Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Gros Lo le 13 Octobre 2008 à 22:16:10

Titre: Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 13 Octobre 2008 à 22:16:10
Alors, c'est un texte qui comporte deux parties, comme vous allez vite le voir, deux parties et deux points de vue radicalement différents sur une même histoire. La deuxième partie a déjà été postée séparément dans la section Poèmes (Le dire des eaux mortes (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1385.0)), mais, si on peut la lire en faisant abstraction de la première partie, l'inverse n'est pas vrai.

Bounne lectûre...

Dernière version, pour l'AT Griffe d'Encre sur "l'eau" (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1454.msg32527#msg32527).






Le venin du ressac



I
Eaux vives



C’était plus qu’un grain, ce qui venait de l’horizon brouillé.

Le Capitaine avait délaissé sa longue-vue. A quoi bon ? ce n’en était pas un. Ca ne venait pas de l’horizon blafard.

Non, marmonnaient ses pensées tremblotantes, tandis qu’il allait et venait sur le pont en semant ses ordres. Non, ça venait d’en-dessous. Ils avaient cru que le sommeil du voyageur était agité. (“Je suis terre-à-terre, avait-il dit, et pas un homme à faire des coups dans l’eau.”) Mais, sourds qu’ils étaient ; c’était la mer, l’eau, qui ronflait. Le Capitaine n’avait plus de pensées : rien que des rafales et de l’écume, en son for intérieur. Alors il se réfugiait comme il pouvait dans ses souvenirs d’estuaire. Dormait-il, le petit homme qui commençait à vivre, là-bas, protégé par les digues, bercé par la belle ?

On n’entendait plus les drisses. Le vent et la houle, c’était leur univers désormais, les flots turgescents, rien que l’eau, l’eau dans l’air, l’écume qui salivait, les tonneaux qui bousculaient le bois. Les rugissants les accueillaient comme il se doit ; à charge pour eux de montrer qu’ils n’étaient pas hommes de béton, mais bien âmes de bourrasques et de houle.

Le Capitaine valsait gauchement de cabine en cabine, le pied alerte, la rage au cœur. Quelle hargne froide embrasait le cœur du Neptune ? Qu’avait-il à geindre et heurter et souffler sous l’eau de grandes vagues croulantes ? Le Capitaine à la barbe de trois jours n’oubliait pas le vermisseau de la ville de béton qui perpétuait son sang, n’oubliait pas non plus les longs cheveux de cuivre qui veillaient sur cette lignée bégayante. Il avait voulu y revenir, à son fils, à son sang, au béton. Mais les détroits, mais les passes, les lampées de houle : il n’y avait rien d’autre qui lui appartenait que ces menus chenaux. Et puis le désert étouffant de cette eau qui s’imposait, au nord à l’est partout, c’était ça rien que ça qu’il voyait, revenu sur le pont, jetant les directives comme on lance un harpon, rageusement, en désespoir de cause, fiévreux face au trop grand, au trop fort, à la masse bleue qui renvoyait l’homme aux bas instincts de la terre aux fruits lourds.

Et la terre était loin ! Farce dans ce monde enfumé par l’écume et la valse des tourbillons. C’était la bataille, quoi qu’il en coûte, l’âpre pulsion revancharde qui leur faisait braver les lames, dans le grand vrombissement carnavalesque des éléments joueurs, comme s’il ne tenait qu’à eux de faire la nique à ces bourrasques irascibles. Ciel et terre, ils vivaient l’entre-deux, la mer était leurs alpages.

Au fond, le voyageur ne riait plus. C’était la survie qui pointait son nez, peut-être, dans l’esprit du civilisé, la survie qui lui arrachait toute entrave d’humanité ; face à l’eau qui enfle, l’infâme onde tueuse et fière – son étole de vent, sa robe d’abysse et sa fourrure d’écume : courtisane amère – face à elle il n’y avait plus d’échappatoire ; ha ! mais il sortait ! le voyageur ! titubant, la vague ! emporté. Et, loin en-dessous, Neptune revêche soulevait les abysses ; tandis qu’en un monde en tous points étranger, là où l’eau perpétuait la vie, où le sable attisait le trépas, il y avait un enfant et sa mère. S’enlaçaient-ils de semblables pensées, tous les trois, dans la tourmente inaudible ? Le Capitaine haïssait désormais ces masses mouvantes dont les haillons plombés écorchaient la coque. Le vent forcit.

C’était l’heure, la sienne et si ? s’il avait la fougue de la Sonde ardente et des hideuses Sargasses ? Comme à l’aube de ces millions de siècles, comme au temps des drakkars ? Hélas ! L’eau, seule, ici. Rien d’héroïque à quoi s’agripper, que la rumeur malheureuse des harpies de l’eau, c’était… La grand-vergue ! Fracasse, navire, les flots déments. Les djinns ont adopté l’océan, est-ce ? Les creux puis les vagues, et les creux sans discontinuer les flots hagards perdaient tout sens, le Capitaine ne lui en trouvait plus aucun, à ce fol amas d’eau ivre de force brute qui frappait haletait frappait haletait brisait.


Brisa.




II
Eaux mortes



L’eau s’agite.

Des plaintes d’épaves vibrent dans les courants.

L’onde a son venin.

La mer exsangue et noire vomit les offenses. Frissons, il y en a dans le frémissement des flots, c’est un frisson c’est la colère c’est l’atrabile qui enfle et sourd ; c’est la mer et c’est l’homme, celui qui a trop vécu.

Et chuintent les épaves. Le fond de l’océan exhale d’âcres toxines : la vase farandole et s’égare, s’élève toujours. Les vagues en sont chargées.

Des chalutiers divaguent en mer. Quadrillent, raclent, cernent et tuent ; c’est pour l’excédent.

Les flots se boursouflent, les vagues, sombres, sifflantes, gigognes, s’avancent, l’écume aux lèvres.

Découvrent et couvrent. Avalent. Est-ce un clocher, au-dessous ? Ys, encore ! la mer a faim.

Là-bas, loin de la grève, la folie houleuse assombrit le front des flots. Et chuintent les épaves. L’onde est grise, ou violette ou noire, on ne sait plus. C’est l’enchevêtrement premier, le chaos des jours liminaires, c’est le cœur de la Terre et ses spasmes, et le cœur de la Terre bat la chamade.

