n’élèveront pas votre pourboire, coupa-t-elle. »
Le sourire du chauffeur disparut de son visage. Il tendit la main pour faire signe à sa passagère de monter et claqua violemment la porte avant de retourner prendre sa place.
« — Où je vous emmène Miss Délicatesse ?
— A la galerie des Arts, s’il vous plaît. Elle se trouve entre….
— Je sais où elle se trouve, trancha-t-il, énervé par le comportement de sa passagère. »
Il démarra sur les chapeaux de roues, ce qui arrangeait Zoé, elle n’était pas en avance.
Arrivée devant la bâtisse de Monsieur Durand, elle remit l’argent au conducteur et le regarda s’éloigner. Elle observa l’autre côté de la route, peut-être y reverrait-elle l’homme. Mais il n’y avait personne. Seuls quelques papiers roulaient sur le trottoir, traînés par le vent. Dans la vitrine se trouvait toujours le même tableau, elle pensait qu’elle serait bientôt à sa place.
Elle pénétra dans la galerie, les murs y étaient toujours aussi blancs, il manquait quelques toiles de Mr Rodez, signe qu’il avait dû en vendre. Parfait, il commence à me faire de la place ! ironisa-t-elle.
Le directeur eut un large sourire en voyant arriver Zoé. Il s’approcha d’elle en lui tendant la main pour la saluer. Il portait encore un de ses costumes trois pièces, mais cette fois-ci, il était de couleur noire et non gris. Ses petits yeux verts trahissaient son impatience.
« —Bonjour Mlle Morin, comment allez-vous ? demanda-t-il.
—Bien, je vous remercie et vous-même ?
—Egalement bien, mais cessons ces banalités. Je meurs d’impatience de voir vos bijoux, avoua-t-il en désignant le mange-debout. Je vous en prie, prenez place.
Au fond de la pièce, se trouvait toujours la table haute et ses deux chaises. La jeune femme passa devant Mr Durand, sa grande pochette contenant les toiles sur l’épaule. Elle la posa aux pieds de la table. Elle n’avait pas remarqué lors de sa précédente visite la beauté du sol en marbre à cet endroit, le même que celui du hall de son immeuble.
—Voulez-vous que je déballe les toiles maintenant ? proposa-t-elle.
— Vous avez raison, passons aux choses sérieuses directement, acquiesça-t-il en remontant ses lunettes rondes. Il prit place sur l’un des tabourets, après avoir aidé la peintre à poser ses tableaux sur la table. On aurait dit un petit enfant à qui on montrait un trésor de bonbons.
Zoé dévoila les deux premières, il regarda rapidement et s’exprima par adjectifs : parfait, splendide, extraordinaire,…
— Il m’en reste une à vous montrer, dit-elle en sortant la dernière.
Elle vit le regard du directeur, on pouvait y lire: « C’est ça que j’attendais». Il la prit avec tellement de délicatesse, qu’on aurait dit l’une des Sept Merveilles du Monde. Ses mains tremblaient. On aurait presque cru voir une larme dans ses yeux.
— Cette toile est magnifique…. Qui est-ce ? J’imagine que vous connaissait cette personne, vu tout l’amour que dégage cette toile.
— C’est ma mère. J’ai gardé sa robe, c’était celle qu’elle portait le jour de l’accident. Elle ne bougea pas d’un cil sur son tabouret. Il la regarda avec insistance, comme pour savoir ce qu’elle ressentait derrière cette carapace qu’elle s’était forgée. Mais elle le lui en laissa pas le loisir.
— J’en suis désolé… toutes mes condoléances, réussit-il à dire en ravalant sa salive.
—Ce n’est rien, ça s’est passé il y a bien longtemps. Je ne me souviens pas vraiment d’elle. J’ai même dû cacher son visage car je n’arrivais pas à m’en souvenir.
N’importe quel humain aurait pleuré en expliquant cela, cependant aucune larme ne venait couler sur ses joues roses. Le galeriste fit mine de se concentrer sur le tableau.
—Techniquement parlant, c’est un chef d’œuvre. Mais ce que vous avez pu retranscrire sur ce morceau de tissu, peu d’artistes sont capables de le faire. Votre toile nous transporte indéniablement dans la nostalgie du passé. C’est pour cela que je vais vous exposer. Et j’espère sincèrement que vous aurez la reconnaissance que vous méritez. »
Zoé sourit et le remercia poliment. Après quelques échanges, pour convenir des dates auxquelles elle pourrait exposer dans sa galerie, elle quitta le bâtiment, plus heureuse que jamais. Elle jeta un rapide coup d’œil sur la vitrine pour pouvoir, enfin, imaginer ses tableaux à l’intérieur. Un sentiment de joie l’envahit et elle ne pouvait effacer le large sourire qui s’attachait à ses lèvres.
