Voici un texte jeté de colère après la lecture de la presse un bien triste matin de Toussaint.
Je me suis au départ inspirée de la découverte de cette photo d'un tag de Nantes reprenant le texte de La Rumeur, ici utilisé quasi tel quel, dans le dernier envoi. (dans la version 1)
Pour éviter les polémiques d'un sujet politique, je ne re-commenterai pas le fond (la légitimité ou non d'écriture et de publication) de ce texte (même si j'accepterai aussi vos remarques à ce sujet si c'est nécessaire pour vous), mais sur la forme, c'est la première fois que j'écris une ballade... donc je suis avide de conseils. Je me dis... peut-être un pas vers de possibles chants... mais...
Suite au commentaire de Thalie qui souligne à juste titre les nombreuses erreurs de métrique, je propose sous le premier jet, une version 2, que j'espère plus juste ! Bonne lecture et merci de vos précieux regards et conseils
Et suite à tous vos pertinents conseils et encouragements, je tente ici une version 3, sans doute encore imparfaite, mais avec laquelle je me suis fait vraiment plaisir (autant que l'on puisse avec ce genre de sujets). J'espère que ça se sentira. Bonne lecture et merci à tous. Notamment à Darid pour m'avoir, entre autres choses intéressantes, appris la fabuleuse et merveilleuse règle d’élision du "e" de fin d'hémistiche dans l'alexandrin ! Comme c'est bon pour l'oreille !
J'ai par contre pris quelques libertés avec le jeu des rimes (au nombre de cinq, ça doit pas être très académique pour le coup), les diérèses, etc... mais bon... Et puis oui, j'ai conservé le vers long... trop de choses à dire sans doute !
Version 3
Ballade pour un fidèle défunt
(Ballade pour un ophioglosse)
Nous répondons à cet « allez, faut y aller ! »
Même appel, même rage, et comparables guerres.
Communauté masquée durant cette veillée
Qui bercera nos sangs, et noircira l’enfer
D’une nuit mâtinée où s’étend ta dépouille.
Nous te rendons hommage, osant défier les ombres,
Spectres enragés, endiablés et incendiaires.
Grouillant telles lucioles vers des artères sombres
Nous ouvrirons la nuit de nos cinglantes pierres,
Et braverons la pluie pour que leurs armes rouillent.
Car, si l’on risque bien de vous causer du tort
C’est pour ne pas poursuivre sans honorer nos morts.
Vous meurtrirez nos chairs auparavant bleuies,
Traquant en nombre, esprits, corps nus et courses folles,
Vaine chasse aux sorcières, opposants, insoumis…
Et certes sans encombre, vous halerez gloriole,
Vous sortirez indemnes, blanchis ou arrogants
Face aux ossuaires, crus, par vous, si abondants.
Mais sachez le, armées, que chaque fin d’été,
Partout, refleurira l’hommage provocant
Au libre camarade, martyr ainsi tombé
Sans herbe sans couture, stolon bien confondant.
Car, s’il s’est jeté dehors le diable au corps,
C’est pour ne pas revivre sans honorer sa mort.
Puis, nous attiserons nos satanées lanternes
Pour orner son passage inouï vers l’autre monde,
Et de nos saisons claires toujours tenues en berne,
Émergeront deux milles dépouilles vagabondes,
Aux dermes écorchés, les déçus, les damnés,
Affres, cris de Satan, surgis des saisons sombres,
Dignes danses macabres au bal des assassins.
Et sous nos pieds brulants, charbons pris des décombres,
Nous fêterons gaiement, nos trois nuits de Samain,
Nos rages expiées et, le feu de bel passé.
Car, si l’on erre en peine, ainsi jusqu’aux aurores,
C’est pour ne pas survivre sans honorer nos morts.
Version 1
Ballade pour un fidèle défunt
Nous répondons aux « allez, faut y aller ! »
Même appel, même rage, semblable guerre,
Communauté masquée pour cette veillée
Qui aspire tant à révéler l’enfer.
Nous te saluons en défilant nos ombres
Enragées, endiablées et incendiaires,
Grouillant telles des lucioles dans les rues sombres
Nous marquerons la nuit de maintes pierres.
Puy, si l’on erre en peine jusqu’aux aurores,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.
Vous meurtrirez nos chairs déjà bleuies
Traquant en nombre, esprits et courses folles
Chasse aux sorcières, pauvr’ hères, non convertis,
Et sans encombre, halerez bien gloriole
De nos ossuaires, par vous, plus abondants.
Sachez, armées, que chaque fin d’été
Refleurira l’hommage cependant,
Aux camarades martyrs ainsi tombés.
Puy, si l’on risque de causer du tort,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.
Nous attiserons nos satanées lanternes
Pour un passage inouï vers l’autre monde
Et de nos saisons claires tenues en berne
Émergeront dépouilles vagabondes,
Cris de Satan pour vives saisons sombres,
Danses macabres au bal des assassins.
Et aux charbons ardents sur les décombres
Nous fêterons nos trois nuits de Samain.
Puy, si l’on se jette dehors le diable au corps,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.
Version 2
Ballade pour un fidèle défunt
Nous répondons aux « allez, il faut y aller ! »
Même appel et même rage, semblable guerre !
Communauté bien masquée pour cette veillée
Qui tant aspire à révéler le triste enfer.
Nous te saluons en faisant défiler nos ombres,
Spectres enragés, endiablés et incendiaires.
Grouillant telles des lucioles dans les rues sombres,
Nous entaillerons la nuit de sanglantes pierres.
Car, si l’on erre en peine, ainsi jusqu’aux aurores,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.
Vous meurtrirez nos chairs auparavant bleuies,
Traquant en nombre, esprits, corps nus et courses folles,
Chasse aux sorcières, aux opposants, non convertis ;
Et sans encombre, vous halerez gloriole
De nos ossuaires, devenus si imposants.
Mais sachez le, armées, que chaque fin d’été,
Partout, refleurira l’hommage nonobstant,
Pour les camarades martyrs ainsi tombés.
Car, si l’on prend le risque de causer du tort,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.
Donc nous attiserons nos satanées lanternes
Pour orner ce passage inouï vers l’autre monde,
Et de nos saisons claires contenues en berne,
Émergeront milles dépouilles vagabondes,
Cris de Satan à réveiller les saisons sombres,
Danses macabres livrées au bal des assassins.
Et sous nos pieds, charbons ardents pris des décombres,
Nous fêterons gaiement, nos trois nuits de Samain.
Car, si l’on se jette dehors le diable au corps,
C’est pour ne pas vivre sans honorer nos morts.