La mer efflanquée de lignes jouissives s’arme en impunité. C’est l’euphorie contenue, avant l’ardente, vivante explosion, morgue et spasme, quand les tourments de guerre lasse engendreront le renouveau.

Il est toujours trop tard quand les lames étincèlent. Elles s’abattent sur l’inconnu, elles soulent d’acide les coques de fer. L’ivresse étreint les navires, qui se laissent emporter – mais un sursaut, une lucidité : quand ils sentent la terre sous leurs pieds, le sable, la rive ? non, le fond. Et au fond rien ne bouge, c’est l’accalmie, les courants embrassent les algues ; et bientôt vient la lente remontée, tandis que les navires demeurent abyssaux : ils remontent tous, les cadavres. Des poissons dans l’eau, tout est en ordre – mais ils restent là-haut sans suffoquer dans le vent : morts.

C’est l’alliance, l’impromptue, l’incongrue, entre l’eau et le bois ; personne d’autre que l’homme pour en être à l’origine. La mer a répondu aux lamentations des épaves.

Et les goulées d’écume en noyaient plus d’un, des corps d’animaux terrestres venus on ne sait comment se serrer sur les îlots fabriqués. Le terre-né tombe et le mer-né monte, chacun prisonnier de la vie de l’autre.

Les rafales tranchantes, les flots crachotants ; l’amer.

Des souffles de silence pèsent sur l’eau. L’écume a le goût de la mort et de la vie. En bas, les hommes sont morts. Il n’y a plus âme qui chuinte ; la mer a accordé aux épaves un nouvel équipage. Les épaves se taisent.




III (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1454.msg27748#msg27748)
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: camdailclot le 14 Octobre 2008 à 15:07:02
Je viens de poster mes remarques (élogieuses) sur la deuxième partie du texte là où il a été placé originellement.
Pour la première partie je reste sur ma faim un peu.
Un peu « décousue » Dans l'élan de la deuxième partie et semblant lui précéder, mais de moindre vigueur.
Sans doute à mon sens parce qu'ici les actions prennent le pas sur les évocations et que l'enchantement du verbe s'enlise parfois contrairement à l'autre partie.
Pardonne ces critiques sévères, elles viennent des compliments que j'ai posté sur la deuxième partie
On devient exigeant pour ceux qu'on admire.......
Camdailclot
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 14 Octobre 2008 à 18:55:40

Hah, j'aurais dû lire cet avis-là avant celui de la section Poèmes ><

Disons que le point de vue "humain", qui plus est celui du Capitaine, qui a des responsabilités et donc une certaine forme d'esprit terre-à-terre, est plus difficile à faire s'envoler dans l'anarchie primitive de la seconde partie... mais j'comprends ton avis, et puis c'est plus narratif, aussi, non ? il y a un semblant d'histoire parallèle dans "Eaux vives", contrairement à "Eaux mortes" qui se résumerait davantage (dadvantaige, écrirait Rabelais xD il fait penser à Gad Elmaleh, parfois...) sur un tableau.

Enfin, content de lire ta critique ;) et si rapidement. Que le Capitaine soit terre-à-terre, c'est une chose ; que les phrases s'enlisent en est une autre : je n'essaie pas de masquer les défauts d'ce texte :huhu:
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Leia Tortoise le 15 Octobre 2008 à 09:39:30
Ben moi j'aime mieux cette version! Il n'y a que ton titre qui me laisse perplexe, mais je trouve beaucoup plus de plaisir à lire ce dyptique que le "dire des eaux mortes" seul, c'est un peu moins abstrait, tout en gardant le style éthéré et divagant, avec les mots précis et bien choisis, là j'aime!!

Bon, le thème est assez sombre, quand même, mais la dimension dramatique est bien plantée  ^^
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 17:56:35


Ah c'est cool qu'il y ait une amélioration, pour ceux qui n'accrochaient pas !

Pour le titre, je veux le changer (mais garder l'idée du venin) mais pas encore trouvé de titre convaincant... les alpages, c'est pour l'écume, la crête des vagues / la crête des montagnes, j'verrais bien un titre qui voudrait dire "le venin de l'écume" mais en beau.
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Leia Tortoise le 15 Octobre 2008 à 18:06:12
Le venin des crêtes, alors, à défaut? Hmm, non, c'est encore à côté de la plaque. Bah bon courage pour trouver alors  :D
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 18:11:30

Le venin spumescent, Le venin bouillonnant, Des convulsions de mer, Epaves dans l'écume...



Des convulsions d'écume, p't-être ^^ non ?
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Leia Tortoise le 15 Octobre 2008 à 18:12:28
Ouaip, ça va pour moi!  ;D
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 19:41:42

En fait non...

> Des convulsions d'eau lasse

> Des boursouflures d'écume


?
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Leia Tortoise le 15 Octobre 2008 à 20:21:14
le premier me fait penser à la vaisselle, je n'sais trop pourquoi... Boursouflures, je sais pas, ça me parait trop éloigné du sujet, non...? Encore une fois ce n'est que mon avis perso hin  :mrgreen:
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: ernya le 15 Octobre 2008 à 20:34:20
euh :-[

j'accroche pas tellement plus
je crois que c'est le thème que j'aime pas en fait
je suis désolée, je l'ai lu plusieurs fois à des jours différents, mais non, rien à faire, j'y arrive pas :-[
peut-être aussi à cause de "l'amerloque", je sais pas pourquoi, mais ce mot me gêne
et aussi "les cours de la bourse"


donc voilà

ah! si!
le titre
hum...bizarre mais pourquoi pas ?
par contre pas les deux derniers que tu cites, pas beaux
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: sahiqa le 15 Octobre 2008 à 20:52:07
 :coeur:
J'aime beaucoup.
Les deux parties sont différentes, c'est vrai, mais je trouve que c'est un plus pour le texte. Dans la première partie  le point de vue du personnage facilite "l'entrée" dans le texte, qui du coup, en tout cas ça marche bien pour moi, est plus réceptif à la seconde partie moins...  heu... ancrée dans le réel...
En bref, et de mon point de vue toujours, la première partie fait un peu mise en condition pour permettre au lecteur d'accrocher mieux à la partie qui suit qui apparait un peu comme le but du texte.... c'est toujours pas clair... j'abandonne  ><

Par contre le titre fait un peu génie des alpages... et ça à pas trop de rapport. Mais j'ai pas d'idée brillante à te proposer.

