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Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Milora le 26 Février 2015 à 11:50:11

Titre: Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 26 Février 2015 à 11:50:11
J'avais mis le texte en "Revers de la plume", mais à la suite des commentaires des premiers lecteurs, je retire la mention, puisque visiblement le texte donne pas du tout l'effet que je croyais qu'il produisait...

(Pour archives, la présentation initiale que j'en avais faite (guère vendeuse, comme d'hab) : )
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Voilà, si quelques bonnes âmes voulaient bien le soumettre à leur regard critique et acéré, mici mici !

La bête :





Jour de pluie dans une cuisine.


   

      Il pleuvait au-dessus de l’Hôtel de la Gare et le ciel dégoulinait sur le monde. L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade. Pierre-Auguste observait la scène avec une curiosité mêlée d’effroi. Il y avait des semaines qu’il se tenait là, face à l’Hôtel, avec son melon sur la tête, à observer. Mais c’était la première fois que l’Hôtel de la Gare fondait.
      Une autre goutte ruissela, dévia sur la courbe d’un nuage et atterrit sur le pavé, noyant ses bords nets. Depuis l’autre côté du trottoir, Pierre-Auguste n’avait dans son champ de vision que la bâtisse, un bout d’immeuble sur sa droite, l’amorce d’une ruelle où un vélo gisait, abandonné, et un morceau de ciel désormais expansionniste. Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie présentait des couleurs chaudes et dorées qui préfiguraient l’odeur des viennoiseries ; mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées. Une autre goutte tomba, emportant une mouette au-dessus de la cheminée. Ses traits fondirent et le ciel à cet endroit devint grisâtre.
      Une inquiétude aigüe gagna Pierre-Auguste. Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare. Ce ne pouvait être que les prémices d’un cataclysme sans précédent. Un chamboulement extraordinaire qui les emporterait tous, les diluerait, les effacerait un à un, depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut jusqu’aux rayons de la bicyclette échouée dans la ruelle. Une nouvelle goutte tomba, s’écrasant cette fois sur son épaule. La tache s’agrandit, s’auréola en noyant les coutures du veston. C’en fut trop pour Pierre-Auguste. Mû par un sentiment d’urgence difficilement explicable, aiguillonné par l’obsession de sa propre survie, dans un effort de volonté surhumain, soudain, Pierre-Auguste bougea.
      Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse dans laquelle on l’aurait englué, du moins le supposa-t-il – car il n’avait, à sa connaissance, jamais été englué dans une masse volumineuse d’aucune sorte. Il amorça un petit mouvement vers la droite, dégagea son épaule blessée de la perspective globale, puis tourna le pied, plia le genou, et fit demi-tour.
      Ce n’était pas si difficile, en fin de compte. Le monde ne se déchira pas. La pluie devait même continuer de tomber, quelque part derrière lui, au niveau de l’Hôtel, du vélo et de la défunte mouette. Mais désormais il leur tournait le dos. Son nouveau champ de vision lui présentait l’autre côté. À savoir l’intérieur d’une cuisine démesurée, un tabouret branlant en formica assez large pour supporter toute la rue, un meuble de rangement accroché au mur et approchant des dimensions d’un hangar à bateau, où se tassaient des pots de verre estampillés « Riz » et « Gros sel » dans lesquels Pierre-Auguste aurait pu entrer tout entier.
      Et au milieu de cette scène, un visage. Immense, de taille quasi-solaire. Un visage de femme qui se tenait au-dessus d’eux, des mèches auburn en désordre, une joue marquée d’un grain de beauté, des lèvres pâles arrondies par la stupéfaction, et deux yeux bleus écarquillés. Qui venaient de pleurer.
      Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.

*

      Élodie en perdit le souffle. Le petit bonhomme se tenait là, à l’orée du tableau, son chapeau melon dans une main et son attaché-case dans l’autre. Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre, diluant l’aquarelle au niveau du passage piéton moche avec lequel elle avait défiguré la scène. Se ressaisissant, elle essuya ses joues avec son poignet et dévisagea la petite figure sérieuse du bonhomme, qui la fixait en retour. Il n’avait pas d’âge. Des traits passe-partout, une cravate bien nouée. Une manche de son habit avait perdu sa texture et semblait lisse et diaphane. Sans savoir très bien ce qu’elle faisait, Élodie tendit la main.
      Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
      Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Élodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.
      Le bonhomme se retourna à son tour vers le cadre et marqua un temps de surprise. Il mit ses mains sur ses hanches en signe de consternation, en fit tomber son attaché-case qu’il s’empressa de ramasser, puis plaça son chapeau melon contre sa poitrine en un geste grave pour marquer cet instant solennel. Puis il soupira et se mit à examiner la cuisine avec curiosité.
      En réalité, c’était juste une cuisine, petite, miteuse, dont la peinture s’écaillait par endroits derrière les meubles, même si ça, il ne pouvait pas le voir. Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche, sans doute, que ça manquait de couleurs et que si Élodie posait là ses peintures, c’était parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans le reste du deux-pièces. Elle avait essayé de dessiner l’endroit, une fois. De le rendre plus beau, de lui ajouter des courbes élégantes, une ambiance surannée, un lierre dissident qui traçait ses arabesques entre la cafetière et le haut du frigo. Mais ça n’avait servi qu’à faire ressortir la laideur du vrai appartement. C’est là qu’elle avait commencé à craquer.
      À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus. Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche. Quand elle était jeune, c’était des dragons et des grands paysages. Puis elle s’était mise aux scènes de la vie quotidienne, mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image. Ce petit bonhomme, là, qu’on voyait de dos face à « l’Hôtel de la gare » d’un village anonyme, elle s’était bien amusée à lui donner son air de gentleman anglais, à lui inventer une histoire. Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet. Il lui avait fallu un petit nom, quelque chose à la hauteur de l’absurdité de son entreprise. Au début, ça avait été « Hector », mais ça faisait un peu trop héros grec, alors au fil des coups de pinceaux, il était devenu « Pierre-Auguste » et Élodie en avait ri, ou juste souri mais c’était déjà pas si mal en ce moment.
      Et puis, petit à petit, elle s’était rendu compte que ça ne servait à rien. La vie grise déteignait sur des toiles grises. Ce n’était que des morceaux sans âme d’un train-train habituel tout aussi fade. C’était moche, moche comme cette cuisine et comme cette vie. Dans ces moments de crise existentielle, Élodie en voulait à tout, au monde entier et à elle-même. Elle se mettait au-dessus d’un de ses tableaux pour essayer d’en aspirer quelques bouffées d’espoir, de rêve, d’ailleurs. Et des fois les larmes coulaient, et ça tombait sur la toile, et elle s’en fichait, parce que de toute façon le trait de crayon n’était pas assez net, les couleurs mal choisies et la scène idiote.

*
   
   On ne saurait dire si l’ensemble de ces réflexions avaient traversé le regard d’Élodie et s’y lisaient à livre ouvert. Si Pierre-Auguste les avait saisies dans un élan soudain d’empathie. Probablement pas. Il se contenta de faire quelques pas jusqu’au bord de la main, de jeter un coup d’œil plein de vertige par-dessus le bord, et de revenir prudemment au centre de la paume en tapotant d’un petit doigt sur son petit attaché-case.
   Il avait quelque chose de comique, avec son veston distingué et son air tout juste étonné par la situation. Élodie réalisa que cinq minutes avaient bien dû s’écouler et que ce n’était pas très poli de le laisser debout dans sa main. Elle tenta un « Bonjour ? » incertain, mais le petit homme ne sembla pas entendre. Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.
      À moitié consciente de ce qu’elle faisait, elle se redressa en douceur, les mains en coupe, et marcha lentement jusqu’à la table émaillée. Elle y déposa le bonhomme avec précaution. Quand elle était gamine et qu’elle lisait des romans pas sérieux, elle s’imaginait souvent dans une situation du genre, où le héros était soudain confronté au surnaturel, à l’inexplicable. Elle avait toujours pensé qu’on se sentait fébrile, émerveillé, plein de questions et investi d’un sentiment grandiose d’aventure et de liberté. En vérité, elle ne ressentait rien de tout ça. Comme si sa vie morne avait assommé sa capacité à sentir, comme si de sa couche cotonneuse d’ennui perçaient juste un peu de curiosité et une bonne dose d’indécision. Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
      Elle se souvint du tour de France du goûteur de croissants, mais elle n’avait pas de viennoiseries dans le panier à pain. Alors elle s’assit sur le tabouret, bras croisés sur la table, et se mit à observer Pierre-Auguste posté devant elle. Il ne semblait pas non plus savoir quoi faire de lui-même. Il posa son attaché-case à ses pieds, épousseta dignement le bout de table, remonta ses jambes de pantalon pour ne pas risquer un faux pli et s’assit en tailleur. Prenant son chapeau melon sur son giron, il se mit à le tapoter nerveusement. Ça ne faisait aucun bruit, pas même le bruissement d’une aile de mouche.
      Au bout d’un moment de gêne partagée, Élodie se leva. C’était ridicule. Un être de papier et de peinture faisait irruption dans son quotidien rationnel, un être imaginaire tiré de son propre tableau entrait dans sa vie, prenait contact, grimpait sur sa main, et tout ce qu’elle trouvait à faire, c’était de le regarder en chien de faïence sur la table de la cuisine ! Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour aller chercher un jeu de dominos.
*

      La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonnes manières. Il y avait des années qu’il n’avait joué à un jeu de société. Certes, les fiches étaient un peu lourdes pour sa stature, mais avec un peu d’effort et l’aide de la maîtresse des lieux, il parvint à remporter glorieusement deux parties. Malgré l’incapacité de la bonne dame à l’entendre – elle devait être sourde – ils parvenaient assez bien à communiquer par signes. Lorsque, vers six heures – à en croire la pendule à motif de dauphins maintenue par un aimant contre la porte du réfrigérateur – Pierre-Auguste commença à manifester un certain inconfort, l’énorme dame alla lui chercher un morceau d’étoffe de la taille d’une couverture pour deux personnes, qu’il plia sans trop de difficultés pour en faire un siège moelleux. Il était brodé du nom de « Damart » avec un certain goût.
      Le problème suivant surgit néanmoins à 19 heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises. Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée à arrêter la partie de dominos pour procéder à l’élaboration de cette excellente chose qu’on appelle repas. Il était sur le point de se résigner à produire ce signe, guère élégant mais très éloquent, de se frotter l’estomac, lorsque son hôte sembla se rappeler d’une chose et se leva vivement. Elle installa une assiette à table et fit réchauffer une sorte de mixture à l’allure de cassoulet. Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.
      Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe. L’immense visage de la femme semblait accablé. Elle jeta un œil à l’autre tabouret, où se trouvait toujours « L’Hôtel de la Gare ». L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables. Elle ne pouvait pas décemment renvoyer Pierre-Auguste à l’intérieur.
      Alors elle attrapa un bout de papier coincé sous un magnet, un crayon qui gisait au-dessus du réfrigérateur, et ébaucha en quelques traits un croissant. Elle posa le tout sur la table à côté de la coupelle de cassoulet récalcitrant. Plongeant ses mains dans le dessin, Pierre-Auguste avala le mets précieux avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût. Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.

*

   Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent. La scène s’était déroulée un dimanche. Le lundi rappela Élodie à la morne banalité de sa vie, à son obligation d’aller s’enfermer sept heures durant dans un bureau pour classer des formulaires G.225. Elle ne fut pas efficace. Toute la journée, elle s’imaginait Pierre-Auguste installé sur la table basse du salon. Elle avait laissé la télé au cas où il s’ennuierait et lui avait dessiné des corbeilles de fruits et des viennoiseries. (La vérité est qu’elle ne s’était jamais beaucoup entraînée sur les natures mortes, et que ses essais de saumon aux pommes vapeurs avaient ressemblé à des taches de moisi au fond d’une cuve à vin). Elle avait bien tenté de gribouiller un livre et d’inscrire « Les Trois mousquetaires » dessus, mais une fois que Pierre-Auguste l’eut sorti de sa feuille de papier, le contenu s’en avéra complètement vierge.
   Le soir arriva et une idée avec lui. Et si l’essence du petit bonhomme, sa capacité à faire exister ce qu’elle dessinait, était en fait le point de départ d’un pouvoir merveilleux ? Celui de faire apparaître dans la réalité absolument tout ce qui lui passait par la tête ? Une fois rentrée, elle se mit à dessiner un fauteuil, une petite lampe, et un veston de rechange pour remplacer celui que ses larmes avaient déformé. Pierre-Auguste employa toutes ses forces à les extirper de leur toile et se disposa un petit salon à lui sur la table basse, face à la télévision. Envoûtée, galvanisée à l’idée de pouvoir créer la vie, Élodie, dans une sorte d’état de transe, ajouta un beau chat, un persan blanc au regard noble et au port digne. C’était délicat parce qu’il fallait le dessiner tout petit sans omettre de détails. Elle y passa la soirée entière. Hélas, Pierre-Auguste eut beau plonger ses mains dans le dessin, attirer le chat vers lui, ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs mais totalement inanimé, qu’il ramena dans le monde réel. Vaguement dégoûtée, Élodie mit le faux chat à la poubelle.
   La semaine s’écoula et l’attention d’Élodie se centra sur ces moments, le matin et le soir, où elle restait chez elle avec Pierre-Auguste à faire apparaître des objets. Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle, d’oublier ce qui était jadis la réalité de sa vie.
      Elle avait essayé de toucher ses créations, d’un doigt timide. Ils étaient d’une substance aussi friable que de la peinture qui s’écaille. La chaise d’osier se désintégra sous son doigt. Elle fut bonne pour en repeindre une autre et devint obsédée par l’idée de limiter les courants d’air dans l’appartement. À chaque instant, elle accourait sur la table basse pour s’assurer que le vent n’avait pas emporté l’un des petits meubles – ou, pire : Pierre-Auguste lui-même.
   Le temps passa encore. Elle ne peignait plus que pour Pierre-Auguste. Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner avec son mari et ses enfants, parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ». Élodie rejeta l’offre. Elle avait en tête les motifs d’un ensemble de bureau. Cela lui prit longtemps. Il fallait faire attention à ce que tous les petits tiroirs aient leur poignée, soient réguliers, s’emboîtent parfaitement dans le meuble. Elle dut s’y reprendre à plusieurs fois car la première, tout était quelques centimètres trop grand, et les pieds de Pierre-Auguste ne touchaient pas le sol quand il s’installait à la table.
      Le facteur sonna à la porte, ce jour-là. Elle entrebâilla le battant. Par peur des courants d’air. Et puis, aussi, un peu par peur qu’un autre humain ne voie Pierre-Auguste. Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
   Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.

*

   Le recommandé venait de son travail. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié. Elle abandonna la lettre sur la table pour aller s’occuper des finitions du bureau. Pierre-Auguste se hissa sur le pli du papier et lut le contenu. Une ombre passa sur son visage. Il apprit le nom de son hôtesse, qu’il trouva joli, et découvrit qu’elle n’était pas peintre à temps plein, loin de là. Apparemment, elle n’était pas grand-chose à temps plein, puisque ses absences au travail ne la plaçaient même pas dans la catégorie d’assistante de direction plénière et, disait la lettre en des termes pompeux, ne la placeraient plus du tout dans la catégorie d’assistante de direction quoi que ce soit, si elle manquait un seul autre jour.
   Au dîner, il tenta d’attirer son attention sur la question, mais leur partie de dominos semblait accaparer l’esprit d’Élodie. Elle avait, il est vrai, l’œil brillant et le sourire prompt, depuis qu’elle s’était attelée à prendre soin de lui. Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire qui lui avait fait face, la première fois.
   Le lendemain, Élodie n’alla pas travailler. Difficile de savoir si c’était délibéré ou par oubli. Elle passa la journée à observer la texture d’un bol de chocolat viennois, pour essayer de la reproduire fidèlement à l’attention de Pierre-Auguste. Lui, profita de sa distraction pour descendre de la table basse à l’aide du fil de la lampe et se faufiler dans la cuisine.

*

   Quand Élodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.
      Elle se leva et se prépara un café amer. Cette cuisine était toujours aussi moche, aussi moche et aussi terne. Elle avait simplement fait semblant de ne plus la voir, ces derniers jours. Ou semaines ? Elle ne comptait plus. Elle n’avait plus ouvert le courrier, parce qu’elle savait que si son patron la contactait, c’était pour lui dire de chercher un autre emploi. Et elle n’avait pas envie de chercher. Secrétariat, autobus, queue au supermarché… Tout ça n’avait pas plus de sens qu’une cuisine moche dans un deux-pièces terne. Le seul petit coin qui ramenait de la lumière dans son cœur et des couleurs devant ses yeux, c’était la table basse et Pierre-Auguste qui vivait dessus.
      Se recoiffant en vitesse, elle passa dans le salon pour aller voir le petit bonhomme. Il avait coutume de dormir roulé en boule dans le morceau de foulard qu’elle lui avait découpé, le premier jour. Il ne quittait jamais son veston, posait juste l’attaché-case et le chapeau melon à son chevet. Quand il dormait, elle avait l’impression de voir passer sur son petit visage ces expressions humaines qui lui manquaient dans sa vie éveillée.
      Mais ce jour-là, Pierre-Auguste ne dormait pas. Il attendait, assis en tailleur, le chapeau bien posé au sommet de son crâne et l’attaché-case à la main. Elle lui adressa un regard surpris. Il se leva, contourna la lampe et se laissa glisser le long du câble électrique. Il avait acquis une certaine pratique en la matière et ne s’affalait plus par terre avec des soubresauts vexés comme au début.
      D’un pas conquérant, il marcha jusqu’à l’entrée de la cuisine, devant laquelle elle était passée sans faire attention. Il y avait des pinceaux par terre. Des pinceaux, des taches de gouache, et un bout de papier qui avait été plié puis déplié avec soin. Élodie s’accroupit.
      C’était la lettre recommandée de l’autre jour. Elle la reconnaissait. De petites mains l’avaient étirée, lissée, pour en faire un support acceptable. Et par-dessus, on avait peint. Avec un souci de précision comme seules peuvent en avoir des mains minuscules. On avait peint un paysage tranquille, une fenêtre ouverte sur une plaine verte et ensoleillée. Des champs s’étendaient jusqu’à une haie d’arbres fruitiers. À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout de chevalet de peintre. Au loin, si on forçait le regard, on distinguait un petit nuage blanc avec une mouette, et encore plus loin, la forme fine, irréelle, d’un dragon.
      « C’est vous qui avez peint ça ? » s’exclama Élodie, oubliant que Pierre-Auguste ne pouvait pas l’entendre. Au lieu de répondre, il lui lançait un sourire. Au milieu du tableau, sur le rebord de la fenêtre, se découpaient deux silhouettes blanches, non peintes. La forme de deux personnes assises les jambes dans le vide et regardant au loin.
      Pierre-Auguste fit un petit pas dans le tableau. Il sembla lutter pour y enfoncer son pied, comme quand on essaie d’avancer dans de la neige tassée. Il finit par y glisser le talon, le mollet, le genou, puis par y pénétrer tout entier. Il était un peu trop petit pour la taille de la silhouette, alors il serra les poings, élargit les épaules, poussa, poussa, et finit par occuper l’exact espace laissé par la forme blanche. Même son chapeau melon s’encastrait pile. Il se retourna et tendit la main vers l’extérieur. Ça faisait comme un petit morceau de peinture sèche surgissant du tableau.
      Élodie se sentit vraiment trop grande pour l’espace laissé, mais elle n’était pas sûre qu’il soit plus difficile de rétrécir que de s’agrandir. Elle attrapa le dessin et le porta sur la table basse. On allait le trouver, un jour. Il ne fallait pas qu’on le jette par inadvertance. Elle griffonna des instructions pour le faire parvenir à sa sœur et le ranger dans la cave.
Puis elle se positionna bien en face. Pierre-Auguste, un peu barbouillé par le déplacement de son tableau, lui tendait de nouveau le bras à travers le papier. Avec d’infinies précautions, elle posa le bout de son doigt contre la petite main, et serra, serra les dents, les épaules, contracta tous ses muscles. C’était un peu comme toucher de la peinture en train de sécher. Elle se fit si petite, si petite, qu’elle parvint à enfoncer le doigt, puis la main, puis le bras dans le tableau. Il fallut baisser la tête pour rentrer complètement, mais une fois qu’elle était bien installée dans la silhouette blanche, elle ne se sentait pas trop à l’étroit. Pierre-Auguste était aussi grand qu’elle, maintenant, mais ses traits avaient l’air tout aussi simplifiés. D’ici, elle percevait le vent printanier sur ses joues et la chaleur tiède du soleil. Elle pensa qu’elle aurait pu s’habiller au lieu de rester en robe de chambre. Elle devait avoir une drôle d’allure, à côté de Pierre-Auguste en veston et chapeau melon. Alors tous les deux s’installèrent à la fenêtre, jambes dans le vent, paisibles. Il y avait juste une petite encoche dans la silhouette dévolue à Élodie. Un petit trou blanc au niveau de l’épaule, juste la place pour que Pierre-Auguste y passe son bras.
 
Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: maanilee le 26 Février 2015 à 14:37:22
Salut !

Bon ben j'ouvre le bal !

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Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon", sauf que le résultat est juste une nouvelle niaise et sans vraiment d'intérêt.
Alors bon c'est pas un conte super mignon en effet ! C'est même assez sombre , mais qui ne manque pas d'intéret !

Je donne simplement mon point de vue sur le fond, et n'oublions pas qu'il est subjectif  ^^

J'ai saisi de suite l'idée qu'il était dans un tableau, j'aurais bien aimé avoir le doute un peu plus longtemps et une sortie un peu plus grandiose, du style la pluie qui forme un torrent et l'emporte et il se raccroche a un bout de bois et se hisse hors du cadre...

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Une fois rentrée, elle se mit à dessiner un fauteuil, une petite lampe, et un veston de rechange pour remplacer celui que ses larmes avaient déformé.

A partir de la j'ai commencé à vraiment bien accrocher.

J'aurai préféré en savoir plus sur la vie de la peintre, sur l'origine du tableau de l'Hotel de la Gare, que Pierre Auguste ne soit pas si banal puisqu'elle va finir dans un tableau avec lui ! Bref juste un poil de poésie en plus !





Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 26 Février 2015 à 15:10:19
Merci pour ta lecture, surtout si rapide, maanilee !

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    Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon", sauf que le résultat est juste une nouvelle niaise et sans vraiment d'intérêt.

Alors bon c'est pas un conte super mignon en effet ! C'est même assez sombre , mais qui ne manque pas d'intéret !
J'avoue que je suis assez stupéfaite. Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)

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J'ai saisi de suite l'idée qu'il était dans un tableau, j'aurais bien aimé avoir le doute un peu plus longtemps et une sortie un peu plus grandiose, du style la pluie qui forme un torrent et l'emporte et il se raccroche a un bout de bois et se hisse hors du cadre...
Ah ? Je vais voir les commentaire des autres sur ce point, alors... J'avoue qu'au contraire, je voulais que ce soit tout simple, juste "insolite" pour le personnage (style "ah ben ça alors, j'avais jamais pensé à sortir de mon tableau" :D ). Pour ce texte-là, je ne voulais pas d'effets spéciaux pour le fantastique, je voulais lui donner une tournure simple, quotidienne, sans grands effets... Je vais voir si d'autres l'ont ressenti comme toi, je reprendrai la scène, si c'est le cas ! (ça, ça peut se modifier sans souci)

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J'aurai préféré en savoir plus sur la vie de la peintre, sur l'origine du tableau de l'Hotel de la Gare, que Pierre Auguste ne soit pas si banal puisqu'elle va finir dans un tableau avec lui ! Bref juste un poil de poésie en plus !
:\? Je note, je note. Pas si banal, ça m'embête, parce qu'il est pas censé être banal, il est sensé être tout... simple ? Sans nuances, sans fond le fond compliqué et tourmenté d'un humain normal, il est censé être un peu insolite, aux yeux de la peintre du moins... Je verrai comment recentrer ça...
Pour le manque de poésie, oui, c'est clairement ça qui me fait le classer en Revers de la plume. Le texte n'a pas de charme alors qu'il est censé reposer dessus. J'ai essayé de placer de la "poésie quotidienne" dans la relation qui s'établit entre les deux persos, mais, nan, ça prend pas. Je sais pas faire ça. Du coup j'attends vos commentaires pour apprendre :mrgreen: (Mil fainéante)

Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?
Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: maanilee le 26 Février 2015 à 16:22:45
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Merci pour ta lecture, surtout si rapide, maanilee !

Yep je suis une bête  :-¬?

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Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)


Ben de MON point de vue, ton conte c'est comme un suicide mais  poétique, elle quitte ce monde "moche", elle laisse des instructions un peu comme on laisserait un testament . Du coup c'est pour ça que je trouve qu'il manque une petite "étincelle" à Pierre-Auguste, parce que justement elle veut quitter la banalité de son existence et le suivre.


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"ah ben ça alors, j'avais jamais pensé à sortir de mon tableau" :D
j'adore c'est bien une réplique de mon cru ce genre de phrases :)

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Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?
J'ai bien aimé !!! Je commente pas souvent (pour l'instant) mais quand je le fais c'est déjà que je suis allée au bout du texte et que donc que quelque chose m'a captivé ! Et si je franchis le cap du commentaire c'est que je suis restée un peu sur ma fin et que je ne voudrais pas que ce texte sombre dans l'oubli  !
Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 26 Février 2015 à 16:47:32
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    Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)



Ben de MON point de vue, ton conte c'est comme un suicide mais  poétique, elle quitte ce monde "moche", elle laisse des instructions un peu comme on laisserait un testament . Du coup c'est pour ça que je trouve qu'il manque une petite "étincelle" à Pierre-Auguste, parce que justement elle veut quitter la banalité de son existence et le suivre.
:o
Ah ouaiiiiis. Wow, je l'avais paaaas du tout vu comme ça. C'est vrai que c'est une lecture qui peut se tenir...
Pour moi, quand je l'ai écrit, c'est l'exact contraire : elle s'ennuie dans sa vie et rêve d'imaginaire, sauf que l'imaginaire est inaccessible. A la fin, elle trouve le moyen de s'y rendre et d'être pleinement heureuse. (la note, c'était juste mon sens pratique du "mais si on le fiche à la poubelle, ça sera carrément glauque comme destinée :D)
Tiens c'est marrant, ça, cette double lecture... J'ai l'impression que les deux sont possibles dans le texte  :-\

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    Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?

J'ai bien aimé !!! Je commente pas souvent (pour l'instant) mais quand je le fais c'est déjà que je suis allée au bout du texte et que donc que quelque chose m'a captivé ! Et si je franchis le cap du commentaire c'est que je suis restée un peu sur ma fin et que je ne voudrais pas que ce texte sombre dans l'oubli  !
Merci pour la précision ! :) (et du coup, pour cet avis encourageant)
En fait je demandais parce qu'en lisant ton commentaire précédent, j'avais un peu de mal à cerner ce qui t'avait plu/gêné dans le texte, et dans quelles proportions, pour voir ce qui pouvait faire coincer le texte. ^^
Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Miromensil le 26 Février 2015 à 22:25:30
Coucou!

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Il pleuvait au-dessus de l’Hôtel de la Gare et le ciel dégoulinait sur le monde.

L’art et la manière de planter un décor évocateur, en même temps qu’une image dans la tête du lecteur

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L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
On dirait de la peinture qui coule…

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(…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).

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Un chamboulement extraordinaire qui les emporterait tous, les diluerait, les effacerait un à un, depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut jusqu’aux rayons de la bicyclette échouée dans la ruelle.
J’aime beaucoup le choix des mots (ma prof de français appelait ça champ lexical).

 
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Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
Ooh Elodie est la fille du tableau dans sa cuisine

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Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Elodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.
Donc là il n’est plus dans le tableau mais sur la main d’Elodie, et à la place du bonhomme se dessine sur le tableau une silhouette blanche, c’est ca?

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C’est là qu’elle avait commencé à craquer.

(pour ma gouverne, là tu tell…)
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À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus. Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche. Quand elle était jeune, c’était des dragons et des grands paysages. Puis elle s’était mise aux scènes de la vie quotidienne, mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image.
…Et puis tu show

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Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet. Il lui avait fallu un petit nom, quelque chose à la hauteur de l’absurdité de son entreprise. Au début, ça avait été « Hector », mais ça faisait un peu trop héros grec, alors au fil des coups de pinceaux, il était devenu « Pierre-Auguste » et Elodie en avait ri, ou juste souri mais c’était déjà pas si mal en ce moment.
J’aime beaucoup ce passage

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Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.

j’ai souri ^^

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À moitié consciente de ce quelle faisait,
Mon dieu, une faute… « de ce qu’elle faisait »


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Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
Ca m’a fait tiqué, c’est pas grande chose, mais ce ne serait pas plus joli de mettre « et faisant les cents pas »?

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Elle se souvint du tour de France du goûteur de croissants, mais elle n’avait pas de viennoiserie dans le panier à pain.
S à viennoiseries?

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Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour allez chercher un jeu de dominos.

Re-sourire

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La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonne manière.
Si elle a beaucoup de bonnes manières, ne faudrait-il pas un S?

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Malgré l’incapacité de la bonne dame à l’entendre – elle devait être sourde – ils parvenaient assez bien à communiquer par signes.
Franc sourire chez le lecteur qui s’amuse de la situation, surtout avec le pdv de la dame (quand elle se demandait si elle n’avait pas oublié de lui peindre des oreilles)

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Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.
Mon correcteur orthographique indique « cuillerée »
 
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Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe.
Pourquoi elle ne coupe pas des petits bouts?

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Pierre-Auguste avala le mets précieux avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût.
Je n’aurais pas mis de s à met

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Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent.
Très belle phrase ^^


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Le soir arriva et une idée avec.
Ca casse un peu avec les autres phrases bien cronstruites…Celle-ci me semble un peu langage parlé. Surtout le « avec » final xd Mais c’est peut être moi


 
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Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
Oh…

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Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.

Ah! Ca me fait penser à mon cours d’anthropologie philosophique


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Un petit trou plan au niveau de l’épaule, juste la place pour que Pierre-Auguste y passe son bras.
Moooooh c’est trop  beau

***
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Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon"
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Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? 
:\?
Tu pensais faire un conte "mignon" avec des questions aussi métaphysiques que celles là? (heu, ca sonne comme un reproche, mais s'en est pas un)

Je dirais pas que c'est mignon, parce que il  y a quelque chose de profond dans ton texte. Pour moi il est poétique, mais en même temps source de questionnements. La subversion, par la création, d'un morne quotidien; la frontière entre réalité et fiction...Jusqu'à en devenir fou. Ca me fait vraiment penser à un de mes cours de philosophie, je pourrais analyser ton texte au regard de ce cours d'ailleurs u.u Bref, pour moi c'est pas vraiment un texte mignon, c'est un conte philosophique et poétique. Ca m'a fait l'effet d'un petit conte, ça oui :)
Bon, euh, j'ai beaucoup aimé. C'est fou que tu ne vois pas tout ce que tu écris de bien, comme tu parles de toi en négatif.

J'ai particulièrement aimé :
-La description du début! Le mélange entre le paysage et la peinture, les alliances improbables de mots  :coeur:
-La personnalité de Pierre-Auguste. Je sais pas, je me suis vraiment prise d'affection pour lui, la manière dont tu le dépeins. Arrrg comme je voudrais arriver à faire ce que tu fais! Etre purement dans le show et pas le tell. Pour moi il a une personnalité riche, noble...Pendant toute l'histoire il a l'air très à cheval sur les bonnes manières, il appelle Elodie "la gentille dame", on dirait un petit monsieur poli, respectueux de certains principes, et à la chute on apprend qu'il va passer son bras au-dessus de l'épaule d'Elodie. J'ai trouvé ça très touchant (oui j'aime ce qui est doux dans ce monde de brutes). D'ailleurs, il me fait beaucoup pensé à la BA d'un film que j'ai envie de voir ( https://www.youtube.com/watch?v=b9txumtg6qU&list=PLB28C950A0359593E ). C'est fou comme on dirait lui, manque juste le chapeau melon !
-L'idée de se fondre dans la fiction pour échapper à la réalité
Ce que j'ai un peu moins aimé :
Le dégout d'Elodie de son quotidien est nécessaire à la bonne marche de l'histoire, c'est certain. Si elle aimait sa vie, elle n'aurait sans doute pas envie de disparaitre dans un tableau. Le minuscule truc que j'ai trouvé "dommage",  c'est son manque de discernement de ce qui a de poétique dans sa vie. C'est éminemment subjectif, en fait c'est surtout un point de vue, mais si elle a une fibre artistique, sans doute aurait-elle eu l'imagination de voir ce qui, dans son métro boulot dodo, était poétique. Donc en fait ce que je dis ne sert à rien, car bien sur énormément de gens n'aiment pas ce genre d'existence, qu'on peut qualifiée de "routinière", "banale" et "sans intérêt". Donc c'est juste mon point de vue très subjectif (je me répète), je pense justement que ce type d'existence là est une grande source d'imagination. Enfin je trouve ça très inspirant personnellement. Bon en fait ce que je dis ne sert à rien donc je vais le mettre en petit. Je reproche sans doute, implicitement, à Elodie de n'avoir pas su faire ça. Comme si Elodie était une personne réelle. Aaaah.

Merci, Milora, très belle lecture.
Titre: Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 27 Février 2015 à 10:35:23
  :-[ Merci Miro, pour ce si gentil commentaire, et pour tout le temps que tu as dû y passer  :-X

Bon.  :\? Je suis perplexifiée au plus haut degré. Apparemment, le texte ne donne absolument pas la même chose que ce que je pensais en le relisant. Je remercie aussi Tomoyo qui a lu sans commenter et m'a fait part de son avis - elle aussi trouve le texte triste. Du coup, je vais peut-être retirer la mention "Revers de la plume", puisqu'il ne vous apparaît pas comme simplet et niais...

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    L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
    On dirait de la peinture qui coule…


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    (…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).
Aaaaah, bien vu. Mais ça m'embête, parce que j'aimais bien cette mention. Je vais peut-être essayer d'arranger ça en disant qu'ils sont dans le champ de vision de Pierre-Auguste mais qu'on ne les voit pas de l'extérieur du tableau, comme ça ils peuvent bouger légèrement, eux...

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    Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Elodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.

Donc là il n’est plus dans le tableau mais sur la main d’Elodie, et à la place du bonhomme se dessine sur le tableau une silhouette blanche, c’est ca?
Oui, c'est ça !

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    À moitié consciente de ce quelle faisait,

Mon dieu, une faute… « de ce qu’elle faisait »
:putainlafaute:

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    Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?

Ca m’a fait tiqué, c’est pas grande chose, mais ce ne serait pas plus joli de mettre « et faisant les cents pas »?
Cette phrase me gêne un peu, moi aussi, tu as raison. J'y réfléchis ! :)

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    Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.

Mon correcteur orthographique indique « cuillerée »
Entre mon correcteur de Word, mon correcteur de Mozilla et mon correcteur de LibreOffice, ils disent pas la même chose. Je subodore le passage d'une réforme orthographique à un moment donné. Je vais creuser la question :ninja:

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    Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe.

Pourquoi elle ne coupe pas des petits bouts?
C'est pas vraiment question de la taille de l'aliment, c'est surtout qu'il peut pas manger de choses "réelles"...

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Je dirais pas que c'est mignon, parce que il  y a quelque chose de profond dans ton texte. Pour moi il est poétique, mais en même temps source de questionnements. La subversion, par la création, d'un morne quotidien; la frontière entre réalité et fiction...Jusqu'à en devenir fou. Ca me fait vraiment penser à un de mes cours de philosophie, je pourrais analyser ton texte au regard de ce cours d'ailleurs u.u Bref, pour moi c'est pas vraiment un texte mignon, c'est un conte philosophique et poétique. Ca m'a fait l'effet d'un petit conte, ça oui :)
Bon, euh, j'ai beaucoup aimé. C'est fou que tu ne vois pas tout ce que tu écris de bien, comme tu parles de toi en négatif.
:-[ :-[ :-[ C'est très gentil, tout ça...

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D'ailleurs, il me fait beaucoup pensé à la BA d'un film que j'ai envie de voir ( https://www.youtube.com/watch?v=b9txumtg6qU&list=PLB28C950A0359593E ). C'est fou comme on dirait lui, manque juste le chapeau melon !
Mais trop ! Je l'imagine exactement comme ça moi aussi, même son visage colle bien !
(Et la BA m'a donné envie de voir le film, à moi aussi ^^ )

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Ce que j'ai un peu moins aimé :
Le dégout d'Elodie de son quotidien est nécessaire à la bonne marche de l'histoire, c'est certain. Si elle aimait sa vie, elle n'aurait sans doute pas envie de disparaitre dans un tableau. Le minuscule truc que j'ai trouvé "dommage",  c'est son manque de discernement de ce qui a de poétique dans sa vie. C'est éminemment subjectif, en fait c'est surtout un point de vue, mais si elle a une fibre artistique, sans doute aurait-elle eu l'imagination de voir ce qui, dans son métro boulot dodo, était poétique. Donc en fait ce que je dis ne sert à rien, car bien sur énormément de gens n'aiment pas ce genre d'existence, qu'on peut qualifiée de "routinière", "banale" et "sans intérêt". Donc c'est juste mon point de vue très subjectif (je me répète), je pense justement que ce type d'existence là est une grande source d'imagination. Enfin je trouve ça très inspirant personnellement. Bon en fait ce que je dis ne sert à rien donc je vais le mettre en petit. Je reproche sans doute, implicitement, à Elodie de n'avoir pas su faire ça. Comme si Elodie était une personne réelle. Aaaah.
C'est vrai. Appliqué à la vraie vie, je pense comme toi. Après, dans le texte, fallait qu'elle reste dans sa légère déprime, sinon ça avait pas trop de sens, je crois...  :-X

Merci beaucoup pour ce gentil commentaire, Miro !  :coeur:
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 27 Février 2015 à 12:48:36
Comme les autres, je trouve ce texte très mélancolique et poétique.
J'y ai vu aussi la métaphore d'un "suicide" créatif, d'une fuite vers un autre monde, d'un rejet de sa vie monotone.

Dès ta première partie, dans le tableau, le champ lexical est orienté "déprime" :
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Il pleuvait
le ciel dégoulinait sur le monde.
tuiles grises
diluée, floue, étalée
bleu baveux
mêlée d’effroi.     
un vélo gisait, abandonné,
mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Ses traits fondirent et le ciel à cet endroit devint grisâtre.
Une inquiétude aigüe
prémices d’un cataclysme sans précédent.
Un chamboulement
les diluerait, les effacerait
bicyclette échouée
La tache s’agrandit, s’auréola en noyant
C’en fut trop
sentiment d’urgence
l’obsession de sa propre survie,
effort de volonté surhumain
englué,
épaule blessée       
la défunte mouette.
tournait le dos.
tabouret branlant
Qui venaient de pleurer.

Tu comprends bien que le lecteur ne se représente pas un "conte mignon, niais et stupide"  ;D

Je dois avouer que j'étais trouvé ça un poil long sur la partie centrale, mais c'est peut-être parce que j'ai super faim et que je veux vite aller manger  :-[  :-¬?

Si tu souhaite des remarques plus détaillées, un genre de relevé de ce qui va ou pas, je peux te faire ça plus tard. Là je voulais juste te donner mon sentiment global. Pour moi c'est un très joli texte, un conte oui, mais sombre, et sujet à interprétation. Je le trouve très intéressant, plein de bonnes idées, mais avec sans doute quelques passages à clarifier ou à raccourcir (ou pas !).

Juste un dernier détail et je file contenter mon estomac plaintif.

