Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Donaldo75 le 04 Février 2015 à 07:57:05
-
Des araignées au plafond
La nuit promettait d’être pénible. Mes cellules grises avait décidé de me jouer la scène du deux, incapables de se reposer. L’excitation suite à une passionnante et longue journée de travail ? Non, c’était impossible. Il n’y avait rien d’excitant à aligner des nombres dans des colonnes, à les comparer à d’autres nombres rangés dans des lignes, pour finalement aboutir à une parfaite égalité, dans le meilleur des mondes comptables.
Perdu au milieu de mon trop grand lit, je fixai le plafond faiblement éclairé par la lumière lunaire.
« Tu aurais mieux fait d’accrocher des rideaux ! » ne cessait de me dire Arielle, mon ex presque petite copine, quand elle ne me reprochait pas ma décoration plaquée toc, mes goûts musicaux ringards ou mes plats cuisinés. Pour une fois, je devais reconnaître qu’elle n’avait pas eu tort, la bougresse.
Fixer une surface plane et dépourvue d’aspérités, c’était tout un art. Le docteur Freud ne m’aurait pas renié, analysant mon choix avec des arguments abracadabrantesques, évoquant une immaturité chronique liée à une enfance bien lisse, bref sortant son cortège de conneries à cent euros la séance.
C’était ça ou compter les moutons. J’en avais marre des comptes, cela me rappelait trop le travail, mes collègues à tête d’ampoule, mon chef élevé au boulier, les zéros et les uns de mon ordinateur.
Du coup, en bon rebelle attardé, n’en déplaisait à Arielle, je m’étais décidé à contempler mon plafond, ses angles, sa peinture mal finie, sa géométrie euclidienne.
La première araignée apparut sans tambour ni trompette. Elle me dévisagea d’un air attristé puis se lança dans un dialogue, comme si j’avais envie de taper la causette avec un arachnide.
— Alors Tiburce, on se prépare une belle insomnie ?
— En quoi ça te regarde, tronche de mille pattes ?
— Je dis ça pour causer, engager la conversation, occuper ta nuit blanche. De toutes manières, tu n’as rien de prévu là, maintenant.
— Comment peux-tu en être aussi sûre ? Tu as vérifié mon agenda ?
— Tu es seul, noyé dans tes draps. Je te vois mal organiser un concile, inviter des potes et danser la lambada jusqu’à demain matin.
— Mes neurones et moi, nous avons décidé d’étudier l’impact de la contemplation d’une surface lisse sur le sommeil chez l’être humain. C’est de la science, tu ne peux pas comprendre, péteuse de toile.
A la surprise générale, j’entendis de bons vieux rires gras. Ma compagne de fortune se marrait comme une loutre. De surcroît, elle n’était plus seule désormais. D’autres araignées, des noires et des grises, l’avaient rejointe dans son concert de zygomatiques. Je devais probablement représenter l’attraction de la nuit pour les invertébrés du cru.
— Qu’est-ce qu’il y a de drôle ? J’ai dit une connerie ?
— Pas loin. T’entendre gloser scientifique, toi un comptable de base, c’est gravement psychédélique.
Sur ces quelques mots, la série de ricanements reprit de plus belle, à la limite de me vexer.
« Tiburce, tu ne vas quand même pas laisser des arthropodes se foutre de ta gueule sans réagir ! » rugit une cellule grise qui ressemblait fortement à Arielle, les bigoudis en moins.
Dans le fond, elle n’avait pas tort. Si même les bêtes à huit pattes se permettaient de vanner un homo sapiens, où allait la civilisation ? A ce rythme, je finirais dans la Zone 51 au rayon abruti, entre les petits gris mangeurs de pizza et les gros velus casseurs de buildings. Je devais réagir, sauver les apparences, affirmer la supériorité du genre humain sur le peuple des arachnides.
Je décidai de contre-attaquer.