Le venin du ressac ?

.... je croix que je vais te laisser chercher en fait  ><

Sinon j'aime bien "convulsions d'eau lasse"... mais sans le "des" devant  ^^
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 20:55:07

> erny@

J'penche + pour le deuxième, Des boursouflures d'écume. Boursouflures ? pour mimer le gonflement de l'eau avant la tempête, gonflement qui éclate en boursouflures d'écume.

Bon. Au moins, ça a fait un changement pour l'une de vous, lol

Hé, oui. C'est l'amerloque, quoi. C'est, si on veut résumer, l'allégorie du Terrien-ferme, c'est le personnage qui a le + d'accroches... spatio-temporelles (xD). C'est le représentant de la civilisation, de la terre ferme, de tous les gens qui ne connaissent pas le contact avec la mer, qui sont insouciants. Et c'est celui qui est en contact avec les "vices" de la terre ferme. D'où la Bourse, etc.
C'est le terre-né dans ce qu'il a de péjoratif, et qui ne se rend pas compte qu'il a "la mer" en lui. (et la loque ? hu-hu, non pas jusque là).

Enfin, tant pis alors :(



> s@hiqa

Haha, tout l'monde m'a dit ça, pour les alpages :D Des boursouflures d'écume ? Ta proposition aussi est pas mal, j'aime bien sa sonorité, les lettres, tout ça... à voir !

Merci d'ton avis =) [et j'ai compris ce que tu voulais dire]
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Kailiana le 15 Octobre 2008 à 21:11:28
Citer
’était plus qu’un grain, ce qui venait de l’horizon brouillé.

Le Capitaine laissait la longue-vue au second. Elle était inutile : ce n’était pas un grain. Ca ne venait pas de l’horizon blafard.
Répétitions voulues ? j'ai l'impression que oui, mais je ne les trouve pas très jolies  :-[

Citer
Mais, sourds qu’ils étaient ; c’était la mer, l’eau, qui ronflait.
Je m'interroge : un "deux points" ne serait-il pas mieux qu'un "point virgule" ? Je sais pas trop, ça donne pas le même rythme. Les deux se valent.

Citer
Dans quelle colère se mettait l’enfoiré de Neptune ? avait-il envie d’aventure, de frisson, de piquant, lui aussi ?
Majuscule à "avait" ? Je me dis que c'est une autre phrase.

Citer
de trois jours n’oubliait pas le vermisseau de la ville de béton
(jsuis en mode chipoteuse hein)
Je trouve pas la répétition des "de" très jolie.  :-[

Citer
Et la terre était loin ! Farce dans ce monde enfumé par l’écume et la valse des tourbillons. C’était la bataille, quoi qu’il en coûte, l’âpre pulsion revancharde qui leur faisait braver les lames, dans le grand vrombissement carnavalesque des éléments joueurs, comme s’il ne tenait qu’à eux de faire la nique à ces putains de bourrasques irascibles. Ciel et terre, ils vivaient l’entre-deux, la mer était leurs alpages.
:coeur: (c'est pratique les smileys, ça évite d'écrire  :mrgreen:)



Sinon de manière générale ... j'ai du mal avec le premier texte. Y'a du très bon (le paragraphe que j'ai cité par exemple) mais ... je sais pas. je trouve que le style est moins adapté que dans la plupart de tes autres textes. Et je dois t'avouer que ce que tu racontes ne me passionne pas  :-[ J'apprécie certaines descriptions, mais le tout ... bof.

Je viens de lire les avis sur Plume, et tu y dis :
Citer
Le petit homme, le vermisseau, l'enfant, tout ça désigne le même personnage, c'est le môme du Capitaine, qui est dorloté dans la ville de béton par la mère/femme du Cap'.
Ah bon ? o_O Ben je l'avais pas du tout vu xD

Bref. Par contre, il y a un point très positif : lorsque j'enchaîne les deux textes, j'aime bien le deuxième, beaucoup plus que lorsqu'il était seul. Je trouve que le premier, avec le capitaine, l'amerloque, met vraiment en relief le second et accentue ce qui y est dit.
Mais voilà, j'aime pas le premier. Je le trouve moins bien écrit que tes derniers textes. Enfin, "moins bien écrit" n'est pas le terme - car, si, il est bien écrit. Mais disons que je trouve le style moins adapté à ce que tu y racontes, comme si tu avais essayé des trucs, sans réussir à aller jusqu'au bout et à faire complètement ce que tu voulais. C'est du moins l'impression que je ressens. Ca fait bizarre venant de toi, mais je suis devenue exigeante xD (c'est ta faute aussi  :Pje suis dans une période où j'accuse les autres de tout  :mrgreen:)

Brefeu. Selon moi, tu peux améliorer le premier texte. Peut-être en accentuant encore  le côté "humain dans la tourmente" , complètement à la merci de la mer. Parce que pour le moment si je devais citer un seul mot de cette première partie, ce serait "amerloque". Alors que pourtant, tes descriptions de la mer sont super bien faites.
En fait je crois que ce que j'aime pas, c'est l'amerloque, le béton, et tout ce que tu sembles vouloir dire derrière  >< J'ai l'impression que c'est moralisateur, et c'est le genre de trucs qui m'énerve. Je c rois que si tu enlevais "amerloque", j'aimerais d'un coup beaucoup plus le texte  :noange: Mais j'ai le pressentiment que tu y tiens xD

Sinon le deuxième texte ... ben, comme je l'ai déjà dit, je le trouve très mis en valeur avec le premier.

Jsais pas si tout est compréhensible  :-¬?
Titre: Re : Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 21:30:51
Citer
Citer
’était plus qu’un grain, ce qui venait de l’horizon brouillé.

Le Capitaine laissait la longue-vue au second. Elle était inutile : ce n’était pas un grain. Ca ne venait pas de l’horizon blafard.
Répétitions voulues ? j'ai l'impression que oui, mais je ne les trouve pas très jolies  :-[

Oui oui, voulues genre symétrie... bon.



Citer
Citer
Mais, sourds qu’ils étaient ; c’était la mer, l’eau, qui ronflait.
Je m'interroge : un "deux points" ne serait-il pas mieux qu'un "point virgule" ? Je sais pas trop, ça donne pas le même rythme. Les deux se valent.