Comme à son habitude, elle attrapa son téléphone portable dans son sac et fit le numéro de son amie. La sonnerie retentit deux fois puis sa voix se fit entendre au loin.
« —Devine qui va être exposé ? lança Zoé.
— Oh mon dieu, Zoé c’est génial ! Où veux-tu aller ce soir ? C’est moi qui régale !
— Disons au bar « Des Artistes », ça ne nous dépaysera pas trop, rigola-t-elle.
— Ça marche, on dit vers 20h, ça te va ?
— Parfait ! A tout à l‘heure, dit-elle en raccrochant.
La jeune femme décida de repasser par son atelier avant de rentrer se changer. Il lui fallait déposer ses tableaux qui commençaient à peser lourd sur son épaule délicate. Les rues défilaient sous ses pas. A vrai dire elle n’avait jamais fait attention à la beauté des bâtisses qui l’entouraient et aujourd’hui, tous lui paraissaient magnifiques. La moindre petite parcelle de verdure ou de pierre s’avérait être d’une beauté exquise. D’ailleurs, perdu dans la contemplation du paysage environnant, elle ne se rendit pas compte que le ciel se couvrait et que la pluie arrivait.
Arrivée en bas de l’immeuble où se trouvait son atelier, elle voulut insérer la clé dans la vieille serrure cuivrée, mais la porte avança en même temps. Un grincement se fit entendre du fait de sa vétusté. Zoé s’étonna de ne pas la trouver fermée. Peut-être avait-elle eu la tête en l’air au moment du départ et ne l’avait-elle pas verrouillé. Ou bien, était-ce la voisine qu’y avait oublié de la clôturer en sortant de chez elle.
Le ciel se mit à gronder au-dessus de sa tête, menaçant de déverser des trombes d’eau. La peintre leva les yeux pour scruter le ciel, elle posa sa main sur la poignée de l’entrée, mais elle lui échappa des doigts.
Tout se passa très vite, Le pan de bois massif, orné de moulure, s’ouvrit violemment et laissa passer une ombre. Un homme la bouscula et la projeta sur le goudron. De toute évidence, elle était un obstacle pour cet inconnu qui avait décidé de sortir du bâtiment. Ses mains et ses coudes, dont elle s’était servie pour amortir sa chute, vinrent s’écraser sur le pavé rouge du trottoir. L’être passa au-dessus d’elle, elle ne put distinguer son visage, caché par l’ombre d’une casquette et d’une capuche trop grande.
Un éclair siffla dans le ciel, suivi d’un grondement. Zoé eu juste le temps de lever le regard avant d’être recouverte d’eau. Elle mit quelques secondes à pouvoir se relever. Ses articulations la faisaient souffrir. Elle se mit à l’abri dans le couloir de son immeuble, puis réalisa enfin ce qu’il se passait. Elle marcha aussi vite qu’elle le put, en direction de son atelier. Un stress immense la saisit, quand elle réalisa que la porte était grande ouverte. Elle pénétra à l’intérieur. Son pouls s’accéléra. Ses yeux se posèrent sur les morceaux de toiles qui recouvraient le sol et les tableaux éventrés. Les étagères, autrefois accrochées aux murs, gisaient parterre. A leurs places, on avait répandu des tubes de gouache et d’acrylique. Visiblement, on s’était donné un malin plaisir à tous saccager. Elle avança maladroitement dans ce chaos. Au fond de la pièce, dans la partie sombre, elles étaient toujours là. Les toiles les plus importantes étaient toujours là. Quelques pas de plus et elle se trouva à leur hauteur.
Elle s’effondra à cet endroit précis, ses genoux heurtèrent le parquet dur, ses mains douloureuses attrapèrent les bouts de bois recouverts du drap blanc et les tâcha de sang. Elle décida de mettre ses deux vestiges en lieux sûrs, dans son appartement.
*
* *
Zoé n’avait eu que quelques rues à traverser pour se retrouver dans son logement. Par chance, elle avait pu récupérer une bâche en plastique dans l’atelier, afin de protéger ses précieux tableaux. Elle avait couru le plus vite possible mais ses habits étaient tout de même imbibés d’eau.
George, le concierge, lui avait ouvert les portes du hall d’entrée. Etonné de la voir rentrer sous la pluie battante, sans même un parapluie. Il lui avait appelé l’ascenseur sans qu’elle n’ait eu à lui demander. Il lui avait simplement dit de l’appeler si elle avait besoin de quoi que ce soit. Zoé avait acquiescé de la tête avant de rentrer dans la cage d’acier qui allait la mener à ses appartements. La structure s’éleva dans un mouvement de poulies métalliques. Une musique lounge était diffusée par des petits haut-parleurs. Le montée lui parut durer une éternité. C’était pour cela, qu’elle préférait emprunter les escaliers. Mais cette fois-ci elle était trop chargé et ses membres la faisaient trop souffrir.
