Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: holden5 le 22 Octobre 2014 à 15:00:55
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De sa voix éraillée, déglinguée par la puberté, Benjamin reprit :
—Mais franchement, tu es d’accord que les Stones auraient dû arrêter leur carrière en 72 ? Après Exile on Man Street, c’est une vraie catastrophe. A part pour Miss you, Angie, et Start me up, ils n’ont plus fait grand chose d’intéressant, et encore c’est des titres vachement "mainstream". Hein, papa ?
—Hmm, confirma mollement Daniel, qui luttait contre le sommeil en méditant sur la dernière grille de mots-croisés issue de l’esprit tortueux de Jacques Drillon.
—Tu peux me redire la 2 horizontale ? lui demanda Christiane.
Daniel souleva le magazine gisant sur sa poitrine et relus avec toute la gravité et les scansions nécessaires la définition demandée par sa chère et tendre.
—« Un soulèvement qui ne vous laissera pas à sec ». En 7 lettres.
— Qui vous ne vous laissera pas à sept ?
— « A sec ! »
Christiane se mit à réfléchir à voix haute.
— D’accord, alors « un soulèvement »…ça ne peut pas être le sens politique, ça serait trop simple venant de Drillon. Ça doit être une montagne, ou un truc de ce genre.
— Ah oui, tu veux dire un soulèvement de terrain ? Une sorte d'élévation...Mais tu sais que t’es pas bête, toi, quand tu veux ? Je vais peut-être te garder finalement...
— C’est bon, tu ne me jettes pas tout de suite aux requins ?
Malgré l’indifférence du public parental, Benjamin reprit sa critique de l’âge d’or du rock and roll en posant sur l’océan un regard absent.
— De toute façon, si Jim Morrison avait vécu plus longtemps, il ne serait pas devenu le mythe qu’on en a fait. Avec l’âge, les rockers perdent complètement le feu sacré et ça se répercute sur leur image du début. Sérieux, t’as pas eu cette impression papa ?
— Mais, mais, mais, protesta affectueusement Daniel (qui n’avait jamais eu la moindre opinion sur la question), tu n’es pas censé lire l’Avare au lieu d’embêter tes pauvres parents ?
En tant qu’élève français ayant survécu jusqu'à la 4ème, Benjamin devait effectivement subir ce curieux rituel initiatique : lire l’Avare de Molière et en rédiger une « fiche de lecture » pour la rentrée. Cela faisait trois jours qu’il bloquait sur la scène 1 en poussant de pathétiques lamentations enrouées devant chaque expression sentant un peu trop la poussière.
—Mais j’ai trop de mal, gémit l’ado aux longs bras maigres, ça me gonfle.
Benjamin était tout le contraire d’un fumiste : il ne supportait pas le travail mal fait, et son besoin de perfection avait même quelque chose de maladif qui n’échappait pas à ses parents. Mais l’Avare l’emmerdait, justement parce que le texte le dépassait complètement malgré tous ses efforts.
—Mais non, tu vas y arriver mon fiston, dit Christiane du ton le plus rassurant dont elle était capable.
Christiane Livette n’était pas experte en encouragements et manifestations de tendresse — sans doute parce qu’elle était elle-même d’une nature plutôt inquiète — mais les vacances la rendaient généralement plus affectueuse avec ses « fistons. »
—J’ai faim, maman ! fit une petite voix plaintive, presque noyée par le souffle du vent et la rumeur de la mer.
Jules, 9 ans, 1 mètre 30, sortait de l’eau. Il s’était jeté dans les vagues pendant une bonne heure avec tout le sérieux de l’enfance, mais tout cela était déjà un lointain passé : une mine accablée déformait son petit visage angélique, il avait faim à présent!
— Oui, oui, on va aller manger, Jules, t’énerve pas, répondit la mère du jeune affamé.
Puis s’adressant à Daniel :
— Je vais peut-être aller voir dans le coin si je trouve de quoi faire une grosse salade pour ce midi. Qu’est-ce t’en penses ? Du riz, des tomates, des petits légumes…
— Hmm, marmonna Daniel, dont le cerveau ne traitait plus guère ce genre de stimuli culinaires depuis qu’il avait compris que son opinion comptait peu en la matière.
Christiane se leva, essuya de la main le sable blanc collé sur ses cuisses et remit son paréo autour de sa taille.
