Salutations !
J'écris pas souvent et je poste encore moins souvent ici, mais hier soir j'ai écrit ce tout petit texte que j'aime bien XD. Une amie m'a demandé de lui envoyer des nouvelles, donc je lui ai envoyé une nouvelle :mrgreen:.
Ecrit plus ou moins au fil de la plume, j'espère qu'il vous fera au moins sourire. Bonne lecture !
Les invités de Gurk
Gurk se curait le nez, perplexe. Il y avait eu cet humain qui s'était approché de sa tanière en se croyant caché, accroupi dans l'ombre des grands arbres. Bien sûr, Gurk l'avait remarqué tout de suite : la lande était déserte exceptés lui et les quelques arbres qui parsemaient la plaine. Et même s'il avait fait plus sombre, ou si l'humain avait eu l'intelligence de venir la nuit, ça n'aurait posé aucun problème à Gurk, qui voyait très bien dans le noir. Mais après tout, l'humain semblait satisfait de sa « discrétion », et Gurk n'était pas un gobelin à juger les autres.
Ce n'était pas ce qui intriguait Gurk le plus, cependant. Des humains, il en voyait souvent, et c'était très bien comme ça, ça lui faisait des réserves pour passer l'hiver. Les hommes s'imaginaient toujours que les gobelins étaient faciles à attraper, à étriper, à piller ou à embobiner. La faute aux histoires qu'ils se répétaient les uns les autres, dans lesquelles de grands héros pataugeaient dans le sang des gobelinacés (gobelins, orcs, uruk-haï, même combat) et croulaient sous l'or de leur trésor volé. Des absurdités, bien sûr. Déjà, Gurk ne connaissait pas un seul de ses cousins ou amis qui possèdent plus d'une ou deux pièces d'or - l'or n'a pas d'intérêt, un bon outil ou une bonne massue règlent les problèmes plus efficacement. Et puis ensuite, la plupart des humains ne savaient même pas par quel bout tenir une arme. Alors quand l'un deux s'approchait de la tanière de Gurk, il finissait invariablement en chair à pâté - ou plutôt en lanières de viande séchée, parce que ça tenait plus longtemps. Ou en taie d'oreiller, selon les besoins.
Non, ce qui était surprenant cette fois, c'était cet autre humain, un peu plus loin. Accroupi lui aussi, derrière des branches de buisson qu'il tenait devant son visage, cette fois. Et le plus impressionnant en réalité, c'était qu'aucun d'eux n'avait remarqué l'autre. A croire que leur méthode était efficace, finalement. Ou bien que l'humanité était une espèce irrécupérable.
Gurk haussa les épaules, sortit le doigt de son nez, l'essuya sur son pagne et se dirigea vers le fond de sa tanière. Il récupéra sa massue, la fit jouer dans l'air un instant pour en apprécier le poids et retourna à l'entrée de la grotte. Il fallait tout de même qu'il sorte accueillir ses invités à un moment ou à un autre. Mais lorsqu'il parvint à l'entrée de la caverne, un spectacle absurde l'attendait.
Les deux hommes se tenaient côte à côte, juste à la lisière des ombres de la tanière, et ils ne bougeaient plus.
Ils se tenaient aussi immobiles que possible, pas même troublés par le vent qui soufflait dehors ou leur propre respiration. Ils attendaient, tout simplement, accroupis dans l'herbe, que le gobelin sorte de son trou pour le pourfendre. Ils avaient l'épée au clair, mais tout dans leur posture indiquait qu'ils ne savaient pas s'en servir correctement. L'un serrait la poignée comme s'il cherchait à l'étrangler, l'autre la tenait trop bas et serait facile à désarmer. Gurk ricana.
« Bonjour ! » annonça-t-il joyeusement de sa voix grinçante.
Il savoura leur air de surprise lorsqu'ils s'aperçurent que leur camouflage était percé à jour.
« Sors de là, perfide créature, que je te pourfende ! Ton trésor sera mien, aussi vrai que mon nom est Albert !