— D’abord, qu’est-ce que vous foutez sur mon plafond ? Je ne vous ai pas envoyé de carton d’invitation, il me semble.
— Tu devrais plus souvent lire des revues spécialisées en biologie, Tiburce. Tu saurais que nous, les araignées, attendons la nuit pour hanter les maisons et les appartements, pendant que vous, les prétendus maîtres de la planète, dormez du sommeil du juste. Ici, c’est chez nous dès que le soleil se couche et que tu fermes les yeux. Nous tolérons ta présence seulement parce que tu nous fais rire.
Et ce fut reparti pour un tour. Le concerto pour ricanements et hoquets entama son second mouvement, pas franchement lent comparé au précédent. Beethoven, Brahms et Bach, les trois B de la tradition allemande, se seraient retournés dans leur tombe devant un tel manque d’orthodoxie.
Je commençai à en avoir ma claque de ces bestioles impertinentes.
— Stop ! J’essaie de dormir. M’agacer ne va pas arranger mon insomnie.
— Mets des rideaux à ta fenêtre !
Encore une salve de rires moqueurs. On aurait dit Arielle quand j’essayais de l’inviter au restaurant dans un tendre tête-à-tête romantique.
— J’y penserai. Promis, demain j’irai chez les rois du bricolage. Ceci dit, j’ai besoin de dormir.
— Pourquoi ? Tu as une journée fatigante demain ?
— Mon travail demande de la précision, de la rigueur et de la méthode.
— Tu bosses avec Hercule Poirot ?
Le troisième mouvement démarra, rapide, un rondo digne des meilleures œuvres de Mendelssohn. Si les violons avaient remplacé les rires, avec des violoncelles à la place des gloussements, j’aurais certainement applaudi des deux mains. J’aimais la musique classique, surtout l’école romantique du dix-neuvième siècle. Arielle me reprochait d’ailleurs mon côté échappé du Conservatoire alors que je n’étais finalement qu’un amateur de belles harmonies, un petit cœur d’artichaut prêt à défaillir au premier triolet de croches.
— Vous êtes qui au juste ? Les Grosses Têtes en version arachnide ?
— Nous sommes ta conscience, Tiburce !
— Alors restez tranquille !
— Que tu crois ! Ton job pourri, ta vie de nain, tes amours contrariées ne vont pas te servir d’excuse pour te défiler.
— Quoi encore ? Vous allez m’offrir une psychothérapie nocturne ? Allez, j’avoue : quand j’étais en CM2 j’ai copié sur Martine Leroy ma voisine pendant la dictée de Noël. C’est bon, je peux dormir maintenant ?
— Rien d’autre ? Pas même un petit vol à l’étalage, un pétard vite fumé dans les toilettes du lycée, un film pornographique maté à l’arrachée avec des potes boutonneux, un petit oubli dans la déclaration d’impôts ?
— Pour qui vous me prenez ? L’Ennemi Public Numéro Un ?
— Apparemment non. Tu ressembles plutôt au gars ennuyeux, celui qu’on évite dans le train, au spa ou dans la file d’attente du dentiste. Arielle doit se faire chier avec toi.
— N’importe quoi ! Et puis lâchez-moi avec Arielle !
— Tu crois qu’on ne sait pas ?
— Savoir quoi ?
— Ton petit secret au sujet d’Arielle ?
Je ne savais pas qu’il existait un quatrième mouvement dans les concertos. Peut-être était-ce le cas pour ceux dédiés aux rires gras et aux gloussements de dinde. Dans tous les cas, nonobstant cette entorse à l’art de la fugue et du contrepoint, j’eus droit à une nouvelle salve de ricanements. En fait, ces araignées étaient croisées avec des hyènes, tout droit sorties des Studios Walt Disney.
— Qu’est-ce que vous allez inventer là ?
— Ce n’est pas bien de mentir, Tiburce. Ton nez s’allonge.
