Attention, mesdames et mesdames et messieurs, laissez votre bon sens au vestiaire. L'excuse officielle à l'existence d'un texte pareil sera "l'expérimentation littéraire".
(Pour ceux qui connaissent, j'ai tenté de reproduire ce qui se fait dans les youtube poops. Pour ceux qui ne connaissent pas, regardez-en un, vous n'aurez pas perdu votre journée)
Alors Winston tourna vers moi son visage baigné de larmes. Le sang écarlate du Teletubbies coulait de ses mains en gouttes épaisses. Il s’assit. Autour de lui, aussi loin que portait le regard, le sable du désert était jonché de cadavres, on aurait dit une boîte de Petri tapissée de champignons. Il se releva, fit les cent pas. Il m’enjamba, sans s’apercevoir que je respirais encore. Il resta, un temps, pensif ; le temps resta pensif avec lui. Il s’assit. J'ai dit que le temps était resté pensif avec lui ; j’ai menti, comme d’habitude. En réalité, le temps s’était écoulé pendant ce temps ; mais j’avais en quelque sorte raison, car Winston lui-même s’était écoulé pareillement. Il voulait le cacher bien entendu, il tenait à la solennité du moment, et c’est pourquoi il s’était assis, ça faisait plus Alpha Male’s nervous breakdown, il l’avait lu dans Direct Matin. Il se releva. Il me demanda une cigarette ; je la lui donnai volontiers, car je ne fumais pas. Il s’assit. A posteriori, je crois que c’est le côté très anarcho-punk – disons le sans fausse pudeur – de ces prairies qui l’indisposait. On peut le comprendre ; l’homme est un loup pour l’homme. Toujours est-il qu’il ne vit pas, derrière lui, sa famille proche qui s’enfonçait lentement dans les ténèbres de la bien-pensance contemporaine ; mais c’était sans doute mieux comme ça. Il se releva. Je sortis un bouquin. Il s’assit. Il contempla le carrelage à ses pieds, ses yeux perdus errant dans leurs orbites comme des poussières dans un rayon de soleil, puis il se releva. On dit souvent que la position assise est le cancer de l’homme moderne ; c’est bien entendu faux ; en réalité l’homme moderne est un cancer de la position assise ; c’est la réflexion que je me fis pendant les secondes qui suivirent. Puis il se releva. Je le regardai, ébahi ; il était transfiguré. Ses mains ne tremblaient plus, son regard était dur et résolu.Il se dressait sur l’herbe comme un Homme nouveau, solide et droit, comme une espèce nouvelle, conçue par Dieu lui-même, au plus profond de l’horreur, née de l’horreur pour la vaincre. Il allait ramener l’harmonie perdue ; son bras était d’acier, d’or étaient ses cheveux, Jean-Claude Van Damme lui-même ne pouvait l’arrêter. Il me parla, et dans ses yeux brillait, comme le Soleil après l’orage, la certitude d’un avenir nouveau.
« Le périphérique usb n'a pas à être retiré en toute sécurité », me dit-il.
Puis il se releva, et partit dans la direction du Soleil Levant.