Le Monde de L'Écriture

Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Cauzart le 15 Octobre 2014 à 10:41:49

Titre: Dans la rue Brisée (nouvelle absurde)
Posté par: Cauzart le 15 Octobre 2014 à 10:41:49
Dans la rue Brisée


Dans la rue Brisée, Jean tombe de culpabilité ; chemise foulée et cheville ouverte. Ça saigne sur son pantalon blanc.
Il a entendu comme une voix du dedans ; remord divin ou murmure onirique, Jean reste sur le cul, ébahi, trompé par ses jambes et par son esprit. Peut-être n'était-ce que la fatigue, oui, rien que la fatigue, certainement le soleil dans les yeux et ce whisky ingurgité au bord du lit, ou alors peut-être ce cigare fameux, la fumée l'a aveuglé, certainement oui, c'est le soleil et la fumée qui ont fait ainsi déraper ses pieds sur le trottoir, ravin de sa destinée.
Comment cela pourrait-il en être autrement ?
Le hasard, la fatigue, le soleil, le manque de sommeil.
Il est 7h, le dimanche est vide. Pas un rat sur l'asphalte nettoyé, pas un pigeon dans le ciel gris de ce vilain nid, pas un cheval ambulancier pour le ramasser. Saleté. Et son travail ? Et son petit déjeuner ? Et son cigare ? Où est son cigare ? Jean se lève, se brûle la jambe, retombe dans le caniveau uriné. Sa cheville tordue sanglote, le sang saigne, ça fait des bulles et des morceaux blancs à donner le vertige. Même assis, Jean est marteau, ça lui retourne les tempes et les tripes, il laisse tomber un pâté vert odorant, bouark, avec des bouts du repas d'hier. Il tousse, filet de bave, ça remonte encore, passe tranquillement la trachée ; buste en avant, poitrine en sursaut, nouvelle expulsion de son estomac, splasch, ça recouvre le sang de son pantalon blanc. Belle puanteur atroce. S'évanouira, s'évanouira pas ? L’œil vacille, louche, Jean titube, s'accroche aux graviers, à deux doigts il tient bon, tremble, sèche son front moite avec ses doigts frileux.
- Ark... Bouarck... Saleté de saleté... Quelqu'un... Ohé ! Y a quelqu'un ? Au secours ! Je me vide ! Je me meurs ! La ville m'assassine !
Il gémit, il crie aux feux rouges, aux cyprès mal rasés, aux mégots condescendants, il peut crever, se vider de son sang, le dimanche les gens dorment, passent la grasse matinée. Personne dans la rue pour aider l'ingénu.
Pourquoi lui ? Bel homme de quarante ans, bon travailleur, fidèle à son Église, gentil, aimable et souriant. Pourquoi lui ? Pourquoi les cheveux gris ? Pourquoi les rides, et le sang, et la mort ? Pourquoi la chute ? Jean soupire de pitié pour lui-même. Piétiné par sa raison – car la raison, il la sait sans oser se l'avouer – Jean se traîne jusqu'au mur pour s'y adosser. Entre deux excréments canins, il ramasse son cigare goudronné et en suce l'humidité. Bébé au bord du gouffre, Jean se ronge le tabac.
Et pourquoi, pourquoi ?
En regardant le ciel, Jean découvre deux seins, merveille. Non, il réfute, pousse la calomnie, diffamation divine ! Les anges se moquent, ce sont ses sens qui débloquent. Les deux seins ne sont plus, plus que dans les affres de ses pensées. Il revient pourtant de chez sa maîtresse aventureuse, il était sorti, aurore en tête, rejoindre son aimée, excuse en poche. Lui qui voulait se glisser dans les draps épousés, au cœur de la discrétion, se retrouve bordé d'asphalte, au bord du trottoir, ostentation satyrique.
Il observe sa jambe qui boue, qui bulle. Il se relève mais Jean culbute sur son mal, retombe mains en avant, ses poings frappent la terre. Il en a des larmes sous les yeux. Quel malheur, quel malheur ! Mais à qui la faute ? Certainement pas lui, non.