— Bon les garçons, on se retrouve à la chambre dans un petit quart d’heure ?
— Attends, je viens avec toi, se proposa Jules.
— C’est gentil ça, alors dépêche-toi, enfile tes affaires.
Le visage boudeur, vaincu par la fatigue et la faim, Jules enfila gravement ses tongs et s’enveloppa dans sa serviette « Coca Cola » toute neuve.
— Putain Jules, fais gaffe, grogna Benjamin en recevant une gifle de sable.
Sans mot dire, le nez dégoulinant encore d’eau salée, Jules emboîta péniblement le pas de sa mère.
*
A force de contempler l’océan, Benjamin cessa de penser à ses idoles en pantalon de cuir et se laissa submerger par une humeur plus romantique. Depuis quelques temps, une fille du collège lui trottait dans la tête. A en croire la rumeur, la fille en question, une certaine Johanna qui était dans sa classe l’année d’avant, avait le béguin pour lui.
C’était quelque chose de nouveau, ça, qu’une jolie fille aux grands yeux verts s’intéresse à lui, et que d’autres, peut-être influencées par la situation, se mettent à lui offrir des petits sourires troublées. Et ce n’était pas désagréable de croiser des prétendants déçus dans les couloirs du collège. Leurs regards insistants, dégoûtés, semblaient tous dire : « Alors, c’est toi qu’elle a choisi ? Qu’est-ce qu’elle te trouve, franchement ? »
La vie était plus douce au collège depuis l’acquisition subite d’une telle popularité, mais Benjamin s’interrogeait sur la suite des opérations. Bien sûr, il faudrait aller demander à Johanna si elle voulait bien sortir avec lui, mais après ? ça voulait dire quoi, concrètement, sortir avec une fille, à part l’embrasser et lui dire qu’on l’aimait ?
—Oh my god ! s’écria un nageur, tirant Benjamin de ses pensées. A shark ! A shark !
Des rires stridents répondirent aux cris de l’homme, un touriste américain dégarni qui avait décidé de donner un peu la frousse à ses deux filles en bas âge.
—Careful ! I’m going to eat you ! fit l’homme d’une voix caverneuse en avançant vers les deux gamines, les bras écartés au-dessus de l’eau.
Les filles poussèrent de joyeux cris de terreur en regagnant précipitamment le rivage, laissant leur père hurler de rage derrière elles.
*
Alors qu’il était sur le point de s’endormir, Daniel commit l’erreur qu’il s’était promis d’éviter pendant cette semaine à l’étranger : penser à son boulot.
Une de ses classes de troisième lui posait un problème insoluble. Certains élèves n’avaient manifestement rien à faire dans son cours : niveau Cm2 en maths (sa discipline), incapacité à écrire une phrase courte et à se concentrer pendant plus d’une dizaine de secondes.
« On sait qu’ils relèveraient plutôt de la SEGPA » avait dit le prof principal, « mais les parents font blocage, donc on va devoir faire avec. »
Alors Daniel avait essayé de faire avec : il avait mis en place toutes les stratégies imaginables pour ne pas être confronté aux regards bovins ou franchement hostiles de Guillaume Mazier, Aziz El Baoui, Kevin Dubuis… Rien n’avait vraiment fonctionné. Et maintenant, il restait quoi comme solution, à part les exclusions systématiques ?
Peut-être….peut-être créer une fiche d’auto-évaluation du comportement en classe, qui permettrait d’éviter une…
—T’as vu, papa, l’interrompit Benjamin d’un ton vaguement étonné.
—Hmm ?
—C’est marrant, la mer est vachement basse d’un seul coup. Tous les bateaux sont sur la plage.
Daniel se redressa sur les coudes et put constater que son fils disait vrai : la mer, qui leur léchait presque les orteils cinq minutes plus tôt, s’était soudain retranchée à l’horizon, laissant devant eu une vaste étendue de boue sombre, où gisaient ça et là des embarcations de pêcheurs.
— Ah oui, c’est autre chose qu’en France, les marées par ici ! commenta-t-il laconiquement.
Un touriste un peu dégarni contemplait cette scène lunaire en silence, les mains sur les hanches, tandis que ses deux fillettes s'affairaient à ses pieds : l'une remplissant un sceau de boue en tenant sa pelle à l'envers, l'autre essayant d'enfouir les orteils paternels sous une couche de vase.