Waouh, c'est du chipotage DE OUF ! J'adore ;D oui donc, pour répondre dans la continuité : j'pense que le point-virgule coupe plus ; les deux-points font un enchaînement logique, avec le point-virgule, la suite est + un constat, moins relié au premier. enfin j'préfère quoi...



Citer
Citer
Dans quelle colère se mettait l’enfoiré de Neptune ? avait-il envie d’aventure, de frisson, de piquant, lui aussi ?
Majuscule à "avait" ? Je me dis que c'est une autre phrase.

Oui, t'as raison, mais en fait, toute cette partie-là est nullissime et à revoir complètement. Les pensées en gras du Cap' sont à virer, à vomir, à pleurer :
Citer
Des coups, ils en recevaient, et il se marrait lui en-dessous, l’amerloque ! les rugissants, rien de tel pour exciter les hommes du béton.
Le Capitaine valsait gauchement de cabine en cabine, le pied alerte, la rage au cœur. Dans quelle colère se mettait l’enfoiré de Neptune ? avait-il envie d’aventure, de frisson, de piquant, lui aussi ? Foutre un peu d’eau hors de la baignoire, rien qu’une ou deux vagues, une lampée de houle, débarrasser ce faisant l’océan des parasites incongrus.


Citer
Citer
de trois jours n’oubliait pas le vermisseau de la ville de béton
(jsuis en mode chipoteuse hein)
Je trouve pas la répétition des "de" très jolie.  :-[

la ville de béton je garde, euh... en fait je remarque pas bien ce genre de choses, les autres, ça vous gêne ?




>>> Mais Lial' c'est ça ! c'est comme ça q'j'vais fonctionner avec toi maintenant :P j'écris un texte, tu l'aimes pas, j'en écris un autre qui le complète et tu aimes le premier ! Et ainsi de suite. Au final, j'aurai écrit 1000 textes et tu en aimeras 999. ^^


Citer
Mais voilà, j'aime pas le premier. Je le trouve moins bien écrit que tes derniers textes. Enfin, "moins bien écrit" n'est pas le terme - car, si, il est bien écrit. Mais disons que je trouve le style moins adapté à ce que tu y racontes, comme si tu avais essayé des trucs, sans réussir à aller jusqu'au bout et à faire complètement ce que tu voulais.

J'suis sûr que cette saloperie de "parole du Capitaine" (surtout les passages en gras) est pour beaucoup dans la perte d'assurance, la médiocrité, tout ça. Non ? Hé, si.


Citer
Ca fait bizarre venant de toi, mais je suis devenue exigeante xD

Tu devrais arrêter de l'être, parce que ton exigence était légitimée par ton adhésion à mes textes. Et tu n'adhésionnises plu. CQFD :mrgreen:



Citer
J'ai l'impression que c'est moralisateur, et c'est le genre de trucs qui m'énerve. Je c rois que si tu enlevais "amerloque", j'aimerais d'un coup beaucoup plus le texte  :noange: Mais j'ai le pressentiment que tu y tiens xD

J'y tiens parce que c'est le meilleur mot, celui-là, pour dire ça, enfin le meilleur que j'trouverai. Il est à la fois occidental, péjoratif et il a "la mer" en lui. Dans le contexte, ce mot, j'le KIFFE GRAVE.
Pour le côté moralisateur, heu... bah pas trop quand même... et puis, j'vais pas dire "l'amerloque, les hauts et les bas de la bourse, ah, faut voir, hein." xD faut que j'me place un minimum^^


Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: ernya le 15 Octobre 2008 à 21:41:17
oui, je plussoie Kail' ;D

en fait, le deux passe mieux manitenant, d'ailleurs en les comparant, je crois que je suis de son avis, le deux passe mieux et j'aime pas le un
et c'est bien à cause de l'amerloque!

ah oui! je sais pourquoi j'aime pas
dans le deux j'y comprends pas grand chose, mais je pense que c'est pas très grave
par contre dans le premier, je comprends pas non plus et là, ça me gêne plus parce que c'est quand même plus "prosifier" :mrgreen:
et si je comprends pas un texte (un minimum du moins!) ben du coup, ça peut pas m'intéresser


hé! Fracasse... huhuhu
(faut dire que je suis vraiment longue à la détente!)

ah et dans la fin du un, il y a plus de ponctuation et moi, rien à faire, j'y tiens à cette ponctuation!!!!
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Kailiana le 15 Octobre 2008 à 21:43:16
Citer
j'écris un texte, tu l'aimes pas, j'en écris un autre qui le complète et tu aimes le premier ! Et ainsi de suite. Au final, j'aurai écrit 1000 textes et tu en aimeras 999. content
Mdr XD Oui pourquoi pas xD

Citer
J'suis sûr que cette saloperie de "parole du Capitaine" (surtout les passages en gras) est pour beaucoup dans la perte d'assurance, la médiocrité, tout ça. Non ? Hé, si.
Moui, c'est très possible. A voir.

Citer
Tu devrais arrêter de l'être, parce que ton exigence était légitimée par ton adhésion à mes textes. Et tu n'adhésionnises plu. CQFD Mr Green
Mais si, j'me suis mise à "adhésionniser" (j'aime beaucoup le mot xD) le précédent  :mrgreen: Pis j'adore ton style, mais ... quand le sujet ne me parle pas ...  :-¬?

Citer
J'y tiens parce que c'est le meilleur mot, celui-là, pour dire ça, enfin le meilleur que j'trouverai. Il est à la fois occidental, péjoratif et il a "la mer" en lui. Dans le contexte, ce mot, j'le KIFFE GRAVE.
Je savais que tu répondrais ainsi  :-¬?

Citer
Pour le côté moralisateur, heu... bah pas trop quand même... et puis, j'vais pas dire "l'amerloque, les hauts et les bas de la bourse, ah, faut voir, hein." xD faut que j'me place un minimum^^
En fait, je citerai Ernya : "peut-être aussi à cause de "l'amerloque", je sais pas pourquoi, mais ce mot me gêne
et aussi "les cours de la bourse""



edit :
Citer
ah et dans la fin du un, il y a plus de ponctuation et moi, rien à faire, j'y tiens à cette ponctuation!!!!
Dit-elle en faisait un abus complet des !!!!!!!!!!!!
oui désolée je sors  :-¬? pas pu résister  :-[
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Gros Lo le 15 Octobre 2008 à 21:45:44

Je ne sais pas quoi te répondre.



xD


edit
Lial'.

