Le Monde de L'Écriture
Salon littéraire => Salle de lecture => Romans, nouvelles => Discussion démarrée par: Anlor le 05 Novembre 2014 à 10:51:05
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Bon, j'ai lu ce bouquin l'année dernière et j'ai pas eu le courage de faire un fil, et pourtant...
Vous connaissez sans doute Claude Ponti pour ses albums jeunesse (L'album d'Adèle, Okilélé, L'arbre sans fin, tout ça). C'est un auteur qui a un univers graphique assez formidable et des textes géniaux bourrés de néologismes trop chouette (rien que ça). Ses romans sont beaucoup moins connus, c'est très dommage.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fecx.images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F51WM2TGA9PL._SL160_.jpg&hash=f643f1f6239e7110cac764c80b4a5565384dac54)
(j'ai pas trouvé d'image plus grande, pardon pardon)
Donc, Le monde et inversement, troisième roman de Claude Ponti publié chez l'Olivier en 2006.
Comme j'ai une sacrée faculté à oublier les romans sitôt après les avoir lus, je vous copie colle le résumé Babelio :
Dans l'immeuble d'Edgar se côtoient d'inquiétants personnages. Sous l'œil maléfique de Mile Clapeau, un écrivain libidineux dialogue avec son double flagorneur,une femme débordante de tendresse élève une peluche géante, un homme convaincu d'être un arbre regarde ses pieds bourgeonner, deux fillettes manipulent les pensées des autres. Tous semblent prisonniers de leurs fantasmes les plus généreux ou les moins avouables. Lorsque Edgar fait une chute dans l'escalator du métro Saint-Paul, personne ne s'en inquiète. Pourtant cette chute l'entraîne dans un étrange voyage, où le possible et l'impossible forment un tout avec une évidence déconcertante. Car le monde n'est compréhensible qu'en s'affranchissant de la réalité, et inversement.
J'ai adoré ce bouquin. Il y a une ambiance vraiment particulière ou se mélange imagination débridée et vision extrêmement noire et sarcastique de la vie quotidienne. Les personnages sont des caricatures et le fantastique sert à accentuer tous leurs travers. Je trouve que le style et l'histoire renvoient directement aux oeuvres jeunesses de Ponti, remplies de monstres et d'histoires sombres où on emmure les enfants sous les éviers, où des doudous méchants sèment la panique, où les amis imaginaires abandonnés deviennent d'horrible cauchemars. Pour moi, c'est un livre qui ne laisse pas indifférent, ça vous happe et vous en ressortez dans un état bizarre. Vraiment, vraiment, je vous le conseille.
Extrait :
Au rez-de-chaussée du bâtiment B, sur cour, M. Freutin ouvrit sa fenêtre pour arroser ses Maristou Syllha. La copropriété était une chose simple si on se donnait la peine d'y réfléchir quelques minutes, et c'était si peu, quelques minutes, si l'on songeait aux ennuis évités. Grâce au règlement, à la loi, à une présence assidue au Conseil syndical... et à une entente intelligente avec le syndic. Dans copropriété, il y avait kopros en grec, c'est-à-dire la merde... Si on se laissait faire... Faire dessus. M. Freutin sourit. La retraite ne le diminuait pas.
Il sourit à nouveau devant la bonne santé de ses plantes en pot. Depuis qu'il avait mis des barbelés sélectifs pour les protéger, elles prospéraient. Il ne savait pas quel enfant de la maison les lui avait saccagées. Il l'avait dit au syndic. Il était sûr que c'était un enfant. Ce n'était ni le travail d'un adulte, ni celui d'un animal. Et si quelqu'un savait reconnaître le travail d'un enfant c'était bien lui !
Une surveillance, discrète, mais constante, voilà ce qu'il fallait. Pas de vélos, pas de motocyclettes, pas de voitures dans la cour. Ne rien autoriser, et on était tranquille. Ils commencent par une poussette et après la trottinettes, la planche à roulettes, le vélo, le scooter et pourquoi pas le minibus? La porte grande ouverte à tout. Eh bien... NON! NON à TOUT. Comme ça, pas d'histoires. Quand rien n'est permis, l'abus est évident.
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Ouah ! Ça a l'air super sympa, effectivement.
Le résumé et l'extrait sont déjantés juste ce qu'il faut ^^.