- stop it, Lucy! disait le père sans conviction, absorbé par l'étonnant spectacle.
Après avoir observé la scène d'un oeil un peu hagard, Daniel s’allongea à nouveau et reprit le cours de ses réflexions pédagogiques.
—Oh putain, s’exclama aussitôt Benjamin dans un murmure.
*
Dans un silence fasciné, ils avaient observé l’océan remonter la plaine boueuse. Ils s'étaient dit, comme beaucoup d'autres ce matin-là, que le bouillonnement d'écume arrêterait sa course à son point habituel. C'était surtout pour les deux bateaux qui naviguaient au large qu'ils s'étaient inquiétés : violemment fouettés de côté, les navires avaient été engouffrés par le remous et à présent on ne les distinguait plus de la plage.
Et puis Daniel et Benjamin avaient entendus des cris étouffés, des avertissements venus de très loin, mais qui résonnèrent avec toute la force d'une évidence « Run ! Run ! Tsunami ! »
Dans un même mouvement, alors que la vague mugissante n’était plus qu’à quelques mètres du rivage, ils s’étaient précipités vers la ville, avec une seule et même pensée en tête : retrouver Jules et maman, les sauver ou les apercevoir juste une dernière fois.
Tandis que des cris stupéfaits, où l'incrédulité se mêlait à la peur, s’élevaient de toutes parts, Benjamin avait hurlé « Maman ! Jules ! », espérant contre toute raison que ses appels seraient entendus. Derrière lui, la marée progressait avec une extraordinaire discrétion, seuls les craquements du bois et les protestations de la vie trahissaient son avancée.
Ayant gagné la rue marchande menant à la ville, Benjamin s’était retourné pour s’assurer que son père était encore à ses côtés, mais il n’avait eu que le temps d’apercevoir la marée brunâtre, grouillant de bois, d’algues et de visages ahuris, qui lui faucha brusquement les chevilles avant de l'engloutir.
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Tu prévois une suite, ou pas ? J'attends de savoir avant de te dire ce que j'en pense... en attendant, juste bien vu, le soulèvement du tsunami... ;)
(et ça Oui, oui, on va aller manger Jules
ça m'a fait rire ! :D )
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Holden,
Sur la plage ensoleillée, coquillages et mots croisés ! :)
Beaucoup apprécié.
Sauf...
Je t'en veux terriblement d'avoir vendu la peau de la vague avant la noyade.
Et les cruciverbistes, tu y as pensé aux cruciverbistes ? Tu croyais vraiment que la 2 horizontale allait les laisser de glace ?
Donc, pour moi, l'acmé de ton texte, se trouve très exactement à la huitième ligne.
Tout se qui suit n'est que littérature sans suspense, et par conséquent sans intérêt !
Mais non, je déconne. ;)
J'ai beaucoup apprécié que j'te dis !
C'est bien torché !
C'est drôle !
Et beaucoup moins long que du Ken Follet.
Bref, que demander de plus ?
Kokox
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@ sally : le texte est achevé dans sa structure, mais très inachevé dans son "écriture". C'est un croquis on va dire! D'ailleurs, je viens d'y redonner quelques coups de crayons, n'étant pas bien satisfait de la deuxième moitié.
@ kokox:
Merci de ton retour! Pour la def de mots croisés, j'ai pensé que ça pourrait nuire au suspense pour certains lecteurs...changer de titre permettrait peut-être d'éviter d'attirer trop l'attention/la réflexion dessus?
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Daniel souleva le magazine gisant sur sa poitrine et relus
relut
je trouve que le participe présent, là, fait un peu maladroit
En tant qu’élève français ayant survécu jusqu'à la 4ème,
lol
Cela faisait trois jours qu’il bloquait sur la scène 1 en poussant de pathétiques lamentations enrouées devant chaque expression sentant un peu trop la poussière.
en poussant + sentant, ça fait beaucoup de participes présent dans la même phrase, ça la rend pas très joli
on va aller manger Jules
Mdr, quels parents. De l'intérêt de l'usage des virgules même dans les dialogues :mrgreen:
— Ah oui, c’est autre chose qu’en France, les marées par ici ! commenta-t-il laconiquement.