— Sincèrement, je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Croix de bois, croix de fer si je mens je vais en Enfer.
— Le pauvre petit ! Est-ce qu’on doit l’affranchir, les amies ?
Les autres araignées applaudirent des huit pattes. Visiblement, la proposition de leur leader valait son pesant de cacahuètes. Je m’attendais au pire. Pourtant, je n’avais pas le début d’un commencement d’une ébauche d’idée du secret en question. Rien. Le vide intersidéral dans le zéro absolu.
— Devant la volonté unanime de mes camarades, je me dois de dévoiler la face cachée de Tiburce Dugommeau. Oyez, araignées du monde entier, ce que vous allez entendre défie l’entendement.
— C’est bon. Tu n’es pas obligé d’en faire des tonnes.
— Que veux-tu Tiburce, j’ai le sens du drame. Je suis un arthropode shakespearien, fanatique d’Othello et de Richard III. Tout le monde n’a pas la chance d’être lisse comme toi, sans saveur, sans odeur, ennuyeux au possible, un comptable perdu dans un monde d’acrobates et de trapézistes.
— Il faut bien des gens pour compter.
— Nous, on laisse ça aux fourmis. Bref, je ne vais pas te dresser un tableau de la dure existence des invertébrés où il n’est pas facile d’être cigale ou araignée au milieu des cloportes, des cafards, des moucherons et autres vermisseaux.
— Je vais pleurer.
— Tu peux. Ce n’est pas pour rien que les scénaristes de Marvel ont affublé Spider-Man d’une tendance à la dépression. Tu te rends compte ? Le gars, il n’a plus de petite amie, son meilleur pote est un fou dangereux, sa tante gâteuse le chouchoute à coup de pancakes, son patron lui crie dessus à longueur de journée. Jamais, je le dis, jamais ça n’arriverait à l’Homme-Fourmi ou à la Femme-Cloporte.
— Quel est le rapport avec moi ?
— Nul.
Les araignées du plafond commençaient à me lasser. Malheureusement, elles ne me fatiguaient pas encore suffisamment pour m’emporter dans un sommeil profond et amplement mérité. Je devais encore supporter leurs conneries pour un moment.
— Peut-on reprendre ou allez-vous enfin me laisser dormir ?
— Tu rêves ! Je vais dévoiler une information essentielle pour la civilisation humaine. Après une telle révélation, homo sapiens ne sera plus jamais le même, surtout envers sa lignée décadente appelée homo comptabilitus.
— J’attends.
— Tiburce, ne t’es-tu pas inscrit à des cours de musculation, dans une salle de sport du Marais, connue pour transformer les avortons en décathloniens, les gras du bide en rois de la tablette de chocolat ?
« Purée, comment peut- elle savoir ça ? » hurlèrent mes neurones rouges à mes cellules grises.
En effet, j’en avais eu marre d’entendre Arielle se pâmer béatement devant des évaporés à gros biceps, des abrutis aux pectoraux saillants et aux abdominaux huilés. Alors, sur les conseils de Michou mon voisin de palier, je m’étais lancé dans l’aventure. Au début, j’avais souffert puis Michou et ses potes m’avaient décontracté. Eux au moins ils savaient apprécier ma sensibilité artistique, mon goût des choses bien faites et pleins d’autres trucs que j’ignorais jusque-là.
Depuis, Arielle ne m’intéressait plus vraiment. Je la trouvais trop fille.
— Alors, ce n’est pas du lourd ?
— Pas tant que ça. Je me suis découvert une âme de sportif, quelle que soit la raison initiale de mon engagement. Mon corps se transforme mais je n’en suis pas différent pour autant. Pour Arielle et ses consœurs, je serai toujours le pauvre type qui cherche à les séduire à travers ses lunettes embuées. Je resterai la risée des costauds de pacotille, des frimeurs de cafétéria et des motards du dimanche. Je le sais et je m’en tape comme de l’an quarante. Si c’est ça ton scoop, arachnide de mes deux, tu peux te le mettre où je pense en format suppositoire.
