Voilà la v2, qui subira peut-être encore quelques retouches. J'espère avoir amélioré ce qui avait été pointé du doigt, et répondu aux critiques. :P
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Viens-là petite âme et sois mise au secret, où je t'emmène, il n'y a plus rien qui vaille, plus rien qui voile ; on y parle des cimes, des abysses, des canopées et des racines, puis on y parle de rien, du grand rien, d'immortalité, d'éternité, de tout ce terreau de salut qu'on creuse comme des vers.
Viens-là petite âme, et sens le souffle, l'haleine du monde qui râle, qui exhale des profondeurs ; où je t'emmène, toutes les formes se valent, la poussière et les Hommes partagent un même destin, les esprits et les plantes sortent du même trou ; on y parle de cette vieille vanité d'individu, de ce besoin de différence et de favoritisme, puis on y parle de tout, du grand tout, de cette tragédie qu'on fantasme et transforme en conte de fées.
Viens-là et regarde autour de toi, les certitudes qui s'effritent et ce drame millénaire, cette erreur primitive qu'on ressasse jusqu'à l'absurde ; vois comme cette unité, ce "un" solide pénètre chacune de tes pensées, comme il te conforme et te laisse, misérable, à la recherche de ce quelque chose qui n'existe pas ; entends-tu son appel, sens-tu son poids ? c'est l'imposture, le fantasme le plus concret et le berceau de toute humanité : son grand mensonge.
Suis donc mes pas, viens graviter dans sa face cachée, mettre un terme à ce rêve éveillé, à cette ombre universelle qui salit le monde ; prends ma main et brise-toi – tout ce qu'il restera, ce sera la silhouette de l'énorme et son indifférence implacable ; prends ma main, laisse-toi aller, puis expire ce poison qu'on t'a injecté, fissure cet individu, ce « cadeau » qu'on t'a fait, qu'il ne reste rien, plus rien de leur monde et de leurs mirages – que tu sentes comme la vie est terrible, comme l'univers est un monstre sans pardon ; marche donc avec moi, où je t'emmène la vie est noire, l'existence est futile, il n'y a plus rien de l'arrogance et des espérances de miel, il n'y a que des vers qui se fabriquent des ailes, que des vermines qui se croient libres au fond de leurs terriers.
Vois, petite âme, comme le monde est beau parce qu'il est sale, comme il est beau parce qu'il est insensé, cruel, comme l'espoir naît au sein du tragique et fleurit sur ses terres arides ; vois cette vie qui n'est qu'un feu follet, qu'une brève étincelle parmi l'obscurité ordinaire, et tu n'auras qu'à ouvrir tes paupières pour comprendre où elle te mène, pour lâcher ma main et la suivre un sourire béât aux lèvres – tu n'auras qu'à la vivre pour ce qu'elle est, qu'à la vivre sans frayeur.
Alors viens-là petite âme, il est temps, grand temps de consumer ta chair et de jouer avec les braises.
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V1 :
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