Depuis le début, j'ai du mal à visualiser le texte ; au début je les voyais dans leur salon, puis à la plage, puis dans un autre pays... Je pense que le cadre gagnerait à être précisé dès le début, pour estomper cette impression de flou qui produit un effet un peu maladroit.
Bon. Holden, il faut un début à tout. Je n'ai pas accroché :-\
Ça se lit bien, pas de souci avec ça (encore que j'ai trouvé le style moins soigné que d'habitude), mais j'ai eu l'impression que l'ensemble dégageait une impression de cliché qui m'a un peu rebutée. Rassure-moi : c'est juste un début ? (j'ai pas compris ton dernier post, à ce sujet)
Toute la fin (le clou de l'histoire) est expédiée en vitesse, avec une énorme distance entre la narration et ce qui se passe, alors que c'est ça, plus que la vie quotidienne d'une famille de vacanciers lambdas, qui devrait retenir l'attention du lecteur. Là, hop, en deux secondes tout est passé, on n'a pas eu le temps d'avoir peur ni de s'inquiéter un tant soit peu... En plus, le fait que le tsunami réponde à la définition du mot croisé, ça tombe un peu à plat, non ? Je veux dire : ça pourrait être une chute, si c'était formulé d'une certaine façon, mais là ça l'est pas, je trouve...
Désolée pour mon commentaire un peu sévère :-X mais je sais que tu peux faire bien mieux ! :)
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J'ai eu l'impression que c'est moins "recherché" car écrit avec moins de plaisir, mais peut-être plus de colère (j'ai lu un texte comme ça de toi, je ne me souviens plus le titre. Sur une falaise, avec deux gars patibulaires...). Ça ressemble à un texte profondément exutoire. Alors forcément, c'est perfectible. Ce n'est pas désagréable pour autant, on y trouve plus de spontanéité d'écriture, et pourquoi pas ? Je trouve ça bien, de casser un peu son image de temps en temps, quelle qu'elle soit. De se mettre un peu "en danger", parce qu'on révèle plus d'émotions.
J'ai bien aimé la définition cruciverbiste, au contraire, ça fait une boucle, ça atténue l'impact dramatique de la fin. Par contre je suis du même avis que milora, le contexte aurait été intéressant à préciser un peu plus tôt dans l'histoire.
Côté suspens, on a à peine le temps de s'attacher aux personnages qu'il leur arrive malheur. Si j'aurais donc une critique constructive (ha ha!) à faire ce serait : un chouille court.
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Ma longue réponse vient de se faire effacer par la volonté du tout-puissant internet :'( Je recommence donc.....
@Milora:
Je ne te cache pas la déception que j'ai pu ressentir en lisant ton commentaire, déception d'autant plus grande que tes remarques mettent le doigt sur des choses que j'avais pressenties en relisant mon texte. D'abord, le côté "cliché": c'est juste, il se dégage quelque chose d'artificiel dans la description de cette famille, et c'est assez gênant parce que c'est tout le contraire que j'aurais voulu faire ! Je voulais justement ne pas réduire les vacanciers à leur statut de vacanciers et leur donner une identité bien définie par opposition à ce qui peut être donné à voir par les médias par exemple.
Pour le contexte pas assez précis, c'est intéressant d'avoir ton retour aussi là-dessus, car je ne me rendais pas compte qu'une telle confusion était possible au début (j'avais d'ailleurs retiré, pour des questions de lourdeur, une phrase indiquant que le journal protégeait la poitrine nue du père contre les rayons du soleil...).
Concernant la fin, trop rapide...je suis confronté à une difficulté imposée par mon idée de départ, qui était de décrire une mort tout aussi subite que non-spectaculaire, pour éviter l'effet de distanciation et d'irréel que les images télévisées peuvent avoir parfois quand il s'agit de catastrophes naturelles.
Comme je m'essaie rarement à ce genre d'exercice, il n'est pas très étonnant qu'il soit plein de maladresses et même qu'il rate complètement son objectif. Cela dit, j'ai pris un certain plaisir à écrire ce texte et, je ne sais pas pourquoi, il ne fait pas parti de ceux que je jetterai tout de suite à la corbeille...Peut-être parce que l'idée m'intéresse depuis assez longtemps.