- Société de merde ! Civilisation pourrie ! Monde ordinateur, transformé ! Où est donc passé le temps des dimanches aux habits fringuants ? Où l'on sortait afin d’exhiber ses accoutrements et rencontrer sa voisine ? Dimanches de croissants, de journaux, de sortie familiale où l'homme n'aurait jamais pu se retrouver ainsi, pris au piège de sa jambe. Où sont les traditions ? Où sont les curés et les messes, la sainte vertu ? Plus un chien à promener, plus un béret tendre à saluer ! Ils sont tous devant leur télé à regarder les dessins animés. Me voilà victime de la modernité. J'ai été faible, oui, trop influençable certainement. On nous pousse vers le progrès, le i-work et le sourire pok. Si l'on pouvait se rencontrer plus facilement, jour de marché, je n'en serais pas là, à me cacher pour serrer la poigne d'une amie. Je n'en aurais pas le besoin. Ces commerces informatiques ruinent l'esprit. Victime je suis, parfaitement, victime !
 Alors pris à la gorge et à la jambe, devant le ruisseau rouge ruisselant dans le caniveau comme une urine sale, Jean brasse, nage des mains et des coudes, jusqu'à son pantalon, vers la poche bouchée par l'épaisseur de sa panse, protubérante bedaine. Il pousse le gras de sa chemise foulée, retire les kilos épais de sa chair, pénètre la poche de son majeur et de son index afin de parvenir enfin à en retirer un petit objet métallique, plat, recouvert de boutons. Tout en sueur, il compose.
- Allo ?
- Allo, monsieur ?
- Les urgences ?
- C'est cela. Que puis-je pour votre service ?
- Madame, aidez-moi, j'ai mal...
- Où donc ?
- Je saigne du tibia, j'ai la cheville ouverte et le talon en miette.
- Où donc ?
- Dans la rue Brisée.
- Ce n'est pas drôle monsieur.
- Non, ça n'a rien de drôle, c'est la vérité.
- J'ai besoin de preuve pour envoyer un véhicule, comprenez que nous avons trop souvent affaire à des arnaques. Des bandes de pervers qui appellent seulement pour mater les infirmières. Oh, je connais la rengaine, on ne me le refera plus, soyez-en certain. Envoyez donc une photo si vous voulez une intervention d'urgence. Il vous faudra aussi télécharger le formulaire B72Z89, le remplir et le signer, y joindre un scanne de votre carte vitale et un message de votre assureur garantissant de vos mœurs.
- Pardon ?
- … sant de vos mœurs, j'ai dit. 
- Qu'est-ce que mes mœurs viennent faire ici ?
- Nous ne prenons plus les pervers et les dégénérés-manteaux. Je la connais la rue Brisée, je sais qui vous êtes, je sais qui y traîne, soyez certain monsieur, que nous n'y mettrons pas les pieds.
- Je vous en pris, madame, je suis une victime de notre modernité.
- Ils disent tous ça ! La prochaine fois, restez dans le lit avec votre fille de joie. On la connaît la rue Brisée, pleine d'entremetteuses, de péripatéticiennes, salaud !
- Voyons donc, je suis un brave citoyen ! Faites quelque chose pour moi.
- Niez-vous la vérité ?
- Vous ne comprenez pas. J'ai mal, je souffre.
- Prenez conscience.
- Je l'avoue, oui, je l'avoue, je me suis échappé de mon foyer, j'ai trompé celle à qui j'ai juré fidélité ! Mais comprenez-moi, comprenez-nous, la vie est difficile, mon cœur est achevé. Partout l'on trouve des vidéos agitant nos perversités. Ma femme ne se laisse plus toucher, que pouvais-je donc ?
- Je parie que ce n'est pas la première fois.
- Je jure que ce sera la dernière.
- Et votre pauvre femme qui n'en sait rien. Ah, je connais la chanson.
- Aidez-moi par pitié.
- Soit, je veux bien vous envoyer une ambulance. Une seule condition, que ce soit votre femme qui nous appelle. Au revoir.
Et la dame de raccrocher.
