Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Poésie => Discussion démarrée par: Syntaxerror le 08 Janvier 2015 à 03:11:28
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Tu dois me dévêtir,
En haillons je ferais un plus fidel' servant,
J'écorcherai ma peau pour mieux te retenir
Et plongerai mon corps dans tes sables mouvants
Je t'ai aimé comme on se damne !
Et j'ai reproduit notre drame
Bien souvent
Chaque fois j'épargnais tes dessous indécents,
Tes ongles dans mon corps
Manquaient parfois de prise,
Mon âme oscille entre surprises
Et de déceptions,
Mes souvenirs des feux de circulation
Pour camarades à venir.
Il n'est jamais trop tard, dit-on, pour rajeunir,
Mais que fait-on si ce temps de toi
Je veux le retenir ?
Sous mon œil éthylé ton étoile était vive,
Elle semblait trembler comme sur une rive
La vague étreint le fret;
En un remous la mer emporte nos effets
Nos métastases sont au cœur,
Spasmes de joie et de douleur,
Ce sont nos gestes de recul
Quand le corps enfiévré tout entier s'articule
Vers un autre corps.
On aime jamais que les morts,
On les veut sans avenir,
C'est trop tard diront certains,
Vois ! Même si j'aime te voir mourir
Les soirs sans toi sont incertains.
Et quand tu n'es pas là
J'invente ici tes traces,
Puis je m'attable à notre place,
Plongeant en moi nos verres pleins
Nos alcools déjantés sont au foie ton refrain.
Bientôt de patienter je me suis avilis,
Alors je buvais plus.
J'épatais sur le zinc un bon compagnon russe,
En mon ventre, un hiver
Combien naissent et meurent endormis dans la bière !
De sky et d'amnésie
Puis de Sky Sky Lucy.
J'ai rampé comme un chien dans la niche des squats,
J'ai respiré l'humus et la flore bien moite
Des boites de cri-cri,
Et revenant souvent enivré de ces nuits
A l'ombre d'une brune
Dans des lits étrangers je me suis endormi.
Sous des feux éméché j'ai lutté de fortune,
Par mes pommettes molestées
Coulaient nos larmes brunes.
Comme des nattes tressées, des nattes,
Et comme elles tombant ; vois comme l'acrobate
Sur une joue descend !
J'ai cogné mes phalanges au sang
Sur des murs inconnus,
Parfois ça touchait.
Et frappant des corps nus je te reconnaissais.
J'étais cet affamé, ce camé, ce fêlé,
Alors j'ai pris vers le grand large,
Pas une mer ne m'a ramené.
Bah ! Faut-il être bien barge
Pour croire en la bonté
Lorsqu'on vit à crédit.
Je suis un marcheur dans la nuit
Par tes soleils alternée,
J'ai cru ma peine de treillis
Mais je me suis trompé :
Ce n'était qu'une ombre en la grande obscurité
Continuons ! Et quand un proche sourit
Sachez bien qu'un chagrin est là-dedans caché.
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Salut !
Pour être franc, au départ, la fatigue aidant, je survolais ton texte, j'avais du mal à y entrer, et puis d'un seul coup, ce vers m'a réveillé :
Sous mon œil éthylé ton étoile était vive
ma réaction a été : :o
puis : waaah !!! :)
alors j'y suis revenu ce matin, et il y a pas mal de trucs qui touchent carrément. Le mélange des registres, déjà, puis des vers par-ci, par-là, qui ressortent plus ; je te les mets en vrac :
La vague étreint le fret
[…]
Nos métastases sont au cœur
[…]
Ce sont nos gestes de recul
Quand le corps enfiévré tout entier s'articule
Vers un autre corps. (p***** j'aime vraiment bien ><)
[…]
On aime jamais que les morts,
On les veut sans avenir
[…]
Même si j'aime te voir mourir
Les soirs sans toi sont incertains.
[…]
vois comme l'acrobate
Sur une joue descend !
[…]
j'aurais pu en mettre deux-trois (voire quatre-cinq) autres, mais ceux-là sont ceux qui m'ont le plus frappé (phalanges en sang, hein). Une écriture forte, pleine de sonorités et d'images, vraiment bien.
Pour finir, deux-trois coquilles et remarques :
Bientôt de patienter je me suis avilis
avili
Mes souvenirs sont feux de circulation
j'aime pas trop quand on zappe les articles, m'enfin ;
et puis les rimes qui se suivent et perdent parfois de leur force (ici par exple : « Sous mon œil éthylé ton étoile était vive, Elle semblait trembler comme sur une rive » ; en même temps, le premier vers est tellement puissant sur ce coup, que c'est certainement inévitable) ; et la ponctuation forcée (sur le dernier vers : « qu'un chagrin est là-dedans, caché » ; il me semblait avoir remarqué le même effet sur un autre vers, mais je le retrouve pas).
Inutile de dire que j'ai beaucoup, beaucoup aimé (si ?) :)
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A part les rimes forcées, j'adore ! C'est à fleur de peau, très expressif.
"Sous mon œil éthylé ton étoile était vive,
Elle semblait trembler comme sur une rive
La vague étreint le fret;
En un remous la mer emporte nos effets
Nos métastases sont au cœur,
Spasmes de joie et de douleur,
Ce sont nos gestes de recul
Quand le corps enfiévré tout entier s'articule
Vers un autre corps."
A part le vers 2 (relevé par Le Bossu) :coeur: :coeur: :coeur: