Texte dédié à Migraine et Loredan (ils devraient comprendre pourquoi). Je me suis "un peu" amusée hier soir (d'ailleurs, c'est à cause de vous que je me suis couchée tard et que j'étais crevée ce matin).
Ceci dit, que le texte ne se prenne pas "très" au sérieux ne doit aps vous empêcher de faire plein de commentaires méchants :P Surtout au niveau du style, mais pour le fond aussi, je suis très curieuse de connaître quelques avis.
A noter qu'il peut-être utile d'avoir déjà lu Le monstre du crâne (http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=434.0) (mais pas indispensable, j'aimerais bien des avis de personnes ne l'ayant pas lu, s'il en reste xD)
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La migration des renards haineux
Ceci fut la plus grande migration jamais entreprise.
De tous les domaines, de tous les coins du monde, venant d'un désert solitaire ou d'une plaine verdoyante, ils migraient en masse. Ils étaient des torrents, des marées ; leurs flots impitoyables laissaient de profondes marques de désolation sur leur passage. Il en survenait de partout. Le flux semblait-il se tarir – que ce n'était que pour revenir plus puissant encore.
C'était la haine au coeur qu'ils migraient. Leurs poils longs, aux tons très froncés, presque noirs, faisaient de longues traînes derrière eux. Ils étaient rapides. Agressifs. Leur odorat sur-développé compensait leur absence d'yeux.
Ils étaient les renards haineux. Et c'était le temps de la migration.
Ils couraient sur le monde. Leurs foulées souples et puissantes avalaient les distances. Ils bondissaient de collines en collines, meurtrissaient la terre qui les soutenait ; les renards n'avaient pas de pitié. Ils étaient emplis de haine. Souhaitaient la faire partager.
Dans sa dernière auberge, le monstre du crâne se repaissait de quelques coups de marteau bien sentis. Il avait trouvé une tête suffisamment solide, sur laquelle il pouvait frapper à loisir. Il était presque en train de s'assoupir.
Jusqu'à ce qu'il entende des martèlements au loin, qui s'approchaient à une vitesse effarante. Il sortit quelques globes oculaires pour voir ce qui survenait, et la surprise lui fit lâcher son marteau – qui tomba avec grands fracas sur la tête du pauvre humain.
Une nuée de petits renards fripés déboulait sur lui. Le temps de les voir – ils étaient déjà là. Leurs poils froncés, très sombres, très longs, frottaient son corps disproportionné et l'irritaient, le démangeaient ; le monstre du crâne émit un rugissement féroce et donna de grands coups dans le flots des renards migre-haineux. Une âpre bataille s'engagea. Chacun voulait ce territoire, cette colline encore pure qu'il était possible de corrompre à coups de marteau ou de bondissements vigoureux. Le monstre avait l'avantage de la taille et de la puissance de frappe ; les renards, celui du nombre. La bataille semblait sans issue. Les coups pleuvaient. Martelaient le moindre espace. Nul ne paraissait prendre l'avantage. Épuisés, les deux adversaires se séparèrent à grands coups de grognements et se tournèrent autour. Ils cherchaient le moment propice pour attaquer.
Chacun – renards, monstre – prenait appui de tout son poids sur le sol, quand ils sentirent soudain des démangeaisons leur parcourir les pattes, puis tout le corps. Des tâches blanches recouvrirent le sol, et finirent même par envahir les murs. Les renards haineux et le monstre du crâne couinèrent, horrifiés. Leur bataille les avait trop retardés. Plaintifs, ils se carapatèrent vers d'autres territoires à conquérir.
Les médics anti-migre-haineux et coups-sur-le-crâne, c'est quand même pas inutile.