> heu bah, pareil, puisque j'ai juste à répondre sur amerloque et bourse et que c'est déjà fait mais que bon. xD


NOUS SOMMES DANS L'IMPASSE, chers amis (non, je n'suis pas la Mort, non, je m'suis pas mis à Pratchett. Vous me pratchettisez à force... va falloir que j'commence...)

ch'ais pas :-X
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Kailiana le 15 Octobre 2008 à 21:48:19
Ouiiiiiiiiii lis Pratchett !

Comme ça tu comprendras peut-être comment faire passer toutes tes idées sans en avoir l'air, ie prendre position toi-même, et faire prendre position au lecteur, sans avoir l'air d'insister et sans même qu'il s'en rende compte  :mrgreen:
Titre: Re : Le venin des alpages
Posté par: Leia Tortoise le 15 Octobre 2008 à 22:01:11
Oh oui, oh oui, "le venin du ressac"!!!

Boursouflures j'aime toujours pas  ><

(tiens d'ailleurs y'a pas de fil sur le génie des alpages dans la section BD, i'm'semble? faudrait réparer ça...)
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 26 Novembre 2008 à 12:21:52

J'ai retravaillé la première partie.

Je le poste ici, avec les modifs en gras pour ceux qui ont déjà lu. Pour ceux qui n'ont pas lu, ce n'est que la première partie ! revenez au début du topic, il y a le texte intégral 2ème mouture.




[I Eaux vives]


C’était plus qu’un grain, ce qui venait de l’horizon brouillé.

Le Capitaine avait délaissé sa longue-vue. A quoi bon ? ce n’en était pas un. Ca ne venait pas de l’horizon blafard.

Non, marmonnaient ses pensées tremblotantes, tandis qu’il allait et venait sur le pont en semant ses ordres. Non, ça venait d’en-dessous. Ils avaient cru que le sommeil du voyageur était agité. (“Je suis terre-à-terre, avait-il dit, et pas un homme à faire des coups dans l’eau.”) Mais, sourds qu’ils étaient ; c’était la mer, l’eau, qui ronflait. Le Capitaine n’avaient plus de pensées : rien que des rafales et de l’écume, en son for intérieur. Alors il se réfugiait comme il pouvait dans ses souvenirs d’estuaire. Dormait-il, le petit homme qui commençait à vivre, là-bas, protégé par les digues, bercé par la belle ?

On n’entendait plus les drisses. Le vent et la houle, c’était leur univers désormais, les flots turgescents, rien que l’eau, l’eau dans l’air, l’écume qui salivait, les tonneaux qui bousculaient le bois. Les rugissants les accueillaient comme il se doit ; à charge pour eux de montrer qu’ils n’étaient pas hommes de béton, mais bien âmes de bourrasques et de houle.

Le Capitaine valsait gauchement de cabine en cabine, le pied alerte, la rage au cœur. Quelle hargne froide embrasait le cœur du Neptune ? Qu’avait-il à geindre et heurter et souffler sous l’eau de grandes vagues croulantes ? Le Capitaine à la barbe de trois jours n’oubliait pas le vermisseau de la ville de béton qui perpétuait son sang, n’oubliait pas non plus les longs cheveux de cuivre qui veillaient sur cette lignée bégayante. Il avait voulu y revenir, à son fils, à son sang, au béton. Mais les détroits, mais les passes, les lampées de houle : il n’y avait rien d’autre qui lui appartenait que ces menus chenaux. Et puis le désert étouffant de cette eau qui s’imposait, au nord à l’est partout, c’était ça rien que ça qu’il voyait, revenu sur le pont, jetant les directives comme on lance un harpon, rageusement, en désespoir de cause, fiévreux face au trop grand, au trop fort, à la masse bleue qui renvoyait l’homme aux bas instincts de la terre aux fruits lourds.

Et la terre était loin ! Farce dans ce monde enfumé par l’écume et la valse des tourbillons. C’était la bataille, quoi qu’il en coûte, l’âpre pulsion revancharde qui leur faisait braver les lames, dans le grand vrombissement carnavalesque des éléments joueurs, comme s’il ne tenait qu’à eux de faire la nique à ces bourrasques irascibles. Ciel et terre, ils vivaient l’entre-deux, la mer était leurs alpages.

Au fond, le voyageur ne riait plus. C’était la survie qui pointait son nez, peut-être, dans l’esprit du civilisé, la survie qui lui arrachait toute entrave d’humanité ; face à l’eau qui enfle, l’infâme onde tueuse et fière – son étole de vent, sa robe d’abysse et sa fourrure d’écume : courtisane amère – face à elle il n’y avait plus d’échappatoire ; ha ! mais il sortait ! le voyageur ! titubant, la vague ! emporté. Et, loin en-dessous, Neptune revêche soulevait les abysses ; tandis qu’en un monde en tous points étranger, là où l’eau perpétuait la vie, où le sable attisait le trépas, il y avait un enfant et sa mère. S’enlaçaient-ils de semblables pensées, tous les trois, dans la tourmente inaudible ? Le Capitaine haïssait désormais ces masses mouvantes dont les haillons plombés écorchaient la coque. Le vent forcit.

C’était l’heure, la sienne et si ? s’il avait la fougue de la Sonde ardente et des hideuses Sargasses ? Comme à l’aube de ces millions de siècles, comme au temps des drakkars ? Hélas ! L’eau, seule, ici. Rien d’héroïque à quoi s’agripper, que la rumeur malheureuse des harpies de l’eau, c’était… La grand-vergue ! Fracasse, navire, les flots déments. Les djinns ont adopté l’océan, est-ce ? Les creux puis les vagues, et les creux sans discontinuer les flots hagards perdaient tout sens, le Capitaine ne lui en trouvait plus aucun, à ce fol amas d’eau ivre de force brute qui frappait haletait frappait haletait brisait.

Brisa.



*



voilà, j'suis encore incertain pour le titre... en tout cas je préfère cette version. Encore heureux, me direz-vous.
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Seymour le 30 Novembre 2008 à 18:56:12
Bon il était temps que je lise du Loredan tout de même  :P, tu postes tellement et de mon côté je ne prenais même pas le temps de lire un seul de tes textes. Je suis confus  :-[
Donc voilà, je me suis lu ton petit diptyque sur la mer.