Cuillérée et Cuillerée sont acceptables. Sans l'accent est apparemment l'ancienne forme, conforme à l'origine et l'étymologie du mot. Et à sa prononciation ancienne ou le premier E est muet (se prononçais presque cui-ré). Mais depuis sa dernière édition, L'académie Française propose la forme avec accent, sans doute pour s'adapter à la prononciation actuelle qui dit le premier "é". Voili voilou  :P
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 27 Février 2015 à 14:01:56
Tout d'abord : bon appétit ! :D

Ensuite : merci pour ta lecture et pour ton commentaire ! :) Et pour l'explication sur cuillerée ^^ (j'ai appris un truc, là)

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Si tu souhaite des remarques plus détaillées, un genre de relevé de ce qui va ou pas, je peux te faire ça plus tard.
Si ça t'embête pas, j'avoue que je veux bien :/

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Pour moi c'est un très joli texte, un conte oui, mais sombre, et sujet à interprétation. Je le trouve très intéressant, plein de bonnes idées, mais avec sans doute quelques passages à clarifier ou à raccourcir (ou pas !).
Merci pour ce retour ! Je ne demande que ça, clarifier, corriger, etc etc ! :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 27 Février 2015 à 17:26:22
Bon, maintenant que mon estomac me fout la paix, allons-y pour le relevé tout à fait subjectif  ;)

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Il y avait des semaines qu’il se tenait là
Bon, j'ai un problème avec la temporalité de ton texte. Ici, tu dis que Pierre-Auguste se tient là depuis des semaines. Sans bouger donc. Alors comment se fait-il que, plus tard, il parle de l'heure habituelle de son dîner le soir ?

Citer
mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Ils sont figés dans leurs transactions ou ils lèvent les yeux ?

Citer
Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare.
Selon son point de vue à lui ? Donc par rapport à quoi, à sa vie dans ce monde-là ? Donc le temps s'écoule ? Donc ni lui ni les clients ne sont figés.

Citer
lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.
"tenir"

Citer
Immense, de taille quasi-solaire.

J'aime la référence lumineuse et très positive que Pierre-Auguste associe à Elodie, tout en contraste avec son état d'esprit à elle.

Citer
pleine de bonne manière
Au pluriel non ?

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Il y avait des années qu’il n’avait joué à un jeu de société.
Toujours la question de la temporalité pour Pierre-Auguste.

Citer
Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.
Bon. OK.  :P Mais ça intervient assez tard et le lecteur a le temps de s'interroger sur l'incohérence avant ça. 


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Quand Elodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.
c'est principalement ce passage, associé à ceux où tu décris le mal-être profond d'Elodie, qui évoque l'idée d'une métaphore de suicide. On se dit "Et si, après tout oui, elle était folle, s'imaginait tout ça, et que son départ final dans le tableau n'est qu'en fait une manière pour elle de minimiser son geste et de rendre le tout joli et acceptable ?".

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C’était la lettre recommandée de l’autre jour.
Et là tu en rajoute une couche dans l'aspect symbolique  ;D Son évasion prend forme sur ce qui lui est arrivé de pire récemment.
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 27 Février 2015 à 18:20:17
Concernant les questions de "double" temporalité :
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    Il y avait des semaines qu’il se tenait là

Bon, j'ai un problème avec la temporalité de ton texte. Ici, tu dis que Pierre-Auguste se tient là depuis des semaines. Sans bouger donc. Alors comment se fait-il que, plus tard, il parle de l'heure habituelle de son dîner le soir ?

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    Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare.

Selon son point de vue à lui ? Donc par rapport à quoi, à sa vie dans ce monde-là ? Donc le temps s'écoule ? Donc ni lui ni les clients ne sont figés.

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    Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.

Bon. OK.  :P Mais ça intervient assez tard et le lecteur a le temps de s'interroger sur l'incohérence avant ça. 
Moui... Ça j'avoue que je pense le laisser. Non, je ne donne pas l'information tout de suite, mais il me semble que le texte contient la réponse à cette question et que c'est pas un fil narratif abandonné tout seul dans la nature, du coup je pense que je vais laisser tel quel...  :-[

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    mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Ils sont figés dans leurs transactions ou ils lèvent les yeux ?
Techniquement, ils peuvent tout à fait faire les deux, mais ça rejoint en effet le commentaire de Miro : s'ils lèvent les yeux vers le ciel, c'est qu'ils ont bougé, ce qui ne colle pas avec le fait qu'ils soient dans un tableau où seul Pierre-Auguste est parvenu à bouger.
Je vais corriger, merci ! :)

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    lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.

"tenir"
Ah, ça peut pas s'employer dans ce cas, contenir ? (je doute, soudain...)


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    Quand Elodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.

c'est principalement ce passage, associé à ceux où tu décris le mal-être profond d'Elodie, qui évoque l'idée d'une métaphore de suicide. On se dit "Et si, après tout oui, elle était folle, s'imaginait tout ça, et que son départ final dans le tableau n'est qu'en fait une manière pour elle de minimiser son geste et de rendre le tout joli et acceptable ?".
Ah ! Alors du coup, tu y lis un suicide au sens propre, raconté de façon métaphorique...? :/

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    C’était la lettre recommandée de l’autre jour.

Et là tu en rajoute une couche dans l'aspect symbolique  ;D Son évasion prend forme sur ce qui lui est arrivé de pire récemment.
Oui, j'avais fait exprès pour l'aspect symbolique, mais du coup pour moi c'était au sens de : elle réutilise la lettre qui incarne son malêtre pour le changer en support à son bonheur...

Merci pour ce retour détaillé, et pour le temps passé sur mon texte ! :)
Titre: Re : Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Miromensil le 27 Février 2015 à 19:36:28

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    L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
    On dirait de la peinture qui coule…


Citer

    (…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).
Aaaaah, bien vu. Mais ça m'embête, parce que j'aimais bien cette mention. Je vais peut-être essayer d'arranger ça en disant qu'ils sont dans le champ de vision de Pierre-Auguste mais qu'on ne les voit pas de l'extérieur du tableau, comme ça ils peuvent bouger légèrement, eux...

Oui moi aussi j'aime bien cette mention! Juste, je pense qu'il faudrait peut être dire que 1. Ils sont dans leur quotidien et 2. ils regardent vers le ciel, et cela les extirpe de ce quotidien. Enfin tu fais comme tu veux :p


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Non, je ne donne pas l'information tout de suite, mais il me semble que le texte contient la réponse à cette question et que c'est pas un fil narratif abandonné tout seul dans la nature, du coup je pense que je vais laisser tel quel...

(Chez moi ça a fait cet effet là. J'aimais bien tout le mystère du début du texte, et de la manière dont on va de surprise en surprise en comprenant).
Titre: Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 27 Février 2015 à 21:14:02
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    lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.

"tenir"
Ah, ça peut pas s'employer dans ce cas, contenir ? (je doute, soudain...)

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Ah ! Alors du coup, tu y lis un suicide au sens propre, raconté de façon métaphorique...? :/

Alors : "contenir" c'est pour un contenant, Pierre-Auguste n'est pas un contenant, il serait alors le contenu dans ce cas. Donc soit "tenir tout entier" soit "être contenu tout entier" :)

Et disons que j'ai la sensation qu'on peut y lire un suicide métaphorique, et sans avoir tes commentaires, je crois que oui, c'est l'impression que j'en aurai.

Pour le reste, tu as raison :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: MillaNox le 27 Février 2015 à 22:11:24
Yo Milo !

 un ptit tour sous la pluie avec toi...
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À savoir l’intérieur d’une cuisine démesurée, un tabouret branlant en formica assez large pour supporter toute la rue, un meuble de rangement accroché au mur et approchant des dimensions d’un hangar à bateau, où se tassaient des pots de verre estampillés « Riz » et « Gros sel » dans lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.
bizarre, ça se dit ça ? c un effet spécial ? pourquoi pas "tenir" ?

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Un visage de femme qui se tenait au-dessus d’eux, des mèches auburn en désordre, une joue marquée de grains de beauté, des lèvres pâles arrondies par la stupéfaction, et deux yeux bleus écarquillés.
ah non tenir tu l'as juste là donc ça ferait une répétition, mais ça la fait de toute façon même avec contenir, je pense qu'il faut en changer un des deux ;)

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Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.
excellent ! Bon sur tout ce début, j'adore l'écriture, l'idée d'animer ce tableau, c'est d'une poésie exquise et très intriguant....  :coeur: :coeur: :coeur: J’avais lu des comm avant de me décider à lire le texte (faut dire que ton annonce de départ était aps franchement vendeuse) donc je savais qu'il y avait une histoire de tableau. je sais pas ce que ça donne quand on n'en sait rien et à quel moment on capte, mais franchement c'est excellent !

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Elodie en perdit le souffle.
vu que tu mets le saccent sur les A, il faudrait en mettre sur les é de élodie ;)

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Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre, diluant l’aquarelle au niveau du passage piéton moche avec lequel elle avait défiguré la scène.
je comprends qu'elle a peint le passage piéton en dernier. mais s'il est bien fait de grands rectangles blancs comme c'est le cas communément, ça pose question car je crois qu'il n'y a pas trop de blanc en aquarelle, c'est pas couvrant et on utilise plutôt celui de la feuille. à confirmer par des peintre qui s'y connaissent mieux que moi hein, ou apr toi c'est c'est ton dada, mais ça m'a titillé à la lecture...

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Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel.
:)

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Il mit ses mains sur ses hanches en signe de consternation, en fit tomber son attaché-case qu’il s’empressa de ramasser, puis plaça son chapeau melon contre sa poitrine en un geste grave pour marquer cet instant solennel. Puis il soupira et se mit à examiner la cuisine avec curiosité.
enchainement de deux "puis" pas glop

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En vrai, c’était juste une cuisine, petite, miteuse, dont la peinture s’écaillait par endroits derrière les meubles, même si ça, il ne pouvait pas le voir. Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche, sans doute, que ça manquait de couleurs et que si Elodie posait là ses peintures, c’était parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans le reste du deux-pièces. Elle avait essayé de dessiner l’endroit, une fois. De le rendre plus beau, de lui ajouter des courbes élégantes, une ambiance surannée, un lierre dissident qui traçait ses arabesques entre la cafetière et le haut du frigo. Mais ça n’avait servi qu’à faire ressortir la laideur du vrai appartement. C’est là qu’elle avait commencé à craquer.
      À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus.
peut-être un vrai de trop à mon goût

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Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour allez chercher un jeu de dominos.
:viviane: ben oui, zut ! les dominos c'est la moindre des choses !

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   La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonne manière.
j'aurai vu "bonne manière" au pluriel

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Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.
pas convaincue. il était figé, je trouve ça étrange qu'en fait il ait eu une "vie" faite de besoins fondamentaux, ça impliquerait que le tableau s'animait dans le dos d'Elodie à d'autres moment pour qu'il aille manger, pisser, etc. je prefère l'idée qu'il découvre le mouvement au début comme tu le dit à ce moment là d'ailleurs. à la limite, tu nous dirait ici qu'il ressent la faim pour la première fois de sa vie et que ça s'explique par sa mise en mouvement qui a défigé ses besoins naturels ça passerait mieux, mais l'habitude antérieure non...

Citer
Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.
par contre l'idée qu'il lui faut de la nourriture dessinée est excellente  ^^

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Hélas, Pierre-Auguste eut beau plonger ses mains dans le dessin, attirer le chat avec lui, ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs mais totalement inanimé, qu’il ramena dans le monde réel. Vaguement dégoûtée, Elodie mit le faux chat à la poubelle.
:( :(

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Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle et d’oublier ce qui avait était la réalité de sa vie.
été

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Le facteur sonna à la porte, ce jour-là. Elle entrebâilla la porte.
répétition moche. il peut tout à fait sonner tout court on comprendra  ;)

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Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.
:coeur: :coeur: j'adore

Citer
   Le recommandé venait de son bureau. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié. Elle abandonna la lettre sur la table pour aller s’occuper des finitions du bureau.
répétition. "travail" pour le premier ?

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Il avait acquis une certaine pratique en la matière et ne s’affalait plus par terre avec des soubresauts vexés comme au début.
:D

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À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout d’établi de peintre.
établi ?  :\? j'aurais jamais utilisé ce mot. atelier ? chevalet ?

hop là, tout lu !
bah c'est pas niais enfin !!! par contre je crois avoir vu parler de suicide dans certains comm et je l'interprète pas forcément comme ça. je comprend qu'on puisse le faire, elle s'isole, est en pleine dépression, "sort du monde" littéralement en intégrant le tableau. mais chai pas ça me fait pas cet effet. déjà, elle ne le fait pas par desespoir. l'idée ne vient pas d'elle si on part du principe que Pierre Auguste sortant du tableau est un fait réel (ben quoi, on a plus le droit de rêver ?  :D) Donc pour moi elle part juste dans un monde qui lui est plus adapté...
sinon, je l'ai déjà un peu dit mais c'est super bien écrit, très beau et très poétique.
j'ai beaucoup beaucoup aimé  :coeur: :coeur:

Merci pour ce beau moment :)

Milla
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Tomoyo le 27 Février 2015 à 22:11:55
j'arrive j'arrive !
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Je remercie aussi Tomoyo qui a lu sans commenter
ça fait "merci pour son sacrifice, nous ne l'oublierons pas"  |-|

et action

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Pierre-Auguste observait
Je trouve ça fort que le personnage d’une peinture s’appelle comme Renoir  ::)

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Il y avait des semaines qu’il se tenait là, face à l’Hôtel, avec son melon sur la tête, à observer.
Sauf que plus loin on apprend qu’il a une vie, qu’il rentre manger tous les soirs à 19 h etc. Donc soit il a une vie à lui depuis 30ans et la peinture fige un instant, soit il reste planté dans sa peinture à observer l’hôtel depuis des semaines (admettons que ce soit il y a quelques semaines que le tableau est commencé).
Je préfère qu’il ait une vie, du coup je préfère qui n’observe pas l’hôtel depuis des semaines mais qu’il passe devant tous les jours… ou pas, tu fais bien comme tu veux  :-¬?

Citer
Une autre goutte ruissela, dévia sur la courbe d’un nuage et atterrit sur le pavé, noyant ses bords nets
Là j’ai eu un problème de perspective à la première lecture : j’étais à la place du bonhomme, en ayant compris que j’étais dans un tableau, du coup que la goutte longe un nuage, j’arrivais pas à me le représenter depuis le point de vue Pierre Auguste. C’est pas une goutte pour lui, c’est un château d’eau qui explose quoi. Si c’était une goutte, il la verrait pas sur le nuage… du coup après je me suis dit que je devais être en point de vue Elodie, mais ça me semble peu logique… bref ça m’a perturbée  :-\.

Citer
Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie
Question qui doit pas être très pertinente mais c’est pour mon instruction propre : il peut y avoir une boulangerie au rez-de-chaussée d’un hôtel ?

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Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare
J’aime beaucoup ce côté éternel de la peinture  :)

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depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut
je sais pas si « du haut » c’est nécessaire, ça rallonge pour pas grand-chose, si la gouttière est au-dessus des fenêtres, perso j’imagine que c’est en haut du bâtiment.

Citer
Mû par un sentiment d’urgence difficilement explicable
J’aime   ::)

Citer
Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse à laquelle on l’aurait englué
Là encore, c’est surement mon instruction qui est à peaufiner, mais j’ai du mal avec « engluer à une masse »… on englue à la colle, à la chaux (truc qui enduit quoi), etc. mais à une masse… je comprends pas. C’est pas plutôt englué dans une masse ? ou alors c’est pas engluer… je sais pas… :\?

Citer
jamais été englué à une masse volumineuse d’aucune sorte
bis repetita de mon problème de masse et de glue

Citer
une joue marquée de grains de beauté
belle asymétrie  :mrgreen:

Citer
Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.
Genre « je sors d’un tableau mais je perds pas mes bonnes manières et surtout je ne m’affole de rien, sauf peut-être que l’heure du thé est passée »  :D

Ce premier paragraphe est celui que j’aime le moins (tout est relatif, il est bien écrit, mais je ne le trouve pas aussi clair et précis que le reste du texte).
J’imagine qu’il faut que j’explique mieux ? je pense que c’était l’effet que tu cherchais, mais j’ai des juxtapositions d’images qui m’ont fait changé de point de vue sans arrêt pour comprendre où j’étais, même si le champ lexical de la peinture est clair, il y a beaucoup d’informations sur ce tableau, l’hôtel, immeuble, boulangerie, ruelle, vélo, passant, mouette, nuage. Certes à présent j’ai une image plutôt nette de à quoi ressemble le tableau mais d’entrée de jeu j’ai été emmêlée et pas stable dans ma lecture.
Mais bon, si c’est ce que tu souhaites, mon intervention est à oublier  :huhu:


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Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre,
Ah oui, détail, mais je me dis que quand même, elle pleure de grosses larmes et beaucoup, pour avoir gâcher un si grand tableau sur autant de surface  :-\. En plus elle bouge au-dessus du tableau pour bien en mettre dans tous les coins, autant sur les nuages que sur le passage piéton, qui sont à deux endroits opposés du cadre.
Ah oui parce que pour moi le tableau fait bien 80x100, vu que PA fait 8cm  :huhu:


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Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
Il fait soooo british  :D

Citer
blanche et vide d’un homme de dos observant la scène
si c’est blanc et vide, on ne peut pas savoir que c’est de dos. On comprend juste que c’est la silhouette d’un homme

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Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche,
xD

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Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche.
Cette phrase, elle est mais terrible, c’est très simple mais c’est d’un dramatique à me faire attraper une plaquette de chocolat  :s

Citer
mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image
embellies, emballées c’est marrant  ^^

Citer
Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet
Ah mais j’avais zappé cette phrase à la 1ere lecture ! c’est pour ça qu’elle lui refile des croissants après !

Citer
Et puis, petit à petit, elle s’était rendu compte que ça ne servait à rien. La vie grise déteignait sur des toiles grises. Ce n’était que des morceaux sans âme d’un train-train habituel tout aussi fade. C’était moche, moche comme cette cuisine et comme cette vie. Dans ces moments de crise existentielle, Elodie en voulait à tout, au monde entier et à elle-même. Elle se mettait au-dessus d’un de ses tableaux pour essayer d’en aspirer quelques bouffées d’espoir, de rêve, d’ailleurs. Et des fois les larmes coulaient, et ça tombait sur la toile, et elle s’en fichait, parce que de toute façon le trait de crayon n’était pas assez net, les couleurs mal choisies et la scène idiote.
Douce mélodie du bonheur, pourquoi je ne t’entends plus  #:s ? c’est très bien rendu, mais alors ça te fiche un coup de mou quand même  :(

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On ne saurait dire si l’ensemble de ces réflexions avaient traversé le regard d’Elodie et s’y lisaient à livre ouvert. Si Pierre-Auguste les avait saisies dans un élan soudain d’empathie. Probablement pas.
J’aime po la ponctuation de ce passage, tu me force à baisser le ton là où je veux pas  :huhu:

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et de revenir prudemment au centre de la paume en tapotant d’un petit doigt sur son encore plus petit attaché-case.
Du petit doigt ?
Comment l’attaché-case peut être encore plus petit que son petit doigt…. Il y a clairement une scène qui se joue là et que je visualise pas correctement  :\?


Citer
Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.
xD

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À moitié consciente de ce quelle faisait
C’est déjà relevé mais comme c’est rare et que ça te motivera peut-être à corriger plus vite : bouh vilaine faute  :P

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Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
Qui ne s’est pas déjà posé cette question, hm ?

