Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Ollin le 10 Mars 2015 à 23:45:09

Titre: Je suis un enfant du vide
Posté par: Ollin le 10 Mars 2015 à 23:45:09
      Je suis un enfant du vide, et pourtant, me voilà dans cette chambre, dans ce quelque part qui n'est pas un n'importe où, avec ses murs, sa porte et sa fenêtre qui me cloisonnent, avec sa chaise, sa table qui me disposent à boire ou à manger, comme elles aiguillent mes allers-retours incessants en son sein ; et me voilà, tout aussi bien, dans cette ville de verticales et d'angles droits, bloqué dans mes élans, coupé du lointain, et même au-delà, au grand air, que je plisse les yeux ou tende les doigts, arrêté net par l'horizon, paralysé dans le bleu du ciel. Où que j'aille, je suis à moi-même un obstacle. Et c'est à cette chair restreinte, à ce corps enclot dans sa silhouette singulière, que je dois la sensation de vide : l'immense ne se sait néant que dans l'intime du regard. Me voilà donc, la mesure d'un vide incommensurable.
      Mais plus que m'absorber, m'évanouir dans ses abîmes, plus que me pendre à ses espaces interminables et me répandre sur ses volumes absurdes, ce n'est, au contraire, que nourri d'insignifiance, que déposé sur la fine pellicule de ma conscience qu'il trouve les raisons de son immensité, qu'il recueille son ouverture : l'infini me doit un tribut, sa reconnaissance. Il n'est là, disposé face à moi, que pour y gagner en consistance, que pour s'y avaler et s'y laisser prendre ; sans moi, le voilà qui serait bien seul, bien désuet, qui s'étendrait au-delà de toute imagination pour n'en exciter jamais aucune. Ses propres silences l'effraieraient, sans doute, et peut-être aurait-il même arrêté sa course démesurée s'il n'avait eu, quelque part en son sein, de regard modeste, petit, étroit, pour le voir grandir.
      Je suis un enfant du vide, et pourtant, me voilà comme son nuage et lui ma pluie, comme son équilibre et lui ma folie : rejeton devenu pôle, sens fini pour l'infini de son insensé ; c'est pourquoi je le grignoterai, lui, son immensité et ses silences, pourquoi si un jour, je me veux plein, il me faudra bien digérer ses néants, lui rendre justice, c'est-à-dire le représenter tel qu'il est.
Titre: Re : Je suis un enfant du vide
Posté par: Dewen le 10 Mars 2015 à 23:55:13
Salut !
De très beaux mots, de belles phrases, j'ai pas tout compris mais c'est sans doute parce que je suis crevée et un peu longue à la détente  ><
Au plaisir !
Titre: Re : Je suis un enfant du vide
Posté par: Writer77 le 11 Mars 2015 à 09:53:29
Salut Ollin!

Comme l'a dit Dewen, ton texte est beau, mais j'ai eu beaucoup de mal a y rentrer a cause de la façon dont tu as construit tes phrases. Peut-être pourrais-tu les rendre plus simples? En tout cas j'aime bien!  :)

Au plaisir de te lire!
Titre: Re : Je suis un enfant du vide
Posté par: Ollin le 11 Mars 2015 à 17:01:15
Merci à vous deux pour le passage et la lecture.

Si jamais j'ai des idées pour simplifier les phrases sans tomber dans un pur registre explicatif, je l'améliorerai.
Et si ça peut aider, j'ai écrit ce texte en réponse à cette phrase bien connue de Pascal, qui, parlant de l'univers, disait : "le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie".
Faudra que je reprenne le dernier paragraphe que j'aime pas trop aussi.

Voilà, au plaisir.  ;)
Titre: Re : Je suis un enfant du vide
Posté par: Abbigails le 11 Mars 2015 à 18:19:14
Salut,
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l'immense ne se sait néant que dans l'intime du regard
cette phrase m'a titillée ^^ mais c'est bien la seule ;)
J'ai adoré ton texte  :coeur: j'ai bien aimé ton interprétation de la phrase de Pascal. Bravo