- Didiou, gob'lin, vins donc que j't'estropions la couenne et que j'grapille ton or ! »
Les deux hommes avaient parlé en même temps. Interloqués, ils se jetèrent mutuellement un regard noir empli de méfiance.
« Et qui c'est qu'vous êtes-t-y donc pour y v'nir voler ma proie ?
- Je vous retourne la question, monsieur. Sûrement faites vous erreur sur la grotte. Ce gobelin est à moi, et son trésor me revient. J'étais là le premier.
- Et comment ça qu'vous êtes le premier ? J'étions là avant vous, « môssieur », et j'méritions autant qu'vous les pistoles. Et pis l'gob' y vous a vu du premier coup d'oeil, v's êtes pas rendu. Sans moué, y vous étriperait en deux-deux.
- Monsieur, je parcours les ombres tel un serpent dansant, toujours mouvant, jamais là où on l'attend. Si quelqu'un ici s'est fait repérer, c'est bien vous avec votre buisson ridicule. Qui a vu un buisson avancer tout seul en plein jour et à des lieues de la première forêt ?
- Serpent mon cul ! »
Ils continuèrent à se battre ainsi pendant un petit moment, sous le regard amusé de Gurk qui se délectait de la scène. Mais tous les plaisirs ont une fin : au bout d'un moment, les deux hommes jetèrent leurs armes à terre et en vinrent aux mains, ce qui obligea le gobelin à faire cesser la discussion. Un bon coup de massue sur chaque crâne et la question fut réglée. Rigoler, c'est bien, mais il n'aurait pas fallu que la viande se gâte. Gurk attrapa les deux corps par les pieds et les tira à sa suite dans l'ombre de sa tanière.
Ce soir, il allait bien manger.
Oh, un texte de Rain ! ;D
Une amie m'a demandé de lui envoyer des nouvelles
pssst…
Edit Rain : j'vois pas le problème :-¬?
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Bon, je pense que ça va pas être très constructif, bref, tout ça pour dire que j'ai un sentiment de trop court, trop rapide.
Sur le début, ça se développe un peu, on entre dans le quotidien de Gurk, la scène se monte avec les deux zigotos, et dès que le gobelin sort, ça va a toute vitesse, on a deux-trois répliques rigolotes et hop, c'est déjà fini.
Euh… hein, quoi, c'est vraiment déjà fini ? fini fini ? c'eut été bien que cette joute verbale soit un peu plus développée justement, parce que c'est à cet endroit de l'histoire qu'on trouve le plus d'humour avec l'accent de l'un et le potentiel d'empoignement qui s'est créé (« je parcours les ombres tel un serpent mouvant » mais lol :mrgreen:).
Voilà, voilà. Hum hum. Pas taper. :-¬?
Edit : Ah, si, je te mets quand même quelques détails :
Gurk se curait le nez, perplexe.
Ça a l'air de rien, mais j'ai trouvé que cette première phrase mettait bien en condition, 'fin, c'était bien. ^^
de sa voix grinçante
c'est pas l'adjectif auquel je m'attendais pour définir la voix de Gurk, mais pourquoi pas, il y a des Suzanne Boyle dans tous les mondes.
Didiou, gob'lin, vins donc que j't'estropions la couenne et que j'grapille ton or !
Ça c'est bon, cet accent. Autant l'humour sur la première partie ne m'a pas touché, autant ici, le décalage de ton entre les deux personnages est succulent.
Je vous retourne la question, monsieur.
À la fois ça fait anachronisme, à la fois ça fait wtf en accord avec « aussi vrai que mon nom est Albert ». Je penche pour le wtf, donc ce n'est pas une remarque négative.
Monsieur, je parcours les ombres tel un serpent dansant, toujours mouvant, jamais là où on l'attend.
[…]
Serpent mon cul !
Ça, ça m'a fait rigoler. :huhu:
Ils continuèrent à se battre ainsi pendant un petit moment, sous le regard amusé de Gurk qui se délectait de la scène. Mais tous les plaisirs ont une fin
Oui, bah voilà, c'est ce que je disais, faut faire profiter les copains, on en veut plus que cette toute petite phrase de rien du tout.