Cette dernière tirade m’avait épuisé. Mes yeux commencèrent à papillonner, ma mâchoire se décrispa et mon corps se détendit. Les araignées au plafond se confondirent avec la pâle lumière lunaire puis disparurent dans un fondu enchainé. Je sombrai dans un sommeil profond.
« Promis, demain je pose des rideaux ! » s’afficha en quatre par trois dans mon cortex cérébral, gravé dans le marbre telle une résolution de Nouvel Année.
-
Désolé, man, je l'avais raté... su tété dommage, il est très chouette.
"Ma compagne de fortune se marrait comme une loutre" Je m'insurge style Potemkine, mais la loutre n'a rien d'hilarant, au contraire de la hyène. Je sais, quand il y a de la hyène, y a pas de plaisir (faudra que je la ressorte dans un des trucs débiles, celle-là :P)
"ces araignées étaient croisées avec des hyènes" Ah ! Tu vois !!
"Les autres araignées applaudirent des huit pattes." Impossible, mon ami ! Vont se casser la gueule, pas plus de six, à la rigueur.
"mon gout des choses" Je crois que le ^n'est plus une faute quand qu'on l'oublie, maizenfin...
"pale lumière" meme topo :'(
-
Salut Georges,
Je ne t'aurais pas boudé, va !
En fait, j'ai vraiment vu des loutres se marrer au Zoo de La Flèche dans le Maine et Loire, pas plus tard que cet été. Du coup, je me suis dit, pourquoi pas ?
Les araignées ont huit pattes si j'en crois Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Araneae). Ceci dit, je ne suis pas allé vérifier. Beuarkk !
Je vais quand même remettre les accents circonflexes, pour te faire plaisir.
Bravo pour le jeu de mots avec hyène.
A bientôt, peut-être pour une aventure de Greg Marlowe.
Donald
-
Aucune gène a lire ce texte très bien écrit. Ensuite j'ai énormément aimé le passage du Marvel et de Spider-Man. Voilà je pense que c'est un très beau texte avec une très belle plume. Au plaisire de te lire :)
-
Sacré Don !
Oui, l'aragne a huit pattes.
Mais explique-moi comment elle peut applaudir avec les huit en même temps sans se casser ce qui lui sert de gueule !
Je devrais te signaler à la SPA ! :/
-
Salut Donald,
Encore un texte très réussi, de nombreuses pointes d'humour.
Mes yeux commencèrent à papillonner,
j'aime bien cette subtilité !
Heu, sinon, plus haut y'a un truc qui m'a arrêté :
l’avaient rejoint
pourquoi pas rejointe ? (c'est pas un COD féminin le l' ? je sens que je me plante, mais je ne vois pas pourquoi)
Bref, texte drôle, plein de finesse, les psychananlistes en prennent une au passage, ça fait toujours du bien.
A bientôt,
Rémi
-
Rémi a raison sur l'accord
c'est bien la première araignée qui est rejointe par ses copines.
-
Super texte.
Très bien écrit, riche, humoristique.
Bon selon moi il n'y a rien d'original ni dans l'introspection hallucinée en dialogue avec des araignées, mais tu l'écris avec tant de brio qu'on en a rien à foutre du fond un peu trop quotidien pour moi, on s'intéresse à l'humour développé, aux petits détails qui s'imbriquent les uns aux autres (genre la métaphore sur le concerto que tu reprends à chaque paragraphe, c'est pas répétitif pour un sou et ça colle vraiment bien à l'ambiance).
Le seul bémol que j'ai trouvé, mais qui n'engage que moi, c'est ce jeu de mot pas plus digne qu'une enseigne de coiffeur qui te sert de titre. Mais c'est pas tout noir, c'est vrai que ça correspond bien au texte.
En tout cas c'est agréable de te lire.