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chez une hôtesse pleine de bonne manière
idem que ma petite camarade, je mettrais un pluriel

Citer
à en croire la pendule à motif de dauphins maintenue par un aimant contre la porte du réfrigérateur
elle fait tout pour mochiser aussi  :relou:

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Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes.
Owi je suis pénible, mais 2 phrases au-dessus tu dis « six heures » et pas dix-huit. Du coup il faudrait, en suivant la belle logique, que tu mettes sept heures là  :mrgreen:

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Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises.
Cette phrase me dérange dans sa formulation, j’ai dû la lire trois fois avant de saisir le sens, j’avais l’impression qu’il manquait un bout.
Je la lisais « bien qu’ayant passé sa vie devant l’hôtel (cette scène avait lieu à 15h03), il….. » donc il me manquait la partie avec le « il… », et ça n’avait pas vraiment de sens… mais j’attendais que la phrase qui suit le « bien que » concerne le bonhomme puisque tu dis « bien qu’ayant passé sa vie »
Je chipote pas tant que ça, j’ai vraiment eu du mal avec cette phrase, par contre c’est bien possible que je sois la seule concernée par le souci de lecture  :huhu:

Citer
cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises. Or, 19 heures étaient passées
t’as mis en lettres avant, faudrait surement continuer en lettres…

Citer
Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée
C’est accepté ça ? ça fait oral je trouve.. m’enfin je me trompe surement, j’aurais mis « et la dame »  :???:

Citer
Elle installa une assiette à table et fit réchauffer une sorte de mixture à l’allure de cassoulet
Cordon bleu  :mrgreen:

Citer
L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables
Mais enfin c’est pas humain d’autant pleurer  |-|

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avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût. Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.
J’aime bien que la couleur donne le gout  :)

Citer
Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent.
En même temps, ça, ça me parait le moins étrange de l’histoire, que le temps continue de s’écouler  ::)

Citer
(La vérité est qu’elle ne s’était jamais beaucoup entraînée sur les natures mortes, et que ses essais de saumon aux pommes vapeurs avaient ressemblé à des taches de moisi au fond d’une cuve à vin).
Mais mdr xD

Citer
attirer le chat avec lui,
c’est pas attirer à ?
ou alors prendre avec lui ? je sais pas c’est bizarre

Citer
ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs
:s

Citer
Vaguement dégoûtée, Elodie mit le faux chat à la poubelle.
Je vois tellement un chat empaillé raté…. C’est horrible  ><

Citer
Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle et d’oublier ce qui avait était la réalité de sa vie.
Mais ouin  :s

Citer
Il fallait faire attention à ce que tous les petits tiroirs aient leur poignée, soient régulier,
Réguliers

Citer
Le facteur sonna à la porte, ce jour-là.
Je sais pas quel jour, elle racontait des évènements passé. Ou alors il faut aller à la ligne ?

Citer
Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.
Passage brillant  :aah:

Citer
Le recommandé venait de son bureau. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié.
Le « elle avait oublié d’y aller, la veille » induit en erreur, on a l’impression qu’elle a loupé que la veille. Or non c’est des dizaines de jours…..

Citer
l’œil brillant et le sourire prompt,
et poil soyeux…  :relou:

Citer
Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire
donc il qualifie de visage solaire un visage qu’il trouve par ailleurs fort triste….  :\?

Citer
lors d’une de ses précédentes crises de création ?
en plus c’est une rechute  :-X

Citer
Secrétariat, autobus, queue au supermarché… Tout ça n’avait pas plus de sens qu’une cuisine moche dans un deux-pièces terne
Mais ouin  :s

Citer
le chapeau bien posé au centre de son crâne
sommet ? ou alors c’est le crane qui est enfiché dans le centre du chapeau ? non mais oublie, cette intervention n'existe pas

Citer
Et par-dessus, on avait peint. Avec un souci de précision comme seules peuvent en avoir des mains minuscules.
Comment il a fait avec un pinceau deux fois grand comme lui  :???:

Citer
Des champs s’étendaient jusqu’à une haie d’arbre fruitiers.
Arbres

Citer
À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout d’établi de peintre. Au loin, si on forçait le regard, on distinguait un petit nuage blanc avec une mouette, et encore plus loin, la forme fine, irréelle, d’un dragon.
C’est un A4, c’est difficile de mettre tout ça sur un A4 ou du moins de le distinguer   :-\

Citer
Au milieu du tableau, sur le rebord de la fenêtre, se découpaient deux silhouettes blanches, non peintes. La forme de deux personnes assises les jambes dans le vide et regardant au loin.
Il sont assis sur le rebord de la fenêtre, les jambes dans le vides ? mais c’est dangereux !  :neutre:

Citer
Elle griffonna des instructions pour le faire parvenir à sa sœur et le ranger dans la cave.
Mais non ! l’encadrer et mettre sous verre, sinon il va gondoler et moisir   :aah:(quoique, il doit déjà être tout gondolé vu que c’était pas du papier pour peindre, et en plus il y a une lettre ultimatum écrite derrière  :\?…) mais il faut le protéger et pas ranger ça à la cave dans la moisissure !


Bon ben ayé !
Déjà dit mais je répète, c’est pas un revers de plume, c’est pas un conte niais, je ressens une immense tristesse (même si cette deuxième lecture était plus douce pour le coup) et je suis triste qu’Elodie n’ait pas trouvé comment être heureuse dans la vraie vie  #:s.
Sinon, c’est un peu fou et tellement crédible à la fois. Elle est peut-être vraiment folle et s’est laissée mourir sur cette table basse, ou alors elle vit vraiment dans un dessin sur une lettre recommandée de son bureau  :\?… C’est bien écrit et c’est un texte qui fait ressentir des choses (même si ce ne sont pas les choses que je préfère ressentir  :relou:).
Beau récit  :)

Merci pour ce texte ! :D
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 02 Mars 2015 à 11:04:48
:aah: :aah: :aah: Des lecteeeeurs, des super-commentaiiiires ! :aah: :aah: :aah:

Merci les filles ! :)

@ Miro -->
Citation de: Miro
Oui moi aussi j'aime bien cette mention! Juste, je pense qu'il faudrait peut être dire que 1. Ils sont dans leur quotidien et 2. ils regardent vers le ciel, et cela les extirpe de ce quotidien. Enfin tu fais comme tu veux :p
Ah oui, peut-être ! Je réfléchis sur ce point :)

@ Ninève -->
Citation de: Ninève
Alors : "contenir" c'est pour un contenant, Pierre-Auguste n'est pas un contenant, il serait alors le contenu dans ce cas. Donc soit "tenir tout entier" soit "être contenu tout entier" :)
Non mais oui, carrément. J'étais à l'ouest.
J'ai changé !

Citation de: Ninève
Et disons que j'ai la sensation qu'on peut y lire un suicide métaphorique, et sans avoir tes commentaires, je crois que oui, c'est l'impression que j'en aurai.
Bigre ; ou comment écrire un truc sans s'en apercevoir soi-même  :o

@ Tomoyette et Milla -->

Citation de: Milla
pas convaincue. il était figé, je trouve ça étrange qu'en fait il ait eu une "vie" faite de besoins fondamentaux, ça impliquerait que le tableau s'animait dans le dos d'Elodie à d'autres moment pour qu'il aille manger, pisser, etc. je prefère l'idée qu'il découvre le mouvement au début comme tu le dit à ce moment là d'ailleurs. à la limite, tu nous dirait ici qu'il ressent la faim pour la première fois de sa vie et que ça s'explique par sa mise en mouvement qui a défigé ses besoins naturels ça passerait mieux, mais l'habitude antérieure non...

Citation de: Toto
Sauf que plus loin on apprend qu’il a une vie, qu’il rentre manger tous les soirs à 19 h etc. Donc soit il a une vie à lui depuis 30ans et la peinture fige un instant, soit il reste planté dans sa peinture à observer l’hôtel depuis des semaines (admettons que ce soit il y a quelques semaines que le tableau est commencé).
Je préfère qu’il ait une vie, du coup je préfère qui n’observe pas l’hôtel depuis des semaines mais qu’il passe devant tous les jours… ou pas, tu fais bien comme tu veux  :-¬?

Ça vous perturbe, cette affaire :mrgreen:

Alors, non, c'est pas illogique, à mon sens - mal expliqué, je vous l'accorde volontiers. Mais quand on invente un personnage, mettons, là, j'invente Ratifmol. Je décide que Ratifmol a 75 ans, est un vétéran de la guerre du Golfe, qu'il aime les sandwiches aux crevettes et qu'il a l'habitude de prendre le thé à 16h tous les jours. C'est possible : le personnage est comme ça. Donc il a 75 ans et tous ces traits distinctifs. Mais techniquement, il n'existe que depuis environ 30 secondes...
C'était ça, que je voulais exprimer avec Pierre-Auguste. Ça n'implique absolument pas que le tableau s'anime pendant qu'Elodie a le dos tourné...
Je vais chercher un moyen de l'expliquer de façon moins équivoque, plus tôt dans le texte.
 :\?

@ Milla -->
Citer
À savoir l’intérieur d’une cuisine démesurée, un tabouret branlant en formica assez large pour supporter toute la rue, un meuble de rangement accroché au mur et approchant des dimensions d’un hangar à bateau, où se tassaient des pots de verre estampillés « Riz » et « Gros sel » dans lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.
bizarre, ça se dit ça ? c un effet spécial ? pourquoi pas "tenir" ?
Oui, c'est un effet spécial "Milora est à l'ouest". C'est corrigé :-[

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J’avais lu des comm avant de me décider à lire le texte (faut dire que ton annonce de départ était aps franchement vendeuse)
Je... je plaide coupable  :-[ :-[

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Elodie en perdit le souffle.
vu que tu mets le saccent sur les A, il faudrait en mettre sur les é de élodie ;)
Alors en fait, j'ai relu sous LibreOffice et le raccourcis pour mettre les accents aigus sur les majuscules n'y fonctionne pas :mrgreen: Mais je suis sur Word, sur cet ordi, alors j'ai corrigé ^^

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Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre, diluant l’aquarelle au niveau du passage piéton moche avec lequel elle avait défiguré la scène.
je comprends qu'elle a peint le passage piéton en dernier. mais s'il est bien fait de grands rectangles blancs comme c'est le cas communément, ça pose question car je crois qu'il n'y a pas trop de blanc en aquarelle, c'est pas couvrant et on utilise plutôt celui de la feuille. à confirmer par des peintre qui s'y connaissent mieux que moi hein, ou apr toi c'est c'est ton dada, mais ça m'a titillé à la lecture...
Ah bigre. C'est pas faux, ça, j'y avais absolument pas pensé...
Je pense que je vais laisser et tant pis pour les puristes de la peinture, sauf si je trouve autre chose... :/

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En vrai, c’était juste une cuisine, petite, miteuse, dont la peinture s’écaillait par endroits derrière les meubles, même si ça, il ne pouvait pas le voir. Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche, sans doute, que ça manquait de couleurs et que si Elodie posait là ses peintures, c’était parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans le reste du deux-pièces. Elle avait essayé de dessiner l’endroit, une fois. De le rendre plus beau, de lui ajouter des courbes élégantes, une ambiance surannée, un lierre dissident qui traçait ses arabesques entre la cafetière et le haut du frigo. Mais ça n’avait servi qu’à faire ressortir la laideur du vrai appartement. C’est là qu’elle avait commencé à craquer.
      À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus.
peut-être un vrai de trop à mon goût
J'ai réglé son compte au premier :mafio:

Citer
Citer
Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour allez chercher un jeu de dominos.
:viviane: ben oui, zut ! les dominos c'est la moindre des choses !
Ben oui, quoi  :huhu:

Citer
bah c'est pas niais enfin !!! par contre je crois avoir vu parler de suicide dans certains comm et je l'interprète pas forcément comme ça. je comprend qu'on puisse le faire, elle s'isole, est en pleine dépression, "sort du monde" littéralement en intégrant le tableau. mais chai pas ça me fait pas cet effet. déjà, elle ne le fait pas par desespoir. l'idée ne vient pas d'elle si on part du principe que Pierre Auguste sortant du tableau est un fait réel (ben quoi, on a plus le droit de rêver ?  :D) Donc pour moi elle part juste dans un monde qui lui est plus adapté...
sinon, je l'ai déjà un peu dit mais c'est super bien écrit, très beau et très poétique.
j'ai beaucoup beaucoup aimé  :coeur: :coeur:

Merci beaucoup  :-[

J'ai corrigé les coquilles et répétitions que tu avais signalées, aussi ! :)



@ Lady Tomette -->

Citer
Citer

    Je remercie aussi Tomoyo qui a lu sans commenter

ça fait "merci pour son sacrifice, nous ne l'oublierons pas"  |-|
C't'ait un peu l'idée :huhu:

Citer
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    Pierre-Auguste observait

Je trouve ça fort que le personnage d’une peinture s’appelle comme Renoir  ::)
Alors ça, ça m'embête :D J'avais pas la moindre idée du prénom de Renoir, mais du coup ça colle pas super bien (Elodie, elle, doit le connaître). Mais ça m'embête tellement de changer le nom d'un perso une fois qu'il est fixé !
Pour l'instant, j'hésite avec Pierre-Octave ou Pierre-Henri (mais je me suis habituée à Pierre-Auguste du coup c't'agaçant... :'( )

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    Une autre goutte ruissela, dévia sur la courbe d’un nuage et atterrit sur le pavé, noyant ses bords nets

Là j’ai eu un problème de perspective à la première lecture : j’étais à la place du bonhomme, en ayant compris que j’étais dans un tableau, du coup que la goutte longe un nuage, j’arrivais pas à me le représenter depuis le point de vue Pierre Auguste. C’est pas une goutte pour lui, c’est un château d’eau qui explose quoi. Si c’était une goutte, il la verrait pas sur le nuage… du coup après je me suis dit que je devais être en point de vue Elodie, mais ça me semble peu logique… bref ça m’a perturbée  :-\.
Nan, c'est bien une goutte. Une très grosse goutte. Il dit qu'il "pleut", mais en fait il lui tombe des gouttes géantes dessus, c'est pas de la vraie pluie à son échelle. C'est pas non plus un château d'eau qui explose, c'est comme si des gouttes de la taille de ta tête tombaient en effaçant ce qu'elles croisent sur leur trajet... Donc si, il la voit sur le nuage... :/

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    Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie

Question qui doit pas être très pertinente mais c’est pour mon instruction propre : il peut y avoir une boulangerie au rez-de-chaussée d’un hôtel ?
Pourquoi y en aurait pas...? (j'ai l'impression qu'un des chaînons logiques de ton raisonnement m'échappe...  :-X )

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    Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse à laquelle on l’aurait englué

Là encore, c’est surement mon instruction qui est à peaufiner, mais j’ai du mal avec « engluer à une masse »… on englue à la colle, à la chaux (truc qui enduit quoi), etc. mais à une masse… je comprends pas. C’est pas plutôt englué dans une masse ? ou alors c’est pas engluer… je sais pas… :\?
Non mais là c'est parce que tu me parles du premier sens de engluer : une substance qui englue (genre, typiquement, de la colle). Mais on peut aussi être englué (être pris dans un truc gluant). L'emploi B (http://www.cnrtl.fr/lexicographie/engluer).
En revanche, effectivement, ça va avec la préposition "dans" et pas avec "à", il semblerait. J'ai changé ça ! :)

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    une joue marquée de grains de beauté

belle asymétrie  :mrgreen:
Je me suis dit ça aussi à la relecture. Corrigé, elle en a plus qu'un :huhu:

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Ce premier paragraphe est celui que j’aime le moins (tout est relatif, il est bien écrit, mais je ne le trouve pas aussi clair et précis que le reste du texte).
J’imagine qu’il faut que j’explique mieux ? je pense que c’était l’effet que tu cherchais, mais j’ai des juxtapositions d’images qui m’ont fait changé de point de vue sans arrêt pour comprendre où j’étais, même si le champ lexical de la peinture est clair, il y a beaucoup d’informations sur ce tableau, l’hôtel, immeuble, boulangerie, ruelle, vélo, passant, mouette, nuage. Certes à présent j’ai une image plutôt nette de à quoi ressemble le tableau mais d’entrée de jeu j’ai été emmêlée et pas stable dans ma lecture.
Mais bon, si c’est ce que tu souhaites, mon intervention est à oublier  :huhu:
Ben, j'avoue que c'était un peu ça que je voulais  :-[ Un début qui donne des images morcelées, avant qu'on comprenne, par une sorte de zoom arrière mental, qu'en fait il est dans un tableau et qu'il en sort...
Je verrai si ça gêne d'autres lecteurs, mais si c'est pas le cas, je compte le laisser, j'avoue... :-[

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Ah oui, détail, mais je me dis que quand même, elle pleure de grosses larmes et beaucoup, pour avoir gâcher un si grand tableau sur autant de surface  :-\. En plus elle bouge au-dessus du tableau pour bien en mettre dans tous les coins, autant sur les nuages que sur le passage piéton, qui sont à deux endroits opposés du cadre.
Ah oui parce que pour moi le tableau fait bien 80x100, vu que PA fait 8cm  :huhu:
C'est vrai qu'elle doit pleurer beaucoup, pour faire autant de dégât, et que j'ai jamais mesuré la quantité de larmes versées dans une crise de pleurs...  :\?
Ceci dit, je me représente pas ce que fait 80x100 cm, mais je vois pas le tableau immense-immense, non plus...

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    blanche et vide d’un homme de dos observant la scène

si c’est blanc et vide, on ne peut pas savoir que c’est de dos. On comprend juste que c’est la silhouette d’un homme
Ben, c'est pris dans un contexte : on sait qu'il était de dos, donc même une fois découpé, on se doute bien que. Je veux dire qu'ici, c'est plus une information livrée par le texte qu'une déduction associée à la forme de la silhouette, quoi... :/

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    Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche.

Cette phrase, elle est mais terrible, c’est très simple mais c’est d’un dramatique à me faire attraper une plaquette de chocolat  :s
Je comprends pas pourquoi elle te chamboule tellement :s

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    mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image

embellies, emballées c’est marrant  ^^
Ah, j'attendais que quelqu'un le relève, en bien ou en mal, pour voir si ça passait ou si ça faisait trop, niveau allitérations ^^

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    Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet

Ah mais j’avais zappé cette phrase à la 1ere lecture ! c’est pour ça qu’elle lui refile des croissants après !
Voui !

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    et de revenir prudemment au centre de la paume en tapotant d’un petit doigt sur son encore plus petit attaché-case.

Du petit doigt ?
Comment l’attaché-case peut être encore plus petit que son petit doigt…. Il y a clairement une scène qui se joue là et que je visualise pas correctement  :\?
:mrgreen:
Je subodore que j'avais changé l'ordre des éléments de la phrase, en oubliant le "encore plus" au milieu  :-¬?
Corrigé, merci ! :)

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    Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes.

Owi je suis pénible, mais 2 phrases au-dessus tu dis « six heures » et pas dix-huit. Du coup il faudrait, en suivant la belle logique, que tu mettes sept heures là  :mrgreen:
Corrigé !

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    Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises.

Cette phrase me dérange dans sa formulation, j’ai dû la lire trois fois avant de saisir le sens, j’avais l’impression qu’il manquait un bout.
Je la lisais « bien qu’ayant passé sa vie devant l’hôtel (cette scène avait lieu à 15h03), il….. » donc il me manquait la partie avec le « il… », et ça n’avait pas vraiment de sens… mais j’attendais que la phrase qui suit le « bien que » concerne le bonhomme puisque tu dis « bien qu’ayant passé sa vie »
Je chipote pas tant que ça, j’ai vraiment eu du mal avec cette phrase, par contre c’est bien possible que je sois la seule concernée par le souci de lecture  :huhu:
Non, tu as raison : pour la simple raison que cette phrase est incorrecte. J'avais pas remarqué jusqu'à ce que tu la relèves (merci !), mais dans une construction comme ça, il faut que la subordonnée du début (Ayant...) ait le même sujet que la principale. Or c'est pas le cas ici : ayant ça porte sur Pierre-Auguste, alors que la principale a "la scène" comme sujet.
Je vais corriger ! :)

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    Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée

C’est accepté ça ? ça fait oral je trouve.. m’enfin je me trompe surement, j’aurais mis « et la dame »  :???:
Ah ? Je sais pas, pour le coup ! Moi ça me semblait correct (bien que pas spécialement recherché, comme niveau de langue), mais je suis peut être errante dans l'erreur !  :/ Des avis ?

