Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: nevizhed le 12 Novembre 2014 à 19:36:46
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(Salut tout le monde, nouveau texte, bonne lecture :) !)
Le jouet de l'existence
Au cours de sa vie, elle avait juste voulu un peu d'amour. Qu'on lui prête attention et qu'on arrête de la prendre de haut. Elle baissait les yeux devant ses regards dédaigneux. Sa bonne humeur s'assombrissait petit à petit au long des années.
Elle était oppressée, elle voulait bien faire, être comme les autres, or, ils ne l'acceptaient pas. Elle était seule, regardant le ciel à la recherche de doux rêves envolés.
Parfois, sur un carnet de notes, elle marquait des petites histoires, ses désirs fous, mais il arrivait aussi que d'autres étudiants se moquent de ses écrits et, par la suite, d'elle.
Alors elle arrêtait d'écrire, de rêver, de respirer, car soi-disant elle polluait l'air. Elle voulait se faire petite, et paraître inexistante.
Puis un jour, des « camarades » vinrent à elle. Elle était folle de joie, qu'enfin, on s'intéresse à elle. Ils lui proposèrent de faire un jeu pour cette nuit. Le soir même, elle se rendit, crédule, sur le lieu de rendez-vous, on lui banda les yeux d'un foulard. Ils l'amenèrent dans un endroit qui lui était inconnu. Elle sentait des lattes métalliques, sous ses pieds. Ils se sont ensuite cachés, tandis qu'elle croyait que c'était un jeu.
Soudainement, on entendit un tumulte de bruits imperceptibles. La jeune fille cherchait encore, elle riait, elle était contente de ne plus être invisible.
Au fur et à mesure que le bruit se rapprochait, elle commençait à s'interroger mais sans vraiment s'inquiéter. Elle tomba, son pied se cramponna dans quelque chose, sous l'effet de la douleur de la chute, elle retira son écharpe.
Elle tourna sa tête vers la lumière qui l'éblouissait. Derrière, une bête mécanique avançait à une vitesse folle. Elle avait peur, elle ne pouvait plus bouger, elle tremblait.
Eux, spectateurs d'un fait dont ils connaissaient déjà la fin, contemplaient, impuissants. Elle regarda dans leur direction, elle les vit ne rien faire. D'un coup, sa peur se convertit d'abord en tristesse accablante, puis en une haine démoniaque. Un rictus de dégoût se forma sur son visage, elle était outrée par ces humains, si faibles et ignorants. À ce moment-là, elle aurait aimé les écraser un par un. Leur faire goûter à la souffrance qu'elle avait subie pendant de trop longues années.
Ils virent son regard, empreint d'animosité et regrets. Elle leva la main pareille à une revenante. Enfin, elle s'éteignit sous les rails du train en des bruits de craquements. Plus aucune trace.
Mais maintenant, sur la conscience de tous ces étudiant, s'imprimaient un fort sentiment de culpabilité.
Pauvre fille qui n'avait été, ni plus ni moins, qu'un pauvre jouet dans les griffes de l'existence.
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salut nevizhed !
ça fait longtemps ! c'est parti !
Qu'on lui prête attention et qu'on arrête de la regarder de haut. Elle baissait les yeux devant ses regards dédaigneux.
vilaine répétition ! tu peux la virer facile en mettant "devant les dédaigneux" tout court !
Parfois, sur un carnet de notes, elle marquait des petites histoires, ses désirs fous, mais il arrivait aussi que d'autres étudiants se moquent de ses écrits et, par la suite, de elle.
d'elle
elle commençait à s'interroger mais s'en vraiment s'inquiéter
sans
son pied se crocheta dans quelque chose, l'écharpe chuta.
se crocheter ne me parait pas adapté. / pas de raison que le foulard glisse en trébuchant
D'un coup, sa peur se muta d'abord en tristesse accablante
se muter sonne mal ici
elle était outrée par ses humains, si faibles et ignorants
ces
Leur faire goûter à la souffrance qu'elle avait subite pendant de trop longues années.
subie
hop là.
bon, hum hum. C'est assez trash, ignoble même. j'espère que ce genre d'histoire ne se déroule pas dans la réalité ! en général les bizutages ou autres conneries de jeunes tournant au meurtre ne sont pas destinées à tuer à la base, ce sont des horreurs qui tournent mal, encore plus à l'horreur que ce qui avait été imaginé quoi.
bref, y a un côté fait divers que je trouve dans ton texte et qui me plait pas, comme tout ce qu'on voit sans arrêt sur le net ou ailleurs avec un vrai côté pervers "oh là là c'est terrible ! et pis en fait tout le monde le regarde et se le montre", comme les attroupements autour des accidents et autres quoi. Rebref, la partie intéressante de ton texte à mes yeux touche plutôt la difficulté pour certain de se sociabiliser, de s'intégrer dans un groupe, et la détresse qui résulte de cette solitude et des moqueries des autres.
Côté forme, un epu trop de "elle ceci, elle cela" mais ça passe quand même ;)
@+
Milla
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Il semble qu'il n'y ait pas de limites à la cruauté et à l'imagination des hommes. Un texte qui en dit long sur le sujet et sur la détresse que l'on peut ressentir quand on est exclu, au point de finalement faire n'importe quoi pour se faire accepter.... Cela vaut pour toute forme d'exclusion...