-
fond un peu trop quotidien pour moi,
moi j'y ai vu quand même une belle réflexion sur la psychanalyse et l'introspection. Avec les neurones qui semblent indépendants par rapport au narrateur.
Pas si léger que ça comme texte pour moi, y'a un thème développé.
-
Merci à tous,
J'ai corrigé le passage dont parle Rémi.
@Georges: l'araignée ne se casse pas la gueule en applaudissant des huit pattes parce qu'elle est accrochée au plafond par le fil qu'elle tisse. Eh eh, c'est cool d'être une araignée !
@Dot Quote: tu l'as bien compris, le titre correspond à l'histoire. Étonnant, non ?
@Remi: le texte se lit autant dans le sens de la grosse rigolade que de la réflexion. Ainsi, tout le monde y trouve un intérêt s'il aime ce style.
Bon, au démarrage, c'était ma réponse à un jeu littéraire sur le thème de l'insomnie.
A bientôt,
Donald
-
Don, je sentais venir cette réponse.
Hélas pour toi, le fil sort de l'abdomen puis est placé avec les pattes (arrières), il ne sert pas à faire un lasso ou une corde d'alpinisme assurée à la ceinture par des mousquetons...
Nous en revenons donc au même point : combien de pattes pour s'assurer, combien pour applaudir ?
Je n'ai pu dormir de la nuit à cause de ce cruel dilemme. Applaudir à tout rompre ou se vautrer sur le tapis ?
-
Au pire on a qu'à dire qu'elles applaudissent de leurs pattes disponibles ou un truc du genre nan? :/
-
Ah mais pas d'accord du tout !
C'est un élément crucial du texte !
Ya qu'à dire aussi qu'elles font la hola !
-
Okay okay je n'ai rien dit
-
Euh...
Wouds, c'était que de l'humour.
T'as le droit de râler aussi, de défendre les applaudissements octopattiques.
-
Salut Donaldo,
Un texte agréable à lire, qui pousse à la réflexion tout en restant drôle.
D'abord quelques questions / remarques :
- "mon ex presque petite copine" : écrit comme ça, la logique voudrait (à mon avis) que le "ex" se rapporte à l'ensemble "presque petite copine" et donc que la fille est sur le point de devenir sa copine (ou de le larguer sans être passée par ce stade). Or je n'ai pas l'impression que c'est ce que tu voulais dire (enfin, peut-être que si). Ne serait-ce pas plutôt "presque ex petite copine" qui voudrait dire (selon moi) que la fille est sa copine mais qu'ils sont sur le point de rompre ?
- Arielle, un rapport avec la lessive qui s'attaquerait à toutes les taches du narrateur ? Le rendrait encore plus blanc, gommer tout ce qui fait son caractère ?
- Concernant la "polémique" sur les araignées, tel que je comprend le texte, ces bestioles n'existent que dans l'imaginaire du narrateur (voire dans ses rêves : peut-être dort-il déjà sans le savoir, comme quand on rêve que l'on vient de se réveiller alors qu'on dort encore). Donc les araignées peuvent bien descendre du plafond en rappel ou planer au-dessus de sa tête : elles ne sont finalement limitées que par ce que le narrateur imagine qu'elles peuvent faire, et non par ce qu'elle peuvent effectivement faire. C'est élémentaire ! :relou:
- Sinon je pense qu'en grand handicapé du solfège et des arts musicaux, j'ai manqué quelques références intéressantes ! ^^
A bientôt !
-
Salut Honnirique,
Je vais répondre à tes questions:
- "mon ex presque petite copine" puisque jamais Tiburce ne s'est emballée Arielle mais qu'il aurait bien voulu et que désormais elle ne l'intéresse plus. Donc "presque" est antérieur à "ex". >:D
- Arielle, aucun rapport avec la lessive. C'est une vanne à destination d'une auteure, prénommée ainsi, qui participe à ce jeu littéraire dont le thème était "l'insomnie". :noange:
- Concernant la polémique sur les araignées, je suis entièrement d'accord avec ton analyse mais Georges aime bien m'embêter avec ça parce que c'est un petit coquin. :-¬?
