Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Rouge Vif le 24 Novembre 2014 à 18:03:39
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X ème billet
Darwinisme masculin - Jésus - Millennium Bridge - rue Buffon
Assez réfléchi, se disait-il, il est temps de se mettre au travail.
Il avait vu, il y a quelques années, des gravures d'oiseaux et de papillons, sur le bord de la Tamise, près du théâtre de Shakespeare où il se trouvait un après-midi de printemps ensoleillé.
Londres, une ville verte avec ses grands parcs, surveillée par des caméras. Chacun pouvait trouver l'intimité de ses trajectoires urbaines percée.
Une ville habitée aussi, avait-il remarqué, par une espèce singulière : des jeunes femmes très peu habillées, même en hiver. C'était à la mode, apparemment, ça devait fonctionner dans leur écosystème, somehow, avec le froid. Il se demandait. Ça l'excitait, malgré tout.
Encore ce cerveau ancien à l'œuvre, se disait-il, le stimulus, la réponse du cerveau et la réaction du corps. La base de la vie, du simple, du rassurant, vivant et animé.
Les gravures sur papier crème, épaisses, agréables au toucher. Vieillies artificiellement ou non, il ne le savait pas. Les motifs et couleurs étaient des plus classiques, dans le style d'Audubon. Il était tout de suite tombé sous le charme de ces scènes, des oiseaux exotiques aux domestiques, le dodo disparu depuis longtemps, les insectes et les végétaux. Ça sentait la belle campagne anglaise, la chasse en moins. Scènes calmes et plaisantes, le cou de l'oie si bien courbé dans son mouvement, si naturel, si élégant, si bien trouvé. Les détails étaient exécutés avec la plus grande délicatesse.
Il pensait aux grands voyageurs, aux navigateurs et naturalistes, aux quelques humanistes et à ceux consommés par les cannibales sous la croix du sud.
Ils avaient rempli carnets et planches avec les mêmes témoignages, ils avaient le temps de dessiner ce qu'ils avaient vu, les voyages en voilier duraient des années. Leurs bateaux rapportaient d'autres preuves, parfois, s'ils avaient eu bon vent et beaucoup de chance : des petits humains de couleur de bronze, et peu vêtus comme sortis tout droit de la forêt. Des animaux qu'on n'avait jamais vu nulle part. Curiosités minérales de toute sorte ou insectes soigneusement classifiés, hiérarchisés dans leur étrangeté. Des fruits, des tiges et des graines. Des sachets de trésors. Des poules étranges.
C'était un brocanteur originaire du Yorkshire qui vendait ces gravures, parmi ses autres livres et objets de collection. Peu de touristes du Millennium Bridge venaient jusque là. Il n'avait jamais vu une telle collection en vente, il était resté un bon moment, ils discutaient.
Il avait fait connaissance, à Paris, d'un homme qui vendait des objets d'art dans sa boutique rue Buffon. Des gravures, des meubles, toute sorte d'objets. Comme s'il les trouvait au musée d'en face.
Il avait du goût, ce brocanteur, un brun aux cheveux longs et entremêlés qui ressemblait à Jésus, il plaisait aux femmes. Un coureur de jupons avec un penchant pour les alcools forts. Il connaissait l'ébénisterie, les grands maîtres artisans, l'histoire des styles anciens. Les techniques et les ruses du métier. Les commissaires-priseurs, Drouot, les ventes aux enchères. Il passait ses soirées avec les actrices et chanteuses de l'opéra comique jusqu'au petit matin, où il rejoignait, mal rasé, les puces de Vanves pour veiller à ses affaires. Il tenait salon à la villa de l'Ermitage ou mangeait des sardines grillées sur une terrasse de café à cinq heures de l'après-midi.
