Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Psappha le 21 Janvier 2015 à 17:54:57
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Voici le début d'un roman ( ou nouvelle, ça dépend ) qui a pour ''fond'' la guerre civile d'Espagne en 1936. Je puisse l'inspiration dans certains textes de Federico Garcia Lorca. J'espère qu'il vous plaira ^^
Les hautes herbes sèches frappent les jambes de Magdalena tandis qu'on la poussait éternellement dans la même direction. Toujours tout droit, aucun retour en arrière ni virage. Le soleil se levait. L'humidité de l'aurore se fait sentir ainsi que la chaleur du jour. Des gouttes de sueurs firent tressaillir les narines tendre du nez de Magdalena. L'espagnole sent ses mains moites se tordre dans son dos, cherchant un quelconque moyen d'essuyer toute cette transpiration. Elle aura beau tenter mais elle n'y arrivera pas, les liens sont trop serrés. Ses yeux sont bandés depuis le début du chemin, ça fait longtemps qu'elle ne cherche plus à se repérer dans la nature andalouse. Elle est exténué, ses gambettes ne la soutiennent plus tellement. Elle buta sur une branche de bois mort et elle tomba. Son visage entra en contact avec la terre asséchée et elle grimaça. L'homme qui la tenait en joue avec son arme marmonna un juron, une chose ressemblant à mierda*. Il enroula sa main autours des cheveux noirs de Magdalena et tira dessus sans pitié . La femme se releva d'un seul coup en gémissant de douleur. Une fois sur pied, l'espagnole lança à son agresseur un téméraire cabrón* et lui cracha dessus à l'aveugle. Elle doit avoir visé juste puisque l'autre riposta en lui donnant une gifle si violente qu'elle lui fit tourner la tête. Ce coup résonna en elle, la sonnant comme les cloches d'une église à Madrid. Après cet affront l'homme la jeta en avant, la forçant à continuer. La courageuse femme n'ouvrit plus la bouche pendant le reste du trajet.
Trajet la menant à je-ne-sais-où par ailleurs. Ils se foutent de savoir à quel endroit son corps nourrira les asticots, il faut juste qu'elle meure. En réalité cette logique est d'une simplicité infantile et consternante. Ah mais la politique tout ça… De toute manière, elle n'y a jamais réellement comprit quelque chose là-dedans. Que c'est triste…
Au bout d'un moment on l'immobilisa enfin. On lui enleva vivement le torchon qui lui empêchait de voir, mais ses mains restèrent attachés. À croire qu'ils pensent qu'elle va avoir le temps de s'enfuir. Non, non, elle est bien trop épuisée, et c'est idiot de vouloir essayer.
Le bruit métallique de l'arme qu'on charge attira le regard de Magdalena vers les rebelles. Ces derniers se mirent en positions de tire vers elle et son compagnon qui était non loin. Elle ne l'avait pas remarqué au début La femme n'eut le temps de s'attarder sur la figure de ce quarantenaire courageux que son esprit était déjà ailleurs. Loin, très loin d'ici.
Mi amor…
Son cœur rata un battement et des larmes coulèrent sur ses joues collantes. L'andalouse sentait encore les lèvres au goût de miel et la peau à l' effluve de la fleur d'oranger de son amour. Le seul être qu'elle n'avait jamais autant aimé dans toute son existence. En somme la dernière minute, la dernière seconde qui lui reste, une seule chose compte: Adela.
Puis, Magdalena, soudainement, cessa de pleurer et fixa les fusils qui la pointaient. Avec son air de défi, l'andalouse ricana et se moqua des rebelles.
« Viva Franco ! » S'exclama-t-elle, bien entendu sarcastiquement.
Son compagnon de fusillade l'imita et tout deux continuèrent à crier jusqu'à ce que le chef des exécuteurs donna le signal à ses sbires pour les abattre. L'espagnole eut juste le temps de rugir avec toute la haine qu'elle pouvait ressentir:
« Viva la revolución !! »
Et les fusils crachèrent toutes leurs balles. La douleur fut instantanée et elle ne dura qu'une fraction de seconde. L'andalouse ainsi que l'autre homme se retrouvèrent au sol. Néanmoins Magdalena respirait encore, elle vivait. Elle ne souffrait déjà plus, n'entendait plus rien. Mourir ne lui fait pas peur seulement elle ne s'occupait plus de cela: une seule chose compte…
Adela
« Elle respire. Constata un tireur qui s'était approché
Adela
- Il n'y a qu'une seule façon de tuer les putas dans son genre. » Déclara le chef
Adela !
L'ultime coup partit dans la tête de l'espagnole l'achevant une bonne fois pour toute. Le choc fut si soudain et si violent qu'il lui fit sauter la cervelle. Son visage devint méconnaissable, complètement ravagé.