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    attirer le chat avec lui,

c’est pas attirer à ?
ou alors prendre avec lui ? je sais pas c’est bizarre
Effectivement, tu as raison, ça se dit pas, ça !  :-X

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    Vaguement dégoûtée, Elodie mit le faux chat à la poubelle.

Je vois tellement un chat empaillé raté…. C’est horrible  ><
C'est pas flasque, quand c'est empaillé :mrgreen:

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    Le facteur sonna à la porte, ce jour-là.

Je sais pas quel jour, elle racontait des évènements passé. Ou alors il faut aller à la ligne ?
Oui, c'est fait exprès, pour le cours du temps (le temps a passé, et on sait pas exactement combien)
Par contre, je fais effectivement mettre un retour à la ligne, ce sera plus clair à la lecture, ça isolera mieux l'épisode du facteur ! :)

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    Le recommandé venait de son bureau. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié.

Le « elle avait oublié d’y aller, la veille » induit en erreur, on a l’impression qu’elle a loupé que la veille. Or non c’est des dizaines de jours…..
Euh, non, elle a juste oublié la veille. Avant, il lui est arrivé de sécher plusieurs fois, mais ça fait pas des dizaines de jours qu'elle n'y va pas, non...

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    Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire

donc il qualifie de visage solaire un visage qu’il trouve par ailleurs fort triste….  :\?
Ah, pour moi, solaire c'était au niveau de la taille, donc ça n'était pas contradictoire avec le fait qu'elle soit triste...

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    Et par-dessus, on avait peint. Avec un souci de précision comme seules peuvent en avoir des mains minuscules.

Comment il a fait avec un pinceau deux fois grand comme lui  :???:

[...]

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    À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout d’établi de peintre. Au loin, si on forçait le regard, on distinguait un petit nuage blanc avec une mouette, et encore plus loin, la forme fine, irréelle, d’un dragon.

C’est un A4, c’est difficile de mettre tout ça sur un A4 ou du moins de le distinguer   :-\
Je pense pas que la taille du pinceau soit un problème ; déjà ils doivent faire sa taille, pas le double, ensuite tu peux arracher des poils du pinceau et peindre avec, ou avec les mains directement, ou autres...
Et un A4, ça contient quand même pas mal de choses ! Surtout si tu peux peindre tout petit, comme Pierre-Auguste.

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Mais non ! l’encadrer et mettre sous verre, sinon il va gondoler et moisir   :aah:(quoique, il doit déjà être tout gondolé vu que c’était pas du papier pour peindre, et en plus il y a une lettre ultimatum écrite derrière  :\?…) mais il faut le protéger et pas ranger ça à la cave dans la moisissure !
Ouais, je l'imagine tout gondolé, aussi ^^
Mais après, ça dépend de l'état de ta cave, la mienne est toute propre et bien rangée :huhu:

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Bon ben ayé !
Déjà dit mais je répète, c’est pas un revers de plume, c’est pas un conte niais, je ressens une immense tristesse (même si cette deuxième lecture était plus douce pour le coup) et je suis triste qu’Elodie n’ait pas trouvé comment être heureuse dans la vraie vie  #:s.
Sinon, c’est un peu fou et tellement crédible à la fois. Elle est peut-être vraiment folle et s’est laissée mourir sur cette table basse, ou alors elle vit vraiment dans un dessin sur une lettre recommandée de son bureau  :\?… C’est bien écrit et c’est un texte qui fait ressentir des choses (même si ce ne sont pas les choses que je préfère ressentir  :relou:).
Beau récit  :)

Merci pour ce texte ! :D

Merci à toi pour cette lecture !  :calin:
Je croyais pas qu'on puisse penser qu'elle a inventé Pierre-Auguste et qu'elle est morte sur sa table  :o Parce que oui, elle elle doute, mais le lecteur, il a accès au point de vue de Pierre-Auguste, donc ça ne peut - théoriquement pas - être une invention de la part d'Elodie...   :-\

Et sinon, moi ça me perturbe que vous trouviez ça triste qu'elle parte vivre dans le tableau  :D Vu qu'elle a pas d'attaches dans le monde réel, moi je trouve ça cool d'aller dans le monde du tableau, qui colle parfaitement avec ce qu'elle recherche dans sa vie et n'arrive pas à avoir !

Citation de: Milla
déjà, elle ne le fait pas par desespoir. l'idée ne vient pas d'elle si on part du principe que Pierre Auguste sortant du tableau est un fait réel (ben quoi, on a plus le droit de rêver ?  :D) Donc pour moi elle part juste dans un monde qui lui est plus adapté...
Oui, voilà, c'était comme ça que je le voyais, personnellement :-[


Merci pour vos lectures ! :)

J'ai corrigé les coquilles et répétitions dans le message initial.
Je ferai un deuxième tour de correction pour les trucs qui posent des problèmes plus délicats ! (le fait que Pierre-Auguste ait des souvenirs indépendants du tableau, la phrase incorrecte sur 15h03 relevée par Tomtom, etc.)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: maanilee le 02 Mars 2015 à 11:11:49
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    Citer

        Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée

    C’est accepté ça ? ça fait oral je trouve.. m’enfin je me trompe surement, j’aurais mis « et la dame »  :???:

Ah ? Je sais pas, pour le coup ! Moi ça me semblait correct (bien que pas spécialement recherché, comme niveau de langue), mais je suis peut être errante dans l'erreur !  :/ Des avis ?


Moi cela ne m'a pas dérangé!
Titre: Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 02 Mars 2015 à 12:25:10
[quote ]
Ça vous perturbe, cette affaire :mrgreen:

Alors, non, c'est pas illogique, à mon sens - mal expliqué, je vous l'accorde volontiers. Mais quand on invente un personnage, mettons, là, j'invente Ratifmol. Je décide que Ratifmol a 75 ans, est un vétéran de la guerre du Golfe, qu'il aime les sandwiches aux crevettes et qu'il a l'habitude de prendre le thé à 16h tous les jours. C'est possible : le personnage est comme ça. Donc il a 75 ans et tous ces traits distinctifs. Mais techniquement, il n'existe que depuis environ 30 secondes...
C'était ça, que je voulais exprimer avec Pierre-Auguste. Ça n'implique absolument pas que le tableau s'anime pendant qu'Elodie a le dos tourné...
Je vais chercher un moyen de l'expliquer de façon moins équivoque, plus tôt dans le texte.
 :\?
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Et bien pour le coup, moi je te suis Milora. Je comprends ton point de vue et ce que tu veux dire. Je crois juste que ton explication dans le texte intervient trop tard. Ce n'est pas un rebondissement, juste une explication, donc ça pourrait tout aussi bien être dit dès le début. Ce serait plus clair.
Mais sinon, l'idée que la peinture fige un instant précis de la vie d'un personnage inventé, ça se tient. Ca se tient tout autant que le personnage, s'il prend vie, aura une mémoire de ce qu'est habituellement sa vie, avec un caractère, des horaires etc... Ca me parait cohérent. Il faut juste l'expliquer de telle sorte que ça n'empiète pas sur l'effet figé de la peinture. Eviter toute temporalité sur cet aspect figé (éviter par exemple les "cela faisait des semaines qu'il observait la façade" etc...) puisque cela contredit la distinction entre instant figé / vie "réelle" du personnage.
Euh... je sais pas si j'ai été très claire...  :P



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Alors ça, ça m'embête :D J'avais pas la moindre idée du prénom de Renoir, mais du coup ça colle pas super bien (Elodie, elle, doit le connaître). Mais ça m'embête tellement de changer le nom d'un perso une fois qu'il est fixé !
Pour l'instant, j'hésite avec Pierre-Octave ou Pierre-Henri (mais je me suis habituée à Pierre-Auguste du coup c't'agaçant... :'( )

Pierre-Henri ça fait trop chic je pense. Pierre-Octave convient mieux à la personnalité du petit bonhomme.

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    Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie

Question qui doit pas être très pertinente mais c’est pour mon instruction propre : il peut y avoir une boulangerie au rez-de-chaussée d’un hôtel ?
Pourquoi y en aurait pas...? (j'ai l'impression qu'un des chaînons logiques de ton raisonnement m'échappe...  :-X )


Et bien en fait, une boulangerie au rez-de-chaussée d'un bâtiment oui. mais un hôtel, habituellement, utilise son propre rez-de-chaussée pour son accueil, sa réception, son restaurant, etc... Surtout comme tu nous décris ça, on dirait pas un hôtel immense, plutôt un petit hôtel sur une largeur de bâtiment pas gigantesque. Donc je vois mal aussi comment il pourrait y avoir à al fois la réception de l'hôtel et une boulangerie en vitrine...


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C'est vrai qu'elle doit pleurer beaucoup, pour faire autant de dégât, et que j'ai jamais mesuré la quantité de larmes versées dans une crise de pleurs...  :\?
Pour ma part, plus que la quantité de larmes, ce qui m'ennuie c'est qu'elles tombent sur le tableau.
Déjà, quand on pleure, les larmes coulent sur les joues, puis dans le cou. A la limite, elles tombent du menton. Ou du bout du nez  ;D Mais pas nombreuses. Et puis bon, c'est pas très glamour mais tu pleure rarement sans que ton nez coule aussi. Du coup, il y a fort à parier qu'elle a des mouchoirs avec elle et que donc, seules quelques larmes parviennent tout de même à tomber.
Et puis, il faut donc que le tableau soit pile sous son nez et son menton. Donc qu'elle l'ait par exemple posé sur ses genoux, et qu'elle soit penchée dessus et pas qu'elle se tienne assise de manière naturelle.
Fais le test, assied-toi avec un papier sur tes genoux et observe-le. Imagine le chemin de larmes qui coulent. Arriveraient-elles vraiment sur le papier ?

Et enfin, la taille du tableau. Si PA fait 8cm, c'est déjà bien grand ! Pour que tout ce que tu as décrit rentre sur un tableau, il sera d'une taille respectable, et suffisamment grand pour ne pas facilement tenir sur les genoux d'Elodie.

 :-¬?

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    Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée

C’est accepté ça ? ça fait oral je trouve.. m’enfin je me trompe surement, j’aurais mis « et la dame »  :???:
Ah ? Je sais pas, pour le coup ! Moi ça me semblait correct (bien que pas spécialement recherché, comme niveau de langue), mais je suis peut être errante dans l'erreur !  :/ Des avis ? [/quote]

Pour moi ça passe sans problème :)

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    Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire

donc il qualifie de visage solaire un visage qu’il trouve par ailleurs fort triste….  :\?
Ah, pour moi, solaire c'était au niveau de la taille, donc ça n'était pas contradictoire avec le fait qu'elle soit triste... [/quote]
Et bien soui, solaire a une connotation positive. L'adjectif solaire permet de désigner, quand c'est par analogie, un élément qui a soit la forme, soit la luminosité ou la couleur d'un soleil. Quand l'adjectif se rapport à une personne, c'est synonyme de "rayonnant de bonheur, de joie de vivre". Visage solaire = visage radieux. (cf CNRTL section C- 2) a (http://www.cnrtl.fr/definition/solaire) )

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Je croyais pas qu'on puisse penser qu'elle a inventé Pierre-Auguste et qu'elle est morte sur sa table  :o Parce que oui, elle elle doute, mais le lecteur, il a accès au point de vue de Pierre-Auguste, donc ça ne peut - théoriquement pas - être une invention de la part d'Elodie...   :-\
Oui, mais en fait on pourrait tout à fait interpréter le point de vue de PA comme nous provenant par l'intermédiaire d'Elodie. Dans le sens où elle reste le personnage principal, et qu'ainsi le narrateur peut tout à fait s'immerger dans sa "folie", en voyant ce qu'elle voit et croit être réel...

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Et sinon, moi ça me perturbe que vous trouviez ça triste qu'elle parte vivre dans le tableau  :D Vu qu'elle a pas d'attaches dans le monde réel, moi je trouve ça cool d'aller dans le monde du tableau, qui colle parfaitement avec ce qu'elle recherche dans sa vie et n'arrive pas à avoir !
Cela reste une fuite. Un abandon. Et elle a forcément quelques attaches, au moins sa soeur, son amie dont tu parles aussi. C'est juste elle qui ne les vois plus, ne veut plus les voir.

Et puis, point important, à aucun moment tu ne nous décris sa "nouvelle vie" dans le tableau, même brièvement. Tu nous montre qu'elle y est, mais nous restons extérieurs, avec la vue d'Elodie dans le tableau avec PA, sa main sui se pose sur son épaule. Et point.
Et tu insiste sur le côté "figé" de la peinture en nous expliquant que ce qui est peitn fige un instant précis. Mais tu ne nous parle pas de ce que sera sa vie "autour" du tableau, sa vie en mémoire, sa vie virtuelle qui existera pour elle quelque part dans son esprit.
Tout ça augmente la métaphore de sa fin de vie.  :-¬?
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 02 Mars 2015 à 12:42:46
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Eviter toute temporalité sur cet aspect figé (éviter par exemple les "cela faisait des semaines qu'il observait la façade" etc...) puisque cela contredit la distinction entre instant figé / vie "réelle" du personnage.
Euh... je sais pas si j'ai été très claire...  :P
En fait, non, parce qu'il a été peint il y a quelques semaines, donc du coup même s'il est figé avec sa mémoire, il est aussi là depuis quelques semaines, devant l'Hôtel.
Non mais j'entends bien le souci de clarté, et je pense que le plus simple est en effet de supprimer ce type de mentions, et tu as raison sur le fait de faire intervenir l'explication plus tôt :)
Mais je voulais juste signaler que même si ça n'en a pas l'air, c'était très cohérent dans ma tête  :mrgreen: (et pour une fois que quelque chose est cohérent dans ma tête, je tenais à le signaler :huhu: )

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Pierre-Henri ça fait trop chic je pense. Pierre-Octave convient mieux à la personnalité du petit bonhomme.
Oui, c'est vrai... Mais j'hésite encore à changer, dans "auguste" y a le sens qui me plait, aussi... *affres de l'hésitation et trituration de méninges*

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Et bien en fait, une boulangerie au rez-de-chaussée d'un bâtiment oui. mais un hôtel, habituellement, utilise son propre rez-de-chaussée pour son accueil, sa réception, son restaurant, etc... Surtout comme tu nous décris ça, on dirait pas un hôtel immense, plutôt un petit hôtel sur une largeur de bâtiment pas gigantesque. Donc je vois mal aussi comment il pourrait y avoir à al fois la réception de l'hôtel et une boulangerie en vitrine...
C'est-à-dire qu'il me semble avoir croisé des tonnes de bâtiments avec un hôtel "en haut", relié à une porte d'entrée et donc une réception, mais dont le rez-de-chaussée est occupé par un autre commerce (techniquement, les hôtels qui occupent tout le rez-de-chaussée avec un restau et une salle de réception, c'est quand même ceux qui sont un peu classes), non ?  :\?

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Pour ma part, plus que la quantité de larmes, ce qui m'ennuie c'est qu'elles tombent sur le tableau.
Déjà, quand on pleure, les larmes coulent sur les joues, puis dans le cou. A la limite, elles tombent du menton. Ou du bout du nez  ;D Mais pas nombreuses. Et puis bon, c'est pas très glamour mais tu pleure rarement sans que ton nez coule aussi. Du coup, il y a fort à parier qu'elle a des mouchoirs avec elle et que donc, seules quelques larmes parviennent tout de même à tomber.
Et puis, il faut donc que le tableau soit pile sous son nez et son menton. Donc qu'elle l'ait par exemple posé sur ses genoux, et qu'elle soit penchée dessus et pas qu'elle se tienne assise de manière naturelle.
Fais le test, assied-toi avec un papier sur tes genoux et observe-le. Imagine le chemin de larmes qui coulent. Arriveraient-elles vraiment sur le papier ?
Oui, en fait c'est dit dans le texte : elle se met au-dessus de ses tableaux pour aspirer un peu de leur ambiance, donc elle est en effet penchée au-dessus, et donc les larmes coulent dessus (j'ai fait le test avant d'écrire :mrgreen: Enfin, sans pleurer, mais en subodorant la trajectoire lacrymale moyenne). D'une manière générale, quand on pleure beaucoup et qu'on s'en fiche d'être vu, si on n'utilise pas de mouchoirs, ça mouille quand même pas mal, il me semble...
En revanche, je n'ai rien à opposer à l'argument de Tomoyo sur la répartition des larmes sur le tableau. Je conclurai donc par TGCM.  :-¬?

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Et enfin, la taille du tableau. Si PA fait 8cm, c'est déjà bien grand ! Pour que tout ce que tu as décrit rentre sur un tableau, il sera d'une taille respectable, et suffisamment grand pour ne pas facilement tenir sur les genoux d'Elodie.
En fait je crois que j'ai pas du tout les tailles dans la tête. 8cm, c'est la taille d'un stylo-bille, non ? J'avoue que j'imagine le tableau de la taille d'un tableau moyen qu'on accroche au mur... :/

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Et bien soui, solaire a une connotation positive. L'adjectif solaire permet de désigner, quand c'est par analogie, un élément qui a soit la forme, soit la luminosité ou la couleur d'un soleil. Quand l'adjectif se rapport à une personne, c'est synonyme de "rayonnant de bonheur, de joie de vivre". Visage solaire = visage radieux. (cf CNRTL section C- 2) a )
Ah, oui, d'accord, je comprends le problème !
En fait c'est parce que quand j'ai mis "visage solaire", c'était en référence à la première apparition d'Elodie pour PA, qui lui apparaît avec un visage "de taille quasi-solaire". Mais je conçois que le lecteur va pas mémoriser chaque phrase du texte pour voir à quoi les autres font référence  :-¬? Du coup je changerai en effet l'adjectif :)

Citer
Oui, mais en fait on pourrait tout à fait interpréter le point de vue de PA comme nous provenant par l'intermédiaire d'Elodie. Dans le sens où elle reste le personnage principal, et qu'ainsi le narrateur peut tout à fait s'immerger dans sa "folie", en voyant ce qu'elle voit et croit être réel...
Je suis pas trop trop d'accord, mais sur ce point y a pas vraiment à avoir raison ou pas, chacun perçoit le fantastique à sa façon, je pense. Mais j'avoue que quand je lis du fantastique, si le texte me dit quelque chose (avec un narrateur omniscient, tout ça), je le tiens pour vrai. Si le personnage me dit quelque chose ou que j'ai une information uniquement par le point de vue d'un personnage, alors là j'accepte le doute, si le scénario l'appelle.
En fait je pensais que tout le monde marchait pareil, j'avais pas pensé qu'on puisse le prendre autrement ; c'est intéressant ! :)


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Cela reste une fuite. Un abandon. Et elle a forcément quelques attaches, au moins sa soeur, son amie dont tu parles aussi. C'est juste elle qui ne les vois plus, ne veut plus les voir.

Et puis, point important, à aucun moment tu ne nous décris sa "nouvelle vie" dans le tableau, même brièvement. Tu nous montre qu'elle y est, mais nous restons extérieurs, avec la vue d'Elodie dans le tableau avec PA, sa main sui se pose sur son épaule. Et point.
Et tu insiste sur le côté "figé" de la peinture en nous expliquant que ce qui est peitn fige un instant précis. Mais tu ne nous parle pas de ce que sera sa vie "autour" du tableau, sa vie en mémoire, sa vie virtuelle qui existera pour elle quelque part dans son esprit.
Tout ça augmente la métaphore de sa fin de vie.  :-¬?
Ouais... Non mais je comprends bien ce que vous me dites et votre perception de la situation ! :) Seulement ça me perturbe quand même. Moi, à la place d'Elodie, j'aurais choisi le tableau, je pense ^^

Merci pour ces intéressantes précisions, et merci à toi et à maanilee pour le doute sur la formulation ! :)
Titre: Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 02 Mars 2015 à 13:35:51
C'est-à-dire qu'il me semble avoir croisé des tonnes de bâtiments avec un hôtel "en haut", relié à une porte d'entrée et donc une réception, mais dont le rez-de-chaussée est occupé par un autre commerce (techniquement, les hôtels qui occupent tout le rez-de-chaussée avec un restau et une salle de réception, c'est quand même ceux qui sont un peu classes), non ?  :\?