Sa petite boutique était sombre et décorée avec du fer forgé, tous ces objets, variés, en ivoire, en tissu et les animaux empaillés. La multiplication des odeurs, cuir, poussière, vanille, cire; il avait toujours des lys blancs dans un de ses grands vases, avec leur odeur forte dans la décomposition, comme la fleur de tiaré, ça montait à la tête.
C'était beau, le gars était drôle et un bon vivant. Les gens venaient boire le café, il avait une machine dans son arrière-boutique.
Finalement, il n'avait rien acheté, ce jour là, à Londres. Pas envie de faire une transaction monétaire, ça ne lui semblait pas digne de ces objets. Il se contentait de regarder une dernière fois puis s'en allait.
Ils avaient parcouru la ville, ils avaient été aux puces de Notting Hill, puis au cinéma, où il y avait des fauteuils en cuir. Au fond de la salle, sous la petite fenêtre de la cabine de projection, il y avait tout un lit en cuir, un grand canapé pour deux, on leur disait, c'est pour les amoureux.
Ils avaient quitté les couleurs jamaïcaines pour rejoindre Sloane square, le Londres branché avec ses cafés et marchands de fleurs. Les quartiers de la "gentrification", où les magasins au design épuré, nordique, les boutiques se vantant de la mode "cottage en ville", décorés dans le style Laura Ashley ont, depuis longtemps, chassé les commerces plus traditionnels. Les habitants traditionnels de ces quartiers, eux, ont de plus en plus de mal à payer les loyers qui montent.
Il aimait assez les anglais, il fêtait, comme la reine, deux anniversaires par an, l'un en avril, l'autre en juin quand les jardins étaient prêts et le temps plus clément pour la garden party.
Un jour il irait voir Maryon Park, peut-être y avait-il quelque chose à voir, un mouchoir d'Antonioni, un cheveu de Vanessa Redgrave.
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Salut !
Bon, d'abord le détail, puis le commentaire global à la fin. Mon avis n'engage que moi, hein ;)
Assez réfléchi, se disait-il, il est temps de se mettre au travail.
Je commence par du pinaillage, mais j'aurais plutôt mis "se dit-il". L'imparfait donne une idée de longueur dans le temps, de truc qui dure, du coup à moins qu'il se dise ça toute la journée et qu'il ne le fasse pas parce qu'il procrastine chaque fois, je pense que le passé simple est plus indiqué.
Il avait vu, il y a quelques années, des gravures d'oiseaux et de papillons, sur le bord de la Tamise, près du théâtre de Shakespeare où il se trouvait un après-midi de printemps ensoleillé.
Autre pinaillage : dans un texte au passé, je trouve maladroit l'utilisation du "il y a quelques années" - à cause du présent soudain, ça sort un peu la tête du texte et ça fait bizarre. C'est une locution, pas vraiment un verbe, on peut pas dire "il y avait" parce que c'est moche, mais généralement, on peut contourner le problème avec une reformulation. "Il avait vu, quelques années auparavant, des gravures d'oiseaux..."
Sinon, la phrase est un peu longue, je sais pas si la dernière partie est très nécessaire (à partir de "où"). La phrase gagnerait en fluidité en étant plus courte.
Chacun pouvait trouver l'intimité de ses trajectoires urbains percée.
Trajectoires urbaines.
Sinon, c'est l'intimité, qui est percée ? Je trouve ça un peu bizarre et pas très naturel, comme formulation.
Ils avaient parcouru la ville, ils avaient été aux puces de Notting Hill, puis au cinéma, où il y avait des fauteuils en cuir.
Pourquoi "ils" ? Jusque-là ton personnage est tout seul, ce pluriel sort un peu de nulle part.
Au fond de la salle, sous la petite fenêtre de la cabine de projection, il y avait tout un lit en cuir
Répétition du "en cuir" que tu utilises déjà la phrase d'avant.
les boutiques se vantant de la mode "cottage en ville", décorés dans le style Laura Ashley ont, depuis longtemps, chassé les commerces plus traditionnels. Les habitants traditionnels de ces quartiers, eux, ont de plus en plus de mal à payer les loyers qui montent.
