Ce texte est le premier que je poste, j'espère qu'il vous plaira car il est un peu étrange. A vous de le comprendre à votre manière, partagez vos impressions/critiques que je puisse m'améliorer. Il y a une suite à ce texte que je travaille en ce moment que je posterais peut-être. En attendant, bonne lecture...
La réalité du rêve
La musique résonnait dans le vaste appartement, les murs vibraient sous la puissance de la basse et de la batterie. La clarté de la lune filtrait par la fenêtre, éclairant le salon poussiéreux. Le vent gonflait doucement les rideaux de soie, laissant un petit air frais rafraîchir la pièce. La musique jouait toujours, comme le grondement du tonnerre gagnant de l'ampleur à chaque battement, tel un cœur qui bat. La maison semblait vivante comme si le son qui se jouait à l’intérieur faisait partie d’elle. Il fallait s’aventurer plus loin, juste pour voir, juste une seule fois. Le cœur battant à tout rompre, elle ouvrit la porte qui emmurait la mélodie. Mais la porte ne s’ouvrit pas, et la musique se tût. Elle tourna à maintes reprises la poignée rouillée, mais la porte ne céda pas. Malgré ses coups de pied, ses coups d’épaules, rien ne semblait pouvoir faire ouvrir cette fichue porte. Les forces venaient à lui manquer, il lui fallait abandonner. Mais elle ne pouvait pas, pas comme la dernière fois ; pas encore, pas cette fois…
C’était à chaque fois la même chose, toujours à ce moment que tout se gâtait. La lumière lunaire disparue peu à peu plongeant la maison dans le noir complet, la musique recommença d’un rythme plus lent, moins enragé. Elle voulait attendre que la musique sorte de l’issue, qu’elle vienne l’envelopper de sa douce mélopée comme des bras protecteurs; elle attendit que le soleil se lève. Mais rien ne vint. Elle était assise depuis ce qui lui parut une éternité sur sa petite marche en bois et jamais rien ne vint. Elle attendit, encore et encore. La musique ne s’arrêtait pas, il ne s’était pas passé une minute sans qu’on ne l’entende jouer. Elle avait peur que la musique se coupe soudainement et que son coeur taise ses battements aussi. La guitare résonnait dans son esprit même si elle n’était plus sûre de distinguer la réalité du songe. Ses mains étaient rongées jusqu’au sang à présent, combien de temps était-elle restée là ? Son ventre criait famine, ses os étaient de plus en plus soulignés sur sa peau pâle et ses yeux étaient marqués par des cernes noires. Les cheveux en bataille et les lèvres craquelées elle devait ressembler à un zombie. Pas assez présentable pour sa sérénade, elle passa une main dans sa chevelure foncée. Une masse de cheveux décolorés resta entre ses doigts, entremêlés ensemble. Son visage devint livide, un cri franchit ses lèvres mais mourut au fond de sa gorge enrouée. Elle était incapable de bouger ses muscles, elle ne sentait plus son corps, elle vit sa carcasse tomber faiblement sur le plancher. Inanimée.
La porte s’ouvrit alors, comme si l’abandon de son corps avait ouvert un passage. Une silhouette s’arrêta au pas de l’entrée comme hésitante à sortir. L’individu souleva la carcasse humaine aussi facilement qu’une poupée de cire. On ne pouvait distinguer que sa chevelure enflammée d’un rouge tout droit sortie des enfers. Il jeta le corps sur un des fauteuils du salon où, d’autres ossements de forme humaine siégeaient sur le canapé et fauteuils.
Elle avait gratté le siège jusqu’à en découvrir la mousse et les ressors. L’homme la regardait toujours sans expressions sur le visage, prenant ses notes comme à son habitude. Il ne savait plus quoi faire non plus, pourtant il avait tenté de la faire parler mais elle esquivait le sujet à chaque fois continuant ses tics nerveux.
Rare était les fois où elle parlait, même un regard de sa part était rare. Ce jour là il eu droit de découvrir pour la seconde fois les iris de ses yeux bleus pâles, décrivant un vide infinie.
- Racontez moi une histoire triste, dit elle.
Il adossa son dos sur le dossier de la chaise de sorte à se mettre à son aise. Ses muscles crispés s’étaient légèrement détendu à l’entente de sa voix. Il ne savait pas par où commencer, surtout pour elle en fait. Trop de tourments lui étaient arrivés. Passant nerveusement sa main dans ses cheveux il inspira profondément.
Il allait la faire pleurer comme à chaque fois qu’elle venait, mais elle lui demandait la même histoire tous les jours. Il avait envie de refuser mais il avait trop peur qu’elle ne se renferme sur elle-même en criant tout l’air que pouvait contenir ses poumons, sans reprendre de souffle. Des larmes commenceraient à couler le long de ses joues rosies par le froid hivernal et il serait incapable de les sécher. Comme d’habitude.
Il commença son récit mélancolique sous le regard attentif de la fille, il ne devait pas flancher sinon ce serait la fin. Sur un ton hésitant il débuta son récit hivernal, la fille balbutia des mots incompréhensibles alors que l’histoire continuait. Ses mains s’agitaient, se tordaient, grattaient inlassablement le cuivre du fauteuil jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que de la mousse à déchirer. Son pied tapait le sol machinalement, plus vite, plus vite, toujours plus vite. Les mains de l’homme se resserrèrent autour de son bloc-note, il fallait garder son calme et continuer la narration. Le récit allait bientôt se finir, prenant une dernière inspiration il prononça la dernière phrase :
- La fille expira son dernier souffle comme une fleur en meurt de soif.