- Les références au solfège et à l'histoire de la musique: seuls les trois B et le fait qu'un concerto soit composé de trois mouvements (rapide, lent, rapide) sont dans ce cadre. Je l'ai fait parce que j'utilise souvent le terme "concerto pour pipeau et orchestre" quand je désigne un boniment de première bourre. Dans mon métier, on dit plutôt "pipotron" mais mon correcteur orthographique me rappelle à l'ordre à chaque fois et du coup ça me gonfle. :D
Merci de ta lecture et de ton commentaire,
Bye,
Donald
PS: Georges, si tu m'entends de ton Nespresso, médite la proposition d'Honnirique quant aux araignées applaudissant des huit pattes. Ceci dit, le coup de la hola est une bonne idée. Je la mets de côté pour une histoire de fourmi que j'ai en tête.
:bouquine:
-
Mais je sais il n'y a aucun problème ;)
-
J'ai beaucoup aimé le style d'écriture. J'ai commencé à lire et je ne me suis pas arrêtée. Je trouve le texte très bien écrit et j'ai beaucoup aimé l'utilisation de mot du "langage soutenu" (je ne sais pas comment appelé ça) comme nonobstant, par exemple.
-
J'ai adoré. Et que les araignées ne tombent pas en applaudissant de toutes leurs pattes ne m'a paru que plus fantastique encore, ça cadrait bien. Un autre mini-point d'humour. ;)
-
Remontaaage !
J'ai bien aimé cette lecture : c'est fluide, j'ai souri pas mal de fois, que ce soit sur des formulations ou sur des gags (la Femme-Cloporte... :D).
Par contre, j'ai trouvé qu'il manquait une chute à ce texte. Il part super bien, tu crées même des effets d'attente avec l'araignée qui annonce une révélation puis qui noie le poisson, et puis finalement, le texte s'interrompt sans vraiment de bouquet final. Je trouve que c'est dommage : il a l'air incomplet, comme ça, la fin retombe un peu comme un soufflet. J'aurais attendu soit une progression croissante vers l'absurde (avec les araignées rieuses), soit une révélation (le fameux secret sur Arielle ?) soit une décision du personnage, je sais pas, quelque chose qui fasse que lorsque le texte s'arrête, on se dise "c'est logique ; il ne pouvait pas s'arrêter à un autre moment !".
A part ça, je le redis, j'ai apprécié cette lecture, autant le style malicieux que le côté sarcastique du dialogue avec l'araignée.
-
Milora, merci d'être passée.
C'était un texte sur l'insomnie. Alors, il fallait bien que le personnage principal s'endorme finalement sinon cela aurait été une simple histoire d'hallucination.
Bye,
Donald
-
Mais la question n'est pas ce que fait le personnage, c'est la façon dont c'est amené par le texte, la façon dont c'est présenté (qui induit ou pas la résolution d'une tension, d'un effet d'attente, créé par le texte) ^^
-
Milora,
Ce texte traitant de l'insomnie, sa seule fin, à mon goût, relevait du sommeil. Je ne suis pas un fan de la chute à tout prix, des explications à gogo et de la logique littéraire érigée en principe. Je suis plus un gars qui aime sortir du cadre, n'arrivant pas là où l'attend un lecteur peut-être trop habitué à des schémas mille fois vus. >:D
Voilà comment j'écris ce type d'histoire. Et comme l'a dit quelqu'un d'autre sur un autre de mes textes, je ne vais pas changer sur le fond. :-¬?