Répétition.
Je remarque aussi que le "Ils" a disparu, pourquoi ?
Alors, j'ai pas réussi à rentrer dans le texte. Je vois pas vraiment où tu veux en venir en fait, ce que tu cherches à montrer/démontrer. J'ai eu une impression un peu décousue de lieux que tu décrivais. Je me disais que ça trouverait son sens à la fin, mais ça s'arrête assez abruptement sur... je ne sais pas. Je n'ai pas réussi à suivre ta plume et je me suis perdu en route. Surtout vu la manière dont tu démarres, cette pensée dont on attend un écho pendant tout le texte et qui n'arrive jamais. Se mettre au travail, quel travail ? Le plus-que-parfait pendant tout le texte donne l'impression qu'il est juste perdu dans ses souvenirs, pas qu'il se met au travail. Et du coup, y'a rien qui raccroche à ce début et je me suis demandé ce qu'il faisait là, ce que je devais attendre du texte.
Après j'ai peut-être raté un truc, c'est possible aussi.
Bref, voilà. J'ai pas accroché, j'ai pas su rentrer dans le texte, j'ai pas réussi à suivre ce que tu voulais dire et j'ai pas vu où tu voulais en venir. J'ai l'impression qu'il manque un truc, une espèce de lien entre tout ça. Voilà. Désolé :-[
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bonjour,
c'est toujours agréable si qqn se donne la peine de lire ce que l'on a écrit, peut-être par conscience de rôle (modérateur), dans le commentaire précédant?
pour ma part, je m'abstiendrais de laisser un commentaire sur un forum si un texte ne me plaît pas (et s'il n'est pas injurieux ou autre...)
On n'en finirait pas, d'ailleurs, tant les goûts et parfums sont différents.
Mais je viens d'arriver, c'est ma première contribution. Peut-être le style de ce commentaire reflète le style de ce forum, des écoliers, peut-être jeunes étudiants qui se hâtent d'exercer leur jugement en formation, qui débutent dans la vie, narrative ou imaginée, réelle aussi; on ne peut que leur souhaiter que l'expression 'critique constructive' rentrera un jour dans leur vocabulaire, pourquoi pas accompagnée des mots sensibilité et respect, le mot 'artistique' viendra ou non, ça dépend ;)
Bon élève que je suis, j'ai laissé une petite présentation dans la rubrique adaptée, par respect des règles du forum et par respect des autres auteurs.
Je suis contre le pointless.
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Bonjour,
Eh oui, je suis jeune écolier...
et pinailleur.
"C'était beau, le gars était drôle et un bon vivant" mérite réflexion ; "drôle et bon vivant" ? ça me gêne d'associer adjectif et substantif de cette manière. Faudrait trouver une autre formulation.
"Il avait du goût, ce brocanteur, un brun aux cheveux longs et entremêlés qui ressemblait à Jésus, il plaisait aux femmes." Même topo, trop de virgules, phrase fourre-tout ; elle décrit bien mais me paraît maladroite et déséquilibrée.
"Sa petite boutique était sombre et décorée avec du fer forgé, tous ces objets, variés, en ivoire, en tissu et les animaux empaillés." Pareil ; "du fer forgé, tous ces objets", empilage de mots avec trop de virgules ; et "les animaux empaillés", .
Tout y est, certes ; on connait tous cette boutique-là... Mais manque de la construction de phrase.
Dommage, car l'ensemble est clair, documenté (Ah, Audubon !) et TRES lisible.
Bref, continue à t'amuser à écrire, avec humour et dérision aussi, ça aide dans la vie de tous les jours et dans les rapports humains.