Le soleil piétine l'esprit Jean. Il enlace le gros corps meurtri de ses rayons, étouffe ses poumons. Jean pleure. Larmes épaisses sur ses joues désolées. Douleur, douleur de la foulure. Trompé par lui-même, il a créé sa propre chute. Ça lui pique dans toute la jambe, son pantalon ne s'en remettra jamais. Et cette aurore qui lui frappe la tête, qui assèche ses tempes, qui emporte sa salive dans un tourbillon infini. Il en perd le contrôle de ses pensées, se vide dans la chaleur rouge vif. Ses lèvres se déshydratent, adieu chaleur du baiser, langue coquine, voilà la rosée impie de son amante qui s'évapore, tout espoir avec elle, tout plaisir vain ; Satan est mort, Dieu l'a rattrapé. Jean ne sait plus sur quelle botte parier pour parvenir à la félicité, le monde l'a dupé. Il avait bien appris sa leçon d'écolier, ne pas trop croire et manger ses péchés. Chanter à l'église, faire sa vie volatile, travailler pour l'homme moderne et la société. Être bon croyant athée, jouir sans s'abrutir, prendre la foule pour des cons, sa femme pour une naïve et attendre le pardon. Que les pages le couvrent d'insulte !
Jean pense et repense, panse les blessures infligées à sa destinée, sa désirée : elle qui de tout temps devait le porter, jusqu'à ce que la mort les sépare. Trouble de l'esprit, dernier volute de cigare, sa clairvoyance est un fil tendu : le pardon est désuet, jeté à l'eau, impossible de le repêcher ; ô pécheur anéanti, ta faute est ton bannissement, plus de bonheur possible dans le sein de Satan. Il ne reste que l'exil, ascétisme et renoncement. Il est le noyau dur du monde moderne, tout est clair maintenant. Il est l'exemple, premier de son rang, qui prouvera la règle à venir, le nouveau sang de demain. Il est un pas vers le progrès, un accomplissement précoce. Mais maudit à jamais, sacrifié par le ciel, rompu, rongé tel ce monde civilisé par le grand serpent dont les anneaux sont sur le point de tourner. Cosmos changeant, l'univers pousse vers une aube nouvelle, l'influence des masses galactiques gouvernent le chemin des hommes qui, pensant calculer et prévoir leur destinée, ne font que la subir. Que l'homme passe. Et voilà la vérité, c'est au tour de la femme de régner, elle ne se laissera plus tromper. Ô sa femme, sa pauvre femme à qui il avait juré, pauvre flaque, mousse, nuage de lait, tendre exquise, madeleine aromatisée, molle et douce, savoureuse plongée dans un bol de café, douleur courbée.
Douleur ! Douleur ! Plus le choix, honte et déshonneur, Jean saisit son portable, textile son texte, monologue à son amour passé :
« Dieu est sur moi. Sa lourdeur m'écrase. Ma chérie, mon amour, mon vertige, remet donc la croix autour de ton cou, sois l'élue sélectionnée et sectionne-moi donc, sanctionne mes actes erronées par l'érotisme de ma pensée. Libère moi sans pardon. Je suis un homme perdu, dévoreur de la pomme, agitateur des conflits, trompeur, créateur de famines et de guerres, bâtisseur de machines sans âme et d'argent noir comme la vase du lac de mes yeux drogués. Regarde le monde abandonné, sans père, orphelin, il est l'image de mes 20 000 ans de règne. Ma chérie, mon amour, mon vertige, les rues sont vides et je me fonds au soleil, confondu. Je croyais être Dieu, je suis limace sans les maux de ton sexe. Ma chérie, mon amour, mon vertige, ma cheville est ouverte et ma chemise est foulée, mon esprit est brisé dans la rue du même nom. Oui, je t'ai trompé, plus d'une fois, crois-moi. Viens-donc me bannir pour ma résurrection. »
Jean souffle.
