Le Monde de L'Écriture
Coin écriture => Textes courts => Discussion démarrée par: Shaé le 21 Août 2014 à 00:07:36
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The Fighting Temeraire tugged to her last berth to be broken up
Ces mots me sont venus lors d'une énième contemplation de mon tableau préféré de Turner : Le Dernier Voyage du Téméraire. Puisse-t-il vous apporter un peu de ce que cette oeuvre m'apporte.
Je m’étais habitué au bruit de l’océan. Ce son si pur que l’on n'entend qu’au grand large. Cette mélodie des vagues qui se brisent sur le bois si frêle et pourtant si robuste d’un navire de guerre. Je ne comptais plus le temps depuis lequel ce vaisseau était devenu ma maison. Téméraire, tel était son nom. Je ne dénombrais plus le nombre d’albatros assassinés, de naufragés ou de jours sans manger. Nous devions être forts, avaient-ils dit, pour partir au combat. Nous n’étions plus que des loques sans vie, errant dans les mansardes de ce jouet en bois avec lequel nous voulions conquérir le monde. Et tout cela pour quoi ? Allez-y, demandez à mes camarades, s’ils ont encore la force de vous répondre, si leurs gorges ne sont pas trop asséchées par cet embrun salé qui se dépose sur le bout de vos lèvres pendant que vous dormez. « Par devoir », vous diront certains. « Car là est notre destin », vous répondront les pieux. « Pour le royaume ». Je ris de cette ignorance et me révolte de ce fléau. Comment peut-on laisser autant de gens dans le noir dans un siècle de lumières ? Comment peut-on jouer de cela ? Car oui, les raisons de notre bataille ne sont en vérité que de perverses manipulations faites par l’Homme lui-même. Faire croire au commun des mortels que tuer est un acte de patriotisme est là sa plus grande œuvre. If we don’t end war, war will end us. Ne se rendent-ils pas compte de cela ? Et ce combat qui survient après tant de guerres et précède à tant d’autres me semble pourtant être nécessaire pour libérer le monde d’un peu de ses vices. Je sens le changement, le temps qui s’accélère sans que je puisse respirer. Je sens que mon heure vient. J’entends cette cloche sonnée, cet appel salvateur « terre en vue mon capitaine ». Cet appel à la mort. Nous quittons maintenant le navire, et, dans l’embarcation qui m’emmène vers ma libération, je me retourne une dernière fois pour contempler le Téméraire. Le ciel rougeoie alors qu’aucun sang n’a encore été cueilli, la brume s’empare doucement de lui et l’emmène dans l’antre de la nuit. Les derniers rayons du soleil meurent sur ces voiles fièrement tendues. Et je meurs avec eux. Heureux d'avoir vécu. Serein et téméraire.
(https://monde-ecriture.com/forum/proxy.php?request=http%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2Fthumb%2F9%2F94%2FTurner%252C_J._M._W._-_The_Fighting_T%25C3%25A9m%25C3%25A9raire_tugged_to_her_last_Berth_to_be_broken.jpg%2F800px-Turner%252C_J._M._W._-_The_Fighting_T%25C3%25A9m%25C3%25A9raire_tugged_to_her_last_Berth_to_be_broken.jpg&hash=6cf1f020d7b550bc5011ac3722c99e1ea9b0cb0a)
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Salut Shaé,
Beau texte assez poétique, nécessite encore un peu de travail je pense.
Ce son si pur que l’on entend qu’au grand large.
que l'on n'entend
sur le bois si fragile mais pourtant si robuste
j'aime pas trop "si fragile"
Nous devions être forts, avaient-ils dit, pour partir au combat. Nous n’étions plus que des loques sans vie, errant dans les mansardes de ce jouet en bois avec lequel nous voulions conquérir le monde.
ça j'aime bien
Car là être notre destin
?
Je rie
je ris
Comment peut-on laissé
laisser
J'aime bien la fin (on y retrouve Turner), le débarquement.