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.... même commentaire qu'auparavant.... perte de temps
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bonjour,
c'est toujours agréable si qqn se donne la peine de lire ce que l'on a écrit, peut-être par conscience de rôle (modérateur), dans le commentaire précédant?
pour ma part, je m'abstiendrais de laisser un commentaire sur un forum si un texte ne me plaît pas (et s'il n'est pas injurieux ou autre...)
On n'en finirait pas, d'ailleurs, tant les goûts et parfums sont différents.
Mais je viens d'arriver, c'est ma première contribution. Peut-être le style de ce commentaire reflète le style de ce forum, des écoliers, peut-être jeunes étudiants qui se hâtent d'exercer leur jugement en formation, qui débutent dans la vie, narrative ou imaginée, réelle aussi; on ne peut que leur souhaiter que l'expression 'critique constructive' rentrera un jour dans leur vocabulaire, pourquoi pas accompagnée des mots sensibilité et respect, le mot 'artistique' viendra ou non, ça dépend ;)
Bon élève que je suis, j'ai laissé une petite présentation dans la rubrique adaptée, par respect des règles du forum et par respect des autres auteurs.
Je suis contre le pointless.
Attends, t'es là pour quoi ?
J'capte pas trop, franchement. J'veux pas être méchant, hein, mais c'est quoi le but ? Ne recevoir que des avis positifs ? Quel intérêt ?
Le message de Rain est purement subjectif, personnel, et il n'exprime que son avis : c'est donc à toi de trier et de prendre ce que tu considères comme "probable" à reprendre et ce que tu veux garder. Je ne veux pas être méchant, mais personnellement, je préfère quand on me démonte un texte assez précisément plutôt qu'un commentaire encensant.
Infantiliser ton lectorat, de même, en le réduisant à une ribambelle d'étudiants et d'écoliers, en parlant de respect : je ne vois aucun manque de respect dans le message de Rain, bien au contraire : c'est dans le tien que je vois un susceptibilité assez impressionnante. Va faire un tour sur les autres sujets, il me semble que certains textes se font démonter et que les auteurs savent pertinemment que les avis n'expriment que du subjectif.
La réelle perte de temps elle est pour ces deux personnes qui t'ont laissé un avis (dont tu fais ce que tu veux) et sur lesquelles tu craches ouvertement.
J'suis ahuri, là, je voulais te commenter, mais vu que j'suis pas trop du genre à juste laisser un "j'aime ou j'aime pas", et que j'me sens moyen d'être réduit à un écolier, je vais m'arrêter là. Bon courage pour la suite.
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Salut !
Nos remarques à Georges et moi me paraissent en tout cas plus "constructives" que tes réponses. Si je commente un texte, ce n'est pas en ma qualité de modérateur : c'est parce que je l'ai lu, que j'ai un avis dessus et que le but de ce forum est d'aider les autres à s'améliorer en pointant du doigt ce qui nous gêne en tant que lecteur.
Je ne pense pas avoir été désagréable dans ma critique. Je ne suis pas là pour te jeter des fleurs si je n'ai pas aimé ton texte, cependant je n'ai pas non plus l'impression de te descendre outre mesure. Je n'ai pas spécialement apprécié la lecture, bon ; c'est parce que j'ai trouvé des problèmes de construction et de cohérence que j'ai relevé et explicité un minimum. Le sujet ne m'emballe pas plus que ça, mais c'est une question, comme tu l'as dit de goût et de couleur. Par contre que j'aime ou non le fond du sujet, je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas donner mon avis pour t'aider à l'améliorer d'une manière qui le rendra plus fluide à la lecture : c'est un peu le principe de ce forum, ça me semble plus agréable pour l'auteur aussi de savoir que les gens sont honnêtes et prennent le temps de relever ce qui leur paraît améliorable.
Surtout à la lumière de tes propres commentaires qui, c'est sûr, sont hautement détaillés, constructifs et pertinents. Maintenant, je suis au courant de tes attentes et je me garderai de commenter tes textes à l'avenir.
A bon entendeur.