Lorsque le passage fut libéré par les deux plaques d’acier, ses mains s’emmêlèrent entre la bâche, les tableaux et sa veste. Elle eut du mal à récupérer ses clefs. La bataille terminée, elle inséra le petit objet de cuivre dans la serrure et actionna la poignée. Les gonds grincèrent avec l’ouverture de l’entrée. Elle s’engouffra à l’intérieur.
Les gouttes d’eau tombèrent sur le sol de son entrée, elle déposa les toiles aux pieds de la console et descendit de ses talons aiguilles. Elle passa sa main droite dans ses cheveux mouillés. Le liquide rougeâtre sur sa main avait coagulé et laissa une traînée marron sur son visage. Zoé avança jusqu’à sa salle de bain et se tint face au miroir entouré d’un cadre en bambou.
La pièce avait tout d’un endroit dédié à la zénitude. Le sol en bambou était recouvert d’un petit tapis blanc, lui-même bordant une baignoire en verre transparent. Des plantes, disposées ça et là, apportaient une touche de verdure à ce décor exotique. La jeune femme posa ses mains douloureuses sur un meuble en bois massif clair qui trônait sous le miroir. Il était souligné par une vasque, fait du même matériau que la baignoire. Du maquillage était rangé avec soin dans de petits pots transparents. Un sèche-cheveux était suspendu au mur à l’aide d’un support en fer. Une seule brosse à dent se trouvait dans un gobelet en plastique nacré, signe de son célibat. A l’aide de petites accroches blanches, une serviette à main et une fleur de douche pendaient du mur en faïence blanc immaculé.
Lorsque la jeune femme vu son reflet dans le miroir, elle ne put s’empêcher d’avoir un frisson. Elle décida d’abandonner tous ses vêtements, avant de se réfugier dans la douche italienne qui se trouvait derrière la baignoire. Elle actionna le mitigeur chromé. L’eau chaude s’échappa de la large pomme de douche et coula sur sa peau. Effaçant, petit à petit, ses malheurs de la journée. Ses muscles se détendaient doucement, le sang séché de ses mains disparaissait dans le tourbillon du siphon. Elle resta un long moment sous cette cascade de bienfait, le temps de reprendre des forces. Elle avait tout de même quelque chose à fêter...
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Merci beaucoup Gaya Tameron pour tes encouragements. ;D
Pour les décors je prends des photos réalistes et je les commente, c'est plus facile je trouve!!
Sinon, merci de suivre mon histoire à tous les deux!!
A bientôt!!! 8)
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Salut !
Je viens juste de commencer, j'ai lu juste le prologue et ça promet, j'aime bien ton style :)
Je repasserai !
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merci beaucoup dewen pour ton commentaire ! j'espere que la suite va te plaire
a bientot
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:D Hello!!
Voici un nouveau chapitre!!
J'espère que ça vous plaira!! Désolé celui-là est plutôt long!!
:meeting:
Chapitre 5.
Rouge à lèvre carmin, robe moulante noire, talons aiguilles vernis. La panoplie parfaite de la parisienne de sortie. Zoé marchait rapidement sur les pavés de la rue de l’Echaudé. Elle ne se sentait pas vraiment en sécurité avec ce qui lui était arrivé quelques heures auparavant. Elle fut soulagée lorsqu’elle aperçut, devant le bar, son amie.
Katy agitait le bras gauche dans sa direction. Katherine de son vrai nom, mais elle lui préférait Katy ou Kate. Toujours aussi élégante, sa robe rouge venait souligner parfaitement ses courbes généreuses. Ses longues jambes paraissaient interminables, surtout quand elle chaussait des escarpins, noirs, de vingt centimètres de haut. Une petite brise faisait danser ses cheveux blonds, coupés en un carré plongeant, autour de son visage. Les deux amies avaient coloré leurs lèvres du même rouge. Les dizaines de bracelets dorés chantaient comme des cloches, sous les gestes de la belle brune. Une pochette foncée en peau de reptile, était logée dans sa main restée immobile. Ses yeux verts, rieurs étaient soulignés par un trait d’eyeliner.
