Voici mon tout premier texte :-[ . Il est issu d'un petit jeu d'écriture d'un autre site dans lequel je me suis incrusté à la dernière minute. Les conditions étaient:
1. Lieu: une gare
2. Époque: Période des soldes
3. Mots à placer: absinthe, abstinent et Habeas Corpus
4. Durée: 60 minutes
Bonne lecture ;)
Si vous préférez l'écouter, c'est possible ici même: http://vocaroo.com/i/s1xJ0E5Z8Hwg
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Une cannette de jus de raisin.
Dans une gare, les gens passent, c'est bien connu. Ça se presse, ça se bouscule et ça vole, et pas forcément dans le sens poétique du terme. Bref, une gare reste une gare et c’est donc là, lieu anonyme où les plus belles rencontres se font et se défont, qu’Hubert à posé son carton avec ses deux potes, Charles-l’abstinent et Léopold-le-découvreur-de -substances-enivrantes.
Pendant que Charles et Léopold boivent tranquillement une nouvelle bière, de l’Habeas Corpus, découverte par Léopold dans les vestiaires des conducteurs de train, Hubert, un brin plus poète, regarde les gens courir après un train qu’ils n’auront pas, trop encombrés de sacs multicolores et multimarqués.
Cependant, Hubert, bien que vivant dans une société parallèle que peu de gens sont aptes à remarquer, tient un commerce. Petit, soit, mais commerce quand même. Il vend des cendriers en peau de canette. Une canette de jus de raisin, voilà qui avait fait l’affaire de la dernière œuvre d’Hubert en ce second jour de l’année pour compléter son offre toujours grandissante. Il la pose comme les autres, sur le carton présentoir avec l’affiche, période de solde oblige, « 50% sur tous mes cendars : 0,25€ au lieu de 0,50€ ».
Une pause. Deux paires de pieds emmitouflés s’arrêtent devant le carton présentoir. Hubert lève la tête et voit. Non pas Dieu et son fils qui vient de naître, mais deux voyageurs un peu perdus. Pardon, c’est bien la gare du Nord ? ; Ah non, celle-là, c’est à l’autre bout de la ville. Faut prendre le métro ; Merci.
Bien que peu ordinaires, les trois frères de galères redeviennent finalement transparents et le commerce d’Hubert ne fonctionne pas. Finalement, rien de plus normal. Hubert met une main dans sa besace, ressort sa vieille bouteille d’Absinthe, la seule bibine qui lui permet de relativiser sa situation et de se dire que, au final, sa vie n’est pas plus merdique que celle des autres. Au moins moi je ne m’encombre pas, un carton, des cendriers, et ma verte bouteille pour observer cette gare sous un angle nouveau.