Les tireurs soulevèrent le corps de Magdalena et le jeta dans une fosse qu'eux même avaient creusés quelques minutes plus tôt. L'autre homme subit le même sort. Les rebelles recouvrirent le trou et s'en allèrent, abandonnant les cadavres à mère nature.
La maison de Maria-Josefa est calme. Tout n'est que silence. Il est deux heures de l'après midi et les trois sœurs sont chacune affairés à leur manière. L'aînée, Maria-Josefa, prépare le déjeuner dans la cuisine. Les cadettes sont deux jumelles: Mercedes et Bernada, ces dernières sont assises devant l'unique table de la pièce. Elles écoutent la radio et les nouvelles ne sont guère rassurantes. La garde civile débarquent et souille les villages de sang, les femmes et les enfants ont des armes, des barricades s'élèvent dans les rues. Nous sommes en juillet 1936 et l'été anarchiste domine l'Espagne.
Bernada, tremblante de peur, monte le volume de la radio alors que Mercedes se ronge les ongles. Maria-Josefa était sans nul doute la plus inquiète des filles ici. En préparant la nourriture elle récite deux ou trois prières puis elle écoute les informations avant de reprendre, comme une machine elle répète les mêmes gestes. Contrairement à leurs voisines, les sœurs n'ont pas peur des gardes qui entraînent la mort dans leur sillage. Elles, sont effrayés depuis dix nuits. Il y a plus d'une semaine, deux personnes ont été enlevés dans la Vega. Un homme et une femme. Le présentateur avait révélés leur identité et le coeur de Maria-Josefa, Bernada et Mercedes avait fait un quart de tour. L'aînée perdit connaissance tant la panique était forte. Depuis les femmes veillent nuit et jour afin de récolter un quelconque renseignement sur l'état de l'enlèvement. Parfois elles en oublient la santé.
Mercedes se leva de sa chaise et parcouru le salon en long, en large et en travers. Ses sabots de bois cognèrent contre la pierre blanche qui constituait la maison ce qui avait pour don d'énerver sa jumelle.
« Arrêtes veux-tu? Déclara Bernada
- Cette disparition me préoccupe… Dix jours, tu te rends compte?! Je suis morte de frayeur! Riposta Mercedes
- Crois-tu que je ne le suis pas?
- Il suffit vous deux!! » Grogna Maria-Josefa.
Les deux sœurs se turent et se maugréèrent chacune dans leur coin. L'aîné soupira et quitta la cuisine avec des verres de limonades pour ses compagnes.
« Buvez, la chaleur vous fait perdre la tête... » Souffla la femme en s'asseyant et en disposant les boissons sur la table.
Quelque part, Maria-Josefa n'avait pas tord. Les cernes sous leur yeux ne trompent pas, toutes sont fatigués par les insomnies et par l'ardeur de la saison. Elles se réunirent toute les trois autours de leur verre toutefois aucune ne prit la peine d'en boire une gorgés. Elles restèrent aussi muettes que des statues de marbres.
« Oh, la ville des gitans, la garde civile s'égare dans un souterrain de silence tandis que le feu te cerne… » Murmura Bernada au bout de vingt minutes.
Personne ne sut réellement pourquoi elle prononça cette phrase qui sonnait étrangement de façon macabre, voire fataliste. Comme pour répondre à cette interrogation générale la radio grésilla et un homme se mit à parler:
« Le mystère concernant la disparition de Paco García Romero et de Magdalena Buñuel Alba vient d'être levé. En effet, il semblerait que les deux personnes aient été exécutés très tôt dans la matinée, dans les alentours de six heures. Nous pensons que leurs corps sont toujours dans la Vega. »
Voici la terrible nouvelle que les trois femmes ne voulaient pas entendre. Bernada et Maria-Josefa restèrent pétrifiés de terreur alors que Mercedes ne retint pas ses larmes et se jeta dans les bras de sa jumelle.
« Alors c'est bel et bien finit? » Susurra l'aînée en se dirigeant, titubant, à la fenêtre du salon.
Maria-Josefa n'avait jamais pleuré néanmoins, contre toute attente, elle dévoila ses sanglots et s’effondra sur le rebord de la lucarne en ne cessant ses larmoiements.
Bernada saisit son verre de limonade et le leva au ciel tout en gardant sa soeur serrée contre elle.
« Magdalena... »
Mierda: heum... Crotte ! :D cabrón: connard :-[
Après le reste c'est très facile à traduire ^^
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Bernada ? ;)
Je suis curieux de ce qui va se passer dans cette maison ! Je reviendrai plus tard sur ton texte, là je n'ai vraiment plus le temps pour ce soir.