Enfin, il respire. Le sang cesse de couler, une douce brise rafraîchi son visage, caresse délicatement un bout de son ventre nu, comme une dernière félicité avant sa réclusion. Une ombre passe, cache le soleil ardent et calme la brûlure sur son front vermeil. L'ombre parle et s'exclame :
- Monsieur, circulez ! 
- Pardon, pardon ?
Jean surpris sursaute devant l'individu aux moustaches épaisses, front large et petits yeux.
- Dans notre beau pays, mendier est interdit, s'exclama l'homme d'une voix forte roulant les « r ».
Jean cligne des paupières, abasourdi. La figure ronde et bleu de l'homme costumé se plisse de sévérité.
- Debout, circulez, ou je vous emmène au poste !
- Mon sauveur ! Vous vous méprenez ! Écoutez-moi, mon porte-feuille est plein et je suis bon citoyen. Je suis tombé, voilà tout. J'attends ma femme.
- Votre femme, ici ? Ce n'est pas une bonne idée. Elle ne va pas aimer vous voir ici, votre femme. C'est la rue des putes.
- Vous ne comprenez pas, je suis tombé sous le ciel, plus bas que terre, comme vous, comme nous tous. Ce sont elles qui viendront maintenant. Il faut partir, à quoi bon lutter ? Nous avons trop trompés, le Diable avec nous. Mais l'Ange du péché a été exilé du Paradis. A notre tour de fuir d'ici.
L'homme d'autorité n'a pas l'air de comprendre. La concentration lui gonfle les veines. Après avoir longuement gratté son képi, il s'exclame avec mépris :
- Je ne veux pas fuir. 
Puis attrapant sa matraque, il toise l'accidenté de ses sourcils relevés, petits yeux noirs écarquillés.
- Et vous ne fuirez pas non plus. Qu'est-ce que c'est que cette histoire que vous me racontez. Vous ne lisez donc pas ? Vous ne savez donc pas ?
- C'est vous, vous qui ne saisissez pas ! Dieu me puni, il est de retour ! Et cette foudre qui – il y a bien longtemps – m'a ensorcelé, me laissera cendre aujourd'hui !
- Mais voyons, voyons, vous perdez la tête ! Ne connaissez vous pas la philosophie ?
- La philosophie ?
- Vous ne risquez rien de Dieu. Dieu est mort.
- Mon Dieu !
- Il n'y est pour rien dans votre histoire.
- Vraiment ?
- Il s'en fiche bien. C'est votre inconscient qui raisonne. Aucun œil en votre direction, soyez-en certain. La terre n'est pas le centre de l'univers. Vous pourrirez sans aucun doute, mon brave, seul responsable de vos actes. Le ciel est là pour tout le monde, autant dire pour personne.
- Alors le mal n'existe pas ?
- Tout est hasard et votre seule guide est votre conscience.
- Si le mal n'existe pas, ma chérie me pardonnera !
- Si le mal est dans son cœur, elle seule en jugera.
- Oh ! Merci monsieur l'agent ! Merci ! Un dernier service, sortez moi vite d'ici avant qu'elle arrive ! Comprenez-vous, je lui ai tout dit, tout !
Mais trop tard, car soudain la voilà : belle madame fleurie, chapeau bariolé et robe d'été, pas pressés, pommettes gonflées et sourcils froncés. Ses talons résonnent sur le pavé, son derrière tangue et navigue entre les immeubles. Toute consciente des chambres et des affres, elle sort un couteau de derrière son dos, s'approche de son homme à grandes enjambés. Jean se traîne, le policier s'éloigne, la belle dame s'avance et plante la lame jusqu'au manche dans le dos de la chemise qui éclate en sanglots de sang. Elle pleure sur le cadavre encore vivant, frappe une dernière fois, puis sèche l'humidité colérique de ses cernes pourpres.
Madame ne craint pas le jugement, ni des dieux, ni des hommes. Elle laisse là le tas de chair qui lui servait d'époux, s'en retourne dans la ville, capitaine de son bateau, droite et fière, la poupe au vent, sous le regard vénérant de monsieur l'agent.
Titre: Re : Dans la rue Brisée
Posté par: Loïc le 15 Octobre 2014 à 18:21:27
Citer
il cris aux feus rouges