Bon je n'ai pas grand chose à rajouter par rapport à tous les commentaires existants. En gros, ce n'est qu'un méli mélo de tous les avis.
D'abord ton écriture. Très particulière mais j'avais cru le comprendre avant même de te lire.
Tu as un vrai talent, tu manies les mots très bien et tu as un répertoire hallucinant... et c'est parfois dommage.
Encore une fois, on a déjà dû te dire tout ça mais bon c'est mon point de vue...
La juxtaposition de tous ces mots rares fait perdre énormément de force à tes textes, qu'on aime ou non, la lecture n'ait pas jamais fluide, on se heurte à ces mots et la compréhension est brouillée. C'est évidemment personnel et j'ai probablement pas la meilleure culture des mots sur ce forum, mais je trouve ça épuisant de te lire.
Je suis méchant, je sais, mais je commence par les défauts, sois patient  :)
Tu arrives à créer de très belles images, tu es doué, c'est indéniable, tes textes sont très poétiques mais vraiment je pense que tu devrais t'efforcer d'épurer ton écriture, de faire l'effort de construire parfois des images plus compréhensibles, je te dis pas non plus de renier ton écriture, et de toute manière ce n'est pas possible mais bon, parfois, s'efforcer de modifier quelques mots par des plus courants, ce serait un vrai atout. Et je crois qu'il est possible d'écrire des superbes textes avec des mots usuels. et tu en es capable je suis sûr.
Pour finir sur ton écriture, pour être honnête, sur ces deux textes, ce n'est pas si dérangeant et j'ai même apprécié, parce qu'ils sont courts et en effet plus proche ainsi d'un poème que d'une nouvelle. Mais sur un roman par exemple, cette forme d'écriture serait en effet pour moi rédhibitoire (je dis ça mais je ne suis pas encore allé lire la nécropole des ombres et autres...)

Pour les textes en eux mêmes, je pense aussi que c'est leur association qui crée leur force, et franchement j'aime. Enfin pas à la première lecture,  :mrgreen:, mais à la troisième... non vraiment j'ai aimé ces textes, et j'ai été par moment emporté par tes mots et tes images.

Pour conclure, bravo! Bah ouais parce que finalement je suis assez impressionné par ton écriture, surtout à ton âge.
tu as un vrai talent.

Ps: mais bon si ce n'est pas déjà fait, essaye un jour d'écrire plus simplement, pour moi  :coeur:  :mrgreen:



Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 30 Novembre 2008 à 19:11:18

Rhkkk (sorte d'étranglement mi-confus mi-touché)

merci !

(parce que bon, dans le genre acerbe, on a vu pire)

Je retiens... j'avais justement dans l'idée de... -hm non c'est faux, j'avais pas dans l'idée d'écrire de texte moins prise de tête. Mais du coup... bon en tout cas je ferai un effort pour les mots trop chelous, la prochaine fois.


Citation de: Seymour
je trouve ça épuisant de te lire.
c'est surtout épuisant à écrire >< c'est vidant.


Citer
Je suis méchant, je sais
heu oui enfin, raisonnablement quand même :-¬? :D


Citer
Pour finir sur ton écriture, pour être honnête, sur ces deux textes, ce n'est pas si dérangeant et j'ai même apprécié, parce qu'ils sont courts et en effet plus proche ainsi d'un poème que d'une nouvelle. Mais sur un roman par exemple, cette forme d'écriture serait en effet pour moi rédhibitoire (je dis ça mais je ne suis pas encore allé lire la nécropole des ombres et autres...)
hm certes, et pour moi c'est même pas un choix, c'est juste que je suis incapable de faire durer ce genre de souffle au-delà de deux pages... (pour le meilleur et pour le pire xD)


Non mais je tiens compte de ton PS en tout cas ! et merci encore... :) :)
Titre: Re : Re : Le venin du ressac
Posté par: Kailiana le 30 Novembre 2008 à 21:02:04
Citation de: Seymour
je trouve ça épuisant de te lire.
c'est surtout épuisant à écrire >< c'est vidant.
*explosée de rire* Mais si c'est si épuisant à écrire, pourquoi t'essaie pas de faire des trucs plus simples, parfois ?  :P
Je comprends qu'on puisse prendre plaisir à écrire des trucs aussi complexes (je le fais pas autant que toi, tu atteints des sommets admirables, mais je comprends). Mais parfois, c'est sympa aussi d'essayer d'écrire des textes plus "simples" (d'apparence plus simple, du moins).

Les lecteurs ont apprécié ton texte avec le poisson Zut, non ?  >:D
(ceci dit, je ne pense pas que tu doive pour autant abandonner ta patte si personnelle ; surtout dans des textes courts. Parfois, les textes incompréhensibles, c'est marrant aussi. )

@Seymour : Ton commentaire n'était pas méchant du tout, au contraire je le trouve très détaillé et très bien, c'est parfait  ;)


Rajout après coup : Loredan, je réagis à ta petite remarque "écrire un texte comme ça, c'est vidant" : pour le "vidant", jsuis parfaitement d'accord. Y'a des textes, que je nomme "lourds" dans ma tête, qui sont trop... enfin "trop" à écrire. Dans mon cas, je pense à "de cendres et de poussières", entre autres (pis le texte que je suis en train de continuer d'écrire alors que c'était prévu que je l'abandonne, lol -> d'où ma soudaine pensée) : ils vident complètement... En fait... c'est un peu comme si on construisait un dragon d'Art  :mrgreen: Et je pense que pour tes textes, c'est encore pire, je sais vraiment pas comment tu fais.
Hu. Bon. Je suis en pleine relecture de Hobb, faites pas attention.
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 30 Novembre 2008 à 21:17:09



C'EST CA ! C'EST CA ! C'EST CA !


C'est l'image inconsciente qui a bercé mes mots conscients de "épuisant", "vidant".


NON MAIS C'EST VRAIMENT CA !

tu mets tout ce à quoi t'as réfléchi toute la semaine (tous les mots dont tu t'es dit qu'ils étaient beaux, toutes les images, toutes les interrogations sur la litté...), tu mets tout ça dans le texte, et après tu te sens comme une carcasse vide, une coquille de noix sans noix...

Un dragon de pierre...

Heu, mais sinon, moi j'aime bien écrire des textes comme ça :-[

j'essaierai d'en faire un moins compliqué, mais j'aime bien, quand même...

Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 02 Janvier 2009 à 01:39:09

Bon, hm... h'eum-h'eum.

J'ai remasterisé mon "Cocon de marionnette" pour faire une suite au Venin. Pour peut-être répondre à l'AT Griffe d'Encre ("l'eau").


Ce serait la suite du Venin, donc.

vous en pensez quoi...?


[I Eaux vives
II Eaux mortes]


III
Au-delà de la houle


L’air qui s’enfuit dans les hauteurs. Je sombre. La carcasse du bateau se débat encore là-haut. Je m’empêtre dans les cordages. Je cherche à avaler une goulée d’air, j’avale une goulée d’eau. Le trident de mort du Poséidon me frôle. Les profondeurs me happent. Le corps s’enfonce dans le cobalt fondu, dérive au gré des courants, tournis d’abysses ou d’agonie, et mes poumons qui trinquent à la mort et lampent, c’est moi, peut-être, ce Capitaine de débris de bois et de chair.

L’automate désarticulé erre dans les gouffres d’eau tueuse, c’est le jouet des courants changeants. De petits tourbillons de saphir en sang auxquels je prends part, et je danse, l’onde est folle, et danse, tournicotant dans le flux capricieux, au milieu de l’univers inconnu. Léger souvent, la métamorphose m’arrête le cœur et me roidit les membres, je suis l’eau qui me tue, l’insecte agonise dans la goutte d’ambre, à jamais s’étouffant dans la poix mordorée. Ma poix est bleue et s’assombrit dans mon voyage.

Je m’enfonce dans les ténèbres froides. Si mes yeux voyaient encore, si mon corps m’appartenait, je pourrais lever la tête et, loin en haut, apercevoir la tache sombre du navire en charpie. La surface se perd dans les alpages d’écume, elle fuit mon regard mort. L’eau, elle, me berce, tranquille. Mes doigts ne souhaitent pas bouger selon mes désirs. Soit. Je ne me suis pas senti si apaisé depuis… je ne saurais dire. Mon corps obéit disgracieux aux règles de la valse, puis un écart, et entraîné à nouveau, rejeté, aspiré de loin en loin par la capricieuse houle ; un courant plus violent m’y arrache, la marionnette s’abandonne à la main qui la dirige, Capitaine de quiétude, le cap c’est l’abysse.

Mes sens un à un s’endorment. Les flux aquatiques ont perdu de leur vigueur. Dans la fosse où mes chairs se recroquevillent – ou s’apaisent et s’effacent –  j’ai trouvé un cocon. Qu’est-ce d’autre… Penser est difficile. Tant de connexions à effectuer, d’idées à formuler. Rester là pour l’éternité, et goûter au repos des calmes sous-bois de l’océan. La paix, enfin. Sous l’eau… serais-je… j’ai des rêves de femmes aux chevelures de cuivre, elles donnent le sein. Là-bas, dans la ville de béton : c’est un rêve, dans l’abysse l’estuaire est fantasme.

Un frôlement. Du froid sur mon flanc. C’est rugueux et c’est lisse. Je fouille dans ma mémoire. La chose cherche aussi. Palpe, rampe comme… un serpent, un serpent d’eau. Un long corps mince et froid. Sur et sous ma cheville s’en enroule un second, corde molle et musclée. Deux serpents. Ils se cherchent. Puis trois. Puis un autre. Et… rien. Les serpents coordonnés ont fui.

L’eau n’est plus vive comme dans le monde d’au-dessus. Ici tout s’éteint, les muscles de houle se relâchent, les crampes d’onde persistent. La paix des abysses fomente le carnage des rugissants. Je goûte l’accalmie que l’on offre aux prisonniers de guerre… détenu et geôlier, le trousseau m’échappe, je reste dans ma prison de chair. L’empire d’eau lasse me fait figurer à la liste de ses sujets. Mon esprit débile saisit des sons, des appels, signaux. L’amas de chair, ses sens à jamais assoupis, demeure.

Un fil ténu parcourt mon côté droit. Tendu, fort. D’autres l’imitent ; ils allient leurs forces. S’emploient à ma capture, insidieux, fourbes. Ils tentent de m’enlever à mon cocon quiet. Mon cocon de marionnette. Sous une carapace d’indifférence, quelques haillons de conscience qui paniquent. Les fils me tirent. Réguliers dans leur tâche, ils montent. M’aident-ils à m’évader de moi-même ?

Lentement, l’assemblage de fils me remonte vers la surface. Les profondeurs apaisantes s’éloignent irrémédiablement. Le repos que je goûtais là-bas laisse place à une lassitude pénible. Un soubresaut agite soudain mon corps, m’empêtre dans les fils. Filet ? Le mot me plaît. Il me remorque, m’arrache à ma paix à demi trouvée ; mais ne me délivre pas, je reste loin de l’estuaire et de ma dame…

Les fils ont cassé. Je suis retombé. Léger. Comme une… feuille morte qui descend au gré du vent… du courant. Tant de souvenirs lointains, pénibles à retrouver… Je n’essaie pas. Les flux me déposent sur une avancée d’algue et de sable, loin du cocon. Un contact avec le sol, après si longtemps. Je n’y prends garde. Mon corps n’est plus un obstacle à ma liberté : il suffit que je le quitte en ce tombeau de sable. Alors je m’échappe, laissant le Capitaine reposer sur sa grève, vers une autre vie.





Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 27 Mars 2009 à 13:33:00

Est-ce que vous pourrez me dire ce que vous pensez du précédent post ? :-[ l'AT Eau finit le 31 mars...
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Jezy le 27 Mars 2009 à 16:01:35
Ola!
A la vue de ton dernier mess, je n'ai lu que le III de tes histoires, pour donner un premier avis vu que t'as l'air pressé. Je lirais le début une autre fois.

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et mes poumons qui trinquent à la mort et lampent, c’est moi, peut-être, ce Capitaine de débris de bois et de chair.
C'est peut etre parce que je ne connais pas ce mot, mais le "lampent" me semble pas indispensable... (moi je le virerai carrément, mais comme je me doute que tu structure ton texte à la syllabe près... ;))

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c’est le jouet des courants changeants.
"Il est" plutôt que "c'est" ?