Zoé observa son amie. Les deux copines s’étaient rencontrées à la maternelle et ne s’étaient jamais séparées, depuis ce jours-là. La jolie blonde pétillante l’avait accompagné dans tous les moments importants de sa vie. Joie, chagrin, peur, elles avaient tous partagé. Même le jour où, elle avait eu ce terrible accident de voiture et qu’elle fut la seule survivante. Elle avait dut quitter l’appartement familiale pour aller habiter chez ses parents adoptifs. Ce jour-là, la petite Kate lui avait offert sa poupée préférée. Par chance, sa tante était une femme très riche et une femme d’affaires occupée. Elle avait conservé l’habitation de sa sœur, la mère de Zoé et la laissa y vivre dès la fin de ses années lycée. Les deux enfants ne furent jamais séparés et leurs adolescences avaient été rythmées par les bêtises qu’elles inventaient ensemble. Elles devinrent rapidement deux canons de beauté. L’une blonde et sage, tel un ange et l’autre brune et espiègle, tel un démon.
« —Zozo, dépêche-toi!! J’ai affreusement soif, cria-t-elle dans un rire que Zoé chérissait, l’arrachant de ses doux souvenirs.
Elle avança dans sa direction, l’attrapa par le bras et plaqua un baiser rouge sur la joue de la jeune peintre.
—Kate !! Fais attention avec ton Saint-Laurent, il est waterproof, dit-elle en dégageant son visage. Je ne vais jamais pouvoir l’enlever.
Zoé attrapa un petit miroir dans sa pochette noire. Elle frotta sa joue et grimaça sous la douleur que lui provoquait sa main. Son amie remarqua alors sa blessure.
— Tu as vu tes mains ? Que t’est-il arrivé ? demanda-t-elle, inquiète.
—Viens rentrons, je te raconterai tout ça à l’intérieur, avec un bon verre ! J’en ai absolument besoin, expliqua la brunette.
Les deux jeunes femmes s’engouffrèrent dans l’ouverture de la porte du bar, restée ouverte. A l’intérieur, l’ambiance était plutôt festive. Un groupe de jeunes filles étaient déguisées et parlaient de façon excentrique. L’une d’entre elles était au centre de l’attention, elle portait une robe de mariée noir, un voile sombre couvrait son visage, mais on pouvait y deviner un maquillage négligé. Du khôl noir avait coulé sur ses joues et son rouge à lèvre avait débordé sur ses dents blanchies. Ses amies vêtues de déguisements de diablesses, l’ovationnaient suite à un cul sec d’un verre de vodka. Le groupe riait aux éclats. Non loin de cette table, cinq étudiants les observaient, amusés. Il semblait que l’une d’elles enterrait sa vie de jeune fille.
Deux chaises au bar étaient libres. Zoé proposa à Katy de s’y installer. Assise sur leur perchoir, les deux amies observèrent la barmaid. Une belle femme, la trentaine passée, essuyait minutieusement des verres à vin. Elle portait une tenue plutôt stricte, qui jurait avec son piercing dans le nez. Ses yeux noirs aperçurent le deux clientes et un sourire commercial souleva ses lèvres violettes.
« —Bonsoir les inséparables, je vous sers quoi ce soir ?
— Moi, je vais te prendre un cosmo, et toi Zozo ?
— La même, répliqua-t-elle, absorbée par son observation du groupe installé sur la scène. Trois musiciens étaient en train de préparer leurs instruments, l’un d’eux semblait être le chanteur. Les deux autres s’installaient à la batterie et à la guitare.
—Bon alors, tu vas me dire ce qu’il t’est arrivé ? demanda Katy perplexe. Pourquoi tes mains sont dans cet état ?
—On m’a cambriolée, répondit Zoé en se retournant sur son verre. L’atelier est sens dessus-dessous.
Katy écarquilla les yeux, étonnée.
— Tu es sérieuse ?? Mais qu’est-ce qu’ils t’ont pris ? Il n’y a aucuns objets de valeurs dans cette grotte, à part tes toiles.
— Rien, expliqua Zoé en soulevant les épaules. On a l’impression qu’ils sont juste venus mettre le bazar. J’ai quand même récupéré les toiles de ma mère, pour les mettre à l’abri.
– Ils ne te les ont pas abîmé ? S’inquiéta la blonde. Elle connaissait l’importance de ces tableaux aux yeux de son amie.
– Non, répondit la jeune peintre, aucunes. Mais, je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça, je ne vois pas l’intérêt.
La barmaid leur déposa deux verres, remplies d’un liquide rose et décorés d’une petite ombrelle. Sur le côté, elle glissa discrètement l’addition.
— Et comment tu t’es fait ça aux mains ?
— Le type était encore dans l’immeuble quand je suis arrivée, j’ai dû le déranger et il m’a poussée pour pouvoir s’échapper.
Les expressions qui s’affichaient sur le visage de Katy trahirent à quel point tous cela l’effrayait.
— Mon dieu, tu te rends compte ?! Il aurait pu t’arriver quelque chose de grave. Il ne faut pas que tu retournes là-bas. Tout ça me fait froid dans le dos !