Rémi
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merci pour ta lecture !
j'ai corrigé les fautes d’orthographe et changé le "fragile" qui te dérangeait en "frêle" cela sonne-t-il mieux ? J'avais aussi pensé à chétif mais je trouvais que ça faisait moins bonne figure..
encore merci pour ton avis :)
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Hello.
J'aime beaucoup ce texte, ce lyrisme poétique, cette verve qui en elle-même figure presque un combat. C'est en tout cas comme ça que je le ressens.
Je trouve aussi qu'il colle bien au tableau qui t'a inspiré, qu'il l'illustre bien à moins que ce ne soit l'inverse.
En revanche, si ton narrateur vit au siècle des lumières, je ne pense pas que ses contemporains avaient conscience de l'importance de leur siècle. Je ne suis pas sûr, mais il me semble que le 18ème siècle a été "baptisé" siècle des lumières a postériori. D'ailleurs, je crois (à vérifier) qu'aucun des philosophes français du 18ème n'a vécu la Révolution de 1789.
Dernière petite chose :
Dans la phrase suivante "Cette mélodie des vagues qui se brisent sur le bois si frêle mais pourtant si robuste d’un navire de guerre.", "mais" et "pourtant" sont redondants et ne s'utilisent pas ensemble. On choisit l'un ou l'autre, pas les deux. Ici, je remplacerais donc "mais" par "et".
Mais bon, c'est un détail dans un ensemble de haute tenue et qui m'a charmé. Donc bravo, Miss Shaé.
A bientôt.
Avent'
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Salut salut avent'
Je suis heureuse que tu ais apprécié mon texte, merci pour ta lecture avertie.
Je trouve aussi qu'il colle bien au tableau qui t'a inspiré, qu'il l'illustre bien à moins que ce ne soit l'inverse.
Je voulais, par ce texte, transmettre un peu de ce que tableau me fait ressentir quand je le regarde, donc mon texte est censé illustré The fighting Temeraire.
En revanche, si ton narrateur vit au siècle des lumières, je ne pense pas que ses contemporains avaient conscience de l'importance de leur siècle. Je ne suis pas sûr, mais il me semble que le 18ème siècle a été "baptisé" siècle des lumières a postériori. D'ailleurs, je crois (à vérifier) qu'aucun des philosophes français du 18ème n'a vécu la Révolution de 1789.
La bataille de Trafalgar se déroule en 1805 et amènera l'apogée de l'Empire Britannique (1815-1914). Mon narrateur ne vit pas au siècle des lumières. La références dans mon texte n'est sans doute pas assez explicite. Turner aimait peindre les progrès de l'industrie moderne (deuxième révolution industrielle). Il était quelqu'un de plutôt averti pour son époque, qui arrivait à percevoir l'importance des changements du monde dans lequel il vivait. Mon narrateur pourrait être lui en fait. Lui qui savait inconsciemment que ce progrès mènerait au siècle des Lumières. Je ne sais pas si tu arrives à comprendre mon idée de départ...
Dernière petite chose :
Dans la phrase suivante "Cette mélodie des vagues qui se brisent sur le bois si frêle mais pourtant si robuste d’un navire de guerre.", "mais" et "pourtant" sont redondants et ne s'utilisent pas ensemble. On choisit l'un ou l'autre, pas les deux. Ici, je remplacerais donc "mais" par "et".
Oui tu as raison je vais modifier cela, merci !
Mais bon, c'est un détail dans un ensemble de haute tenue et qui m'a charmé. Donc bravo, Miss Shaé.
Merci ça me touche beaucoup :-[
A bientôt Avent'
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J'ai perçu ton siècle des lumières comme étant le 18ème, puisqu'il a été appelé ainsi de façon universelle, pas seulement pour ce qui s'est passé en France à cette époque, bien que ça l'ait en quelque sorte impulsé.
Ne connaissant pas l'histoire du tableau qui a inspiré ton texte, je ne le situais pas dans la chronologie.
Le 19ème siècle n'est pas appelé le siècle des Lumières, c'est celui de la Révolution industrielle, c'est pour ça que l'appellation "siècle des lumières" m'a induit en erreur.