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Ma poix est bleue et s’assombrit dans mon voyage.
Si tu mettais "mon ambre est bleue" a la place, ca ne changerais pas le sens mais l'image serait plus jolie. La poix, ca donne une impression plus dégoutante, ca dépend du sentiment que tu veux transmettre.

Citer
Mes doigts ne souhaitent pas bouger selon mes désirs. Soit.
La ressemblance de son est là, on ne peut pas la rater. Perso, je n'aime pas trop quand ça arrive, parce que du coup la signification des mots se perd derrière la musique. A voir si tu l'a fait exprès ou pas.

Citer
loin en loin par la capricieuse houle
J'aurai inversé "capricieuse" et "houle". I can't explain it, mais ca sonne mieux je trouve. Ca fait moins poétique, mais par rapports aux termes, ça rend mieux en fait.

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Tant de connexions à effectuer, d’idées à formuler. Rester là pour l’éternité, et goûter au repos des calmes sous-bois de l’océan.
J'aime beaucoup chacune des deux phrases, ensemble et séparément.

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Mon esprit débile saisit des sons, des appels, signaux.
Le "débile" sonne comme une fausse note. Essaye de trouver un terme un peu plus élevé.

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Ils tentent de m’enlever à mon cocon quiet.
Le mot en anglais m'a un peu bloqué, mais avec le "marionnette" suivant ca joue. Alors éventuellement, mettre "cocon quiet" entre guillemets, mais rien d'autre.
C'est marrant de voir comme tu joue avec les mots ^^

J'aime beaucoup le dernier paragraphe.

Quel texte triste ! Enfin non, pas triste puisque tu n'as pas mis l'accent sur le coté morbide. Au contraire, ca semble naturel, pas du tout choquant, du point de vue du capitaine. Juste un peu de nostalgie en pensant au marin qu'il a du etre, mais sinon...
Juste, j'aurai fait plus court, parce qu'on se dit que mourir noyé c'est long mais pas a ce point (enfin j'espère !). Donc meme si il prend le temps de tout ressentir...
Sinon globalement j'aime bien, beaucoup même.
Ah, et aussi, j'imagine que tu joue avec les mots et la proximité des sons tout le long du texte, mais on ne le voit vraiment que dans les derniers paragraphes. Le reste, c'est trop subtile, et du coup on se demande si c'est voulu.
 
 
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Kailiana le 27 Mars 2009 à 18:02:57
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la poix mordorée. Ma poix est bleue et s’assombrit dans mon voyage.
j'aime pas la répétition "poix"
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Sous l’eau… serais-je… j’ai
j'aime moins (surtout le "serais-je...")
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des appels, signaux.
j'aime pas trop le "signaux" (mais c'est vraiment chipotage)



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l'AT Eau finit le 13 mars...
le 30 plutôt, non ?

Ben j'aime toujours ; j'avoue beaucoup aimer ce texte (plus que les autres sur l'eau ; enfin faudrait que je les relise)

Mais bon, vu combien de fois j'ai relu ce texte et ses différentes versions (rivages, ici/pf les deux versions, puis le recueil pf, puis de nouveau ici...) j'ai du mal à le lire d'un oeil neuf. Je peux juste te dire que j'aime toujours  :-¬?
Titre: Re : Le venin du ressac
Posté par: Gros Lo le 27 Mars 2009 à 19:41:39


c'est vrai c'est un peu du recyclage sauvage :mrgreen: oui j'ai corrigé, c'est pour le 31 mars.


Citation de: Jezy
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et mes poumons qui trinquent à la mort et lampent, c’est moi, peut-être, ce Capitaine de débris de bois et de chair.
C'est peut etre parce que je ne connais pas ce mot, mais le "lampent" me semble pas indispensable... (moi je le virerai carrément, mais comme je me doute que tu structure ton texte à la syllabe près... ;))
"lamper", heu, "laper à grandes goulées" ? enfin quelque chose comme ça ^^ j'aime bien ce mot-là parce qu'il est presque... onomastique c'est comme ça qu'on dit ? enfin dans les sons qui le constituent j'ai l'impression d'entendre ce qu'il veut dire... comme "éclabousser"


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Ma poix est bleue et s’assombrit dans mon voyage.
Si tu mettais "mon ambre est bleue" a la place, ca ne changerais pas le sens mais l'image serait plus jolie. La poix, ca donne une impression plus dégoutante, ca dépend du sentiment que tu veux transmettre.
oui mais juste avant y a "poix mordorée" non ? "ambre mordorée" ce serait vachement redondant... là en fait j'voulais (j'le trouve un peu onomastique aussi ce mot xD) rendre le côté poisseux et épais des eaux qu'il traverse...


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Mes doigts ne souhaitent pas bouger selon mes désirs. Soit.
La ressemblance de son est là, on ne peut pas la rater. Perso, je n'aime pas trop quand ça arrive, parce que du coup la signification des mots se perd derrière la musique. A voir si tu l'a fait exprès ou pas.
j'ai pas compris :-[ quelle ressemblance ? ah, entre "souhaitent" et "soit" ?


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loin en loin par la capricieuse houle
J'aurai inversé "capricieuse" et "houle". I can't explain it, mais ca sonne mieux je trouve. Ca fait moins poétique, mais par rapports aux termes, ça rend mieux en fait.
ouais pourquoi pas j'verrai en reprenant le texte


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Mon esprit débile saisit des sons, des appels, signaux.
Le "débile" sonne comme une fausse note. Essaye de trouver un terme un peu plus élevé.
en fait c'est dans le vieux sens, le "débile" qui veut dire "faible" (genre Hugo, "nos membres débiles"... non c'est pas lui ?)... mais c'est vrai que ça doit accrocher à la lecture, c'est assez archaïque maintenant comme sens.


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Ils tentent de m’enlever à mon cocon quiet.
Le mot en anglais m'a un peu bloqué, mais avec le "marionnette" suivant ca joue. Alors éventuellement, mettre "cocon quiet" entre guillemets, mais rien d'autre.
ouhlà j'aime pas trop "cocon quiet" xD faudra que je change


merci ! j'vais reprendre tout ça.

Pour Lial' maintenant : pour la répétition de poix, c'est pour montrer que d'une certaine manière il se l'approprie...? Pour "serais-je" faudra que je reprenne ça, ça semble drôlement laid. Pour "signaux" je verrai quand je retrouverai le contexte, mais j'changerai sûrement.


Merci de vos précisions !