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Salut Milla et Firenz ! :)
Merci beaucoup pour ton comm' constructif, milla et pour celui qui joue plus sur la psychologie, celui de Firenz ! :)
C'est vrai que c texte fait un peu trash, en fait je n'ai pas énormément travaillé sur ce texte. Je l'ai imaginé suite à une photo, celle-ci : (https://fbcdn-sphotos-g-a.akamaihd.net/hphotos-ak-xfp1/v/t1.0-9/s851x315/10347252_336844659827335_4236730200879902860_n.jpg?oh=d9576cb2c5322a346cbe7500bddb901b&oe=551898AE&__gda__=1423565470_fe73f348147927af9dab86cc22e2fd75)
Justement j'ai joué dans le hard au niveau de la violence pour mettre vraiment en valeur la cruauté de l'Homme, à quel point il peut être ignoble et c'est également pour rappeler à l'Homme de ne pas de venir une bête de violence, il faut garder un soupçon d'humanité ! :)
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C’est très difficile de s’attaquer à des sujets vraiment dramatiques, on n’a encore moins le droit à l’erreur que pour les autres sujets, d’ailleurs on n’a pas le droit à l’erreur du tout, et il faut absolument éviter la sensiblerie, le pathos à outrance, les clichés, le voyeurisme etc… Bref, tu n’as pas choisi le plus facile! ;) Et il y a pourtant du potentiel dans ton texte! :) De l'idée, et de la sensibilité!
Personnellement - et ce n’est que mon tout petit avis de lectrice, je pense que ça aurait été plus crédible si l’intention première des autres jeunes n’avait pas été directement et carrément de la tuer, mais plutôt un jeu sadique qui aurait mal tourné, ce qui aurait aussi le mérite de crédibiliser le sentiment de culpabilité des auteurs de la tragédie à la fin, après la mort de la fille, quand ils se rendent compte de leur incommensurable connerie.
Perso, j’enlèverai le premier paragraphe, pour entrer directement dans l’histoire, et rendre le tout plus percutant, et essaimerais dans le deuxième paragraphe juste quelques indices bien distillés sur le caractère de la fille, sa fragilité et tout ça.
Ça paraîtrait d’autant plus cruel pour le lecteur s’il entrait dans le texte lui aussi en pensant qu’il ne s’agit que d’un jeu, enfin tu vois ce que je veux dire je pense…
Au plaisir de te croiser à nouveau, cher Nevizhed...
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Salut Nevizhed,
Elle baissait les yeux devant ses regards dédaigneux. Sa bonne humeur s'assombrissait petit à petit au long des années.
Plus-que-parfait ici (passé dans le passé) -> "s'était assombrie"
Parfois, sur un carnet de notes, elle marquait des petites histoires,
tu peux remplacer "marquait" par "raconter" ou tout autre verbe de narration, on sait que c'est sur le carnet.
(pas trop joli "marquer des histoires")
Elle voulait se faire petite, et paraître inexistante.
utiliser "paraître" pour dire qu'elle veut être invisible me semble pas être un bon choix.
Elle sentait des lattes métalliques, sous ses pieds.
des lattes métalliques ? sur une voie ferrée ?
Ils se sont ensuite cachés, tandis qu'elle croyait que c'était un jeu.
donc ce n'en est pas un ?
Elle tomba, son pied se cramponna dans quelque chose, sous l'effet de la douleur de la chute, elle retira son écharpe.
"se cramponner", c'est un acte volontaire, non ? Tu veux pas plutôt dire qu'elle se coince ?
Elle tomba, son pied se cramponna dans quelque chose, sous l'effet de la douleur de la chute, elle retira son écharpe.
"sous l'effet de" me semble maladroit. On comprend bien qu'elle réagit parce que la douleur lui ôte son insouciance initiale, mais tu gagnerais à le dire autrement je pense.
Eux, spectateurs d'un fait dont ils connaissaient déjà la fin,
"la fin d'un fait", bizarre comme tournure
D'un coup, sa peur se convertit d'abord en tristesse accablante, puis
d'un coup / d'abord / puis Je pense que le "d'un coup" est de trop.
Mais maintenant, sur la conscience de tous ces étudiant, s'imprimaient un fort sentiment de culpabilité.
s à étudiants
s'imprimait (le sujet est "le sentiment")
Sur la forme, je ne comprends pas bien la motivation des étudiants d'assassiner la fille. Et :
spectateurs d'un fait dont ils connaissaient déjà la fin,
ils savent qu'elle va mourir, pas de doute.
Voilà pour le détail.
Sinon, c'est assez prenant, fort, avec certainement des voies d'amélioration mais tu traites bien ton sujet, on sent de la révolte.
Au plaisir,
Rémi
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J'aime beaucoup ce texte. Je suppose qu'en tant que cynique j'aime bien ce genre d'histoire cruelle, d'autant plus appréciable que reflétant une réalité.
Dans le premier paragraphe tu décris bien les pensés de personnages, son aliénation face au rejet, crescendo, c'est ça qui fait qu'on s'identifie bien au personnage dès le départ. Il y a une monté en horreur au fur et à mesure que le lecteur comprend ce qu'il se passe et dissipes rapidement ses derniers doutes.
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Salut Nevizhed,
Cela faisait longtemps que je n'avais lu un de tes textes.
Ici, l'histoire est intéressante mais la narration est déséquilibrée, allant trop vite sans permettre au personnage de s'installer et à l'horreur de prendre corps. Du coup, c'en est presque anecdotique. La chute en pâtit.
Bye
Donald.
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Bravo, c'est un très beau texte. L'écriture en es fluide, la teneur riche et je me suis vue lire et relire ton histoire! Venant tout juste d'atterrir sur ce Monde de l'Écriture, le titre m'a d'abord intrigué et la lecture m'a enchantée. Merci pour ce partage et à très bientôt de te lire encore.
DA Lavoie. :)