@Sally
Merci de ton retour sur ce texte. Effectivement, c'est un peu plus périlleux pour moi de me lancer dans un récit ne se voulant pas du tout "fantaisiste", et comme tu vois ce n'est pas encore tout à fait au point. Un format plus long serait peut-être mieux adapté à l'idée, c'est juste. Je verrai si je trouve le temps de m'y frotter !
Merci encore !
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@Milora:
Je ne te cache pas la déception que j'ai pu ressentir en lisant ton commentaire, déception d'autant plus grande que tes remarques mettent le doigt sur des choses que j'avais pressenties en relisant mon texte. D'abord, le côté "cliché": c'est juste, il se dégage quelque chose d'artificiel dans la description de cette famille, et c'est assez gênant parce que c'est tout le contraire que j'aurais voulu faire ! Je voulais justement ne pas réduire les vacanciers à leur statut de vacanciers et leur donner une identité bien définie par opposition à ce qui peut être donné à voir par les médias par exemple.
Oh, désolée, j'ai peut-être été un peu cash :/ (j'ai tendance à laisser un peu tomber les gants quand je commente quelqu'un que j'ai l'habitude de lire et dont j'apprécie les textes). Excuse-moi :/ :/
D'abord, je ne trouve pas que ton texte soit "plein de maladresses", et je pense qu'il a du potentiel et que tu peux en faire quelque chose de beaucoup mieux.
Pour le côté cliché, c'est peut-être que tu as essayé de brosser une famille trop typique ? Du coup elle fait un peu "famille de publicité" ou de téléfilm américain ? En donnant un peu plus de personnalité à au moins l'un des membres de la famille, peut-être que ça accrocherait davantage ? Parce que là, du coup, je trouve que justement ils se réduisent un peu à leur statut de vacanciers typiques, parce qu'ils sont un peu lambdas...
Pour le contexte, à mon avis ça peut s'arranger facilement, surtout avec ta plume :)
Concernant la fin, je comprends mieux ce que tu as voulu faire. Y a peut-être un truc à creuser dans ce sens, ça peut rendre très intéressant - mais à mon sens, l'actuelle ne produit pas l'effet attendu, pour plusieurs raisons :
- le début implante un rythme très lent, et la fin s'accélère tout d'un coup, mais sans effet de tension, de suspens, d'effroi, bref, sans que quelque chose ne justifie - dans la narration - cette rupture. Du coup, il y a seulement une accélération du rythme, et pas une prise de distance pleinement assumée par le narrateur. Je sais pas si je suis très claire. Bref, ça va plus vite dans la façon dont c'est raconté mais pas dans la façon dont c'est ressenti par le lecteur. (Pas sûre d'être plus claire, en fait :/)
- je pense que le choix des termes empêche l'effet "subit et non-spectaculaire" que tu veux créer : la "vague mugissante", le "run! run!" (en anglais, en plus), le "une seule pensée en tête", "s'apprêtait à l'engloutir", etc. : ce sont des expressions assez typiques des récits épiques ou des grandes scènes apocalyptiques. Du coup, ça n'évite pas du tout le spectaculaire, puisque c'est le vocabulaire employé pour donner habituellement dans le spectaculaire.
- je pense, enfin, que pour donner une dimension plus humaine à la fin (ce qui irait, si je te suis bien, avec le fait de ne pas brosser des vacanciers anonymes et une fin hollywoodienne), je pense qu'il faut un peu recentrer les pensées et les perceptions des deux personnages qu'on suit durant la scène de fin (Benjamin et Daniel). Là, ils ont un peu les pensées et les réactions de n'importe quel figurant dans un film catastrophe (courir, chercher leurs proches, crier). Je ne dis pas que ce n'est pas ce qui se passe en vrai (n'ayant jamais vécu de tsunami...), mais je pense qu'il faut leur donner plus d'intériorité, par exemple, qu'ils ne comprennent pas ce qui arrive, ou qu'ils aient une réaction décalée inattendue, qu'ils aient une pensée étrange en tête, ou qu'ils soient bouleversés, ou hébétés... Enfin, quelque chose qui en fasse plus que juste des supports à l'histoire. Là encore, je ne sais pas si je suis très claire ?
Enfin voilà, c'est juste des idées et des avis tout subjectifs, peut-être que les autres lecteurs ne l'auront pas perçu comme ça !