—Allons, je suis sûre que ce n’est rien, peut-être même une mauvaise blague, rétorqua Zoé. L’important, c’est que je n’ai rien. Buvons un peu, et parles-moi de ton travail dans la nouvelle boutique qui t’a engagé.
Son amie resta interdite un petit moment, un blanc s’installa entre elles. La musique du groupe commença à se diffuser dans les airs et détendit l’atmosphère. Les yeux de Katy retrouvèrent leurs éclats habituels.
Puis Zoé réfléchit… hésita un instant et décida de parler de ses visions. Aux risques de passer pour une folle. Après tout, Katy la pensait déjà complétement tarée.
– Je voulais te parler d’autre chose, Kate, confie-t-elle, tout en passant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. La gêne lui donna un timbre de voix bizarre.
– Vas-y, je t’écoute, dit-t-elle, en approchant son verre de ses lèvres.
– Ne te moque pas, s’il te plait, c’est très sérieux. D’accord ?
Kate hocha de la tête et prit son aire, le plus sérieux. Elle aimait lorsque son amie la regardait ainsi. Elle savait que peu importe ce qu’elle allait dire, elle ne la jugerait pas.
– Il m’arrive des choses étranges… ou plutôt, je vois des choses étranges…
Elle fit un arrêt pour observer la réaction de la jeune femme face à elle. Mais, rien ne ressemblant à un rire ne sortit de ses lèvres. Au contraire, ses yeux trahissaient son impatience et son inquiétude.
– Et que vois-tu ? interrogea-t-elle, en posant son verre sur le bar. Elle fit glisser son index le long du pied de cristal.
– Et bien, il y a eu d’abord la pluie d’étoiles, en plein milieu de la journée. Les gens ont dû me prendre pour une folle…
– Les gens ? Tu étais où ? Coupa-t-elle.
– Dans la rue, chuchota-t-elle. J’étais comme… hypnotisée. Quand je suis revenue à moi, j’étais sur la route.
– Bon sang Zoé ! Ça aurait pu être grave! Imagine, si une voiture t’avait fauché ! S’exclama-t-elle.
– Ne m’engueule pas ! J’ai eu la trouille de ma vie… Et puis… Il y a aussi ce type… Un asiatique. Je l’ai vu et en l’espace d’un instant, il avait disparu.
– Ah ça, ce n’est pas une hallucination, c’est juste que tu es en manque d’amour ma grande, plaisanta Katy.
Elle replaça sa frange en passant sa main dedans, et repris une gorgée de son cocktail rose. Zoé n’avait pas envie de rigoler et elle lui fit comprendre par un regard noir.
– Pardon, vas-y continue…
– Je ne l’ai pas vu que dans cette rue, j’ai fait un rêve bizarre et je te jure qu’il me paraissait bien réel, reprit-elle se délectant à son tour de son breuvage.
Zoé expliqua à son amie le moindre détail de son rêve. Katy était très concentrée à l’écoute de son récit, elle n’en perdait pas une miette.
– Tu fais vraiment des rêves bizarres, toi ! Remarqua cette dernière.
– Le pire, c’est que j’ai l’impression que tout est vrai. C’est comme-ci, j’allais le voir, en vrai, au coin de la rue.
– Tu es vraiment étrange des fois ma Zozo !! Comme-ci ce mec allait venir te voir, te dire bonjour ! Et te poignarder…Allez trinquons à ta douce folie, et en espérant que ce bel inconnu soit bien une hallucination !!
Zoé trinqua avec son amie, le groupe avait commençait à jouer un morceau pop. La soirée s’annonçait comme elle les aimait. De l’alcool, une ambiance sympa et Katy pour seule compagnie. Elle finit par lui raconter ses deux entretiens avec Monsieur Durand. Elles éclatèrent de rire lorsque la jeune peintre fit la description du directeur, en le comparant à une fouine.
Quelques heures plus tard, le groupe qui fêtait l’enterrement de vie de jeune fille quitta la salle. La musique s’arrêta et la responsable du bar comptait la caisse. Les musiciens descendirent de scène, puis le chanteur vint accoster les deux femmes au bar. C’était un parfait sosie de Justin Bieber, avec quelques années de plus. Une chemise à carreaux rouge et un jean bleu déchiré aux genoux, lui servait de tenue de scène. Ses yeux marrons noisettes criaient : « Regardez comme je suis beau ! ».
La Barmaid félicita le groupe pour le concert de ce soir, et leur proposa un verre.
« —Peux-tu mettre sur mon compte les boissons de ces deux ravissantes créatures et leurs remettre une tournée, dit-il avec un sourire charmeur aux lèvres.
— Merci, jeune homme, répondit Zoé en portant son verre à la bouche, mais les créatures que tu vois ici, n’ont pas envie de faire du baby-sitting ce soir.