crie

Citer
Civilisation pourri !

pourrie

Citer
- Je pari que ce n'est pas la première fois.

Parie

Citer
que ce soit votre femme qui nous appel.

appelle

Citer
Jean pleur.

Pleure

Citer
Et cette aurore qui lui frappe la tête, qu'assèche ses tempes, qu'emporte sa salive dans un tourbillon infini.

Ce serait pas "qui" ?

Citer
avait bien apprit

appris

Citer
que l'exile, l'ascète

Exil
Ascétisme aurait plus de sens mais ce n'est pas très beau dans la phrase.

Citer
sois l'élut

l'élue

Citer
Jean cligne des paupières, abasourdit.

abasourdi

Citer
Elle pleur sur

Texte intéressant, avec de bonnes trouvailles. Un peu embrouillé, cependant, c'est clairement inégal. Il mériterait sans doute un peu de travail (encore).
Titre: Re : Dans la rue Brisée
Posté par: Cauzart le 16 Octobre 2014 à 10:10:47
Merci pour tes corrections
Titre: Re : Dans la rue Brisée
Posté par: Babataher le 16 Octobre 2014 à 12:57:05
Bonjour Causart
d'abord quelques remarques:
Il est 7h, le dimanche est vide. Pas un rat sur l'asphalte nettoyé, pas un pigeon dans le ciel gris :coeur:
le sang saigneun son bizarre!
car la raison, il la sait sans oser se l'avouer j'aurais mis le verbe connaître à la place de savoir, mais là c'est une vétille!
retombe mains en avants,en avant, je pense!
temps des dimanche des dimanches, je suppose.
les dégénérés mentalesmentaux, sauf si c'est féminin et dans ce cas des dégénées
femme qui n'en sais riensait
. Jean ne sais plus sur quelle bote sait
Être bon croyant athée :coeur: :coeur:
ô pêcheur anéanti, le pêcheur c'est pour les poissons alors que pécheur c'est pour les blasphèmes.
Ce sont elles qui viendrons maintenantviendront
- Vous ne risquez rien de Dieu. Dieu est mort.
- Mon Dieu !
- Il n'y est pour rien dans votre histoire.
Puisque Dieu est mort, il serait bizarre de dire après qu'il s'en fiche!
, ni des Dieux, seul le Dieu dans les religions monothéistes prend majuscule alors que les autres dieux s'écrivent avec un 'd' minuscule!
 Que dire après, la déchéance humaine, l'indifférence des hommes...On dit dans un jarguon populaire celui qui creuse un puits finit par y tomber. Ton héros est bien malheureux, mais il ne doit s'en prendre qu'à lui même.
J'ai pris un plaisir à te lire.
Titre: Re : Dans la rue Brisée
Posté par: MillaNox le 16 Octobre 2014 à 15:10:53
Salut !

au fil du texte :
Citer
Il est 7h, le dimanche est vide
assez étrange comme façon de dire les choses mais je vois l'idée.

Citer
Il gémi, il cris aux feus rouges,
gémit / crie / feux

Citer
Personne dans la rue pour aider l'ingénu.
je trouve pas ingénu très adapté, ça va pas trop au peu qu'on connait de sa personnalité et de sa situation pour le moment.

Citer
Il se relève mais Jean culbute sur son mal, retombe mains en avants
avant

Citer
Où est donc passé le temps des dimanche aux habits fringuant ?
dimanches / fringants

Citer
Dimanche de croissants, de journaux, de sortie familiale où l'homme n'aurait jamais pu se retrouver ainsi, pris au piège de sa jambe
Dimanches (car tu en parles au pluriel avant)

Citer
Me voilà victime de la modernité. J'ai été faible, oui, trop influençable certainement. On nous pousse vers le progrès, le i-work et le sourire pok. Si l'on pouvait se rencontrer plus facilement, jour de marché, je n'en serais pas là, à me cacher pour serrer la poigne d'une amie. Je n'en aurais pas le besoin. Ces commerces informatiques ruinent l'esprit. Victime je suis, parfaitement, victime !
j'ai cru comprendre avant qu'il se culpabilisait (sans l'admettre) d'avoir une maîtresse en cachette de sa femme, et du coup là je vois pas du tout le rapport avec les nouvelles technologies ???

Citer
devant le ruisseau rouge ruisselant dans le caniveau
le ruisseau qui ruisselle c'est un peu trop ruisselant pour pas ruisseler de lourdeur  :D bref ça répète quoi ;)

Citer
Jean brasse, nage des mains et des coudes, jusqu'à son pantalon, vers la poche bouchée par l'épaisseur de sa panse, exubérance bedaine.
exubérante ?

Citer
J'ai besoin de preuve pour envoyer un véhicule, comprenez que nous avons trop souvent affaire à des arnaques. Des bandes de pervers qui appellent seulement pour mater les infirmières. Oh, je connais la rengaine, on ne me le refera plus, soyez-en certain. Envoyez donc une photo si vous voulez une intervention d'urgence. Il vous faudra aussi télécharger le formulaire B72Z89, le remplir et le signer, y joindre un scanne de votre carte vitale et un message de votre assureur garantissant de vos mœurs.
:D :D

Citer
- Je pari que ce n'est pas la première fois.
parie

Citer
Ah, je connaît la chanson.
connais

Citer
Une seule condition, que ce soit votre femme qui nous appel.
appelle

Citer
Le soleil piétine l'esprit Jean.
esprit de Jean, non ?

