Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: alexis17 le 24 Janvier 2015 à 18:23:11

Titre: Innocence Perdue [légèrement explicite]
Posté par: alexis17 le 24 Janvier 2015 à 18:23:11
Et ainsi, en un clin d’œil, Clémence perdit sa virginité, résultat pathétique d’une adolescence chaotique. Lui, sauvage, sueur au front, avachi sur son maigre corps, venait de la pénétrer dans un long baiser étouffant, dans une symphonie de rauques et abrupts gémissements où sa face déformée par le plaisir avait, semble-t-il, pitoyablement joui. Cette apocalypse tant attendue avait donc enfin eut lieu. Son monde s’effondrait et l’âge adulte lui tendait désormais les bras de son incommensurable néant.
Le corps du sombre amant s’écrasa sur les draps plissés et les ressorts du matelas ballotèrent la jeune fille inerte. Ses yeux ne pouvaient se détacher du plafond laiteux, de cette peinture écaillée, humide, et de ces auréoles brunâtres, dégueulasses. Innocence perdue. L’immonde silhouette se targuait d’une large cicatrice rougeâtre, la fierté du labeur, la jouissance de l’acte accompli.
« Passe-moi une cigarette, elles doivent quelque part, non, un joint, par terre, roulé, ma poche de veste, je ne sais plus où. Je devrais y aller maintenant, il se fait tard, je crois, surement. La nuit est, parait-il, traitre, ici ; on m’a dit, qu’elle tombe plus vite, que chez moi. Oui, il faut y aller désormais, c’est certain. Non, c’est absurde, mais je le dois, avant d’étrangler ta vulgaire chose. ».
Des cris de fureur, des percussions de rage ; une jungle ; le sang giclait sur les fougères, un vol d’oiseaux, hurlements stridents, la jungle ne s’arrêtait plus, nous dévorait, le sang giclait et les tambours, si graves, si graves, se répondaient éternellement.

Amour. Présenté comme. Au final, juste un courant d’air. Mari et femme, quelle drôlerie. Je vous présente ma. Un tas d’os squelettique réduit à faire la cuisine, à se cuisiner pour pas se suicider ; pas d’épouse, un truc décharné, malheureux. Et voici mon. Une triste masse, trompe le mariage pour tromper l’ennui, un vrai éléphant, toujours la trompe en l’air ; pas d’époux, juste un machin empâté, miséreux. Et moi, et moi. Préfère le bagne à la bague. Tu veux m’épouser ? Le tuerai pour ne pas avoir à. Pourquoi ne pas l’avoir fait, d’ailleurs ? En souvenir des souvenirs, des joyeuses cicatrices, me suis contenté d’un au revoir. Adieu ! Adieu ! Le rideau tombe. Silencio ! Silencio ! Plus fort ! SI-LEN-CIO !
Titre: Re : Innocence Perdue [légèrement explicite]
Posté par: Mel le 24 Janvier 2015 à 21:26:10
Je suis nouvelle donc pas encore une habituée du commentaire.
J'aime beaucoup le réaliste horrible de la première partie. C'est cru sans être choquant, les phrases sont bien tournées et démystifient totalement l'amour niais des rêves de jeune fille. ça se rapproche parfois de la poésie en prose sur les dernières lignes.
Je suis moins touchée par le dernier paragraphe. Les phrases sont trop lapidaires. Mais là, ça n'engage que moi parce que je n'aime pas trop ce genre d'écriture.
Titre: Re : Innocence Perdue [légèrement explicite]
Posté par: Donaldo75 le 25 Janvier 2015 à 20:13:50
Salut Alexis,

Quelques coquilles:
Cette apocalypse tant attendue avait donc enfin eut lieu
« Passe-moi une cigarette, elles doivent (être) quelque part


Sinon, la ponctuation est des fois très hachée. Est-ce à ce point voulu ?

Au final, je suis assez mitigé sur ce texte. Il a de la force mais dans la confusion.

A bientôt,

Donald


Titre: Re : Innocence Perdue [légèrement explicite]
Posté par: alexis17 le 27 Janvier 2015 à 17:30:34
Bonjour et merci pour vos commentaires,
Pour répondre à ta question champdefaye j'ai voulu représenté l'absurdité de la chose le paradoxe entre l'attente et la réalité puis la montée de rage du personnage et ce passage à la première personne pour symboliser ses pensées.
c'est d'ailleurs pourgent cela que j'ai crier silence à la fin pour amplifier cette absurdité et cette rage (le passage de la jungle).
Voilà encore merci à vous !