Je ne pense pas que ce texte soit à jeter à la corbeille, à mon avis en le retravaillant, ça peut rendre très bien, surtout avec ta plume ! :)
Encore désolée si mon commentaire t'a mis mal à l'aise :/
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Oh, désolée, j'ai peut-être été un peu cash (j'ai tendance à laisser un peu tomber les gants quand je commente quelqu'un que j'ai l'habitude de lire et dont j'apprécie les textes). Excuse-moi
:D Non non, ne t'excuses pas de ta franchise, c'est bien ce que je recherche sur un site d'écriture!
- je pense que le choix des termes empêche l'effet "subit et non-spectaculaire" que tu veux créer : la "vague mugissante", le "run! run!" (en anglais, en plus), le "une seule pensée en tête", "s'apprêtait à l'engloutir", etc. : ce sont des expressions assez typiques des récits épiques ou des grandes scènes apocalyptiques. Du coup, ça n'évite pas du tout le spectaculaire, puisque c'est le vocabulaire employé pour donner habituellement dans le spectaculaire.
Ah oui, bien vu. Tu vois, je me demandais pourquoi certaines expressions me gênaient moi-même, ça me semble bien être la raison!
je pense qu'il faut leur donner plus d'intériorité, par exemple, qu'ils ne comprennent pas ce qui arrive, ou qu'ils aient une réaction décalée inattendue, qu'ils aient une pensée étrange en tête, ou qu'ils soient bouleversés, ou hébétés... Enfin, quelque chose qui en fasse plus que juste des supports à l'histoire. Là encore, je ne sais pas si je suis très claire ?
Si, c'est très clair. ça devrait effectivement pouvoir donner plus de corps aux personnages, mais c'est ce qui est le plus difficile à faire ! ^^
Merci encore d'avoir pris le temps de lire le texte et de donner ces conseils très avisés, j'en prendrai bien compte!
H.
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Gloups !
C'est presqu'un peu long avant qu'on y soit mais quand on y est !
Donc, sensation forte tout à la fin. L'effet couche sucrée autour et la menthe qui t'arrache la tronche quand le sucre fendille.
Dans ton texte, on a tout juste le temps de sentir le craquement. Un début de fissure, un sourcil relevé et zbaam !
Voilà mon com donc : le début est tout mou, tout gentil, limite niais, la gentille famille quoi, attachiante, et la fin ravage.
J'aime bien la dernière phrase bien soignée.
Rémi
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Merci Champdefaye pour ce retour.
Pour moi, ce n'est pas le titre qui gâche le suspense, mais la définition de mot croisé donnée au tout début du texte. Je ne suis pas cruciverbiste, mais j'avais deviné.
C'est intéressant de voir que tu as pu ressentir cela. Il y a peut-être quelque chose d'un peu plus subtile à trouver pour annoncer sans trahir, je vais y réfléchir.
Le début plan-plan n'est pas si mal, la famille un peu gentillette pas désagréable non plus. J'en ai parfois un peu assez de tous ces personnages désespérés, inadaptés, malfaisants et autres paranoïaques qui hantent les textes du forum. Ça fait du bien d'avoir de temps en temps des héros normaux.
Je dois dire que je souhaitais créer une famille attachante plus qu'une famille "banale". Ce n'est pas complètement réussi je pense, mais tant mieux si tu as apprécié l'absence de cynisme.
Dans les trois paragraphes de fin, seul l'avant dernier me paraît un peu faible
Oh oui, je crois qu'il va falloir étoffer un peu tout ça...
Merci encore pour cette lecture attentive!
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Yop
Mais franchement, tu es d’accord que les Stones auraient dû arrêter leur carrière en 72 ?
Moi je sais pas si je suis d'accord (mais de toute façon je prefere les beatles)
relus avec toute la gravit
relut, je pense
C’est gentil ça, alors dépêche-toi
point, plutot non?
Je vais rejoindre un peu le retour de Milora. En soi j'aime bien l'idée, t'as toujours un style agréable à lire, c'est très plaisant. Mais c'est vrai que ça fait encore un peu esquisse, notamment cette fin un peu abrupte. Disons que je me demande si elle ne gagnerais pas à être retravaillé avec une chute plus percutante.
Sinon pas grand chose de plus à relever.
Merci pour ce texte