Katy pouffa de rire dans sa main. Elle se retourna vers le chanteur qui avait du mal à digérer les paroles de la brune.
— Quel est ton nom ? demanda la grande blonde à la robe rouge.
—James, madame, grogna-t-il, vexé de la réaction de Zoé.
—Et bien, James, il semblerait que mon amie essaie de te dire, qu’elle n’est pas intéressée. Je te remercie pour ton geste, mais nous devons partir. Zoé remercie le jeune homme, s’il te plaît.
Zoé descendit de son tabouret et vint se figer devant James. Il se sentit mal à l’aise de cette proximité soudaine. Elle ne cligna pas des paupières et le regarda droit dans les yeux.
—Bonne soirée… James, dit-elle en se retournant et en faisant signe à Katy de la suivre.
Les deux comparses avancèrent vers la porte de sortie, après avoir réglé la barmaid. En mettant le pied sur les pavés de la rue, Katy entreprit de marcher en arrière, portée par l’ivresse de la soirée. Son rire résonna dans la ruelle déserte, en même temps que ses talons claquaient sur les pavés.
– Bon sang, tu aurais pu être un peu plus aimable avec ce type, Zoé !! En tout cas, tu m’as bien fait rire !
Virevoltant, elle passa son bras sous celui de son amie et regarda sa montre Dolce Gabanna, noire et argent. Il n’était pas loin de deux heures du matin.
— Viens, marchons un petit peu, après on rentre, supplia Katy en posant son visage angélique sur l’épaule de son amie.
—D’accord, mais pas longtemps, tu as beaucoup trop bu, acquiesça Zoé.
Elle lui pinça le bras pour protester et gonfla ses deux joues roses d’air, pour l’expulser aussitôt.
—Ne Fais pas ta rabat-joie!! Tiens regarde, si on allait sur notre balançoire, pour décuver un peu!!! »
Katy tira sur la main de son amie, comme une petite fille de cinq ans. Elle lui montrait du doigt un petit parc pour enfant Dans la pénombre de la nuit, la légèreté de ce petit univers enfantin s’était échappée. Une petite brise souffla sur les balançoires, abandonnées par les rires d’enfants, et les fit bouger. Un grincement presque inaudible s’en éleva. L’espace de jeu était entouré par un haut mur de briques rouges d’un côté, et de l’autre une lignée d’églantiers. La jeune femme retira ses escarpins et courut vers le sable. Zoé l’observa et se résigna à la rejoindre.
Les pieds enfoncés dans le sable, les petits grains venaient chatouiller ses orteils vernis de rouge. Une sensation de bien-être l’envahit. La peintre s’accroupit pour toucher de ses mains la texture, à la fois granuleuse et douce. La petite brise se fit plus forte, la poussière jaune filait entre ses doigts avant de retomber sur le sol. Elle entendait Katy rigoler, son rire se faisait de plus en plus lointain. D’autres sons venaient se mêler au sien. La brise devint du vent. En se levant, Zoé chercha son amie du regard. Mais aucuns êtres vivants ne se trouvaient dans le parc. Seule sa voix se détachait dans le décor. Un manège minuscule et bleu tournait violemment sur sa poulie centrale. Les perchoirs de bois se soulevaient si haut, qu’ils passaient au-dessus des barres de métal vert.
— Katy !! Hurlait Zoé contre les rafales.
Soudain, le sable se leva du sol comme une tornade, encerclant Zoé. Le décor changea autour d’elle. Le paysage parisien se flouta comme une aquarelle, encore humide, qu’une main venait de brouiller en tentant de l’effacer. Ses cheveux flottaient dans le vent et venaient fouetter son visage. Bientôt, elle n’entendit plus rien, juste le bruit de la tornade qui grondait dans ses oreilles… Puis elle perçut un murmure. Le son se rapprocha d’elle et devint un cri. Celui de plusieurs chérubins. Il se mêla à des rires. Elle ne pouvait rien voir, le sable l’en empêchait. Elle leva ses mains pour se protéger, cependant, au lieu de voir celles d’une femme, elle reconnue les doigts d’une enfant.
Le souffle cessa de faire tourner le sable, qui retomba sur le sol, aussi vite qu’il n’était apparu. La jeune femme repoussa les mèches de son visage et scruta le décor. Autour d’elle, des enfants s’amusaient. Ils braillaient, riaient et jouaient bruyamment, sous un soleil radieux. A ses pieds se trouvait un château de sable sur lequel, une petite poupée se reposait. Sur la balançoire, vide il y a quelques minutes, une petite fille, à lunettes, se balançait joyeusement. Où était-elle ? Zoé se recroquevilla sur elle-même. Elle ne portait plus sa belle robe noire moulante, mais à sa place, une petite robe violette et des collants de laine blancs, l’habillaient. Des bottines de cuirs roses, qu’elle chaussait, ne devaient pas mesurer plus de trente centimètres.