En fait je crois que j'ai pas du tout les tailles dans la tête. 8cm, c'est la taille d'un stylo-bille, non ? J'avoue que j'imagine le tableau de la taille d'un tableau moyen qu'on accroche au mur... :/


Je suis pas trop trop d'accord, mais sur ce point y a pas vraiment à avoir raison ou pas, chacun perçoit le fantastique à sa façon, je pense. Mais j'avoue que quand je lis du fantastique, si le texte me dit quelque chose (avec un narrateur omniscient, tout ça), je le tiens pour vrai. Si le personnage me dit quelque chose ou que j'ai une information uniquement par le point de vue d'un personnage, alors là j'accepte le doute, si le scénario l'appelle.
En fait je pensais que tout le monde marchait pareil, j'avais pas pensé qu'on puisse le prendre autrement ; c'est intéressant ! :)


1/ En effet, maintenant que tu dis ça, il est possible que j'ai déjà vu ça aussi, les hôtels avec juste une porte d'accès.
Enfin après tout, oui, comme c'est tout à fait possible, tu peux le laisser.

2/ Un stylo bille c'est plutôt 15cm. Et le problème, c'est à la fois la taille du tableau en lui-même puisqu'elle est censée le poser sur ses genoux (et un tableau de taille classique qu'on accroche au mur, ça tient pas super facilement sur les genoux), et à la fois la taille de PA que tu annonce être de 8cm qui n'est pas cohérente avec la taille d'un tableau suffisament petit pour tenir sur les genoux...

3/ Moi aussi quand je lis un livre avec du fantastique, je le prend pour argent comptant. Mais là, dans ton histoire, j'avoue que l'aspect poétique/conte/presque fable pourrait donner une impression de métaphore.
Un exemple : le film Fight Club. tout du long on voit Brad Pitt, on le voit agir et tout, vivre normalement, tout ça. Mais en fait, ben il existe pas. Pourtant dans le roman initial de Chuck Palahniuk (que je n'ai pas lu), Tyler (joué par Brad Pitt) est une personnage secondaire, dont on parle comme d'un personnage réel.
Tout ça est un procédé narratif, et dans ton texte, ça pourrait complètement être le même procédé.
tu comprends mieux ce que je veux dire ?  :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Tomoyo le 02 Mars 2015 à 23:55:22
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Citation de: Toto
Non mais dis  |-|

Citation de: Milora
Alors, non, c'est pas illogique, à mon sens - mal expliqué, je vous l'accorde volontiers. Mais quand on invente un personnage, mettons, là, j'invente Ratifmol. Je décide que Ratifmol a 75 ans, est un vétéran de la guerre du Golfe, qu'il aime les sandwiches aux crevettes et qu'il a l'habitude de prendre le thé à 16h tous les jours. C'est possible : le personnage est comme ça. Donc il a 75 ans et tous ces traits distinctifs. Mais techniquement, il n'existe que depuis environ 30 secondes...
C'était ça, que je voulais exprimer avec Pierre-Auguste. Ça n'implique absolument pas que le tableau s'anime pendant qu'Elodie a le dos tourné...
Je vais chercher un moyen de l'expliquer de façon moins équivoque, plus tôt dans le texte.
Non mais j’avais bien compris ça  |-|… c’est juste que Pierre Auguste dit qu’il reste devant cet hôtel depuis des semaines, alors que non, il rentre tous les soirs manger à 19h chez lui, et j’imagine qu’il va bosser en journée. Il ne peut pas dire qu’il reste devant l’hôtel à le regarder depuis tout ce temps s’il a une vie par ailleurs. Ou alors il n’a pas de vie par ailleurs et oui, il passe son temps à regarder l’hôtel (mais j’aime pas cette éventualité) donc je suggérais juste de changer le passage où il dit qu’il prend racine devant l’hôtel…. (est-ce qu’on a bien compris que je parle du passage où il dit qu’il reste à regarder l’hôtel depuis des semaines ? je suis pas sure d’avoir été explicite. En tout cas je parle du moment où il dit qu’il regarde l’hôtel depuis  des semaines).

Citation de: Milora
En fait, non, parce qu'il a été peint il y a quelques semaines, donc du coup même s'il est figé avec sa mémoire, il est aussi là depuis quelques semaines, devant l'Hôtel.
Ah mais non, pour moi , même s’il est peint, il continue de vivre ses journées ! (sinon à quoi bon rentrer dans un tableau à la fin si c’est pas pour vivre…)

Citation de:  Milla
je comprends qu'elle a peint le passage piéton en dernier. mais s'il est bien fait de grands rectangles blancs comme c'est le cas communément, ça pose question car je crois qu'il n'y a pas trop de blanc en aquarelle, c'est pas couvrant et on utilise plutôt celui de la feuille. à confirmer par des peintre qui s'y connaissent mieux que moi hein, ou par toi c'est c'est ton dada, mais ça m'a titillé à la lecture...
Mon dieu Milla mais c’est énooooorme  :o ! sherlock de la cohérence du texte. J’adore ! :D

Citation de: Milora
Je pense que je vais laisser et tant pis pour les puristes de la peinture, sauf si je trouve autre chose... 
Comment je ne vais penser qu’à ça maintenant en lisant ce texte  :kei:

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Alors ça, ça m'embête  J'avais pas la moindre idée du prénom de Renoir, mais du coup ça colle pas super bien (Elodie, elle, doit le connaître). Mais ça m'embête tellement de changer le nom d'un perso une fois qu'il est fixé !
Pour l'instant, j'hésite avec Pierre-Octave ou Pierre-Henri (mais je me suis habituée à Pierre-Auguste du coup c't'agaçant...  )
Mais enfin Elodie a bien le droit d’appeler son bonhomme anglais fan de croissants du nom d’un artiste qu’elle aime bien  :\?. Ça me dérange pas que ça reste en Pierre-Auguste. Et puis il a pas le monopole pour ce prénom composé (même si je ne suis pas sure de son succès passé et futur, au prénom)

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Nan, c'est bien une goutte. Une très grosse goutte. Il dit qu'il "pleut", mais en fait il lui tombe des gouttes géantes dessus, c'est pas de la vraie pluie à son échelle. C'est pas non plus un château d'eau qui explose, c'est comme si des gouttes de la taille de ta tête tombaient en effaçant ce qu'elles croisent sur leur trajet... Donc si, il la voit sur le nuage... 
Mais… quand je suis dans Pierre-Auguste (sans commentaire) et que je lève la tête, les nuages sont loin… même une goutte de la taille de ma tête, je la vois pas à cette distance…. Sauf si quand t’es dans Pierre-Auguste, tu ne vois pas un monde à la même échelle que le monde normal  :\?.


Citation de: Nineve
Citation de: Mil
Pourquoi y en aurait pas...? (j'ai l'impression qu'un des chaînons logiques de ton raisonnement m'échappe...   )

Et bien en fait, une boulangerie au rez-de-chaussée d'un bâtiment oui. mais un hôtel, habituellement, utilise son propre rez-de-chaussée pour son accueil, sa réception, son restaurant, etc... Surtout comme tu nous décris ça, on dirait pas un hôtel immense, plutôt un petit hôtel sur une largeur de bâtiment pas gigantesque. Donc je vois mal aussi comment il pourrait y avoir à la fois la réception de l'hôtel et une boulangerie en vitrine...
Nineve lit en moi comme dans un livre ouvert, sauf qu’elle l’exprime vachement bien  :mrgreen:

Citation de:  Mil
C'est-à-dire qu'il me semble avoir croisé des tonnes de bâtiments avec un hôtel "en haut", relié à une porte d'entrée et donc une réception, mais dont le rez-de-chaussée est occupé par un autre commerce (techniquement, les hôtels qui occupent tout le rez-de-chaussée avec un restau et une salle de réception, c'est quand même ceux qui sont un peu classes), non ?   
C’est que tu vas dans trop d’hôtels, faut te poser  :huhu:. Non mais je sais pas mais j’aurais dit comme Ninève, spontanément  :-\

Citation de: Nineve version2
1/ En effet, maintenant que tu dis ça, il est possible que j'ai déjà vu ça aussi, les hôtels avec juste une porte d'accès.
Enfin après tout, oui, comme c'est tout à fait possible, tu peux le laisser.
… bon j’aurais dit spontanément comme la 1ere intervention de ninève  |-|

Citation de:  Ninève
Pour ma part, plus que la quantité de larmes, ce qui m'ennuie c'est qu'elles tombent sur le tableau.
Déjà, quand on pleure, les larmes coulent sur les joues, puis dans le cou. A la limite, elles tombent du menton. Ou du bout du nez   Mais pas nombreuses. Et puis bon, c'est pas très glamour mais tu pleure rarement sans que ton nez coule aussi. Du coup, il y a fort à parier qu'elle a des mouchoirs avec elle et que donc, seules quelques larmes parviennent tout de même à tomber.
Et puis, il faut donc que le tableau soit pile sous son nez et son menton. Donc qu'elle l'ait par exemple posé sur ses genoux, et qu'elle soit penchée dessus et pas qu'elle se tienne assise de manière naturelle.
Fais le test, assied-toi avec un papier sur tes genoux et observe-le. Imagine le chemin de larmes qui coulent. Arriveraient-elles vraiment sur le papier ?

Et enfin, la taille du tableau. Si PA fait 8cm, c'est déjà bien grand ! Pour que tout ce que tu as décrit rentre sur un tableau, il sera d'une taille respectable, et suffisamment grand pour ne pas facilement tenir sur les genoux d'Elodie.
Vas y Ninève, c’est l’osmose entre nous \o/
Je suis tout pareil que Ninève pour la quantité de larmes et la taille du tableau.
Pour la position d’élodie (qui expliquerait qu’elle pleure sur le tableau), perso j’ai imaginé que le tableau était au sol et qu’elle était en train de mourir de chagrin à 4 pattes au-dessus…. Oui bon je me rends bien compte de l’incongruité de la chose, mais en même temps, dans un gros chagrin, les gens font n’importe quoi  :huhu:. Après j’ai imaginé que le tableau était sur la table, à plat et qu’elle pleurait les bras croisés dessus, la tête entre les bras…
Non mais plus simple, elle devrait mouiller son pinceau et de rage balancer les gouttes sur le tableau qui serait sur un chevalet par exemple… tout en pleurant….

Citation de: Mil
En revanche, je n'ai rien à opposer à l'argument de Tomoyo sur la répartition des larmes sur le tableau. Je conclurai donc par TGCM. 

Je vais dormir paisiblement sur le « je n’ai rien à opposer à l’argument de Tomoyo »  :lecon: :lecon: :lecon:
Ça n’empêche que. |-|


Citation de: Ninève
Et bien soui, solaire a une connotation positive. L'adjectif solaire permet de désigner, quand c'est par analogie, un élément qui a soit la forme, soit la luminosité ou la couleur d'un soleil. Quand l'adjectif se rapport à une personne, c'est synonyme de "rayonnant de bonheur, de joie de vivre". Visage solaire = visage radieux. (cf CNRTL section C- 2) a )
tout pareil +1 comme vous dites

Citation de: Mil
Ah, oui, d'accord, je comprends le problème !
Je suis triste que tu ne comprennes que quand c’est Ninève qui te parle *part pleurer, cheveux au vent

Citer
Oui, mais en fait on pourrait tout à fait interpréter le point de vue de PA comme nous provenant par l'intermédiaire d'Elodie. Dans le sens où elle reste le personnage principal, et qu'ainsi le narrateur peut tout à fait s'immerger dans sa "folie", en voyant ce qu'elle voit et croit être réel...
Mais tellement d’accord encore une fois… ça en devient inquiétant… :\?
Mil, faut que tu saches de Ninève est la voix que je n’ai jamais eue, cette aptitude à exprimer clairement des ressentis ou pensées floues.  :huhu:


Je reviens à toi Mil (oui c’est décousu)
Citer
Ben, j'avoue que c'était un peu ça que je voulais   Un début qui donne des images morcelées, avant qu'on comprenne, par une sorte de zoom arrière mental, qu'en fait il est dans un tableau et qu'il en sort...
Je verrai si ça gêne d'autres lecteurs, mais si c'est pas le cas, je compte le laisser, j'avoue... 
Non mais si c’est voulu, oublie. Tu sais bien que j’aime ce qui est clair, explicité, qu’on me tienne par la main et qu’on me lache pas avant la fin du trajet. ::)

Citation de: Mil
Ceci dit, je me représente pas ce que fait 80x100 cm, mais je vois pas le tableau immense-immense, non plus...
Cf ce que dit Ninève. Il fait 8Cm et il est face à un hôtel, même s’il est au 1er plan, il faut au moins un tableau de 80cm pour y caler le ciel, la rue etc…

Citation de: Mil
Ben, c'est pris dans un contexte : on sait qu'il était de dos, donc même une fois découpé, on se doute bien que. Je veux dire qu'ici, c'est plus une information livrée par le texte qu'une déduction associée à la forme de la silhouette, quoi... 
Ben peut-être que ça ne turlupine que moi à la lecture :-\

Citation de:  Mil
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    Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche.

Cette phrase, elle est mais terrible, c’est très simple mais c’est d’un dramatique à me faire attraper une plaquette de chocolat   
Je comprends pas pourquoi elle te chamboule tellement 
Parce que… elle résume sa vie à l’ennui, l’ordinaire et la non spécificité. Sa vie est décrite comme quelque chose qui ne vaut pas le détour. Elle passe à coté de la magie de sa vie en pensant ça, c’est petit et noir, c’est étouffant et douloureux. C’est une phrase qui me fait de la peine :s

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Ah, j'attendais que quelqu'un le relève, en bien ou en mal, pour voir si ça passait ou si ça faisait trop, niveau allitérations 
J’aime bien  ^^

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C'est pas flasque, quand c'est empaillé 
Empaillage raté ! tu sais, comme le renard là, sur internet, mais en mou
 
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Euh, non, elle a juste oublié la veille. Avant, il lui est arrivé de sécher plusieurs fois, mais ça fait pas des dizaines de jours qu'elle n'y va pas, non...
Ah… c’est pas évident non ? Je suis peut etre lente aussi :\?

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Mais après, ça dépend de l'état de ta cave, la mienne est toute propre et bien rangée 
C’est pas une vraie cave, c’est un local en rez de chaussée ça  :huhu:… les caves, c’est souterrains avec des murs humides… c’est ….*visions de la cave chez grand-mère… :s

Citer
Et sinon, moi ça me perturbe que vous trouviez ça triste qu'elle parte vivre dans le tableau   Vu qu'elle a pas d'attaches dans le monde réel, moi je trouve ça cool d'aller dans le monde du tableau, qui colle parfaitement avec ce qu'elle recherche dans sa vie et n'arrive pas à avoir !
Ça te perturbe, mais tu le comprends et le conçois, non ?

Citer
Moi, à la place d'Elodie, j'aurais choisi le tableau, je pense 
ben je vais me réjouir que tu ne sois pas elle alors :relou:

Au plaisir  :)
Titre: Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Ninève le 03 Mars 2015 à 10:43:08

Nineve lit en moi comme dans un livre ouvert, sauf qu’elle l’exprime vachement bien  :mrgreen:

Vas y Ninève, c’est l’osmose entre nous \o/

Mais tellement d’accord encore une fois… ça en devient inquiétant… :\?
Mil, faut que tu saches de Ninève est la voix que je n’ai jamais eue, cette aptitude à exprimer clairement des ressentis ou pensées floues.  :huhu:

 :-[  ;D  :coeur:

Rho ben dis donc, je suis flattée  :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: MillaNox le 05 Avril 2015 à 00:32:21
un ptit mot pour dire que j'ai enregistré ce texte pour l'audiothèque :
Jour de pluie dans une cuisine (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,15827.0.html), de Milora, lu par MillaNox, lecture (https://soundcloud.com/monde-criture/jour-de-pluie-dans-une-cuisine)
Milora j'espère que tu me pardonneras, y a deux fois un mot qui a sauté, ma langue a été plus rapide que mes yeux  ><
Je sais pas si je me suis pas un peu embrouillée dans le ton à un moment... enfin j'espère que ça te plaira.  :-[

Pour ma part, je ne me lasse pas de ce texte, ni de son magnifique titre  :coeur: :coeur: :coeur:

Merci, et encore plein de revers de la plume de ce genre hein  ^^
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Baptiste le 06 Avril 2015 à 18:26:31
Salutations

Je viens donc jeter un oeil à celui ci. J'ai survolé les commentaire des autres pardon pour la redites
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l pleuvait au-dessus de l’Hôtel de la Gare et le ciel dégoulinait sur le monde.
J'aime bien cette intro
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Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse dans laquelle on l’aurait englué, du moins le supposa-t-il – car il n’avait, à sa connaissance, jamais été englué dans une masse volumineuse d’aucune sorte.
Je suposse que c'est pour chapeaux melon, mais je trouve ça un peu bizarre. Mais c'est peut être voulu.
Citer
Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse dans laquelle on l’aurait englué, du moins le supposa-t-il – car il n’avait, à sa connaissance, jamais été englué dans une masse volumineuse d’aucune sorte.
:D
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, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche)
C''est vraiment un minuscule détails, mais j'aime pas la parenthèse à ce moment là. j'assumerai plus en gradant le moche et en virant les parenthèses.
Citer
Prenant son chapeau melon sur son giron
Repetit détails minuscule et pas important, mais pour moi "giron" s'emploie surtout pour une femme (et le tlf me le confirme). Du coup, c'est pas une erreur mais ça me fais bizarre.
Citer
le mets
sans s
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Le recommandé venait de son travail. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié. Elle abandonna la lettre sur la table pour aller s’occuper des finitions du bureau. Pierre-Auguste se hissa sur le pli du papier et lut le contenu. Une ombre passa sur son visage. Il apprit le nom de son hôtesse, qu’il trouva joli, et découvrit qu’elle n’était pas peintre à temps plein, loin de là. Apparemment, elle n’était pas grand-chose à temps plein, puisque ses absences au travail ne la plaçaient même pas dans la catégorie d’assistante de direction plénière et, disait la lettre en des termes pompeux, ne la placeraient plus du tout dans la catégorie d’assistante de direction quoi que ce soit, si elle manquait un seul autre jour.
Bon je sais bien, que le réalismen'est pas de rigueurs, mais je suis pas sur que tu recoivent un recommandé le lendemain d'un jour d'absence. faudrait le grossir un peu. Genre "elle avait oublier d'y aller comme de nombreuse fois ce mois ci" mais en mieux dit. et en même temps on s'en fiche surement un peu.
Citer
Un petit trou blanc au niveau de l’épaule, juste la place pour que Pierre-Auguste y passe son bras.
:coeur: caybô

Bon tu l'aura remarqué, j'ai pas grand chose à en dire en fait, tout ce qu'il y a aussi c'est du pinaillage et finalement, c'est pas bien important.
J'ai beaucoup aimé. Vraiment beaucoup. Et comme mes prédécésseurs, oui j'ai trouvé ça triste, parce que le personnage à l'air vraiment seul, j'ai pas forcement pensé au suicide, mais ça commence quand même par quelqu'un qui pleure sur un tableau et qui se finit par une espece de fuite dans l'imaginaire. Donc, je sais pas. Quelque chose dansle ton aussi peut être.
Et non je n'ai pas trouvé ça niais du tout. Naif à la rigueur, mais la naiveté a ces lettres de noblesse aussi, comme dans le roi et l'oiseau auquel pour une raison obscur ton texte m'a fait penser (enfin surtout à paul Grimault en fait). Y a cette espèce de mélancolie, de poésie qui est très touchante.
personnellement, j'ai beaucoup aimé ce début qui m'a bien intrigué. Je trouvais que c’était une façon de décrire un lieu de maniere original, jusqu'a ce que je comprenne que c'était en fait un tableau; Mais du coup ça m'a bien happé, si je puis dire.
Le style est vraiment chouette avec quelque belle tournure de phrase, pas mal d'humour qui fait que je n'ai pas décroché jusqu’à la fin.


