Désolée de ne pas commenter davantage mais ces temps-ci, je n'en ai pas le courage. Ce texte-ci est la préquelle de ce texte-là (http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,3513.msg87492.html#msg87492), manifestement nul, donc lisez-le après pour ne pas être dégoûtés. J'en ai d'ailleurs une V3 dans mes cartons mais j'attends un peu avant de spammer.
Bon, ce sera sans doute perçu comme de la merde mais bon. Je suis rouillée. Donc si c'est effectivement de la merde, dites-le moi (poliment, quand même :D ).
Un goût de fleurs
Laisser tournoyer une violette entre ses doigts aux ongles vernis. Le rouge et le violet n’allaient pas si bien ensemble, mais c’était aussi le cas de Viola et elle. Elles n’avaient rien de commun. C’était presque par cruauté qu’Hua s’acharnait ainsi sur elle. Hum, pas que presque.
Entendre des pensées désespérées, les guider vers un chemin plus funeste encore, jusqu’au dénouement final et en sourire. Errer dans la ville, chasser les gêneurs, non pas métaphoriquement mais physiquement. Une rose rouge a aussi des épines. Marcher, pieds nus, en équilibre sur la cime d’un toit, broder davantage sa légende personnelle, et se rendre compte que c’est pour cela qu’on est au-dessus des autres, la meilleure – bien plus que les humains, d’ailleurs...
Hua s’était inventé ses propres origines, et c’était cela qui lui avait donné une puissance bien supérieure à celle des autres filles de l’air. Elle s’était bien gardée de leur confier son secret, la raison pour laquelle ses pouvoirs étaient si puissants : pourquoi elle pouvait influencer les humains, les pousser à se suicider de mille et une manières, clairement voir dans leur jeu, alors que les autres se réduisaient à une présence creuse, à une coquille vide.
Les autres ne savaient pas d’où elles venaient. Certes, celles de son espèce pullulaient comme des mouches sur de la bière renversée, mais le sentiment de solidarité n’existait pas entre elles. Ainsi, il était fort rare de voir l’une demander à l’autre, plus ancienne, quelles étaient ses origines. La force vitale de la candide questionneuse avait vite fait d’être absorbée, dévorée. Hua eut un petit rire narquois en pensant aux idiotes (et aux idiots, car les fils de l’air existaient également) qui s’étaient faits avoir de la sorte. Notamment par elle. Surtout par elle.
Oh, évidemment, Viola, c’était une exception. D’une part, Hua avait assisté à sa création, ce qui lui donnait un indéniable contrôle sur elle. D’autre part, elle l’aimait bien, en raison de sa beauté innocente, de sa naïveté sans bornes. Pour être honnête, elle la méprisait, également. L’autre fille de l’air n’arrêtait pas de jacasser. De lui demander d’être plus ‘gentille’. Ha ha ! Comme si cela faisait partie de sa personnalité.
« Et si tu cessais de forcer les gens à se tuer, tu sais, la mort et tout, ben tu te sentirais mieux, parce que tu attires plein d’énergie négative, ça s’voit dans ton karma… enfin pas karma mais la force autour de toi quoi, qui est d’plus en plus sombre et tu m’inquiètes vraim… »
Hua l’embrassa pour la faire taire – un argument pernicieux et classique, elle en avait conscience, mais si persuasif. Dans un mouvement heurté, les boucles dorées, ornées de violettes, de la jeune fille du même nom, vinrent caresser la joue fraîche de l'Asiatique. La bouche de Viola aussi avait un goût de fleurs, qui n’était pas particulièrement agréable, d’ailleurs, tant il se montrait puissant. Toutefois, son odeur restait enivrante, et ce fut ce qui poussa la fée des suicidés à aller plus loin, à empoigner la chevelure satinée pour la tirer à elle, impérieuse. En face d’elle, l’autre fille de l’air semblait paralysée, comme sidérée par tant d’audace.
Et puis finalement, timide, presque résignée, elle répondit au baiser.