Citer
Le portable glisse de sa main grasse.
le "sa" renvoie au soleil et pas à jean dans le contexte

Citer
Jean pleur
pleure

Citer
Trompé par lui-même, il a crée sa propre chute.
créé

Citer
Et cette aurore qui lui frappe la tête, qu'assèche ses tempes, qu'emporte sa salive dans un tourbillon infini.
qui qui

Citer
Jean ne sais plus sur quelle bote parier pour parvenir à la félicité
c'est quoi une bote ? :-[ / sait

Citer
Il avait bien apprit sa leçon d'écolier, ne pas trop croire et manger ses pêchés
appris / péchés / je comprends pas de quoi tu parles ? (en gras)

Citer
Être bon croyant athée
???? euh, là je capte pas non plus ? c'est opposé, non ?

Citer
ô pêcheur anéanti, ta faute est ton bannissement
ça c'est le pêcheur de poisson, sinon c'est pécheur

Citer
Il ne reste que l'exile, l'ascète et le renoncement.
exil

Citer
sois l'élut sélectionnée
l'élue

Citer
et sectionne-moi donc
:o :o aïe !

Citer
et je me fond au soleil, confondu.
fonds

Citer
Je croyais être Dieu, je suis limace sans les maux de ton sexe.
?? pas compris

Citer
Jean cligne des paupières, abasourdit.
abasourdi

Citer
Ce sont elles qui viendrons maintenant
viendront

Citer
il toise l'accidenté de tes sourcils relevés, petits yeux noirs écarquillés.
ses

Citer
Elle pleur sur le cadavre encore vivant, frappe une dernière fois, puis sèche l'humidité colérique de ses cernes pourpres.
pleure / c'est pas un cadavre s'il est encore vivant ;)

Hop là !
Bon, j'ai pas tout suivi... y a des tournures très emmêlées, on sent une volonté d'être à la frontière du réalisme et du métaphorique ou imagé tout le temps, un peu à la Vian, mais c'est trop approximatif pour fonctionner pleinement.
j'ai aussi l'impression que tu veux dire quelque chose avec ce texte et je suis bien incapable de dire quoi.
donc voilà c'est intéressant mais ça me laisse assez perplexe.

@+

Milla

Titre: Re : Dans la rue Brisée
Posté par: Cauzart le 17 Octobre 2014 à 13:28:42
Merci beaucoup pour vos retours, j'ai édité le texte avec les corrections orthographiques.

Pour répondre à certaines de vos suggestions, le fait de ne pas tout comprendre est voulu. C'est peut-être maladroit mais je voulais rester dans une part d'abstrait pour que le lecteur puisse imaginer ce qu'il veux. Normalement je n'écris pas de cette manière là, je voulais essayer de faire un texte un peu absurde, un peu à la Vian comme l'a si bien remarqué Milla.

Je vais pas répondre à toutes les remarques mais certaines tournures étranges et paradoxales sont complètements voulues (comme le ruisseau qui ruisselle ou le cadavre vivant - car bien que vivant, il est en un sens, déjà mort, il ne manque que quelques secondes).

"Il avait bien apprit sa leçon d'écolier, ne pas trop croire et manger ses pêchés"

Pour moi, on apprend à l'homme contemporain européen, à ne plus croire en Dieu, mais seulement en la science. Manger ses péchés est une expression nouvelle, chacun l'interprétera comme il veut.

"Je croyais être Dieu, je suis limace sans les maux de ton sexe."

Le sexe de la femme est plein de maux pour les hommes (et de mot - n'a t-il pas inspiré un grand nombre d'auteur pour leur désespoir ?), mais en même temps, le sexe féminin est nécessaire à l'homme, ou disons la femme plus généralement, comme disait Rimbaud : "(...) notre argile, la femme, afin que l'homme pu élever un peu sa pauvre âme, et monter lentement dans un immense amour, de la prison terrestre à la beauté du jour"

En tous cas, merci de vos retours, si vous avez d'autres remarques, n'hésitez pas ! (j'adore discuter)