Bref, pas grand chose à redire, merci beaucoup pour ce texte.
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: algache le 06 Avril 2015 à 20:59:25
J'arrive un peu après la guerre, mais du coup je profite des corrections que tu as déjà faites après la première vague de comm  ;)

Je commence avec quelques chipotages au fil du texte (en essayant de tenir compte de ce qui a déjà été relevé par mes estimé-e-s co-lecteurs/trices):

le blanc crépit de la façade.
J'ai un doute: on n'écrit pas "crépi" sans "t"?

Une autre goutte ruissela
Si j'en crois mon amie la rousse, ruisseler signifie "couler en abondance et de façon continue", ou "se répandre à profusion", ou "être inondé". Bref, des significations qu'il me semble difficile d'attribuer à une seule goutte.

Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef
J'image que les deux versions sont admises, mais perso je préfère mettre un trait d'union à "couvre-chef".

Juste que c’était moche,
La discussion sur le thème des répétitions étant bientôt un classique entre toi, MillaNox et moi, je relève que tu utilises huit fois l'adjectif "moche" dans ton texte, souvent d'une manière qui attire l'attention du lecteur (entre parenthèses, doublés,...) Du coup, je trouve que cela alourdit un peu le récit. On comprend bien qu'Elodie ne voit pas le monde au travers de lunettes roses...

Ce petit bonhomme, là, qu’on voyait de dos face à « l’Hôtel de la gare » d’un village anonyme,
Tu écris parfois "Hôtel de la Gare" et parfois "Hôtel de la gare"... (je chipote, je chipote...)

Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée à arrêter la partie de dominos pour procéder à l’élaboration de cette excellente chose qu’on appelle repas.
Phrase que je trouve d'une lourdeur inhabituelle dans ta prose raffinée...

L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables.
D'autres l'ont relevé avant moi, aussi ne m'attarderai-je pas inutilement sur le fait que cela fait beaucoup de larmes, pour détremper une aquarelle au point de la rendre méconnaissable.  :'( :'( :'(

Elle avait laissé la télé au cas où
Plus tard, tu utilises le mot complet "télévision", que je préfère.

Élodie, dans une sorte d’état de transe,
Formulation qui me semble un peu lourde.

Elle avait essayé de toucher ses créations, d’un doigt timide. Ils étaient d’une substance aussi friable que de la peinture qui s’écaille.
Comme il s'agit de ses créations (féminin), c'est probablement "Elles étaient d'une substance"?

Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner avec son mari et ses enfants, parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ».
Encore un gros chipotage de ma part, mais en lisant cette phrase, je me suis demandé "pourquoi elle insiste sur le fait qu'elle l'invite à diner avec son mari et ses enfants"? Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ». me semble plus léger et éviter d'introduire des figurants inutiles, non?

Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.
J'ai vraiment beaucoup aimé ces deux phrases. Autant la jalousie exprimée dans la première que la peur d'être folle dans la seconde sont décrits avec beaucoup de justesse.  :coeur:

Il sembla lutter pour y enfoncer son pied, comme quand on essaie d’avancer dans de la neige tassée.
Je pense que tu auras envie de me donner des baffes pour être si terre-à-terre  :putainlafaute:, mais je crois que l'image ne fonctionne pas ici, ou alors à l'envers... Marcher dans de la neige tassée, c'est justement pas bien difficile, puisque c'est tassé... C'est de marcher dans de la neige poudreuse qui est pénible. J'ai bien compris que pour Pierre-Auguste, rentrer dans son tableau, c'est comme essayer d'enfoncer les pieds dans de la neige tassée, mais on ne peut pas dire que c'est comme quand on essaie d'avancer dans de la neige tassée, puisque c'est facile... Putain, je raconte vraiment n'importe quoi, moi, là, non?  :facepalm: Faut que j'aille me coucher...


Trève de bavardages. Comme d'autres avant moi, j'ai beaucoup aimé ton texte et je pense qu'avec quelques adaptations relativement mineures, tu peux le rendre encore meilleur. J'ai trouvé quelques longueurs dans la première moitié du récit. On sent que tu veux bien poser le décor, mais je pense qu'on peut le faire avec un poil plus de concision. Le lecteur accroche vraiment dès qu'Elodie se rend compte que Pierre-Auguste peut faire apparaitre ce qu'elle dessine; cette idée-là est vraiment bien exploitée. J'ai trouvé magnifique la dernière partie, où ils rentrent ensemble dans le tableau. C'est touchant et poétique, et la chute finale avec le bras sur l'épaule est comme une cerise sur le gateau.

Merci pour ce texte qui, loin d'être un revers de plume, est abouti et bien maîtrisé!
Titre: Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 08 Avril 2015 à 16:26:35
un ptit mot pour dire que j'ai enregistré ce texte pour l'audiothèque :
Jour de pluie dans une cuisine (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,15827.0.html), de Milora, lu par MillaNox, lecture (https://soundcloud.com/monde-criture/jour-de-pluie-dans-une-cuisine)
Milora j'espère que tu me pardonneras, y a deux fois un mot qui a sauté, ma langue a été plus rapide que mes yeux  ><
Je sais pas si je me suis pas un peu embrouillée dans le ton à un moment... enfin j'espère que ça te plaira.  :-[

Pour ma part, je ne me lasse pas de ce texte, ni de son magnifique titre  :coeur: :coeur: :coeur:

Merci, et encore plein de revers de la plume de ce genre hein  ^^
Oh, Milla !  :coeur: :coeur: :coeur: Je suis trop touchée !! ça fait tout drôle d'entendre ses mots avec la voix d'un autre ! J'aime beaucoup comment tu lis les passages d'Elodie, en particulier. Et tu as une super jolie voix, dis donc !
 :calin:

@ Baptiste

Merci beaucoup pour ta lecture et ton appréciation qui me touche beaucoup aussi !  :-[

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    Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse dans laquelle on l’aurait englué, du moins le supposa-t-il – car il n’avait, à sa connaissance, jamais été englué dans une masse volumineuse d’aucune sorte.

Je suposse que c'est pour chapeaux melon, mais je trouve ça un peu bizarre. Mais c'est peut être voulu.
Je crois que c'est pas la bonne citation, du coup j'ai pas saisi la remarque  :-[

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    , qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche)

C''est vraiment un minuscule détails, mais j'aime pas la parenthèse à ce moment là. j'assumerai plus en gradant le moche et en virant les parenthèses.
Ah ? Je vais y réfléchir (je crois que j'aimais bien, mais entre ta remarque et celle d'Algache, ça me fait hésiter ^^)

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    Prenant son chapeau melon sur son giron

Repetit détails minuscule et pas important, mais pour moi "giron" s'emploie surtout pour une femme (et le tlf me le confirme). Du coup, c'est pas une erreur mais ça me fais bizarre.
Sérieux ? Je savais pas du tout !  :o

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Bon je sais bien, que le réalismen'est pas de rigueurs, mais je suis pas sur que tu recoivent un recommandé le lendemain d'un jour d'absence. faudrait le grossir un peu. Genre "elle avait oublier d'y aller comme de nombreuse fois ce mois ci" mais en mieux dit. et en même temps on s'en fiche surement un peu.
Ah ? Oui, possible... En fait ça fait quand même plusieurs fois qu'elle fait le coup ; dans ma tête, le patron est en mode "la prochaine, c'est le recommandé et la suivante, elle est virée, la p'tite secrétaire, là".

Merci beaucoup pour ta lecture, Baptiste ! :)


@Algache

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J'arrive un peu après la guerre, mais du coup je profite des corrections que tu as déjà faites après la première vague de comm  ;)
Oh, non, ça tombe à pic : je venais justement pour relire les commentaires afin de voir comment le retoucher (j'aime bien laisser reposer les textes avant d'y retoucher), et c'est là que j'ai vu vos trois messages :)

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    le blanc crépit de la façade.

J'ai un doute: on n'écrit pas "crépi" sans "t"?
Ah, possible  :-[ :-[

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Une autre goutte ruissela

Si j'en crois mon amie la rousse, ruisseler signifie "couler en abondance et de façon continue", ou "se répandre à profusion", ou "être inondé". Bref, des significations qu'il me semble difficile d'attribuer à une seule goutte.
Ah bon ?  :o Je pensais que c'était plutôt pour couler... Je vais réfléchir, du coup !

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef

J'image que les deux versions sont admises, mais perso je préfère mettre un trait d'union à "couvre-chef".
Tu dois avoir raison, ça doit être soit couvre-chef soit couvrechef (?), et comme j'aime bien les tirets, j'vais en rajouter un !

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Juste que c’était moche,

La discussion sur le thème des répétitions étant bientôt un classique entre toi, MillaNox et moi, je relève que tu utilises huit fois l'adjectif "moche" dans ton texte, souvent d'une manière qui attire l'attention du lecteur (entre parenthèses, doublés,...) Du coup, je trouve que cela alourdit un peu le récit. On comprend bien qu'Elodie ne voit pas le monde au travers de lunettes roses...
Ah, bien vu, dis donc ! Je vais tenter d'en retirer quelques uns (ou de mettre des variantes, au moins, bigre)
Un jour, nous écrirons un traité commun sur la répétition, algache  :huhu:

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Ce petit bonhomme, là, qu’on voyait de dos face à « l’Hôtel de la gare » d’un village anonyme,

Tu écris parfois "Hôtel de la Gare" et parfois "Hôtel de la gare"... (je chipote, je chipote...)
Il faut, il faut ! et merci pour ça !

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée à arrêter la partie de dominos pour procéder à l’élaboration de cette excellente chose qu’on appelle repas.

Phrase que je trouve d'une lourdeur inhabituelle dans ta prose raffinée...
C'est parce qu'on est dans la tête de Pierre-Auguste, dans cette phrase-là, et il pense un peu comme ça, avec une lourdeur surannée ; mais je conçois que ça ne se sente pas et que ça semble juste lourd. Je le note pour l'alléger :) !

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables.

D'autres l'ont relevé avant moi, aussi ne m'attarderai-je pas inutilement sur le fait que cela fait beaucoup de larmes, pour détremper une aquarelle au point de la rendre méconnaissable.  :'( :'( :'(
*retrousse ses manches*
BON. Il faut que je lui fasse un sort, à cette phrase. En fait je pense que c'est parce que je donnais à "méconnaissable" un sens beaucoup plus léger que vous (et je dois être en tort). C'était plus au sens de "tout abîmé". Je mettrai une expression moins forte ; ça irait mieux ?

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Elle avait essayé de toucher ses créations, d’un doigt timide. Ils étaient d’une substance aussi friable que de la peinture qui s’écaille.

Comme il s'agit de ses créations (féminin), c'est probablement "Elles étaient d'une substance"?
Ah oui !

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner avec son mari et ses enfants, parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ».

Encore un gros chipotage de ma part, mais en lisant cette phrase, je me suis demandé "pourquoi elle insiste sur le fait qu'elle l'invite à diner avec son mari et ses enfants"? Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ». me semble plus léger et éviter d'introduire des figurants inutiles, non?
Ah bon ? En fait c'était pour donner un petit détail qui fasse réel. D'une manière générale, je trouve que ce sont les petits détails quotidiens qui font qu'un texte a moins l'air transparent et un peu plus présent. Je sais pas, mais je crois que je vais laisser le détail en question, là...

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
    Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.

J'ai vraiment beaucoup aimé ces deux phrases. Autant la jalousie exprimée dans la première que la peur d'être folle dans la seconde sont décrits avec beaucoup de justesse.  :coeur:
C'est jontil !  :coeur:

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Citation de: Milora le 26 février 2015 à 11:50:11

    Il sembla lutter pour y enfoncer son pied, comme quand on essaie d’avancer dans de la neige tassée.

Je pense que tu auras envie de me donner des baffes pour être si terre-à-terre  :putainlafaute:, mais je crois que l'image ne fonctionne pas ici, ou alors à l'envers... Marcher dans de la neige tassée, c'est justement pas bien difficile, puisque c'est tassé... C'est de marcher dans de la neige poudreuse qui est pénible. J'ai bien compris que pour Pierre-Auguste, rentrer dans son tableau, c'est comme essayer d'enfoncer les pieds dans de la neige tassée, mais on ne peut pas dire que c'est comme quand on essaie d'avancer dans de la neige tassée, puisque c'est facile... Putain, je raconte vraiment n'importe quoi, moi, là, non?  :facepalm: Faut que j'aille me coucher...
C'est vrai ! En fait je forçais un peu l'image (genre : se déplacer au milieu d'une congère...), mais avec "poudreuse" ça fait plus cohérent, tu as raison :)

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Trève de bavardages. Comme d'autres avant moi, j'ai beaucoup aimé ton texte et je pense qu'avec quelques adaptations relativement mineures, tu peux le rendre encore meilleur. J'ai trouvé quelques longueurs dans la première moitié du récit. On sent que tu veux bien poser le décor, mais je pense qu'on peut le faire avec un poil plus de concision. Le lecteur accroche vraiment dès qu'Elodie se rend compte que Pierre-Auguste peut faire apparaitre ce qu'elle dessine; cette idée-là est vraiment bien exploitée. J'ai trouvé magnifique la dernière partie, où ils rentrent ensemble dans le tableau. C'est touchant et poétique, et la chute finale avec le bras sur l'épaule est comme une cerise sur le gateau.

Merci pour ce texte qui, loin d'être un revers de plume, est abouti et bien maîtrisé!
Merci beaucoup, Algache !
Je pense que je ne vais pas élaguer le début, parce que c'est vraiment la structure que je voulais donner au texte (un début en lenteur avec l'étrange qui arrive et s'installe peu à peu, et qui prend de plus en plus de place dans les aspirations du personnage). Je comptais sur l'étrangeté de la scène initiale pour piquer l'attention (un peu comme le décrit Baptiste), mais je veux bien croire que ça marche pas trop... Cela dit, je crois qu'il faudrait que je repense tout le texte pour corriger ça, alors je vais le laisser tel quel, pour cet aspect-là (je parle juste du fait de couper des morceaux du début).
Par contre, j'ai noté précieusement toutes vos remarques et vais tenter une version corrigée d'ici (plus ou moins) peu !


Merciiiii encore à vous tous !
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: ernya le 22 Mai 2015 à 15:16:27
Yo !

C'est meugnon  :mrgreen:

J'ai trouvé le texte fluide, peut-être un poil longuet au début avec la description du paysage sous la pluie. Je n'ai pas vu la fin comme un suicide même si je comprends bien les raisons pour lesquelles on peut voir le texte ainsi, moi j'ai juste vu une expérience, un nouveau départ, pas forcément vers quelque chose de mieux mais au moins vers quelque chose d'un peu différent.
Le texte en lui-même est assez attendu (la sortie comme la rentrée dans le tableau) mais ce n'est pas très grave parce que le texte m'a fait penser à un dessin animé et du coup le côté sans surprise ne m'a pas gênée.
Voilà, c'est pas un coup de coeur mais je trouve que ça se lit bien et j'ai pas l'impression d'avoir lu un revers, plus un petit conte mignon (si on prend le mot "conte" comme synonyme d'histoire courte)  ;)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 23 Mai 2015 à 11:44:31
Merci pour ton commentaire, Ernya !  :)

J'avoue que je redoutais un peu ta lecture  :mrgreen: Pour le "petit conte mignon", je crois que c'était l'idée de base, en tout cas.
Contente que ça t'ait pas trop déplu, du coup !  :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: cessdu le 25 Mai 2015 à 19:40:31
petites remarques pour commencer :

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couvre chef
couvre-chef
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Alors elle attrapa un bout de papier coincé sous un magnet, un crayon qui gisait au-dessus du réfrigérateur, et ébaucha en quelques traits un croissant. Elle posa le tout sur la table à côté de la coupelle de cassoulet récalcitrant. Plongeant ses mains dans le dessin, Pierre-Auguste avala le mets précieux avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût. Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.
:coeur:

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Le soir arriva et une idée avec lui. Et si l’essence du petit bonhomme, sa capacité à faire exister ce qu’elle dessinait, était en fait le point de départ d’un pouvoir merveilleux ? Celui de faire apparaître dans la réalité absolument tout ce qui lui passait par la tête ?
:coeur:

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Lui, profita
Lui, il profita ou Lui profita

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dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination
parfois le subjonctif présent passe dans un texte au passé, mais là je ne trouve pas : existât ou existait (l'indicatif est correct ici)

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C’est cette fois-là qu’elle avait peint
C'était

alors l'écriture est fluide, poétique : elle m'a permis de continuer à lire quand je n'étais pas vraiment intéressée par le début. je pense que c'est une question de goût, car je n'ai rien à lui reprocher de particulier à ce début. si ce n'est peut-être qu'il n'a rien d'original ?

j'ai commencé à m'intéresser plus à l'histoire quand pierre-auguste sort du tableau : alors là c'est original ! j'ai aimé toutes les scènes avec lui, et j'ai commencé aussi à m'intéresser ausi un peu plus à la protagoniste. mais sans plus

par contre j'ai beaucoup aimé la fin : j'ai trouvé ça très poétique !
c'est à la fois léger et profond, ça c'est un tour de force. mais ça m'aurait plus percuté si ça avait été un texte beaucoup beaucoup plus court

voilà !
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Aléa le 14 Juin 2015 à 18:16:01
Salut Mil'!

Je vois que t'étais pas satisfaite de ce texte, donc je vais essayer d'étayer un peu mon commentaire.

Déjà je pense que tu peux en être satisfaite. Parce qu'il est quand même réussit dans son écriture, je n'ai rien trouvé à redire sur quoique ce soit niveau rythme ou synthaxe, j'ai été totalement porté par l'univers. Ensuite parce que, même si l'histoire te parait niaise, et je l'admets ne m'a pas transporté totalement non plus, elle m'a touché et ca c'est indéniable, les thématiques sont touchantes.
Pour ce qui est du niai, c'est vrai que par moment ca semble un peu, en fait au début pas du tout, et lentement un peu plus. Pourquoi au début non, parce que Elodie reste très consciente en fait, sa remarque sur les evenements surnaturels et le fait que là, elle réagisse d'une facon 'presque' normale par exemple, et ca c'est cool, c'est anti niai, et ce coté plus 'réaliste' est poussé vers la sortie au fur et à mesure qu'elle s'enferme dans son truc, ce qui est logique puisque c'est la dynamique du récit, mais je suis sur qu'il y a moyen de le renforcer un peu. Peut etre plus de remarques sur son état, certes elle est souriante, mais n'est-elle pas fatiguée, elle se pense folle tout de même (peut etre il y a quelqe chose à faire au niveau du facteur, peut etre que pierre augustin pourrait s'inquieter plus et plus tot, par rapport à la premiere lettre du travail par exemple, on pourrait aussi voir la réaction d'Elodie en la lisant, avant de retourner à ses dessins avec un sourire presque crispé qui s'éffacerait peu à peu. On ne sent peut etre pas assez sa folie du dessins totalement acharné dans le geste) (ouaip une longue parenthèse pour dire une seule chose, c'est chiante de parler avec des exemples, mais tu saisi ce que je veux dire)
Bref ca tient à pas grand chose à mon avis de gommer ce que tu n'aimes pas, mais c'est vrai que c'est compliqué parce que c'est justement des nuances très ténues, et tout ca pourrait renforcer encore plus le contraste encore imaginaire et réel.

Le petit passage sur Pierre augustin qui a son idée pourrait être plus détaillé selon son point de vue aussi, au tout début c'est centré sur lui quand même, et on perds cette narattion là après, même dans ce passage, et ca serait cool de retrouver plus la même,  notemment sur ce passage.