Bye
Donald
-
Fixer une surface plane et dépourvue d’aspérités, c’était tout un art. Le docteur Freud ne m’aurait pas renié, analysant mon choix avec des arguments abracadabrantesques, évoquant une immaturité chronique liée à une enfance bien lisse, bref sortant son cortège de conneries à cent euros la séance.
je vois pas trop l'intérêt de cette attaque somme toute gratuite envers Freud (d'autant plus que taper sur Freud, c'est pas vraiment original)
— Rien d’autre ? Pas même un petit vol à l’étalage, un pétard vite fumé dans les toilettes du lycée, un film pornographique maté à l’arrachée avec des potes boutonneux, un petit oubli dans la déclaration d’impôts ?
— Pour qui vous me prenez ? L’Ennemi Public Numéro Un ?
je ne vois pas bien le lien logique entre les deux phrases
Bon ben je ne suis pas rentrée dedans. Je crois que ce n'est pas (ou plus ?) mon genre d'humour, du coup toutes les vannes ou références m'ont semblé un peu fadasses. J'ai attendu, un peu comme Mil, une chute ou du moins une dernière phrases claquante qui viendrait donner un plus de peps à l'ensemble mais telle n'était pas ton intention. :P
Sinon, je ne suis pas très convaincue par l'argument 'j'aime sortir du cadre", j'ai pas tellement l'impression que tu le fasses tant que ça :noange:
A une autre fois sûrement !
-
Bon, cette fois-ci je vais te répondre point par point (*), Ernya,
Taper sur Freud ? C'est une icône du XXème siècle. C'est donc plus marrant à déboulonner qu'un obscur chercheur en sociologie, connu seulement de quelques thésards. Ce n'est pas censé être original (mais qu'est-ce qui est original aujourd'hui si on part du principe que beaucoup de personnes ont tapé sur Freud ? L'argument tombe de lui même à mon goût, surtout après mille années d'écriture. Il en est même devenu convenu (**) à mon avis.)
Le lien logique entre un petit vol à l'étalage et l'Ennemi Public Numéro Un ? C'est celui de l'illégalité (***), entre petite et grande. Cela me semblait évident.
Concernant les vannes ou l'humour, c'est bien un domaine où on peut tomber à côté quand on écrit ce genre d'histoire. J'en suis conscient.
Quant à sortir du cadre (****), je l'entends celui des explications dans les textes où certains attendent une grille de lecture (*****) alors que je ne la livre pas (ou par des références qui, par défaut, ne touchent que ceux y sont sensibles). J'ai d'ailleurs écrit un texte en ce sens, sur la musique, intitulé "un carré dans un rond" où je prends l'exemple d'un musicien de jazz, le saxophoniste Eric Dolphy, qui a inscrit son nom dans l'histoire de cette musique en inventant le free-jazz à partir d'un disque où toutes les explications du monde ne pouvaient expliquer les choix mélodiques malgré un thème de départ.
Demain est un autre jour, disent les insomniaques aux araignées du plafond.
Donald
(*) La dernière fois que tu as commenté un de mes textes, j'ai répondu rapidement par manque de temps.
(**) Par convenu, j'entends tellement utilisé qu'il en est usé et perd ainsi de sa force.
(***) L'illégalité ici, c'est justement le fait de sortir du cadre social, le genre de petits coups de canif au contrat établi par les hommes pour vivre ensemble. Il y a des forfaits peu conséquents, comme fumer un pétard dans les toilettes du lycée (et encore, certains crieraient au loup), et de plus graves d'où la référence à l'Ennemi Public Numéro Un (un film comique d'Henri Verneuil avec Fernandel dans le rôle principal).
(****) Qui dit cadre dit deux dimensions. En sortir c'est ajouter d'autres dimensions à la lecture.
(*****) Dans un cadre, la grille de lecture s'apparente à un plan. Il n'y a donc pas de profondeur et encore moins de temps. C'est une des raisons de mon choix: ne pas expliquer au lecteur.
-
Ton style est super. C'est subtil et drôle, j'adore! J'attends avec impatience ton nouveau texte ;D