Ca ne change pas fondamentalement les choses, puisque ton narrateur n'est pas un type lambda, qu'il a conscience des changements de son époque. Mais c'est un point qui m'a sauté aux yeux à la lecture, parce que ça fait bizarre d'avoir un mec qui vit les choses sur le moment, sans aucun recul, et qui est capable d'en évaluer la portée sur le long terme. (suis-je clair? Pas sûr... :/)
Voilà, voilà...
A plus.
Avent'
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J'ai bien aimé !
J'ai trouvé l'ensemble assez poétique, on imagine en effet bien ce qu'a pu t'inspirer ce tableau (moi, il me laisse assez indifférente, ce tableau, mais ton texte non ;)). J'ai juste un peu tiqué au titre et au passage en anglais, ça rappelle la nationalité de Turner certes, mais j'y vois pas forcément plus d'intérêt. A moins que je loupe une référence ?
Je pense que le passage moralisateur sur l'homme (aime pas les majuscules) mériterait d'être plus développé ou mieux intégré peut-être ?
Un regret : le texte est trop court :D
Non, sérieusement, on a un gros bloc sans paragraphes et pourtant un bon souffle poétique, j'aurais voulu plus de brise. ^^
(et remarque complètement subjective. Je trouve que tu mets pas assez en valeur ton texte visuellement sur la page alors qu'il le mérite. Prends plus de place. Remets le titre. Espace plus entre le texte et le reste (tes remarques), voire mets carrément l'image sur le forum ? Ce ne sont que des suggestions, hein, tu fais ce que tu veux, bien sûr, je me dis juste que t'essayes de faire un truc visuel et qu'au niveau du rendu justement visuel de ton texte (de ce qu'on perçoit en ouvrant le fil), on perd ce rapport à l'image)
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Coucou ernya !
Tu as vu juste le titre et le passage en anglais sont un rappel à la nationalité de Turner. La phrase en anglais est en faite tirée d'une chanson de Thirty Second To Mars This is war, je voulais faire un parallèle entre un fait passé et quelque chose de plus actuel... C'est un anachronisme en quelque sorte ^^
Je pense le développer plus tard ne t'inquiète pas, notamment le passage moralisateur sur l'homme ;)
ouiiii mais je sais pas comment on fait pour intégrer une image :'( c'est pour ça que j'ai mis le lien... Après j'ai essayé de découper mon texte en paragraphes pour l'aérer mais j'arrive pas à trouver un arrangement qui me convienne...
Merci beaucoup pour tes conseils !
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En fait, c'est tout simple pour mettre l'image !
Tu copies le lien de ton image, puis dans ton post, tu sélectionnes la petite icône avec le tableau de la Joconde (direct sous la balise "gras"), le curseur va se placer automatiquement au milieu de ça [img][/img] et là tu colles ton lien.
J'espère que je suis assez claire, au pire je te le fais.
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Salut Shaé !
J'ai bien aimé ton texte. Comme les autres, je le trouve poétique, bien écrit. Tu as dû corriger les fautes qui ont été relevées avant, et rien ne m'a particulièrement fait tiquer à la lecture.
C'est court, mais tu as réussi à y mettre pas mal de puissance, on sent la colère du personnage, c'est un peu grandiose. Le rythme des phrases est très agréable.
Le seul truc que je regrette donc, c'est que ce ne soit pas plus long ! Que ce soit ce texte ou un autre, j'ai hâte de lire autre chose de toi, avec une histoire plus développée :)
Je trouve aussi que le titre est un peu obscur (long + en anglais) pour qui n'a pas la référence (que je n'avais pas saisie d'ailleurs, même si je connais et que j'aime bien la chanson ^^).
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salut elk !
merci de ton commentaire qui me fait très plaisir :)
et bien tu peux trouver d'autres "œuvres" de moi sur ce forum, deux pour être exacte ^^^
je pense détailler un peu plus ce texte donc garde un œil ;)
Le titre est le titre du tableau de Turner dans sa version longue et originale :) Et oui c'est vrai que la référence à *this is war n'est pas évidente ^^
encore merci !