Le retrécicement d'Elodie me parait vite expédié aussi...


Voilà je trouve que je pinaille un peu, parce que je l'ai bien aimé moi ce texte, j'essaye de me mettre à ta place sur ce qui peut déranger/etre à améliorer. (et j'ai à peine parlé des passages que j'aimais bien du coup  :s )

En esperant que ca puisse t'aider!

A plus!  :)
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Edel Weiss le 24 Août 2017 à 19:47:15
Chère Milora,

Comme dit précédemment, me voilà au porte de ton texte pour un commentaire "inattendu" !


Pour commencer, j'ai relevé quelques amorces de paragraphes "abruptes" mais je ne vais pas rentrer dans le détail, car beaucoup de temps a passé sur ton texte, et d'autres commentaires avant moi, j'ignore donc où tu en es avec ce texte. Cependant, mon ressenti général est très mitigé car je trouve que ce texte combine des choses excellentes, voire géniales, et des "maladresses" ou "facilités" dans le déroulement de l'histoire qui ont un peu fait redescendre mon adhésion pourtant totale au départ.

Voici les points forts et les points faibles que j'ai rencontrés dans ton texte globalement et subjectivement :

Points forts :

- Un excellent début : très accrocheur, surprenant et la mise en abyme vertigineuse du personnage qui devient un simple personnage de tableau ! Cet introduction est géniale ! Le style de ce premier paragraphe est subtil et agréable. J'ai adoré être trompée par les premières images que je pensais être des métaphores descriptives jusqu'à ce que je réalise que non ! le "monde" fondait bel et bien !

- Une construction spéculaire (en miroir) vraiment très intéressante et bien exploitée : l'idée de deux mondes, de deux faces où l'on passe de l'une à l'autre, le tableau, la réalité, les objets dessinés pour Pierre-Auguste...

- Une construction circulaire : la fin qui est un retour inversé du début est une très belle fermeture pour ton histoire, il me semble.

- Les thèmes : les thèmes sont touchants et rendent l'idée de peinture/réalité (qui est peu originale) unique à ton univers.

En somme, une belle conception de l'histoire entre jeu sur une double-face, des glissements d'un monde à l'autre, et d'un personnage à l'autre. (attention, il m'a semblé qu'un des paragraphes m'avait égarée, je pensais qu'on changeait de personnage à chaque paragraphe et là, le changement ne m'a pas paru évident - paragraphe 3, je croyais toujours être Elodie)


Points faibles :

- Une écriture trop lisse à mon goût : les phrases sont toutes correctes, elles glissent assez bien, mais j'avoue qu'aucune ne m'a marquée l'esprit, envoûtée, hypnotisée et cela manque je pense pour une telle nouvelle sur l'art, la peinture et la réflexion sur la création.

- Les caractères des personnages : J'ai remarqué que tu rapproches ton style par moment des personnages (le mot "moche" appartient à Elodie et non au narrateur) mais on ne distingue pas de réelles différences de caractère entre les deux personnages, surtout Pierre-Auguste semble sans caractère. Durant toute la nouvelle, son absence de caractère ne m'a pas dérangé comme il n'était rien qu'un "bout de papier" mais à la fin ! Quelle surprise ! Et je n'y croyais pas : pourquoi Elodie irait-elle avec lui ? Je sais qu'elle est désespérée de sa vie réelle, mais Pierre-Auguste ne parle pas avec elle, n'a aucun caractère, rien n'en fait une vraie personne. Pour moi, elle s'est jetée sur la feuille avec une simple présence. Et cela m'a dérangé un peu. Au final, Pierre-Auguste n'est ni rien, ni réellement quelqu'un. Je ne dis pas qu'il faut absolument qu'il ait un caractère ou plus de caractère, mais je trouve que les passages avec Elodie sont très internes et ceux avec lui très distant tout de même.

- La fin : la fin m'a un peu dérangée car tu ne laisses pas beaucoup de mystère sur ce qui arrive et en même temps je n'arrive pas à comprendre Elodie qui suit un bout de papier dans un tableau, pour quoi faire ? Pour ne plus rien faire ? Peut-elle bouger ? Va-t-elle vivre vraiment dans le tableau ? Si tu voulais laisser toutes ces questions ouvertes, ce qui est une bonne idée, alors trop de choses ont été révélées par ailleurs, on a l'impression d'une fin rapide, d'une facilité pour finir alors que l'idée de fin inversée par rapport au début est très bonne. On ne sait pas si ils sont amoureux, si elle sera heureuse, ne voulait-elle rien d'autre que de rester sans rien faire devant un beau paysage ? car dans la vraie vie aussi il y en avait ! Elle pouvait déménager ? Et elle abandonne toute sa famille... Enfin, ici, je n'arrive pas à la suivre, malgré tout le côté psychologique développé avant. [Avis perso]

- Trop de détails psychologiques /manque de subtilité : j'ai trouvé que beaucoup de thématiques soulevées dans les réflexions d'Elodie sont super, mais amenées de manière "journal intime" et cela ne m'a pas plu après le brio de ton introduction de nouvelle. J'imaginais une nouvelle bien plus subtile, qui me ferait deviner tout ce ressenti plutôt que de me le dire. J'aimerais voir Elodie dans son quotidien, ressentir son malaise, sans qu'elle semble me le raconter.

En somme, je pense que le début et la fin sont bien pensé mais que le déroulement au milieu pourrait être améliorée et rendue plus subtil, plus intéressant : le lecteur a envie de comprendre pourquoi elle pleure sur sa toile, pourquoi elle se met à vivre uniquement pour ce personnage, et il aimerait le découvrir vers la fin, alors que là, toutes les clefs sont données à chaque pas et on ne se demande rien, sauf au début et à la fin. Je ne sais pas si je suis très claire, mais il m'a manqué dans le milieu de ressentir cette petite curiosité : "mais que va-t-il se passer ?". Alors que je le répète, le début m'avait totalement intrigué et je me demandais tout en lisant : "Mais que se passe-t-il ? Pourquoi il attend devant l'Hôtel chaque jour ? Qui est cette géante qui pleure ? etc".


Je te remercie en tout cas de cette lecture, j'ai trouvé plein de choses très riches et intéressantes dans la construction de ton histoire, ce fut un voyage agréable et si tu souhaites reprendre un peu la nouvelle pour la rendre plus "poignante" encore, je te souhaite bon courage pour la reprise !


Edel
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Milora le 30 Août 2017 à 19:53:06
Coucou Edel Weiss !

Merci pour ton commentaire développé et pour le remontage (ça fait toujours plaisir ^^ ).

J'ai un peu de mal à répondre à ton commentaire, parce que je l'ai pas mal relu/réfléchi dessus et en fait il me semble qu'il oriente le texte dans un sens différent de celui que j'avais essayé de lui donner. Je comprends qu'en l'état, le texte a pas réussi à trouver son équilibre... :/ Désolée par avance pour ce message qui fait davantage brainstorming que réponse :D .

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- Les caractères des personnages : J'ai remarqué que tu rapproches ton style par moment des personnages (le mot "moche" appartient à Elodie et non au narrateur) mais on ne distingue pas de réelles différences de caractère entre les deux personnages, surtout Pierre-Auguste semble sans caractère. Durant toute la nouvelle, son absence de caractère ne m'a pas dérangé comme il n'était rien qu'un "bout de papier" mais à la fin ! Quelle surprise ! Et je n'y croyais pas : pourquoi Elodie irait-elle avec lui ? Je sais qu'elle est désespérée de sa vie réelle, mais Pierre-Auguste ne parle pas avec elle, n'a aucun caractère, rien n'en fait une vraie personne. Pour moi, elle s'est jetée sur la feuille avec une simple présence. Et cela m'a dérangé un peu. Au final, Pierre-Auguste n'est ni rien, ni réellement quelqu'un. Je ne dis pas qu'il faut absolument qu'il ait un caractère ou plus de caractère, mais je trouve que les passages avec Elodie sont très internes et ceux avec lui très distant tout de même.

- Trop de détails psychologiques /manque de subtilité : j'ai trouvé que beaucoup de thématiques soulevées dans les réflexions d'Elodie sont super, mais amenées de manière "journal intime" et cela ne m'a pas plu après le brio de ton introduction de nouvelle. J'imaginais une nouvelle bien plus subtile, qui me ferait deviner tout ce ressenti plutôt que de me le dire. J'aimerais voir Elodie dans son quotidien, ressentir son malaise, sans qu'elle semble me le raconter.
J'entends tout à fait les remarques sur l'épaisseur des personnages et sur la dépression d'Elodie peinte à gros traits. Mais du coup, j'ai cherché à voir pourquoi je n'avais pas suivi cette direction (focalisation interne suivie et travaillée), et c'est parce que je cherchais à rendre un ton de conte. Il me semble que le conte va toujours avec une forme de distance par rapport aux personnages : on les suit, on a des aperçus de leur intériorité, mais on ne colle pas au plus près de leurs pensées, et du coup des fois, ils font des choses qu'on n'a pas vu se mettre en place. Il me semble que c'est vraiment ce que je visais : un récit avec quelques entrées dans leurs pensées mais surtout des personnages qu'on voit de loin, et du coup un ton de narration distant (pas complètement, mais dans l'ensemble). Je pense aussi que si on rendait davantage immersif le malaise d'Elodie, le ton léger du texte ne passerait pas du tout. (Je dis pas que sa version actuelle a trouvé le bon équilibre, mais je pense que ça ne fonctionnerait pas davantage en faisant ressentir plus subtilement le caractère malheureux d'Elodie). Je cherchais un ton qui soit un peu dans un entre-deux : fond triste/ton léger, personnages distants/pas réalistes. Je vois que ça ne marche pas bien, ceci dit.

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(attention, il m'a semblé qu'un des paragraphes m'avait égarée, je pensais qu'on changeait de personnage à chaque paragraphe et là, le changement ne m'a pas paru évident - paragraphe 3, je croyais toujours être Elodie)
En fait, j'ai relu pour vérifier, mais il n'y a pas la structure A paragraphe = 1 point de vue. C'est de l'omniscient tout du long (sauf le paragraphe 1 qui est un peu en externe avec quelques incursions dans a tête de P-A). :/

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- La fin : la fin m'a un peu dérangée car tu ne laisses pas beaucoup de mystère sur ce qui arrive et en même temps je n'arrive pas à comprendre Elodie qui suit un bout de papier dans un tableau, pour quoi faire ? Pour ne plus rien faire ? Peut-elle bouger ? Va-t-elle vivre vraiment dans le tableau ? Si tu voulais laisser toutes ces questions ouvertes, ce qui est une bonne idée, alors trop de choses ont été révélées par ailleurs, on a l'impression d'une fin rapide, d'une facilité pour finir alors que l'idée de fin inversée par rapport au début est très bonne. On ne sait pas si ils sont amoureux, si elle sera heureuse, ne voulait-elle rien d'autre que de rester sans rien faire devant un beau paysage ? car dans la vraie vie aussi il y en avait ! Elle pouvait déménager ? Et elle abandonne toute sa famille... Enfin, ici, je n'arrive pas à la suivre, malgré tout le côté psychologique développé avant. [Avis perso]
:\?
Tes remarques m'ont fait réfléchir, là encore, et je ne voudrais pas donner l'impression de me draper dans le "ça n'est pas ce que je voulais faire" pour défendre le texte. Mais du coup je comprends deux choses dans ce que tu relèves 1) manque de réalisme (pouvait-elle déménager, abandonne-t-elle sa famille, évolution psychologique) et 2) fin pas assez explicite sur ses conséquences.
Pour le point 2), c'est vraiment un choix : j'ai l'impression que pour les récits fantastiques, plus on explicite, moins les fins ont d'impact. (Encore une fois, je dis pas qu'en l'état ça marche bien, j'essaie juste d'expliquer pourquoi j'ai été vers cette direction). Ton comm' m'a fait réfléchir et j'ai l'impression que, si la fin était plus explicite (sur sa vie après son entrée dans le tableau) ça marcherait encore moins. Je comptais aussi sur le fait que le texte contienne implicitement les réponses à ces questions : quelle est la vie d'Elodie et Pierre-Auguste à l'intérieur du tableau ? Ce qu'on a vu dans la première scène de Pierre-Auguste dans son propre tableau. Peut-elle bouger ? Non, comme Pierre-Auguste, qui était heureux dans son tableau au début. Va-t-elle vivre dans le tableau ? Oui, à la façon dont P-A vivait dans le tableau dans la scène 1. Sont-ils amoureux ? Là je voulais laisser l'interprétation de leur relation à la sensibilité du lecteur (rien dans le texte ne dit qu'ils sont amoureux comme deux humains peuvent l'être, mais j'avais envie d'essayer de montrer une relation d'affection forte entre eux, qui ne soit pas classable en "amoureux").

1) Pour le réalisme de la décision finale d'Elodie (le fait de ne pas arriver à la suivre), je ne sais pas trop quoi répondre, en fait. (Ca me perturbe :D) Sur un point de détail : pour le fait qu'il y a de beaux paysages aussi dans la réalité, oui et non : là ce qui fait le bonheur d'Elodie c'est pas le beau paysage, c'est d'être dans le tableau, c'est-à-dire dans l'imaginaire (où il y a même un dragon dans le ciel, comme ceux qu'elle peignait dans sa jeunesse quand elle rêvait à de grandes choses). L'idée de la fin c'était vraiment qu'elle choisir l'imaginaire (la folie ?) plutôt que la réalité où elle est malheureuse. (Aurait-elle pu faire autrement ? Oui, mais pourquoi ça aurait été mieux... ) Pour le fait de ne pas suivre sa décision, en fait j'ai du mal à te répondre parce que je crois que j'ai essayé de mettre dans le texte, implicitement, les jalons qui la mènent à ça : elle peint des tableaux parce que la réalité la rend malheureuse et qu'elle rêve d'Ailleurs, elle se sent heureuse quand elle commence à se centrer sur l'imaginaire en délaissant la réalité (quand elle a peur d'être folle, elle se dit que même si elle est folle, elle est plus heureuse comme ça), et à la fin l'invitation à entrer dans le tableau imaginaire c'est un peu la solution à son malaise dans la réalité : partir pour de bon dans l'imaginaire, dans un tableau qui réunit tout ce qu'elle aime (le beau paysage comme ce qu'elle peint, le dragon comme dans ses rêves de jeunesse, le chevalet comme son activité de peintre, et Pierre-Auguste qui a un peu donné un sens à sa vie). Du coup, j'ai l'impression que non, on ne suit pas pas à pas son évolution interne en focalisation interne, mais qu'en même temps j'ai essayé (peut-être mal) de donner, implicitement, tous les jalons qui mènent à cette décision. Je note bien, ceci dit, que ça ne semble pas bien marcher.

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le lecteur a envie de comprendre pourquoi elle pleure sur sa toile, pourquoi elle se met à vivre uniquement pour ce personnage, et il aimerait le découvrir vers la fin, alors que là, toutes les clefs sont données à chaque pas et on ne se demande rien, sauf au début et à la fin. Je ne sais pas si je suis très claire, mais il m'a manqué dans le milieu de ressentir cette petite curiosité : "mais que va-t-il se passer ?". Alors que je le répète, le début m'avait totalement intrigué et je me demandais tout en lisant : "Mais que se passe-t-il ? Pourquoi il attend devant l'Hôtel chaque jour ? Qui est cette géante qui pleure ? etc".
Oui mais ça, il me semble que ça ne vient pas du fait que des clés soient données, mais du fait que la structure du texte est super classique, non ? L'enjeu est pas censé être la compréhension du moteur interne des personnages, mais la curiosité de savoir ce qui VA se passer maintenant que P-A est sorti du tableau. Du coup, je comprends tout à fait que ça ne marche pas bien, mais je ne suis pas trop trop convaincue par le fait que ce soit parce que ça donne trop de clés sur les personnages. Peut-être que le texte est trop long - comme le disait quelqu'un dans un commentaire précédent - ou, surtout, trop déjà-vu ?

Je dis pas que ça marche et - je le redis pour la énième fois - je cherche pas à défendre le texte ! Mais au contraire, ton commentaire me fait réfléchir sur la structure du texte et je m'aperçois que ces points-là étaient volontaires de ma part. Du coup, apparemment ils ne marchent pas bien puisqu'ils t'ont gênée, mais je ne pense pas que je vais les modifier dans ce texte-ci, parce qu'ils sont un peu la base-même de ce que j'essayais de faire dans le texte...


(Bon, pour l'écriture lisse, j'ai pas d'excuse :D J'ai bien peur que ce soit un peu ma façon d'écrire du coup, je ne peux rien objecter à part un "ah oui... désolée...  :-[ ")

Désolée, j'ai l'impression que ma réponse a l'air d'une fin de non recevoir. C'est pas du tout le but et tes remarques m'ont fait réfléchir, mais du coup plutôt pour un autre texte que celui-ci, parce que j'ai l'impression que c'est pas la direction vers laquelle j'avais essayé d'aller. Je note ceci dit que le texte n'a pas su trouver son équilibre en l'état, du coup.

Merci pour ta lecture ! :mafio:




Du coup je m'aperçois que j'avais jamais répond à Ben G et cessdu ! (honte à moi)

Cessdu, si tu repasses un jour par ici, merci pour ta lecture !

Ben G :
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Le petit passage sur Pierre augustin qui a son idée pourrait être plus détaillé selon son point de vue aussi, au tout début c'est centré sur lui quand même, et on perds cette narattion là après, même dans ce passage, et ca serait cool de retrouver plus la même,  notemment sur ce passage.

Le retrécicement d'Elodie me parait vite expédié aussi...
Pour le rétrécissement, j'ai un peu fait exprès, l'idée c'était "et maintenant, TGCM on est dans un conte et voilà :D" mais je comprends tout à fait que ça puisse gêner.
Pour Pierre-Auguste, c'est vrai qu'il est plus développé au début qu'à la fin... Je suis ps sûre que ça apporterait beaucoup d'avoir d'autres incursions dans sa tête après qu'il ait été campé vu que sa tête est un peu vide :kei: mais peut-être... Je pense pas que je modifierais ce point sur ce texte-ci parce que ça ferait changer toute la structure, mais je garde le défaut en tête pour de prochains textes.
Titre: Re : Jour de pluie dans une cuisine
Posté par: Edel Weiss le 30 Août 2017 à 23:33:49
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Désolée, j'ai l'impression que ma réponse a l'air d'une fin de non recevoir. C'est pas du tout le but et tes remarques m'ont fait réfléchir, mais du coup plutôt pour un autre texte que celui-ci, parce que j'ai l'impression que c'est pas la direction vers laquelle j'avais essayé d'aller. Je note ceci dit que le texte n'a pas su trouver son équilibre en l'état, du coup.

Merci pour ta lecture ! :mafio:

Je comprends tes explications sur tes intentions d'auteur ;) Je pense en effet que le déséquilibre peut tout simplement venir du fait que le texte est trop long pour un "conte" justement, cela donne à penser au lecteur qu'il va tout comprendre ou tout savoir, et laisse le temps au lecteur de chercher les failles (dans un conte, la rapidité empêche le lecteur justement de devenir rationnel et de chercher les failles que le merveilleux fait entrer dans une réalité, les personnages font ce qu'il font et on ne les remet pas en cause). Donc je pense qu'en effet, si tu avais voulu reprendre ce texte sans en changer la "teneur" (qui est tienne et qui se défend), il aurait fallu raccourcir, attraper le lecteur dans une danse qui se finisse avant qu'il n'ait eu le temps de se dire "mais c'est une histoire déjà vu, mais... mais... pourquoi si pourquoi là" et qu'il se laisse porter par le "conte" justement.

Mais aucun soucis si tu préfères ne pas retravailler ce texte, tout cela te donnera matière à réfléchir pour tes prochains écrits ;)

D'autant qu'in fine, l'avis d'un lecteur n'est que subjectivité et que peu-être que ce je n'ai pas aimé, sera ce que d'autres aimeront ^^