Relu et ok (je peux avoir les images en meilleure résolution si besoin)
Texte qui répond à l'AT automne - à la fois le dessin et le texte. Les dessins sont un peu expédiés car j'ai la flemme d'y passer plus de temps, je dirais bien que "un jour, je les améliorerai", mais ça risque d'être dans longtemps (synonyme de "jamais" ici) donc bon. Je poste le texte, et désolée pour les dessins, même si j'en suis pas du tout contente. J'aime bien faire des gribouillis dans les marges, mais sinon... ><
(et j'avouerais que j'aime moyen le texte également)
Le Fou pose délicatement les pieds sur le sol couvert de feuilles. Ses talons s'enfoncent dans le tapis moelleux, et il sent à travers ses fins escarpins les craquettements des brindilles sèches. Les glands qu'il écrase parfois se fendent en deux en un léger claquement. Le vent est froid, brutal ; maltraite aussi bien les arbustes que les hautes cimes.
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Il resserre son écharpe, tente de réchauffer ses mains frigorifiées en les frottant énergiquement. Rien n'y fait. Il a beau souffler tant qu'il peut sur ses bouts de doigts, sa chaude expiration ne change rien. Il fronce les sourcils, embêté. Ses doigts ne l'avaient jamais laissé tomber auparavant. Si cela continue, ils gèleront bientôt, et se briseront comme un verre tombant sur du carrelage. Que fera-t-il sans eux ?
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Survient soudain un arbre creux. Le Fou s'interroge un instant, hésite à entrer dans l'abri. Ce végétal est un illustre inconnu, et il peut être dangereux de s'inviter chez les gens sans leur autorisation. Mais l'arbre semble dormir, assoupi pour l'hiver qui vient, et il paraît si accueillant, alors qu'il fait si froid dehors ! Fi des tergiversations. Il va mourir gelé s'il ne se hâte pas. Le Fou s'approche du trou entre les branches, pousse un peu l'écorce. Comme rien d'horrible ne survient, il se glisse dans le creux.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg201.imageshack.us%2Fimg201%2F5396%2F99936280va9.jpg&hash=33a014bf7daa69b103738f2ced18b0c34ae97810)
Le Fou, recroquevillé dans l'abri de l'arbre, tarde à s'assoupir. Ses doigts maintenant chauds le brûlent. Il se retourne, tente de trouver une position confortable, sans y parvenir. Des branches cassantes s'enfoncent dans son dos et il se sent indésirable. Il se fait tout petit, espérant se faire oublier. Ses yeux se ferment parfois quelques instants, puis s'ouvrent à nouveau, sur le qui-vive ; la nuit sombre et froide est toutefois plus menaçante que ce creux inconnu.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg204.imageshack.us%2Fimg204%2F7154%2F89130529kk6.jpg&hash=c66611751f94a30563ec2263b942b3dc3f4bc888)
Au petit-matin, le nouveau soleil le surprend éveillé. Le ciel est dégagé, clair de tout nuage. Le vent s'est calmé, fatigué peut-être d'avoir tant joué la veille. Le nez du Fou le picote, il fait toujours aussi froid – voire davantage. Sans bourrasque pour les animer, les feuilles brunes qui couvrent le sol font penser à des cadavres en décomposition. L'humus est le cimetière des végétaux.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg367.imageshack.us%2Fimg367%2F8537%2F73383378ls3.jpg&hash=0a491d8069b23a5520826bb3ce606699c3d37ec4)
Le Fou gratte le sol du bout des doigts, soulève quelques feuilles. Il se sent triste pour l'arbre qui l'a accueilli. S'imaginer que c'est ainsi chaque hiver ! Qu'à chaque fois, l'arbre est amputé de ses membres puis doit les reconstruire ! Si le Fou perdait aussi souvent ce qui lui était cher, il ne s'en remettrait pas. Quelques feuilles s'accrochent encore vaillamment aux branches, cependant, chétives, elles ne tarderont pas à rejoindre leurs sœurs.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg204.imageshack.us%2Fimg204%2F8751%2F35438318ov2.jpg&hash=402d12ff30cc9b83acb0364324010803cd4d96bc)
Embêté, le Fou aimerait remercier l'arbre creux, lui offrir un cadeau. La nuit n'était pas très confortable, mais grâce à lui il possède encore tous ses doigts. Sans cet abri salvateur, ils auraient peut-être bien rejoint le cimetière des feuilles.
Feuilles qui l'attirent, l'enjoignent de les saisir. Elles ne souhaitent pas rester ainsi, mortes à jamais, abandonnées.
Le Fou se penche, saisit l'une des plus grandes feuilles, encore bien conservée car tout juste tombée. Il sort son fidèle crayon.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg516.imageshack.us%2Fimg516%2F6565%2F7bkl3.jpg&hash=fe0e4becf75a46c197da528af28de4438a133209)
Après tout, l'automne n'est pas qu'une fin.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fimg171.imageshack.us%2Fimg171%2F91%2F8btq7.jpg&hash=81f52ed14d1a2b7f9b00f7815f51cc1ebb56b407)