J'avoue que j'ai un peu peur de poser ce texte car il n'a pas été véritablement travaillé. C'était d'ailleurs le but. Il s'agit ici d'un texte écrit presque en écriture automatique le temps d'écouter quelques morceaux improvisés (pour la plupart) que j'avais enregistrés au piano (disponible ici si vous voulez l'écouter (http://www.jamendo.com/fr/list/a100677/busquedas-exploratorias-octobre-2010-octobre-2011)). J'avoue que j'ai été surpris par le résultat et j'ai donc décidé de laisser ma peur de côté :)
Bonne lecture
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La recherche.
Tout commence par une recherche. Mais quoi. Le noir semble entourer la masse en mouvement. La recherche du mouvement prend forme. Elle peine mais débute. Soudain des branches jaillissent de la masse. Elles cherchent. Elles recherchent jusqu'à faire corps avec le sol. Le sol, lui, ne tremble pas. Soudain, la vivacité. Elle guette la masse et l’éclaire avec sa splendeur qui diminue au fur et à mesure que la tourmente cherche à s’immiscer.
Des branches jaillit un corps. Seul. Au début. Mais vite rejoint par d’autres qui se forment. Des corps ne se reforme plus qu’un. Seul. Toujours dans cet environnement sombre. Des bras tentent de s’extirper mais la tourmente ne fait que revenir.
Des jambes, des bras. La lumière vient éclairer la tourmente qui s’ébat puis s’évanouit. Mais dans la lumière, que se passe-t-il ? Une autre masse s’agglutine et entame le même processus. Des branches, des bras, des jambes veulent s’extirper. Mais la tourmente les reprend.
Deux masses. Elles s’attirent. C’est scientifique. Les branches, les bras, les jambes des masses s’entrecroisent, se touchent se caressent et cherchent à se connaître. De l’enlacement naît une troisième masse. Plus petite mais plus aiguë, plus vive. Elle aussi, elle cherche. Se déployer plus vite, plus rapidement. Elle gonfle, semble également vouloir se rapprocher des masses qui ne font maintenant plus qu’une. Elles se croisent, se touchent, s’assemblent. C’est beau, mais ce n’est pas l’effet voulu. Le profit de l’instant fait place à la recherche. La recherche de quoi ? Les masses se redivisent. En quatre cette fois-ci. Il n’est plus question de reproduction mais simplement de poésie.
Des quatre naissent des petites mains. Une odeur de femme, de jonquille et de lilas envahit l’espace mais disparaît aussi vite. Les bois sont présents maintenant. Les masses ont pris forme humaine mais la tourmente semble toujours entourer ces êtres créés. Demain est un autre jour. On oublie mais rien n’y fait, tout recommence. Le brouillard est né de l’incompréhension. Des masses devenues hommes, il n’y a pas de doutes, la recherche continue.
Ça bouge, même fortement. La ligne qui portait l’horizon ne porte plus rien et les masses, les hommes, tombent dans un précipice qui n’a pas de fond. Soudain. Poc. Des squelettes sortent des corps et dansent. Une tête titanesque fait son apparition, elle rit, pleure, se retourne et dans ses yeux, les squelettes dansent toujours. C’est effrayant mais après tout, il continue à chercher.
Chercher dans une pièce obscure trouvée au fin fond du cerveau. La matière est épaisse, molletonneuse et j’y suis bien. Moi. Je suis donc là. Dans un cerveau molletonneux duquel je cherche la sortie. À travers les membranes, je sors. De l’oreille le son s’éteint.
J’ai le vertige. L’équilibre me quitte mais je tiens tête malgré la tourmente qui serpente mon cœur. Je me sens fébrile. Je résiste mais rien n’y fait, je me tourmente. La tourmente m’a gagné. La tourmente a gagné. Alors je plonge, je ne regarde plus. Pourtant, autour de moi, les quatre masses s’agitent en faisant de lents mouvements. La plongée a été finalement plus rapide que je ne le croyais. J’ai plongé dans une des masses. C’est inattendu. Fluide, mais je ne sais plus. Je commence à perdre conscience et me transformer en masse.
La masse. Objet de la recherche. A envahi l’espace. Il prend les fonds et les sommets jusqu’à ne laisser aucun espace. La masse contient finalement tout et pourtant, encore, toujours, la matière organique refait surface. Des branches cherchent à s’épanouir en dehors de la masse. Doucement, les branches entrent en mouvement, faiblement. Elles poussent, rendent l’espace sombre. La multitude entoure la masse. Éclair.
La tourmente, encore elle. Joue avec la masse. La roule, la piétine, la bascule, la bouscule, la met dans son chou-fleur et la mange. La tourmente est seule. Tourmentée, elle ne sait plus quoi faire. Petit à petit, elle se racrapote et de ce racrapottement jaillit une masse. Une masse que la tourmente reprend dans son contexte. Elle joue avec, la roule, la piétine. Mais cette fois, elle a bien compris. Elle ne la mange pas, elle la fait grandir. Plus la masse grandit, plus elle est tourmentée. La masse se sent petite malgré sa taille. Tout ce qui l’entoure est grand.
Le vent la fait tourner. Elle s’échappe par un air mélancolique, elle virevolte. Cet air n’est pourtant pas précieux. Il est juste rare. Les branches tentent de nouveaux l’exploit de sortir de la masse. Des feuilles poussent. Les bourgeons sont là aussi mais quelque chose ne va pas. Les bourgeons n’ont pas la bonne couleur. La tourmente. Elle revient. Au sein même de l’élément florissant de la masse. Elle s’immisce au bout des branches pour reprendre ces bouts de ficelles en main.
En main ! En main ! A qui appartiennent-elles ? A qui ? Je les regarde, les ausculte et me rend compte soudain qu’elles sont à moi. La tourmente. La masse. Les branches. Les mains. Mes mains. Cette masse n’est rien, c’est moi qui la tourmente. Je suis la tourmente. Mes mains…. Mes mains…