Zoé se mit à paniquer. Les larmes lui montèrent aux yeux, elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Encore une hallucination…. La petite fille qu’elle était, attrapa sa poupée par le bras et la plaqua contre elle. Des pas écrasèrent le sol, non loin d’elle. Un petit garçon brun s’approchait. Il lui tendit la main et elle vit une petite breloque en forme d’ailes d’anges, sortir de son pull vert. Elle eut un instant d’hésitation, puis attrapa la main du petit homme. Tout tourna autour d’eux, le sable, la balançoire, les enfants disparaissant petit à petit.
Zoé se retrouva projetée sur le goudron. Son corps lui sembla être écrasé sur le sol, comme-ci quelque chose l’obligé à y rester. Elle essaya de se relever, utilisant toute la force qu’elle possédait. Ses mains se plaquèrent sur le bitume. Ses coudes se déplièrent. Son ventre se souleva. Puis un genou, un pied et la jeune femme se redressa. Elle frotta ses mains pleines de sang sur ses jambes, qui avait retrouvaient leur taille d’adulte. Un bruit sourd, comme une explosion, la fit sursauter. Elle releva la tête et réalisa qu’elle se trouvait en plein milieu d’un champ de bataille.
Malgré la poussière et les débris, elle reconnut les bâtiments à moitié effondrés autour d’elle. Une scène de désolation s’offrait à elle, Paris sombrait dans le chaos. La tour Eiffel, monument historique de la ville, était allongée par terre, comme si elle avait renoncé au combat. La couche épaisse de graviers recouvrait tous, des morceaux de verre craquaient sur le sol, sous le poids des corps. Les arbres calcinés par les flammes, fumaient encore. Les édifices brulés s’étaient teintés de noir, aunes nature n’avaient résisté à ce carnage. Des hommes, vêtus comme des militaires, couraient et se réfugiaient derrière des gravats, ressemblant à des pans de murs tombés au sol. Certains d’entre eux, portaient des ceintures chargées de munitions et d’explosifs. Le combat faisait rage. Des armes automatiques crachaient leurs munitions dans un vacarme assourdissant. Les corps s’effondraient de tous leurs poids, touchés par ces petits projectiles assassins.
Au loin, les structures de béton et d’acier succombaient à des missiles de guerre. A chaque fois que l’un d’entre eux était touché, une onde de choc se propageait et terminait le travail des bombes. Ceux qui avaient réussi à rester debout, s’affaissaient sous le tremblement. Des énormes nuages gris et blancs s’en échappaient. Le ciel avait perdu sa jolie teinte bleu azur, il était à présent orange, comme si lui aussi, était en feu.
Accroupie sur le sol, Zoé se protégeait de ses mains à chaque fois qu’elle entendait des détonations. Ses mains et ses genoux étaient recouverts de sang et de bleus. Signe qu’ils venaient de mener un dur combat.
C’est impossible… C’est un cauchemar…
Elle se mit à trembler de peur, ce rêve avait l’air tellement réel. Un tir de mitraillette la fit sursauter, mais elle n’eut pas le temps de cacher son visage dans ses mains. Deux pieds, chaussés de rangers noires pleines de sang et de cheveux apparurent dans son champ de vision. La jeune femme leva le visage et se retrouva nez à nez avec une arme. Le bout du pistolet dégageait une petite chaleur, il venait de servir. Elle n’eut pas le temps de voir le visage de son agresseur, le bruit d’un tir déchira l’atmosphère. Zoé ferma les yeux, attendant qu’une douleur ne vienne l’envahir. Mais rien ne vint. Elle était toujours là, au milieu de cette bataille. Puis, elle entendit un corps tomber au sol.
« Dépêche-toi Zoé, dit une voix essoufflée. ». Elle sentit quelqu’un l’attraper par le bras pour l’aider à se relever. Avant de se retrouver sur ses deux pieds, elle ouvrit les yeux. Et là, à cet instant précis, tout se figea. Plus aucunes bombes, plus aucuns coups de feu. Les hommes se paralysèrent et le vent s’arrêta.
Il était là… Ses cheveux bruns, son regard profond, il la regardait avec insistance. L’homme, celui-là même de ses hallucinations. Leurs visages se trouvaient à quelques centimètres l’un de l’autre, elle pouvait sentir son souffle chaud. Il avait les traits asiatiques, une arme à la main. Sa mâchoire crispée, s’articula pour parler mais Zoé n’entendait rien, elle le regardait, fascinée. Face à elle, il paraissait terriblement réel. Ses pupilles sombres avaient des petits reflets dorées et des cils soulignaient ses yeux en forme d’amandes. Il devait être ou avoir, des origines Chinoise ou Japonaise. Sa peau mate et bronzée ne possédait pas une imperfection. Ses lèvres charnues bougeaient et le son de sa voix semblait agréable. Elle oublia doucement la scéne d’horreur qui venait de se dérouler devant elle.
Brusquement, tout se remit à tourner autour d’eux. Le sable réapparut. Le vent se remit à le soulever, mais cette fois-ci, il ressemblait plus à une légère brise. Les cheveux de Zoé venaient frôler les joues de l’inconnu. Le visage du jeune homme commença à se détendre, il lâcha son arme, attachée en bandoulière sur une de ses épaules, et lui tendit la main. Zoé la lui prit, sa peau était douce. Elle sentit comme un cocon se former autour d’eux, elle avait l’impression d’être protégée avec lui, rien ne pouvait l’atteindre. Il l’attira doucement contre lui. Son torse musclé reflétait toute la force et le courage qu’il avait.
Pour la première fois, elle entendit sa voix.
« N’aies pas peur, tout se passera bien. Je ne serai jamais loin de toi. » Le vent accéléra autour d’eux, Zoé ferma les yeux pour se protéger des petits grains. Lorsqu’elle les ouvrit, elle était seule dans cette tempête de sable. Elle leva les bras, et d’un coup, tous s’arrêta, elle était revenue dans le parc.
Katy se balançait sur une des balançoires et observait son amie.
« —Tu aurais vu ta tête !!! T’étais carrément ailleurs !!, dit-elle en descendant de son perchoir.
— Ça a recommencé, Kate…. Chuchota la peintre. Je l’ai encore vu. Un frisson la parcourra.
La belle blonde s’approcha doucement de Zoé, et lui posa la main sur l’épaule. Elle baissa la tête, de façon à pouvoir jeter son regard dans le sien et pouffa de rire.
— Toi, tu as vraiment trop bu ! De quoi tu parles ? Et puis, on dirait que tu as vu un fantôme!
Le visage de Zoé devint livide. Tout aller bien, elle était là, avec sa meilleure amie. Il n’y avait ni bombe, ni tueur. Juste elles, les balançoires, l’herbe vertes et le bac à sable.
— Laisse tomber…. se désola-t-elle. » Elle pensa, l’espace d’un instant, être complètement folle. Se ressaisissant, elle entreprit de remettre ses chaussures, lorsqu’elle entendit un son similaire à ceux de ses hallucinations. Surprise, cette dernière observa la voûte céleste. Un trait de fumée se dessina dans le bleu obscur de la nuit. Une seconde fois, le bruit résonna. Elle jeta un coup d’œil à Katy. Celle-ci regardait dans la même direction, mais à quelques mètres d’elle. Elle avait eu l’intention de retourner se percher sur les balançoires.
Zoé avança rapidement en direction de son amie. Un de ses talons se cassa, la jeune femme tomba au sol. Le visage collé à l’herbe fraîche, elle vit un nouveau trait de lumière fendre le ciel étoilé. Elle se releva et se mit à courir vers Katy, celle-ci était pétrifiée par les bruits assourdissants qui venaient troubler la paix parisienne. La jeune peintre se jeta sur son amie, avant même qu’elles n’aient pu retomber sur le sol, une onde de choc les projeta contre le mur de pierres écarlates du jardin d’enfant. Son corps retomba lourdement.
Ses poignets étaient tordus sous elle, une de ses chevilles la faisait souffrir . Elle sentait des larmes chaudes couler le long de ses joues. Elle se dégagea un bras et tendit la main avec difficulté vers son amie terrorisée. Elle était allongée non loin de Zoé, tous ses membres se secouaient dans des sanglots terrifiés. Leurs doigts se mêlèrent. Derrière Katy, la jeune femme pouvait voir la Tour Eiffel assaillie par des boules de feux. Puis, un liquide chaud se déversa dans ses cheveux pour s’écouler sur son front et tout devint noir.
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Intéressant, on dirait que ça commence à bouger et j'attends de voir la suite :)
Par contre, il y a toujours des expressions qui m'étonnent un peu. Je ne vais pas faire l'inventaire (t'as vu l'heure!), mais par exemple quand tu écris: "son torse musclé reflétait toute la force et le courage qu'il avait". La force, je veux bien, mais un torse musclé qui reflète le courage?!
Pas compris :D
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Encore quelques fautes, quelques expressions un peu maladroites mais pour le reste bravo, j'adore. Vivement la suite! Ces rêveries sont vraiment intrigantes!
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salut tout le monde!!
Sans vouloir être embêtante, pourriez-vous me dire qu'elles sont les expressions maladroite?
Merci et à plus!! ;D